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lundi 9 janvier 2017

Primaire socialiste: Valls se veut l'héritier de Mitterrand

Le candidat de la "République forte et de la France juste" dans le Pas-de-Calais, 
pays des abus de biens sociaux socialistes

Manuel Valls s'est efforcé de capitaliser sur son avance dans les sondages 
Valls s'est-il jamais recueilli sur 
la tombe de Mitterrand à Jarnac ?
Dimanche, à deux semaines du premier tour de la primaire socialiste, l'ancien premier ministre d'un président socialiste en échec total s'est posé en meilleur rempart contre un nouveau "21-avril", renvoyant dos à dos François Fillon et Marine Le Pen. Lors d'une réunion publique à Liévin, dans une salle au nom de l'ancien président socialiste, le jour de commémoration de la disparition de François Mitterrand, mort il y a 21 ans,  Manuel Valls a lancé : "Je ne veux pas que la France revive, que nous revivions 2002!"

Pour ce énième meeting avec les moyens de l'Etat, le premier ministre démissionnaire  avait choisi le creuset du "monde minier et ouvrier", le Pas-de-Calais, terres ouvrières désormais largement acquises au Front national, pour caricaturer une "droite ultra-libérale qui veut détruire nos protections" et pour faire un procès en sorcellerie à "une extrême droite qui se dit le défenseur des petites gens mais serait l’orchestrateur de leur ruine".
"Je ne veux pas que les Français (...) se retrouvent à choisir en mai entre François Fillon et Marine Le Pen. (...) Rendons-nous compte de ce scénario catastrophe!", a-t-il dramatisé.
Pour mémoire, rappelons que Liévin (Pas-de-Calais) est le fief d'un baron socialiste mis en examen, le 8 janvier 2014: soupçonné d'enrichissement personnel, son ancien député-maire, Jean-Pierre Kucheida, est poursuivi pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux...
Un Manuel Valls que l'aile gauche du PS honnit

Résultat de recherche d'images pour "valls autocrate"Il s'emploie à "gauchiser" son discours au nom du rassemblement -  à son profit - après avoir confié l'Economie au banquier Macron, après avoir imposé la Loi Travail à coups de 46.3, à six reprises, et  après avoir ferraillé contre l'aile gauche du Parti socialiste durant le quinquennat. 

Il s'est inscrit tout-à-coup dans la lignée des "François Mitterrand, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Lionel Jospin, la gauche qui assume les responsabilités malgré les difficultés et fait changer les choses." 
La France modelée par le CRIF conduit à la France franquiste de Valls
Sa représentation par
la gauche radicale
Les Français n'ont pourtant pas oublié les nationalisations et les dévaluations de Mitterrand et Mauroy, les abus de l'article 49.3 par Rocard et l'échec de Jospin en 2002.

"Voulons-nous retourner pour longtemps, durablement, dans l’opposition, avec nos divisions, notre rancoeur, nos procès en trahison?", a rétrospectivement craint ce  constant responsable de la fracture nationale sur ces cinq dernières années de plomb, avec son matraquage fiscal, ses choix économiques décourageant l'esprit d'entreprise, sa gabegie et l'endettement de l'Etat sur plusieurs générations, ses discriminations sociales et son autoritarisme, sans compter son refus du dialogue diplomatique, syndical ou sociétal et sa logique de guerre qui nous a valu les représailles des terroristes islamistes sur notre propre territoire.
Le Pas-de-Calais a également beaucoup souffert des affaires qui accablent la fédération socialiste. Devant le juge, le sulfureux ancien maire PS d'Hénin-Beaumont, commune ensuite remportée par le FN, Gérard Dalongeville, a déballé un système de financement occulte. Quatre enquêtes préliminaires ont été ouvertes, dans lesquelles apparaît le nom du tout-puissant patron de la Fédération. A 68 ans, ce dernier, Jean-Pierre Kucheida, a été exclu du Parti socialiste lors du bureau national pour sa candidature dissidente aux législatives à Liévin. Le 21 mai 2013, Jean-Pierre Kucheida a été condamné à 30.000 euros d'amende pour abus de biens sociaux lors du procès des frais de la Soginorpa, bailleur social dont il était chargé.
Quant à Gérard
Dalongeville, il a été condamné en première instance à quatre ans de prison, dont trois ferme, et à 50.000 euros d'amende pour détournements de fonds publics, le 19 août 2013. Valls a la mémoire courte et une morale très flexible.
"On a beaucoup souffert du 49-3"
Résultat de recherche d'images pour "valls autocrate"Son successeur à Matignon, Bernard Cazeneuve, en a remis une couche en vantant dimanche François Mitterrand, "un symbole, un précurseur qui aujourd'hui encore montre le chemin". 
Et de rappeler, à l'intention d'Emmanuel Macron - concurrent de Valls qui s'est quant à lui affranchi du système socialiste, la détestation du "ni droite ni gauche que l'ancien président mort, opportuniste et cynique, considérait comme un ailleurs improbable, à moins qu’il ne fut la manifestation d’un opportunisme cynique ou d’une confondante immaturité politique". Un connaisseur en duplicité machiavélique qui ne prétendait pas faire ce qu'il disait...

