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vendredi 7 juillet 2017

Calais : l’Etat oppose l'intérét général aux mesures d’aide aux migrants

L’Etat va devant le Conseil d’Etat contester les mesures d’aide  

Le bras de fer autour des migrants de Calais se prolonge

Littérature d'activistes anti-républicains 
L’État a annoncé jeudi 6 juillet faire appel du jugement du tribunal administratif de Lille lui enjoignant de mettre en place des mesures d’aide, au grand dam d’associations qui dénoncent un "entêtement"."L’état a considéré qu’il y avait dans cette décision des considérations qui pouvaient être discutables sur le plan de l’intérêt général", a déclaré à la presse Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais, à l'occasion d’un déplacement sur la "renaturation" [réappropriation de la zone] de l’ancienne 'Jungle' de Calais. 
Saisi en référé, le tribunal administratif de Lille avait écarté le 26 juin la création à Calais d’un centre d’accueil d’urgence pour les migrants, mais avait ordonné la mise en place de mesures pour leur venir en aide, comme la création de points d’eau et de sanitaires et un meilleur accès aux douches. 

Le ministère de l’Intérieur a fait appel, se pourvoyant devant le Conseil d’État. L’État souhaite que "la juridiction suprême puisse se prononcer de manière définitive sur des sujets complexes qui ont été examinés par le tribunal administratif de Lille", a expliqué le préfet.  
Photo published for Migrants : l'appel d'urgence des associations à Emmanuel Macron"L’État ne souhaite pas la reconstitution d’un camp à Calais mais il est sensible à la situation des personnes vulnérables", a ajouté le préfet Sudry. "Ainsi, nous avons décidé d’accroître les maraudes sociales assurées par France Terre d’asile [dirigé par Pierre Henry, un élu socialiste qui apporta son soutien à Emmanuel Macron dans sa marche su l'Elysée], avec deux supplémentaires chaque jour.” 
En 2017, l’État a mis à l’abri 1.270 migrants mineurs dans le cadre de la protection de l’enfance, a-t-il rappelé. La mairie de Calais a aussi fait appel. 

"Autorités hors-la-loi" ?
"Ce n’est pas une grande surprise; ils persistent et s’entêtent dans 
Résultat de recherche d'images pour "migrants errants"
leur stratégie de maltraitance institutionnelle", a sévèrement accusé Vincent de Coninck, chargé de mission du Secours catholique dans le Nord-Pas-de-Calais. 
Les associations critiquent en particulier que l’État n’aurait pas amorcé sur le terrain l’installation des points d’eau dans les délais prévus par le tribunal. L’appel ne suspend en effet pas cette obligation et l’État - donc la collectivité -devra donc payer 100 euros par jour à partir de jeudi. "Voir les autorités se mettre hors-la-loi et refuser d’appliquer le droit est un manque de cohérence sociétale", a martelé V. de Coninck. 
"Le point le plus embêtant pour l’État est (le manque depuis Calais) de départs vers les CAO [centres d’accueil et d’orientation répartis sur tout le territoire], parce qu’il n’y a pas de place dans le dispositif actuel [du fait du nombre croissant d'arrivées] et parce qu’ils ont peur que ça fasse venir des gens à Calais", a souligné pour sa part François Guennoc, de l’Auberge des migrants. 

Actuellement d’environ 400, selon les autorités, de 500 à 600, selon des associations, le nombre de migrants à Calais a beaucoup augmenté ces dernières semaines. 
Jeudi, plusieurs migrants se tenaient aux abords de la rocade portuaire à l’affût de camions afin de passer en Angleterre. Et, tout au long du week-end dernier, de violents affrontements avaient opposé migrants éthiopiens et érythréens, faisant seize blessés, dont un grave, dans la zone industrielle proche de l’ex-'Jungle'.

Ce rebond judiciaire n’est qu’un épisode de plus dans le bras de fer qui se joue depuis plusieurs mois entre l’État et des ONG concernant Calais. 
Résultat de recherche d'images pour "migrants jungle de Calais"
Migrants irréguliers, demandeurs d'asile
économique, climatique et 
politique,
 instrumentalisés par des associations
Le 14 juin, Jacques Toubon, le Défenseur des droits, avait sévèrement épinglé l’État pour des atteintes d’une "inédite gravité" aux droits fondamentaux des migrants, puis réclamé deux semaines plus tard la création d’un centre d’accueil à Calais. 
Au cours des dernières années, les associations militant à Calais ont plusieurs fois déposé des recours en référé devant le tribunal administratif de Lille. Elles avaient par exemple obtenu gain de cause le 22 mars, lorsque la justice avait annulé les arrêtés d’interdiction de distribution de repas dans certains lieux. 

