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jeudi 12 octobre 2017

Macron ouvre le chantier formation apprentissage et assurance-chômage

Syndicats et patronat à l’Elysée pour débattre de formation et d'assurance-chômage

Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux, syndicats patronaux et ouvriers pour aborder la suite des réformes sociales

Résultat de recherche d'images pour "Le président français Emmanuel Macron au marché de Rungis, dans la banlieue de Paris, le 11 octobre 2017© POOL/AFP Francois Mori"
Formation professionnelle, apprentissage et assurance-chômage sont à l'ordre du jour, dans un climat social alourdi par les premiers choix du quinquennat.
Plus de quatre mois après les premières rencontres sur les ordonnances réformant le droit du travail, l'exécutif reprend la même méthode: le président ouvre la concertation, jeudi et vendredi, en accordant une heure à chaque syndicat. 
Jeudi, Jean-Claude Mailly débutera la journée à 09h00 et sera suivi par Philippe Martinez (CGT) à 10h00, François Hommeril (CFE-CGC) à 11h00, Alain Griset (U2P) à midi, Pierre Gattaz (Medef) à 15h00, Philippe Louis (CFTC) à 16h00 et François Asselin (CPME) à 17h00. Laurent Berger (CFDT), indisponible jeudi, sera reçu vendredi à 09h00.
Macron passera ensuite le relais à Matignon et à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avec pour objectif un projet de loi  en avril

Les "trois chantiers" sont "liés et "contribuent à protéger chacun", a estimé
M.
 Pénicaud,  mercredi sur BFMTV, malgré un climat social dégradé depuis l'été, avec la colère des policiers, la mobilisation des agriculteurs, des blocages routiers, un défilé de 2.000 retraités maltraités et le mécontentement des fonctionnaires qui ont défilé mardi, alors que la discussion budgétaire qui s'annonce animée à l'Assemblée et que la CGT a appelé à manifester une troisième fois le 19 octobre pour le retrait des ordonnances.

Publiées fin septembre, les ordonnances sont déjà entrées en vigueur, ce qui ne constitue pas un obstacle à leur retrait, au vu d'un précédent notable, la loi instituant le contrat première embauche (CPE) adoptée par le Parlement le 31 mars 2006 qui avait entraîné trois mois de fronde étudiante avec le soutien par des partis et syndicats de gauche, bien que promulguée ne fut pas appliquée.

Macron joue la division

"On est tous d'accord pour dire qu'il y a de l'inquiétude sur ce qui va être fait en termes de formation professionnelle et d'assurance chômage, qu'il y a beaucoup d'incertitudes", a affirmé Véronique Descacq (CFDT) à l'issue d'une intersyndicale lundi. 

"On se demande ce qu'il y a de positif pour les salariés", résume le chef de file de FO, Jean-Claude Mailly, dans un entretien avec Paris-Match, voyant "davantage de signes négatifs", comme la "suppression de l'ISF".

Les syndicats peinent néanmoins à se mettre d'accord sur une riposte. 
Ils ont d'ailleurs prévu de tous se revoir le 24 octobre, après avoir rencontré l'exécutif sur ces nouveaux chantiers.

L'assurance chômage pour tous : attrape-nigauds ?

La réforme de l'assurance chômage risque de cristalliser la lutte sociale.
Il est prévu d'étendre le système aux indépendants et aux démissionnaires. "L'objectif, c'est d'ouvrir l'assurance chômage à tous et c'est aussi qu'elle puisse se réformer pour lutter contre la précarité", raconte Pénicaud. Car "les contrats précaires", c'est "ce qui coûte le plus cher à l'assurance chômage". Des sanctions sont prévues sous forme de "bonus-malus" à l'encontre des entreprises qui abuseraient des contrats courts. 

Pénicaud a par ailleurs qualifié de "fantaisiste", mercredi, le coût des nouvelles indemnisations chiffré à 14 milliards d'euros par la presse, tandis que les syndicats, eux, craignent que ces nouveaux droits n'entraînent une baisse des allocations. 

Le financement et la gouvernance est un autre sujet de friction. 
Le régime ne serait plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l'impôt (CSG), et il passerait d'une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec un pilotage de l'Etat.

Les Français consacreront 15 milliards à la formation professionnelle

Le gouvernement a déjà promis de consacrer la somme sur cinq ans dans le cadre du grand plan d'investissement, dans le but de former un million de chômeurs de longue durée et un million de "décrocheurs". 
Ce gouvernement veut à son tour tenter de simplifier un secteur difficilement lisible où se côtoie une multitude d'acteurs intéressés à l'enveloppe budgétaire, au premier rang desquels, les syndicats.

