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mardi 8 octobre 2013

Paris, hôtesse d'accueil des Gay Games en 2018

J.O. 2012 pour Londres, mais F. Hollande marqué au fer rose

Hollande et Taubira s'enorgueillissent de l'élection de Paris ville hôtesse de la Xe édition des Gay Games


La Fédération internationale des jeux internationaux homosexuels a privilégié le dossier français par rapport à celui de Londres, lundi à Cleveland (Etats-Unis), récompensant la persévérance de la candidature tricolore.

Candidate peu enthousiaste aux Gay Games 2010 finalement attribués à Cologne (Allemagne), Paris bénéficiait désormais d'un dossier technique méticuleusement peaufiné depuis, au point de dépasser les attentes mêmes des électeurs dont le détail du vote ne sera connu que dans un an, réglement des Gay Games oblige.

Huit ans après son premier échec,
le dossier parisien a profité d'un transfert de compétences de toute une classe politique mobilisée en 2010 sur le soutien de la capitale aux JO-2012.

C'est ainsi qu'à Cleveland, face à Londres et Limerick (Irlande), les organisateurs ont pu, lors de leur grand oral, s'appuyer sur la ministre des sports, Valérie Fourneyron, qui avait fait le voyage pour promouvoir la candidature, accompagnée d'une délégation de la Ville de Paris dont le maire rose est Bertrand Delanoë et du Conseil régional d'Ile de France présidé par le socialiste JP Huchon, qui twitte:
alors que le "mariage pour tous" a durablement fracturé le pays tout entier.
Porte-drapeau de la délégation française aux Jeux Olympiques de Londres, l'ancienne escrimeuse Laura Flessel était marraine de la candidature
"C'est une victoire attendue et méritée", a commenté la ministre. "Paris et le France sauront offrir une grande fête ouverte à toutes et tous sans exclusion ni discrimination." Aux J.O. de Londres, la dite-ministre croyait la porte-drapeau française judoka, alors qu'elle est escrimeuse...

Fondés en 1982 à l'initiative d'un décathlonien américain, Tom Waddell, les Gay Games se veulent en effet une manifestation sportive et culturelle "inclusive", ouverte à tous les individus quelle que soit leur orientation sexuelle, et "promotrice de valeurs de tolérance".

Sélection indépendante de critères sportifs, la participation aux Gay Games se fait sur la base d'inscriptions et rassemble à chaque édition plus de 10.000 concurrents, soit plus que les Jeux Olympiques.
A la dictée de Pivot, le milliardaire rose n'aurait pas décroché la médaille de guimauve pour sa maîtrise des accents...


"Fou de joie"  ? Ce pratiquant de la théorie du "gender" n'aurait pas non plus la palme des accords en genre.


Le tiroir-caisse de Paris en frémit

"Nous espérons fédérer plus de 15.000 participants", indiquait ainsi avant le vote Michel Geffroy, co-président du comité de candidature des Jeux de 2018 qui devraient avoir lieu du 4 au 12 août, de la cérémonie d'ouverture au Stade Jean Bouin à celle de clôture à la Villette.

La ville de Paris s'est félicitée dans un communiqué de cette attribution qui "contribue à faire de Paris une ville toujours plus ouverte, respectant ainsi la tradition d'une ville aux valeurs humanistes, universelles, de partage et de liberté".

"Les Gay Games sont ouverts à toutes et tous", insiste le texte.
Anne Hidalgo, la première adjointe de Bertrand Delanöe, candidate à sa succession, a fait part de "son immense fierté": le mot s'imposait, en effet...

"Je me réjouis que nous puissions accueillir cet événement international majeur, ouvert à toutes et tous, fédérant des athlètes du monde entier et consacrant les valeurs d'égalité, de solidarité et de tolérance. Paris sera au rendez-vous de ce grand moment sportif et convivial", a-t-elle indiqué.

Plus mesurée, Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP pour les municipales de mars 2014, a réagi sur Twitter: "Les #GayGames à Paris ! Félicitations à toute l'équipe de @ParisGames2018 et rendez-vous en 2018 pour une grande fête du sport !"

