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lundi 3 février 2020

Apprentissage: une menteuse au ministère du Travail, accusent les Régions

Plusieurs Régions révèlent "les mensonges" de Muriel Pénicaud

Elles accusent la ministre de Macron de s'approprier les bons résultats sur l'apprentissage obtenus grâce à leur action
 
"La croissance à deux chiffres dont se prévaut à longueur d'interviews Mme Pénicaud, ce sont les régions qui en sont à l'origine !", écrit Régions de France dans un communiqué, mardi. "Les régions ont financé l'apprentissage à hauteur de 9 milliards d'euros sur les cinq dernières années, dont près d'un milliard d'investissement", précise l'association qui regroupe l'ensemble des régions françaises.

Depuis deux ans, un bras de fer oppose les régions, qui souhaitaient garder leur compétence en matière d'apprentissage des jeunes, au gouvernement qui l'a confiée aux branches professionnelles par une loi passée en plein mois d'août 2018. 

Elle "ment sur la 'forte hausse' des formations de niveau CAP et bac pros, grâce à sa réforme", dénonce Régions de France

Résultat de recherche d'images pour "pénicaud""Interrogée lundi sur le bilan de l'année 2019, la ministre s'est réjouie que "tous les réseaux concernés voient leur nombre d'apprentis exploser". Or, Régions de France  affirme que le nouveau dispositif "favorise plutôt l'apprentissage dans l'enseignement supérieur dont le financement devient plus attractif".

"Les '554 intentions de création d'un CFA', dont se prévaut Mme Pénicaud se heurteront à la réalité du terrain, avec des fermetures ou des restructurations de très nombreux CFA" (Centres de formation des apprentis), notamment en zone rurale, assène encore Régions de France. 
L'association affirme enfin que l'attitude de la ministre "plombe la confiance entre les régions et le gouvernement", au moment où s'engage la concertation entre l'Etat et les collectivités sur le projet de décentralisation.

samedi 10 février 2018

Réforme de l'apprentissage pour combattre le chômage

C'est le prochain chantier social du quinquennat Macron, avec ceux de la formation professionnelle et de l'assurance chômage

"Le système actuel s'embourbe parce qu'il souffre d' "une trop grande complexité propre à notre pays"

Résultat de recherche d'images pour "Réforme de l'apprentissage"Le premier ministre, Edouard Philippe, a été critique de la politique socialiste. "L’ambition, c’est (...) de transformer le dispositif actuel d’organisation et de fonctionnement de l’apprentissage pour en faire un élément clé, la meilleure des solutions peut-être pour lutter contre le chômage des plus jeunes." Ce taux est d‘environ 22%.

Pour cela, Philippe souhaite engager une "révolution copernicienne", avec la volonté de mettre les entreprises au coeur du dispositif de financement et de gestion.
On passerait d‘une logique dite administrée dans laquelle les centres de formation d‘apprentis (CFA) se finançaient en grande partie auprès des régions à une logique dite de marché.

Le financement se fera ainsi au nombre de contrats signés. Les branches professionnelles détermineront le “coût contrat” de chaque diplôme ou titre professionnel. Les partenaires sociaux "co-écriront" les diplômes professionnels pour lesquels l'Etat devra mettre en place les contrats, pour correspondre davantage aux besoins en compétences des entreprises.

Les régions perdent donc la main sur les 51% de la taxe d'apprentissage qui leur étaient reversés pour financer le secteur et correspondent à 1,6 milliards d‘euros.
Leur capacité de subvention auprès des CFA sera réduite à 250 millions d’euros par an pour tenir compte des spécificités de l‘aménagement du territoire, et les régions resteront maîtresses d'une dotation de 180 millions par an pour investir dans la création de nouveaux CFA ou procéder à des rénovations importantes.