Non seulement les associations contrecarrent l'action des élus de la République, mais elles attaquent les représentants du peuple en justice.

 

dimanche 23 avril 2017

Présidentielle - Manifestation «Premier tour social»: violences et gaz lacrymogènes avant le premier tour

Des manifestants affrontent la police à Paris avant le premier tour de la présidentielle

A Paris, des syndicats et collectifs appellent à un '1er tour social'


Le mouvement, qui n'est pas soutenu par les organisations au niveau national, est né de la mobilisation contre la loi travail.


Une soixantaine de syndicats, fédérations et collectifs a invité les Parisiens à manifester ce samedi, à 14 heures, à la veille du premier tour de la présidentielle, pour replacer, disent-ils, l'agenda social au coeur de la campagne électorale.

"Soyons toutes et tous au rendez-vous avec notre avenir, celui de nos enfants, de nos petits-enfants, reprenons ce qui nous appartient, ne laissons pas notre devenir entre les mains d'une poignée qui décide depuis trop longtemps sans et contre nous." C'est ainsi que débute l'appel au "1er tour social" lancé sur un site de pétitions par une soixantaine de syndicats d'entreprises, structures départementales, fédérations et collectifs dont CGT Goodyear, CGT Info'Com, SUD Commerces, SUD Education, SUD PTT, Droit au logement ou 'Justice pour Théo'. 

Cette initiative (démocratique?) 
était destinée à montrer que "c'est à la rue d'imposer son programme", quelle que soit l'issue du scrutin.
"Nous Salariés du privé comme du public, chômeurs, précaires, étudiants, toute la jeunesse, retraités, smicards, qui survivons avec le RSA. Habitants de villes, des villages et des banlieues... Qui votons avec ou sans conviction, la large majorité des abstentionnistes convaincus... Qui subissons le racisme, le sexisme, l'exclusion sous toutes ses formes, les licenciements, la justice des puissants, les violences répressives... Syndicalistes, militants poursuivis et condamnés, sans-papiers et migrants, tous les opposants à la loi travail... Nous appelons la rue, vous toutes et tous, à se mobiliser, créer et être acteur d'un événement inédit... Imposons nos choix, crions haut et fort que nous comptons, que nous décidons, que nous serons une force incontournable du premier tour social."
Des organisateurs débordés par des "casseurs" "en marge" d'un "rassemblement pacifique" ?

Les activistes rassemblés place de la République devait défiler et manifester ensuite jusqu'à Bastille. "La préfecture nous a donné l'autorisation de manifester», a déclaré Gaël Quirante, de Sud Poste 92, syndicat révolutionnaire. Cette provocation à la veille d'un premier tour de présidentielle vise à "dire avec force que, quel que soit le résultat de la présidentielle, c'est à la rue d'imposer son programme social", a-t-il expliqué.



Le mouvement n'est pas soutenu par les organisations au niveau national
Il est né de la mobilisation contre la loi travail et "vient de la base", a insisté Laurent Degousée, co-délégué de Sud Commerce. "Certains disent qu'ils préparent le troisième tour social: eh bien prenons un peu d'avance!", commente-t-il, précisant que le mouvement ne prendrait parti pour aucun candidat: "c'est un message à la population, à ceux qui se battent, pour dire qu'il n'y a que la mobilisation sociale qui puisse renverser le cours des choses". Vendredi après-midi, cet appel à la mobilisation avait recueilli près de 1000 signatures sur le site de pétitions. Mélenchon se sentait le vent en poupe.


Le rassemblement a viré à l'affrontement à Paris

Autorisé vendredi par le Préfet malgré un contexte particulièrement tendu en raison de la menace terroriste et de possibles violences redoutées par la police, alors qu'un policier  venait d'être abattu par un islamiste sur les Champs-Elysées, la veille, ce rassemblement à haut risque organisé  - en période d'état d'urgence - par des syndicats et des étudiants a dégénéré, à la veille du premier tour du scrutin. Corvéables à merci, les policiers n'avaient-ils pas mieux à faire ?

Ils ont scandé des slogans comme
"Grève générale dans tous les pays, en Guyane comme à Paris !", aux sons mêlés d'une fanfare, de tam-tams et de sonos diffusant "Antisocial" du groupe Trust ou la musique du film de François Ruffin "Merci patron !".

Rassemblant environ 2.000 gauchistes anti-démocrates, selon les organisateurs, la manifestation "Premier tour social" de ce samedi 22 avril  a viré à l'affrontement en cours d'après-midi. Les forces de l'ordre, déployées en nombre, ont été prises pour cible par ces militants d'extrême gauche, pour la plupart cagoulés, qui les ont ciblées avec des projectiles, notamment des fumigènes et des bouteilles.
La police a dû répliquer en envoyant du gaz lacrymogène pour disperser les activistes.  