Le pouvoir compte ainsi réformer le CPF, compte personnel de formation. 
Dans un rapport publié mercredi soir, l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) juge que ce dispositif relatif à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale mis en place en 2015 "reste en-deçà des ambitions initiales" et ce "malgré un volontarisme incontestable dans son déploiement". L'argent n'aurait-il pas été dépensé au mieux des intérêts des personnes vulnérables concernées: les salariés du secteur privé et du secteur agricole, dès 16 ans, et les personnes en recherche d'emploi (demandeurs d'emploi inscrits ou non à Pôle emploi) ou en Contrat de sécurisation professionnelle.
"Clé de voûte" de la réforme de 2015, la gestion du CPF était confiée à la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance rendant compte au Parlement et dirigée par une personnalité nommée pour cinq ans par décret du président de la République, actuellement Pierre-René Lemas, ex-secrétaire général de la présidence de la République (2012-2014).
"Ce que je souhaite faire, c'est que chaque Français, chaque salarié, puisse avoir sur une 'appli', facile d'accès à tous, à ses droits à la formation, combien d'heures, ça coûte combien (...), quel est le taux d'insertion dans l'emploi après", annonce la ministre. 

La réforme de l'apprentissage se fera, comme celle de la formation, en concertation avec les régions et devra rendre plus attractif ce dispositif.


vendredi 23 mai 2014

Hollande place son ancien secrétaire général de l'Elysée à la tête de la Caisse des Dépôts

Le clan Hollande noyaute l'Etat

Pierre-René Lemas entre dans le jeu de chaises musicales

Il remplace Jean-Pierre Jouyet (2012-2014), devenu lui-même secrétaire général de l'Elysée...
Le gouvernement a officiellement nommé Pierre-René Lemas au poste de directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), d'après le compte-rendu du Conseil des ministres. 
Il remplace Jean-Pierre Jouyet, feu-follet de 60 ans qui ne reste jamais plus de trois ans en place. Il a servi J. Delors et L. Jospin, mais aussi N. Sarkozy, et a fait des passages éclairs à la tête de l'AMF, de la CDC et de la BPI.

Pierre-René Lemas, 63 ans, était auparavant secrétaire général de l'Elysée depuis le début du quinquennat. Il a été remplacé par... Jean-Pierre Jouyet ! Ce chassé-croisé entre deux proches du président, François Hollande a été critiqué par l'opposition et certains syndicats de la CDC. "En quoi nommer un haut fonctionnaire parfaitement compétent serait une entorse à la République exemplaire?", s'était défendu l'entourage du président.

La promotion Voltaire de l'ENA, 1980, infiltrée partout

Au gouvernement: Michel Sapin, promu ministre des Finances bien qu'incapable de maîtriser le chômage à son précédent poste de ministre du Travail et de l'Emploi, et Marie-Ségolène Royal, ex-concubine et nouvelle ministre de l’Écologie;

A l'Elysée: 
Sylvie Hubac, directrice du cabinet du président de la République française depuis le 15 mai 2012; Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée (avril 2014-); Pierre-René Lemas, secrétaire général de l’Élysée (mai 2012-avril 2014).

Dans la haute fonction publique
D'autres hauts fonctionnaires estampillés 'Voltaire' ont suivi des parcours balisés et obtenu des postes en vue, comme Pierre-Yves Duwoye, directeur de cabinet du ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon, et l'ex-sarkozyste Dov Zerah, qui dirige l'Agence française de développement, où a aussi officié une autre 'Voltaire', Louise Avon.

Sa garde rapprochée

Pour la carte éléctorale:
Bruno Le Roux, chef des godillots du PS à l'Assemblée;
Un professeur d'économie en collège agricole (avec un BTS agricole) passé directement chargé de cours à l'Université de Nantes (avec un DEA d'économie offert par l'université de ...Nantes (1988), Stéphane Le Foll, directeur du cabinet de Hollande, premier secrétaire du PS (1997-2008), puis ministre de l'Agriculture (2012) et porte-parole;
Pour l'organisation des meetings, Kader Arif (Toulouse) et secrétaire d'Etat aux Anciens combattants: il a été maintenu à ce poste en dépit de son énorme bourde avec l'annonce prématurée de la libération des Français enlevés au Cameroun;
Sa petite plume, Olivier Faure;
Faouzi Lamdaoui, son homme à tout faire. 

