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jeudi 21 mars 2019

Grand débat: ces intellectuels qu accourent au one-man show de Macron, à l'Elysée

Une soixantaine d’intellectuels sont allés à la soupe à l'Elysée


Le chef de l'Etat a invité à dîner une soixantaine de spécialistes de l'économie ou de l'environnement après un "débat" diffusé, depuis l'Elysée, sur France Culture.
Flattés  de recevoir la parole de Macron, mais visiblement accablés
par son projet de "démocratie délibérative"
Débattre en grande pompe médiatique flatte l'ego d'un Jupiter solitaire. 
Thème du jour et ambitieux programme qui n'engage à rien : les "principaux défis et enjeux d'avenir auxquels la France est confrontée". Ca pouvait se faire en toute discrétion, mais ce "colloque" fut annoncé à grand renfort de media-relais comme la nouvelle étape du grand débat prolongé organisé pour ce lundi 18 mars entre Emmanuel Macron et une soixantaine d'intellectuels macron-compatibles sélectionnés par l'Elysée. Universitaires, économistes, spécialistes des sciences humaines ou de l'environnement avaient accepté de servir de faire-valoir du chef de l'Etat à partir de 18 heures. 
Contrairement aux débats précédents, ce n’était pas le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu qui animait le divertissement politique, distribuant la parole et limitant le temps à deux minutes par intervenant. Un partenariat avait été exceptionnellement conclu avec France Culture.

Une réunion animée par l'un des nouveaux venus à Charlie Hebdo après l'attentat de 2015, Guillaume Erner, producteur de la tranche matinale de France Culture, qui se présente comme "le média de la vie des idées" et qui l'a retransmise en direct. La crise des Gilets jaunes a d'emblée occupé le cœur du débat entre Emmanuel Macron et les 64 intellectuels "accrédités" à l'Elysée, où des chercheurs, professeurs, experts ou essayistes ont posé les bonnes questions (qui ne fâchent pas) au président sur sa politique et l'état du pays. Lors de cette soirée co-organisée avec la radio de service public de Radios France, sans durée fixée par avance, le chef de l'Etat a souligné qu'il avait tenu à maintenir ce rendez-vous malgré les violences de samedi. "En même temps", n'avait-il pas lui même abandonné Paris à Castaner pour aller se faire plaisir sur les pistes ensoleillées de La Mongie pendant que se déroulaient deux manifestations

"Ne pas réduire la vie de notre nation à une réponse d'ordre public"

Finies les "causeries" au coin du feu entre soi et retransmises aux "gueux", mais quelle différence ? 
"Je me suis beaucoup posé la question : est-ce que nos concitoyens vont comprendre [les Français gardent, à ses yeux, une sérieuse difficulté à comprendre les choses : crétinisme ? Les journalistes ne répètent-ils pas, d'ailleurs, qu'ils vont nous expliquer et décrypter l'actualité pour nous ? Consolation : les intellos ont également besoin que Macron les aide à comprendre le monde dans lequel ils vivent...] qu'on tienne ce débat à l'Elysée", loin de la masse inaccessible à sa "pensée complexe", hurlante et violente  sur les Champs-Elysées ? "Oui, au carré", veut-il croire, mais s'adressant aux auditeurs de France Culture, très peu écoutée sur les ronds-points. Ce n'est pas encore lundi que Macron ambitionnait de mettre les Gilets jaunes à niveau...

"Car de moins en moins de monde est dans la rue le samedi" et "ceux qui ont initié cette crise sont des gens qui veulent détruire les institutions, pas des manifestants", a-t-il lancé. On croyait entendre Ruth, Christophe, Patrick, Jean-Jacques, Jannick et les autres ! " Interrompre ce débat, c'était dire que, quand la violence absolue s'exprime un jour, on n'aurait plus le droit de réfléchir le jour d'après. J'assume totalement le caractère essentiel de cette discussion, car je ne veux pas réduire la vie de notre nation à une réponse d'ordre public", a-t-il ajouté, inconsciemment condescendant.

Répondant au premier intervenant, l'écrivain Pascal Bruckner, qui réclamait le retour de l'ordre public - ça tombait bien, après le préambule présidentiel - , Emmanuel Macron a expliqué aux intellos que, si le droit de manifester était protégé, les violences du samedi étaient le fait d' "émeutes de casseurs, qui ne savent plus pourquoi ils sont dehors sauf détruire". Réclamer la démission de Castaner équivaut donc à chasser Macron. Manifestations interdites sur les Champs-Elysées en cas de présence d' "ultras" - qui arboreraient un badge obligatoire délivré par la préfecture de police -, préfet de police de Paris limogé - et remplacé par celui d'Aquitaine qui n'a pas particulièrement brillé à Bordeaux - , contraventions alourdies - avec l'approbation enthousiaste du p'tit Darmanin - : le premier ministre Edouard Philippe  - il était où le samedi 16 mars de tous les débordements? - a annoncé lundi une batterie de mesures "fortes" pour répondre aux violences ayant marqué la dernière manifestation (en date) des Gilets jaunes à Paris.

