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mercredi 8 avril 2020

Limogeage du directeur de l'ARS du Grand-Est pour défaut d'humanité et d'intelligence

Christophe Lannelongue, premier d'une longue liste d'acteurs de santé 

"Je ne suis pas en colère," lâche l'olibrius...

Cet ex-inspecteur général des Affaires sociales a été démis de ses fonctions
 en Conseil des ministres ce mercredi.
Ce week-end, en pleine crise de pénurie  sanitaireil avait annoncé les suppressions d'emplois que prévoit toujours le plan de restructuration du CHRU de Nancy...

Directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand-Est, la région la plus sévèrement frappée par la pandémie de coronavirus  vient d’être démis de ses fonctions, s'est fait taper sur les doigts dès le lendemain par le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui a affirmé, peu après dans un tweet, que "l’heure viendra de tirer les enseignements de cette crise sans précédent et de refonder notre hôpital. Tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra".

Cet ex-conseiller de l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine a évoqué "un licenciement politique". Dans un entretien, le journal Libération a tenté de cerner la personnalité de l'individu: "déséquilibré" ou aigri" ?

Vous êtes viré ?
Oui, ce matin, le directeur de cabinet du ministre m’a téléphoné pour me prévenir qu’au Conseil des ministres de ce mercredi, le gouvernement mettait fin à mes fonctions.

Il est vrai que vous n’avez pas été très adroit dans vos propos…
Pas du tout… A la fin d’une conférence de presse sur le Covid, on m’a demandé où en était le projet de restructuration et de modernisation du CHU de Nancy. Je me suis contenté de répondre en termes de droit, et j’ai déclaré : "Il n’y a pas de raison de remettre en cause le Copermo [Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins] pour le CHRU de Nancy. Le dossier devrait être examiné début juin. La trajectoire reste la même." Voilà. C’est tout.

Certes, mais ce projet prévoit la suppression de plus de 500 emplois. Par les temps difficiles qui courent, ce n’était pas très habile…
Attendez, quand le lendemain le ministre dit que tout était suspendu, j’ai dit qu’il n’y avait aucune contradiction. J’évoquais juste quels étaient les projets en cours. Après, il m’est reproché de défendre ce projet.

Et c’est le cas, vous le défendez ?


Aujourd’hui, le CHRU de Nancy se répartit sur sept sites, il est en très mauvais état, y compris en termes d’offre et de qualité de soins, avec un énorme retard par exemple en chirurgie ambulatoire. Depuis près de deux ans, il y a un projet de reconstruction sur un seul site, projet que tous les acteurs appuient pour construire l’hôpital des années 2030. Certes, il peut y avoir des oppositions syndicales, mais la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, nous a poussés à le poursuivre. Une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a été menée, montrant le bien-fondé de ce projet. C’est un projet de modernisation qu’il ne faut pas juger uniquement sur le critère de suppressions d’emplois. Il y a eu des dizaines de réunions, un consensus se dégageait. Voilà! Quand il a été présenté en janvier, tout le monde était enthousiaste. Mais c’est vrai que nous sommes, aujourd’hui, encore en pleine campagne électorale ["on voit bien" que l'individu n'est pas à jour des événements marquants de ces derniers jours], et un des candidats, en l’occurrence Laurent Hénart, maire radical de Nancy qui est en mauvaise posture, est monté au créneau pour dénoncer mes "propos indécents". Qu’y puis-je ?

Ce sont quand même plus de 500 suppressions d’emplois sur 9.000 ?
Dans le projet, elles seraient étalées sur plusieurs mois et cela s’explique largement par le regroupement sur un seul site, avec d’énormes économies sur l’entretien et la logistique.

En tout cas, votre licenciement intervient alors que la région Grand-Est a été terriblement touchée par le coronavirus...
Oui, mais nous commençons à sortir la tête de l’eau. On a réglé, par exemple, la question des masques : on peut donner 50 masques par soignant par jour, beaucoup plus que les 19 recommandés. Nous sommes lancés dans une politique de dépistage massif dans les Ehpad, comme le souhaite le gouvernement. En lits de réanimation, on est passé de 460 à près de 1 500 lits. Grâce à nos voisins allemands, nous avons pu évacuer 150 patients, montrant une solidarité impressionnante, un peu plus d’ailleurs que celle des autres régions françaises qui ont accueilli près de 100 patients [ ! ]. Grâce aussi énormément à l’armée, qui nous a aidés magnifiquement.