Ses proches collaborateurs
L’homme-clé de la communication hollandaise, Robert Zarader faisait déjà la campagne du PS lors des difficiles législatives de 2002 avec Grégoire Biasini et Antoine Boulay. Cet économiste est un ami de Julien Dray, à leur période SOS Racisme. 
Gérard Le Gall a retrouvé une bonne part de ses anciennes prérogatives pour la partie enquête et sondages. Pour étoffer le tout, des journalistes ont été intégrés à la cellule com, tel Claude Sérillon, en partance. Enfin, c'est le battu bordelais, Vincent Feltesse, qui est à la manœuvre dans la bataille du Net,avec Ariane Vincent, l’ex-chargée de com de la LICRA et le fils du président, Thomas Hollande, beaucoup plus présent au côté de papa qu’il n'a bien voulu l'admettre.

Ses barons en région
Le plus précoce aura été le maire de Quimper Bernard Poignant, sanctionné aux municipales 2014 pour son intimité avec le président, comme conseiller "bénévole" à l'Élysée. 
Le plus constant est peut-être le franc-maçon François Rebsamen, un partisan du cumul des mandats réduit au silence avec un porte-feuille de ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social en avril 2014 qui lui impose de renoncer renoncer au poste de maire de Dijon.
Le président du conseil général de l’Isère, André Vallini, avec peu d'affinités pour Martine Aubry, a été récompensé en 2014 d'un secrétariat d'Etat à la Réforme territoriale pour sa démission du bureau national suite à un savon public de l'amère de Lille.
L’Aquitain Alain Rousset s'est déterminé par rejet de la maire de Lille, alors première secrétaire.
A Lyon, Gérard Collomb se fait de plus en plus critique et, à Marseille, Patrick Mennucci, a été éliminé aux dernières municipales, comme un malpropre.  

Deux chefs de file PS au Parlement
Venu de l'Assemblée, le Nantais Jean-Marc Ayrault s'est épuisé à Matignon, avec détermination et sérénité, avant de se faire écarter par Manuel Valls. 
Au Sénat, Jean-Pierre Bel, sénateur à la suite de son beau-père, Robert Naudi, président du Conseil général de l'Ariège, a montré ses limites et annoncé son jet de l'éponge pour septembre 2014.

Les Voltaire qui n'ont pas abandonné le privé pour Hollande

Les au revoir qui sont des adieux
Frédérique Bredin a été député-maire de Fécamp et ministre des Sports de Mitterrand (1991-1993), avant de rejoindre le groupe Lagardère. 
Jean-Marie Cambacérès, ex-député PS du Gard, s'est reconverti dans le privé chez Transasia Airways. 
Proche de Laurent Fabius, Yvon Robert a pantouflé à la mairie du Grand-Quevilly. 
La conseillère d'État Marie-Françoise Bechtel, fugace directrice de l'ENA passée par les cabinets de Jean-Pierre Chevènement et de Michel Vauzelle, vient d'être élue députée de l'Aisne.

Des analystes ont pointé quelques déroutes spectaculaires de la promotion Voltaire
Ainsi, celle du Crédit Lyonnais dirigé par Jean-Yves Haberer ou de Vivendi dirigée par Jean-Marie Messier. 
Avec l'accession de la génération Hollande au pouvoir, il est désormais permis de tirer une règle générale d’incompétence de ces hauts fonctionnaires généralistes dans la gestion d’activités non seulement privées mais aussi publiques.

 

mercredi 17 juillet 2013

Hollande était informé de la fraude fiscale de Cahuzac, affirme Charles de Courson

Courson (UDI) détiendrait "les preuves": Hollande a couvert Cahuzac

Selon le président de la commission Cahuzac, le  détenteur de l’enregistrement dans lequel Jérôme Cahuzac parle de son compte en Suisse, Michel Gonelle, "a informé le directeur adjoint du cabinet du président le 15 décembre, qui est immédiatement allé voir le secrétaire général de l’Elysée, et tous les deux sont allés voir le président dans son bureau".

De fait, a-t-il encore précisé, "je dis que
le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l’ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent ". 
Pourquoi François Hollande n’a-t-il pas alors remercié Jérôme Cahuzac, qui n’a été contraint à la démission que le 19 mars ? 
"Certains prétendent qu’il a été tenté de faire cela mais nous ne pouvons pas auditionner le président de la République, en application du principe de séparation des pouvoirs", a-t-il indiqué, n’excluant pas cependant une audition du Premier ministre.

