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mardi 15 janvier 2019

Gouvernement Philippe : des membres de cabinet bénéficient déjà d'un recasage

Le compte à rebours a commencé pour le gouvernement Philippe

Trois membres de cabinet, notamment à Matignon, ont été discrètement bombardés à des postes de prestige, signe d'une fin de règne annoncée d'Edouard Philippe.









Une page du quinquennat est en train de se tourner. 
La dernière en date est Claire Scotton, directrice-adjointe (derrière Stéphane Lardy, ancien secrétaire national de Force Ouvrière) du cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. La jeune énarque a été bombardée directrice de la stratégie RH d’Orange, où elle a commencé à travailler dès le 2 janvier. Selon le syndicat CFE-CGC, elle triplera ainsi sa rémunération : il met donc en question la légitimité de Claire Scotton, 36 ans, et son salaire. "D’après nos sources, dit Sébastien Crozier président du syndicat chez Orange, elle percevra tout compris, salaires, primes, actions, retraites complémentaires…l’équivalent de 250.000 à 300.000 euros par an. Alors qu’en cabinet, elle devait émarger à moins de 100.000 euros."

Résultat de recherche d'images pour "Claire Scotton"
Exaspéré, le syndicaliste condamne cette pratique : "Elle relève de l’entre-soi des princes qui nous gouvernent, s’insurge-t-il. Originaire d'Epinal et inspectrice à l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), Claire Scotton a certes fait de brillantes études, Normale Sup, l’ENA, dont elle est sortie il y a moins de dix ans (2010), mais elle n’a aucune expérience à l’étranger, alors que les salariés du groupe travaillent dans leur majorité hors de France." La CFE-CGC a déposé un recours auprès de la Commission de déontologie de la fonction publique. Mais la direction d'Orange ne daigne pas commenter.

A Matignon, Edouard Philippe a, lui, voulu assurer l’avenir de sa chef de cabinet – qui a aussi été celle de Jean-Pierre Raffarin (2004-2005), après avoir débuté sa carrière comme chargée de mission à l'UDF auprès de François Bayrou (1988-1993), et chargée de mission au conseil régional de Poitou-Charentes alors présidé par Jean-Pierre Raffarin, puis directrice des relations institutionnelles du groupe Accor –Anne Clerc et cheffe du secrétariat particulier.
Extrait de la fiche de <span itemprop="name">Mme Anne CLERC</span>
En mai dernier, cette titulaire d'une maîtrise de biologie des organismes et des population (Paris VI) confirmait des conditions de travail dégradée à Matignon : "Le rythme de travail est très soutenu, la charge pèse sur les secrétariats". En un an, 14 personnes avaient changé de conseiller ou de secrétariat. Au seul secrétariat particulier du premier ministre, trois secrétaires ont été licenciées et trois autres ont décidé de partir de leur propre chef.

Par décret du 19 décembre passé inaperçu dans le grand public, mais repéré dans le cercle restreint de la haute fonction publique, le premier ministre l’a nommé préfète, alors qu'elle n’est pas haut fonctionnaire, et chargée d’une mission de service public, autrement dit sans affectation territoriale. Un joli saut de carrière pour cette mère de trois enfants qui n’avait pas de point de chute dans l’administration en cas de démission du gouvernement, après les élections européennes, par exemple…

Extrait de la fiche de <span itemprop="name">M. François-Antoine MARIANI</span>
Toujours à Matignon, ce même 19 décembre, le conseiller territoire de Philippe, François-Antoine Mariani, a été nommé commissaire délégué à l’égalité des territoires, directeur de la ville et de la cohésion urbaine, un service d'administration centrale (sous la tutelle de la ministre Jacqueline Gourault, 68 ans, MoDem, proche de Juppé et de Bayrou) nouvellement créé auprès de Serge Morvan (en 2014), mais un poste crucial en ces temps de troubles dans "la France périphérique". Petit détail : il n’est pas non plus haut fonctionnaire de carrière. Cet ancien assistant parlementaire est un éternel doctorant en droit public, mais gageons qu'il va y arriver... 

