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jeudi 29 octobre 2015

Des magistrats "pervers", "psychopathes": et si Guaino parlait au nom de justiciables ?

L'ancien conseiller de l'Elysée sait de quoi il parle

Henri Guaino a prononcé un réquisitoire sans complaisance contre les magistrats
 partisans qui harcèlent en se murant derrière la loi.
figarofr: Le député des Républicains, Henri Guaino (Yvelines)
Mercredi lors des questions au gouvernement, le député des Yvelines s'est lâché, surprenant les amateurs de langue de bois. Contrairement à ce qui se lit, il ne s'est pas livré à "une violente critique du monde de la justice," dans son ensemble,  mais de certains qui ternissent l'image de la profession par leur militantisme, comme dans nombre d'autres. Or, si on peut s'en prendre aux avocats, dénoncer les agissements d'un petit nombre est tabou, renforçant leur sentiment d'être au-dessus des lois, du fait de leur liberté d'interprétation des textes et de leur indépendance attachée à la séparation des pouvoirs, un principe constamment pris en défaut.

Sa condamnation, la semaine dernière, en est un exemple
Economiste tour à tour chargé de cours à l'ESCP Europe et à l'École normale supérieure de Saint-Cloud (ENS), chargé de mission à la direction du Trésor au ministère des Finances et adjoint au secrétaire général du Club de Paris, puis maître de conférences à l'IEP de Paris et conseiller-maître à la Cour des comptes depuis septembre 2006, sa parole libre porte, mais en fait une cible privilégiée des sectaires de la majorité actuelle qui lui font payer d'avoir été conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, président de la République.
C'est ainsi à 2.000 euros d'amende qu'il a été condamné pour outrage au juge Jean-Michel Gentil. Alors que les avocats finissaient une grève, l'élu des Républicains (LR) a ciblé les "juges infâmes qui rendent des jugements iniques". "Ces comportements deviennent habituels." Non sans malice, mais avec peu de respect de la vérité, la plupart des media ont aussitôt étendu à tous ce qui s'adressait à quelques hyper-actifs.

Guaino a motivé ses griefs.  
"Écoutes incontrôlées,
perquisitions sans raison, 

violations du secret de l'instruction, du secret professionnel des avocats,

instrumentalisation de la presse, 

instructions à charge, 
mises en examen injustifiables, 
mépris de la Constitution, mépris de la loi, mépris des victimes, 
abus de pouvoir". 
Autant d'éléments déjà soulevés par plusieurs personnalités d'opposition, notamment du fait de la succession d'affaires qui visent Nicolas Sarkozy, sur la base de simples soupçons et sans preuves qui aient jamais permis une seule condamnation "Voilà le visage d'une justice qui ne mérite plus son nom", a commenté l'ancien conseiller élyséen qui dit "s'inquiéter pour nos libertés".
En septembre 2014, la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) a condamné la France pour avoir conservé les données d'infractions classées sans suite dans l'ancien fichier des infractions constatées (STIC), objet de nombreuses critiques.La CEDH a estimé qu'il s'agissait d'une violation du droit au respect de la vie privée. Le plaignant avait été placé en garde à vue en 2008 à la suite d'une violente altercation avant d'être libéré puis convoqué pour une médiation pénale. Celle-ci se solda par un classement sans suite de l'affaire.
Si on demande à Me Eric Dupond-Moretti si notre pays est toujours "le pays des droits de l'Homme", l'avocat affirme que le France est "le plus condamné par Strasbourg, juste derrière la Turquie". En 2014, l'Etat français a été épinglé à 17 reprises pour violation d'au moins l'un des articles de la Convention européenne des droits de l'Homme. Elle se classe derrière la Russie, la Turquie et la Roumanie.
Guaino développe.
"L'indépendance de la justice ne donne pas au juge le droit de juger selon ses caprices, ses préjugés, ses rancœurs". "Dans la magistrature, comme partout ailleurs, il y a des gens qui honorent leurs fonctions. Il y a aussi des pervers, des psychopathes, des militants aveuglés par leur idéologie", a dénoncé le député. "Des gens à qui l'ivresse de leur toute puissance fait perdre tout discernement", a-t-il encore mis en garde. Pour l'élu comme pour de trop nombreux justiciables, le corps de la magistrature est "dévasté par le syndicalisme et le corporatisme", allusion au 'mur des Cons' du Syndicat de la magistrature (SM, classé très à gauche et recelant des "juges rouges")
Et le député de s'inquiéter que la gauche fait de ce corps "'une clientèle" électorale.


J.-N. Guérini et Sylvie Andrieux ne sont pas là pour se sentir gênés



Face à ces critiques, c'est le premier ministre qui s'est levé des bancs du gouvernement pour répondre, amaigri, fragile et léger, la garde des Sceaux, Christiane Taubira étant actuellement en Guyane pour des obsèques. "Je ne peux pas accepter dans cet hémicycle les mots que vous avez utilisés", a grondé Manuel Valls. Le premier ministre s'est ensuite perdu dans des considérations sur la "séparation des pouvoirs" dont il s'est fait le garant (!) et qui impose "le respect de l'indépendance, des hommes et des femmes qui font la magistrature" et ce au nom "des valeurs de la République". Sauf que la réalité dépasse la fiction des textes, comme le souligne la CEDH. 


Dans une réponse brève, et alors que la majorité présidentielle s'était levée au signal pour fustiger Henri Guaino, l'irascible Manuel Valls a "conjuré" l'élu LR sur un ton paternaliste: "Abandonnez ce discours, reprenez vos esprits et revenez sereinement dans le cadre de la République: le respect des pouvoirs". Autant de notions qui sont précisément bafouées.

Quant aux parlementaires de la majorité, ils ont aussitôt investi Twitter.Pour le célèbre Yann Galut (aile gauche du PS), qui ne se pose pas de questions, "le député Guaino pète les plombs en direct". "Charge inadmissible et incroyablement violente de Guaino contre les magistrats. Même les députés (de droite) regardent leurs godasses", a imaginé le député EELV de Paris, Denis Baupin, époux Cosse Emmanuelle.
Remis de son malaise de 2012,
Patrick Vignal (PS, élu du vertueux département de l'Hérault) s'est dressé en procureur général, contestant le vote républicain des citoyens,: "Que fait un élu comme Henri Guaino dans cet hémicycle ?"
Ce Vignal (ci-contre) n'a-t-il pas été témoin de la "pizza connection" du sénateur Robert Navarro ?  Proche de Hollande et de Georges Frêche, R. Navarro, exclu du PS, est mis en cause dans un dossier d'abus de confiance, touchant aux frais de fonctionnement de la fédération PS de l'Hérault. Il lui est notamment reproché des frais de bouche élevés et injustifiés à la charge du parti, avec plus de 40.000 euros dépensés dans une pizzeria en moins de trois ans.

mardi 16 mars 2010

Régionales: la gauche maquille sa confusion en fusion

Les magouilles de l'opposition au second tour, région par région

Les oppositions de personnes s'ajoutent aux divergences de projets

=> Seulement 7 accords à gauche mardi 16 mars à 6h30 du matin

Après un jour et deux nuits, les maquignons du PS, du Front de gauche et d'Europe-Ecologie se sont rapprochés dans seulement 7 des 22 régions : Alsace, Champagne-Ardenne, Corse, Lorraine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes et Provence-Alpes-Côte d'Azur.