Les réactions sont diverses, en fonction du déplacement des lignes

Ce n'est pas assez, estiment les Régions de France
La présentation, vendredi, de la réforme de l‘apprentissage déclenche la colère des régions. "Le compte n’y est pas pour répondre sur tous les territoires aux besoins et au maintien du développement de l’apprentissage", écrivent-elles dans un communiqué.
Elle s‘interrogent notamment sur la question de l'orientation, une compétence jusqu‘alors réservée à l'Education nationale. Le gouvernement a donné aux régions le mandat d‘organiser avec le monde professionnel des journées annuelles d’information sur les métiers et les filières professionnelles dans tous les collèges et lycées.
Il faut que l'Etat leur donne une "autorité fonctionnelle," avec des moyens, insiste le président délégué de l'Association des Régions de France, François Bonneau. Dans le cas contraire, elles se retireraient de la réforme, écrivent-elles.

Le MEDEF et les Chambres de métiers et de l'artisanat parlent d‘une réforme "ambitieuse". "Les branches et les entreprises sont placées au coeur du système, le cadre juridique de l‘apprentissage est simplifié, les démarches d‘apprentissage sont assouplies", estime le Medef dans un communiqué.

Pour le président de l'U2P (artisans), Alain Griset, "cette réforme a encore besoin d’être musclée, notamment pour garantir le maintien des crédits dédiés aux formations aux métiers de l’artisanat”.


La CFDT, FO et la CFE-CGC estiment que des freins ont été levés pour les apprentis. La CFDT renvoie maintenant à la responsabilité du patronat. "Cette réforme réussira si les entreprises développent le nombre de contrats proposés aux jeunes", a-t-elle déclaré dans un communiqué, précisant qu‘elle les "rappellera sans cesse à ces obligations".

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière (FO) a tout de même jugé "insuffisantes" les aides dont bénéficieront les apprentis.
Nicolas Doze (BFMV), le 9 février 2018
Des aides allouées aux apprentis

Les jeunes de 16 à 20 ans verront leur rémunération augmenter de 30 euros par mois. Tous ceux de plus de 18 ans bénéficieront d'une aide de 500 euros pour passer leur permis de conduire. Les plus de 26 ans toucheront au minimum le SMIC.

Le gouvernement a souhaité lever certains freins à l‘apprentissage. Cette formation sera dorénavant ouverte aux jeunes jusqu’à 30, et non plus 26 ans. Elle sera accessible tout au long de l'année et non plus seulement pendant les quatre derniers mois de l‘année, selon le cycle scolaire.

Les aides à l’embauche seront unifiées et ciblées sur les TPE et PME et les niveaux bac et ..."pré-bac" (?). Ces aides, supérieures à 6.000 euros pour deux ans, seront payées par l’Etat [qui est l'Etat ?] et distribuées par les régions, qui pourront les compléter, si elles le souhaitent.

Point sensible avec certains syndicats, le passage obligatoire et préalable devant les prud’hommes pour rompre le contrat d’apprentissage après 45 jours sera supprimé.

Une certification de maître d’apprentissage sera créée. Elle sera accessible par la formation professionnelle ou la reconnaissance des acquis de l’expérience.

Une taxe unique sur l'alternance devrait être mise en place, au lieu de deux aujourd'hui (la taxe d'apprentissage qui correspond à 0,68% de la masse salariale et une part de la cotisation pour la formation professionnelle).
Elle devrait être revalorisée à 0,85%, selon les régions. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, n‘a pas souhaité confirmer cette information, indiquant que des négociations sont en cours entre les partenaires sociaux sur le sujet.