Des tags anarchistes 
Sur des abris bus et des façades vandalisés, on pouvait y lire "Le pavé comme seul bulletin de vote", ou encore "La police assassine"
 
La liste des organisations -syndicats et étudiants- appelant à manifester le 22 avril 2017 est la suivante:
Syndicats : 
Commerces : CGT Simply Market Amiens, Fédération Sud Commerces, Collectif Salarié.e.s des Champs Elysées 
Education : CGT Education 93, Emancipation tendance Intersyndicale, SNUEP-FSU (syndicat de l'enseignement professionnel de la FSU), Fédération des travailleurs de l'enseignement de la CNT, Fédération Sud Éducation, Solidaires Etudiant-e-s SPC, Solidaires étudiants Paris 3, Solidaires étudiant.e.s Sciences Po Paris, Sud Education Alsace, Sud Education 27, Sud Education 76, Sud Education 91, Sud Education 92, Sud Education 95, Touche pas ma ZEP, UNEF Nanterre, UNEF Montrouge. 
Energie : CGT Energie 75 
Fonctions d'Etat : CGT Agri, CGT Préfecture de police de Paris, Union des Syndicats des Personnels Administratifs et Techniques du Ministère de l'Intérieur-CGT (USPATMI-CGT) 
Fonctions territoriales : CGT FTDNEEA (Syndicat CGT Filière Traitement des Déchets Nettoiement Eau Egouts Assainissement), US CGT Services publics parisiens, 
Industries : CGT Goodyear, Comité de soutien de Goodyear Limoges, Comité de soutien de Goodyear Mulhouse, USTM-CGT 87 
Information-Communication-Culture : Info'Com-CGT, SIP-CGT, CGT Elior Musée Intérim : CGT Cordistes, La Poste : Fédération Sud PTT, Sud Poste 13, Sud Poste 66, Sud Poste 91, Sud Poste 92, Sud Poste 95, Sud PTT Eragny, Sud PTT La Réunion, 
Privés d'emploi et précaires : Comité national des travailleurs privés d'emploi et précaires CGT 
Santé : CGT CHRU de Lille, CGT Hôpital de Blois, CGT Hôpital de Tours, CGT Hôpital de Wattrelos, Fédération Sud Santé Sociaux, SMICT CGT CHRU de Lille, USD CGT Santé Nord 
Transports : Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP), SUD-Rail de Paris Saint-Lazare, SUD Rail Alsace 
Organisations territoriales : CNT-région parisienne, Solidaires 92, UD CGT du Nord, CNT Lille, CNT Villefranche Beaujolais Val de Saône 69, UL CGT Armentières, UL CGT de Nancy, UL CGT de Nanterre 
Confédérations : CNT 
Manifestation à Paris pour un "premier tour social"
Collectifs et associations : 
Collectifs demandant justice : Comité de soutien Paris 3 "Justice pour Théo et tous les autres", Collectif "Urgence notre police assassine" 
Associations : Compagnie Jolie Môme, Droit au logement (DAL), Droits devant, Galeano (Blois), Images Contemporaines, Collectif Féministes Révolutionnaires, Collectif anti-Linky, Mulêketu, SCALP Ile de France 
Media : Bellacio,... et le mouvement "La Picardie debout" du journaliste François Ruffin, à l'initiative de Nuit debout.

Les manifestants ont prévenu qu'il "faudra faire avec la rue" quel que soit le candidat qui sortira des urnes le 7 mai... 
"Souvent après des élections, il y a un troisième tour social. Nous, on dit que quel que soit le candidat élu dans 15 jours, on compte faire valoir nos revendications sociales", explique Laurence Karsznia, de la CGT Info Com, soulignant la "convergence d'une énergie revendicative née avec la loi travail, pour dire qu'il faudra faire avec la rue".

Mickaël Wamen, ci-contre, de la CGT Goodyear, a estimé que "le 15 septembre, on a eu un goût d'inachevé" après la dernière manifestation contre la loi travail, qui avait mobilisé la rue pendant des mois. "Depuis janvier, on a recensé 250 mouvements sociaux par jour mais ils sont tous dispersés", a expliqué le syndicaliste, affirmant que la manifestation de samedi est "une première étape".

"On a la rage qu'après le 15 septembre, il n'y ait plus rien eu ! ", a lancé Gaël Quirante, de SUD Poste 92, lors d'une prise de parole devant la foule. "On veut dire avec force que, quel que soit le résultat de l'élection, c'est à la rue d'imposer son programme social. Tout dans ce pays a été obtenu par la mobilisation: 1936, mai 68, n'étaient dans aucun programme".