Interrogé ensuite sur la création d'un revenu universel, la taxation des plus aisés, le creusement des inégalités ou encore la transition écologique, le chef de l'Etat a, comme lors de chacune de ses réunions dans le cadre du grand débat, défendu ses choix politiques, comme celui d'aider les entreprises pour créer des emplois ou de refuser l'idée de "décroissance". Le débat avec les intellos n'a donc rien apporté, si ce n'est un surcroît de dépenses publiques inutiles.

Quatre régions en attente du messie

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Macron et ses 60 voleurs intellos
Combien de réfractaires parmi les personnalités présentes ? 
Figurent les philosophes Marcel Gauchet, Souad Ayada et Monique Canto-Sperber, les sociologues Jean Viard et le socialiste Michel Wieviorka, le psychiatre Boris Cyrulnik, le climatologue Jean Jouzel, les économistes Philippe Aghion, auteur du programme économique du candidat Macron, et Jean Pisani-Ferry, membre de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, ainsi que les Prix Nobel Serge Haroche et Jules Hoffmann
Certains ont refusé, comme l'économiste Frédéric Lordon (animateur de "Nuit debout"), très critique de la politique d'Emmanuel Macron, qui a publiquement expliqué sa décision de ne pas s'y rendre lors d'un rassemblement à la Bourse du travail à Paris.

Cette rencontre est organisée trois jours après la fin annoncée pour vendredi 15 mars de la première partie du grand débat lancé le 15 janvier. 
Emmanuel Macron a tant à expliquer ! Mais, puisqu'il a besoin d'une rallonge de quinze jours au moins et qu'il ne devrait pas effectuer un nouveau déplacement la semaine prochaine dans ce cadre, c'est seulement dans trois semaines que les chaînes d'information pourront retourner à une vie normale, après huit "actes macroniens" ces deux derniers mois. 
Macron repousse ainsi ses rencontres attendues dans quatre régions : en Bretagne, notamment les "illettrés" des abattoirs Gad dans le Nord-Finistère, en Corse, avec les autonomistes, où, comme se serait le cas dans les Hauts-de-France (agriculteurs, Air France et anciens de Goodyear) et le Pays de la Loire avec les zadistes de Nantes, avec les élus , exclusivement...
Il a échangé durant plus de huit heures avec des intellectuels de tous les horizons, principalement des hommes, à qui il a demandé "de structurer le débat". 

"On imagine mal une telle rencontre à la Maison Blanche !"

Saillie pouvant froisser le quadra, si cette évocation polémique n'était due à l'expert socialiste de l’identité et de l’immigration, spécialiste du FLN et des événements d'Algérie et du système Bouteflika, Michel Wieviorka, qui a remercié Emmanuel Macron d’avoir réuni des intellectuels "de tous les horizons" [sic] et "à l’Elysée".  Un bon départ ? 

Des critiques assassines qu’Emmanuel Macron a pu émettre à leur endroit, notamment quand il était candidat, il n’a pas été question lundi soir. Les " intellectuels stars ne m’intéressent pas tellement", avait ainsi confié le candidat d’En Marche !, durant la campagne, à l’écrivain Philippe Besson qui a rapporté ces propos dans un bouquin; il les accusait alors "de faire du bruit avec de vieux instruments"… Aujourd’hui, après quatre mois de manifestations tous les samedis, Emmanuel Macron a besoin d’eux : à l’heure où "tout se vaut", il leur assigne désormais  "la responsabilité de structurer le débat".
Sous les ors de la salle des fêtes rénovée à grands frais de l’Elysée, Macron a estimé qu' "interrompre ce grand débat, c’était donner raison à la violence absolue". Or, selon le général solitaire et sans armée,  "on ne peut pas s’arrêter à la tyrannie d’une irréductible minorité", a-t-il répété un peu plus tard. 
De quoi apaiser la colère des irréductibles Gilets jaunes ?

Grand débat: des intellectuels ont refusé de participer à cette campagne pré-électorale de Macron ?

Une trentaine d'intellectuels a refusé l'invitation à débattre avec Macron

"J'ai piscine", a prétendu l’économiste et philosophe Frédéric Lordon
.


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Ils n'ont pas pu lui servir la soupe ?
Invité à débattre avec Emmanuel Macron, il aurait encore "préféré  dîner avec François Hollande", a-t-il fait savoir, non sans humour, refusant de cautionner l'opération de com'. 
Partenaire de ce format, mais pas organisateur de la liste des intellectuels conviés, la radio France Culture indique que "l’invitation a été envoyée à un peu plus d’une centaine de personnes, des philosophes, des économistes, des sociologues, des historiens". L’Elysée n'est pas plus précis ni transparent et il est donc difficile de  connaître le nombre exact et la liste complète des intellectuels destinataires d’une invitation.
65 intellectuels ont accouru (46 hommes et seulement 19 femmes), acceptant de se compromettre en jouant les faire-valoir.
Mais l'identité des absents et des discriminés est incertaine. 
Ils sont "estimés" (dans tous les sens du terme) à une quinzaine d'intellectuels qui ont décliné l'invitation de l'Elysée, avec plus ou moins de courtoisie, et qui n'ont pas fait la courte échelle au président pour remonter dans les sondages (à moins de 30% de sondés confiants) et mener sa pré-campagne électorale pour les européennes du mois de mai. 