=> Trois refus d'entente

3 régions continuent de se déchirer : Bretagne, Limousin et Nord-Pas de Calais, où les désaccords persistent et pourraient mener à des triangulaires.

=> Les négociations qui se poursuivaient dans la plupart des régions ne préjugent pas un risque particulier de rupture, mais plutôt la difficulté de ménager des amours-propres et des ambitions peu compatibles et de néanmoins préserver la sérénité des conseils régionaux à venir, autant que faire se peut à gauche. Pour autant, le respect de la proportionnelle n'est déjà plus aussi automatique qu'au moment des accords pré-électoraux et l'application des engagements provoque d'ores et déjà les frictions qui n'augurent rien de bon des prochains débats et de la défense des intérêts des populations régionales. Construire ensemble n'est pas naturel à ceux qui n'ont jamais partagé qu'une culture de dénigrement et d'opposition.
Les formations politiques ont jusqu'à mardi, 18h, pour présenter leurs listes.

Alsace

Les têtes de liste d'Europe Ecologie et du PS en Alsace ont présenté lundi leur liste fusionnée, en vue du second tour. Ils espèrent parvenir à une alternance "historique" dans l'une des deux seules régions restées à droite en 2004.
La liste fusionnée, qui sera conduite par le socialiste Jacques Bigot, comprend 26 noms issus de la liste PS et 21 venus d'Europe Ecologie, soit une répartition proportionnelle à leurs scores respectifs au premier tour, qui consacre donc l'amère déception des Verts qui se voyaient déjà prendre la tête de la région.
La liste des deux Jacques est issue d'un "accord de gouvernance équilibrée", prétend Fernique, le meneur des écologistes, qui s'exprimait sous le contrôle du socialiste Jacques Bigot, à son côté.
Les listes s'étaient mises à deux pour obtenir dimanche 34,57% des voix au premier tour, soit quasiment le même score que la liste unique de la majorité, menée par l'UMP Philippe Richert (34,94%), dans un scrutin marqué par un taux d'abstention record de 56,64%, contre 53,64% au niveau national. Le second tour, auquel participera également le Front national dans le cadre d'une triangulaire, s'annonce donc particulièrement serré, dans cette région qui n'a jamais été gérée par la gauche. Le vote des électeurs du FN est donc déterminant et confirmera -ou non- qu'il peut s'accommoder de la gauche, dont les communistes, en Alsace.
Interrogé de son côté sur les sujets annoncés de désaccords majeurs entre les deux partenaires - notamment sur le nucléaire, le tracé du futur TGV Strasbourg-Lyon ou la politique de développement de l'aéroport de Strasbourg -, l'autre Jacques a assuré -non sans un aplomb prometteur de dialogue sincère- que le PS et Europe Ecologie n'avaient aucun "désaccord qui empêche de gérer la région"...
Le leader du Mouvement écologiste indépendant (MEI), Antoine Waechter, qui fut le candidat des Verts à la présidentielle de 1988, avant de prôner pendant longtemps une ligne de "ni droite ni gauche", est 3e sur la section du Haut-Rhin de la liste fusionnée, pour simplifier les rapports !

Bretagne

En guise de fusion de leurs listes , Europe Ecologie et le PS n'ont réussi qu'à créer la confusion.

Pour le second tour des régionales en Bretagne, il y aura donc une "triangulaire", ont confirmé lundi soir à Rennes les chefs de file des deux listes rivales, à la suite d'annonces et de désaveux successifs dignes de la rive méditerranéenne.
"Je regrette que nous n'ayons pas abouti à un accord", s'est étonné la tête de liste d'Europe Ecologie, Guy Hascoët, à l'issue d'une journée de négociation tendue. "On est confronté à une vision hégémonique d'un parti vis-à-vis d'un camp", a-t-il regretté.
En effet, le chef de file du dominateur PS et président sortant de la région, Jean-Yves Le Drian, de son côté, n'est pas disposé à partager. "Malgré notre volonté d'ouverture, la position de M. Hascoët est restée intangible", a accusé Jean-Yves Le Drian devant la presse. Il a "préféré le choix de passer en triangulaire, mal élu, au lieu d'une dynamique enthousiasmante", a-t-il tenté d'expliquer.

En Bretagne, la liste de J.-Y. Le Drian qui fédérait le PS, le PCF et des dissidents Verts -façon compromission en Poitou Charentes- se targue d'avoir terminé largement en tête à l'issue du premier tour, avec 37,19% des voix, contre 23,73% à la tête de liste UMP, Bernadette Malgorn et 12,21% à Europe Ecologie.
"Je suis déçu, chacun prend ses responsabilités" et "nous allons poursuivre notre mobilisation dans le cadre d'une triangulaire", a-t-il répliqué avec hauteur, soulignant qu'il y avait déjà l'onction d' "écologistes patentés" sur sa liste.
Le Drian se dit rassembleur
Il avait reçu dès le 1er tour le soutien de militants écologistes regroupés sous la bannière Bretagne Ecologie. Deux conseillers régionaux Verts sortants, Marie-Pierre Rouger et Haude Le Guen, entendent conserver leurs voitures de fonction et figurent déjà sur sa liste, mais elles ont été suspendues par leur parti...
La masse des champs de maïs transgéniques de Dany-le-rouge et Joseph Bové a visiblement contaminé les quelques anti-OGM bretons authentiques !

Les accords pré-électoraux ne sont déjà plus tenus
Guy Hascoët a précisé que la fédération bretonne d'Europe Ecologie avait "libéré les autres fédérations" régionales "de leur obligation de solidarité à notre égard, pour ne pas nuire à la dynamique nationale". Ils s'étaient pourtant engagés à rester solidaires et d'appliquer à toutes les régions la règle du tout ou rien... "Nous allons montrer que nous avons un socle politique" en Bretagne "et que nous n'avons pas à accepter d'aller à Canossa", a défié le Verts.
Selon les comptables des deux partis, Europe Ecologie revendiquait 14 ou 15 sièges dans les négociations dans le futur exécutif, mais le PS n'est disposé à en accorder que 10, refusant de partager les sièges de "la prime majoritaire".
Ainsi, les électeurs sauront d'avance dans quoi il ne faut pas mettre le doigt le dimanche 21 mars.
Quant aux projets, ils ne sont pas plus compatibles que les individus. Les abstentionnistes auront donc toutes les raisons de se manifester.