Le "monde nouveau" annoncé par Macron rappelle étrangement l'ancien
Résultat de recherche d'images pour "recasage haut fonctionnaires"En août 2018, dans l'été, Agnès Saal avait été nommée haut fonctionnaire à l'égalité et la diversité et la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère de la Culture, une durée de trois ans, selon un arrêté publié au Journal Officiel. Un beau lot de consolation après avoir été contrainte à la démission suite à la révélation de factures de taxis astronomiques (48.000 euros) lorsqu'elle avait la présidence de l'INA.

lundi 9 avril 2018

Le CSA a subi des pressions politiques consenties, révèle Mathieu Gallet

Mathieu Gallet fait le procès de ses juges du gouvernement et du CSA

Le PDG déchu de Radio France a déposé un recours contre sa révocation par le CSA
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Les membres du jury qui a destitué Mathieu Gallet
Le gendarme de l'audiovisuel a cédé aux pressions du gouvernement, déplore Mathieu Gallet, dans ce recours, déposé vendredi 30 mars, devant le Conseil d'Etat contre la décision du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) de le destituer. Ce recours comprend un texte de 22 pages, plus 13 documents en annexe. 
Le conflit intervient dans un contexte de grande confusion, alors que le CSA doit nommer en avril des nouveaux dirigeants à Radio France et France Médias Monde (RFI, France 24, après l'annulation du mandat de sa patronne Marie-Christine Saragosse, à la suite d'un malentendu administratif).
Dans le cas de Radio France, le CSA auditionnera les candidats retenus du 9 au 13 avril et prendra sa décision au plus tard le 14 avril. Les auditions et la désignation du PDG de France Médias Monde auront lieu la semaine suivante.

Ce texte tire à boulets rouges sur les auteurs de sa disgrâce, mais aussi sur le pouvoir politique.
Mathieu Gallet y dénonce "les pressions publiques exercées par le gouvernement sur le CSA". Il rappelle bien sûr la déclaration dans le Monde de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, appelant à son départ. Selon Mathieu Gallet,  "par ces déclarations qui visaient directement à inciter M. Gallet à démissionner de son poste, le gouvernement a clairement fait connaître sa position: faire pression sur le CSA pour qu’il mette fin aux fonctions de M. Gallet". 

L'ancien PDG implique aussi les propos de la ministre de la Justice.
Nicole Belloubet avait en effet déclaré dans le Grand jury de RTL: "il y a des exigences éthiques. Mathieu Gallet devrait se poser la question [de sa démission] en conscience". Pour Mathieu Gallet, "ces propos émanant d’un membre du gouvernement visaient manifestement à exercer une pression directe sur le CSA, à l’heure où le CSA devait forger son opinion sur la nécessité de révoquer ou non M. Gallet". Mais ce n'est pas tout. 

Le lendemain du limogeage du jeune PDG, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux s'en est félicité sur Europe 1. Conclusion de Mathieu Gallet: "Ces éléments attestent de l’ingérence du pouvoir exécutif dans l’adoption de la décision du CSA, en méconnaissance totale du principe d’indépendance du CSA". 

Un CSA  aussi soumis qu'un Parquet

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Ces pressions politiques n'auraient pas abouti si le CSA n'y avait pas cédé, souligne la victime de l'"indépendance" de l'Autorité de régulation que préside Olivier Schrameck, 66 ans, ancien directeur de cabinet de Jospin et proche de Hollande qui le nomma en 2013. Pour des raisons de santé, Schrameck fut remplacé, fin février 2018, par Nicolas Curien, doyen des membres du Conseil (nommé au CSA en janvier 2015 par le président du Sénat, Gerard Larcher, en sa qualité de spécialiste de l'économie industrielle des secteurs en réseaux et de l'économie numérique).
Il est le fils du professeur, Curien, ministre de la Recherche et de la Technologie de Mitterrand (1984-1986, puis de 1988-1993).

Mathieu Gallet reproche donc au gendarme de l'audiovisuel sa soumission.  D'abord, il rappelle que le CSA a le statut d'autorité publique indépendante. Mathieu Gallet en déduit: "Dès lors, le CSA ne peut, sans méconnaître ce principe d'indépendance, répondre à une quelconque tentative d’influence de la part de l’exécutif". Mieux: la loi assigne justement comme mission au CSA de garantir "l’indépendance et l’impartialité du service public audiovisuel". Ce que Mathieu Gallet analyse ainsi: "Le législateur, en s’assurant que le pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l'audiovisuel public soit exercé par le CSA, a clairement entendu éviter que le gouvernement puisse révoquer un président qui ne servirait pas ses intérêts, ou qui ne lui conviendrait plus". 

Le CSA explique dans sa décision avoir révoqué le jeune PDG car il n'avait plus la confiance du gouvernement. Ce qui indigne Mathieu Gallet: "ce type de considérations aurait justement dû être exclu de toute appréciation portée par une autorité chargée de veiller à l’indépendance de l'audiovisuel public". 