On peut dire que la situation dans le Grand-Est est sous contrôle, la croissance des hospitalisations s’est ralentie, l’ensemble des personnels soignants est protégé et on a pris à bras-le-corps la situation dans les Ehpad.

Vous avez le sentiment d’être un fusible ?
Je ne suis pas en colère. Je ne fais pas de politique, je suis un fonctionnaire loyal. Je ne dis pas que je suis indispensable. On faisait et on fait du très bon travail, avec des équipes et du personnel soignant remarquables.

Dans cette affaire, l'individu voit un ... "malentendu"
Libération ne dit pas toute la vérité ou n'est pas bien informé...

"A aucun moment je n’ai remis en doute la légitimité du ministre (de la Santé) à décider," ce qu’il a fait dimanche puisqu’il a annoncé qu’il y avait bien suspension du projet et que la question serait reprise plus tard. déplore Christophe Lannelongue, qui fut l'un des conseillers de Marisol Touraine lorsqu'elle été ministre de la Santé. Quelle est sa part personnelle de responsabilité dans les décisions de suppressions de lits dans les hôpitaux mais également de non renouvellement du stock stratégique de masques ?
Il a écrit ou co-signé pas mal de "rapports" dont beaucoup consistaient principalement à expliquer qu'il fallait faire beaucoup mieux avec beaucoup moins d'argent, de moyens et de postes. C'est quand il était conseiller de Marisol Touraine qu'a été mis en place ce que l'on appelle le "COPERMO". Un acronyme pour "COmité interministériel de PERformance et de la MOdernisation de l'offre de soins" et qui a donc pour vocation de :
"valider et de suivre les actions proposées par les Agences Régionales de Santé. Les autres objectifs de la  COPERMO sont de sélectionner et de prioriser les projets d'investissements nécessitant un financement de l'Etat et d'assurer le suivi des établissements en difficulté."
"Je pense que les équipes médicales sont très satisfaites de la manière dont l’ARS a réagi" à la crise du coronavirus, a estimé l’intéressé. "On a multiplié par trois les capacités de réanimation, on a fait en sorte que dans la région Grand-Est, tous les malades aient été pris en charge" [ici ou ailleurs...: cette région a organisé des départs de trains médicalisés tellement tellement ses hôpitaux manquaient de lits et déplore les premiers médecins morts faute de protections face au Covid19 et un nombre record de familles endeuillées], a-t-il souligné. Christophe Lannelongue a précisé qu’il retournera à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), une célèbre niche dorée.

Il aura fallu plusieurs réactions indignées pour que Macron prenne la décision, selon L'Obs.
Le maire (MR) de Nancy, Laurent Hénart, et le  du président (PS) du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein, auraient exercé des pressions sur le premier ministre Edouard Phlippe, lequel a donc fait savoir, comme indiqué plus haut, "que les plans de réorganisation des établissements de santé sont évidemment suspendus à la grande concertation qui devra être menée dans ce cadre".

lundi 6 avril 2020

Mais où est donc soudain passée la conseillère santé de Macron ?

La protectrice des "vieux" et des Ehpad auprès de Macron a déserté au milieu de la bataille

Au moment où l’OMS déclare "l’urgence de santé publique de portée internationale," la conseillère santé du président de la République, Marie Fontanel, fait ses cartons, le 31 janvier. Elle n’a été remplacée qu’un mois plus tard. 

Cette débandade interpelle à nouveau sur la capacité de l'Elysée à gérer la crise sanitaire, au moment où la menace pandémique se profilait déjà.

Le motif officiel de son abandon de poste est la campagne LREM de son strasbourgeois de mari, le socialiste  Alain Fontanel. 
Le couple avait une bonne chance de mettre la main sur la mairie de la capitale alsacienne. La presse macronienne le présentait comme le "grand favori" du scrutin et le "dauphin naturel" du maire PS sortant, Roland Ries. BVA le situait néanmoins aux coude à coude avec EELV.
Son épouse a-t-elle lâché la proie pour l'ombre, sachant que la victoire n'était pas assurée, puisque desservi par le mouvement de contestation de la réforme des retraites", à laquelle l'épouse est associée. Il sera d'ailleurs devancé de huit points par les Ecologistes au premier tour, ne devançant LR que de 1,5 points.