Les organisateurs se sont donné rendez-vous le 1er mai.

jeudi 6 octobre 2016

Les gauchos intellos disent non aux Jeux de 2024

Non à la candidature de Paris aux Jeux de 2024 !
Hors du sport populaire point de salut ?

Alors que le dépôt de la deuxième partie du dossier de candidature pour les Jeux de 2024 est attendu pour le 7 octobre 2016, des pisse-froid d'associations et des intellectuels cérébraux dénoncent une opération de communication lancée à grands frais par la mairie de Paris.
Le coût de la candidature aux JO 2024 (frais de candidature à verser au CIO, déplacements, plans de communication, honoraires des cabinets de consultants, frais généraux, etc.) est aujourd’hui estimé à 60 millions d’euros dans le cadre d’un "budget évolutif" pouvant aller jusqu’à 100 millions en fonction des besoins. Après la défection de Boston et de Hambourg, la nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi, vient de refuser de soutenir une candidature italienne qu’elle juge "irresponsable" en disant "non aux Jeux du béton, non aux cathédrales dans le désert !"
Si l’Euro 2016 a coûté plus de deux milliards d’euros à l’État et aux collectivités territoriales pour rénover des grands stades privatisés et sécuriser les fans zones de l’UEFA au détriment de projets sociaux essentiels, notamment du fait du terrorisme, l’organisation des Jeux pourrait grever encore plus les finances publiques mobilisées dans des constructions sportives sans réelle (?) utilité sociale pour la majorité de la population. Compte tenu de l’augmentation massive du chômage, de l’exclusion, de la précarité et de la pauvreté en France (6 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres), et dans un contexte marqué par des mesures d’austérité qui frappent tous les secteurs de la vie publique, nous estimons qu’il y a d’autres priorités qu’une candidature dispendieuse aux JO, font savoir les experts en obstructions en tout genre des comptables pour qui seule est prise en cimpte la colonne dépenses.

L’explosion systématique des budgets prévisionnels

A l’heure où l’Etat se désengage des missions qui lui incombent, un abondement exceptionnel de 10 millions d’euros pour assurer le bon fonctionnement du Groupement d’intérêt public "Paris 2024" a déjà été débloqué. Si la ville de Paris était choisie par le CIO en septembre 2017, 3 milliards de fonds publics seraient encore versés dans un budget prévisionnel global de 6,2 milliards d’euros.
Paris (coalition de gauche) et le Conseil régional d’Ile-de-France (coalition droite et centre) ont ainsi promis de verser 145 millions d’euros chacun pour rénover des infrastructures sportives essentiellement réservées au haut niveau, sélectionner une élite, avec émulation des jeunes, et modernisation des transports en vue d’accueillir les touristes, sans retombées sur l'ensemble de la population, à en croire les grincheux.
Or, il faut s’attendre à une augmentation considérable des dépenses, font-ils valoir, sans envisager la moindre valorisation des tissus sportifs et économiques. Pour quasiment tous les Jeux, les budgets prévisionnels ont en effet explosé (Athènes : +109% de dépassement, 11,1 milliards; Pékin : +1130%, 32 milliards ; Londres : +127%, 11 milliards; Rio : +247%, 33 milliards, selon Le Monde et Wladimir Andreff, 25 février 2015). Pour les JO de Tokyo 2020, le budget de construction dépasse actuellement les 4 milliards d’euros pour une prévision initiale de 1,3 milliard (AFP, 28 septembre 2016).
Tandis que le CIO est exonéré d’impôts et que les retombées économiques bénéficient majoritairement à ses partenaires commerciaux, avec la complicité de la presse qui réclames toujours plus de rentrées publicitaires, les populations sont obligées de supporter le poids de la dette pendant plusieurs années, comme ce fut le cas pour Grenoble en 1968 et Albertville en 1992. Mais aussi pour acheter 15 TGV.
Alors que l’hôpital public, le logement social, les transports en commun, l’éducation, la recherche scientifique, la culture subissent des restrictions budgétaires régulières, nul ne peut sérieusement espérer que l’opération de prestige olympique offre une réponse réaliste à la crise globale. Ce sont néanmouns les mêmes qui réclament une politique de grands travaux publics...

Rien ne trouve grâce aux yeux des empoisonneurs de l'espace public.