Une porte-parole livre une estimation officielle floue, entre 70% et 80% des invités sont venus", avant de lâcher une poignée de noms de ceux qui n’ont pas pu venir : l’économiste Thomas Piketty, la philosophe Elisabeth Badinter, l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, l’historien Pierre Rosanvallon et le politologue Patrick Weil. Robert Badinter, 90 ans, était en revanche excusable.

L’Elysée a aussi indiqué que les historiens Marcel Gauchet et Jacques Julliard, d’abord annoncés, se sont également fait porter pâle. C’est en outre par voie de presse qu’on a appris les empêchements de Frédéric Lordon et d’Alain Finkielkraut. Le tableau ci-dessus n'est donc pas totalement fiable.

Parmi la soixantaine d’invités effectivement présents, plusieurs semblent avoir regretté d’avoir passé huit heures à écouter regarder parler le président

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Ainsi Dominique Méda a-t-elle déballé son sac dans une tribune de Libération, tandis que, dans un article de Libé, d'autres admettent avoir été pris dans un "gros piège: on sert la soupe et il nous assène sa com politique".

Faute de liste sincère, il faut faire la recherche des intellectuels qui ne sont pas tombés dans le panneau. Sur la quinzaine d’absents à l'appel, une moitié d’entre eux ont tout bonnement refusé l’invitation.

1) l’économiste et philosophe Frédéric Lordon a donc clairement annoncé son refus.

La réponse de Frédéric Lordon à Emmanuel Macron
paru dans lundimatin#183, le 22 mars 2019