Enarque, spécialiste des questions sociales comme membre de l’IGAS (niche dorée pour serviteurs hors d'usage du pouvoir), elle fut durant toute la première moitié du quinquennat l'experte en questions de santé du président Macron et Madame "personnes âgées", accessoirement, puisqu'elle cumulait la protection sociale, la lutte contre les inégalités, la dépendance et le handicap.
Marie Fontanel, 43 ans, connaît bien Emmanuel Macron, puisqu'ils sont tous les deux issus de la promotion Léopold-Sedar-Senghor (2004) de l'ENA. Elle a également été membre du comité d'experts qui a travaillé sur le programme du candidat En Marche!, sur les questions de santé également.
Marie Fontanel est mariée au premier adjoint PS au maire socialiste de Strasbourg, Alain Fontanel.
Des coïncidences troublantes

A la Une | Marie Fontanel, conseillère du président, à L'ElyséeC'est une ancienne n°2 de l’ARS Grand Est, d'où est partie l'épidémie de Covid 19... Marie Fontanel (ci-contre) a quitté la Présidence de la République le 22 janvier dernier.  On attend maintenant avec impatience le nom de son remplaçant : celui ou celle qui, dans les mois qui viennent, devrait être au cœur des arbitrages d’une loi Grand Age.

Agnès Buzyn a révélé avoir alerté Macron et Philippe dès le mois de janvier de la gravité de la crise sanitaire qui se profilait . Sans effets : ni commande massive de masques et de gel hydroalcoolique de protection, ni de créations de lits d'hôpitaux en début de semaine quant à 
"Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine, déclara-t-elle au Monde  : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir", a confié au quotidien du soir celle qui, en janvier, était encore ministre de la Santé.Quant à Marie Fontanel, sachant que le second tour ne pourrait avoir lieu, elle quitte l'Elysée avant la tempête pour faire campagne dans une élection dont elle sait qu'elle n'aura pas lieu...
Ces gens ne raisonnent vraiment pas comme nous !

dimanche 1 décembre 2019

Dans son "nouveau monde", Macron perpétue le scandale des "préfets hors cadre"


BFMTV rouvre le dossier du scandale des "préfets fantômes" 

Les "régimes spéciaux" dont il fallait dire un mot, ceux des hauts-fonctionnaires... 
Dans l'enquête "République : les derniers privilèges" diffusée lundi 25 novembre, BFMTV fait parler l'un de ces "préfets fantômes", lequel ne demande que ça, tant il est blessé d'être laissé pour compte. Il déballe ce qui se sait depuis des années, sans affectation, mais avec aigreur: s'il est professionnellement dévalorisé, il n'est pas pourtant pas démonétisé pour autant, en étant payé à rester chez lui sans rien faire, ni préfecture, ni mission. Les enquêteurs n'apporte aucune information nouvelle sur une pratique utilisée par tous les présidents de la Ve République, la nomination de proches collaborateurs "préfets" afin de les "recaser" : placard pour les uns, récompense pour les autres, mais rente à vie pour tous.

Recevoir 6.000 euros par mois pour rester chez soi, sans travailler, ce n'est ni injuste, ni humiliant pour certains. Cela peut être une réalité dans le corps préfectoral, mais aussi bien dans d'autres corps de hauts-fonctionnaires du Quai d'Orsay ou de l'Inspection des Affaires sociales: 
en 2013, François Chérèque, l’ancien secrétaire général de la CFDT avait été nommé inspecteur à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), après avoir été chargé par le gouvernement de superviser le plan national de lutte contre la pauvreté. Son protecteur, François Hollande, assistera à ses obsèques en 2017 Stéphane Lardy, l’homme de FO sur les questions d’emploi, rejoindra l’Inspection générale des affaires sociales, mais Macron le nommera directeur général de France compétences (1er mars 2019) comme l'ex-secrétaire général de la CGT, Thierry Le Paon, un ancien ouvrier soudeur, sera nommé par Valls à la lutte contre l’illettrisme.
Quant à Gérard Aschiéri, ancien secrétaire général - pendant neuf années - de la FSU, il siège depuis 2010, au Conseil économique, social et environnemental (CESE), la "chambre inutile de la République", où le salaire moyen des 150 fonctionnaires du palais d’Iéna approche les 4.000€/mois. Un niveau rarement vu dans la fonction publique, tout comme les 150.000€ annuels du secrétaire général. A ce prix-là, les agents ont en plus la possibilité de faire une heure de gym par jour sur leur temps de travail, et bénéficient d’un nombre de jours de congés qui fait que certains travaillent moins d’un jour sur deux en moyenne sur une année…
Dans une enquête baptisée "République : les deniers privilèges", BFMTV s’intéresse aux dysfonctionnements au sommet de l’Etat. Les équipes de la chaîne d’info ont rencontré Philippe Paolantoni, préfet de Wallis-et-Futuna en 2008, rappelé en 2010 à Paris et nommé préfet hors-cadre. "C’est-à-dire préfet sans préfecture, ni territoire. En clair, il est déclassé, placardisé", résument les auteurs du documentaire.
"J’ai demandé des rendez-vous, des instructions; on ne me répond pas. Donc vous restez chez vous", explique Philippe Paolantoni. "Je m’attachais à aller une fois par semaine au ministère pour montrer que j’étais toujours vivant, d’abord, et que je cherchais toujours du travail et il ne s’est rien passé". Sa fiche de paye, qu’il montre à la caméra, affiche un net à payer de 5.967,19 euros par mois. Il reconnaît lui-même que "toucher 5.900 euros par mois pour rester à la maison" est «scandaleux». "Etre payé à ne rien faire quand vous avez occupé des responsabilités, que vous avez le sentiment de ne pas avoir démérité, de ne pas avoir commis de faute, vous ne comprenez pas", poursuit-il pointant "un grand gaspillage sur le plan financier" et "une totale opacité dans la gestion du corps" préfectoral.