La CGT a "décliné l'invitation" vendredi à Matignon

Le syndicat dénonce une "opération de communication gouvernementale" qui "percute de plein fouet la liberté de négocier", puisque "le Premier ministre compte, par une conférence de presse, rendre des arbitrages, alors que l'avenir de l'apprentissage est à l'ordre du jour de la négociation". 
"La CGT est une organisation syndicale responsable et ne veut pas servir d'alibi pour que le gouvernement s'appuie sur un consensus qui n'existe pas à l'issue de la concertation apprentissage", explique la centrale dans son communiqué.
Nicolas Doze (BFMV), le 10 février 2018
Des aides allouées aux apprentis

La CGT n'exclut pas de boycotter les annonces. 
"Cela pose un problème majeur de convoquer tout le monde un jour de négociation interpro pour donner les orientations gouvernementales sur une partie de la négociation qui n'est pas encore négociée", a protesté Catherine Perret (CGT) en sortant d'une séance sur la formation, au siège du MEDEF. 
La CGT juge que "si le gouvernement voulait faire pression pour appuyer les régressions patronales, il ne s'y prendrait pas autrement". La concertation sur la réforme de l'apprentissage a été houleuse en raison d'un bras de fer entre le MEDEF et les régions, révèle la centrale. Cela a rejailli sur la négociation sur la réforme de la formation professionnelle, dont deux séances ont été suspendues par le MEDEF.

jeudi 12 octobre 2017

Macron ouvre le chantier formation apprentissage et assurance-chômage

Syndicats et patronat à l’Elysée pour débattre de formation et d'assurance-chômage

Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux, syndicats patronaux et ouvriers pour aborder la suite des réformes sociales

Résultat de recherche d'images pour "Le président français Emmanuel Macron au marché de Rungis, dans la banlieue de Paris, le 11 octobre 2017© POOL/AFP Francois Mori"
Formation professionnelle, apprentissage et assurance-chômage sont à l'ordre du jour, dans un climat social alourdi par les premiers choix du quinquennat.
Plus de quatre mois après les premières rencontres sur les ordonnances réformant le droit du travail, l'exécutif reprend la même méthode: le président ouvre la concertation, jeudi et vendredi, en accordant une heure à chaque syndicat
Jeudi, Jean-Claude Mailly débutera la journée à 09h00 et sera suivi par Philippe Martinez (CGT) à 10h00, François Hommeril (CFE-CGC) à 11h00, Alain Griset (U2P) à midi, Pierre Gattaz (Medef) à 15h00, Philippe Louis (CFTC) à 16h00 et François Asselin (CPME) à 17h00. Laurent Berger (CFDT), indisponible jeudi, sera reçu vendredi à 09h00.
Macron passera ensuite le relais à Matignon et à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avec pour objectif un projet de loi  en avril

Les "trois chantiers" sont "liés et "contribuent à protéger chacun", a estimé
M.
 Pénicaud,  mercredi sur BFMTV, malgré un climat social dégradé depuis l'été, avec la colère des policiers, la mobilisation des agriculteurs, des blocages routiers, un défilé de 2.000 retraités maltraités et le mécontentement des fonctionnaires qui ont défilé mardi, alors que la discussion budgétaire qui s'annonce animée à l'Assemblée et que la CGT a appelé à manifester une troisième fois le 19 octobre pour le retrait des ordonnances.

Publiées fin septembre, les ordonnances sont déjà entrées en vigueur, ce qui ne constitue pas un obstacle à leur retraitau vu d'un précédent notable, la loi instituant le contrat première embauche (CPE) adoptée par le Parlement le 31 mars 2006 qui avait entraîné trois mois de fronde étudiante avec le soutien par des partis et syndicats de gauche, bien que promulguée ne fut pas appliquée.

Macron joue la division

"On est tous d'accord pour dire qu'il y a de l'inquiétude sur ce qui va être fait en termes de formation professionnelle et d'assurance chômage, qu'il y a beaucoup d'incertitudes", a affirmé Véronique Descacq (CFDT) à l'issue d'une intersyndicale lundi. 

"On se demande ce qu'il y a de positif pour les salariés", résume le chef de file de FO, Jean-Claude Mailly, dans un entretien avec Paris-Match, voyant "davantage de signes négatifs", comme la "suppression de l'ISF".

Les syndicats peinent néanmoins à se mettre d'accord sur une riposte. 
Ils ont d'ailleurs prévu de tous se revoir le 24 octobre, après avoir rencontré l'exécutif sur ces nouveaux chantiers.