 [1]
Cher Monsieur Macron,
Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron [2], je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous réattaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau.
En réalité, sur la manière dont vous utilisez le langage pour « débattre » comme vous dites, nous sommes assez au clair depuis longtemps. C’est une manière particulière, dont on se souviendra, parce qu’elle aura fait entrer dans la réalité ce qu’un roman d’Orwell bien connu avait anticipé il y a 70 ans très exactement – au moins, après la grande réussite de votre itinérance mémorielle, on ne pourra pas dire que vous n’avez pas le sens des dates anniversaires. C’est une manière particulière d’user du langage en effet parce qu’elle n’est plus de l’ordre du simple mensonge.
Bien sûr, dans vos institutions, on continue de mentir, grossièrement, éhontément. Vos procureurs mentent, votre police ment, vos experts médicaux de service mentent – ce que vous avez tenté de faire à la mémoire d’Adama Traoré par experts interposés, par exemple, c’est immonde. Mais, serais-je presque tenté de dire, c’est du mensonge tristement ordinaire.
Vous et vos sbires ministériels venus de la start-up nation, c’est autre chose : vous détruisez le langage. Quand Mme Buzyn dit qu’elle supprime des lits pour améliorer la qualité des soins ; quand Mme Pénicaud dit que le démantèlement du code du travail étend les garanties des salariés ; quand Mme Vidal explique l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers par un souci d’équité financière ; quand vous-même présentez la loi sur la fake news comme un progrès de la liberté de la presse, la loi anti-casseur comme une protection du droit de manifester, ou quand vous nous expliquez que la suppression de l’ISFs’inscrit dans une politique de justice sociale, vous voyez bien qu’on est dans autre chose – autre chose que le simple mensonge. On est dans la destruction du langage et du sens même des mots.
Si des gens vous disent « Je ne peux faire qu’un repas tous les deux jours » et que vous leur répondez « Je suis content que vous ayez bien mangé », d’abord la discussion va vite devenir difficile, ensuite, forcément, parmi les affamés, il y en a qui vont se mettre en colère. De tous les arguments qui justifient amplement la rage qui s’est emparée du pays, il y a donc celui-ci qui, je crois, pèse également, à côté des 30 ans de violences sociales et des 3 mois de violences policières à vous faire payer : il y a que, face à des gens comme vous, qui détruisent à ce point le sens des mots – donc, pensez-y, la possibilité même de discuter –, la seule solution restante, j’en suis bien désolé, c’est de vous chasser.
Il y a peu encore, vous avez déclaré : « Répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Mais M. Macron, vous êtes irréparable. Comment dire : dans un Etat de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses qui sont inacceptables. À une morte, 22 éborgnés et 5 mains arrachées, vous vous repoudrez la perruque et vous nous dites : « Je n’aime pas le terme répression, parce qu’il ne correspond pas à la réalité ». La question – mais quasi-psychiatrique – qui s’en suit, c’est de savoir dans quelle réalité au juste vous demeurez.
Des éléments de réponse nous sont donnés par un article publié il y a de ça quelques jours par le Gorafi sous le titre : « Le comité de médecine du ministère de l’intérieur confirme que le LBD est bon pour la santé ». On peut y lire ceci : « Christophe Castaner s’est réjoui des résultats des tests du comité de médecins et a aussitôt signé une ordonnance qualifiant de rébellion et outrage à agent toute personne qui mettrait en cause la fiabilité de cette étude ». M. Macron, voyez-vous la minceur de l’écart qui vous tient encore séparé du Gorafi ? Vous êtes la gorafisation du monde en personne. Sauf que, normalement, le Gorafi, c’est pour rire. En réalité, personne ne veut vivre dans un monde gorafisé. Si donc le macronisme est un gorafisme mais pour de vrai, vous comprendrez qu’il va nous falloir ajuster nos moyens en conséquence. Et s’il est impossible de vous ramener à la raison, il faudra bien vous ramener à la maison.
Tous les glapissements éditorialistes du pays sur votre légitimité électorale ne pourront rien contre cette exigence élémentaire, et somme toute logique. En vérité, légitime, vous ne l’avez jamais été. Votre score électoral réel, c’est 10%. 10% c’est votre score de premier tour corrigé du taux d’abstention et surtout du vote utile puisque nous savons que près de la moitié de vos électeurs de premier tour ont voté non par adhésion à vos idées mais parce qu’on les avait suffisamment apeurés pour qu’ils choisissent l’option « ceinture et bretelles ».
Mais quand bien même on vous accorderait cette fable de la légitimité électorale, il n’en reste plus rien au moment où vous avez fait du peuple un ennemi de l’État, peut-être même un ennemi personnel, en tout cas au moment où vous lui faites la guerre – avec des armes de guerre, et des blessures de guerre. Mesurez-vous à quel point vous êtes en train de vous couvrir de honte internationale ? Le Guardian, le New-York Times, et jusqu’au Financial Times, le Conseil de l’Europe, Amnesty International, l’ONU, tous sont effarés de votre violence. Même Erdogan et Salvini ont pu s’offrir ce plaisir de gourmets de vous faire la leçon en matière de démocratie et de modération, c’est dire jusqu’où vous êtes tombé.
Mais de l’international, il n’arrive pas que des motifs de honte pour vous : également des motifs d’espoir pour nous. Les Algériens sont en train de nous montrer comment on se débarrasse d’un pouvoir illégitime. C’est un très beau spectacle, aussi admirable que celui des Gilets Jaunes. Une pancarte, dont je ne sais si elle est algérienne ou française et ça n’a aucune importance, écrit ceci : « Macron soutient Boutef ; les Algériens soutiennent les Gilets Jaunes ; solidarité internationale ». Et c’est exactement ça : solidarité internationale ; Boutef bientôt dégagé, Macron à dégager bientôt.
Dans le film de Perret et Ruffin, un monsieur qui a normalement plus l’âge des mots croisés que celui de l’émeute – mais on a l’âge de sa vitalité bien davantage que celui de son état civil –, un monsieur à casquette, donc, suggère qu’on monte des plaques de fer de 2 mètres par 3 sur des tracteurs ou des bulls, et que ce soit nous qui poussions les flics plutôt que l’inverse. C’est une idée. Un autre dit qu’il s’est mis à lire la Constitution à 46 ans alors qu’il n’avait jamais tenu un livre de sa vie. M. Macron je vous vois d’ici vous précipiter pour nous dire que voilà c’est ça qu’il faut faire, lisez la Constitution et oubliez bien vite ces sottes histoires de plaques de fer. Savez-vous qu’en réalité ce sont deux activités très complémentaires. Pour être tout à fait juste, il faudrait même dire que l’une ne va pas sans l’autre : pas de Constitution avant d’avoir passé le bull.
C’est ce que les Gilets Jaunes ont très bien compris, et c’est pourquoi ils sont en position de faire l’histoire. D’une certaine manière M. Macron, vous ne cessez de les y inviter. En embastillant un jeune homme qui joue du tambour, en laissant votre police écraser à coups de botte les lunettes d’un interpellé, ou violenter des Gilets Jaunes en fauteuil roulant – en fauteuil roulant ! –, vous fabriquez des images pour l’histoire, et vous appelez vous-même le grand vent de l’histoire.
Vous et vos semblables, qui vous en croyez la pointe avancée, il se pourrait que vous finissiez balayés par elle. C’est ainsi en effet que finissent les démolisseurs en général. Or c’est ce que vous êtes : des démolisseurs. Vous détruisez le travail, vous détruisez les territoires, vous détruisez les vies, et vous détruisez la planète. Si vous, vous n’avez plus aucune légitimité, le peuple, lui, a entièrement celle de résister à sa propre démolition – craignez même que dans l’élan de sa fureur il ne lui vienne le désir de démolir ses démolisseurs.
Comme en arriver là n’est souhaitable pour personne, il reste une solution simple, logique, et qui préserve l’intégrité de tous : M. Macron, il faut partir. M. Macron, rendez les clés.
[1La discussion ce jour-là avait une toute autre teneur. Intitulée Fin du grand débat, début du grand débarras, elle réunissait entre autres Jérome Rodrigues, Hervé Kempf, Priscillia Ludosky et Youssef Brakni. On retrouvera les interventions des uns et des autres ici.
[2Entre cette intervention et sa transcription, le casting du « Grand Débat avec les Intellectuels » a été révélé. Patrick Boucheron n’en est pas, semble-t-il. Mais son macronisme déclaré et son mépris, tout aussi déclaré, des Gilets Jaunes, ne sont pas de nature à commander une correction sur le fond. Idem d’ailleurs pour les deux autres clowns.
2) l’historien Gérard Noiriel a refusé mais se dit prêt à apporter les cahiers de doléances de ce secteur sinistré qu’est aujourd’hui l’éducation populaire.

