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jeudi 21 mars 2013

Dopage : Buffet n'a pas résisté aux pressions contre le contrôle des Bleus

L'ex-patronne du PC n'a pas fait le poids contre les lobbies en 1998

Une communiste fait son auto-critique...
La Coupe est pleine ?
L'ancienne ministre française des Sports de Jospin révèle avoir subi "des pressions de toutes sortes" pour avoir ordonné un contrôle antidopage sur les BleusC'était avant la Coupe du monde 1998 de football et aussi lors de la candidature de Paris pour les JO 2008
Marie-George Buffet (PCF) s'exprimait mercredi, sous serment, dans le cadre des auditions menées par la commission d'enquête sénatoriale sur l'efficacité de la lutte contre le dopage.

"Je me suis sentie isolée et j'ai flanché", reconnaît la féministe
Le sélectionneur était Aimé Jacquet.
L'ancienne ministre a évoqué l'année 1998 et  le stage de préparation de l'équipe de France à Tignes (Savoie). "Les media me sont tombés dessus de manière très violente; il y a eu un déferlement où on m'accusait d'empêcher l'équipe de France de se préparer dans de bonnes conditions. Je me suis sentie isolée et j'ai flanché. J'ai presque été amenée à m'excuser", a confié l'ancienne ministre.

Mme Buffet a toutefois nié que d'éventuelles directives ait été données par son ministère pour que les Bleus soient épargnés par les contrôles
"Ce que je peux dire, c'est que nous n'avons jamais donné de directive en ce sens. Ensuite, il faut se replacer dans l'époque [une grande première chez les communistes, juges et procureurs du passé de la France]. En 1998, il n'y a pas d'AFLD [Agence française de lutte contre le dopage], nous n'avions pas les outils d'aujourd'hui, seulement les contrôleurs du ministère", a-t-elle plaidé.

Les pressions du CIO sur la candidature Paris 2008

Par ailleurs, l'ancienne ministre est également revenue sur des pressions subies dans le cadre de la candidature de la ville de Paris à l'organisation des jeux Olympiques de 2008. "La candidature était supervisée par M. Verbruggen, président (néerlandais) de l'UCI (Union cycliste internationale) et membre du CIO (Comité international olympique) qui donc présidait la délégation (venue en France pour évaluer sa candidature). 

Les pressions se sont exercées par l'intermédiaire de M. Verbruggen mais aussi d'autres membres du CIO.
 
M. Killy à l'époque et M.Drut s'en étaient entretenus auprès du Premier ministre en me demandant de faire une lettre précisant que la loi française ne s'appliquerait pas dans sa globalité au moment des Jeux", a-t-elle raconté.
"Ça a été une pression extrêmement forte; on a remis la lettre à M. Verbruggen en haut de la Tour Eiffel, mais pendant l'audition de la délégation française à Moscou, Lionel Jospin a été interrogé à trois reprises. Donc la pression s'est exercée sur la France jusqu'au bout", a-t-elle souligné.

mercredi 1 août 2012

Islamisation: une athlète voilée autorisée aux J.O. de Londres

La judoka restera tête couverte et le  CIO se voilera la face 

Cette jeune femme libre ne s'échappera pas !


Les J.O. s'islamisent

La judoka saoudienne laissera un nom à défaut d'obtenir une médaille
Fermement tenue en main par son papa, Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, l'une des deux premières Saoudiennes présentes aux J.O., qui tenait tête pour combattre voilée, pourra monter sur le tatami la tête couverte, avait annoncé mardi le Comité international olympique (CIO).
Lundi, le père de l'athlète, qui escorte à Londres cette jeune fille soumise de 18 ans, avait menacé de la retirer du tournoi olympique féminin des +78 kg si elle n'était pas autorisée à porter le voile durant son combat. Une exigence en contradiction avec les règlements du judo, qui imposent à ses combattants de se présenter tête nue sur le tatami.

Lionnel Luca fustige le CIO
En autorisant la saoudienne à participer aux Jeux Olympiques la tête couverte, le CIO "déshonore le mouvement sportif olympique", a fustigé mercredi Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes.
"Après avoir donné les JO de 2008 à la plus grande dictature du monde, le CIO, de renoncements en reniements, déshonore le mouvement sportif olympique en acceptant que la judokate d'Arabie Saoudite combatte voilée et bafoue la charte olympique qui oblige à la neutralité politique et ou religieuse", déclare l'élu, dans un communiqué.
"On imagine les réactions outragées et les protestations si une revendication religieuse était venue d'Israël ou des USA", observe-t-il.
"Le silence de tous les responsables internationaux est indécent et déshonorant, et rappelle d'autres moments de lâcheté dans l'histoire", conclut Lionnel Luca.
La LICRA y voit "un mauvais signe"
L'autorisation donnée à la judoka musulmane est  "un pas de plus vers l'obscurantisme", a pour sa part dénoncé mercredi la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).


Les associations féministes tardent à clamer leur indignation "spontanée" à cet exemple de sujétion de la femme.

Il appartient maintenant au public d'exprimer sa désapprobation du CIO depuis les gradins.

samedi 3 octobre 2009

JO 2016: Lula, médaille d'or; Obama, médaille en chocolat

Rio, sim; Chicago, no !
Le Brésil cumule coupe du monde de football en 2014 et JO en 2016

Le président du CIO Jacques Rogge a annoncé le choix de Rio pour accueillir les JO-2016, le 2 octobre 2009 à Copenhague.

Rio est la ville natale de João Havelange , président de la FIFA (1974-1998). Depuis 1963, il est membre du comité international olympique (CIO). Ne le répétez pas, l'aura de Lula pourrait s'en trouver quelque peu ternie...