De l’emploi des "travailleurs jetables"
Les édifices olympiques bâtis en un temps record sous l’égide de "lois olympiques" d’exception, mobilisent toujours une majorité de "travailleurs jetables" et d’intérimaires, quand ce ne sont pas, comme à Pékin, à Sotchi ou à Rio, des migrants ou des personnes déshéritées traités comme des esclaves, selon les spécialistes de l'amalgame, quelles que soient les différences de législations sociales des pays choisis. Les emplois créés, prétendument durables, disparaissent à la fin des Jeux et sont synonymes de précarité et de dumping salarial, insistent-il, les intellos à vision périphérique.
Le mouvement olympique n’hésite d’ailleurs pas à utiliser les petites mains des bénévoles pour encadrer ses opérations de propagande (scolaires, jeunes sportifs, étudiants, dirigeants sportifs), accusent-ils encore. Le modèle des "commis agiles" au service des "missions olympiques" accompagne ainsi le démantèlement progressif du droit au travail.
Or, le gouvernement actuel remet déjà en cause les droits fondamentaux des salariés au nom de la "flexibilité du marché de l’emploi" et de la "simplification" du code du travail, tandis que l’appel aux travailleurs détachés se répand (chantiers de la COP 21, Université d’été de la Rochelle, etc.). La globalisation et le mondialisé ne font pas bon ménage.
La spéculation immobilière engendrée et nourrie par la réalisation d’infrastructures olympiques luxueuses va une nouvelle fois toucher les quartiers populaires, maintiennent les obsédés archaïques de la lutte des classes du siècle passé.
Le chaos qu'ils annoncent frappera le prix du foncier et de l’immobilier, loyers et impôts locaux, alimentant la gentrification et enrichissant les actionnaires des groupes BTP et des promoteurs, au détriment du logement social et des classes populaires déjà frappés par la crise du logement, promettent-ils.
Au nom du gigantisme olympique, les multinationales du béton armé n’hésiteront pas à saccager des patrimoines naturels et culturels (les Serres d’Auteuil, entre autres, seront délabrées en raison de l’agrandissement de Roland-Garros), ni à laisser, comme pour tous les Jeux dits «verts», un bilan énergétique désastreux (empreinte carbone de plusieurs millions de tonnes pour chaque JO, gaspillage, pollution des cours d’eau, bétonnage massif, etc.), décrivent les Cassandre.
La concentration de millions de touristes et la multiplication des déplacements ne feront qu’amplifier les "pics de pollution" dans la capitale et ses banlieues déjà saturées par les embouteillages, alors que les maladies respiratoires, en hausse constante, nécessitent une prise en charge qui coûte près de 2 milliards d’euros par an à l’État. Et ce n'est pas tout...

Le coût de la surveillance
Le sécuritaire n'échappe pas à ce tableau. Dans un contexte de tensions internationales et de démultiplication des attentats (origine non précisée: étonnament?) en France et en Europe, des Jeux à Paris qui rassembleront des milliers d’individus dans des espaces restreints (l'Euro 2016 n'a-t-il pas fourni un contre-exemple ?), risquent de devenir des cibles potentielles pour des attentats islamistes. Pour protéger les sites olympiques, le déploiement d’un imposant arsenal policier et militaire, déjà à flux tendus depuis des mois et des mois, sera nécessaire au détriment d’autres missions de sécurité publique. Au nom de la "fête olympique", faudra-t-il alors accepter comme lors de l’Euro 2016 le quadrillage de l’espace public, la surveillance électronique généralisée, la restriction des libertés fondamentales ? Loin d’être un "rassemblement pacifique des peuples", comme le clame l’idéologie olympique, les Jeux vont occasionner une surveillance de masse aux coûts exorbitants, redoutent les internationalistes...

Les décisions qui concernent l’avenir des citoyens ne doivent pas être confiées aux hiérarques du CIO

Dans leur procès d'intentions, les intellos d'extrême gauche les soupçonnent de ne choisir le vainqueur de leur course aux enchères qu’en fonction de leurs propres intérêts et de ceux de leurs partenaires commerciaux (Mc Donald’s et Coca-Cola notamment). Anti-libéraux, les signataires? Pour toutes ces raisons, nous appelons les élus, les responsables politiques, associatifs et syndicaux, ainsi que tous les citoyens à refuser cet indécent gaspillage financier, économique et écologique qui ne bénéficiera qu’à la multinationale du CIO, souvent impliquée dans divers scandales d’affairisme et de corruption.
 