3) l’économiste Thomas Piketty a refusé, jugeant que le raout était "le sommet de la dérive monarchique".

4) la philosophe Sylviane Agacinski a refusé car "les conditions qui ne [lui] paraissent pas satisfaisantes".

5) l’historien Patrick Boucheron s'est confié à Libé sur son refus.

6) le philosophe Michaël Fœssel a indiqué à Libé qu’il n’a  pas souhaité venir.

Cette liste, évidemment non exhaustive, se complète avec les absents qui étaient, eux, empêchés, le plus souvent sans explication.

7) le sociologue Dominique Wolton ne pouvait pas venir, selon France Culture.

8) le philosophe Alain Finkielkraut était à l’étranger.

9) la climatologue Valérie Masson-Delmotte n’a pas pu venir à cause d’une réunion à l’étranger.

10) la philosophe Elisabeth Badinter n’était pas disponible, selon l’Elysée.

11) l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse n’était pas disponible, selon l’Elysée.

12) l’historien Pierre Rosanvallon n’était pas disponible, selon l’Elysée.

13) le politologue Patrick Weil n’était pas disponible, selon l’Elysée.

L’addition de ces treize absents et de la soixantaine de présents ne nous permet pas d’arriver à la centaine d’invitations lancées. D’autres invités avaient donc mieux à faire et ont probablement décliné. Considérant le nombre de femmes conviées, et la moyenne d'âge, on imagine qu'elles avaient à s'occuper des petits-enfants.

jeudi 6 octobre 2016

Les gauchos intellos disent non aux Jeux de 2024

Non à la candidature de Paris aux Jeux de 2024 !
Hors du sport populaire point de salut ?

Alors que le dépôt de la deuxième partie du dossier de candidature pour les Jeux de 2024 est attendu pour le 7 octobre 2016, des pisse-froid d'associations et des intellectuels cérébraux dénoncent une opération de communication lancée à grands frais par la mairie de Paris.
Le coût de la candidature aux JO 2024 (frais de candidature à verser au CIO, déplacements, plans de communication, honoraires des cabinets de consultants, frais généraux, etc.) est aujourd’hui estimé à 60 millions d’euros dans le cadre d’un "budget évolutif" pouvant aller jusqu’à 100 millions en fonction des besoins. Après la défection de Boston et de Hambourg, la nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi, vient de refuser de soutenir une candidature italienne qu’elle juge "irresponsable" en disant "non aux Jeux du béton, non aux cathédrales dans le désert !"
Si l’Euro 2016 a coûté plus de deux milliards d’euros à l’État et aux collectivités territoriales pour rénover des grands stades privatisés et sécuriser les fans zones de l’UEFA au détriment de projets sociaux essentiels, notamment du fait du terrorisme, l’organisation des Jeux pourrait grever encore plus les finances publiques mobilisées dans des constructions sportives sans réelle (?) utilité sociale pour la majorité de la population. Compte tenu de l’augmentation massive du chômage, de l’exclusion, de la précarité et de la pauvreté en France (6 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres), et dans un contexte marqué par des mesures d’austérité qui frappent tous les secteurs de la vie publique, nous estimons qu’il y a d’autres priorités qu’une candidature dispendieuse aux JO, font savoir les experts en obstructions en tout genre des comptables pour qui seule est prise en cimpte la colonne dépenses.

L’explosion systématique des budgets prévisionnels

A l’heure où l’Etat se désengage des missions qui lui incombent, un abondement exceptionnel de 10 millions d’euros pour assurer le bon fonctionnement du Groupement d’intérêt public "Paris 2024" a déjà été débloqué. Si la ville de Paris était choisie par le CIO en septembre 2017, 3 milliards de fonds publics seraient encore versés dans un budget prévisionnel global de 6,2 milliards d’euros.
Paris (coalition de gauche) et le Conseil régional d’Ile-de-France (coalition droite et centre) ont ainsi promis de verser 145 millions d’euros chacun pour rénover des infrastructures sportives essentiellement réservées au haut niveau, sélectionner une élite, avec émulation des jeunes, et modernisation des transports en vue d’accueillir les touristes, sans retombées sur l'ensemble de la population, à en croire les grincheux.
Or, il faut s’attendre à une augmentation considérable des dépenses, font-ils valoir, sans envisager la moindre valorisation des tissus sportifs et économiques. Pour quasiment tous les Jeux, les budgets prévisionnels ont en effet explosé (Athènes : +109% de dépassement, 11,1 milliards; Pékin : +1130%, 32 milliards ; Londres : +127%, 11 milliards; Rio : +247%, 33 milliards, selon Le Monde et Wladimir Andreff, 25 février 2015). Pour les JO de Tokyo 2020, le budget de construction dépasse actuellement les 4 milliards d’euros pour une prévision initiale de 1,3 milliard (AFP, 28 septembre 2016).
Tandis que le CIO est exonéré d’impôts et que les retombées économiques bénéficient majoritairement à ses partenaires commerciaux, avec la complicité de la presse qui réclames toujours plus de rentrées publicitaires, les populations sont obligées de supporter le poids de la dette pendant plusieurs années, comme ce fut le cas pour Grenoble en 1968 et Albertville en 1992. Mais aussi pour acheter 15 TGV.
Alors que l’hôpital public, le logement social, les transports en commun, l’éducation, la recherche scientifique, la culture subissent des restrictions budgétaires régulières, nul ne peut sérieusement espérer que l’opération de prestige olympique offre une réponse réaliste à la crise globale. Ce sont néanmouns les mêmes qui réclament une politique de grands travaux publics...