Champagne-Ardenne

Avec elle, Europe Ecologie a fondu lundi ses militants à la liste de rassemblement à gauche menée par le président sortant DVG Jean-Paul Bachy. Eric Loiselet, tête de liste écologiste jusqu'au second tour des régionales, a officialisé sa soumission.
L'alliance, conclue en milieu d'après-midi, n'est pas une bonne affaire pour les écolos dont l'apport sera modeste. Ils ne pèseront pas lourd, puisque seulement cinq conseillers régionaux Europe Ecologie seront en position d'éligibles sur la liste de gauche.
"La fusion permet la présence de deux conseillers dans la Marne et d'un dans chaque autre département de la Champagne-Ardenne", a compté Eric Loiselet, qui semble ravi de faire nombre. "C'est un accord qui nous satisfait d'autant que Jean-Paul Bachy a confirmé son intérêt pour les thèses que nous défendons, comme le combat contre la précarité énergétique ou la création d'emplois dans l'économie verte", a-t-il pavoisé. Les électeurs verraient-ils la différence s'ils se laissaient aller ?

Eric Loiselet ne pouvait décemment pas faire le délicat
En tant qu'ancien socialiste responsable du pôle écologiste au PS, il avait la souplesse requise pour se soumettre à son mâle dominant. En revanche, le parti de Daniel Cohn-Bendit n'est pas ravi de l'acquisition tardive de cet entriste opportuniste, arrivé dimanche soir en quatrième position avec 8,48% des voix.
L'abstention a été de 56,95% en Champagne-Ardennes.

Corse

La gauche offrira l'apparence d'un visage uni pour le second tour des élections territoriales en Corse, mais en fait une face profondément ridée. Les quatre listes engagées au premier tour ont décidé de rafraichir la façade lézardée avant la mise en vente du 21 mars.

Lundi soir, à l'issue d'une réunion d'une dizaine d'heures à Venaco (Haute-Corse), Paul Giacobbi, le député radical de gauche de Haute-Corse, qui conduisait la liste soutenue par le PS et qui a réalisé le meilleur score à gauche dimanche: 15,48% des voix (sic), a déclaré que les quatre listes avaient accepté de se fondre dans le maquis de gauche pour afficher leur unité jusqu'à dimanche prochain.

Au vu des résultats du premier tour, la presse militante assure déjà que cette liste de bric et de broc sera en position très favorable pour l'emporter. Les quatre listes de gauche ont certes obtenu un total de 40,1% des voix au premier tour. Les trois listes de gauche assujetties à Giacobbi sont celles du Front de gauche (10,02%) conduite par un élu à l'assemblée sortante, Dominique Bucchini (PCF), celle soutenue par le PRG et conduite par le maire radical de gauche de Bastia, Emile Zuccarelli (8,05%) et la liste social-démocrate du maire d'Ajaccio, Simon Renucci (6,64%).
La presse n'est donc pas en mesure de garantir que la coalition sera en état de gérer la région. Est-elle seulement capable de séduire la majeure partie des abstentionnistes ?
L'UMP est arrivée en tête avec seulement 21,34%, mais l'abstention est le principal parti en Corse comme ailleurs. Parmi les 37,62% se joue la différence.

Trois de ces listes pouvaient se présenter au second tour ayant obtenu plus de 7% des suffrages au premier. Celle de M. Renucci n'était pas parvenue à ce résultat mais était autorisée à fusionner car ayant dépassé le seuil de 5%.
Au terme des pourparlers, les représentants de la gauche ont décidé que, en cas de victoire, c'est M. Giacobbi qui présiderait le conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Corse et M. Bucchini l'assemblée.
La liste de M. Giacobbi obtiendrait aussi cinq des neuf postes de conseillers exécutifs, celle de M. Zuccarelli deux et celles de MM. Bucchini et Renucci un chacune.
La liste de gauche pour le second tour doit souligner dans sa profession de foi sa volonté de rompre avec la politique de la majorité de droite au pouvoir depuis 2004 et, au plan national, avec celle de la majorité et du gouvernement, a indiqué M. Giacobbi.

Limousin

La liste d'alliance PCF-Parti de gauche-NPA conduite par Christian Audouin (PCF) a annoncé lundi son intention de se maintenir au second tour, bien que créditée de 13,13% des voix au 1er tour des régionales en Limousin. C'est donc une triangulaire que la gauche a voulu, après l'échec des négociations avec le PS.
"Malgré notre appel à l'unité, on est conduit à se maintenir au second tour, par la faute entière et exclusive de la fédération PS de Haute-Vienne", a expliqué sans conviction Stéphane Lajaumont, porte-parole du NPA et n°3 de la liste "Limousin, terre de gauche" en Haute-Vienne.
Selon le trotskiste, le PS, dont la liste conduite par le président sortant Jean-Paul Denanot est arrivée en tête au 1er tour avec 38,05% des voix, a refusé la présence d'un anti-républicain dans la liste départementale de Haute-Vienne.
Christian Audouin (PCF), tête de cette alliance PCF-Parti de gauche (Mélenchon)-NPA présentée comme un cas d'école, a confirmé que "le PS avait rompu unilatéralement" tout en précisant qu'il restait "disponible pour reprendre les discussions avec le PS jusqu'à la limite des horaires imposés par l'imprimerie pour les bulletins de vote".
Cet exemple de mésentente profonde est symptomatique de ce qui attend les régions lorsqu'elles jouent le jeu des apparences contre la réalité des rivalités. Un jeune en a fait les frais en Ile-de-France à Vitry-sur-Seine, où le PS et Le PCF se sont disputés une bande de terrain jusqu'à ce que l'irréparable se produise. Lire PaSiDupes (cf. libellé)
"Pour nous, il était hors de question de mener une triangulaire, on est catastrophés", a ajouté le communiste. Dans la journée, un accord semblait pourtant se dessiner pour la constitution d'une liste d'alliance au niveau régional intégrant 3 PCF, 2 NPA et un représentant du Parti de gauche, a-t-il feint de regretter.
L'entourage de Jean-Paul Denanot a donc officiellement consommé le rejet de l'alliance avec les PCF-PG-NPA. Dimanche soir, le président sortant de la région avait pourtant exprimé son accord à la constitution d'une liste d'alliance intégrant le PS, l'alliance PCF-PG-NPA et Europe-Ecologie (9,74%).
Le PS est archi-favori pour conserver la gestion de cette région et pense pouvoir revenir à ses vieux démons hégémoniques.

