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dimanche 28 avril 2019

Nathalie Loiseau, "soulagée" de la suppression de l'ENA, une école qu'elle a dirigée

Qu'est-ce que c'est que cet oiseau rare déniché par Macron pour les Européennes ?

A la tête de la liste présidentielle aux élections européennes, LREM, Nathalie Loiseau s'est déclarée "soulagée" dimanche de la suppression de l'ENA - école qu'elle a dirigée entre 2012 et 2017... 

Résultat de recherche d'images pour "nathalie loiseau"Jeudi, lors de sa conférence de presse, le chef de l'Etat a confirmé son intention de supprimer l'Ecole nationale d'administration - dont il est diplômé, à la différence de Mme Loiseau - et expliqué vouloir mettre fin aux "grand corps" de la fonction publique. Il a raté Normal Sup (il compense désormais par sa pédanterie), mais a fini 5ème de la promo Senghor de l'ENA de Strasbourg en 2004 à l'age de 27 ans, dont Wauquiez est sorti major de la promotion Mandela en 2001, à 26 ans. 

"Je suis soulagée qu'on donne un coup de pied dans la fourmilière", a lancé Nathalie Loiseau sur Radio J.
"Je sais ce que j'ai pu faire pendant cinq ans à essayer de réformer cette école, il y a des choses que j'ai réussies, dont je suis fière, mais je sais aussi les limites auxquelles je me suis heurtée", a-t-elle développé, en pointant notamment "le manque de diversité" des élèves, mais éludant le sujet du dette accumulée par l'école, singulièrement du fait de sa gestion. 
Lien PaSiDupes : "Nathalie Loiseau a laissé en vrac les comptes de l'ENA"

La tête de la liste Renaissance, qui agrège La République en marche, le MoDem et leurs alliés (dont les juppéistes d'Agir), a encore mis en exergue un "entre-soi social", en appelant à ce "qu'il n'y ait pas de discrimination sur l'origine, qu'elle soit sociale, qu'elle soit géographique, qu'elle soit culturelle". 

"Qu'on ait des gens de talent de partout : c'est ça la promesse républicaine"
C'est ce qu'elle a fait valoir, en visant "toute la chaîne de l'éducation depuis le primaire, le secondaire, le supérieur, qui doit se mettre en ordre de marche pour lutter contre les discriminations," a-t-elle martelé.

Par ces mots, la tête de liste LREM exprime son allégeance à la pensée dominante imposée aux milieux universitaires (Université, SciencesPo, ENA et autres grandes écoles) par les lobbies indigénistes qui substituent à la lutte des classes la dictature de l'anticolonialisme réchauffé et de la diversité ordinaire.  

Aristocratie et tiers-état

"On se pose tous les mêmes questions : est-ce qu'on recrute vraiment tous les talents, ou est-ce qu'il y a une distorsion avant que les gens arrivent jusqu'à nous ?", a-t-elle interrogé. 

"La sélectivité, c'est pas un gros mot, l'élite, c'est pas un gros mot", a-t-elle répondu, "mais sans autre distinction que celle de leur vertu et de leur talent". 

A propos du classement de l'ordre de sortie de l'ENA, l'une des plus régulières et virulentes critiques contre l'école, Nathalie Loiseau a considéré qu'"il y a là un sujet" : "qu'il y ait une aristocratie et un tiers-état à la sortie des écoles de service public, poser la question, c'est y répondre", a-t-elle fait valoir.
Finalement, à LREM, la lutte des classes n'est pas enterrée.

mardi 20 novembre 2018

Le ministre Blanquer est-il aussi au nombre des "illettrés" stigmatisés par Macron ?

Le ministre de l’Éducation nationale fait deux grosses fautes de conjugaison en direct

Quand le gouvernement fait de la pédagogie, ça craint !



Invité dans l'émission Au Tableau ! sur C8, Jean-Michel Blanquer s’est vu proposer une petite dictée surprise par les écoliers. Canal+ est bien soudainement devenue irrévérencieuse à l'endroit du pouvoir... Heureusement, CNews veille à militer quotidiennement contre les "Gilets jaunes" au côté de la macronie.