La stratégie des hypocrites du  pouvoir est transparente 

Le dernier locataire de Matignon prétendait ne pas choisir entre les candidats socialistes de la primaire, mais il ne s'interdit pas de critiquer certains. Après avoir apporté un soutien indirect à son prédécesseur, Cazeneuve devrait afficher franchement son soutien à Manuel Valls, lundi, à l'occasion d'une visite au siège d'Arianespace dans le fief d'Evry (Essonne) que Valls n'est pas pressé de retrouver. 
Résultat de recherche d'images pour "valls autocrate"Ségolène Royal a en revanche clairement marqué son incompatibilité avec son chef de gouvernement démissionnaire. Elle a en effet condamné sa volte-face sur l'article 49.3 qu'il renie après en avoir abusé six foisLa ministre de l'Environnement, qui ne cache pas sa sympathie pour Emmanuel Macron, a dénoncé dimanche le revirement "difficilement compréhensible" de Manuel Valls sur l'usage de l'article 49-3 de la Constitution, qui permet de faire adopter un texte au Parlement sans vote, mais par la force.
Valls-dictateur-Reich-jpg
Montage dû à
l'extrême gauche
L'ex-gestionnaire "désastreuse" de la région Poitou-Charentes a appelé à "un peu d'apaisement" en France, suggérant que l'autocrate Valls est bien un fauteur de troubles.

S'il était élu, le candidat promet qu'il limiterait désormais l'usage du 49.3 aux seuls textes budgétaires. Bien qu'il brigue la fonction suprême et qu'il affiche sa volonté d'une "République forte", il a affirmé jeudi soir sur France 2 qu'il a dû plier sous les pressions : ses six recours au 49.3 lui avaient été "imposés" par les frondeurs socialistes, a avoué l'homme fort du pouvoir socialiste !

Valls-haine-israel.jpg
Les propos de Mme Royal 
suscitent ce type de montage
Royal parle au nom des Français pour souligner que ce revirement de Valls "n'a pas été compris de l'opinion. (...) J'espère que c'est sincère s'il le dit", a douté Ségolène Royal au "Grand Rendez-vous" Europe 1-iTélé-Les Echos.

"On a beaucoup souffert du 49-3, a-t-elle martelé. Même en tant que membres du gouvernement, on a beaucoup souffert. Tout le travail positif qu'on faisait à côté était étouffé par les manifestations, par les protestations", a-t-elle prétendu.

L'un des concurrents de Manuel Valls, Vincent Peillon, lui a reproché "une forme de gouvernance brutale" et a encore dit sur Radio J avoir trouvé "ridicule de changer d'avis tout le temps, contre le 49-3, pour le 49-3".

Résultat de recherche d'images pour "valls autocrate"Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, l'avance de Manuel Valls sur ses concurrents se réduirait, notamment sur Arnaud Montebourg qui le battrait dans l'hypothèse d'un duel au second tour. 
La semaine prochaine, ce sera au tour de Benoît Hamon de se montrer menaçant dans les sondages...

jeudi 29 octobre 2015

Des magistrats "pervers", "psychopathes": et si Guaino parlait au nom de justiciables ?