Peu avant l'annonce de la victoire de la capitale française,
Charles-Henri Jamin, président du Parti chrétien-démocrate, fondé par Christine Boutin, avait exprimé son opposition au projet dans un entretien à Metro, jugeant qu'il instrumentalise les Jeux olympiques. "Ces jeux portent des valeurs universelles qui n'ont rien à voir avec le fait que l'on défende tel ou tel communautarisme ou particularisme, aussi respectable soit-il", soulignait-il.

A l'annonce de la candidature parisienne,
le journaliste et fondateur de Reporters sans frontières Robert Ménard avait dénoncé de son côté ce qui n'est, à ses yeux, qu'une "dérive communautaire".

Il ne manque plus que les battements de mains de Caroline Fourest ou de Bruno Julliard...

lundi 8 juillet 2013

Alain Mimoun, un digne de la République nous laisse orphelins

Hommage national à Alain Mimoun, ce lundi

"Alain Mimoun est mort", titrent sobrement Libération et Le Monde

Il a fait honneur à son pays
L'athlète français Alain Mimoun, champion olympique du marathon à Melbourne en 1956, est décédé vendredi 28 juin à l'âge de 92 ans. Considéré comme une légende du sport français, Alain Mimoun, qui s'est éteint jeudi, avait en outre remporté trois médailles d'argent olympiques : sur 10 000 m en 1948, et sur 5 000 m et 10 000 m en 1952.

Né en Algérie le 1er janvier 1921 sous le nom d'O'Kacha Mimoun, ce valeureux combattant de la seconde guerre mondiale sur plusieurs fronts avait gagné au cours de sa carrière une trentaine de titres nationaux, sur 5 000 m, 10 000 m, en cross et en marathon. Dès l'annonce de sa disparition, à la mi-journée, les hommages se sont succédé pour saluer un homme de caractère, à la résistance inouïe, qui courait encore à son âge plusieurs kilomètres par jour.

"Un magnifique Français," se souvient F. Hollande :
Dans un communiqué, François Hollande a salué ce "combattant de la France libre", "magnifique Français", qui a "marqué profondément l'histoire du sport français" et a "aimé et servi la France". Envoyé combattre sur le front belge, en Tunisie puis en Italie, Alain Mimoun a failli y perdre la jambe gauche en frôlant une amputation après avoir reçu un éclat d'obus.

Jean-Marc Ayrault a pour sa part souligné la "victoire exceptionnelle" à Melbourne en 1956, d'un "grand serviteur de la France" qui a "inscrit son nom dans le panthéon du sport français". "Alain Mimoun laisse la France orpheline d'une de ses plus belles figures", conclut le premier ministre.

Michel Jazy, médaillé d'argent aux JO de Rome en 1960 sur le 1 500 m, "garde une profonde admiration" pour celui qu'il a longtemps considéré comme un exemple à suivre. "J'ai eu la chance de partager la chambre d'Alain Mimoun pendant six semaines et j'ai vu l'intensité et le professionnalisme que ce garçon donnait pour réussir dans la finale olympique", a dit l'ancien champion sur RTL."Alain Mimoun a été pour moi un exemple et un modèle. Il me réveillait le matin à 5 h 30 pour aller courir et le soir il m'obligeait à aller au lit à 20 h 30. Alors que nous étions aux JO, je ne pouvais pas profiter des soirées qu'il y avait au village olympique !", s'est-il souvenu.

"C'est avec une grande tristesse [que] je viens d'apprendre le décès de Alain Mimoun. Repose en paix toi qui est si grand", a estimé pour sa part, sur son compte Twitter, Mehdi Baala, médaillé de bronze aux JO de Pékin sur le 1 500 m."J'avais l'impression que ça ne pouvait jamais lui arriver parce que je le voyais encore quand j'étais athlète, il devait avoir 75-80 ans, il courait encore dans le bois de Vincennes, donc toujours la passion de la course à pied", a dit de son côté sur BFM-TV Stéphane Diagana, ancien champion du monde de 400 m haies. "Je le pensais en bonne santé, j'ai toujours ces images en tête de quelqu'un de très âgé mais qui encore courait ou marchait ou était très actif", a-t-il ajouté.

La consécration de Melbourne


La ministre des sports, Valérie Fourneyron, a pour sa part salué dans un communiqué "l'athlète tricolore le plus médaillé de tous les temps, un exemple de droiture et de gentillesse". Né en "Algérie française", il a découvert la course à pied un peu par hasard, à l'armée, peu après son engagement à l'âge de 19 ans.