Signataires
Droit Au Logement; Fédération Sud éducation; Gilles Bataillon, directeur d’études à l’EHESS; Patrick Baudry, professeur de sociologie à l’Université Bordeaux III; Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, membre du collectif Malgré tout; Jean Bilard, professeur émérite de psychologie à l’Université Montpellier I; Gérard Bras, ancien directeur de programme au Collège International de Philosophie, président de l’Université Populaire des Hauts-de-Seine; Denis Collin, philosophe; Christian Godin, philosophe; Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine à l’Université Paris Ouest Nanterre; Françoise Hache-Bissette, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Saclay; Claude Javeau, professeur émérite de sociologie de l’Université Libre de Bruxelles; Catherine Louveau, professeure émérite de sociologie à l’Université Paris Sud UFRSTAPS; Robert Misrahi, professeur émérite de philosophie éthique à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne; Laetitia Petit, maître de conférences en psychologie clinique à l’Université Aix-Marseille; Louis Sala-Molins, professeur émérite de philosophie politique aux Universités Paris I et Toulouse II; Daniel Salvatore Schiffer, philosophe, professeur de philosophie de l’art à l’École Supérieure de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège, porte-parole francophone du Comité International contre la Peine de Mort; Danielle Simonnet, conseillère de Paris, coordinatrice du Parti de Gauche; Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue, directeur de recherche au CNRS; Patrick Tort, directeur de l’Institut Charles Darwin International; Yves Vargas, Philosophe. Jean-Marie Brohm professeur émérite de sociologie à l’Université Montpellier III , Fabien Ollier directeur de publication de la revue 'Quel Sport ?'

vendredi 25 mars 2016

Coup de boost à l'économie du Rif avec la généralisation des salles de shoot

Marisol Touraine soutient la production de cannabis

Le Journal Officiel a publié l'arrêté validant l'expérience des salles de consommation de drogues à moindre risque pour les toxicomanes. 

Les Franco-marocaines du gouvernement ont obtenu gain de cause.
Trente après l'ouverture de la première "salle de shoot" à Berne, en Suisse, deux salles de consommation à moindre risque (SCMR) vont voir le jour en France, à Paris et à Strasbourg, cette année. Un arrêté publié ce vendredi Saint 25 mars 2016 au Journal Officiel met officiellement  en oeuvre cette mesure qui fait partie de la loi Santé votée en décembre dernier par le Parlement.  

Des expérimentations d'une durée de six ans doivent démarrer assez rapidement dans les deux villes concernées et pourraient s'étendre par la suite à d'autres villes.
Avec le lancement de cette expérimentation, la France s'aligne sur les nombreux pays (Allemagne, Australie, Canada, Espagne, Danemark, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas et Suisse) où de tels espaces auraient fait la preuve de leur efficacité ces dernières années.

Le gouvernement prend des mesures condamnées par l'ensemble des institutions médicales

"L'expérience étrangère a en effet montré que les SCMR permettent aux usagers de recevoir des conseils spécifiques, induisant ainsi une diminution des comportements à risque, des overdoses mortelles et parfois même l'accompagnement vers des traitements de substitution", se justifie la ministre par voie de communiqué.

Il s'agit d'"accompagner les toxicomanes au lieu de simplement les exclure" explique ce vendredi dans Le Parisien la ministre franco-chilienne de la Santé, Marisol Touraine, qui a "porté ce projet avec conviction" et qui refuse de fermer ses yeux globuleux sur cette "réalité sociale", à savoir, "des personnes en situation de précarité, de rupture et de dépendance absolue" qui "se droguent dans des conditions très dangereuses pour elles, mais aussi pour les autres".

"Les drogues sont interdites et la priorité reste la prévention, raconte la ministre. Mais il ne suffit pas de dire les drogues c'est mal; il faut aller au bout du raisonnement," insiste-t-elle. 

Un procédé qui ne fait pas consensus. Si l'Institut national de santé et de recherche médical recommande l'expérimentation, en décembre 2012, le Conseil national de l'Ordre des médecins a rendu un avis émettant de nombreuses réserves, rappelle Le Parisien, tandis que l'Académie de Médecine s'est clairement prononcé contre. Tout comme l'Académie de Pharmacie, qui a adopté un avis défavorable, recommandant un renforcement des moyens alloués aux centres pour toxicomanes. 

Ce que Marisol Touraine veut imposer son projet contre l'avis général 

"L'arrêté publié aujourd'hui fixe les modalités concrètes (présence du matériel médical, horaires d'ouverture, déroulement de la consultation d'accueil, etc) que devront respecter les associations porteuses de projets de SCMR, en lien avec les collectivités locales", précise le ministère de la Santé dans un communiqué.

Dans le détail, les salles, situées à proximité des lieux habituels de consommation et ouvertes 7/7 jours, entre quatre et sept heures par jour, s'adressent aux plus de 18 ans. A Paris, la "salle de shoot" sera installée dans l'enceinte de l'hôpital Lariboisière, ce qui "doit rassurer", déclare la ministre, reconnaissant qu'elle passe outre la volonté de la population. 