L'ancien conseiller de l'Elysée sait de quoi il parle

Henri Guaino a prononcé un réquisitoire sans complaisance contre les magistrats
 partisans qui harcèlent en se murant derrière la loi.
figarofr: Le député des Républicains, Henri Guaino (Yvelines)
Mercredi lors des questions au gouvernement, le député des Yvelines s'est lâché, surprenant les amateurs de langue de bois. Contrairement à ce qui se lit, il ne s'est pas livré à "une violente critique du monde de la justice," dans son ensemble,  mais de certains qui ternissent l'image de la profession par leur militantisme, comme dans nombre d'autres. Or, si on peut s'en prendre aux avocats, dénoncer les agissements d'un petit nombre est tabou, renforçant leur sentiment d'être au-dessus des lois, du fait de leur liberté d'interprétation des textes et de leur indépendance attachée à la séparation des pouvoirs, un principe constamment pris en défaut.

Sa condamnation, la semaine dernière, en est un exemple
Economiste tour à tour chargé de cours à l'ESCP Europe et à l'École normale supérieure de Saint-Cloud (ENS), chargé de mission à la direction du Trésor au ministère des Finances et adjoint au secrétaire général du Club de Paris, puis maître de conférences à l'IEP de Paris et conseiller-maître à la Cour des comptes depuis septembre 2006, sa parole libre porte, mais en fait une cible privilégiée des sectaires de la majorité actuelle qui lui font payer d'avoir été conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, président de la République.
C'est ainsi à 2.000 euros d'amende qu'il a été condamné pour outrage au juge Jean-Michel Gentil. Alors que les avocats finissaient une grève, l'élu des Républicains (LR) a ciblé les "juges infâmes qui rendent des jugements iniques". "Ces comportements deviennent habituels." Non sans malice, mais avec peu de respect de la vérité, la plupart des media ont aussitôt étendu à tous ce qui s'adressait à quelques hyper-actifs.

Guaino a motivé ses griefs.  
"Écoutes incontrôlées,
perquisitions sans raison, 

violations du secret de l'instruction, du secret professionnel des avocats,

instrumentalisation de la presse, 

instructions à charge, 
mises en examen injustifiables, 
mépris de la Constitution, mépris de la loi, mépris des victimes, 
abus de pouvoir". 
Autant d'éléments déjà soulevés par plusieurs personnalités d'opposition, notamment du fait de la succession d'affaires qui visent Nicolas Sarkozy, sur la base de simples soupçons et sans preuves qui aient jamais permis une seule condamnation "Voilà le visage d'une justice qui ne mérite plus son nom", a commenté l'ancien conseiller élyséen qui dit "s'inquiéter pour nos libertés".
En septembre 2014, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné la France pour avoir conservé les données d'infractions classées sans suite dans l'ancien fichier des infractions constatées (STIC), objet de nombreuses critiques.La CEDH a estimé qu'il s'agissait d'une violation du droit au respect de la vie privée. Le plaignant avait été placé en garde à vue en 2008 à la suite d'une violente altercation avant d'être libéré puis convoqué pour une médiation pénale. Celle-ci se solda par un classement sans suite de l'affaire.
Si on demande à Me Eric Dupond-Moretti si notre pays est toujours "le pays des droits de l'Homme", l'avocat affirme que le France est "le plus condamné par Strasbourg, juste derrière la Turquie". En 2014, l'Etat français a été épinglé à 17 reprises pour violation d'au moins l'un des articles de la Convention européenne des droits de l'Homme. Elle se classe derrière la Russie, la Turquie et la Roumanie.
Guaino développe.
"L'indépendance de la justice ne donne pas au juge le droit de juger selon ses caprices, ses préjugés, ses rancœurs". "Dans la magistrature, comme partout ailleurs, il y a des gens qui honorent leurs fonctions. Il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie", a dénoncé le député. "Des gens à qui l'ivresse de leur toute puissance fait perdre tout discernement", a-t-il encore mis en garde. Pour l'élu comme pour de trop nombreux justiciables, le corps de la magistrature est "dévasté par le syndicalisme et le corporatisme", allusion au 'mur des Cons' du Syndicat de la magistrature (SM, classé très à gauche et recelant des "juges rouges")
Et le député de s'inquiéter que la gauche fait de ce corps "'une clientèle" électorale.


