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mercredi 4 juin 2008

Réforme de l'éducation : les propositions du Président

Sarkozy : la formation des maîtres, le bac et le lycée
Nicolas Sarkozy a annoncé lundi de nouvelles modalités pour le baccalauréat général et professionnel devant les cadres de l'éducation nationale et évoquer la formation des maîtres sur laquelle des propositions seront faites "avant l'été".
A l'occasion du bicentenaire du décret napoléonien du 17 mars 1808 organisant le système éducatif, le Président Sarkozy recevait lundi après-midi "l'ensemble des cadres dirigeants de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur", recteurs et inspecteurs d'académie, inspecteurs généraux ou présidents d'université.
Cette volonté de dialogue s’est manifestée dans le déplacement du Président de la République sur le terrain. Il a recherché le contact avec les responsables professionnels et administratifs et non plus seulement syndicaux, alors que les différents secteurs de l'éducation se mobilisent sans discontinuer contre les réformes gouvernementales de modernisation.

Le Président évoqua "les perspectives de sa politique éducative pour les années à venir".
Il a notamment abordé la question de la formation des enseignants, sur laquelle "des propositions" sont annoncées pour "avant l'été". Le président a ainsi confirmé l'allongement de la formation des enseignants au niveau master (bac+5), au lieu de bac+3 (licence), mais bac +4 ou 5 dans le second cycle, avec le CAPES ou l’agrégation.

Fin programmée des IUFM
La "masterisation" de la formation des professeurs devrait "entraîner, à terme, la disparition des IUFM" (Instituts universitaires de formation des maîtres). Qui regrettera ces instituts, hormis son père, le fossoyeur de l’EN, Philippe Meirieu, gourou de la gauche.
En 2006, Meirieu renonça à postuler à un nouveau mandat à la direction de l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Lyon. Bon vent ! Il est en effet l’instigateur de la plupart des réformes pédagogiques fumeuses de la gauche (de l’instauration bienvenue des modules au lycée jusqu’à la création des
IUFM au début des années 1990). Avec lui, l’école n’a pas seulement dû ‘instruire’, mais ‘éduquer’. L'enseignant a sournoisement été investi de la mission naturelle abandonnée par les parents: ils sont tous devenus éducateurs chargés de transmettre des normes sociales pour favoriser l'insertion de l'enfant dans la société. Mais les éducateurs ont aussi dû lui apprendre à penser par lui-même et à examiner de manière critique les règles sociales existantes. L'éducation à la liberté n’a pas manqué de se muer en formatage idéologique à la contestation par la FSU.
L’acquisition de savoirs ne fut plus une priorité. L’éducateur était censé s’effacer, se mettre à l’écoute de l’ « apprenant » et de prendre en compte ses centres d'intérêt, fût-ce au détriment des programmes. Ainsi, l’éducateur a-t-il enfermé l’apprenant dans ses centres d’intérêt au risque de ne pas l’ouvrir à de nouveaux objets de connaissance, à de nouvelles pratiques culturelles et à de nouveaux savoirs.
L’apprenant était au centre de la pédagogie, mais maître de son apprentissage, ludique et convivial, mais lacunaire. Philippe Meirieu rendait l’enfant ou l’ado seul juge : « L'intérêt de l'élève est-ce qui l'intéresse ou plutôt ce qui est dans son intérêt? Car de toute évidence, ce qui l'intéresse n'est pas toujours dans son intérêt et ce qui est dans son intérêt ne l'intéresse pas vraiment » Profondeur des sciences de l'éducation...
La caricature est venue au secours des postulats de Meirieu, qui clamait non sans démagogie, que l'éducation ne peut être assimilée au dressage !
Les élèves ont eu vite fait de dresser leurs éducateurs !

Or, si l'apprentissage est du ressort de l'élève, « l'enseignant doit donc donner au sujet la possibilité d'exprimer ses propres projets individuels et collectifs »
Paradoxalement, ce penseur admet toutefois que chaque élève est différent et qu'une classe est donc hétérogène. Face à 30 excités aux centres d’intérêts modestes et limités, les éducateurs y ont laissé leurs convictions et leur santé. Sans contreparties de considération ni de salaires.


La rémunération des professeurs en début de carrière fut revalorisée, aussi pour endiguer la fuite des vocations, mais les échelons moyens et supérieurs n’ont pas progressé en rapport. Motivant ?

La revalorisation indiciaire est cette fois destinée à tous, "à partir de 2012", dans le respect de la promesse du président: que la moitié des gains réalisés par le non-remplacement des fonctionnaires du secteur partant à la retraite retourne aux enseignants. Sans attendre, l’indemnité misérable de correction des copies de bac est dès à présent réévaluée et multipliée par plus de 4. Travailler autant pour gagner plus…

La réforme des études au lycée
Elle sera mise en place dans les classes de seconde dès la rentrée 2009, et le "baccalauréat nouvelle formule" qui en découlera trois ans plus tard, "en 2012".
"Le baccalauréat prépare mal à l'enseignement supérieur. Nous n'avons pas assez de jeunes diplômés du supérieur en France, la série S est trop recherchée, les volumes horaires sont très importants, jusqu'à 36 heures par semaine. Il faut aller vers un lycée plus diversifié où les élèves se préparent davantage à l'enseignement supérieur", explique la présidence.
Changement de formule également pour le baccalauréat professionnel: dès septembre 2009, les élèves passeront ce type de bac "sur trois ans", au lieu de deux. Cette "revalorisation répond à un besoin de notre économie, car nous n'avons pas suffisamment de techniciens spécialisés".


L’échec scolaire
L’objectif du Président Sarkozy et de son gouvernement est de "diviser par trois - et même davantage - l'échec scolaire d'ici 2012".
Plusieurs mesures sont annoncées dans le primaire pour y parvenir: réorganisation du temps scolaire, meilleure évaluation (l'une en CE1, l'autre en CM2), création de nouveaux programmes "plus simples, plus clairs, plus lisibles".
Dans les collèges, l'accompagnement éducatif (études dirigées après 16H00) devra être généralisé.
"L'éducation est une priorité absolue pour le président de la République". Au-delà des intentions passées, l'Elysée, le gouvernement agira désormais "pour une démocratisation réelle de notre école", alors que "15% des élèves sortent du primaire avec des lacunes qu'ils ne rattraperont jamais" et que seuls "40% des enfants d'ouvriers accèdent à l'enseignement supérieur, contre 80% pour les enfants de cadres supérieurs".

L'éducation sera également le thème d'un déplacement du président Sarkozy, jeudi, en province.