De retour à Paris après la guerre, l'ancien combattant va commencer à régner sur les courses de fond françaises à partir de 1947, en
accumulant les titres nationaux et les records. Cette époque marquera aussi la naissance de sa rivalité teintée d'amitié avec le Tchécoslovaque Emil Zatopek, derrière lequel il terminera à chaque fois aux JO de 1948 et de 1952.
VOIR et ENTENDRE l'évocation de l'exploit de Mimoun terminant 2e du 10 000 m derrière Zatopek en 1948:



Quatre ans plus tard, Alain Mimoun connaît enfin la consécration à Melbourne,

sous une température de plomb, au lendemain de la naissance de sa fille prénommée, avec beaucoup d'espoir, Olympe. Au terme de deux heures et vingt-cinq minutes d'effort, le coureur français à la moustache bien mise et au petit mouchoir noué aux quatre coins sur la tête entre dans l'histoire en devenant champion olympique. Son ami et rival de toujours, Zatopek, se classe sixième et l'enlace à l'arrivée.


Symbole de sa ténacité, Mimoun décrochera
son dernier titre de champion de France de marathon à l'âge de 45 ans, en 1966. Il détient d'ailleurs toujours plusieurs records nationaux dans la catégorie vétérans.


VOIR et ENTENDRE Monsieur Alain Mimoun évoquer ses plus grands exploits en mai 2004:

vendredi 24 mai 2013

Hollande remet le ruban rouge de la légion d'honneur à la ...Chine, à huis clos

La cérémonie que l'Élysée aurait voulu garder secrète

Hollande casse les efforts "made in France" de Montebourg

François Hollande a remis la Légion d'honneur à l'ambassadeur de Chine en France, en toute discrétion.


En catimini,
car on ne relève pourtant aucune trace de la cérémonie sur le site de l'Élysée... A-t-elle eu lieu de nuit, dans les caves de l'Elysée ?


L'information a circulé sur les sites officiels chinois. Mais pas un mot dans la presse française... Et pour cause : l'Élysée n'a pas communiqué sur le sujet. Peut-être est-il délicat de récompenser le représentant d'un pays souvent pointé du doigt pour ses graves entorses aux droits de l'homme...


En 2008, le président du groupe d'amitié France-Népal à l'Assemblée nationale,  était Jean-Pierre Kucheida. Il appella alors au boycottage des J.O de Pékin par la France et, comme chacun sait,  Kucheida est un paragon de vertu : l'ex-député PS Jean-Pierre Kucheida vient enfin d'être condamné pour abus de biens sociaux (lien PaSiDupes)

Au passage, Hollande taxe la Chine


Insignes de Grand Officier
188 € la médaille, et 783,5 € la plaque

Kong Quan, qui a désormais terminé sa mission à Paris, a reçu vendredi dernier, des mains du chef de l'État, les insignes de grand officier de la Légion d'honneur française à l'ambassadeur de Chine.

Le premier diplomate reçu par Hollande



Hollande défend la liberté de la presse
François Hollande a-t-il récompensé le diplomate ou l'énarque, s'interroge utilement Rue89. Comme F. Hollande, Kong Quan est en effet diplômé de l'école qui infantilise l'élite et fabrique des dirigeants froids et déconnectés. 
Lien Le Nouvel Observateur : L'ENA, facteur de déclin français ?
Le site d'information rappelle que Hollande avait critiqué la France, lors du passage de la flamme olympique à Paris, en 2008.
Le 7 avril 2008, Jean-Marc Ayrault avait déployé une banderole: "Respect des droits de l'homme en Chine". Sylvain Garel, élu Verts de Paris, se félicita des événements: "Le passage de la flamme n'est pas un fiasco mais une grande victoire pour les Droits de l'homme. Je pense qu'aujourd'hui, le Parti communiste chinois doit regretter d'avoir eu les Jeux olympiques." Pour le MoDem, Marielle de Sarnez s'était alignée sur la gauche :"Déployer une banderole sur l'hôtel de ville était la moindre des choses. On aurait pu au moins y ajouter une mention de solidarité avec le Tibet". Aurélie Filippetti, alors porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, avait approuvé le badge de compromis que les sportifs français souhaitèrent porter à l’occasion du passage de la flamme à Paris et aux Jeux olympiques : "Pour un monde meilleur", tout le monde peut signer ça, y compris les dirigeants du Parti communiste chinois".