La liste de la majorité, emmenée par Raymond Archer, a recueilli 24,16% des voix, mais le réservoir des abstentionnistes est de 46,18%.

Lorraine

Le Parti socialiste (PS) et Europe Ecologie (EE) ont annoncé qu'ils iraient "rassemblés" au 2e tour des élections régionales en Lorraine, lundi à Maizières-lès-Metz (Moselle).
"A l'issue du 1er tour, nous nous sommes retrouvés avec EE dans une grande facilité", a déclaré à des journalistes le sénateur (PS) Jean-Pierre Masseret, président sortant de la Lorraine. "Nos amis écologistes auront huit places éligibles sur nos listes communes", a-t-il ajouté.
La liste PS, qui avait reçu au 1er tour le soutien du Parti communiste et du Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement, est arrivée en tête dimanche avec 34,36% des suffrages à l'issue d'un scrutin marqué par un taux d'abstention record de 58,45%.
EE n'a obtenu que 9,16% des voix, en repli de près de sept points par rapport aux élections européennes, alors que le parti écologiste s'était vu offrir douze places éligibles sur les listes socialistes.
"Je n'aurai pas d'atermoiements sur notre résultat du 1er tour", a répondu Daniel Beguin, le meneur d'EE. "L'écologie a reçu toute sa place (sur les listes de 2e tour du PS) et nous nous y retrouvons", a-t-il souligné.
Laurent Hénart, qui n'a réuni que 23,77% des suffrages à la tête de la liste de la majorité présidentielle, a par ailleurs indiqué lundi qu'il reconduirait "la même équipe" au 2e tour.

Dimanche soir, le radical valoisien avait reconnu que "si ce sont les mêmes qui vont voter (le 21 mars), la région ne peut pas être regagnée".
Arrachée à la droite en 2004, la Lorraine devrait rester à la gauche à l'issue d'une triangulaire qui doit l'opposer dimanche à la majorité présidentielle et au Front national, arrivé en 3e position avec 14,87% des voix.

Midi-Pyrénées

Le Parti socialiste et Europe Ecologie ont conclu lundi un accord pour le second tour des élections régionales en Midi-Pyrénées, permettant une possible entrée au Conseil régional des écologistes, a-t-on appris auprès de leur chargé de communication, Philippe Gagnebet.
Europe Ecologie détiendra "15 candidats en position éligible" sur la liste commune, a préciséPhilippe Gagnebet, soulignant que les deux formations s'étaient mises d'accord sur un texte commun pour la profession de foi.
Le responsable presse pour la liste PS, Pascal Jalabert, a confirmé cet accord, qui sera signé sous réserve qu'un accord national soit conclu, a-t-il dit.
La liste PS menée par le président sortant du conseil régional Martin Malvy était arrivée dimanche en tête sur l'ensemble des huit départements de la région, remportant 40,93% des suffrages exprimés. Europe Ecologie, emmenée par Gérard Onesta, était arrivé en troisième position avec 13,46%, derrière la liste de l'UMP (21,75%).
"Les négociations se sont bien passées", a encore assuré Gagnebet en se félicitant de la rentrée attendue de candidats d'Europe Ecologie au Conseil régional de Midi-Pyrénées, qui n'en compte aucun actuellement.

A 74 ans, Martin Malvy brigue un troisième mandat à la tête de la Région, dont sept des huit départements sont aux mains de la gauche, est désormais assuré de l'emporter au second tour avec une confortable majorité.
Au premier tour, la liste socialiste a obtenu plus de 40% des suffrages dans plusieurs départements, dont la Haute-Garonne (40,74%), le Lot (47,69%), le Gers (42,71%) et l'Ariège (42,95%).

Quant à la liste d'Europe Ecologie, elle est arrivée en troisième position dans tous les départements de la région, sauf dans le Tarn-et-Garonne, où elle était devancée par le FN. Elle a réalisé un score spectaculaire à Toulouse avec 18,88% des suffrages.

Le score le plus frappant reste pourtant celui sur lequel la presse militante évite de s'appesantir. Martin Malvy ne se vante pas en effet, en tant que président socialiste sortant, de n'être pas parvenu à déplacer les électeurs.
Malvy n'a pas motivé les Midi-Pyrénéens qui ne se sont pas précipités dans les bureaux de vote. Le taux d'abstention atteint le record régional pour une telle élection. Il est de 15 points supérieurs à celui des régionales de 2004: !
48 %, un taux qui laisse de la marge aux frontistes et aux pêcheurs pour exprimer leur rejet de la gauche arrogante.

Nord-Pas de Calais

Le Front de Gauche du totalitaire Alain Bocquet ne fera pas liste commune avec le PS du président sortant Daniel Percheron, a annoncé lundi soir le PCF.
"Nous n'avons pas réussi à trouver d'accord avec le PS et nous allons donc déposer notre propre liste Front de Gauche pour le deuxième tour des régionales mardi matin", a déclaré Fabien Roussel, porte-parole de la fédération du Parti communiste du Nord.

Du « tous ensemble » au « chacun pour soi »
"Le PCF, qui avait pour coutume de fusionner avec la liste PS pour le deuxième tour des régionales, s'est vu opposé une fin de non recevoir à ses propositions et a donc décidé de faire liste à part", a confirmé Roussel. Ce qui ne devrait pas empêcher Marie-George Buffet d'apparaître sur la photo avec la Ch'tite Aubry et la JOCrisse Duflot des Verts.
"Nous réclamions d'avoir 20 élus, contre 19 dans la précédente législature, et le PS nous a proposé d'en avoir seulement 16. De même, nous voulions pouvoir conserver notre liberté de choix et de vote", a expliqué le responsable communiste.
La liste Front de Gauche d'Alain Bocquet (et de Mélenchon) a obtenu au premier tour 10,78% des suffrages. En 2004, il avait obtenu 10,68% des voix au premier tour et décidé de fusionner avec le PS pour le second.

L'abstention montante pourrait-elle peser?
Entre 2004 et 2010, le nombre d'inscrits a progressé de 81 366, alors que l'on que les votants sont 434 613 de moins. Le recul est quasi général: il est de l'ordre de 126 000 voix pour le PS, 46 000 pour l'UMP, 65 000 pour le FN et 40 000 pour le Front de gauche.