Mais le ministre de l'Education affiche deux fautes élémentaires de conjugaison au passé simple du verbe "courir". Avant la fin de sa dictée sur le tableau noir, de de nombreuses mains d’écoliers se lèvent. "Vous avez fait deux fautes !", remarque l’une des élèves. Et en effet... Soumis à une petite dictée surprise, l'ancien recteur d'académie s’est mélangé les crayons en conjuguant le verbe 'courir' au passé simple : "je couru" et " il/elle courra". Ca fait tache et le ministre devrait donc aller plutôt donner l'exemple dans les quartiers où les décrocheurs ne seront pas là pour lui faire honte. Il est juste tombé sur des élèves surdoués, selon l'entourage du ministre... Ils  se sont fait un malin plaisir de le corriger : "je courus", "il/elle courut". Le ministre se tourne alors vers le tableau : "Oui, évidemment, bravo !"

A propos, combien de "r" ?

Et que fait la presse aux ordres ? Elle recherche l'équivalent à droite...

La méthode est classique mais, s'agissant d'orthographe, les journalistes incultes - mais décrypteurs condescendants de l'actualité pour "les gens" - se régalent à rechercher des cancres qui les confortent néanmoins dans le statut d'élite auto-proclamée. Et ils se souviennent du ministre de l’Education, Xavier Darcos, "incapable" (notez le terme qu'ils n'appliquent pas aux puissants du moment) d’expliquer une règle de trois, du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire ne sachant pas ce que représente un hectare en mètres carrés, voici un ministre de l’Education qui va devoir suivre une formation accélérée, une remise à jour de ses connaissances - surtout s'il est partisan de faire repasser le code de la route aux plus de 70 ans - , lui qui, conscient d'un besoin personnel 40 ans après avoir quitté l'école publique, a voulu renforcer l'orthographe dans les écoles élémentaires en la rendant quotidienne à la rentrée 2018.

mardi 17 mars 2015

Fleur Pellerin, un portrait stéréotypé, connoté par Libération

Hussarde de la diversité, selon Libération


Caricature esquissée par Cécile Daumas [spécialiste des questions de genre à Libération, depuis 1994], le 10 avril 2010

Raccourci préliminaire: "Pur produit de la méritocratie française, cette énarque préside le Club XXIe siècle, l’élite des minorités visibles."

"Un technocrate ressemble généralement à Claude Guéant, bras droit de Sarkozy : lunettes sévères sur peau claire, front masculin dégarni, chemise blanche sous costume sombre, selon la journaliste binaire. Fleur Pellerin est brune aux cheveux lâches, traits jeunes et asiatiques, robe de soie légère sur longues bottes de cuir noir, talons acérés. Dans sa vie professionnelle comme dans ses études, elle a pris l’habitude d’être la «seule Asiat’», une des rares femmes également. A la Cour des comptes, où elle officie [!] comme conseiller référendaire, aussi bien qu’à l’ENA, promotion Averroès. Le philosophe arabo-andalou comme signe prémonitoire d’une carrière naissante ?
Najat Vallaud-Belkacem en jupe
ne supporte pas la comparaison
Et quelle idée que
ce long zip en façade ?
A 36 ans, la voilà présidente du Club XXIe siècle, cercle réunissant l’
élite des minorités visibles. «Le 21», comme l’appellent les habitués, est volontairement haut de gamme. Banquiers, entrepreneurs, hauts fonctionnaires, Rama Yade en guest star : autant de réussites pour donner une autre image de l’immigration. «Fleur a le faciès profil idéal, dit Chenva Tieu, chef d’entreprise et cofondateur de l’association
['profil' cambodgien, mais membre de l'Union pour un mouvement populaire -UMP- mais ne le répétez pas non plus...]. Une techno typiquement issue de l’école de la République.» [énarque sans les scarifications de l'ENA, donc] Et mignonne en plus [les féministes apprécieront...], pas empêtrée dans le discours froid de l’«énarchie» [vous avez dit "scarifications"? Comme c'est injuste!]. Ce samedi, elle participe à la cinquième édition des Entretiens de l’excellence, opération phare du Club : un millier de collégiens et de lycéens de ZEP [car les ruraux ne sont pas défavorisés], reçus dans les locaux de Sciences-Po à Paris, découvrent les filières d’élite auprès de professionnels qui peuvent leur ressembler [a priori]. Fleur Pellerin les briefera sur les rouages de la haute fonction publique. «Les encourager à s’orienter vers des domaines dont ils ignorent l’existence est une façon pragmatique et non idéologique [sic] de promouvoir la diversité. Lutter contre l’autocensure aussi.»