La désignation de Rio est un succès sportif pour le Brésil, détenteur de cinq Coupes du monde et pays émergent. C'est aussi le parrainage des pays riches à son entrée au club des grandes puissances mondiales.
"Rio 2016 fait entrer le Brésil dans la cour des Grands", a déclaré le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, à l'issue de la victoire de Rio qui organisera les premiers JO de l'histoire sur le continent sud-américain.

Devoir de mémoire ?

L'implication personnelle de longue date de Lula, son charisme, son obstination, auront vaincu. Avec un message simple qu'il aura martelé à Copenhague: "cette fois-ci, c'est notre tour", celui des puissances montantes, celui de l'Amérique latine. Comme si l'Amérique du Nord ne l'avait pas été tout autant, "notre pays a été colonisé et nous avons l'habitude de penser petit, avec le sentiment que l'on ne compte pas", a expliqué le président brésilien."Pour avoir été colonisés, nous avons eu le sentiment d'être petits, de ne pas être importants", a insisté Lula.
Aujourd'hui le géant vert sud-américain, un pays de 190 millions d'habitants, ne fait plus de complexes. "Le Brésil fait partie des dix plus grandes économies du monde et est le seul parmi ces dix pays à n'avoir jamais organisé les JO", a rappelé à satieté Lula, l'ancien ouvrier métallurgiste qui jouit d'une popularité record de 80% après sept ans de pouvoir.
Sous son impulsion, le Brésil s'est déjà imposé dans le cercle restreint des décideurs mondiaux, devenant un acteur incontournable de la réforme des institutions financières internationales, des négociations commerciales ou du débat sur le climat. Pour le moment, seules les portes du Conseil de sécurité de l'ONU - dont le Brésil aspire à devenir un membre permanent - restent obstinément closes.
Le choix de Rio pour les JO de 2016 "ne suffit pas en soi, mais aide à donner une image positive d'un pays qui a des moyens" et qui "se projette sur la scène internationale", a expliqué Amado Cervo, professeur en relations internationales à l'université de Brasilia.

Les réactions

Partout dans le continent, les réactions affluaient à l'annonce des résultats pour féliciter la victoire de la "cidade maravailhosa".

  • Les larmes du Brésilien Pelé (ci-contre, à gauche), considéré comme le meilleur joueur de football de tous les temps, ancien ministre des sports du Brésil (1995-1998) et prochain ambassadeur international de la coupe du monde de 2014 qui se déroulera au Brésil.
  • Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogue, a déclaré que l'idée d'octroyer au Brésil les premiers JO sud-américains avait fait pencher la balance en faveur de Rio. "Le CIO a choisi une candidature très forte avec la superbe valeur ajoutée apportée par le fait de donner les Jeux pour la première fois à un continent."
  • Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil et artisan majeur de l'élection de Rio de Janeiro comme hôte des jeux Olympiques 2016, s'est laissé emporter par l'émotion après l'annonce du verdict, vendredi 2 septembre. "J'ai 63 ans, j'ai vu beaucoup de choses dans ma vie et je pensais que je ne pourrais jamais devenir émotif mais là, je pleure plus qu'aucune autre personne présente. C'est le jour le plus émouvant de ma vie", a avoué le chef d'Etat lors de la conférence de presse qui a suivi l'annonce de la large victoire de Rio.
  • Pour le leader communiste cubain, Fidel Castro, l'attribution des Jeux olympiques de 2016 au Brésil est la "preuve de l'influence croissante" des pays en développement à l'échelle internationale. "Qu'on ne dise pas maintenant que cela a été un cadeau des nations riches au Brésil, un pays du Tiers-monde", a écrit l'ancien chef d'Etat cubain dans un billet publié vendredi sur un site internet cubain.
  • Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a salué un événement "historique" pour le continent sud-américain, et offert toute son "aide au Brésil" lors d'un conseil des ministres diffusé par la télévision officielle VTV.
  • La présidente du Chili, Michelle Bachelet, a quant à elle déclaré avoir "une grande joie à partager". "Vous savez qu'il y avait de nombreux pays à la bagarre pour pouvoir accueillir les Jeux olympiques. Qu'il est bon que le Brésil ait gagné et qu'en conséquence notre Amérique latine accueille les jeux Olympiques 2016" a-t-elle ajoutée.

    Chicago éliminé en séries
    Les électeurs du Comité international olympique (CIO) ont offert au Brésil les premiers JO sud-américains de l'histoire: nouveau stade de Rio, ci-dessus.
  • Selon l'expert Amado Cervo, le président Lula a réalisé un travail important sur trois fronts: dans le domaine multilatéral, dans l'ouverture de l'économie brésilienne vers l'étranger en encourageant les investissements brésiliens hors du pays, et en coordonnant les pays émergents. D'après lui, l'existence des BRIC (groupe formé par quatre des principaux pays émergents: Brésil, Russie, Inde et Chine) "a été en bonne partie une conséquence de la volonté politique du gouvernement Lula".

  • Rio était en compétition avec

    - Tokyo, qui a souffert de la proximité de Pékin 2008) ,
    - Madrid, mais le CIO n’a jamais donné à un même continent l’organisation de deux JO successifs. Or, c’était Londres en 2012.
    -et Chicago (ci-dessous), seul candidat dont le budget n’est pas intégralement garanti par l’État. Le privé doit donc financer. Autres problèmes : les manifestations anti-JO et la violence. Barack Obama "déçu"

    Le président américain Barack Obama a échoué à faire gagner sa ville de Chicago.
    Précédé de Michelle Obama, son épouse, à Copenhague le 2 octobre, Barack Hussein Obama avait pourtant effectué un aller-retour express pour plaider en personne la cause de Chicago devant le Comité international olympique. Il s'est avoué "déçu" que sa ville d'adoption n'ait pas été retenue pour organiser les Jeux olympiques de 2016.
    Il a néanmoins félicité "Rio de Janeiro et le Brésil tout entier. Il s'agit d'un événement véritablement historique puisque ce seront les premiers Jeux olympiques jamais organisés en Amérique du Sud" a répété le président américain. Selon la Maison Blanche, Barack Obama reconnaît l'élection de Rio comme un "signe extraordinaire de progrès"...