Le déroulé des événements démontre clairement une intervention politique, souligne l'ex-PDG. 
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D'abord, le CSA décide l'ouverture d'une procédure de destitution juste après la déclaration de Françoise Nyssen (ci-contre) demandant le départ du patron des radios publiques. Pour Mathieu Gallet, "il est évident que l’ouverture de cette procédure par le CSA résulte directement de la pression publique exercée par le pouvoir exécutif". 
Une fois Mathieu Gallet destitué, Françoise Nyssen s'en est immédiatement félicitée au nom de "l’exemplarité des dirigeants des entreprises". Comme par hasard, elle reprenait presque mot pour mot un passage de la décision du CSA, qui parle de "l’exemplarité des dirigeants d’entreprises publiques". 
Or, au moment où Françoise Nyssen s'exprime, la décision du CSA n'est pas encore publique : la décision sera publiée deux heures et demie plus tard... Mathieu Gallet en conclut qu' "une communication a nécessairement eu lieu entre le CSA et la ministre à propos de la décision du CSA, avant que cette décision ne soit officiellement rendue. Cette communication officieuse crée un soupçon très fort sur les conditions dans lesquelles le CSA a [révoqué] M. Gallet. 
La coïncidence entre les arguments, voire les termes, utilisés par le CSA et par le gouvernement démontre que la décision finale n’a été rendue qu’à l’issue d’un échange très étroit entre l’exécutif et le CSA, matérialisant l’existence d’une véritable entente entre eux. "Les conditions dans lesquelles le CSA a rendu sa décision ont confirmé l’existence d’une relation d’influence entre le gouvernement et le CSA, en méconnaissance du principe d’impartialité et de l’indépendance qui doit régir l’action de cette autorité". 

Ensuite, Mathieu Gallet met en évidence la volonté très restrictive du texte de loi permettant de révoquer un président de l'audiovisuel public. 
"La loi ne permet de révoquer le président de Radio France que dans des cas exceptionnels, qui tiendraient par exemple à ce que l’état psychologique du président le rende incapable d’exercer sa fonction. Force est de constater que la situation de M. Gallet ne correspond absolument pas à cette hypothèse". 
Surtout, la loi indique que le CSA, lorsqu'il nomme ou révoque un président de l'audiovisuel public, doit se baser sur des "critères de compétence et d'expérience". Mathieu Gallet relève que "ces critères de compétence et d’expérience fixés par la loi ont précisément comme intérêt d’empêcher la révocation d’un président de Radio France dont le seul tort serait de ne plus être soutenu par l’exécutif. En méconnaissance de la loi, la décision du CSA ne se fonde à aucun moment sur la circonstance que M. Gallet ne remplirait plus les critères de compétence et d’expérience qui avaient justifié sa nomination". 
Au contraire, le CSA souligne même dans sa décision "la compétence managériale" de l'exlus. Mathieu Gallet en conclut logiquement que "les compétences de M. Gallet pour diriger Radio France sont établies de manière indiscutable par le bilan de M. Gallet à sa présidence"

Le PDG déchu valorise ses quatre années de direction

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Il n'hésite pas à qualifier son propre bilan d'"excellent" et d'"extrêmement positif" et sa gestion "efficace et performante". Il souligne ses "excellents résultats, tant sur le plan financier que sur le plan des audiences". Côté finances, il peut ainsi se féliciter de la hausse du chiffre d'affaires de 2,2% en 2016, sans toutefois rappeler que des crédits versés par l'Etat (et le redevable de la taxe audiovisuelle) a contribué pour un tiers au budget. Il reste qu'il en a fait bon usage. 
Il peut s'enorgueillir ensuite de la réduction des pertes en 2016..., après des pertes record (-13,9 millions d'euros) enregistrées en 2015. 

Côté audiences, "Radio France a gagné deux points d'audience cumulée en quatre ans". Et cela, malgré la grève de 2015, la plus longue de l'histoire de l'audiovisuel public, et en dépit du retard pris par le chantier de la Maison de la Radio... 

Enfin, Mathieu Gallet évoque les louanges provenant de la presse, dont un éditorial du Monde, et même de Françoise Nyssen, qui a vanté son "bon bilan" dans le Journal du Dimanche, JDD. 

La présomption d'innocence bafouée

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Pour limoger le patron de Radio France, le CSA s'est surtout justifié par la condamnation de Gallet à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour "favoritisme" lors de la passation de marchés publics à l'INA. Or, Mathieu Gallet est en appel de cette condamnation, qui n'est donc pas définitive. 

Mathieu Gallet met en évidence les problèmes de droit.
D'abord, "un jugement pénal qui a fait l’objet d’un appel sur lequel il n’a pas encore été statué, est dépourvu de l’autorité de la chose jugée
Le CSA ne s’est pas livré lui-même à une analyse de la régularité des marchés signés par M. Gallet en tant que président de l’INA et il n’a pas non plus porté une appréciation nouvelle sur la compétence de l’intéressé au regard de cette analyse. 
Ce jugement ne pouvait pas légalement conduire le CSA à réviser le jugement porté sur la compétence de M. Gallet lors de sa nomination. Le CSA ne pouvait donc en aucun cas invoquer ce jugement pour justifier son choix de révoquer M. Gallet, ce qu’il a pourtant fait dans sa décision". 