Rien ne trouve grâce aux yeux des empoisonneurs de l'espace public.

De l’emploi des "travailleurs jetables"
Les édifices olympiques bâtis en un temps record sous l’égide de "lois olympiques" d’exception, mobilisent toujours une majorité de "travailleurs jetables" et d’intérimaires, quand ce ne sont pas, comme à Pékin, à Sotchi ou à Rio, des migrants ou des personnes déshéritées traités comme des esclaves, selon les spécialistes de l'amalgame, quelles que soient les différences de législations sociales des pays choisis. Les emplois créés, prétendument durables, disparaissent à la fin des Jeux et sont synonymes de précarité et de dumping salarial, insistent-il, les intellos à vision périphérique.
Le mouvement olympique n’hésite d’ailleurs pas à utiliser les petites mains des bénévoles pour encadrer ses opérations de propagande (scolaires, jeunes sportifs, étudiants, dirigeants sportifs), accusent-ils encore. Le modèle des "commis agiles" au service des "missions olympiques" accompagne ainsi le démantèlement progressif du droit au travail.
Or, le gouvernement actuel remet déjà en cause les droits fondamentaux des salariés au nom de la "flexibilité du marché de l’emploi" et de la "simplification" du code du travail, tandis que l’appel aux travailleurs détachés se répand (chantiers de la COP 21, Université d’été de la Rochelle, etc.). La globalisation et le mondialisé ne font pas bon ménage.
La spéculation immobilière engendrée et nourrie par la réalisation d’infrastructures olympiques luxueuses va une nouvelle fois toucher les quartiers populaires, maintiennent les obsédés archaïques de la lutte des classes du siècle passé.
Le chaos qu'ils annoncent frappera le prix du foncier et de l’immobilier, loyers et impôts locaux, alimentant la gentrification et enrichissant les actionnaires des groupes BTP et des promoteurs, au détriment du logement social et des classes populaires déjà frappés par la crise du logement, promettent-ils.
Au nom du gigantisme olympique, les multinationales du béton armé n’hésiteront pas à saccager des patrimoines naturels et culturels (les Serres d’Auteuil, entre autres, seront délabrées en raison de l’agrandissement de Roland-Garros), ni à laisser, comme pour tous les Jeux dits «verts», un bilan énergétique désastreux (empreinte carbone de plusieurs millions de tonnes pour chaque JO, gaspillage, pollution des cours d’eau, bétonnage massif, etc.), décrivent les Cassandre.
La concentration de millions de touristes et la multiplication des déplacements ne feront qu’amplifier les "pics de pollution" dans la capitale et ses banlieues déjà saturées par les embouteillages, alors que les maladies respiratoires, en hausse constante, nécessitent une prise en charge qui coûte près de 2 milliards d’euros par an à l’État. Et ce n'est pas tout...

Le coût de la surveillance
Le sécuritaire n'échappe pas à ce tableau. Dans un contexte de tensions internationales et de démultiplication des attentats (origine non précisée: étonnament?) en France et en Europe, des Jeux à Paris qui rassembleront des milliers d’individus dans des espaces restreints (l'Euro 2016 n'a-t-il pas fourni un contre-exemple ?), risquent de devenir des cibles potentielles pour des attentats islamistes. Pour protéger les sites olympiques, le déploiement d’un imposant arsenal policier et militaire, déjà à flux tendus depuis des mois et des mois, sera nécessaire au détriment d’autres missions de sécurité publique. Au nom de la "fête olympique", faudra-t-il alors accepter comme lors de l’Euro 2016 le quadrillage de l’espace public, la surveillance électronique généralisée, la restriction des libertés fondamentales ? Loin d’être un "rassemblement pacifique des peuples", comme le clame l’idéologie olympique, les Jeux vont occasionner une surveillance de masse aux coûts exorbitants, redoutent les internationalistes...

Les décisions qui concernent l’avenir des citoyens ne doivent pas être confiées aux hiérarques du CIO

Dans leur procès d'intentions, les intellos d'extrême gauche les soupçonnent de ne choisir le vainqueur de leur course aux enchères qu’en fonction de leurs propres intérêts et de ceux de leurs partenaires commerciaux (Mc Donald’s et Coca-Cola notamment). Anti-libéraux, les signataires? Pour toutes ces raisons, nous appelons les élus, les responsables politiques, associatifs et syndicaux, ainsi que tous les citoyens à refuser cet indécent gaspillage financier, économique et écologique qui ne bénéficiera qu’à la multinationale du CIO, souvent impliquée dans divers scandales d’affairisme et de corruption.
 