L'assurance chômage pour tous : attrape-nigauds ?

La réforme de l'assurance chômage risque de cristalliser la lutte sociale.
Il est prévu d'étendre le système aux indépendants et aux démissionnaires. "L'objectif, c'est d'ouvrir l'assurance chômage à tous et c'est aussi qu'elle puisse se réformer pour lutter contre la précarité", raconte Pénicaud. Car "les contrats précaires", c'est "ce qui coûte le plus cher à l'assurance chômage". Des sanctions sont prévues sous forme de "bonus-malus" à l'encontre des entreprises qui abuseraient des contrats courts. 

Pénicaud a par ailleurs qualifié de "fantaisiste", mercredi, le coût des nouvelles indemnisations chiffré à 14 milliards d'euros par la presse, tandis que les syndicats, eux, craignent que ces nouveaux droits n'entraînent une baisse des allocations. 

Le financement et la gouvernance est un autre sujet de friction. 
Le régime ne serait plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l'impôt (CSG), et il passerait d'une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec un pilotage de l'Etat.

Les Français consacreront 15 milliards à la formation professionnelle

Le gouvernement a déjà promis de consacrer la somme sur cinq ans dans le cadre du grand plan d'investissement, dans le but de former un million de chômeurs de longue durée et un million de "décrocheurs". 
Ce gouvernement veut à son tour tenter de simplifier un secteur difficilement lisible où se côtoie une multitude d'acteurs intéressés à l'enveloppe budgétaire, au premier rang desquels, les syndicats.

Le pouvoir compte ainsi réformer le CPF, compte personnel de formation. 
Dans un rapport publié mercredi soir, l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) juge que ce dispositif relatif à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale mis en place en 2015 "reste en-deçà des ambitions initiales" et ce "malgré un volontarisme incontestable dans son déploiement". L'argent n'aurait-il pas été dépensé au mieux des intérêts des personnes vulnérables concernées: les salariés du secteur privé et du secteur agricole, dès 16 ans, et les personnes en recherche d'emploi (demandeurs d'emploi inscrits ou non à Pôle emploi) ou en Contrat de sécurisation professionnelle.
"Clé de voûte" de la réforme de 2015, la gestion du CPF était confiée à la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance rendant compte au Parlement et dirigée par une personnalité nommée pour cinq ans par décret du président de la République, actuellement Pierre-René Lemas, ex-secrétaire général de la présidence de la République (2012-2014).
"Ce que je souhaite faire, c'est que chaque Français, chaque salarié, puisse avoir sur une 'appli', facile d'accès à tous, à ses droits à la formation, combien d'heures, ça coûte combien (...), quel est le taux d'insertion dans l'emploi après", annonce la ministre. 

La réforme de l'apprentissage se fera, comme celle de la formation, en concertation avec les régions et devra rendre plus attractif ce dispositif.


jeudi 31 août 2017

Le PDG de Veolia a une certaine idée de l'apprentissage : Trierweiler s'en mêle

Le PDG de Veolia juge ses enfants trop "brillants" pour l'apprentissage 

Il était venu défendre l'apprentissage, mais ses propos ont été ...contreproductifs 

Résultat de recherche d'images pour "lea salamé france inter"Après être tombé dans le piège tendu par une journaliste, fille d'un ancien ministre libanais de la Culture et professeur à Sciences Po Paris, Léa Salamé, le PDG de Veolia, Antoine Frérot a déclenché la critique mercredi 30 août en déclarant que ses enfants ne sont pas devenus apprentis, car ils sont "brillants". Un patron peu averti qui a besoin d'un apprentissage aux méthodes de la presse...

"Est-ce que vous avez poussé l'un de vos enfants à être apprenti ?"
, a demandé la journaliste de France Inter au président du groupe de gestion de l'eau."Non, je ne l'ai pas fait parce que... Étant brillants à l'école... Et l'un voulant être médecin..." a répondu, visiblement gêné aux entournures, Antoine Frérot. "L'autre... Peut-être ma dernière le sera, d'ailleurs, apprentie, mais en études supérieures. Donc le problème ne s'est pas posé", a-t-il poursuivi. 