Président UDI de la commission d’enquête parlementaire sur la gestion par le gouvernement de l’affaire Cahuzac, Charles de Courson a affirmé mercredi détenir "les preuves" que le président François Hollande était "parfaitement informé" de la faute morale de son ministre du Budget. 

Cahuzac prête serment...
"Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé ", a déclaré le député centriste de la Marne sur France 2. L’ex-maire RPR de Villeneuve-sur-Lot, Michel Gonelle "a informé le directeur-adjoint du cabinet du président (Alain Zabulon) le 15 décembre, qui est immédiatement allé voir le secrétaire général de l’Elysée (Pierre-René Lemas), et tous les deux, ils sont allés voir le président dans son bureau". "Donc, il (François Hollande) le sait le 15" décembre, a répété avec insistance le président de la commission Cahuzac.

"Le 18, Edwy Plenel informe l’Elysée qu’ils ont toutes les preuves ", a-t-il ajouté, rappelant que le journaliste, directeur du site d’informations Mediapart, "est un ami personnel du président, ils ont même écrit un bouquin ensemble ".

Moscovici lâche le morceau

De l’avis du député et "en l’état actuel" des travaux de la commission, "on peut dire que la réponse qu’(ont) faite le Premier ministre, le président et Pierre Moscovici à cette affaire n’était pas adaptée ", a-t-il poursuivi au lendemain de l’audition de trois ministres, dont celui de l’Economie et des Finances. 
Revenant sur l’audition de Pierre Moscovici, qui a contribué à fragiliser la réalité de la "muraille de Chine" érigée autour de Jérôme Cahuzac par son ministre de tutelle, Charles de Courson a jugé qu’elle avait été "la plus intéressante". "Il nous a dit (...) qu’il y a bien eu une réunion le 16 janvier à l’Elysée suite à un Conseil des ministres, entre quatre personnes: François Hollande, président de la République, Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, lui-même, Pierre Moscovici, et Jérôme Cahuzac", a-t-il précisé. 

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Et de qualifier d’  "incroyable " la présence du ministre délinquant...

jeudi 31 mai 2012

Hollande, chef de l'Etat socialiste des énarques

L'ENA a pris le pouvoir

La prestigieuse Ecole Nationale d'Administration est une exception française

Des modèles produits  à la chaîne
Aucun pays démocratique ne crée une telle élite grise et froide conforme à la pensée unique d'Etat et n'usine ainsi ses propres rouages administratifs. Passés au moule du prêt-à-penser, ils manquent singulièrement de "reprise" (ou de courage) et sont trop "conventionnels" (et dénués de personnalité et de créativité):  ils sont tous incapables de " se distinguer par un style, un peu d'originalité, de prise de risque". 
Prenez Lionel Jospin ! Il est viscéralement trotskiste, mais l'ENA a fait du révolutionnaire un homme épris de pouvoir. Pour autant, respire-t-il la joie de vivre ? Qu'a-t-il fait de positif au gouvernement, en période de prospérité ? A-t-il ouvert le chantier de la réforme des retraites ?

Une fabrique d'autistes
La présidente du jury 2010 s'est déclarée frappée par cette "absence de courage ou de force d'âme" au cours des entretiens. "Peu nombreux sont les candidats qui cherchaient réellement à convaincre le jury de leur position ou même qui ont osé donner un avis", note-t-elle. "Les candidats soit ne savaient pas, soit ne voulaient pas argumenter et défendre leur position et étaient tout à fait prêts à en changer". Le portait-robot de la normalité élyséenne actuelle...
Côté parité, des potiches
le rapport sur le concours d'entrée à l'ENA formule un autre "regret majeur": le manque de "diversité" avec des recrues majoritairement masculines. La présidente du jury s'avoue surprise par "le manque de confiance en soi" de certaines candidates et prône même des "séances de préparation adaptées aux jeunes femmes pour les aider à mieux utiliser leur potentiel". " Au nom de cette parité, François Hollande aurait-il recruté des inadaptées ?
.