Son engagement est relativement neuf, pas vraiment viscéral. Il remonte à son adhésion au Club, il y a trois ans. «Longtemps, je ne me suis pas sentie concernée par le thème de la diversité. Je n’ai jamais été confrontée au racisme, même si parfois, à l’école, j’étais "la Chinoise".» [A Montreuil, Seine-Saint-Denis, pas de racisme? C'est un scoop.] Avec un patronyme à la Harlem Désir [Jean-Philippe, à la vérité], la trajectoire de Fleur - prénom repris d’une série télé par sa mère - constitue plutôt un pied de nez au débat sur l’identité nationale. «Quand je me regarde dans la glace, je ne vois pas une Asiatique. Facialement, je suis asiatique, mais je me sens totalement française.» [Renouvelant la comparaison potagère -due à un roi de l'humour bio- de Cécile Duflot avec une citrouille, "Vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur"] un ami chinois la compare à une banane. «Jaune à l’extérieur, blanche à l’intérieur.» [Cette image à haut risque est réservée à un cercle fermé de privilégiés dont sont exclus les Blancs: imaginez un peu qu'un indigène de France établisse une comparaison entre un membre du gouvernement et un radis noir, plante de 80 cm de haut, noire à l'extérieur et blanche à l'intérieur, qui dégage une forte odeur mais est prescrite contre les troubles biliaires] 
Un quart d’heure après la poignée de main de présentation, elle donne l’explication sans aucune forme de secret. «Je ne suis pas biculturelle mais adoptée.» Née à Séoul en 1973, arrivée en France à six mois. Elle vit ses trois premières années dans une HLM au nord de Montreuil, banlieue parisienne qu’elle vient de réintégrer avec sa tribu recomposée, mais côté sud. Un immense loft, murs blancs et meubles Habitat, qu’elle partage avec son compagnon, énarque comme elle, conseiller d’Etat. Ils ont une petite fille en commun, lui deux enfants qui viennent un week-end sur deux. 
Dans le salon, des toiles, troublantes ressemblances de chefs-d’œuvre. «Ce Hopper et ce Rothko [oeuvre typique ci-contre] sont de moi, s’amuse-t-elle [moins drôle, la ministre de la Culture ne lit pas non plus P. Modiano, prix Nobel de littérature: c'est bien la peine que ce fils de membre présumé de la Gestapo française renie son père, juif né à Salonique, et menace de rendre son passeport - que d'autres acquièrent dans la souffrance - en cas d'élection FN !]. Je ne suis pas une créatrice, je copie.» [Elle est finalement plus énarque que le voudrait Le Point] En cuisine aussi, elle aime pasticher les maîtres, comme Pierre Hermé et son dessert vedette à la rose, l’Ispahan. Elle ne se prend pas au sérieux, comme le sont ses diplômes. Evite aussi de se faire des nœuds dans la tête. «Mon adoption est comme une petite plaie que j’ai décidé de ne pas gratter. J’ai refoulé le rejet pour me couler dans le projet de mes parents. Je ne me pose pas de questions.» Plusieurs fois, elle a laissé filer l’occasion de se rendre en Corée. «C’est un pays étranger. Je ne ressens aucun tiraillement.» [Pour retourner en Corée-du-Sud, son pays natal, elle profitera d'un séjour officiel en avril 2013, alors qu'elle est sous-ministre de l’économie numérique] Dans les magasins, on s’adresse parfois à elle en anglais ou en japonais. Sur son passeport figure, en deuxième prénom, le Jong-Sook donné à sa naissance. «Longtemps, mes parents ont cru que cela signifiait "femme parfaite". Pas du tout, c’est un prénom assez laid, du type Germaine. Le mythe s’est effondré.»
 Bon courage, désormais,  aux gardiens de musées
Avec son parcours de première de la classe, Fleur Pellerin incarne presque physiquement la philosophie du «21» [le faciès de Fleur Pellerin hante la journaliste]. «Nous ne sommes pas dans une optique communautariste, avec passe-droits et postes réservés, dit-elle, mais bien dans une idée républicaine de la diversitéPas de discrimination positive, mais la volonté que le plus grand nombre ait accès aux outils de la méritocratie. Elle-même en est le pur produit. Son premier «petit concours» date de son entrée en sixième dans un collège franco-allemand de Versailles. «J’étais sur des rails, j’ai enchaîné.» Bac à 16 ans, prépa HEC à 17, l’Essec à 21 ans, Sciences-Po, l’ENA. Sans effort apparent - héritage de ses grands-parents paternels, instituteurs à la campagne et «hussards de la République». Son père prend l’ascenseur social, premier d’un minuscule village près de Laval à décrocher le bac. Après une thèse en physique nucléaire, il travaille dans la recherche, puis crée sa société. Sa mère, femme au foyer, aînée de quatre enfants, a dû arrêter ses études à 16 ans. «Elle en a toujours souffert», dit Fleur Pellerin. Avec sa propre fille, la machine familiale a repris du service. En dernière année de maternelle, Bérénice [reine de... Palestine et maîtresse de Titus, fils de l'empereur Vespasien] vient de sauter une classe. «Ma mère lui a appris à lire l’été dernier.» Ce soutien parental, sans faille et inconditionnel, est devenu son modèle de transmission, qu’elle exerce auprès des autres [tandis que sa mère prend sa propre fille en charge]. Comme cette jeune fille de 20 ans originaire du Congo. «Elle vient d’entrer à Sciences-Po, après une scolarité en ZEP. Je l’aide à trouver un stage aux Etats-Unis, à obtenir un titre de séjour de dix ans.» Sa façon à elle de produire de «l’innovation sociale» à petite échelle, mais concrètement.