Poitou-Charentes

Les équipes de Sa Cynique Majesté Royal et d'Europe Ecologie sont parvenues lundi à un marché de dupes sur la répartition des places en vue de la constitution des listes pour le second tour des élections régionales en Poitou-Charentes. Un "accord est intervenu ce jour" pour opérer "le rassemblement autour de Ségolène Royal", a déclaré Alexandre Godin, directeur de cabinet de l'amère de Melle à la région.
Europe Ecologie, qui a rassemblé 11,92% des suffrages dimanche, a obtenu "neuf places éligibles" sur les listes menées par la battue de la présidentielle (38,98%), en plus des trois ex-militants Verts (dont deux en position éligible) qui l'avaient déjà rejointe avant le premier tour, a précisé M. Godin.
Chez Europe Ecologie, on a avoué "être encore en négociation concernant l'organisation de la mandature (le marchandage des vice-présidences et le contenu programmatique": il est toujours temps ! Le rideau de fumée est prêt. "On attend de pouvoir faire une conférence de presse commune pour dire 'On part ensemble au deuxième tour", mais on ne sait pas très bien où...
Dans l'assemblée sortante, les Verts disposaient de sept élus sur 55 sièges.
M. Godin a quant à lui également affirmé que le PCF, qui avait constitué des listes Front de gauche rassemblant dimanche 4,66% des voix, avait "appelé à voter pour Mme Royal".
Quant au MoDem ?

Dimanche, les listes UMP menées par le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau ont recueilli 29,46% des suffrages, celles du Front national 7,72%, le MoDem 4,37% et l'extrême gauche 2,89% (1,85% pour le NPA et 1,04% pour LO).
Un picto-charentais sur deux n'a pas choisi au 1er tour, ce qui paraît inconcevable, considérant le degré de médiatisation de la tête de liste et l'énergie qu'elle déploie tout à coup en région. Les abstentionnistes peuvent encore faire bon usage de leur droit de vote et créer la surprise.
Provence-Alpes-Côte d'Azur

Le président sortant du Conseil régional, Michel Vauzelle (PS), a confirmé lundi la décision d'Europe Ecologie et du Front de gauche de serrer les coudes sur une liste commune dans la tourmente socialiste des affaires Jean-Noël Guérini et Sylvie Andrieux, en vue du deuxième tour des élections régionales dimanche en Provence-Alpes-Côte d'Azur. cf. les libellés à leurs noms
Lors du 1er tour, la liste Vauzelle avait totalisé 25,8% des voix, celle d'EE, conduite par la magistrate Laurence Vichnievski, 10,9%, et celle du Front de gauche, conduite par Jean-Marc Coppola (PCF), 6,10%.
"La liste est bouclée et j'irai la déposer demain (mardi) matin à la préfecture avec Mme Vichnievski et M. Coppola" et la profession de foi est terminée, a précisé Vauzelle, comme si ce ne devait pas être évident.

La réalité des tensions
Le Front de Gauche a indiqué en début de soirée ne pas avoir encore signé d'accord.
De nombreux communistes déplorent vivement en effet la tutelle Vauzelle pour quatre années de plus. "Des discussions sont en cours afin de créer la meilleure dynamique possible, dans le respect de toutes les composantes", a-t-il nuancé, relevant qu'"un accord est largement à notre portée", ce qui souligne ces réticences.
Michel Vauzelle prétend pourtant très honnêtement que l'accord entre les trois formations n'a pas soulevé "beaucoup de difficultés", car, a-t-il assuré, "Verts, communistes et socialistes ont travaillé ensemble pendant douze ans dans la même majorité régionale et ont une communauté de culture". Il semblerait qu'ils saturent.
Sur les questions programmatiques, un accord aurait ainsi été trouvé avec les écologistes sur le projet Iter de fusion thermonucléaire qui les opposait jusqu'au 1er tour ! "La région va continuer à accompagner ce programme de recherche et de développement si important notamment pour nos universités", affirme désormais M. Vauzelle. Jusqu'au 22 mars ?
Et puisque, tout à coup, le budget régional ne doit plus souffrir d'un remplacement de la taxe professionnelle, les infrastructures de transports routiers devraient voir la part de leur financement baisser progressivement au profit du ferroviaire, si la CGT, qui a fait grève contre, vire aussi.

Le président sortant n'est pas tranquille et craint notamment que l'abstention ne soit pas réduite au profit de la gauche. La réserve des abstentionnistes s'élève en Rhône-Alpes à 56% et en Paca à 55%. Thierry Mariani est donc bien toujours dans la course.

vendredi 29 mai 2009

Les socialistes plongent la région PACA dans la tourmente

La vice-présidente, accusée de détournement de fonds publics, mise sur la touche
Certains s'étonnaient que la question de l'appellation de la région PACA soit soudainement revenue sur le tapis ! Ce sigle, insiste-t-on, ne parle pas: il n'évoque rien, ni aux étrangers, ni même à bon nombre d'habitants de la région. PACA (Provence Alpes Côte d'Azur) ne conviendrait plus à son président, l'illustre socialiste Michel Vauzelle, qui a signé son arrêt de mort, parce qu'officiellement il n'est pas porteur.
D'autres auront observé que ce n'était pas le fait du hasard. Il était urgent de détourner l'attention... Car ce souci majeur en cache un autre, politique et judiciaire, dont les conséquences politiques pourraient se révéler explosives.

L'enquête sur le détournement de subventions (Lire PaSiDupes) pousse Michel Vauzelle à mettre sa vice-présidente, Sylvie Andrieux, sur la touche.

Dans un communiqué sec, diffusé le jeudi 28 mai, Michel Vauzelle, le président de la Région, a annoncé par un communiqué qu'il a "décidé aujourd'hui (jeudi soir) de gérer personnellement la délégation à la politique de la ville, jusqu'à présent confiée à Sylvie Andrieux (...). Je souhaite en effet que l'enquête concernant un éventuel détournement de subventions au préjudice du Conseil régional se déroule dans les conditions nécessaires au respect des intérêts de la Région et de ses citoyens."
Le président conclut en indiquant que "la Région a déposé plainte" et qu'il "attend de la procédure en cours qu'elle apporte, dans les meilleurs délais, les éclaircissements indispensables pour que la justice passe et que la Région obtienne réparation du préjudice subi."

Quelles nouvelles avancées de l'enquête ont bien pu pousser Michel Vauzelle à écarter la députée, dont le nom est mentionné à plusieurs reprises par les autres personnes mises en cause, mais qui n'a pas été mise en examen, ni même entendue ?
Cette décision serait directement liée à la procédure en cours. Le président de la Région aurait appris il y a quelques jours seulement des éléments compromettants dans le dossier, dont l'instruction est menée par le juge Franck Landou.