    "Obama m'a dit que, maintenant que j'ai choisi les avions français, il fera une campagne très dure en faveur de Chicago. Je lui ai répondu que ça pourrait être sa deuxième défaite", a déclaré Lula.

    Des soucis jusqu'en 2016

    D'importants progrès économiques restent à faire: outre la pollution de la baie de Rio, les transports et l'hébergement sont très insuffisants.
    La faiblesse du dossier technique avec des sites éclatés dans une ville à la topographie tourmentée représente un handicap considérable de départ, mais que le CIO a occulté pour des raisons politiques.
    Dès à présent, les visiteurs potentiels des JO doivent être mis en garde contre la violence endémique !

    Après Pékin 2009, ça va être à nouveau du sport à Rio...
  • jeudi 16 juillet 2009

    Mythique, le bac est chaque année historique !

    86%: nouvelle hausse pour les cancres français de l'Europe
    Plus de 86 % des 622.000 candidats ont obtenu leur baccalauréat lundi 13

    Mais la filière professionnelle, qui a bénéficié cette année pour la première fois d'une épreuve de rattrapage, obtient d'excellents résultats; elle est ainsi pour beaucoup dans ce nouveau record battu.

    Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, avait évoqué un « excellent cru » ; ce sera en réalité un millésime historique. Un score largement supérieur à 2007 et 2008 (83,7 %), déjà qualifiées d'années fastes.
    Inflation des mentions au 1er groupe: 59,3 % ont obtenu une mention au bac général, 52,9 % au bac professionnel et 36,5 % au bac technologique. A quand du rab de mentions à l'issue des rattrapages (à partir de 8/20) du 2e groupe ?...

    Une mascarade, selon CGT Educ'action

    Les excellents résultats de cette cuvée 2009 doivent beaucoup à la montée en flèche des performances des candidats au baccalauréat professionnel (bac pro). Cette année, 87,1 % d'entre eux ont obtenu le précieux sésame, contre à peine 76, 6 % en 2008 et 77, 9 % en 2007. Un record pour la benjamine des filières (elle a été créée en 1985), qui peine encore à s'imposer comme un bac à part entière dans les esprits, d'autant qu'elle n'ouvre pas vraiment les portes de l'enseignement supérieur. Elle est en revanche appréciée dans le mond du travail.
    Faut-il voir un effet de cette toute nouvelle « épreuve de rattrapage » ? Cette année, les 127.662 candidats au baccalauréat professionnel ont pu bénéficier d'une deuxième chance : un oral pour les lycéens ayant obtenu entre 8 et 10. Cette nouveauté, destinée, selon l'ancien ministre de l'Education Xavier Darcos, à mettre tous les candidats au bac « à égalité » (le rattrapage existe pour les autres filières), avait été contestée par certains syndicats d'enseignants, comme la CGT Educ'action, qui avait appelé les jurys à « refuser de participer » à cette « mascarade (…) dévalorisant le diplôme ». Là n'est cependant pas la seule explication car, avant même le début du rattrapage, les candidats au bac professionnel s'étaient cette année illustrés par leurs bons résultats.

    Travailleurs, travailleuses des lycées, on vous spolie...

    Cette délivrance de passeports pour l'enseignement supérieur à 86 % des candidats est significative en comparaison des 63 % de 1995. Ces candidats-là étaient-ils donc peu doués par la nature ou moins bien dotés par l'Education Nationale ? Combien de procès devant les tribunaux en perspective, si ces défavorisés de la nation portent plainte aujourd'hui ? Après tout, ne les aurait-t-on pas privés d'une première chance précieuse dans la vie ?
    Bons résultats du bac pro
    Pour tenter de prévenir toute insinuation, le tout nouveau ministre de la rue de Grenelle s'était dès la semaine dernière senti obligé de prévenir que le diplôme ne serait pas bradé en cette année de bronca lycéenne. Il avait ainsi assuré n'avoir « donné aucune instruction »d'indulgence aux correcteurs. « Je ne pense pas que mon prédécesseur l'ait fait »,avait-t-il ajouté.
    Reste à savoir quel sera l'impact de la réforme qui leur permettra, dès l'an prochain, de tenter d'obtenir leur baccalauréat en trois ans au lieu de quatre.

    Une hauteur des résultats inversement proportionnelle du niveau

  • L'opinion est convaincue que la démocratisation et la massification de l'éducation sont incompatibles avec la qualité.
    En septembre 2008, un sondage TNS SOFRES-Logica pour France 2 et la presse quotidienne régionale réalisé montrait que, pour 60 % des personnes sondées, le niveau des élèves est moins bon qu'il y a vingt ans. Ce bilan négatif est par ailleurs partagé aussi bien par les jeunes (61 % chez les moins de 25 ans) que par leurs aînés (65 % chez les plus de 65 ans). Tous des réactionnaires élitistes ?
    Sont stigmatisés: la maîtrise de la langue française, la préparation à la vie professionnelle, la surcharge des classes, et les effectifs des enseignants.
    Sujet de satisfaction: les relations entre les parents et les professeurs, même si une majorité de sondés estiment que les enseignants manquent d'autorité avec leurs élèves.