"Ni le jugement du tribunal, ni personne, n’a jamais remis en cause l’absolue probité de M. Gallet. M. Gallet n’a retiré aucun avantage de la signature des marchés considérés, ni pour lui-même, ni pour ses proches. A l'inverse, en mettant en doute 'la crédibilité et l’exemplarité' de Mathieu Gallet, du seul fait du jugement du tribunal, le CSA a tenu pour acquis, non seulement la culpabilité de M. Galet, mais aussi son manque de probité. Ce faisant, le CSA a porté une appréciation définitive sur les qualités morales de M. Gallet, sans qu’aucun élément matériel ne puisse le justifier, et il a gravement porté atteinte à la présomption d’innocence à laquelle a droit M. Gallet". 

Rappelons que Mathieu Gallet pourra aussi engager un contentieux indemnitaire et se voir verser ses mois de salaire perdus (223.000 à 270.000 euros), ainsi que l'indemnisation de son préjudice moral et financier. 

Double peine annoncée pour les Français, en tant que contribuables envers le fisc et comme auditeurs et téléspectateurs soumis à la redevance audiovisuelle de 138 euros.

mercredi 31 janvier 2018

Le CSA chasse Mathieu Gallet de la présidence de Radio France

Le bellâtre obtiendra-t-il une niche dorée ?

La chance du patron de Radio France Mathieu Gallet a tourné

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Le CSA a décidé mercredi de le révoquer à compter du 1er mars
, conséquence de sa condamnation pour favoritisme lorsqu'il dirigeait l'INA et donnant au pouvoir politique qui réclamait son départ.
"Le Conseil supérieur de l'audiovisuel, réuni ce jour en assemblée plénière, a décidé de retirer son mandat au président de Radio France Mathieu Gallet et ce, à compter du 1er mars 2018": c'est par ce bref communiqué que les sept "gendarmes" du service public audiovisuel, réunis depuis le début de la matinée, ont fait connaître leur verdict dans l'après-midi.

Le CSA - présidé depuis 2013 par Olivier Schrameck - avait lui-même nommé Mathieu Gallet en 2014, à la surprise générale, faisant du gracieux dirigeant de l'INA - avec le soutien de Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture en 2010, lors de sa nomination à l'Institut national de l'audiovisuel -, le plus jeune patron de la radio publique.

Les motivations de cette sanction, inédite, étaient attendues dans la journée.
La défense de Mathieu Gallet, 41 ans, attend de prendre connaissance des motifs de la décision avant de se décider sur un éventuel recours devant le Conseil d'Etat. Mais, sans attendre, les avocats Christophe Ingrain et Rémi Lorrain ont estimé que "c'est une décision que nous regrettons profondément. La pression de l'Etat a été plus forte que la présomption d'innocence", en dépit de la condamnation de leur client. 

Mathieu Gallet était sur la sellette depuis le 15 janvier, date de sa condamnation à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende, pour avoir favorisé deux sociétés de conseil lorsqu'il présidait l'Institut national de l'audiovisuel entre 2010 et 2014.

Le dirigeant de Radio France, qui n'a cessé de protester de son innocence, avait fait appel et refusé de démissionner, mais Mme Nyssen avait jugé "inacceptable" son maintien et appelé l'intéressé et le CSA à "tirer les conséquences" du jugement.

De son côté, la ministre de la Culture a rappelé la "position très claire" du gouvernement.
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"L'exemplarité" est "une condition absolue de bonne gouvernance et de légitimité" pour les dirigeants des services publics, a insisté Françoise Nyssen. 
Mais, le départ de Mathieu Gallet étant fixé au 1er mars, un recours peut théoriquement être examiné avant cette date.

Le démis est originaire de Villeneuve-sur-Lot, comme Cahuzac

Cette décision est un coup d'arrêt pour celui qui avait jusqu'ici connu une trajectoire météoritique dans l'univers des media.
Il était parvenu à surmonter plusieurs épreuves au début de son mandat à Radio France, notamment malgré une polémique sur le coût de rénovation de son bureau et sur ses dépenses en communication, ainsi qu'une grève historique d'un mois contre des suppressions de postes.

Mais il pouvait se prévaloir d'un bilan solide, avec des finances qui devraient revenir à l'équilibre cette année et des audiences record, comme il a eu l'occasion de l'expliquer lors de sa longue audition lundi au siège du CSA.