[La journaliste fait de Pellerin le coucou du Club créé par l'UMP

Avec Fleur Pellerin comme présidente (2010-2012), le Club XXIe siècle tourne le dos à ses débuts politiques et polémiques. Aux fondations en 2004, Rachida Dati, pas encore ministre de Sarkozy, et Hakim El Karoui, plume de Raffarin, alors Premier ministre. [Dati a beau être née en France de parents immigrés maghrébins et El Karaoui, Franco-Tunisien] la structure est vite cataloguée temple de la «beurgeoisie» à droite. Dati part l’année suivante après une tentative de putsch avortée et un gros clash avec El Karoui. Il reste président, rééquilibre politiquement le Club, chiraquien [proche du giscardien Raffarin] appelant à voter Ségo contre Sarko en 2007. 
L’association se veut [malgré tout] non partisane, rassemblant 350 membres de toutes origines. Femme aux traits asiatiques [elle y revient sans cesse, la journaliste monomaniaque (ci-contre) - présidente du laboratoire de l'égalité (entre les hommes et les femmes) dont sont membres Françoise Héritier, anthropologue, ou la sociologue Dominique Méda, inspectrice générale des affaires sociales], Fleur Pellerin en serait la meilleure publicité. Mais la nouvelle présidente est loin d’être une oie blanche [sic ! le blanc est très mal considéré] en politique. Deux fois, elle s’est engagée auprès de personnalités. Soumise au devoir de réserve, elle ne peut en dire plus. «J’aurais pu me faire parachuter, j’avais un boulevard devant moi. Mais il faut avoir au ventre une envie de pouvoir et de reconnaissance que je n’éprouve pas.» Elle se verrait plutôt conseillère du prince [éminence grise], œuvrant dans l’ombre pour le «progrès social» [Or, c'est sans discontinuer que la belle plante, sous le charme "asiatique" de laquelle C. Daumas est tombée en pâmoison, s'est en réalité exposée successivement comme ministre déléguée, puis secrétaire d'Etat et ministre potiche de la culture, quoi qu'en dise la journaliste sexiste.] En attendant de trouver le bon cheval, elle affûte ses arguments au sein d’un club." [Et le bon cheval, François Hollande, est un canasson !]