Marisol Touraine balaie les inquiétudes des riverains d'un revers de manche. Dans le quotidien parisien, elle décrète que des "échanges" doivent avoir lieu et que "toutes les informations" leur seront apportées. "Il faut savoir qu'il n'y aura pas de salle sans convention passée avec, notamment, les services de police, de voirie et l'autorité judiciaire", précise-t-elle.

A chaque visite, les toxicomanes auront droit à une seule injection, ou inhalation, du produit qu'ils auront eux-même apporté et qu'ils consommeront dans du matériel stérile fournit par la salle. Au moins deux personnes animeront la salle, qui seront sous la vigilance d'un ou plusieurs agents de sécurité. Un système de dépistage, pour le VIH ou l'hépatite, sera également proposé.
Le Maroc serait, selon les Nations unies, le premier producteur et exportateur mondial de haschich.
La région septentrionale du Rif abrite en effet des dizaines de milliers d’hectares de cultures de cannabis à partir desquelles est produit le haschich marocain, manne dont la suppression programmée constitue un véritable défi pour les autorités marocaines. Cet article établit le contexte historique, culturel, politique et économique de la culture du cannabis dans la région afin de mieux comprendre comment cette activité économique, qui s’est très largement développée au cours des deux dernières décennies, a permis d’y maintenir un certain statu quo socio-économique et politique au pays d'origine d'Audrey Azoulay et Najat Vallaud-Belkacem, ministres de la République française.

samedi 7 novembre 2015

Les Régionales et le FN poussent l'Etat PS à chasser les migrants de Calais

Le plan secret de Cazeneuve pour faire déménager les migrants de Calais

A un mois des régionales, le ministre de l’Intérieur a chassé 1.500 personnes de la "Jungle" de Calais en quinze jours. 

Les associations dénoncent un recours abusif aux centres de rétention. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a été saisi.
Calais*
Le 31 octobre, dans la "Jungle" de Calais, un réfugié s'isole pour écouter de la musique. (Wostok press)
Paru dans leJDD
Vendredi à Calais, deux semaines après la dernière visite du ministre de l'Intérieur aux abords de la "Jungle" de Calais, les fonctionnaires ont dénombré un peu plus de 4.500 personnes. Comme pour le reste et sur tous les sujets comme le chômage, les comptages sont faits pour nous enfumer.  Le pouvoir ne pouvait espérer mieux: ceux-là feraient en effet apparaître "une baisse spectaculaire de 25 % en quelques semaines", rapporte le JDD. En octobre, avec près de 6.000 migrants, la fréquentation du camp avait explosé en raison de l'arrivée des Syriens et des Irakiens.
Bernard Cazeneuve a discrètement mis en place, fin octobre, un plan de bataille en deux volets.
Pour vider le camp de Calais à la veille des régionales,

côté face, la méthode douce mais coûteuse. Le ministre a demandé aux préfets d'ouvrir dans toute la France des "centres d'accueil et d'orientation" pour permettre aux migrants qui acceptent de renoncer à l'Angleterre "de se reposer et de réfléchir". Des hôtels, des centres de loisirs, des bâtiments inoccupés… ont été réquisitionnés ces derniers jours. Le plus loin possible des côtes anglaises.

"On a perdu du temps, maintenant on perd de l'argent"


Des fonctionnaires de l'Etat et des bénévoles associatifs sillonnent le camp pour les convaincre de partir. Les "volontaires" n'ont pas besoin d'avoir fait une demande d'asile pour y prétendre. Vendredi matin, 917 personnes avaient accepté l'offre. "C'est une bonne initiative, souligne Pierre Henry, de France terre d'asile. Cela fait des mois que nous demandons ces mises à l'abri et que le gouvernement fait la sourde oreille. Mais aujourd'hui, on agit dans la précipitation. Ces hébergements coûtent à l'État entre 30 et 40 euros par jour et par migrant. Avec un peu d'anticipation, on sait faire la même chose pour 21 euros. On a perdu du temps, maintenant on perd de l'argent."

Mais c'est le second volet du plan Cazeneuve, le côté pile, qui fait grincer des dents. Les associations reprochent au ministre de "planquer" des migrants dans les centres de rétention pour gagner du temps et tronquer les chiffres. Depuis le 21 octobre, les associatifs présents dans les centres de rétention administrative (CRA) ont vu arriver des "Calaisiens" par dizaines chaque jour

Des vols en jet gouvernemental ont même été affrétés pour le bien-être des illégaux... La Cimade a calculé que, au cours des quinze derniers jours, 664 migrants en provenance du Pas-de-Calais avaient atterri à raison de 30 à 50 par jour dans les centres de Nîmes, Metz, Vincennes, Toulouse, Rouen-Oissel et Marseille.
Or, ces "structures fermées" (!) sont normalement destinées aux étrangers interpellés en France en situation irrégulière avant leur expulsion vers leur pays d'origine. Ils y sont "retenus" (sic, le JDD) le temps que des "passeurs vertueux" de l'administration française obtienne un laissez-passer en bonne et due forme et organise leur réintroduction dans leur milieu naturel. 