Cette révocation intervient alors même que l'exécutif prépare une réforme en profondeur de l'audiovisuel public.
En écartant Mathieu Gallet, le CSA court le risque de paraître céder à une injonction du gouvernement.  Mais s'il l'avait maintenu à son poste, il aurait pu se voir reprocher de chercher à défendre à tout prix son indépendance et un manque de fermeté sur la question de l'éthique. 
Selon Le Parisien, "l'Elysée, qui entend réduire le pouvoir des sages, jubile, d'autant qu'il dénonce le soutien indéfectible d'Olivier Schrameck, le patron du CSA, à Mathieu Gallet." Qui, au final, dirige le CSA, Schrameck ou Macron ?

Comme s'y est récemment engagé son président, Olivier Schrameck, c'est le CSA qui désignera le successeur de Mathieu Gallet, un processus qui prendra plusieurs mois.
En attendant, c'est le doyen des administrateurs de Radio France nommés par le CSA qui assurera l'intérim à la tête du groupe public. Il s'agit de Jean-Luc Vergne, 69 ans, ancien DRH de plusieurs grands groupes (Sanofi, Elf Aquitaine, PSA, BPCE), qui n'avait pas d'expérience de l'audiovisuel avant d'intégrer le conseil d'administration de Radio France, fin 2016.
"Aujourd'hui sans capitaine, le navire Radio France, qui pourtant affiche des résultats d'audience exceptionnels, n'a plus ni gouvernail, ni boussole", s'est inquiété le Syndicat national des journalistes, membre fondateur de l'Union syndicale Solidaires (SUD), réclamant une suspension de la réforme de l'audiovisuel public.

Un projet de loi doit présenté avant la fin de l'année et les patrons de l'audiovisuel public sont censés remettre à la ministre de la Culture, ce vendredi, des propositions communes en vue de réaliser des "synergies" au sein de la radio de service public.
Les attachés de production, en charge de la préparation des émissions, de la radio France Info sont en grève illimitée depuis le mercredi 17 janvier 2018.

mardi 16 janvier 2018

Favoritisme : le gouvernement appelle le patron de Radio France à "tirer les conséquences" de sa condamnation

Nyssen appelle Mathieu Gallet à la démission

Alors qu'il a déclaré sa volonté de se maintenir à son poste, bien que condamné  par le tribunal de Créteil pour favoritisme, 
la ministre de la Culture Françoise Nyssen a demandé au patron de la radio d'Etat de se retirer 

"Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel [CSA], légalement compétent", a déclaré la ministre, dans une déclaration au journal Le Monde.

"Les dirigeants d’entreprises publiques ont un devoir d’exemplarité. Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable, a insisté la ministre de la culture Françoise Nyssen au Monde, mardi 16 janvier.

Ces propos marquent un durcissement de la ligne du gouvernement, qui réclame désormais le départ volontaire de Mathieu Gallet

Mathieu Gallet a en effet été déclaré coupable 

Le tribunal l'a condamné la veille à un an de prison avec sursis (!) et 20.000 euros d’amende pour "favoritisme" lorsqu'il dirigeait l'Institut national de l'audiovisuel (INA). 
L’actuel président de Radio France était soupçonné d’avoir commandé à deux sociétés de conseil, pour environ 400.000 euros de prestations, sans avoir respecté les règles des marchés publics, lorsqu’il présidait l’INA, entre 2010 et 2014. 
Le Parquet avait requis dix-huit mois de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende. 

Gallet a fait appel.
"Nous faisons immédiatement appel pour que la cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense", a déclaré l’avocat de Mathieu Gallet, Christophe Ingrain.

Embarras du gouvernement

De façon préventive et alors qu'il était assuré du soutien du sommet de l'Etat, Gallet avait exclu de démissionner, dans un entretien au Monde réalisé mi-décembre : "Mon mandat court jusqu’en mai 2019 et je resterai pleinement investi jusque-là," avait-il proclamé.

Le changement de ton de Mme Nyssen est une surprise. 
Dans un premier temps, lundi dans la journée, le ministère de la Culture avait évité de prendre position sur le fond : "C’est d’abord à Mathieu Gallet qu’il revient d’apprécier les éventuelles conséquences de la décision, avait fait valoir au Monde le cabinet de la ministre Françoise Nyssen. La loi donne actuellement au seul Conseil supérieur de l’audiovisuel [CSA] le pouvoir de nommer et de défaire les mandats. Dans ce cadre, toute intervention de l’exécutif serait critiquable."

Ensuite, un communiqué diffusé quelques heures plus tard, lundi soir, avait indiqué la désolidarisation de la ministre, rappelant son attachement "au respect des règles de la commande publique et à l’exemplarité des dirigeants des établissements et des entreprises publiques".