  • Des signaux négatifs s'accumulent sur les performances de l'école en France. Réalisée dans 57 pays représentant 90 % de l'économie mondiale et publiée le 5 décembre 2007, l'enquête internationale PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de 2006 montre que les compétences des élèves français de 15 ans se situent un peu en dessous de la moyenne des 30 pays de l'OCDE. C'était déjà le cas en 2003 et en 2000 lors des premières éditions de cette enquête. Les nouveaux résultats marquent un recul de plusieurs rangs dans les classements par domaines de compétences.
    En savoir plus : LIRE le rapport de l'OCDE/PISA (lien)

  • La rengaine du niveau est un sujet tabou

    Postulat
    : la réussite au bac de 86% des candidats et de 66% d'une classe d'âge ne signifieraient pas que le diplôme est bradé.


    Malgré les résultats de l'enquête PISA de l'OCDE, la pensée unique produit des raisonnements 'redoutables' comme celui-ci:<br>
    « En 1850, 1% d’une classe d’âge obtenait le baccalauréat. En 2009, 66,4%. Se réjouit-on d’une telle progression? Point. La session 2009 du premier diplôme universitaire – toutes séries confondues – atteint un niveau record de réussite (86%). Ce chiffre représente pour certains la preuve irréfutable, non, comme on pourrait légitimement le penser, de la qualité de notre enseignement secondaire, mais, bien au contraire, celle de son échec généralisé. Le paradoxe est redoutable. Il y a en France une tradition assez perverse d’(auto)dénigrement de notre système scolaire, où les bons chiffres deviennent suspects. Rien ne va plus: près de neuf élèves sur dix obtiennent leur bac! L’heure est grave. Il faudrait interroger les ressorts, enfouis au plus profond de notre inconscient collectif, qui nous font sans cesse douter de notre propre capacité à transmettre. Ou plutôt, de la valeur même de notre transmission dès lors qu’elle s’adresse au plus grand nombre. Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici. » Un détail: au temps de ce 1% de réussite, le bac était-il comme aujourd'hui un diplôme de fin d'études ou un parchemin de valeur ?

    «L'orthographe, science des ânes »

    « Je lis ici ou là les remarques de quelques enseignants correcteurs du baccalauréat cette année. Un grief en particulier revient, lancinant: les lycéens ne maîtrisent plus l’orthographe. [Les profs non plus...] La belle affaire. [sic] Hervé Hamon , qui a beaucoup réfléchi sur la question, [rien de commun avec cet autre penseur illustre nommé Benoît!] notamment dans son livre «Tant qu’il y aura des élèves», cite Victor Bérard, professeur en Sorbonne: «Les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe». C’était en 1899. Que, à 110 ans de distance, le même constat désolé revienne dans la bouche de ceux qui se sentent seuls légitimes du savoir qu’ils détiennent, pour mieux dénigrer celui de la génération qui les suit, laisse songeur. Et que l’orthographe soit restée le point névralgique de ce dénigrement, elle qui n’a jamais cessé d’incarner, semble-t-il, le saint graal qui distingue l’élite de l’ignorante turba – en dit long sur les motivations réelles de ceux qui déplorent le record de réussite au baccalauréat 2009.
    [L'évaluation de la qualité de l'orthographe est fonction de la période précédente: comparée à la période suivante, ell serait supérieure. En outre, aujourd'hui, l'aptitude à développer un raisonnement sain est manifestement autant en cause que l'orthographe.]

    Le coup très tendance du mépris

    "Cette rengaine montre d’abord une peur pathétique, un mépris malsain, d’une génération pour celle qui vient après elle, et qui doit, fatalement, la remplacer. Il y a là une crise profonde de la transmission — souvent interprétée, à tort, comme une crise d’autorité, laquelle n’en est au fond qu’un symptôme. [Des affirmations en guise de raisonnement mais qui ne sont que des sentiments] Comme si nous voyions la jeunesse incapable, par essence [!], de prendre la relève, indigne, même, de nous succéder [attention, délire]. Si le niveau baisse, non pas depuis trente ans, mais depuis plus de cent, depuis toujours en réalité, il est surprenant que l’humanité n’en soit pas revenue à l’âge de pierre. [Que l'âge de l'informatique nous en garde !]

    Cause du mal qui ronge l'école: la pensée unique que voici, que voilà !

  • « Nous voulons bien transmettre, mais à condition que les nouveaux venus n’aient pas l’audace de s’approprier librement ce savoir qui appartient à tous et à personne, et d’en faire ce qu’ils doivent: autre chose. Alors on se rattache à la sacro-sainte orthographe, valeur sûre et inaliénable mais dont la maîtrise n’en dit jamais très long sur la liberté de pensée de l’individu. L’orthographe n’est pas tout. »
  • Le deuxième enseignement de la rengaine a une dimension idéologique
    "Face à cette peur de ce que la jeune génération pourrait faire de notre patrimoine intellectuel, certains [ les nommer serait-il leur faire trop d'honneur? ] sont tentés de n’admettre que quelques élus dans le cercle, qu’ils rêvent fort restreint, des initiés. C’est la raison première qui les fait déplorer, contre toute raison, les résultats exceptionnels du baccalauréat 2009. Un diplôme n’a de valeur que s’il est attribué à quelques-uns, soigneusement sélectionnés pour leur capacité à reproduire les modes de pensée déjà en vigueur. Le nombre grandissant des lauréats est leur seul argument pour décréter la fabuleuse baisse du niveau, que contredisent toutes les études sérieuses sur le sujet. [Cette dernière affirmation sans références est tellement peu 'sérieuse' qu'elle est même inexacte. L'ensemble de ce verbiage ignore d'ailleurs ce que sont ces 'modes de pensée en vigueur' dans l'Education Nationale. Par son idéologie dominante, l'hégémonique FSU -fortement marquée à gauche- participe à l'élaboration des programmes, des directives et des sujets d'examen et pèse sur les consignes de correction et les jurys du bac.]