Kong Quan a pourtant été le premier diplomate étranger reçu par François Hollande après son élection. Au cours de son récente visite officielle en Chine, le président socialiste a bravement escamoté la question des droits de l'homme.
Un autre négationniste aurait pu brader la Légion d'Honneur à la Chine
Avril 2008: le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon prit le mouvement pro-tibétain en contre-sens, en attaquant violemment la personne du Dalaï lama :
"Je ne partage pas du tout l’enthousiasme béat pour le Dalaï lama ni pour le régime qu’il incarne. Pour moi, le boycott[age] des jeux est une agression injustifiée et insultante contre le peuple chinois. (…) L’autorité communiste a mis fin aux luttes violentes entre chefs locaux du prétendue paradis de la non violence ainsi qu’aux divers châtiments sanglants que les moines infligeaient à ceux qui contrevenaient aux règles religieuses dont ils étaient les gardiens. La version tibétaine de la Charria a pris fin avec les communistes."


La madone en blanc
-couleur du deuil en Chine-
sur la Grande Muraille 
Lorsque le président Hollande se déplace en Chine, il esquive le sujet et aucun godillot PS ne met les pieds dans le plat. En revanche, lorsque Nicolas Sarkozy se rendait en voyage officiel en Chine, le PS alors dans l'opposition exigeait de lui qu'il évoquât la question avec ses interlocuteurs communistes.

Dans une prestation millimétrée et réfléchie sur le sol chinois,
la candidate Ségolène Royal en quête de prestige, avait fait l’éloge de l’efficacité de la Justice chinoise, bien qu'elle soit l’une des plus expéditives au monde et détienne le record d’exécutions capitales. Lors de sa dernière conférence de presse mardi 9 décembre 2006, Ségolène Royal a donné acte à la Justice chinoise de sa rapidité. "J’ai rencontré un avocat qui me disait que les tribunaux chinois sont plus rapides qu’en France. Vous voyez : avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours les éléments de comparaison."


jeudi 25 avril 2013

Hollande en Chine, en violation de tous ses principes et promesses

François Hollande va quémander l'aide des Chinois

Le président français est arrivé ce jeudi à Pékin pour une visite d'Etat de deux jours

Hollande se rend dans l'un des pays 
 totalitaires au monde

L'objectif est intéressé: relancer les exportations françaises vers l'un des pays les plus totalitaires au monde. La Chine serait moins puissante qu'elle serait boycottée. Il rencontrera donc le numéro un chinois, Xi Jinping, à 15h15.

Pour le chef de l'Etat, cette visite est une première  qui vise à rééquilibrer les échanges commerciaux très défavorables à la France, et faire connaissance de la nouvelle direction chinoise, un souci qu'il n'a pas pour le nouveau pape


Au cours de cette visite de 37 heures - autant que de voyage- qui le mènera également vendredi à Shanghai, la capitale économique du pays, le président français s'entretiendra à trois reprises avec son nouvel homologue chinois, Xi Jinping, qui a pris ses fonctions de chef de l'Etat il y a cinq semaines. François Hollande est le premier dirigeant d'une puissance occidentale reçu par Xi Jinping avec les égards d'une visite d'Etat dans la capitale chinoise. 


Hollande profite ainsi de la relation singulière depuis que la France du général de Gaulle a reconnu la République populaire de Chine de Mao Zedong, le 27 janvier 1964, devenant la première grande nation à franchir le pas.


Réduire le déficit commercial français
Hollande plaidera pour une réduction du déficit commercial abyssal qui plombe le commerce extérieur français avec la Chine. Nicole Bricq, la ministre (ci-contre) l'a encore laissé s'élever l'an dernier à près de 26 milliards d'euros, soit 40% environ du déficit extérieur global accusé par l'économie française. Plusieurs accords institutionnels et quelques contrats pourraient être signés jeudi. De nouvelles commandes d'Airbus A320 et de long-courriers sont ainsi attendues. 


Dans le nucléaire civil, n'en déplaise aux ministres Verts (EELV), deux lettres d'intention seront vraisemblablement signées, portant sur la construction d'un centre de retraitement des déchets similaire à celui de La Hague (ouest de la France), ainsi qu'une nouvelle tranche de deux réacteurs EPR à Taishan. Renault pourrait également signer pour la construction, en alliance avec son partenaire chinois Dongfeng, une usine qui produirait 150 000 véhicules par an à Wuhan. 