Jusqu’ici, la majorité présidentielle n'avait qu'à se féliciter du soutien de Mathieu Gallet qui bénéficiait d’une bienveillance certainePlus que Radio France, l'exécutif contestait le groupe France Télévisions de Delphine Ernotte dans ses choix budgétaires et ses prises de position.
Selon la loi de novembre 2013 sur l’indépendance de l’audiovisuel public, "le mandat des présidents (…) peut leur être retiré, par décision motivée" du CSA, "à la majorité". Mais le Conseil ne devrait pas se pencher sur le cas Gallet avant  mercredi au plus tôt, jour de sa prochaine session plénière. Pour justifier le maintien de Gallet, le CSA pourrait faire valoir que les faits ne concernent pas Radio France, mais l’INA. Le patron dont la moralité est engagée est pourtant la même personne.
Par ailleurs, le fait que Mathieu Gallet ait fait appel pourrait encourager le CSA à différer sa décision. Mais, tout indépendant qu'il soit, le conseil devra désormais prendre en compte la volte-face de l’exécutif.

Enfin, l'Elysée pourrait vouloir démontrer à cette occasion que Mathieu Gallet n'est pas aussi intouchable que l'affirment certaines sources suggérant que Gallet et Macron seraient "du dernier bien", selon le langage archaïque (XVIIIe s.) pratiqué par la professeure de théâtre du président. 
La rumeur sur la possible homosexualité ou bisexualité d’Emmanuel Macron n’est pas nouvelle. En novembre 2016, sur le plateau de Mediapart Live, Macron avait déclaré, d'un ton grave: "Je le dis très simplement que ceux qui s’amusent à faire ça se fatiguent. Moi en tout cas je ne changerai pas de vie pour eux. Je n’ai pas de double vie et je tiens plus que tout à ma vie familiale et maritale". En même temps, il affirmait : "Je suis tel que je suis, je n’ai jamais rien eu à cacher."
La journaliste Raphaëlle Bacqué, auteure d’une biographie de Richard Descoings qui fut en couple avec Guillaume Pépy, n’avait pas manqué de confier à l’AJL à propos de Mathieu Gallet :
"Quand j’ai fait le portrait du président de Radio France Mathieu Gallet, j’ai parlé au détour d’une phrase des "garçons". Illico, son conseiller en communication, le fameux Denis Pingaud payé 90.000 euros par an, m’a appelée pour me dire "c’est scandaleux, vous avez 'outé' Mathieu". D’abord, je tombais un peu des nues, parce que je pensais que ça avait déjà été écrit. Je n’avais pas du tout le sentiment de l’avoir 'outé'. Eh bien, il en a discuté avec le directeur général du Monde. […] Cela se passe comme ça chez les puissants: on ne vous dit rien, on appelle l’actionnaire."
Les avocats du président de Radio France avaient tenté d’obtenir la nullité de la procédure.
La défense estime que la procureure de la République de Créteil, Amélie Cladière, se serait montrée "partiale" et aurait commis des erreurs, par exemple en imposant à un personnage public une garde à vue superflue ou en n’interrogeant pas certains acteurs clés. Les avocats ont même porté plainte contre le parquet de Créteil pour violation du secret de l’enquête, puisque le présumé innocent a appris sa condamnation dans la presse... Mais jusqu’ici, ils n’ont pas été entendus.
 