    Bref, on a compris que l'orthographe est donc une survivance bourgeoise, un instrument de domination, voire d'oppression, elle est inégalitaire et anti-démocratique... L'orthographe nouvelle rend plus libre. L'orthographe approximative n'est ni un handicap, ni une entrave à la compréhension, comme à la communication. A preuve ce qui suit: « Je n'aime pas l'écrit » et « Je n'aime pas les cris ». N'en sommes-nous pas passés de la civilisation de l'oral à celle de l'image ?...

    « Les diplômes, le baccalauréat en tête, ont perdu de leur valeur puisqu’un bachelier d’aujourd’hui n’accède plus au même statut social qu’un bachelier des années soixante. C’est incontestable. Mais l’effet est purement mécanique, dans une société où près de 40% d’une classe d’âge atteint désormais le niveau de la licence. Faut-il pour autant regretter que notre pays connaisse un niveau d’étude généralement plus élevé ? » Rien précisément ne dit ni ne prouve que le niveau soit plus élevé. Les bourgeois assurent justement le contraire.

    Monsieur Jourdain n'est pas mort !

    « Je demande aujourd’hui à mes élèves de troisième de maîtriser des notions de narratologie que je n’avais abordées, en mon jeune temps, au mieux, qu’au lycée. » Les 'didascalies' sont du même tonneau, mais elles ont toujours été étudiées, dès le collège, sans le savoir et sans pédanterie.

    Démocratie, démagogie et malheur pour tous

    « L’autre argument, plus pernicieux, prétend que si un nombre toujours plus grand de candidats obtient un diplôme donné, c’est bien qu’on le donne à n’importe qui. Le retournement est saisissant et en dit long sur l’idée que se font certains de la visée démocratique de notre école. [...La fameuse méritocratie républicaine... ] ne sert plus aujourd’hui qu’à la reproduction d’une aristocratie, intellectuelle et socioéconomique repliée sur elle-même. »
    [Mais le bas blesse]
    « Une fois démonté le mythe de la baisse du niveau, il reste néanmoins deux problèmes [...] D’abord le taux d’échec préoccupant des étudiants à l’université, notamment en première année. Il paraît soutenir, évidemment, l’argumentaire des Cassandre de l’école. Puisqu’un étudiant sur deux échoue en première année de licence, c’est bien qu’il n’était pas digne du diplôme qu’on lui a bradé en fin de secondaire. La solution ? Introduire une sélection à l’entrée de l’université: ainsi on verra bien qui «mérite» vraiment d’y entrer. En réalité, la sélection existe déjà, elle a nom «classes préparatoires» [CPGE] [rien n'a voir pourtant avec l'université !], lesquelles monopolisent la quasi totalité des étudiants dits les meilleurs. [Les doctorants seraient donc des nuls et tous les possesseurs socialistes d'un DEA aussi...] [Et le second problème, où est-il passé ?]

    Deux phénomènes conjoints peuvent expliquer les difficultés de l’université, sans pour autant remettre en cause la validité du baccalauréat.
    [!] Le premier ressort de l’orientation [et des COP (conseillers 'orientation psychologues) des CIO]. Nombre d’étudiants en échec sont ou bien des jeunes qui se sont engagés dans une filière sans en connaître tous les enjeux, ou bien des lauréats du baccalauréat professionnel qui, mal renseignés, viennent tenter leur chance là où ils croient voir les seules études valables, parce que leur bac, ils le savent bien, est toujours considéré de seconde catégorie, et parce que les IUT et DUT, qui devraient leur être réservés, accueillent les bacheliers des sections générales avec un peu trop d’empressement.[Et le second, qu'elle est-il et de quoi 'ressort'-il donc?]
    [Le niveau des bacs étant ce qu'il est, cette réorientation est en effet de la lucidité ou un repli stratégique qui démontre bien dans les faits ce que 'certains' veulent taire quand encore ils ne tentent pas de raisonner à vide.
    A propos,
    qui a appelé les jurys à « refuser de participer » à cette « mascarade [du rattrapage au bac pro] dévalorisant le diplôme »? N'est-ce pas la CGT Educ'action ? ] Comment le bac pro serait-il dévalorisé, quand les autres ne le seraient pas ?
  • samedi 9 août 2008

    Robert Ménard insulte Nicolas Sarkozy et le président du CIO

    Les propos excessifs de Ménard sont nuls et non avenus

    Robert-le-Terrible fait sa terreur
    mais perd toute crédibilité

    A la manière de son acolyte, Dany-le-Rouge, Ménard s’est répandu en insultes
    Selon la vedette médiatique de Réseau Sans Frontières, en ménageant la Chine, Nicolas Sarkozy participerait à une "coalition de lâches" qui compte dans ses rangs le président du Comité international olympique (CIO) Jacques Rogge, a affirmé le secrétaire général de RSF.
    A quatre jours de l'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, Robert Ménard a accusé le président français d'avoir fait passer les questions économiques avant les droits de l'homme. Et l’emploi, donc le chômage en France.

    Quant au président du CIO, il ne bénéficie pas d’un régime de faveur et partage la même charrette. Selon l’hystérique petit reporter, il n'aurait pas tenu son engagement de peser sur la Chine dans ce domaine.
    "Jacques Rogge est un Ponce Pilate, un lâche et un salopard dans cette histoire", a déclaré Robert Ménard sur France 2.

    La politique sort-elle grandie de cette diarrhée verbale?
    La crédibilité des journalistes est sévèrement mise en cause par ce journaliste hargneux dont l'objectivité donne un petit aperçu de celle de ses confrères.
    "Vous l'avez entendu, Jacques Rogge, depuis sept ans ? Il n'a pas levé le petit doigt", a accusé l’histrion des media.

    Jacques Rogge n’a pas fait cas de l’excité de la gauche parisienne et le petit bonhomme en est fort marri ; alors, il éructe.