Thomas Snegaroff s'est-il surestimé en boudant la plomberie ?
Lire le tweet de ce professeur d'histoire des Etats-Unis dans le ...privé, Intégrale, un institut de préparation aux examens et concours aux grandes écoles de commerce à Paris, dans le ...VIIIe arrondissement. Sont passés par là Delphine Arnault, fille du fondateur et dirigeant de LVMH, Imad Lahoud ou Thomas Fabius.

La participation de Snegaroff à la polémique relève donc de l'indécence ordinaire, commune aux bobos parisiens, de la gauche bien-pensante. A notre, pour compléter le tableau, qu'il est en tandem sur ...BFMTV avec François Durpaire, un fils d'inspecteur général de l'Éducation nationale (documentation) et donc enseignant par les voies de l'ADN et des  relations, mais en histoire partisane dans toute sa splendeur subjective et militante. 
Durpaire a un problème personnel,
notamment avec le métissage
Sur sa page Twitter, Snegaroff écrit : "Et sinon Trump m'occupe beaucoup." Histoire et journalisme, même débandade militante. L'un et l'autre "historien" sont idolâtres du Démocrate Barack Hussein Obama et l'exécration du Républicain Donald Trump. Lequel hante pareillement les jours et les nuits de Jean-Bernard Cadier, journaliste également sur BFMTV.

La spontanéité du patron de Veolia n'efface pas sa suffisance

Frérot pose pourtant le problème, pardon, la 'problématique' des capacités (antithétiques ?) à l'abstraction ou au concret, 
Le PDG de Veolia juge ses enfants trop
une guerre de cent ans opposant les défenseurs de l'épanouissement de l'individu, dans les métiers de l'artisanat, aux tenants de l'élitisme pour tous et du burn-out, lesquels participent à la mauvaise réputation de l'apprentissage, selon des journalistes aux mains blanches qui ont choisi la cravate et l'abattement fiscal de 7.650 euros contre le travail manuel et les ongles noirs, ainsi que des internautes plus désintéressés et vrais

Valérie Trierweiler, ex-première dame répudiée, a été piquée au vif. 
Se défendant probablement d'avoir encore raté quelque chose, un sentiment confus répandu dans les milieux intellos, la journaliste  a vivement réagi en évoquant le cas de son propre fils "apprenti et brillant", selon elle. Les mamans sentent ces choses, mais oublient parfois par quelles voies favorables leur progéniture accède à une formation dont elle n'aurait peut-être pas bénéficié sans un entregent politique.
Antoine Frérot aurait pu être le père de Jérémy Frérot, chanteur du groupe Fréro Delavega, mais nul n'étant parfait à droite, Antoine Frérot est père de petites lumières, en même temps que PDG de Veolia Environnement, polytechnicien et docteur de l'École nationale des ponts et chaussées, et ça défrise Valoche, mais qu'elle le veuille ou non, il en faut aussi.

La maladresse d'Antoine Frérot a cependant eu le mérite de mettre sur la table le sujet (il n'y a plus ni problèmes, ni problématiques, seulement des 'sujets') de la mauvaise réputation de la filière. "L'apprentissage a mauvaise presse dans notre pays; il est considéré comme une voie de garage", a-t-il dit, alors qu'il l'assure : "pour tous les types de population, je peux témoigner que l'apprentissage, ça marche." 
La lutte des classes n'aura pas lieu.

lundi 11 avril 2016

Par peur, Hollande et Valls se font racketter par les organisations de jeunes

Les syndicats d’étudiants et de lycéens se félicitent des  concessions de Valls, mais restent mobilisés

Aide à la recherche d’emploi, bourses, couverture santé, logement
, etc...,  par peur de la rue
Les jeunes pavoisent dans une atmosphère de plomb
Manuel Valls a cédé une série de mesures aux organisations de lycéens et d’étudiants pour sécuriser l’entrée des jeunes sur le marché du travail. Réunies à l’hôtel Matignon lundi 11 avril en fin de matinée, elles se sont félicitées des "avancées" du gouvernement qui a reculé sur le front de leur premier emploi. Mais les syndicats d’étudiants et de lycéens ne lâchent rien et affichent toujours leur opposition à la réforme du code du travail.   