De son côté, jeudi, Sylvie Andrieux, députée (PS) et maire du 7e secteur de Marseille, prétendait pourtant qu'elle s'était elle-même résolue à quitter son poste au Conseil régional.
La socialiste Sylvie Andrieux réfute les accusations avec vigueur ou aplomb, comme on voudra... "Il n'est pas question de lâchage", souligne celle qui devait, avant le 15 juin, choisir entre ses mandats de député, conseillère régionale, conseillère municipale et communautaire.

  • Elle aurait anticipé sa disgrâce.
    "Le week-end dernier, j'ai annoncé à Michel Vauzelle que j'avais fait le choix des mandats de proximité, je quitte donc le Conseil régional, cette décision a été prise d'un commun accord."
  • Ses proches ne cachaient pas leur étonnement face à la tournure des événements. Vice-présidente de la Région, le départ de Sylvie Andrieux devrait prendre effet le mardi 2 juin. L'élue, qui dirige le groupe PS à la Région, conseillère régionale depuis 18 ans, a préféré, cette fois, quitter les bancs de l'Hôtel de Région et conserver ses fonctions au sein du conseil municipal. Alors qu'en 2001, déjà frappée par le cumul des mandats, elle avait choisi de céder sa place en mairie. "Mais le redécoupage électoral qui se prépare est un véritable charcutage et je veux mener le combat."
    "C'est moi qui ai pris les devants, poursuit Sylvie Andrieux, je devais annoncer ma décision en conseil municipal lundi mais je n'ai pu le faire. Un communiqué doit être publié ce matin" [vendredi], se défend-elle.
  • Dans l'entourage du président de la Région qui n'a pas souhaité s'exprimer, on précise pourtant "qu'il s'agit bien d'une décision à lui". Michel Vauzelle aurait-il voulu prendre les devants alors que la pression judiciaire monte ?

    L’affaire éclabousse-t-elle l’ancien ministre de la Justice de Mitterrand ?


    -> L’enquête devra déterminer comment de telles sommes ont pu quitter les caisses de la Région : "Ce qui compte aujourd’hui, c’est le départ de ces sommes d’argent. Nous cherchons à prouver que certains ont permis à des fonds publics d’alimenter ces associations bidons. À la limite, le pourquoi, cela nous intéresse moins."
    -> Parmi les mis en examen dans le dossier instruit par le juge Franck Landou, figure Roland Balalas. Secrétaire général du groupe PS du Conseil Régional, il est aussi attaché parlementaire de la députée Sylvie Andrieux, depuis 2002. A-t-elle cautionné les pratiques que la justice reproche aujourd’hui à son collaborateur ?
    Responsable socialiste, mais pas coupable

    -> Les personnes mises en examen et placées sous contrôle judiciaire auraient par ailleurs interdiction d’entrer en contact avec la députée, ainsi qu’avec Georges Gross, conseiller d’arrondissement PS du 7e secteur (arrondissement) de Marseille, et Denis Rossi, conseiller général PS de Saint-Barthélémy (Marseille).
    Une disposition dont ce dernier s’étonne puisqu’ à la différence des autres élus, il n’est pas plus mis en cause dans ce dossier que le Conseil Général auquel il appartient : "Ni la police, ni la justice ne m’a demandé quoi que ce soit. C’est quand même extraordinaire de n’être informé de rien ni consulté. La PJ est simplement venue au Conseil général pour vérifier des dossiers d’associations qui, en plus, n’ont bénéficié d’aucune subvention du Département."

    L’élue, quant à elle, accuse les autres sereinement

    Elle nous le dit sans vergogne, elle a plus d'un tour dans son sac: "Dans ce dossier, il y a des négligences administratives béantes. Moi, je suis complètement à l’aise. Je suis une vieille bique de la politique et j’ai une bonne image. [Pourvu que ça dure...] Quand on a 165 000 habitants dans sa circonscription, vous croyez que c’est une association qui va vous aider à gagner des élections ?" ...
    Cool, l’élue ! Ca s'est joué de peu et le maire UMP est bien 'brave'...
  • Guérini abandonne Marseille dont il voulait être le maire

    Jean-Noël Guérini a quitté le conseil municipal lundi

    Le sénateur socialiste Jean-Noël Guérini, qui voulait prendre la ville, a choisi lundi de lâcher le conseil municipal de Marseille . <br>Le candidat malheureux des dernières élections municipales face au maire UMP, Jean-Claude Gaudin, préfère la présidence du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, pour respecter la loi sur les cumuls des mandats, qui s'applique depuis que le Conseil d'État a rejeté le 15 mai tous les recours concernant cette élection.
    Il sera remplacé par Antoine Rouzaud, vice-président (PRG) du Département qui le suivait sur la liste PS aux municipales dans les 4e et 5 e arrondissements. Le départ de Jean-Noël Guérini aura-t-il un impact sur le consensus trouvé entre droite et gauche? "Cela pourra entraîner une modification des débats au sein du conseil municipal avec l'absence du leader du PS. Les échanges seront peut-être moins vifs", estime Roland Blum, député et premier adjoint UMP
    De plus, cette démission entraîne de facto son retrait de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM)/ « Il s'agira surtout d'une recomposition des rôles pour l'opposition avec d'un côté Patrick Mennucci, président du groupe depuis 2002, et de l'autre Eugène Caselli, président PS de MPM", commente le premier adjoint UMP.Les équilibres politiques au conseil municipal ne devraient rester inchangés, avec 51voix pour la droite, 49 pour la gauche et une pour le FN.

    Les turbulences au Conseil Régional socialiste

    L’analyse des hypocrites

    Autre élu concerné par le cumul, la députée socialiste et vice-présidente de la Région, Sylvie Andrieux, n'a pas encore officiellement fait son choix. Elle a théoriquement jusqu'au 15juin pour décider. Confrontée au même dilemme en 2002, la tête de liste aux municipales dans le 13e et 14 e arrondissements avait alors décidé de quitter la Ville. Les militants socialistes répandent l’idée que Mme Andrieux quitterait la Région en victime de la loi contre le cumul des mandats. Telle est la thèse présentée par la gauche, dans le respect des électeurs...

    L’antithèse : la vice-présidente socialiste fait tache

    Sylvie Andrieux avait été mise en cause dès l'été dernier quand l'organisme Tracfin, qui lutte contre la délinquance financière, avait pointé du doigt des malversations au sein du Conseil régional, pour un montant aujourd'hui évalué à 700 000€. Les enquêteurs de la brigade financière de la police judiciaire avaient alors mis au jour plusieurs subventions allouées à des associations, décrites comme des "coquilles vides". La plupart des bénéficiaires étaient basées dans les quartiers nord de Marseille, supposés être les plus défavorisés, mais qui jouissaient en fait d’un traitement de faveurs, au titre de la politique socialiste de prévention. Les responsables de ces associations ont depuis été mis en examen. Certains d’entre eux ont été écroués, dont Benyoub Same. Âgé d’une quarantaine d’années, il est soupçonné d’être à l’origine d’une dizaine d’associations fictives et très généreusement financées.
    Ce mécanisme de financement aurait en outre servi la campagne électorale de Sylvie Andrieux, soupçonnée d'avoir "arrosé" les familles les plus influents des cités.