    "On lui a donné des listes de gens, vous croyez qu'il les a présentées ? Vous croyez qu'il a plaidé leur cause ? Vous croyez qu'il s'est mobilisé ?", a poursuivi l’énergumène de RSF.

    Que Robert-le-Terrible ne va-t-il manifester en Chine ?...
    Le tolérant Ménard, qui accuse tous ceux qui ne pensent pas comme lui, ne devrait-il pas démontrer sa bravoure plutôt que d’en parler. Que celui qui n’a pas peur du gros milliard de Chinois aille donc les braver sur leur territoire ! La justice chinoise que nous vante Sa Cynique Majesté Royal trouverait à s’exprimer et recueillerait à nouveau l’approbation de l’amère battue de la présidentielle. "Comme les hommes politiques, à l'image de Nicolas Sarkozy, ont tellement peur des autorités chinoises, ont tellement peur de perdre une part de marché, ont tellement peur de les fâcher, vous avez une coalition de lâches qui donne la situation aujourd'hui", a aboyé Robert-Sans-Peur, de loin, de peur de connaître les geôles chinoises. Ménard ne semble pas avoir le goût du martyre: seulement celui des aboiements.
    Au journaliste qui expliquait que le chef de l'Etat français s’évertue à essayer de faire comprendre aux sectaires violents qu'"on ne peut pas faire avancer les droits de l'homme en humiliant un peuple et ses dirigeants", Robert Ménard a rétorqué : "Je lui dis qu'il se fout du monde, est-ce que quelqu'un parle du peuple chinois ? On parle des dirigeants chinois."

    Le sauveur attendu par le peuple chinois n’aborde que les sujets qui l’arrangent.
    Mais si on parlait de Mao et des ravages de la révolution culturelle que Ménard a soutenus ?

    vendredi 4 avril 2008

    Fallait-il adresser un message hostile au peuple de Chine ?

    Le CIO milite pour la modération et l’amitié entre les peuples
    Les Jeux Olympiques ne peuvent être le lieu de la condamnation d’un régime, si dur soit-il, d’autant que le peuple tibétain, qu’il s’agit théoriquement de soutenir, n’est qu’un prétexte au total assez peu pris en considération.

    "Pour un monde meilleur": c'est le message que les athlètes français enverront au monde lors du passage de la flamme olympique à Paris, lundi. Ils attendent l'avis du CIO pour pouvoir aussi porter ce badge à Pékin.
    David Douillet, double champion olympique de judo et co-président de la commission des athlètes du CNOSF, a précisé au cours d'une conférence de presse que "Henri Sérandour (président du CNOSF, le Comité national olympique et sportif français) a validé ce projet et le porte". D’ailleurs, "Il est actuellement en Chine et discute avec le CIO (Comité international olympique) pour que nous puissions également le porter à Pékin", a-t-il ajouté.
    Stéphane Diagana, ancien champion du monde du 400 mètres haies, a souligné que les sportifs français ne souhaitaient pas qu'il s'agisse d'une initiative "franco-française". "Il s'agit d'un geste de solidarité pour le peuple chinois", a-t-il assuré. Qu’est devenue la notion politique des droits de l’homme ?
    Qu'ils soient en activité ou à la retraite, enfin raisonnables, de nombreux athlètes étaient présents au siège du CNOSF pour porter ce message de paix et de solidarité, à l'image de Laura Flessel, championne olympique d'escrime.
    "Nous voulons faire les Jeux car nous travaillons depuis quatre ans pour ça mais on veut également faire passer un message et l'équipe de France olympique veut montrer de la cohésion", a dit la sportive antillaise.
    Soucieux de démontrer, ce dont personne ne doute pourtant, qu’un athlète est un être pensant, voire politique, elle a insisté sur la notion d’engagement serein. "Dans cette équipe, nous sommes tous d'origine différente mais nous sommes tous dans la cohésion et la fraternité. Il y a le Tibet, certes, mais il y a aussi d'autres conflits, comme celui du Darfour. C'est ce que nous voulons dire." On notera en effet que le Soudan, responsable de la tragédie du Darfour, possède actuellement un régime autoritaire et pro-chinois qui milite contre le boycottage.
    Pourquoi -comment- donc soutenir le Tibet et négliger le Darfour ?

    Romain Mesnil, champion du monde de perche, a été l'un des premiers militants de cette protestation concertée sur la situation des droits de l'homme ciblée sur la Chine, mais inconsciente du génocide de la population du Darfour.
    Les athlètes sont certes des êtres pensants, mais qu’ils se gardent de toute manipulation … partiale ?
    VOIR et ENTENDRE Romain Mesnil parmi d'autres êtres pensants

    Mesnil avait proposé la semaine passée le port d'un signe distinctif pour faire part de l'opposition des athlètes à cette situation et il a finalement été entendu, puis, après approfondissement du sujet, abandonné.
    "Les principes fondamentaux des Jeux olympiques sont les plus beaux et on va aller dans un pays qui ne respecte pas ces valeurs. Ce message, on doit le porter et partout dans le monde. Il faut remettre ces valeurs au coeur de l'olympisme", a dit cet enthousiaste perchiste …syndicaliste. N’a-t-il pas ajouté "
    Il faut vaincre l'inertie de l'institution (le CIO)".
    Compte-til s'engager pareillement pour le Darfour ?