Ces concessions seront intégrées au projet de loi égalité et citoyenneté, présenté mercredi, ou feront l’objet d’un amendement au projet de réforme du code du travail. Matignon chiffre à entre 400 et 500 millions d’euros par an le coût de ces mesures, qui n’ont pas pour objectif d’ "éteindre une contestation", mais de "répondre à des inquiétudes profondes qui nécessitent une réponse dans la durée", a assuré le premier ministre, ex-homme fort devenu "petit zizi", selon les agriculteurs. Et "il ne s’agit pas de modifier ou de faire évoluer la loi travail", actuellement dans sa phase parlementaire, nie le pouvoir.

Le président de l’UNEF affiche sa satisfaction 

Les organisations de lycéens et d’étudiants, dont plusieurs font partie de l’
intersyndicale contre le projet Valls de loi Travail depuis plus d’un mois – l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), l’Union nationale lycéenne (UNL), le Syndicat général des lycéens (SGL) et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) – ont en effet salué les annonces de Valls.  

"Nous avons franchi un cap important"
, pavoise William Martinet à l'issue du rendez-vous à Matignon. "Parce que les jeunes se sont mobilisés et ont relevé la tête, ils ont réussi à obtenir des mesures fortes pour leur insertion professionnelle et leurs conditions de vie. Nous avons franchi un cap important, nous avons réussi à obtenir satisfaction sur des revendications."

Les jeunes entendent profiter de leur avantage
Pour autant, "tout ça ne lève pas tous les désaccords, notamment sur la loi travail", a poursuivi William Martinet, "c’est pour ça que l’UNEF reste solidaire de l’intersyndicale" et de son appel à manifester le 28 avril.

Même son de cloche du côté de la FIDL. "Il y a clairement des mesures positives pour la jeunesse, notamment pour les apprentis et les lycées professionnels", s'est enthousiasmée Zoïa Guschlbauer, présidente de la FIDL, qui appelle les étudiants à rester mobilisés, notamment pour le mouvement du 28 avril.

Une position partagée par les syndicats d’étudiants. "Ça va dans le bon sens", a approuvé l’UNL. Les organisations de lycéens ont aussi confirmé leur participation, avec des syndicats de travailleurs, à cette nouvelle journée de mobilisation pour obtenir le retrait de la réforme du code du travail.

Les jeunes font leur malheur

Valls, avaleur de couleuvres
Surtaxation des CDD
Le gouvernement amendera le projet de réforme du code travail pour rendre obligatoire la surtaxation des CDD, lesquels concernent 87 % des premières embauches, afin de favoriser les embauches en CDI. A moins qu'elle ne bloque toute embauche... Cela passera par la "modulation" des contributions patronales à l’assurance-chômage, dont les partenaires sociaux sont invités à définir les conditions.

Cette escalade des aides et des allocations a un coût. 
Outre la garantie jeunes pour les 16-25 ans peu ou pas diplômés, une aide à la recherche du premier emploi sera créée dès la rentrée 2016 pour les seuls diplômés "d’origine modeste", du certificat d’aptitude professionnelle (CAP) au diplôme d’ingénieur, qui entrent sur le marché du travail en situation d’inactivité. Ainsi, les boursiers bénéficieront d'un allongement de leur bourse jusqu'à quatre mois après leur diplôme. Cela représente une dépense potentielle de 130 millions d’euros par an. Pourvu que les fraudeurs fiscaux ne soient pas plus longtemps frappés de phobie administrative... 
 