J.-N. Guérini et Sylvie Andrieux ne sont pas là pour se sentir gênés



Face à ces critiques, c'est le premier ministre qui s'est levé des bancs du gouvernement pour répondre, amaigri, fragile et léger, la garde des Sceaux, Christiane Taubira étant actuellement en Guyane pour des obsèques. "Je ne peux pas accepter dans cet hémicycle les mots que vous avez utilisés", a grondé Manuel Valls. Le premier ministre s'est ensuite perdu dans des considérations sur la "séparation des pouvoirs" dont il s'est fait le garant (!) et qui impose "le respect de l'indépendance, des hommes et des femmes qui font la magistrature" et ce au nom "des valeurs de la République". Sauf que la réalité dépasse la fiction des textes, comme le souligne la CEDH. 


Dans une réponse brève, et alors que la majorité présidentielle s'était levée au signal pour fustiger Henri Guaino, l'irascible Manuel Valls a "conjuré" l'élu LR sur un ton paternaliste: "Abandonnez ce discours, reprenez vos esprits et revenez sereinement dans le cadre de la République: le respect des pouvoirs". Autant de notions qui sont précisément bafouées.

Quant aux parlementaires de la majorité, ils ont aussitôt investi Twitter.Pour le célèbre Yann Galut (aile gauche du PS), qui ne se pose pas de questions, "le député Guaino pète les plombs en direct". "Charge inadmissible et incroyablement violente de Guaino contre les magistrats. Même les députés (de droite) regardent leurs godasses", a imaginé le député EELV de Paris, Denis Baupin, époux Cosse Emmanuelle.
Remis de son malaise de 2012,
Patrick Vignal (PS, élu du vertueux département de l'Hérault) s'est dressé en procureur général, contestant le vote républicain des citoyens,: "Que fait un élu comme Henri Guaino dans cet hémicycle ?"
Ce Vignal (ci-contre) n'a-t-il pas été témoin de la "pizza connection" du sénateur Robert Navarro ?  Proche de Hollande et de Georges Frêche, R. Navarro, exclu du PS, est mis en cause dans un dossier d'abus de confiance, touchant aux frais de fonctionnement de la fédération PS de l'Hérault. Il lui est notamment reproché des frais de bouche élevés et injustifiés à la charge du parti, avec plus de 40.000 euros dépensés dans une pizzeria en moins de trois ans.

mercredi 19 août 2015

Pompili (EELV) envisage une scission du parti sur le problème de la participation d'EELV au gouvernement Valls

Le grand écart des Verts aux Régionales met EELV en péril

La députée d'Europe Ecologie-Les Verts Barbara Pompili ne sait pas si son parti parviendra à conserver son unité

Barbara Pompili, prête à pactiser avec Valls, le libéral démocrate, 
en présence de J.-V. Placé, regard fuyant, en avril 2014 à Matignon
Le parti est en effet tiraillé entre partisans et adversaires d'une participation au gouvernement. Alors que François Rebsamen a préféré le quitter, au vu des échecs de la politique du chômage de Hollande et Valls, certains Verts, tels J.-V. Placé, François de Rugy ou... Barbara Pompili rêvent de maroquin. 
"Nous vivons un moment crucial. Il peut y avoir une tendance au repli et à l'exclusion de toute pensée qui s'écarterait d'une ligne que certains [Duflot et Cosse] voudraient. J'espère me tromper", ajoute, avec force circonvolutions langagières,  la co-présidente du groupe écologiste EELV  à l'Assemblée, alors que s'ouvrent les journées d'été du mouvement à Villeneuve d'Ascq (Nord).