    Pékin: les sportifs français couront «pour un monde meilleur »

    Beaucoup de bruit pour rien
    Le badge des sportifs français va "frapper fort", avait promis Romain Mesnil, en forme de menace. Les athlètes français ont dévoilé vendredi le badge qu'ils comptent finalement arborer, lundi, lors du passage de la flamme olympique en France.
    Ce badge ne portera aucune mention du Tibet, aucune allusion aux droits de l'homme. Ce badge que porteront les athlètes français, lundi, lors du passage à Paris de la flamme des Jeux de Pékin, reproduira simplement les anneaux olympiques agrémentés de la phrase "pour un monde meilleur". Sans les anneaux olympiques, il peut parfaitement s’appliquer à de nombreuses nobles causes, tel l’environnement ou la rénovation du PS… à l’exclusion évidente de l’accession de Marie-Segolène Royal au podium de la Rue de Solférino : une médaille d’argent complèterait avantageusement sa collection…
    Ce badge a été présenté, cet après-midi, au siège du CIO (Comité national olympique) et sportif français par un groupe de sportifs rassemblés autour du double champion olympique David Douillet, représentant des athlètes au CNOSF.
    Les sportifs français ont dû naviguer entre deux impératifs. D'un côté, la volonté de certains d'entre eux de manifester leur indignation face à la répression des émeutes du Tibet, mi-mars. De l'autre, une charte olympique qui n'autorise "aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale (...) dans un lieu, site ou autre emplacement olympique". Une charte que le régime communiste autoritaire de Pékin presse le Comité international olympique (CIO) de faire respecter, pour s'éviter toute manifestation lors des Jeux.
    Il faut bien admettre que si des pays occidentaux bafouent les idéaux olympiques, il devient difficile de demander à la Chine de respecter ses propres engagements en faveur des droits de l’homme.
    La concertation entre les sportifs et le CNOSF a donc abouti à un compromis. Le message sera certes chargé d'idéal, mais bien insipide dans le contexte. "Les principes fondamentaux des Jeux Olympiques sont les plus beaux et on va aller dans un pays qui ne respecte pas ces valeurs. Ce message, on doit le porter et partout dans le monde", se satisfait néanmoins le perchiste Romain Mesnil, qui -avec Stéphane Diagana- a été à la pointe du combat pour le port d'un signe distinctif plus engagé. Que l’équipe de France soit irréprochable et fasse honneur à la charte olympique et elle n’aura pas failli à sa mission… Elle peut même retourner à son entraînement, soigner ses blessures et se ménager pour arriver au jour J au meilleur de sa forme. Que demandent les Français? Des médailles !
    Le président du CNOSF, Henri Sérandour, se trouvait hier à Pékin et, selon David Douillet, il "discute avec le CIO pour que nous puissions également porter (le badge) à Pékin" pendant les Jeux.
    Reste à savoir si le CIO et le pouvoir chinois toléreront un message aussi subversif !…

    Jean-Claude Killy contre le boycottage des JO de Pékin

    Le champion et membre du CIO pense à l’avenir
    Jean-Claude Killy, champion de ski et membre du CIO (Comité international olympique), s'est prononcé mardi contre le boycottage de la compétition "quel qu'il soit", assurant que les "sportifs sont très sensibilisés" aux droits de l'Homme et "notamment, la situation au Tibet".
    "Les menaces de boycott sont très importantes" mais "ce serait dommage de pénaliser le CIO".

    Jean-Claude Killy a par ailleurs évoqué mardi avec le chef de l'Etat les championnats du monde de ski alpin qui se dérouleront du 13 au 15 février à Val d'Isère. Le Royaume Uni est hostile à la récupération des JO à des fins politiques et pour les mêmes raisons pratiques : les prochains JO d’été auront lieu à Londres en 2012.

    jeudi 3 avril 2008

    JO de Pékin 2008 : Boycottage or not boycottage ?

    Voici un état non-exhaustif
    –et à la date du 3 mars– des personnalités, des organisations et des gouvernements favorables ou défavorables à un boycottage partiel ou total des Jeux Olympiques de Pékin, après la violente répression menée contre le peuple tibétain et l’annexion du Tibet par le Chine communiste en 1949:
    Les pro :
    En France
    - Leslie Djhone (champion du monde 2003 du relais 4x400m) ("Si par solidarité, il faut boycotter la cérémonie d'ouverture, je le ferais")
    - Yohann Diniz (champion d'Europe et vice-champion du monde du 50 km marche) ("boycotter la cérémonie d'ouverture ou de clôture")
    - Noël Mamère (Les Verts) ("Ne pas assister à la séance inaugurale")
    - Yves Cochet (Les Verts) (Boycotter les jeux)
    - Jack Lang (PS)
    - La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) (pour un boycottage des cérémonies d'ouverture des Jeux par les invités politiques)
    - Robert Ménard (RSF) (pour un boycott de la cérémonie d'ouverture)
    - Corinne Lepage (CAP 21) (pour un boycott de la cérémonie d'ouverture)
    - François Hollande (Premier secrétaire du PS) (pour "évoquer l'hypothèse" d'un boycott)
    - Bernard-Henri Lévy (philosophe)
    - Jean-Pierre Kucheida (député PS)
    - Alain Bernard (nouveau recordman du monde des 50m et 100m nage libre) (pour un boycott de la cérémonie d'ouverture)
    Dans le monde
    - Richard Gere (acteur)
    - voir aussi PaSiDupes, pour être plus complet (voir également libellés )
    Ceux qui menacent ou modulent:
    - Nicolas Sarkozy ("Je graduerai ma réponse en fonction de la réponse qui sera donnée par les autorités chinoises")
    - Ségolène Royal (PS) (pour "une menace de boycott") : on dirait ‘boycottage’ ou éventuellement ‘boycottitude
    - Dominique de Villepin ("La menace doit être brandie")
    Les anti :
    En France
    - Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères)
    - Christine Albanel (ministre de la Culture)
    - Gaëtan Gorce (PS)
    - Martine Billard (Les Verts)
    - Jean-François Copé (président du groupe UMP à l'Assemblée)
    - Rama Yade (UMP) (secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme)
    - Bernard Laporte (secrétaire d'Etat aux Sports) ("Je ne suis pas contre. Mais sincèrement, je crois que cela ne changera rien")
    - Robert Badinter (ancien ministre de la Justice)
    - Marie-George Buffet (PC)
    - François Sauvadet (président du groupe NC)
    Dans le monde
    - Le dalaï lama
    - George W. Bush
    - Amnesty international (ONG) ("contre tous les boycottages, y compris celui des cérémonies d'ouverture par les politiques")
    - La Tchèque Vera Caslavska, septuple championne olympique de gymnastique (1964, 1968) ("Pas d'applaudissement pour la Chine")
    - La Commission européenne
    - Angela Merkel (Chancelière allemande)
    - Jacques Rogge (président du Comité international olympique)
    - Le Japon
    - Le Soudan (régime pro-chinois...)
    - Patrick Hickey (président du comité olympique européen)
    - Simon Clegg (directeur général du Comité olympique britannique)
    - Jan Figel (commissaire européen aux Sports)
    - Ulrike Nasse-Meyfarth (double championne olympique allemande de saut en hauteur qui a connu le boycott des JO de Moscou en 1980)
    - Klaus Steinbach (double médaillé olympique et ex-président du Comité olympique allemand)
    - Leo Wallner (président du Comité olympique autrichien)
    - Le Comité Olympique Canadien (COC)