    Cet épisode phocéen n'est pas sans en rappeler un autre, concernant les détournements de fonds sur associations, dont aurait pu bénéficier -à des fins personnelles- cet autre socialiste, Juju Dray...

    jeudi 29 janvier 2009

    Les fils et filles de… contre la méritocratie (partie 1)

    La discrimination positive va-t-elle arranger ça ?
    Partie 1 : en politique
    L'ascenseur social aurait jusqu’ici réussi à renouveler les élites françaises


    Il est en fait seulement parvenu à apporter un peu de sang frais à chaque génération, et c’est tant mieux. Mais assurer qu’il serait aujourd'hui totalement bloqué est un nouveau canular comme il en sort plusieurs fois l’an, un arbre médiatique qui cache la réalité de la forêt sociale. Il est donc de bon ton d’affirmer qu’il a peu à peu été remplacé par "l'ascenseur familial" ?
    Il se trouve justement que le Chef de l’Etat demande un effort de promotion des élites potentielles dont le système empêcherait l’émergence. Parfait. Puisque la crise des classes dirigeantes en France, comme dans l'ensemble des pays développés, trouve son origine dans la crise de l'école, la perte du sens du bien commun et la médiatisation de la société, faisons un voyage aller (et retour !) dans "l'ascenseur familial".

    En attendant, fait-il bon être fils ou fille de en politique ?


    Jean-Louis Debré
    , un ancien juge, devenu président de l'Assemblée Nationale, a attendu l’âge de 42 ans pour se lancer en politique : est-elle tellement gratifiante ? Elle est une passion ou un devoir chez les
    Dominati, Dassault, d’Ornano, Missoffe-Panafieu, Giscard d’Estaing, de Gaulle ou Sarkozy.
    Parmi les « fils de … », on peut pointer un Julien Kouchner (il n’est pas l’enfant de Christine Ockrent), qui dirige le site Internet des achats publics, un établissement public industriel et commercial (EPIC) et créé par entre autres la Caisse des dépôts. Mais peut-on trouver à redire aux fils ou filles de élus, comme Olivier Marleix ou Noël Barrot, ou alors, par analogie, il faudrait nommer Jean-Christophe Lagarde, député-maire Nouveau Centre, élu de Seine-Saint-Denis, qui a choisi de désigner sa femme comme adjointe, mais, en tant que conseillère régionale, elle est aussi élue d’Ile-de-France, sous son nom de jeune fille, Aude Lavail : l’égalité des sexes ou l’émancipation de la femme oblige.

    Peut-on pour autant conclure que la droite, plus que la gauche, a le service de la population chevillé au corps?

    Si on veut absolument opposer les uns aux autres, le procès de la filiation est souvent réducteur et les détracteurs ignorent que le fils Pinault a fait HEC, que le fils Michelin a fait Centrale et que Leclerc, le jeune, n’est pas qu’un marchand; Michel-Édouard est aussi docteur en sciences économiques... La filiation n’est donc pas nécessairement antithétique du mérite.

    Si Roselyne Bachelot est la fille du résistant et député gaulliste Jean Narquin, Pierre Moscovici, ancien ministre socialiste des Affaires étrangères, est le fils de Serge Moscovici, l'un des fondateurs du mouvement écologiste. Marine Ronzani, la fille aînée de Dominique Voynet, a quant à elle décidé de se présenter aux élections législatives sous la bannière des Verts. Et, à tout juste 21 ans, le jeune Thomas Hollande, fraîchement encarté au PS, fait ses premiers pas en politique en animant la "Ségosphère" sur Internet. Barrack Hussein Obama l’a « recopié »…

    Et qui en 1981, à 32 ans, s’est fait élire député dans la foulée de la victoire de son papa, a trouvé une place chaude au Conseil de l'Europe, où il fut membre de l'assemblée parlementaire de 1997 à 2002. Il est maire de Libourne depuis 1989, et également vice-président du Conseil Général de la Gironde depuis 2004. Vous avez deviné. Il s’agit bien de Gilbert Mitterrand
    En 1981, à 32 ans, Gilbert Mitterrand est élu député dans la foulée de la victoire de son père. Il poursuit sa carrière au Conseil de l'Europe, où il est membre de l'assemblée parlementaire de 1997 à 2002. Maire de Libourne depuis 1989, le député PS est également, depuis 2004, Vice-président du Conseil général de la Gironde.

    D’aucuns se demandent peut-être comment le PS a récupéré une Martine Aubry (1950), du nom de son premier mari, Xavier Aubry, dont elle a divorcé, épouse d’un avocat, Jean-Louis Brochen (1945), un ex-adjoint à la culture à la mairie de Lille auprès de Pierre Mauroy, qui reste tout naturellement l'
    avocat ‘régulier’ de sa régulière et de la municipalité. Il est aussi surnommé “l’avocat des islamistes” (lien). A la mort de son père, il reprit son cabinet d’avocat, devint bâtonnier du barreau de Lille, comme papa, et à son tour ; son fils cadet est entré au cabinet familial et devrait logiquement devenir bâtonnier…
    L’ancienne ministre de l’Emploi et de la Solidarité (35 heures…) de Jospin est en fait la fille de Jacques Delors, le maire de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) de 1983 à 1984, au temps de la relance par la consommation ( !), Président de la Commission européenne de 1985 à 1995, et ministre de l'Economie et des Finances de 1981 à 1984 ! En socialie, un dignitaire transmet donc jusqu’à la charge ministérielle à son héritier. Si ce n’est pas la monarchie.

    La part d’opportunisme médiatique

    En réalité, il n’y aurait pas plus d’héritiers aujourd’hui qu’il n’y en avait hier – et les exemples de « familles politiques » telles les Debré, les Poniatowski ou même les De Gaulle tendent à lui donner raison. Seule l’illusion créée par l’effervescence médiatique nous ferait croire le contraire.
    En fait, il y en aurait même plutôt moins : « aujourd’hui le nom et la classe sociale d’origine, s’ils demeurent des atouts, ne suffisent pas à réussir. Le risque de descension sociale existe, c'est un péhnomèe nouveau», prévient-il.
    Ces « fils et filles de » pourraient en réalité avoir plus de mal à se faire un prénom que leurs aînés, portés par le contexte favorable des trente glorieuses. Contrainte supplémentaire : ils dévalorisent, de par leur filiation, l’idéal de mérite républicain et d’ascenseur social que prétendent défendre leurs parents-candidats. Pris au piège des sirènes médiatiques, il leur faudra batailler sec s’ils espèrent convaincre l’opinion de la légitimité de leurs ambitions.