Exemple emblématique du "je t'aime, moi non plus" entre le PS et EELV
La candidature de la secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, Emmanuelle Cosse, face à Claude Bartolone, démissionnaire apparent de son poste au perchoir de l'Assemblée nationale,
,
"La plupart des élus écologistes sont pour un retour au gouvernement"

On l'a compris, Mme Pompili n'en peut plus d'attendre un coup de fil de l'Elysée, en admettant que ces élus-là "égrènent chacun leurs conditions".
Pour Pompili, les écologistes doivent participer au gouvernement pour "pouvoir peser" et exister en tant que parti, ce qui passe par "un contrat"."Si on veut de l'écologie dans les politiques publiques, il faut que les écologistes soient dans tous les lieux de décisions", prétend-elle, estimant que l'écologie est le domaine réservé d'Europe Ecologie-les Verts. 
 
Mme Pompili rappelle par ailleurs l'attachement de sa formation à un mode de scrutin proportionnel.
"Le fait que le FN ne soit pas à l'Assemblée nationale [du fait du mode de scrutin majoritaire] au regard du niveau de son électorat est un problème. Je le dis sans tabou. Quand on veut lutter contre le FN, on ne peut pas le faire avec des artifices de procédure mais sur le fond", relève-t-elle.

La députée de la Somme sait son siège menacé par un Front national en pleine expansion dans le Pas-de-Calais de sa naissance, un département historiquement socialiste ébranlé par les affaires Jean-Pierre Kucheida  à Liévin ou Gérard Dalongeville à Hénin-Beaumont, dont la mairie a été soustraite au PS par le FN.

Compagne d'un ex-conseiller principal d’éducation en lycée (CPE), Christophe Porquier (ancienne tête de liste EELV pour les élections régionales, ci-contre à droite), vice-président EELV du Conseil régional de Picardie présidé par Claude Gewerc, un courtier juif en tissus pour la haute couture, né en Allemagne et proche de Laurent Fabius, et condamné en 2010 pour diffamation envers son adversaire Maxime Gremetz, Pompili est en recherche d'une stature nationale pour faire face à la montée régionale du FN.
Le duel annoncé aux régionales 2015 en Nord-Pas-de-Calais-Picardie opposera Marine Le Pen (FN) au candidat du parti Les Républicains, Xavier Bertrand.

mercredi 1 avril 2015

Départementales: Manuel Valls en campagne a-t-il desservi ses protégés ?

Valls a déserté Matignon pendant quatre semaines, mais pour quel bilan ?

Les défunts PS se mordent les doigts du passage du croque-mort
Le premier ministre était passé par Palaja, Aude, dès le jeudi 26 février.
"Manuel, l'Aude ne va pas vaciller: le rural, ici, va bien tenir, mais le gros enjeu, ce sont les deux grandes villes, Carcassonne et Narbonne, où la situation est plus difficile," assurait André Viola, le président PS sortant du Conseil général. Bilan après le passage du premier ministre: le PS n'obtient pas la majorité absolue. A second tour, le binôme du Parti Socialiste obtient 44,59 % et le Front national 39,05 %...

Le premier ministre
 était à 
Betton, Ille-et-Vilaine, le vendredi 27 février:
Accompagné de la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem et du ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, Manuel Valls était venu galvaniser ses troupes en faveur de Jean-Luc Chenut, maire du Rheu qui l’a emporté largement (61,67 %) grâce à de bons reports de voix venant de sa gauche et des écologistes, alors que le scrutin était dit incertain pour le Parti socialiste en place depuis 2004 et avait manifesté son angoisse : "Ne vous dérobez pas, venez voter pour la République, pour la démocratie, toutes les élections sont importantes !" Valls n'a pu éviter une perte de trois cantons.

Le premier ministre était jeudi 5 mars à Limoges (Boisseuil), Haute-Vienne.
La perte de Limoges aux municipales était un véritable coup de massue avec 4 cantons de la ville conquis par la droite (Limoges-1, 6, 7 et 8). Dans la future assemblée départementale, le PS ne détiendra qu'un seul siège d'avance (22 sur 42).