    Le respect des Droits de l’Homme s’impose-t-il ?

    Stéphane Diagana portera la flamme olympique, à Paris
    Le premier relayeur de la flamme olympique qui passera par Paris le 7 avril prochain sera Stéphane Diagana. L'ancien champion du monde et d'Europe du 400 mètres haies, 38 ans, n'a jamais participé aux Jeux Olympiques, d'Atlanta puis de Sydney, son physique fragile le forçant au désistement. Mais il a plus de ressources qu'il n'y paraît, comme le prouve son engagement dans les salles de presse et les studios de télévision. Lors de l’étape parisienne, il entend bien prendre sa revanche et faire la leçon à la Chine en lui rappelant ses engagements sur les droits de l'homme."C'est une fierté d'être désigné porteur de flamme. C'est un moment symbolique et j'espère que de cette lumière apparaîtra la lumière", a dit Diagana, mystique... Et pourquoi lui, précisément?

    L'ancien athlète espère donc que la Chine respectera les engagements pris auprès du CIO (Comité international olympique) en matière des droits de l'homme. Ceux qui le portent en avant pensent que les sportifs sont en droit de faire passer un message. Encore un droit qui ignore le devoir de respect de la puissance accueillante. Après tout, le CIO a fait le choix de la Chine parmi d'autres candidatures et la Chine était alors plutôt moins démocratique que maintenant. A l’époque, l'intention avouée du Comité International Olympique était de pousser une porte en Chine et d’y ouvrir des fenêtres sur le monde libre extérieur. C’était louable et certainement suffisant. Le but était d'ailleurs confirmé par la désignation de Shangaï pour l'Exposition Universelle de 2010 ! Aujourd'hui, il s'agit d'imposer au CIO de nouveaux objectifs: citius, altius, fortius ( plus vite, plus haut, plus fort) !
    "Je pense que l'on peut s'exprimer sans empêcher la flamme d'aller jusqu'à Pékin. Mais il faut un message car il faut rappeler à la Chine que ses engagements n'ont pas été tenus", affirme Stéphane Diagana, porte flambeau et porte-parole, à la fois.

    Ce n’est même pas en faveur du peuple Tibétain pour lui-même que le lobby RSF milite : c’est pour la notion de liberté, pour l’idéologie. Tout en s'emparant de l'occasion des Jeux Olympiques, RSF a dissocié des J.O. le Tibet et le dalaï-lama, son chef spirituel. Le soutien au dalaï-lama et le combat pour la laïcité, tout à la fois, çà faisait quelque peu désordre. "Ce qui peut être fait n'est pas contre la Chine mais pour les droits de l'homme. Le droit d'ingérence est un devoir, en tant qu'être humain. Il s'agit d'une position philosophique et non politique." Il a éprouvé le besoin de le préciser, ce qui souligne précisément le caractère politique de la démarche.

    Soudainement impliqué et bavard, l’ancien athlète qui ne justifie pas son engagement par un constat personnel qu’il aurait effectué au cours d’un concours d’athlétisme en Chine, monte en chaire. "On ne peut pas être silencieux face à ce qui se passe. Cela relève certes du politique [ah, tout de même !] mais aussi du CIO. Il faut une action concertée. On ne veut pas faire d'esclandre mais faire passer un message. Un fois encore, ce n'est pas un engagement politique mais un engagement sur des valeurs qui sont celles de l'olympisme." Convaincant ?
    Diagana estime –comme çà, tout seul, à la suite d’une étude in situ– que la situation des droits de l'homme en Chine mérite "une action concertée de tous les pays" et que le CIO doit assumer les contradictions nées de l'attribution des JO à la Chine."C'est ces contradictions entre les valeurs olympiques et la situation en Chine que nous voulons exprimer. Peut-être que cela ne va pas plaire au CIO mais c'est ainsi", dit-il. Ainsi, la cible serait-elle enfin désignée ?
    En revanche, le boycottage ne lui semble pas être une solution. "On l'a vu en 1980 (Moscou) et 1984 (Los Angeles). Ce n'est pas une évidence, ni dans un sens ni dans l'autre. Il faut des gestes politiques, de la part des politiques, mais il faut également trouver un terrain où les sportifs puissent s'exprimer," conclut-il.

    Avouer la nécessité d'une pression politique par des responsables politiques, c'est caractériser la démarche des athlètes qui se rangeraient au côté de Diagana: qu'ils s'en défendent ou non, leur action sera politique.

    Ca fait pas mal de politique dans ce langage apolitique… tenu par des sportifs !