Signataires
Droit Au Logement; Fédération Sud éducation; Gilles Bataillon, directeur d’études à l’EHESS; Patrick Baudry, professeur de sociologie à l’Université Bordeaux III; Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, membre du collectif Malgré tout; Jean Bilard, professeur émérite de psychologie à l’Université Montpellier I; Gérard Bras, ancien directeur de programme au Collège International de Philosophie, président de l’Université Populaire des Hauts-de-Seine; Denis Collin, philosophe; Christian Godin, philosophe; Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine à l’Université Paris Ouest Nanterre; Françoise Hache-Bissette, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Saclay; Claude Javeau, professeur émérite de sociologie de l’Université Libre de Bruxelles; Catherine Louveau, professeure émérite de sociologie à l’Université Paris Sud UFRSTAPS; Robert Misrahi, professeur émérite de philosophie éthique à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne; Laetitia Petit, maître de conférences en psychologie clinique à l’Université Aix-Marseille; Louis Sala-Molins, professeur émérite de philosophie politique aux Universités Paris I et Toulouse II; Daniel Salvatore Schiffer, philosophe, professeur de philosophie de l’art à l’École Supérieure de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège, porte-parole francophone du Comité International contre la Peine de Mort; Danielle Simonnet, conseillère de Paris, coordinatrice du Parti de Gauche; Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue, directeur de recherche au CNRS; Patrick Tort, directeur de l’Institut Charles Darwin International; Yves Vargas, Philosophe. Jean-Marie Brohm professeur émérite de sociologie à l’Université Montpellier III , Fabien Ollier directeur de publication de la revue 'Quel Sport ?'

samedi 16 mai 2015

Ignare et intolérant, Manuel Valls n'hésite pas à se colleter avec des intellectuels

Le ton monte entre le colérique de Matignon (bac + ?) et l'historien Emmanuel Todd 

Invité à la télévision et à la radio vendredi matin, l'intellectuel n'a pas hésité à accuser le Premier ministre de pétainisme. 
"Le jour anniversaire de la capitulation des forces nazi[e]s", observe Julien Lenglet sur France Info, qui s'abstient de citer l'essai polémique du penseur radical, "Qui est Charlie ", lequel a le mérite d'avancer des arguments, si contestables soient-ils.

Il y avait déjà eu un échange musclé avec Michel Onfray, rappelle le journaliste [qui n'a pas gardé en mémoire les attaques dont Eric Zemmour a été l'objet et que la presse politique a tenté de lyncher (cf. notamment i-télé, groupe Canal+]. Pas franchement de droite [même carrément marqué à l'extrême gauche, si on adopte des jugements sur les arguments de l'adversaire en fonction de son  étiquette], le philosophe  avait traité de "crétin" le Premier ministre après que ce dernier l'avait accusé de perdre les repères. Cette fois c'est encore avec un intellectuel de gauche que Manuel Valls croise le fer. 

Dans la ligne de mire du Premier Ministre le dernier livre d'Emmanuel Todd dans lequel l'historien [sociologue et démographe] estime que les manifestations du 11 janvier après les attentats [par des djihadistes français: il semble que le mot d'ordre soit d'occulter ce détail] à Paris étaient le fait d'une oligarchie de masse.
C'est la France blanche des catégories supérieures qui est descendue dans la rue ce jour-là [décrypte E. Todd]. Des manifestations islamophobes et égoïstes sous l'influence de courants de pensées autrefois catholiques et devenus laïcs [prétend l'ex-communiste honteux]. "Un catholicisme zombie" écrit-il. 

Des propos ["insupportables"??] qui ont poussé Manuel Valls à répondre à Emmanuel Todd dans une tribune publiée dans... Le Monde daté de jeudi. Tribune dans laquelle le premier ministre s'en prend [à ce qu'il appelle] les impostures de l'auteur, dénonce son pessimisme et celui de certains intellectuels [déclaration floue mais discriminatoire].  Des propos conclus ["conclut", en français] le Premier ministre qui participent d'un cynisme ambiant, d'un renoncement en règle et d'un abandon en rase campagne de la part d'intellectuels qui ne croient plus en la France.

Le Premier ministre en tout cas a réagi publiquement vendredi matin

[L'irascible locataire de Matignon mobilise la presse à son côté]
En marge des commémorations du 8 mai et de la descente des Champs-Elysées qui a suivi, Manuel Valls a brièvement répondu aux journalistes et justifié la parution d'une tribune dans Le Monde. [Julien Langlet, courroie de transmission sur France Info, s'exécute] 
Il a aussi répondu à Emmanuel Todd qui l'accuse de ne pas avoir lu son livre :
"Mais j'ai lu le livre, c'est pour ça que je me suis exprimé hier, [a-t-il assuré], c'était une manière de lui répondre. [...] Je suis lucide sur les difficultés du pays" [à la différence de Fleur Pellerin, sa ministre de la Culture socialo-bobo qui court les soirées mondaines mais ne trouve pas le temps de lire le prix Nobel français de littéraire]
Une affirmation qui n'apporte rien, puisqu'elle ne démontre rien, sinon qu'elle apporte une preuve de plus que Valls, en permanence dressé sur ses ergots, réplique à la moindre critique qui lui est adressée. 