La condamnation de Mathieu Gallet "est une vraie satisfaction", a jugé Jérôme Karsenti, avocat de l’association Anticor, qui avait porté plainte en 2015 contre la "gabegie" des ex-dirigeants de l’INA, Mathieu Gallet (pour le renouvellement injustifié de mobilier) et Agnès Saal (pour des factures effarantes de taxis).
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Pour sa défense, Mathieu Gallet avait plaidé sa méconnaissance des "questions de marché public" ! Deux contrats étaient concernés. 
Le premier avait été signé avec l'un des principaux cabinets internationaux de conseil en stratégie, l'allemand Roland Berger en 2013, pour accompagner à l’INA la fusion des directions des archives et du dépôt légal. Un premier marché a été passé avec appel d’offres, mais il a été suivi d’un avenant, puis d’un "marché complémentaire", pour un montant total de 290.000 euros. Selon l’accusation, Gallet a "saucissonné" le marché pour éviter de lancer un "appel d’offres européen" et pour le confier à Roland Berger, qui avait déjà travaillé pour l’INA en 2010.
Roland Berger conseille des multinationales, des organisations à but non lucratif et des établissements publics dans de nombreuses problématiques de gestion, mais la question de l’indépendance de Roland Berger a souvent été posée et les départs s'y multiplient, en France : à l’été 2017, il y avait moins de 200 consultants et 220 à 230 en incluant 60 à 70 fonctions support, loin des 400 consultants visés en 2012. Outre l'organisation interne du cabinet en filiales, le positionnement de Roland Berger hors de la banque et de l'assurance, deux secteurs qui génèrent pourtant le gros des dépenses de conseil, soulève également quelques soupçons.
Le second contrat n’avait, lui, pas fait l’objet d’une mise en concurrence. Il s’agissait de prestations payées mensuellement à Balises, la société du consultant Denis Pingaud, pour un total de 130.000 euros, supérieur au seuil pour les appels d’offres. 
La Cour des comptes, qui étudie les finances de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), a eu à se pencher sur les contrats passés entre l'institution et plusieurs sociétés de conseil, dont OpinionWay et Balises, soupçonnées d'être entachées "d'irrégularités", selon une note d'un service du ministère de l'Économie. 350 mails ont été échangés entres les membres du comité exécutif de Radio France et le président de Balises, société de conseil en stratégies d'opinion et de communication. Un dialogue ininterrompu découvert par les inspecteurs des Finances dépêchés par Bercy lors de leur passage dans les locaux du groupe public.
Gallet a justifié le choix d’un conseiller qu’il connaissait personnellement et a assuré que "les équipes en place" n’avaient pas demandé la mise en concurrence de ce contrat. "Cela a été fait" à Radio France, où une société de D. Pingaud a également obtenu un contrat, a précisé Gallet.
En un an, le conseiller en communication Denis Pingaud a contribué aux nominations de Mathieu Gallet puis de Delphine Ernotte à la tête des deux groupes audiovisuels publics.
En décembre 1980, il avait pourtant été
condamné à 1.000 francs pour diffamation envers Alain Serieyx. En 1998, il devint directeur du développement et de la communication de Médecins sans frontières et, en juin 2008, vice-président d'Opinion Way, avant de fonder en juillet 2017 sa 3e agence, spécialisée dans le conseil d'entreprise, avec Roman Abreu et Gaspard Gantzer, ancien conseiller de Hollande, chargé des relations avec la presse, chef du pôle communication à la présidence de la République. Une reconversion rapide dans le privé...
La réaction des syndicats de Radio France pèsera sur l'exécutif. 
Lundi, Philippe Ballet, le président de l’UNSA, ne demandait pas le départ de de son patron : "Doit-il démissionner ? Non, vu qu’il a fait appel." Le syndicaliste raconte que "la décision conteste un peu la légitimité du président à la tête de Radio France, à un moment où la relation et le rapport de force avec la tutelle sont importants" en raison de la future réforme de l’audiovisuel public. 
Un autre employé syndiqué estime à titre personnel que M. Gallet devrait démissionner mais juge "risqué" de demander sa tête, vu les réformes à venir.

La procédure de renouvellement du mandat de Mathieu Gallet devrait, en principe, être enclenchée à la fin de 2018, mais l’exécutif envisage, auparavant, de changer le mode de nomination pour le confier au conseil d’administration des entreprises concernées. De plus, le gouvernement n’exclut pas de créer une structure commune de pilotage de Radio France et France Télévisions à la fois, ce qui supposerait de nommer un super-patron unique dès le courant de 2018.

mercredi 13 juillet 2016

Audrey Azoulay recrute la femme de Gaspard Gantzer et Saal retrouve la Culture...

Le ministère de la Culture, une niche 'nauséabonde'

La Culture, un truc de femmes, 

où les brunes n'ont rien à envier aux blondes 

Sauterelle à échasses,
représentante du bon goût
'made in France',
dirait Montebourg
La première des femmes de Hollande à la Culture aura été Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle, de mai 2012 à août 2014 quand elle en fut chassée. On comprendra vite que le poste est subalterne aux yeux du président: ses titulaires peuvent en être chassées sans que le gouvernement n'en souffre, ni la Culture. Sur le site trotskiste payant Mediapart, elle reprochera à François Hollande son échec sur la gestion des hauts fourneaux de Florange, son enfermement dans les institutions de la Ve République, ainsi que la personnalisation de la présidence de la République. Elle fait partie des députés socialistes, dits "frondeurs", mais qui ne réussissent qu'à agacer le pouvoir.

Evincée à son tour, Fleur Pellerin a dit partir "sans amertume" et avant de prendre ses cliques et ses claques, elle a prononcé un discours très politique au moment de sa passation de pouvoirs.
Ministre socialiste en "bleu" de travail...
Fleur Pellerin s'est bien sûr livré à un rapide bilan de 18 mois de présence rue de Valois et un hommage très contrasté à l'exécutif et le moins que l'on puisse dire c'est que François Hollande et Manuel Valls n'ont pas été également traités.
Elle a fait l'éloge des premiers ministres. Elle a d'abord fait part de son "estime immense" pour Jean-Marc Ayrault qui avait proposé son nom en 2012 pour le ministère délégué aux PME. Et de l'actuel, elle dira ensuite: "il y a peu de pays au monde où une enfant trouvée dans les rues d'un bidonville et adoptée dans une famille modeste puisse se retrouver un jour ministre de la Culture. J'ai une gratitude immense, indicible, envers Manuel Valls qui a proposé mon nom au président de la République. Je tiens à lui dire ma reconnaissance et ma fidélité", a déclaré Fleur Pellerin. Mais Valls n'a pas su si c'était du lard ou du cochon de la part d'une ministre aussi controversée à ce poste, elle qui a collectionné les boulettes. On se souvient notamment de l'ignorance crasse mais ravie de la "fashion victim" à propos du prix Nobel français de littérature, Patrick Modiano...
Mais pas un mot pour François Hollande, auquel elle n'a pas fait allusion autrement que comme 'le président de la République': total mépris ! Et Flanby n'a pas été mécontent de s'être fait oublier. 