Une infime minorité de migrants illégaux est renvoyée à la case départ
Dans le cas des 664 "Calaisiens", les associations affirment que 98 % d'entre eux ont été libérés et 2 % seulement éloignés dans un pays européen, notamment en Albanie. Et pour cause. Plus de 20 % des interpellés étaient Syriens ou inexpulsables en raison de leur nationalité et de l'a priori que la vie est intenable en Syrie: les bombardements occidentaux -dont français- ne sont pas étrangers à la situation augmentée de risque. "C'est Ubu et Kafka réunis, selon un fonctionnaire, mais c'est simplement socialiste. On ne peut pas annoncer qu'on va accueillir 30.000 Syriens et mettre ceux qui sont là en rétention." 'On', c'est Hollande en visite éclair aux 115 Syriens hébergés sur une base de loisirs du Val-d’Oise , le samedi 13 septembre.

"Il faut faire comprendre qu'on ne passe plus à Calais"

Mais on y revient...
Soulé N'Gaide, de l'antenne Forum Réfugiés du centre de rétention de Nîmes, a pourtant constaté que, sur les 120 migrants arrivés au centre entre le 21 octobre et le 3 novembre, il y avait une quarantaine de Syriens. "Ils ne comprenaient rien à leur situation. Au bout de cinq jours, le préfet n'a même pas demandé le prolongement de la rétention. Dès qu'ils sont sortis, ils ont repris un train pour Calais. C'est un détournement total de procédure", dénonce-t-il.

Lucie Feutrier-Cook, directrice adjointe à l'Ordre de Malte, fait le même constat au centre de Metz, où l'association intervient. "On se demande à quoi peut servir ce type d'intervention à part à vider Calais le temps des élections, explique-t-elle. Nous avions un Syrien qui était paniqué car sa jeune sœur était restée seule dans le camp de Calais. Au bout de cinq jours, il est reparti. Ces gens ne parlent pas le français et très mal l'anglais. Nous avons dû faire appel à des interprètes."
Vue aérienne de la "jungle" de Calais. (Reuters)
Les policiers de Calais commencent eux aussi à ruer dans les brancards. 
La police aux frontières est débordée. "Les conditions de travail de nos collègues qui ont parfois à gérer une cinquantaine de gardés à vue sont intenables", explique Gilles Debove (SGP-FO). Un fonctionnaire de la PAF affirme qu'un "quota" de 50 éloignements par jour avait été fixé à la fin du mois d'octobre, avant d'être ramené à 35. "C'est totalement faux, conteste-t-on au ministère de l'Intérieur. Nous avons considérablement renforcé les contrôles autour du tunnel, avec 1.100 policiers sur place. Les tentatives d'intrusion sont systématiquement sanctionnées. Il faut faire comprendre qu'on ne passe plus à Calais."

Intensification après une circulaire de la Place Beauvau

L'ex-maire PS de Reims, Adeline Hazan, l'actuelle contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, s'est saisie du dossier. Elle a envoyé trois équipes, à Vincennes, à Nîmes et au commissariat de Calais, pour constater les conditions de l'"opération Calais". "Les cours d'Appel saisies ont validé toutes nos procédures, maintient Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais et représentante de... Cazeneuve. Il n'y a aucune voie de fait. Les étrangers éloignés ont été interpellés car ils avaient commis une infraction, la plupart du temps une intrusion dans le tunnel." Sa version est la même que l'élément de langage de son ministère. "Les effectifs des forces de l'ordre ont été renforcés de manière à assurer la plus grande sécurisation de la frontière britannique […]. La préfète du Pas-de-Calais a été chargée, avec le concours de la police aux frontières […] d'intensifier les procédures d'éloignement à l'encontre des étrangers interpellés alors qu'ils tentent de rejoindre illégalement le Royaume-Uni," assurent les services de Cazeneuve.

Le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur avait annoncé clairement les enjeux, dans une circulaire envoyée à tous les préfets de France le 23 octobre et que le JDD a pu consulter : "Le doublement récent du nombre de migrants présents à Calais appelle des actions fortes de l'État pour faire diminuer autant que faire se peut avant l'entrée de la période hivernale la population du campement […]". Ils ne savaient même pas que les Régionales se déroulent en première quinzaine de décembre...

D'après Marie-Christine Tabet pour Le Journal du Dimanche