La France espère signer aussi plusieurs accords institutionnels ou contrats dans des secteurs qui reflètent l'évolution du mode de vie chinois: le développement urbain durable, l'agroalimentaire, la santé ou l'économie numérique. 


Une importante délégation, dont des ...touristes
L'Europe envahie par la Chine
Le président Hollande emmène avec lui huit ministres ainsi qu'une soixantaine de dirigeants d'entreprises, parmi lesquels des fleurons du CAC 40 (Total, EDF, Saint Gobain, LVMH, Alstom) mais aussi de grosses PME ou PMI (ETI, 350 à 5 000 salariés). Mais que font en Chine la maîtresse présidentielle, Martine Brochen-Aubry comme invitée spéciale du ministère français des Affaires étrangères,  Bruno Le Roux, le premier des députés socialistes, sinon qu'il est aussi totalitaire que les cadres du parti communiste chinois. 
Au chapitre diplomatique, il devrait interroger son homologue chinois sur son analyse du regain de tension dans la péninsule coréenne, Pékin restant le principal allié du dictateur de Pyongyang.

Hollande "abordera certainement" la question des droits de l'homme en Chine
Peu avant la visite de François Hollande en Chine, les 25 et 26 avril, deux 'bêtes noires' de Pékin, le premier ministre tibétain en exil, Lobsang Sangay, et la dissidente ouïgoure Rebiya Kadeer ont effectué un déplacement parisien. Arrivés séparément le même jour, jeudi 18 avril, ils ont effectué des visites discrètes, sans rencontres de responsables français, mais l'ambassade de Chine à Paris s'est malgré tout émue de l'organisation de réceptions pour ces deux personnalités à l'Assemblée nationale et au Sénat. Des pressions ont été exercées pour qu'elles soient annulées, en vain. Même sur le sol français, il est devenu difficile d'évoquer les sujets qui fâchent avec la deuxième puissance économique mondiale.

Devoir de mémoire
1989: place Tiananmen

Après la répression sanglante du mouvement démocratique en 1989, des étudiants chinois en fuite furent accueillis en héros et fêtés à Paris à l'occasion du défilé célébrant le bicentenaire de la Révolution. "Un régime, qui, pour survivre, en est réduit à faire tirer sur la jeunesse qu'il a formée et qui se dresse contre lui au nom de la liberté, n'a pas d'avenir", déclarait alors François Mitterrand.

En 2004, alors que le numéro un chinois, Hu Jintao, devait s'exprimer à l'Assemblée nationale, des élus du PS, dont Laurent Fabius, avaient demandé aux députés socialistes de ne pas cautionner par leur présence "un dictateur qui bafoue les droits de l'homme". Jean-Marc Ayrault, alors président du groupe socialiste à l'Assemblée, jugeait que le chef de l'Etat avait "franchi les bornes de la Realpolitik ".

VOIR et ENTENDRE , vingt ans après, en 2009, l'évocation des événements qui ont fait des milliers de victimes du pouvoir communiste:


Avec François Hollande, il s'agit, selon l'Elysée, de parler -peut-être- de ces sujets sensibles" dans le respect et sans fracas" et d'"avancer de manière pragmatique". "Il ne faut pas faire un grand show idéologique, car cela braque les Chinois. Mais ne pas en parler serait un signe de faiblesse", explique-t-on dans l'entourage du président. La gauche revenue au pouvoir, les  tonitruantes déclarations socialistes appartiennent désormais au passé, priorité semble être donnée au pragmatisme, comme au temps de la droite: le changement, ce n'est pas maintenant sur ce sujet non plus.