Philippe Paolantoni © capture d'écran BFM TV


"Sur les 257 membres du corps préfectoral, la moitié est sans affectation territoriale", précise BFMTV qui a demandé au ministère de l'Intérieur la liste des préfets hors cadre et leurs fonctions. La transparence, ce n'est encore pas sur ce sujet.

Les présidents nomment leurs fidèles préfets pour les récompenser  

S'il y a embouteillage chez les préfets, c’est aussi dû à une pratique, devenue banale : les chefs de l’Etat ont pris l’habitude de nommer leurs préfets fidèles et proches collaborateurs afin de les remercier de leurs bons et loyaux services. 
Face aux caméras, l'’ancien ministre socialiste de l'Agriculture Jean Glavany se livre ainsi à visage découvert sur cette pratique dont il a bénéficié en 1988, alors que la gauche était en difficulté, incertaine de remporter la présidentielle. "Il y a eu un mouvement de "tous aux abris", explique-t-il. Beaucoup de collaborateurs des cabinets ministériels, à l’Elysée, à Matignon qui n’avaient pas de statut, cherchaient à avoir des assurances, des garanties, des protections pour continuer leur vie administrative ou politique." François Mitterrand lui a alors proposé de devenir préfet hors cadre, pour le mettre à l’abri. "Il pensait à me protéger. (…) il était très affectueux, très protecteur à mon égard. Je lui disais on verra ça plus tard".
Il est nommé préfet trois mois avant la présidentielle. "Un job garanti à vie et un salaire très avantageux de 5.000 à 12.000 euros net par mois", soulignent les auteurs de l’enquête. Un poste qui lui permet également de devenir par la suite coordinateur des Jeux olympiques d’Albertville. Enfin, pour avoir été préfet 5 ans, il touche une pension de retraite de 4.500 euros à ce titre. S’ajoute à cela sa retraite de parlementaire. "Tous les hauts fonctionnaires qui ont fait de la politique ont les deux choses", évacue-t-il.
Les nominations de préfet hors cadre sont une pratique courante chez tous les présidents. 
François Mitterrand a nommé préfet cinquante de ses fidèles en deux septennats. Dernier en date, Emmanuel Macron a nommé son ex-chef de cabinet, François-Xavier Lauch, "préfet en charge d'une mission de service public". On est dans le confidentiel !

VOIR et ENTENDRE l'enquête diffusée lundi 25 novembre par BFMTV.
Dans un contexte de malaise social et de défiance envers les élus et les représentants de l’Etat, et malgré des mesures gouvernementales prises en faveur de plus de transparence, les équipes de BFMTV ont "fouillé" sur ceux qui jouissent des privilèges de la République. Existe-t-il des privilégiés parmi les serviteurs de l’Etat? Nos élus sont-ils devenus exemplaires? Y a-t-il toujours des pratiques illégales de détournement de frais professionnels ? Pourquoi certains salaires sont-ils distribués pour à des postes fantômes? Comment des fonctionnaires peuvent-ils cumuler plusieurs emplois?
"République : les deniers privilèges", une enquête signée par les journalistes Benoit Sarrade, Alexandre Funel et Etienne Grelet, sur BFMTV

mardi 15 janvier 2019

Gouvernement Philippe : des membres de cabinet bénéficient déjà d'un recasage

Le compte à rebours a commencé pour le gouvernement Philippe

Trois membres de cabinet, notamment à Matignon, ont été discrètement bombardés à des postes de prestige, signe d'une fin de règne annoncée d'Edouard Philippe.