Le premier ministre
 était lundi 9 mars à Bresles (Oise)
Valls est venu et après plus d’une décennie à gauche, l’Oise a basculé à droite. L’UMP et le député Edouard Courtial, son chef de file, sortent grands vainqueurs de ce scrutin. Unis aux centristes de l’UDI et aux divers droite, ils raflent 15 des 21 cantons du département.Le Front national qui, avec 35,11 % des voix, avait réalisé une impressionnante percée au premier tour, arrivant largement devant les autres partis, ne l’emporte pour finir que dans 2 des 15 cantons où il figurait au second tour: celui de Crepy-en-Valois et celui de Noyon. L’extrême droite talonne l’union de la droite (41,48 % contre 42,42 %), sans pour autant transformer l’essai.
En pleine déconfiture, ne totalisant qu’à peine plus de 16 % des voix, la gauche, majoritaire depuis 2004, ne conserve que 4 cantons (Creil, Méru, Montataire et Thourotte). A Mouy, le président sortant du Conseil, Yves Rome, associé à la maire du chef-lieu, Anne-Claire Delafontaine, sont largement battus. Arrivé en troisième position lors du premier tour, le binôme de la majorité sortante reste derrière le FN, n’améliorant son score que de 420 voix, preuve que tout le Front de gauche n’a pas voté socialiste. Au bout du compte, c’est le binôme de la droite (Olivier Paccaud et Anne Fumery) qui s’impose de justesse avec 245 voix d’avance sur le FN. 
Dans l’autre triangulaire, sur Clermont, Edouard Courtial, en binôme avec Ophélie Van-Elsuwe, remplit largement son contrat avec 41,15 % des voix. Le tandem socialiste, dont le premier vice-président sortant du département, qui avait tenu à se maintenir, a récupéré à peine plus de la moitié des voix du Front de gauche, se voit distancé de deux voix par le FN

Le premier ministre était vendredi 13 mars à Yffiniac (Côtes-d'Armor)
Le match a été serré, mais, comme le laissaient supposer les résultats du premier tour, le département des Côtes-d’Armor, dirigé par la gauche depuis 1976 et présidé par Claudy Lebreton (PS), bascule à droite, malgré la venue ou à cause de Manuel Valls. La droite a emporté 17 cantons sur 27, contre 10 pour la gauche, qui avait eu deux élus le 22 mars. Le Parti communiste conserve deux élus, à Lannion, au lieu de trois. Il y avait une seule triangulaire dans le canton de Broons, qui a vu l’élection d’un binôme de droite (44,33 %), le Front national, qui avait obtenu 26,03 % le 22 mars, arrivant troisième. Dans les quatorze cantons où le FN avait fait entre 16 % et 21 %, la droite a obtenu dix victoires, contre quatre à la gauche.

Le premier ministre était lundi 16 mars à Evry, Essonne
Les socialistes espéraient perdre l’Essonne "avec les honneurs". La claque électorale a finalement été très violente. Dans ce département où Manuel Valls a dirigé la mairie d’Evry pendant onze ans, la gauche n’a réussi à conserver que 6 cantons sur les 21 malgré le nouveau découpage électoral sur mesures. 
Le président sortant du Conseil général et "frondeur" PS, Jérôme Guedj, s'est fait sortir, la rage au coeur et les larmes aux yeux, tout en conservant de justesse son canton de Massy (51,54 %). Car la droite, qui n’avait plus dirigé ce département depuis 1998, va disposer d’une très large majorité avec 14 cantons acquis aux candidats UMP-UDI et 1 pour Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, dans le canton d’Yerres. 
La gauche avait axé sa campagne sur les affaires judiciaires, notamment le renvoi aux Assises de George Tron, maire UMP de Draveil, pour viol et agressions sexuelles présumés, et la mise en examen de Jean-Pierre Bechter, maire UMP de Corbeil-Essonnes, pour achat présumé de votes. Or, les deux UMP ont été largement élus, avec 61,74 % des voix pour le premier et 62,96 % pour le second, dans un duel face au FN. Les candidats frontistes avaient réussi à se maintenir dans 8 cantons, mais, malgré une forte progression en nombre de voix, aucun n’a été élu. 
Dimanche soir, G. Tron a réaffirmé sa volonté d'être candidat à la présidence du conseil départemental, ce qui  met la droite en grand péril, notamment François Durovray, maire UMP de Montgeron et élu sur le canton de Vigneux-sur-Seine, qui a déjà annoncé qu’il ne votera pas pour le maire de Draveil. Les nouveaux élus de droite devaient se réunir lundi matin pour départager les éventuels prétendants.