François Hollande est l'un de ces produits de l'usine à hauts fonctionnaires 

De la chaîne de fabrication de l'Elite Normalisée Administrative (ENA), modèle  promotion Voltaire (janvier 1978-mai 1980).
sont sortis la voiture hybride Marie-Ségolène Royal, le 4x4 Michel Sapin, la berline Jean-Pierre Jouyet, qui l'ont accompagné dans sa course et le suivront au garage de l'Elysée.
Exemple de recrutement entre soi: Sylvie Hubac, directrice du Cabinet du président de la République française depuis le 15 mai 2012. 


Le hasard a fait que, tout juste un an avant la victoire inattendue de François Mitterrand en mai 1981, François Hollande sortait de l'ENA, avec 158 de ses "camarades" sortis, comme lui, de Sciences Po. Il avait  25 ans. 

Cette promotion compte un président de la République, François Hollande, élu le 6 mai 2012, et une candidate battue à l'élection présidentielle de 2007 - Marie-Ségolène Royal. Tous deux ont fait des enfants ensemble, dont aucun ne partage le parcours: l'ENA ne fabrique pas de dynastie. 

Autres véhicules de la pensée unique socialiste, modèle promotion Voltaire: Frédérique Bredin, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, ou Maurice Meda, vice-président de la CRE, maitre des requêtes au Conseil d’État, ancien directeur de cabinet du ministre des Relations aux parlements (2004-2006), 

Pierre-René Lemas, secrétaire général de l'Elysée 

Au premier rang des collaborateurs du président Hollande se trouve déjà Pierre-René Lemas. Directeur du cabinet de Jean-Pierre Bel, président (PS) du Sénat, le préfet Lemas occupe  le poste de secrétaire général de la présidence de la République. Le poste a été tenu par Dominique de Villepin, lui aussi de la promotion Voltaire, sous la présidence Chirac. 

Ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault, Michel Sapin était aussi de la promo Voltaire. Compagnons à l'ENA, les deux hommes le furent aussi pendant leur service militaire à Coëtquidan : une amitié de plus de trente ans. 

Cette proximité M. Hollande l'avait aussi avec Jean-Pierre Jouyet. Compagnon de l'ENA et de Coëtquidan, l'actuel président de l'Autorité des marché a cheminé, le temps de l'ouvertue, au  côté de Nicolas Sarkozy en faisant partie du gouvernement pendant une partie de son quinquennat. 
Cet "écart" sera-t-il porté à son débit pour la suite de sa carrière ? 

De la promo Voltaire au club Voltaire 

Parmi les autres "Voltaire" proches de M. Hollande, il y aussi Jean-Jacques Augier, ancien patron de la compagnie de taxis parsiens G7, qui était partie prenante de l'association de financement de la campagne de l'ancien député de la Corrèze. 

La promotion Voltaire se devait de donner naissance à un club Voltaire... tout dévoué à M. Hollande. Ce club qui est une émanation de l'association Démocratie 2012 est animé par plusieurs "hollandais voltairiens" : Mme Claude Revel Pallez-Halhal et Christian Tardivon, Colette Horel-Rodin et Jean-Marc Janaillac, tous deux cadres à la RATP dont le président, Pierre Mongin, fut plutôt un "balladurien voltairien". 

Démocratie 2012 a elle-même comme président, Dominique Villemot, conseiller de M. Hollande dont il fut une des "plumes", et comme secrétaire national, Jean-Marie Cambacérès, ancien député socialiste. Est-il utile de préciser que MM. Villemot et Cambacérès étaient aussi de la promo Voltaire à l'ENA ! 

Faut-il supprimer l'ENA ?

Cette grande école n’a cessé d’être critiquée depuis sa création, Jean-Pierre Chevènement traitant dès 1967 ses camarades énarques de " mandarins de la société bourgeoise ", des voix s’élèvent depuis plusieurs années pour demander purement et simplement sa suppression.
La première initiative est venue du PS qui, en 1972, inscrit la suppression de l’ENA à son programme. Cette revendication n’a cependant pas vu le jour car elle fut mise à l’écart par de jeunes énarques ayant acquis des responsabilités au sein du parti entre le congrès d’Epinay et les élections de 1981.
Une réforme est cependant intervenue en 1981. Elle a sauvé l'école au prix de l'ouverture d'une troisième voie d’entrée à l’ENA.

L’alternance entre demandes de réformes et demandes de suppression n’a cessé de s’amplifier depuis lors, celles-ci se fondant notamment sur la formation généraliste de cette école privant l’Etat de vrais spécialistes, l’absence de connaissance de l’entreprise alors que le « pantouflage » ne cesse de se développer, ou encore la logique de copinage et du corporatisme.