Une page du quinquennat est en train de se tourner. 
La dernière en date est Claire Scotton, directrice-adjointe (derrière Stéphane Lardy, ancien secrétaire national de Force Ouvrière) du cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. La jeune énarque a été bombardée directrice de la stratégie RH d’Orange, où elle a commencé à travailler dès le 2 janvier. Selon le syndicat CFE-CGC, elle triplera ainsi sa rémunération : il met donc en question la légitimité de Claire Scotton, 36 ans, et son salaire. "D’après nos sources, dit Sébastien Crozier président du syndicat chez Orange, elle percevra tout compris, salaires, primes, actions, retraites complémentaires…l’équivalent de 250.000 à 300.000 euros par an. Alors qu’en cabinet, elle devait émarger à moins de 100.000 euros."

Résultat de recherche d'images pour "Claire Scotton"
Exaspéré, le syndicaliste condamne cette pratique : "Elle relève de l’entre-soi des princes qui nous gouvernent, s’insurge-t-il. Originaire d'Epinal et inspectrice à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), Claire Scotton a certes fait de brillantes études, Normale Sup, l’ENA, dont elle est sortie il y a moins de dix ans (2010), mais elle n’a aucune expérience à l’étranger, alors que les salariés du groupe travaillent dans leur majorité hors de France." La CFE-CGC a déposé un recours auprès de la Commission de déontologie de la fonction publique. Mais la direction d'Orange ne daigne pas commenter.

A Matignon, Edouard Philippe a, lui, voulu assurer l’avenir de sa chef de cabinet – qui a aussi été celle de Jean-Pierre Raffarin (2004-2005), après avoir débuté sa carrière comme chargée de mission à l'UDF auprès de François Bayrou (1988-1993), et chargée de mission au conseil régional de Poitou-Charentes alors présidé par Jean-Pierre Raffarin, puis directrice des relations institutionnelles du groupe Accor –Anne Clerc et cheffe du secrétariat particulier.
Extrait de la fiche de <span itemprop="name">Mme Anne CLERC</span>
En mai dernier, cette titulaire d'une maîtrise de biologie des organismes et des population (Paris VI) confirmait des conditions de travail dégradée à Matignon : "Le rythme de travail est très soutenu, la charge pèse sur les secrétariats". En un an, 14 personnes avaient changé de conseiller ou de secrétariat. Au seul secrétariat particulier du premier ministre, trois secrétaires ont été licenciées et trois autres ont décidé de partir de leur propre chef.

Par décret du 19 décembre passé inaperçu dans le grand public, mais repéré dans le cercle restreint de la haute fonction publique, le premier ministre l’a nommé préfète, alors qu'elle n’est pas haut fonctionnaire, et chargée d’une mission de service public, autrement dit sans affectation territoriale. Un joli saut de carrière pour cette mère de trois enfants qui n’avait pas de point de chute dans l’administration en cas de démission du gouvernement, après les élections européennes, par exemple…

Extrait de la fiche de <span itemprop="name">M. François-Antoine MARIANI</span>
Toujours à Matignon, ce même 19 décembre, le conseiller territoire de Philippe, François-Antoine Mariani, a été nommé commissaire délégué à l’égalité des territoires, directeur de la ville et de la cohésion urbaine, un service d'administration centrale (sous la tutelle de la ministre Jacqueline Gourault, 68 ans, MoDem, proche de Juppé et de Bayrou) nouvellement créé auprès de Serge Morvan (en 2014), mais un poste crucial en ces temps de troubles dans "la France périphérique". Petit détail : il n’est pas non plus haut fonctionnaire de carrière. Cet ancien assistant parlementaire est un éternel doctorant en droit public, mais gageons qu'il va y arriver... 