(La mise en forme et les commentaires sont dus à l'auteur du blog.)

dimanche 19 août 2012

Rugby: Yachvili déplore l'afflux d'étrangers au détriment de la formation française.

Le Top 14 recrute à l'étranger contre la formation française

Le produire en France exclut le sport

Le Figaro publie ce weekend un entretien avec Dimitri Yachvili (ci-contre)

Dimitri Yachvili espère de bons matchs avec le BO pour s'imposer comme le demi de mêlée du XV de France.
Pour sa dixième année au Biarritz Olympique, le demi de mêlée international de Biarritz (31 ans, 61 sélections) espère ne pas revivre les affres de la saison passée, ces rencontres au couteau pour éviter la relégation. 


Quelles sont les ambitions du Biarritz Olympique, seulement 9e du Top 14 la saison dernière ?

Dimitri Yachvili
: Notre pré­sident, Serge Blanco, souhaite reconquérir le bouclier de Brennus (sourire)… Le contrat est clair : finir le plus haut possible, que ce soit en Top 14 ou en Coupe d'Europe. Je ne pense pas qu'on puisse avoir la prétention de viser un de ces deux titres. Mais l'objectif indispensable est de terminer dans les six premiers en championnat.


Serge Blanco vous met un peu plus de pression…
Normal. Comme rugbyman, puis comme dirigeant, il a toujours été ambitieux. Mais nous, en tant que joueurs, on ne peut pas prétendre viser le bouclier dès le début de la saison.

Parce que le niveau du Top 14 se resserre ?
Effectivement. Cela va devenir de plus en plus compliqué de faire la course en tête, de se qualifier et de sortir grand gagnant des phases finales. Il y a de plus en plus de gros effectifs, en nombre et en talents, sur la base du plus haut niveau international. Tout se complique. Mais pas seulement pour notre club. Pour tous les autres aussi, quel que soit leur palmarès. Ce qui me laisse penser qu'on se dirige vers un très gros championnat, riche en rebondissements et en suspense.

Et qui peut en sortir vainqueur ?
Les prétendants sont encore plus nombreux que l'an passé. Sept ou huit équipes sont capables de décrocher le titre. Pour l'instant, je retiens que Toulon a une très, très grosse formation sur le papier. Toulouse également. Et d'au­tres clubs encore, grâce à un nouvel afflux de joueurs étrangers.

Cela semble vous irriter ?
Oui. C'est malheureux de voir autant de joueurs étrangers dans notre championnat. Cela élève notre niveau de jeu mais, aussi, cela tue notre formation. Tous les meilleurs, dans l'hémisphère Sud comme dans les îles britanniques ou en Argentine, sont fortement intéressés par la rémunération et le niveau de notre championnat qui s'élève chaque année un peu plus. Et comme la pression du résultat se fait de plus en plus forte, les clubs veulent très vite engranger des succès. Économiquement, pour prendre le moins de risque possible, c'est compréhensible. Seulement, nos espoirs, issus de nos écoles de rugby, ont de moins en moins de chances d'intégrer l'élite. Et sans expérience du haut niveau, on progresse moins vite. Cette course en avant, un moment donné, il faut la dénoncer.

L'an passé, le BO a connu un début de saison catastrophique. La tendance s'est inversée lors de votre retour de Coupe du monde. Ce n'est pas un hasard…
Je ne sais pas. Je dirais que je suis revenu au moment où l'équipe remontait la pente. Maintenant, une telle saison, on ne peut se permettre d'en faire deux de suite. Si tel était le cas, la prochaine risque de se terminer beaucoup plus mal. Alors ne pensons plus à notre fin de saison correcte. Prenons les choses en mains d'entrée pour ne pas nous compliquer la situation.