Le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier, Air France, la SNCF, dirigés par des énarques ont engendré des déficits abyssaux amenant M. Fourgous a poser cette question :" Combien l’ENA a coûté à la France ? "Les cas de désastres financiers de grandes entreprises dirigées par des énarques étant très répandus : Jean-Yves Haberer (Crédit Lyonnais), Alain Minc (Cerus), Michel Bon (France Télécom), Jean-Michel Bloch-Lainé (Worms), Pierre Bilger (Alstom) …

Méritocratie ou copinage ?
Un homme du Président sur quatre est issu de la même promotion que Hollande. 
Le président socialiste installe-t-il un régime sectaire à la tête de l'Etat ?

mardi 29 mai 2012

Hollande a commencé à placer ses hommes dans la haute fonction publique

Nomination d'un proche de l'Élysée à la préfecture de police de Paris 

Une nouvelle promesse non tenue


Hollande avait promis que “le pouvoir au sommet de l’État” serait “exercé avec dignité mais simplicité, avec une grande ambition pour notre pays et une scrupuleuse sobriété dans les comportements”.


Dans son premier discours de président de la République, Hollande avait pourtant donné des assurances

Le chef de l’État avait également tenu à revenir sur la question des nominations dans la haute fonction publique. 
Le président de la République  avait rendu hommage à la fonction publique. “La France a la chance de disposer d’une fonction publique de grande qualité, a-t-il dit. Je veux lui dire ma reconnaissance et l’attente que je place en elle et dans chacun de ses agents”. 
François Hollande avait bien parlé :  “l’État sera impartial parce qu’il est la propriété de tous les Français et qu’il n’appartient donc pas à ceux qui en ont reçu, pour un temps limité, la charge”.

Le changement, ce n'est encore pas maintenant !

Bernard Boucault, un proche du secrétaire général de l'Élysée, Pierre-René Lemas, remplace sans délai l'actuel préfet de police de Paris Michel Gaudin.

Michel Gaudin, actuel préfet de police de Paris, va être débarqué demain de son poste à l'issue du conseil des ministres. 
Il a droit un lot de consolation : il sera nommé au Conseil d'État. 


Bernard Boucault, un énarque de 63 ans, né le 17 juin 1948 à Blois en Loir-et-Cher, était  directeur de l'ENA, institution pourtant décriée par la gauche qui considère maintenant qu'il a le profil idéal pour occuper ce poste sensible. 
Il a travaillé depuis 30 ans dans de nombreux cabinets de gauche, notamment aux côtés de Jacques Delors, Pierre Joxe et Daniel Vaillant. Préfet de Midi-Pyrénées quand Jospin était Premier ministre, puis préfet des Pays de la Loire, ce qui en fait un proche de Jean-Marc Ayrault, Bernard Boucault avait été recasé après 2007 par Nicolas Sarkozy. 

jeudi 17 mai 2012

Gouvernement Ayrault zéro, en attente des législatives


18 ministres de plein exercice et une parité inéquitable


34 retraites de ministres inscrites au budget de la nation 




Quatre heures après le moment annoncé,  le secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, pied-noir de 61 ans, ancien préfet et un an directeur de cabinet du président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, a annoncé la composition du premier gouvernement Ayrault (62 ans) de François Hollande (58 ans).
Ni Hollande, ni Ayrault n'a jamais exercé une quelconque fonction ministérielle. 


La parité était moins numérique qu'effective et respectueuse des femmes, avec une ministre d'Etat, Michèle Alliot-Marie, et Christine Lagarde à la tête d'un grand ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, ou Valérie Pécresse àl’Enseignement supérieur et de la Recherche, Roselyne Bachelot-Narquin au ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet, en charge de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.u 




Inflation de l'exécutif
Ils devaient être seulement 15 ministres, mais ils seront 18. Ayrault aura 34 collaborateurs (ministres et ministres délégués) contre 30 à Fillon au total  et une parité mathématiquement parfaite entre hommes et femmes, comme l'avait annoncé François Hollande, mais politiquement inéquitable: hormis Christiane Taubira, les femmes ne reçoivent aucun ministère régalien et se retrouvent dans le bas de tableau, pour faire nombre, en parité !

Le premier gouvernement Fillon comportait 15 ministres et 4 secrétaires d'Etat, pour finir à respectivement 15 et 15 en 2010.