Le premier ministre était mardi 17 mars à Dombasle-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle)
En gagnant 14 cantons sur 23, contre 9 pour la droite, la gauche parvient à conserver une majorité confortable en Meurthe-et-Moselle. Le président sortant du conseil général Mathieu Klein (PS) l’a emporté sans difficulté dans son fief de Nancy-2, avec près de 57 %. Il devrait sans surprise conserver la présidence du conseil départemental. La Meurthe-et-Moselle sera donc le seul département de gauche dans la future grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

Le premier ministre était mercredi 18 mars à Lille, (Carvin), Pas-de-Calais
Avec les nombreuses affaires qui minent sa fédération (le favoritisme de D. Percheron, les malversations de G. Dalongeville ou de J.-P. Kucheida, notamment), le PS a favorisé la montée du parti de Marine Le Pen qui confirme son implantation sur ce territoire ouvrier avec 6 cantons raflés à la gauche (Harnes, Hénin-Beaumont-1 et 2, Lens, Lillers et Wingles). La gauche réussit de justesse à conserver le Pas-de-Calais avec 20 cantons sur 39 et le Front national, qui a réalisé une véritable poussée sur les terres du bassin minier, rendra la gestion du département difficile. Et il s’en est d'ailleurs fallu de peu que ne basculent avec Calais-3, remporté par l’Union de la droite avec 50,55 % et 109 voix d’avance sur le FN, et Douvrin, remporté par l’union de la gauche avec 50,1 % et 31 voix d’écart avec le FN. 
La victoire du FN sur le canton de Lens, terre historiquement socialiste, est lourde de sens. D’autant que le candidat frontiste, patron d’un bar lillois, n’est pas implanté sur le secteur. A Hénin-Beaumont, ville frontiste, le FN poursuit son ascension et s’empare des deux cantons avec 51,84 % et 53,78 %. Dans tous les six cantons récupérés par le FN, on note une hausse de la participation et une progression du FN en nombre de voix entre les deux tours (à Wingles, par exemple, les voix du FN sont passées de 6 603 à 7 516). 
Dans le Calaisis qui reste en souffrance du fait de la présence de migrants errants, la droite remporte les cantons de Calais-1, Calais-3, et Marck (défaite du conseiller général sortant PS). Mais le PS résiste bien dans le Boulonnais, terre de l’ancien ministre Frédéric Cuvillier, en conservant les deux cantons de Boulogne-sur-Mer, Outreau et Desvres. 
Sur les 9 triangulaires, la droite en remporte 6 (Arras-1 et 2, Auxi-le-Château, Fruges, Longuenesse, Marck), le PS 2 (Arras-3 et Desvres) et le FN 1 (Lillers). Au total, on enregistre 41,48 % des voix pour le FN, 23,09 % pour le PS et 14,22 % pour l’union de la droite. On note une hausse de la participation avec 51,99 %, contre 47,30 % en 2011. 

Un tel bilan justifiait-il les absences du premier ministre de Matignon ?

L'impact de son "investissement" dans la campagne est-il à la hauteur des promesses dont il se disait porteur?
La réponse est aussitôt venu avec le comportement d'une majorité présidentielle - mais virtuelle - agressive à l'instar du premier ministre qui s'est encore fâché tout rouge dans ses réponses aux questions du gouvernement, à la place de plusieurs ministres et postillonnant en direction de la minorité victorieuse mais effarée par ses vociférations, tandis que la chaîne parlementaire le cadrait de loin pour dissimuler ses mains encore saisies par la "tremblante du mouton". Face cramoisie, Valls pousse ainsi des cris à chaque fois qu'il est en situation de faiblesse, mais le coeur tiendra-t-il ?