Le "monde nouveau" annoncé par Macron rappelle étrangement l'ancien
Résultat de recherche d'images pour "recasage haut fonctionnaires"En août 2018, dans l'été, Agnès Saal avait été nommée haut fonctionnaire à l'égalité et la diversité et la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère de la Culture, une durée de trois ans, selon un arrêté publié au Journal Officiel. Un beau lot de consolation après avoir été contrainte à la démission suite à la révélation de factures de taxis astronomiques (48.000 euros) lorsqu'elle avait la présidence de l'INA.

jeudi 12 octobre 2017

Macron ouvre le chantier formation apprentissage et assurance-chômage

Syndicats et patronat à l’Elysée pour débattre de formation et d'assurance-chômage

Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux, syndicats patronaux et ouvriers pour aborder la suite des réformes sociales

Résultat de recherche d'images pour "Le président français Emmanuel Macron au marché de Rungis, dans la banlieue de Paris, le 11 octobre 2017© POOL/AFP Francois Mori"
Formation professionnelle, apprentissage et assurance-chômage sont à l'ordre du jour, dans un climat social alourdi par les premiers choix du quinquennat.
Plus de quatre mois après les premières rencontres sur les ordonnances réformant le droit du travail, l'exécutif reprend la même méthode: le président ouvre la concertation, jeudi et vendredi, en accordant une heure à chaque syndicat
Jeudi, Jean-Claude Mailly débutera la journée à 09h00 et sera suivi par Philippe Martinez (CGT) à 10h00, François Hommeril (CFE-CGC) à 11h00, Alain Griset (U2P) à midi, Pierre Gattaz (Medef) à 15h00, Philippe Louis (CFTC) à 16h00 et François Asselin (CPME) à 17h00. Laurent Berger (CFDT), indisponible jeudi, sera reçu vendredi à 09h00.
Macron passera ensuite le relais à Matignon et à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avec pour objectif un projet de loi  en avril

Les "trois chantiers" sont "liés et "contribuent à protéger chacun", a estimé
M.
 Pénicaud,  mercredi sur BFMTV, malgré un climat social dégradé depuis l'été, avec la colère des policiers, la mobilisation des agriculteurs, des blocages routiers, un défilé de 2.000 retraités maltraités et le mécontentement des fonctionnaires qui ont défilé mardi, alors que la discussion budgétaire qui s'annonce animée à l'Assemblée et que la CGT a appelé à manifester une troisième fois le 19 octobre pour le retrait des ordonnances.

Publiées fin septembre, les ordonnances sont déjà entrées en vigueur, ce qui ne constitue pas un obstacle à leur retraitau vu d'un précédent notable, la loi instituant le contrat première embauche (CPE) adoptée par le Parlement le 31 mars 2006 qui avait entraîné trois mois de fronde étudiante avec le soutien par des partis et syndicats de gauche, bien que promulguée ne fut pas appliquée.

Macron joue la division

"On est tous d'accord pour dire qu'il y a de l'inquiétude sur ce qui va être fait en termes de formation professionnelle et d'assurance chômage, qu'il y a beaucoup d'incertitudes", a affirmé Véronique Descacq (CFDT) à l'issue d'une intersyndicale lundi. 

"On se demande ce qu'il y a de positif pour les salariés", résume le chef de file de FO, Jean-Claude Mailly, dans un entretien avec Paris-Match, voyant "davantage de signes négatifs", comme la "suppression de l'ISF".

Les syndicats peinent néanmoins à se mettre d'accord sur une riposte. 
Ils ont d'ailleurs prévu de tous se revoir le 24 octobre, après avoir rencontré l'exécutif sur ces nouveaux chantiers.

L'assurance chômage pour tous : attrape-nigauds ?

La réforme de l'assurance chômage risque de cristalliser la lutte sociale.
Il est prévu d'étendre le système aux indépendants et aux démissionnaires. "L'objectif, c'est d'ouvrir l'assurance chômage à tous et c'est aussi qu'elle puisse se réformer pour lutter contre la précarité", raconte Pénicaud. Car "les contrats précaires", c'est "ce qui coûte le plus cher à l'assurance chômage". Des sanctions sont prévues sous forme de "bonus-malus" à l'encontre des entreprises qui abuseraient des contrats courts. 

Pénicaud a par ailleurs qualifié de "fantaisiste", mercredi, le coût des nouvelles indemnisations chiffré à 14 milliards d'euros par la presse, tandis que les syndicats, eux, craignent que ces nouveaux droits n'entraînent une baisse des allocations. 

Le financement et la gouvernance est un autre sujet de friction. 
Le régime ne serait plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l'impôt (CSG), et il passerait d'une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec un pilotage de l'Etat.

Les Français consacreront 15 milliards à la formation professionnelle

Le gouvernement a déjà promis de consacrer la somme sur cinq ans dans le cadre du grand plan d'investissement, dans le but de former un million de chômeurs de longue durée et un million de "décrocheurs". 
Ce gouvernement veut à son tour tenter de simplifier un secteur difficilement lisible où se côtoie une multitude d'acteurs intéressés à l'enveloppe budgétaire, au premier rang desquels, les syndicats.