Voici la composition du gouvernement
18 ministres
Laurent Fabius, 66 ans, ministre des Affaires étrangères, partisan de Martine Brochen-Aubry et de... lui-même, partisan du NON au référendum sur la Constitution européenne de mai 2005...

Vincent Peillon, 52 ans, ministre de l'Education nationale: la FSU devrait applaudir à l'arrivée de ce représentant de la gauche du PS

Christiane Taubira, 60 ans, indépendantiste de la Guyane et soutien de Montebourg à la primaire socialiste, Garde des Sceaux, ministre de la Justice et seule femme à un ministère régalien, ancienne candidate météorique à la présidentielle 2007, elle est considérée comme responsable de l'échec de Jospin en 2002.
Candidate à la présidentielle de 2002 avec une campagne axée sur l' 'égalité des chances', elle obtint 2,02 % des voix au premier tour, mais assez pour contribuer à l'éparpillement des voix "de gauche" et donc, selon certains socialistes, à l'échec de Lionel Jospin arrivé derrière Jean-Marie Le Pen (FN). 
En 2004, elle est condamnée par le conseil des prud'hommes de Paris pour licenciement injustifié et rupture de CDD «abusive» concernant son ancienne assistante parlementaire et doit lui verser 5 300 euros

Pierre Moscovici, 55 ans, (ex-) trotskiste, ministre de l'Economie, des Finances et du commerce extérieur

Marisol Touraine, une fille de... âgée de 53 ans, ministre des Affaires sociales et de la santé et ex-membre de À gauche, en Europe, un think tank qui s'est "sabordé" à l'automne 2011 à la suite de la révélation par la presse d'affaires de mœurs où apparaît, notamment, le nom de Dominique Strauss-Kahn

Cécile Duflot, 37 ans, une urbaniste, ministre de l'Egalité des territoires et du logement (Europe Ecologie-les Verts)

Manuel Valls, né en Espagne il y a 50 ans, ministre de l'Intérieur

Nicole Bricq, 65 ans, ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie

Arnaud Montebourg, 50 ans, avocat, ministre du Redressement productif, partisan de la démondialisation

Michel Sapin, 60 ans, ministre du Travail, de l'emploi et du dialogue social, partisan de la rigueur

Jean-Yves Le Drian, 65 ans, ministre de la Défense

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication, qui n'aura pas à régler les probèmes d'emploi de sa région, à Florange, bien qu'elle ait eu des solutions...

Geneviève Fioraso, 58 ans, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche

Najat Vallaud-Belkacem, binationale franco-marocaine âgée de 35 ans, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement

Stéphane Le Foll, 52 ans,  apparatchik titulaire d'un BTS agricole,  ministre de l'Agriculture et de l'agroalimentaire

Marylise Lebranchu, 65 ans, ministre de la Réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, une intime de Martine Brochen-Aubry

Victorin Lurel, 61 ans, un apparatchik guadeloupéen, ministre des Outre-mers

Valérie Fourneyron, 53 ans, médecin généraliste, ministre des Sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

La  retraite à 60 ans, c'est pour les ...travailleurs !
A noter en outre que les énarques sont au nombre de 3 ou 4 seulement et que la constituante enseignante est faiblement représentée: seulement à l'échelon universitaire.


Le changement, ce n'est pas encore pour maintenant


Combien d'anciens ministres sur ces 15-là ? 
Moscovici,  ministre chargé des Affaires européennes (1997 et 2002) de Lionel Jospin,


Sapin, ministre de l'Économie et des Finances de Mitterrand et de Bérégovoy, dévaluateur du franc, 


Le Drian, secrétaire d'État à la Mer de Mitterrand-Cresson,

et la doyenne polyvalente,  Lebranchu (Garde des Sceaux, ministre de la Justice de Jospin, mais aussi bien chargée des Petites et moyennes entreprises, du Commerce et de l'Artisanat ),


Laurent Fabius est le symbole de changement hollandien: il fut ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie de Jospin et premier ministre de Mitterrand: la jeunesse que Hollande a voulu séduire  en a-t-elle le souvenir ?