D’autres mesures viendront améliorer les conditions de vie des petits bourgeois. Une garantie locative universelle sera mise en place. 
L’Etat -c'est-à-dire le contribuable- et 'Action logement' se porteront garants de tous les moins de 30 ans souhaitant louer un logement. Cela pourrait concerner 300.000 d’entre eux et coûter la bagatelle d'une centaine de millions d’euros répartis sur une moitié seulement de Français
En outre, 25.000 étudiants ne perçoivent aucune aide financière mais ont obtenu une dispense de payement des droits d’inscription à l’université, sans obligation de résultats... Ils percevront désormais 1.000 euros par an et pendant plusieurs années, sans condition d'assiduité... La mesure, destinée à aider les classes moyennes, représente 25 millions d’euros. Les bourses versées aux lycéens sur critères sociaux seront revalorisées de 10 %, pour un coût de 28 millions d’euros.

Les jeunes en rupture avec leur famille bénéficieront d’une couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Un moyen pour les familles de se désengager. La mesure, qui devrait concerner 30.000 à 50.000 jeunes, représente une dépense de 15 à 20 millions d’euros.

La rémunération des apprentis les plus jeunes, moins bien payés, sera revalorisée. Une enveloppe de 80 millions d’euros dans le budget de 2017 permettra une augmentation de 300 à 400 euros par an pour les apprentis de moins de 20 ans.
 
Enfin, un plan de création de 2.000 places en section de technicien supérieur (qui délivre le BTS) par an pendant cinq ans sera lancé à la rentrée 2016, pour un coût de 120 millions d’euros sur cinq ans. Renouvelables.

Dure journée pour la dette publique et le contribuable...

lundi 18 janvier 2016

Sur l'emploi , "on ne peut plus faire de pirouettes", prévient Lienemann

La gauche du PS cherche plus que jamais à écarter Hollande

Figure bougonne de l’aile gauche du PS,
la sénatrice de Paris défend le "plan de relance" pour l'emploi de son courant "Maintenant la gauche".
Lienemann (2e depuis la gauche), Maurel et Placé (au centre) et Guedj (debout)

Devant le quotidien Libération, elle menace  à nouveau de se porter candidate, en cas d’organisation d’une primaire à gauche.
Ce courant du PS, fondé en 2012, regroupe différents mouvements, une partie du courant Un Monde d'Avance (Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj, Marianne Louis, Marie-Noëlle Lienemann), le mouvement Utopia (Franck Pupunat), et le mouvement de Gérard Filoche, à travers le texte de la motion 3, intitulé 'Maintenant La Gauche'. Son inspiration est issu du socialisme démocratique et du fédéralisme européen. Il rassemble 13,7 % des voix et 9 membres au bureau national du PS (Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Marianne Louis, Jérôme Guedj, Gérard Filoche, Julien Dray, Anne Ferreira, Jonathan Munoz, Jean-François Thomas). 
La sénatrice de Paris juge "fumeuses" les propositions emplois de François Hollande  

Pourquoi ce 'plan de relance', lui demande Libération?

Parce que nous considérons que
les mesures proposées par François Hollande ne sont pas suffisantes. Sa politique de l’offre ne marche pas. Elle n’a pas créé de demande et nous disons depuis le début que la solution pour relancer l’économie française est de soutenir la demande intérieure. Nous proposons un plan qui nous permettrait d’atteindre 2% de croissance à la fin de l’année et donc de réussir à faire baisser le chômage.

Comment ?