"Les immolations au Tibet ont évidemment jeté la consternation"


Le Tibétain Jamphel Yeshi, 27 ans, réfugié en Inde depuis 2006, s'était transformé en torche humaine (ci-contre) pour protester contre la visite à New Delhi du président chinois Hu Jintao. Il est mort le 28 mars 2012


Selon Fabius,  "il n'y a pas d'autre piste pour avancer, s'agissant du Tibet, que le dialogue entre les autorités chinoises et le dalaï-lama, pour parvenir à une solution durable qui respecte pleinement l'identité culturelle et spirituelle tibétaine, dans le cadre de la République populaire de Chine, dont fait partie le Tibet".Le chef de la diplomatie qui accompagnera François Hollande lors de cette visite, a répondu à l'Assemblée nationale à la question d'un député sur le non-respect par Pékin de l'autonomie du Tibet, sur les immolations de moines tibétains et sur l'emprisonnement du Prix Nobel de la paix Liu XiaoboLe président François Hollande "abordera certainement" la question des droits de l'homme au cours de sa visite en Chine jeudi et vendredi, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, mercredi 24 avril. "Mais il le fera avec le souci de l'efficacité et sans esprit de provocation", a-t-il précisé. En foireux, donc.


Lu Xiaobo détenu depuis 2009


"A chaque fois qu'il nous est donné de parler avec les autorités chinoises, nous abordons ces questions. Je l'ai fait moi-même, il y a quelques jours en étant reçu par les plus hautes autorités chinoises, (...) non pas avec à l'esprit telle ou telle provocation mais dans le souci de l'efficacité", a dit le ministre. Et d'ajouter : "Il en est de même s'agissant du Prix Nobel et de son épouse."


Liu Xiaobo, un intellectuel accusé de "subversion", purge depuis 2009 une peine de onze ans de réclusion pour avoir corédigé un texte prônant la démocratie en Chine. Son épouse, Liu Xia, est en résidence surveillée depuis plus de deux ans, et très rares sont les personnes à avoir réussi à rompre l'isolement qui lui est imposé.

Pour le sociologue Jean-Louis Rocca, chercheur au CERI à Sciences Po, on assiste à un "jeu de théâtre d'ombres qui ne fait guère avancer les choses". "Les Occidentaux doivent en parler sans en parler ; les Chinois se fâcher sans se fâcher, car il faut d'abord faire du business", explique-t-il.

En 2008, la répression chinoise au Tibet soulèva le débat d'un éventuel boycottage partiel ou total des Jeux Olympiques de Pékin. 

Agression contre de la porteuse 
de la flamme olympique à Paris
Jean-Louis Bianco, député PS des Alpes-de-Haute-Provence, vice-président du Groupe d'étude sur le Tibet à l'Assemblée nationale déclara alors: - "Je suis fermement convaincu que menacer de boycotter la cérémonie est une bonne idée. Et qu'il faudra mettre la menace à exécution si rien ne bouge, non seulement sur la question du Tibet, mais pour les droits de l'homme en Chine en général, et les centaines d'opposants et de journalistes emprisonnés."
Noël Mamère, député-maire Verts (EELV) de Bègles (Gironde), membre du Groupe d'étude sur le Tibet à l'Assemblée nationale :
- "Il faut évidemment brandir la menace de boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Mais il faut avant tout que l'ensemble de la communauté internationale se mobilise contre les massacres de Tibétains. Nous l'avons déjà fait il y a quelques années lors de la visite de Li Peng, dit 'le Boucher de Tiananmen'".
Ségolène Royal sur 
la muraille de Chine en janvier 2007
Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français (PCF) : "Face à cette question du boycott des Jeux olympiques, au lieu de se retourner vers le monde sportif, je crois que c'est aux autorités politiques de prendre leurs responsabilités. Or, on assiste à beaucoup d'hypocrisie car ceux qui appellent aujourd'hui au boycott sont les mêmes qui vont en Chine pour signer des contrats ou pour aller chercher la 'bravitude' sur la grande muraille. "
François Hollande, le premier secrétaire du PS, avait indiqué qu'il fallait "évoquer l'hypothèse" d'un boycott de la France aux JO, ajoutant qu'il fallait "utiliser toutes les armes et toutes les pressions internationales".

Jean-Pierre Raffarin chaperonne Hollande pour éviter tout accrocOn se souvient en effet que le  "président normal" a commis un impair au Maroc...

mercredi 22 août 2012

JO: la pub mensongère de Head and Shoulders

Cette pellicule résiste sur les épaules de Karabatic
VOIR et ENTENDRE la pub qui promet ce que l'athlète ne peut tenir:

Le shampoing anti-pelliculaire garantit que le client gardera la "tête froide".