Le 11 janvier est un sujet sensible pour l'executif

Valls veut la bagarre ?
A-t-il d'autre choix face à son fiasco ?
Toute remise en cause [de la signification profonde et réelle] du 11 janvier fait bondir l'exécutif. Le Premier ministre, comme le président de la République, pour qui ce moment est un tournant [que l'Elysée instrumentalise à des fins personnelles]. C'est un tournant pour François Hollande qui lors de ces événements a acquis sa légitimité de chef de l'Etat [remarque insensée de journaliste à la botte, puisque l'élu avait acquis cette légitimité de droit du seul fait de l'élection présidentielle]. Sans cesse remise en cause par l'opposition depuis sa prise de fonction [alors que ce sont ses décisions - sans concertation, destructrices et accablantes - qui sont contestées, non pas son occupation à titre gracieux du Palais de l'Elysée]. Ce fut aussi l'occasion pour l'exécutif d'essayer de donner une nouvelle impulsion, un nouvel élan, un nouveau souffle au quinquennat (rythme ternaire, scolaire et flagorneur], en tentant de faire durer le désormais fameux [??] "esprit du 11 janvier". [Lequel ne dure pas même au sein de Charlie hebdo dont la direction renonce (lien PaSiDuPES: Luz se retire de Mahometet censure (lien PaSiDuPES: exemple de sa collaboratrice, Zineb el-Rhazoui) ] 

L'imposture de la communion nationale du 11 janvier, dit Emmanuel Todd, c'est la France des classes moyennes supérieures qui était dans la rue, pas celle du monde populaire des jeunes de banlieues et des ouvriers de province [analyse marxiste]. L'unanimisme politique et médiatique lui a fait l'effet d'un flash totalitaire, écrit-il encore. Selon Emmanuel Todd, si vous faites partie des quatre millions de Français qui sont descendus dans la rue pour participer à un deuil national et dénoncer la liberté assasinée ["assassinée", en français] ou même pire encore applaudir des policiers, sachez qu'en réalité vous êtes donc descendus dans la rue pour de mauvaises raisons, pétris de mauvaises intentions et qu'il est honteux pour un intellectuel de voir un Premier ministre lui porter la contradiction [estime le journaliste "indépendant" du service public qui ne fait pas la différence entre débat argumenté et jugement moral, voire condamnation sans attendus], un intellectuel de gauche qui a reçu aujourd'hui le soutien politique du vice-président du Front national [en riposte à la tribune de Valls-la-Terreur qualifiée de "ridicule, inconvenante et déplacée" par ce vice-président qui irrite et Valls et Langlet]. [A cours d'arguments, la gauche socialiste agite ainsi le chiffon rouge multi-fonction du FN aussi bien contre l'UMP et contre les nouveaux "frondeurs" de la gauche. Ici, les nombreux militants politiques et syndicaux qui ont déserté l'extrême gauche pour le FN sont vilipendés avec l'ex-communiste nostalgique Emmanuel Todd].

Florian Philippot [un ex-chevènementiste] a pris la défense d'Emmanuel Todd en parlant des attaques frontales de Manuel Valls à l'égard d'intellectuels [Pour ne pas rester dans le flou du petit censeur Langlet, Philippot estime que les "propos du Premier ministre contre Emmanuel Todd s'inscrivent dans une offensive générale contre la liberté d'expression"]. Valls les a jugés inquitéants [probablement "inquiétants"], loin des valeurs de la République et de la liberté d'expression [rythme ternaire]. La liberté d'expression pour tous en fait sauf pour l'homme de Matignon. [comme chacun peut en faire le constat, la liberté d'expression de Valls et Hollande est gravement menacée..] 

[France Info s'invite dans la polémique au côté du pouvoir socialiste
Cette chaîne d'info en continu du service public n'a sans doute pas les moyens budgétaires et en personnels de compter les points marqués par les adversaires, car il ne cite pas le camp opposé, comme l'enseignent probablement les écoles de journalisme dont la ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur va devoir réformer la déontologie, dans le sens de plus d'objectivité apparente et moins d'impartialité réelle, comme au collège où elle préconise plus de contes et légendes grecques et romaines, mais moins de langue grecque ou latine et donc moins de structuration mentale et de maîtrise du français.

Selon Philippot, "en s'immisçant ainsi dans des débats entre intellectuels, Manuel Valls jette une chape de plomb sur le débat public et lance des fatwas aussi dangereuses qu'injustifiées". "Ces propos du Premier ministre contre Emmanuel Todd s'inscrivent dans une offensive générale contre la liberté d'expression, que la dernière Loi Renseignement, votée mardi 5 mai, a contribué à affaiblir encore un peu plus", souligne-t-il.