16 ministres délégués
Jérôme Cahuzac (60 ans), médecin plastique, député-maire de Villeneuve-sur-Lot, proposé au PS par Nicolas Sarkozy à la présidence de la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, des finances et du commerce extérieur, chargé du Budget

George Pau-Langevin, avocate de 64 ans, proche de Bertrand Delanoë, originaire de Guadeloupe, est passée dela présidence du MRAP à la délégation ministérielle auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de la Réussite éducative, native de Pointe-à-Pitre devenue conseillère municipale du folklorique 20e arrondissement de Paris,  à l’origine du changement de nom de la rue Richepanse (général qui rétablit l’esclavage en Guadeloupe en 1802) en rue du Chevalier Saint-George ( figure de l'émancipation des esclaves des empires coloniaux européens), dans le 1er arrondissement de Paris, et signataire d'une lettre ouverte de parlementaires, demandant à Nicolas Sarkozy de s'opposer, au nom de la France, à la reconnaissance de l’État de Palestine le 23 septembre 2011 aux Nations-Unies. 
Elue en 2007 dans le 20e arrondissement, G.Pau-Langevin (GPL)  avait été investie candidate par le PS au nom de la parité et de la représentation des minorités contre le maire du 20e arrondissement, le député sortant Michel Charzat (PS dissident), éliminé au premier tour.

Alain Vidalies, avocat de 61 ans, député PS des Landes et  rapporteur de la mission sur l'esclavage moderne, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement, il est membre du collectif Jamais sans mon département

Delphine Batho (1973), ex-dirigeante de  SOS Racisme, ministre déléguée auprès de la Garde des Sceaux ministre de la Justice,  Sa Cynique Majesté Royal lui avait donné son siège de députée des Deux-Sèvres en location quand elle était devenue présidente de région Poitou-Charentes.
Mme Batho va pouvoir aller jeter l'ancre dans les ors de la République et libérer enfin son logement du parc social de Paris en faveur d'une famille nombreuse défavorisée du "peuple de gauche": lien PaSiDupes

François Lamy (1959), ancien animateur socioculturel, puis instituteur,   ministre délégué auprès de la ministre de l'Egalité des territoires et du logement, chargé de la Ville: un proche de Martine Brochen-Aubry dont il était depuis 2008 le conseiller politique au PS (singulièrement au Congrès de Reims qui fut fatal à l'amère Royal)

Bernard Cazeneuve (1963), député-maire de Cherbourg, ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes, mais fabiusien et partisan du NON au référendum sur la Constitution européenne de mai 2005...

Michèle Delaunay, (65 ans) médecin, proche de Désirdavenir Royal  et députée de Gironde opposée à Alain Juppé, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes âgées et de la dépendance

Sylvia Pinel (1977), députée Parti radical de gauche en Tarn-et-Garonne, ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée de l'Artisanat, du commerce et du tourisme

Benoît Hamon (1967),  scolarité chez les Pères maristes, avant de fonder le MJS (Mouvement des jeunes socialistes) ,porte-parole de Martine Brochen-Aubry,  ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, des finances et du commerce extérieur, chargé de l'Economie sociale et solidaire; se situe à la gauche du PS, au côté d'Henri Emmanuelli et fut partisan du "non" au référendum du 29 mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen

Dominique Bertinotti (58 ans), universitaire et  maire du 4e arrondissement de Paris, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la santé, chargée de la Famille, elle fut directrice de campagne de Sa Cynique Majesté  Royal lors des Primaires citoyennes de 2011

Marie-Arlette Carlotti, (1952), conseillère régionale de la région Provence Alpes Côte d'Azur (PACA, présidée par M. Vauzelle) et porte-parole de Jean-Noël Guérini, candidat socialiste à la mairie de Marseille en 2007, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la santé, chargée des Personnes handicapées

Pascal Canfin (1974), journaliste au mensuel Alternatives économiques, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement

Yamina Benguigui (1957), pulpeuse réalisatrice et écrivaine placée au côté de L. Fabius, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger et de la francophonie, devra veiller à ne pas écraser le petit B. Cazeneuve de sa hauteur

Frédéric Cuvillier (1968), universitaire et maire de Boulogne-sur-Mer, dans le sulfureux Pas-de-Calais), ministre délégué auprès de la ministre de l'Ecologie et du développement durable, chargé des Transports et de l'économie maritime

Fleur Pellerin, (née en 1973 à Séoul, Corée, abandonnée à sa naissance, adoptée par une famille française, son père adoptif étant docteur en physique nucléaire), ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des PME, de l'innovation et de l'économie numérique

Kader Arif, député européen socialiste, né en Algérie (1959) d'un harki, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants.
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Laissé pour compte, Bertrand Delanoë a exprimé mercredi soir sa fierté de voir trois élues "parisiennes" entrer au gouvernement, George Pau-Langevin, Yamina Benguigui et Dominique Bertinotti.