Vérifions auprès du handballeur :

Esprit olympique 

Médaille d'or à son 'coach', Claude Onesta, qui l'a entraîné toute l'année pour cette belle phase de jeu "citoyenne" et préméditée: le casse du studio de L'Equipe.

L'histoire ne dit pas si le champion a touché une prime à la casse.Remboursez !

samedi 18 août 2012

J.O.: Les athlètes français font rayonner la France

Des médaillés sortent le pays de la léthargie socialiste

L
e Petit Poucet a un coeur gros comme ça !
Le sang-froid de Renaud L
avillenie
a impressionné le monde

comme diraient les Anglais...


Effacée la honte de l’équipe de France de football au championnat d’Europe



Les athlètes français redorent le blason du sport tricolore

La délégation tricolore totalise moins de médailles qu'à Pekin (34 contre 41), mais elle décroche onze médailles d'or, soit quatre de plus qu'il y a quatre ans, onze médailles d'argent et treize de bronze... Au tableau des médailles, la France finit septième.

La main sur le coeur, les quatre champions olympiques du relais 4x100 mètres nage libre, Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Clément Lefert et Yannick Agnel (ci-dessous), entonnent la Marseillaise. Cette victoire, ils la savourent amplement. Elle est méritée. Face aux Américains, champions en titre, face aux redoutables Australiens, le quatuor français a fait des prouesses. " On n’avait rien à perdre, on a vu les Australiens très tendus, un peu comme nous en 2008. Et on s’est dits, allons-y à la cool, comme on sait faire. "

En juin, lors du championnat d’Europe, des footballeurs mal embouchés avaient gâché la fête. Cette fois, quel bonheur ! Ces sportifs, nageurs, judokas, tennismen…, auront marqué ces jeux Olympiques de Londres et réjoui les Français par leur comportement et la solidarité dont ils ont fait preuve, dans la victoire comme dans la défaite. L’escrimeuse Laura Flessel, éliminée en huitièmes de finale, en pleurs dans les bras de sa mère, a confirmé qu’elle mettait fin à sa carrière, " mais seulement quand je serai rentrée à Paris. Aujourd’hui, je vais être derrière l’équipe de France olympique, derrière la France qui gagne. C’est un nouveau challenge ". 

Toute la famille de la judokate Automne Pavia était venue assister à son combat. Ses amis aussi. L’ambiance était chaleureuse. « Je ne vais pas cracher sur une médaille de bronze, je suis très contente. J’ai beaucoup travaillé et ça a payé aujourd’hui. » À l’image de sa camarade, Teddy Riner, champion olympique, a laissé exploser sa joie, et n’a pas manqué de remercier le public : « Je vais dire un mot pour toute la nation française qui m’a apporté son soutien. Sans eux, je n’aurais pas cette médaille. » En canoë, Tony Estanguet (ci-dessous) a rayonné. Après avoir remporté sa troisième médaille d’or (après celles de 2000 et de 2004), il veut relever un nouveau défi : intégrer le Comité international olympique (CIO). Belle preuve d’engagement pour le champion de 34 ans, qui a reçu le soutien de ses aînés : " C’est un type bien, bosseur, très impliqué. Il représenterait bien la France ", juge Jean-Claude Killy, triple champion olympique de ski à Grenoble (1968).

Fiers mais humbles, nos sportifs adoptent une attitude exemplaire. Il ne manquerait plus qu’ils chantent juste. Enfin des Français “normaux” et des sportifs corrects ? Ils ne font pas de doigts d’honneur, ne se font pas surpayer, n’insultent pas leurs camarades ni les journalistes et, pour la plupart, parlent un français correct. Très loin des écarts de conduite de Zinédine Zidane, le premier, et de Samir Nasri (suspendu trois matchs pour propos injurieux à l'enversendroit de journalistes irréprochables (comme le sont les handballeurs qui ont saccagé le studio de L'Equipe) ou des maltraitances langagières de Franck Ribéry (" C’est une ville que j’aime bien venir ", avait-il déclaré en parlant du Touquet). Sans parler des vies sexuelles amorales (dans las cultures européennes) du même et de Benzema, compromis dans l'affaire Zahia, une mineure. A noter que Ribéry et sa femme Wahiba ont appelé l'un de leurs fils Seif el Islam, le prénom d’un des enfants de ...Kadhafi.