En augmentant le pouvoir d’achat et les investissements. D’abord, nous proposons une hausse immédiate du salaire minimum. Les entreprises ont reçu 40 milliards d’euros d’aides depuis 2012; elles peuvent faire aujourd’hui un effort sur les bas salaires. Nous estimons qu’il est aujourd’hui indispensable d’augmenter le Smic de 10%. C’est de l’argent que les ménages les plus modestes dépensent et donc réinjectent dans l’économie. Plus le niveau de vie des ménages est bas, plus ils consomment français. 
Ensuite, nous proposons une meilleure indemnisation des demandeurs d’emploi, un allongement d’un an de leur durée d’indemnisation pour éviter qu’ils ne tombent dans la précarité et aient plus de mal à retrouver du travail. 
Nous souhaitons rendre plus facile le chômage partiel pour les petites et moyennes entreprises, revaloriser et élargir les prestations sociales, rendre la CSG plus progressive. 
Côté investissements, nous proposons de financer une prime à l’achat de logements neufs pour les ménages modestes, de doubler progressivement les aides à la pierre, d’augmenter les moyens de la recherche et de l’enseignement supérieur et d’accélérer la transition énergétique. Nous avons chiffré ce plan à 12 milliards d’euros.

Le gouvernement vous dirait que vous "rasez gratis" !

Mais nous avons aussi calculé les ressources qui nous permettraient de financer ce plan ! Si on annule la
suppression de la contribution exceptionnelle de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises et que le gouvernement revient sur la suppression de la C3S [contribution sociale de solidarité des sociétés], c’est 4 milliards d’euros de récupéré. Et si on se réfère aux calculs des économistes du FMI, 12 milliards d’euros de dépenses budgétaires en plus nous rapporteraient 9,5 milliards d’euros de recettes.

Que pensez-vous des propositions que s’apprête à faire François Hollande sur l’emploi ?

C’est assez fumeux. Sur l’apprentissage, cela fait deux ans que je dépose des amendements lors des examens de lois de finances. A chaque fois, on me les a retoqués… Le choix pour un chef d’entreprise de prendre un jeune en apprentissage est lié à sa confiance en l’avenir. Or, sans carnet de commandes plein, pas d’apprenti. Il faut à la fois mieux rémunérer l’apprenti, pour qu’il se sente motivé, et que son salaire couvre ses frais. Il faut aussi que ce soit très peu coûteux pour les petites entreprises et qu’on les accompagne dans la paperasse. 
Par ailleurs, si on veut mener une politique de long terme, il faut réorganiser les filières d’apprentissage et mettre en place des quotas pour les entreprises. Jean-Louis Borloo avait proposé que ce soit une condition pour toucher le CICE [Crédit d’impôt compétitivité emploi], ce n’est pourtant pas un gaucho !

Et sur le plan de formation pour 500 000 chômeurs ?

Où va-t-on trouver l’argent pour ça? Si c’est pour leur faire faire des stages bidons, ça ne sert à rien. Le problème des emplois non pourvus est surtout que, souvent, ce sont des CDD hypercourts qu’on leur propose!

Pour vous ce n’est pas à la hauteur pour régler le problème du chômage…

Non. Cela va surtout permettre d’
envoyer des gens en stage et - miracle ! - il y aura moins de chômeurs… Les gens ne sont pas dupes. En matière d’emploi, on ne peut plus faire de pirouettes, il faut un vrai changement d’orientation.

Que pensez-vous de l’appel lancé dans Libération pour une primaire à gauche?

Je suis très pour! Je défends cette idée-là depuis longtemps et j’ai donc signé cet appel. Nous avons besoin d’un très large rassemblement de toute la gauche avant le 1er tour de la présidentielle. François Hollande lui-même avait dit en son temps qu’il se plierait à un tel exercice et qu’il ne pourrait s’y soustraire. A moins que ce soit, encore une fois, une promesse qu’il ne tient pas. La primaire, ce n’est pas un processus de désignation conjoncturel mais bien structurel. D’autant plus que les résultats du 1er tour seront décisifs. Les appels au vote utile ne suffiront plus…

Vous seriez partante pour être candidate ?

J’ai toujours dit que si une telle primaire s’organisait, je serai candidate. Ce qui m’importe, c’est le fond, porter nos idées. Mais j’estime incarner une détermination, une expérience gouvernementale et une cohérence dans ce que je porte de très longue date au sein de la gauche. Nous devons porter la République sociale et une certaine vision de l’Europe. J’estime avoir cette légitimité.