Le pouvoir compte ainsi réformer le CPF, compte personnel de formation. 
Dans un rapport publié mercredi soir, l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) juge que ce dispositif relatif à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale mis en place en 2015 "reste en-deçà des ambitions initiales" et ce "malgré un volontarisme incontestable dans son déploiement". L'argent n'aurait-il pas été dépensé au mieux des intérêts des personnes vulnérables concernées: les salariés du secteur privé et du secteur agricole, dès 16 ans, et les personnes en recherche d'emploi (demandeurs d'emploi inscrits ou non à Pôle emploi) ou en Contrat de sécurisation professionnelle.
"Clé de voûte" de la réforme de 2015, la gestion du CPF était confiée à la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance rendant compte au Parlement et dirigée par une personnalité nommée pour cinq ans par décret du président de la République, actuellement Pierre-René Lemas, ex-secrétaire général de la présidence de la République (2012-2014).
"Ce que je souhaite faire, c'est que chaque Français, chaque salarié, puisse avoir sur une 'appli', facile d'accès à tous, à ses droits à la formation, combien d'heures, ça coûte combien (...), quel est le taux d'insertion dans l'emploi après", annonce la ministre. 

La réforme de l'apprentissage se fera, comme celle de la formation, en concertation avec les régions et devra rendre plus attractif ce dispositif.


jeudi 1 décembre 2016

Un conseiller sort un livre pour achever Hollande

Un ex-conseiller de Hollande publie "L'abdication" 

"L'abdication" est un livre d'Aquilino Morelle qui règle ses comptes en racontant le début du quinquennat "vu de l'intérieur"

L'éditeur Grasset publie les révélations de l'ancien conseiller du président François Hollande. 
Dans son bouquin, A. Morelle, proche d'Arnaud Montebourg -dont il fut le directeur de campagne à la primaire présidentielle socialiste de 2011- et ami de Manuel Valls,  raconte qu'il avait été limogé de sa fonction de conseiller politique auprès du président Hollande en avril 2014 après des accusations de conflit d'intérêt, finalement classées sans suite. Preuve de son innocence ou de l'indépendance de la Justice ?

Fils d'immigrés espagnols passés de Belleville au XVIe arrondissement de Paris, le petit marquis avait aussi été mis en cause pour avoir fait cirer ses pompes, pardon, ses chaussures Weston, dans les murs de l'Elysée par un manant salarié du contribuable éreinté, en toute justice sociale, par la pression fiscale socialiste. 

Le Monsieur Propre de Hollande assura qu'il ne s'agisait que d' "affirmations dénuées de tout fondement, qui visent uniquement à me salir". Selon lui, "il arrive dans la vie politique que certaines personnes aient intérêt à jeter la suspicion sur une autre". 
Tous les deux mois, un cireur se rendait à l'Elysée pour cirer les chaussures d'Aquilino Morelle. "Des souliers de luxe sur mesure. Des Davison, des Weston… Des chaussures de plein cuir toujours du même style", précise à Mediapart David Ysebaert, l'homme qui en prend soin. A deux reprises, le conseiller a même fait privatiser un salon de l'hôtel Marigny, affirme-t-il. "Il était au téléphone, en chaussettes, au milieu de cette salle immense. Et moi, j'étais face à lui en train de lui cirer ses souliers." Joint par divers media à la suite de cet entretien, le fameux cireur de souliers a expliqué avoir subi un savon du conseiller au téléphone.

Fin connaisseur des privilèges offerts par Marianne, sa bienfaitrice


Morelle avait entamé sa carrière de profiteur par le choix éclairé d'un premier poste à ... l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), repaire de planqués.
Il n'a pas hésité à abuser de Marianne et des privilèges de la République. Mediapart affirme que le conseiller de François Hollande disposait de deux chauffeurs personnels, exclusivement à sa disposition, tandis que son maître se flattait devant la presse et les Français de réduire les salaires de ses ministres comme le sien... Mais, tous les mardis, l'un des chauffeurs de l'Elysée attribués à sa noble personne emmenait "son fils pour des activités personnelles dans le XVe arrondissement", loin de ses origines familiales à Belleville et de la racaille. 

On apprit également que ce patron social, socialiste et vertueux demandait à ses secrétaires de gérer les conflits avec les locataires des nombreux biens immobiliers qu'il possède, de s'absenter régulièrement pendant les heures de bureau pour des séances de "sauna, hammam ou gommage" et d'apprécier sans modération les grands crus de la cave de l'Elysée.