    Et, pour commencer, allons à Marseille où un baron du defferrisme a produit une grande bourgeoise, cadre d’entreprise privée sur le port . Le sénateur PS Antoine Andrieux est le papa de Sylvie qui est entrée en politique à l’âge de 15 ans et s’est présentée aux municipales contre Nora Remadnia-Preziosi (42,21%), une fille des quartiers nord, une ancienne femme de ménage d’origine algérienne, devenue coiffeuse et épouse d’avocat de gauche, mais candidate UMP.

    Finissons-en pour aujourd’hui, en beauté, en mentionnant le cas du fils de l’ancien ministre de la Défense de François Mitterrand,
    Patrice Hernu (ci-dessus), et comment il atterrit à Clichy. Cet ancien élu PS de Cachan a rejoint la liste UMP de Marie-Claire Restoux pour tenter de faire tomber ce fief socialiste… A ne pas répéter ! Ce proche de Jean-Marie Bockel, le fondateur de la Gauche moderne, a déclaré : « Ce ralliement derrière la bannière et la belle écharpe bleue de Marie-Claire Restoux me paraît aujourd’hui le moyen le plus efficace et le seul susceptible d’apporter à Clichy l’alternance nécessaire pour mettre fin à vingt-cinq ans d’immobilisme ». Administrateur à l’Insee, cet économiste âgé de 59 ans présente un parcours politique peu commun. Il a été premier secrétaire fédéral du Parti socialiste et conseiller général PS dans le Val-de-Marne, membre du comité directeur du PS, corédacteur du programme Changer la Vie, cofondateur de Génération Ecologie auprès de Brice Lalonde et de Jean-Louis Borloo, président fondateur d’Ecologie bleue. Un roman qui devrait retenir l’attention de Libération…

    samedi 9 juin 2007

    Les élus socialistes du 13 renient-ils leur appartenance ?

    Le PS n’est-il donc pas une référence ?
    Profil bas, ils essaient avant tout de sauver leurs emplois.
    C’est Le Monde qui l’écrit le 19.05.07 :
    « En visite au hameau arlésien de Mas-Thibert, Michel Vauzelle
    [avocat né en 1944 -l'âge de la retraite- à Montélimar, chargé de mission au cabinet de Jacques Chaban-Delmas, Premier ministre (1969-1972), mais qui a rejoint le Nouveau parti socialiste (NPS) de Montebourg-Veillon-Hamon-Emmanuelli, en juillet 2005, ; maire PS d'Arles, élu en juin 1995, mandat abandonné en 1998 en application de la loi sur le cumul des mandats ; s'est également récemment fait connaître en juin 2005 en s'opposant à l'érection d'une stèle à la mémoire de l'OAS à Marignane ],
    président socialiste de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et candidat dans la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône, explique : "Le peuple a choisi, le débat idéologique est arbitré : la législative n'est pas un troisième tour de la présidentielle." La stratégie de celui qui fut maire d'Arles et député jusqu'en 2002 est donc tracée : "Je vais faire campagne sur mon bilan de président de région et faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'une bataille Vauzelle/Sarkozy, mais d'un duel Vauzelle/Chassain", du nom de Roland Chassain, le député UMP sortant. […]
    A l'autre bout de la région, Jean-Louis Bianco
    [né en 1943 -l'âge de la retraite- à …Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), énarque (1969) entré au Conseil d'Etat en 1971 - Jacques Chaban-Delmas étant Premier ministre !- , a-t-il déjà travaillé ?],
    député socialiste sortant des Alpes-de-Haute-Provence, est sur la même longueur d'onde que Vauzelle : "On va faire campagne sur nos qualités personnelles et sur notre action." Pour celui qui co-dirigea la campagne de Ségolène Royal, il s'agit par exemple de rappeler ses "multiples interventions" pour sauver les emplois d'Arkéma, filiale chimique de Total, dans le canton de Château-Arnoux, qui a offert les meilleurs scores du département à Mme Royal.[…] Ca n’aura suffi, ni à Sa Cynique Majesté Royal, ni surtout à Arkéma… Et les électeurs lui garderont-ils la tête sur les épaules?

    Députée sortante (7°), vice-présidente du conseil régional, Sylvie Andrieux
    [cadre commercial d'entreprise de manutention et d'acconage née en décembre 1961 à Marseille]
    table elle aussi sur son ancrage local. Alors qu'elle fait du porte-à-porte dans une des plus vieilles cités HLM de son quartier, son suppléant Garo Hovsépian, maire du secteur, explique : "La rénovation de la place des Etats-Unis, un peu plus bas, a été financée à 80 % par la région, obligée de se substituer à la Ville", dirigée par l'UMP Jean-Claude Gaudin. […]

    Et M. Mennucci
    [diplômé d'un Institut d'études politiques de province, celui d’Aix-en-Provence, directeur adjoint de la campagne présidentielle et porte-bagages de Sa Cynique Majesté Royal, né en 1951 et baptisé ‘Ségolin’...
    Selon Reuters, Patrick Mennucci a fait l'objet d'une interpellation policière à Marseille samedi 21 avril 2007 : accompagné d'une quinzaine de militants du PS, il distribuait des tracts alors que la campagne était close depuis le vendredi soir minuit. Dans un entretien téléphonique avec Reuters, le responsable socialiste a démenti cette information.]
    Que les électeurs sachent aussi que Patrick Mennucci est en avril 2007 le premier à avoir proposé l'extension de la Communauté urbaine de Marseille vers l'ouest de l'Etang de Berre, pour fusionner avec le SAN Ouest-Provence et récupérer la taxe professionnelle générée par la zone industrialo-portuaire, située sur le territoire de la commune de Fos-sur-Mer.]

    va diffuser une lettre du président (PS) du conseil général, Jean-Noël Guérini, rappelant tout ce que le département a fait pour cette circonscription. »
    LIRE l’article suivant de PaSiDupes au sujet du CG 13 de J.-N. Guérini.

    La perspicacité du journal Le Monde laisse pantois. Considérant l’effondrement du soufflet PS national, que peuvent faire d’autre les socialistes que de « tabler sur leur ancrage local » ? Tabler sur le bilan de Jospin ? Ou la campagne Royal ?
    Combien resteront-t-ils du groupe socialiste de 141 membres et 8 apparentés ?