Au poste de demi de mêlée, de jeunes joueurs français sont prometteurs : Morgan Parra à Clermont, Maxime Machenaud au Racing et, même, Yann Lesgourgues à vos côtés à Biarritz. Vous sentez-vous menacé ?
Ces jeunes très doués veulent pousser les " vieux " dehors (sourire). Je vais me battre pour être toujours à la hauteur. La concurrence, c'est l'essence d'un sportif. Donc, je ferai tout pour gagner ma place.

Que vous inspire le retour de Frédéric Michalak en France, à Toulon ?
Un grand plaisir. J'apprécie beaucoup Frédéric sur le terrain comme en dehors. De retour de l'hémisphère Sud, je pense qu'il va faire du bien au rugby français. 

Et pourquoi ne pas reconstituer la charnière en équipe de France avec lui ? J'aimerais bien. C'est un coéquipier avec lequel j'adore jouer…

jeudi 31 mai 2012

Hollande, chef de l'Etat socialiste des énarques

L'ENA a pris le pouvoir

La prestigieuse Ecole Nationale d'Administration est une exception française

Des modèles produits  à la chaîne
Aucun pays démocratique ne crée une telle élite grise et froide conforme à la pensée unique d'Etat et n'usine ainsi ses propres rouages administratifs. Passés au moule du prêt-à-penser, ils manquent singulièrement de "reprise" (ou de courage) et sont trop "conventionnels" (et dénués de personnalité et de créativité):  ils sont tous incapables de " se distinguer par un style, un peu d'originalité, de prise de risque"
Prenez Lionel Jospin ! Il est viscéralement trotskiste, mais l'ENA a fait du révolutionnaire un homme épris de pouvoir. Pour autant, respire-t-il la joie de vivre ? Qu'a-t-il fait de positif au gouvernement, en période de prospérité ? A-t-il ouvert le chantier de la réforme des retraites ?

Une fabrique d'autistes
La présidente du jury 2010 s'est déclarée frappée par cette "absence de courage ou de force d'âme" au cours des entretiens. "Peu nombreux sont les candidats qui cherchaient réellement à convaincre le jury de leur position ou même qui ont osé donner un avis", note-t-elle. "Les candidats soit ne savaient pas, soit ne voulaient pas argumenter et défendre leur position et étaient tout à fait prêts à en changer". Le portait-robot de la normalité élyséenne actuelle...
Côté parité, des potiches
le rapport sur le concours d'entrée à l'ENA formule un autre "regret majeur": le manque de "diversité" avec des recrues majoritairement masculines. La présidente du jury s'avoue surprise par "le manque de confiance en soi" de certaines candidates et prône même des "séances de préparation adaptées aux jeunes femmes pour les aider à mieux utiliser leur potentiel". " Au nom de cette parité, François Hollande aurait-il recruté des inadaptées ?
.

François Hollande est l'un de ces produits de l'usine à hauts fonctionnaires 

De la chaîne de fabrication de l'Elite Normalisée Administrative (ENA)modèle  promotion Voltaire (janvier 1978-mai 1980).
sont sortis la voiture hybride Marie-Ségolène Royal, le 4x4 Michel Sapin, la berline Jean-Pierre Jouyet, qui l'ont accompagné dans sa course et le suivront au garage de l'Elysée.
Exemple de recrutement entre soi: Sylvie Hubac, directrice du Cabinet du président de la République française depuis le 15 mai 2012. 


Le hasard a fait que, tout juste un an avant la victoire inattendue de François Mitterrand en mai 1981, François Hollande sortait de l'ENA, avec 158 de ses "camarades" sortis, comme lui, de Sciences Po. Il avait  25 ans. 

Cette promotion compte un président de la République, François Hollande, élu le 6 mai 2012, et une candidate battue à l'élection présidentielle de 2007 - Marie-Ségolène Royal. Tous deux ont fait des enfants ensemble, dont aucun ne partage le parcours: l'ENA ne fabrique pas de dynastie. 