Les ministres des Sports de Sarkozy ont sorti les intellos 
Yannick Agnel par exemple. Le “Squale” attire tous les regards, après avoir remporté la médaille d’or au 200 mètres nage libre. Bac S (mention bien), lecteur invétéré de Baudelaire et de romans d’anticipation, il n’hésite pas à citer Montesquieu devant les journalistes. Son entraîneur, Fabrice Pellerin, dresse son portrait atypique : " Je dois toujours lui dire de ne pas oublier son maillot. Assez éthéré, il évolue sur des strates spirituelles, du genre désincarné, étourdi […]. C’est son fonctionnement, parfois approximatif, mais il compense par des choses très fortes : sa confiance en lui, ses convictions, sa soif de victoire sans aucun complexe. "

Avec sept médailles (record battu), dont quatre en or, le bilan français dépasse toutes les attentes. Ça n’a pas toujours été le cas. Depuis le fiasco des jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996, le monde de la natation française a beaucoup évolué. Fabrice Pellerin est l’un des principaux artisans de cette re naissance amorcée en 2000. L’entraîneur des nageurs niçois s’est détourné d’une carrière d’enseignant en éducation physique pour se dévouer à ses nageurs avec un perfectionnisme étonnant.

Sans langue de bois, il dénonce les problèmes qui pervertissent aujourd’hui l’enseignement du sport en France. 
" Camille Muffat est rentrée un jour d’une évaluation de natation à l’école; elle avait obtenu… 12/20. Je me suis alors demandé comment cela était possible. Et l’on m’a expliqué qu’il existait une pondération spécifique pour que les personnes douées en sport ne soient pas avantagées. " Le nivellement vers le bas, il ne connaissait pas...

Autodidacte, Pellerin voyait grand depuis longtemps : " Je ne me voyais pas jouer à la baballe avec des élèves. J’avais ce désir d’élitisme, de perfectionnisme… " 
Laxisme ou fermeté,
il faut choisir

Si nos nageurs brillent aux JO de Londres, c’est en partie grâce à ce baroudeur du coaching (ci-contre). " Avec moi, on ne discute pas.[…] Je tourne à une dizaine de chronomètres par an qui valdinguent à l’entraînement. Camille [Muffat] a un jour pris deux chronos dans la tête. C’est là que je me suis rendu compte qu’elle avait la tête dure ". Ses poulains sont ses soldats, il gère sa troupe comme un commando. " Ils ont le choix de s’entraîner avec moi, ou pas. Mais si on fait ce choix, on ne négocie pas la stratégie de préparation, on ferme sa gueule. Ce n’est pas un rapport de soumission, c’est une confiance, une collaboration où chacun apporte ses compétences. Je serais incapable de faire ce qu’ils font dans l’eau, mais le coach est censé diriger. "

Pragmatique, Pellerin assume aussi son côté intello, sa manie de tout rationaliser. Bourrin, l'entraîneur des handballeurs, Claude Onesta, ne joue donc pas dans la même cour... Depuis ses 17 ans, Pellerin note dans des cahiers ses réflexions sur la natation. " J’esquissais des positions de bras. Mais c’était trop analytique, je pensais trop, et c’est incompatible avec le processus d’action. " La méthode Pellerin porte enfin ses fruits, et ce n’est que le début. Une sorte d’approche 'old school' qui ne ferait peut-être pas de mal aux casseurs, ni aux footballeurs de l’équipe de France.  

Comme Mahiedine Mekhissi-Benabbad, ils peuvent aussi être négligés

Ce qui les différencie de nos champions ? Le devoir de représentation. Cela pourrait changer avec l’arrivée de Didier Deschamps à la tête des Bleus, si toutefois il n'applique pas la méthode Ayrollande: parler beaucoup sans lever le petit doigt. Constatant les dégâts causés par les joueurs, le nouveau sélectionneur a évoqué un " devoir d’exemplarité sur le terrain et en dehors ", " la notion de plaisir, de représenter la France, de porter ce maillot ". Les joueurs qui n’auront pas " un comportement idéal se condamneront eux-mêmes ".

Ecartelé entre  les sponsors et la fédération, l'argent et la magouille, Deschamps aura-t-il une marge de manoeuvre suffisante ? Sur cette voie, Laurent Blanc avait échoué. Au moins garderons-nous le souvenir de ces JO qui, le temps d’un été, nous auront enchantés…