Cet ex-plume de l'austère Lionel Jospin, alors premier ministre (1997-2002), était également la plume officielle des discours de François Hollande depuis son accession à l'Elysée en mai 2012. 

Il est notamment l'auteur du discours du Bourget, le plus célèbre de la campagne de François Hollande en 2012. Le site Mediapart révéla toutefois qu'Aquilino Morelle aurait en réalité utilisé un nègre littéraire, Paul Bernard, pour les écrire à sa place. "Alerté, le président a fini par sortir le nègre des griffes du conseiller en décembre 2012", assure le site trotskiste.

En 2004, cette plume rose de Jospin avait pourtant été placée en garde à vue, soupçonnée d'avoir favorisé l'obtention d'une Légion d'honneur en échange d'un séjour à bas prix dans un hôtel de luxe à Venise, alors qu'il était conseiller de Lionel Jospin.


Un Aquilino Morelle aux nombreuses parts d'ombre et "qui a beaucoup menti", selon Mediapart

Surfant sur l'"image d'un médecin intègre" (bien qu'il n'ait jamais exercé) depuis son rapport accablant sur le Mediator, l'enquête révèle ses liens troubles avec l'industrie pharmaceutique pour des travaux secrets avec des labos. 
Enarque qui, en 1992, a préféré aux hôpitaux nauséabonds les fauteuils profonds de l'IGAS, Aquilino Morelle ne s'est pas pour autant interdit d'entamer en parallèle, en 2007, une collaboration avec Lundbeck, un laboratoire danois qui lui aurait rapporté 12.500 euros hors taxe, ce qui est rigoureusement interdit par la loi qui stipule que "les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public consacrent l'intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative, de quelque nature que ce soit". Un collaborateur de Matignon pouvait-il l'ignorer ?

Seuls "l'expertise, la consultation, les activités littéraires et scientifiques et les enseignements peuvent être autorisés", ajoute l'IGAS, interrogée par Mediapart. Ce corps d'inspection a néanmoins donné son feu vert, mais seulement pour que le conseiller puisse faire de l'argent en donnant des cours à la Sorbonne, comme Benoît Hamon (bac +3) fut un temps professeur associé à l'univeristé Paris 8 (avec ouverture de droits ?). Mais pas de trace d'une autorisation pour travailler avec un laboratoire privé que, prudemment, le chef de l'IGAS de l'époque, André Nutte, "ne se souvient pas avoir signée". Cette activité non déclarée pourrait donc s'apparenter à une prise illégale d'intérêts, un délit puni de 75.000 euros d'amende et de 5 ans de prison.
Interrogé par Mediapart, un dirigeant de Lundbeck a en revanche conservé le souvenir des bons services rendus par Aquilino Morelle : "Il nous a ouvert des portes. Et c'est un enjeu majeur : nous permettre d'aller défendre notre dossier auprès de la bonne personne." Selon le site, le conseiller aurait ensuite approché, en vain, d'autres laboratoires comme Sanofi et même Servier, (avant le scandale et son fameux rapport), ce que les intéressés ont confirmé.

Dans un "droit de réponse" publié sur sa page Facebook, Aquilino Morelle a sa conscience socialiste pour lui, estimant avoir respecté les règles : "En tant que fonctionnaire, un certain nombre d'activités annexes sont autorisées par la loi, dont l'enseignement et le conseil. C'est dans ce cadre que j'ai accepté le contrat ponctuel avec le laboratoire Lündbeck (15 octobre/31 décembre 2007). (...) Ces activités ont dû être déclarées à l'IGAS [complice ?]. Je n'ai pas retrouvé la trace de cette démarche en dépit de mes recherches." "A aucun moment je n'ai donc été en situation de conflit d'intérêts", estime-t-il. 
Une version contredite par André Nutte, chef de l'IGAS au moment des faits. "Je n'ai pas mémoire d'avoir donné quelque autorisation que ce soit. On ne peut pas avoir une mission d'inspection et de contrôle et apporter une prestation d'assistance à une entreprise qui fait partie du contrôle. On peut parler de conflit d'intérêt ou au moins évoquer la notion, c'est la moindre des choses", a-t-il raconté au micro de RTL.

Et le voilà qui repointe son nez poudré... 
L'icône de la méritocratie à la française - qui incarne l'aile gauche vertueuse du PS - n'a depuis jamais caché son amertume vis-à-vis du chef de l'Etat et le livre promet d'être "sanglant", assure-t-on dans l'entourage de Morelle.