Autres véhicules de la pensée unique socialiste, modèle promotion Voltaire: Frédérique Bredin, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, ou Maurice Meda, vice-président de la CRE, maitre des requêtes au Conseil d’État, ancien directeur de cabinet du ministre des Relations aux parlements (2004-2006), 

Pierre-René Lemas, secrétaire général de l'Elysée 

Au premier rang des collaborateurs du président Hollande se trouve déjà Pierre-René Lemas. Directeur du cabinet de Jean-Pierre Bel, président (PS) du Sénat, le préfet Lemas occupe  le poste de secrétaire général de la présidence de la République. Le poste a été tenu par Dominique de Villepin, lui aussi de la promotion Voltaire, sous la présidence Chirac. 

Ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault, Michel Sapin était aussi de la promo Voltaire. Compagnons à l'ENA, les deux hommes le furent aussi pendant leur service militaire à Coëtquidan : une amitié de plus de trente ans. 

Cette proximité M. Hollande l'avait aussi avec Jean-Pierre Jouyet. Compagnon de l'ENA et de Coëtquidan, l'actuel président de l'Autorité des marché a cheminé, le temps de l'ouvertue, au  côté de Nicolas Sarkozy en faisant partie du gouvernement pendant une partie de son quinquennat. 
Cet "écart" sera-t-il porté à son débit pour la suite de sa carrière ? 

De la promo Voltaire au club Voltaire 

Parmi les autres "Voltaire" proches de M. Hollande, il y aussi Jean-Jacques Augier, ancien patron de la compagnie de taxis parsiens G7, qui était partie prenante de l'association de financement de la campagne de l'ancien député de la Corrèze. 

La promotion Voltaire se devait de donner naissance à un club Voltaire... tout dévoué à M. Hollande. Ce club qui est une émanation de l'association Démocratie 2012 est animé par plusieurs "hollandais voltairiens" : Mme Claude Revel Pallez-Halhal et Christian Tardivon, Colette Horel-Rodin et Jean-Marc Janaillac, tous deux cadres à la RATP dont le président, Pierre Mongin, fut plutôt un "balladurien voltairien". 

Démocratie 2012 a elle-même comme président, Dominique Villemot, conseiller de M. Hollande dont il fut une des "plumes", et comme secrétaire national, Jean-Marie Cambacérès, ancien député socialiste. Est-il utile de préciser que MM. Villemot et Cambacérès étaient aussi de la promo Voltaire à l'ENA ! 

Faut-il supprimer l'ENA ?

Cette grande école n’a cessé d’être critiquée depuis sa création, Jean-Pierre Chevènement traitant dès 1967 ses camarades énarques de " mandarins de la société bourgeoise ", des voix s’élèvent depuis plusieurs années pour demander purement et simplement sa suppression.
La première initiative est venue du PS qui, en 1972, inscrit la suppression de l’ENA à son programme. Cette revendication n’a cependant pas vu le jour car elle fut mise à l’écart par de jeunes énarques ayant acquis des responsabilités au sein du parti entre le congrès d’Epinay et les élections de 1981.
Une réforme est cependant intervenue en 1981. Elle a sauvé l'école au prix de l'ouverture d'une troisième voie d’entrée à l’ENA.

L’alternance entre demandes de réformes et demandes de suppression n’a cessé de s’amplifier depuis lors, celles-ci se fondant notamment sur la formation généraliste de cette école privant l’Etat de vrais spécialistes, l’absence de connaissance de l’entreprise alors que le « pantouflage » ne cesse de se développer, ou encore la logique de copinage et du corporatisme.

Le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier, Air France, la SNCF, dirigés par des énarques ont engendré des déficits abyssaux amenant M. Fourgous a poser cette question :" Combien l’ENA a coûté à la France ? "Les cas de désastres financiers de grandes entreprises dirigées par des énarques étant très répandus : Jean-Yves Haberer (Crédit Lyonnais), Alain Minc (Cerus), Michel Bon (France Télécom), Jean-Michel Bloch-Lainé (Worms), Pierre Bilger (Alstom) …

Méritocratie ou copinage ?
Un homme du Président sur quatre est issu de la même promotion que Hollande. 
Le président socialiste installe-t-il un régime sectaire à la tête de l'Etat ?