François Hollande l'a ensuite remplacée par sa conseillère culture, Audrey Azoulay, 43 ans, au ministère de la Culture et de la Communication, le jeudi 11 février, à la faveur du remaniement ministériel. 
La nouvelle locataire intermittente de la rue de Valois, dont la presse assure que le profil a séduit le monde de la culture, n'a jamais exercé de fonctions politiques, mais elle est la fille d'un de ces banquiers que Hollande affectionne, André Azoulay, conseiller du roi du Maroc Hassan II à partir de 1991, puis de Mohammed VI. Diplômée de l'ENA en 2000, dans la même promotion (Averroès, philosophe musulman) que Fleur Pellerin, Audrey Azoulay est magistrate à la Cour des comptes et à la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France. Reste que sa nomination est mal acceptée par l'Algérie et le président Abdelaziz Bouteflika, où plusieurs officiels algériens dénonça aussitôt une "marocanisation de la vie politique française"
Après une semaine au gouvernement Valls III, elle fait sa première apparition publique, le vendredi 12 février, aux Victoires de la Musique où les intermittents lui ont réservé un comité d'accueil pas franchement sympathique... En clair, elle a été huée.

Qu'a d'ailleurs fait Azoulay depuis son arrivée au pouvoir, sinon dénoncer "un ordre moral nauséabond"
après l'annulation du concert de Black M à Verdun
Fera-t-elle partie de la même charrette que Macron, quand celui-ci décidera d'abandonner le gouvernement pour se consacrer à son destin national ?

Dame Agnès Saal s'y est faite à nouveau héberger


Ancienne directrice de l’INA et du Centre Georges-Pompidou, poursuivie dans deux dossiers distinctsAgnès Saal -née quant à elle en Tunisie- a été condamnée en avril 2016 à payer 4.500 euros d’amende dans l’affaire des frais de taxis à l’Institut national de l’audiovisuel (INA), bien qu'elle ait bénéficié d'une voiture de fonction avec chauffeur mis à disposition par la République, ainsi que 5.500 euros au titre des dommages et intérêts et des frais de justice à l’association de lutte contre la corruption Anticor. Pour d’autres dépenses de taxi indues, dépassant plusieurs dizaines de milliers d’euros au Centre Pompidou, notamment au bénéfice de ses fils. La CGT-Culture avait exprimé son soutien à Agnès Saal... Un retour d'ascenseur ?


Mais Fleur Pellerin a aussitôt réintégré Saal au ministère de la Culture
Bien que condamnée, Agnès Saal a bénéficié d'une réintégration au ...ministère de la Culture que justifia la ministre Fleur Pellerin, le jeudi 21 mai sur RTL: elle relève de la stricte "application du droit de la fonction publique"... Non seulement l'Etat-employeur qu'elle a grugé ré-emploie Saal, mais une enquête interne a été diligentée au sein de l'INA pour identifier le lanceur d'alerte.

L'Institut National de l'Audiovisuel assure les missions que lui attribue l'État, lequel dispose du pouvoir de contrôle sur ses activités, notamment à travers la présence de représentants de l'État et de parlementaires au conseil d'administration, la réponse à des questions parlementaires, enquêtes et rapports. Pour financer ses activités, il reçoit une partie de la Redevance audiovisuelle.

La république des copains et des coquins

Le jeu des chaises musicales continue. 
Après les ministres, c'est au tour des conseillers ministériels de changer d'affectation. Tout juste nommée pour remplacer Fleur Pellerin rue de Valois, Audrey Azoulay a constitué son équipe. Mais la ministre de la Culture fraîchement nommée - celle que la presse dévote présente comme intégrée au monde de la culture - n'a pas vu plus loin que le bout de son nez. 

La ministre n'est pas allée loin -à l'Elysée pour trouver sa conseillère presse en la personne d'Emilie Lang. Jusqu'ici conseillère presse auprès de son mari, Gaspard Gantzer, la jeune femme a donc quitté l'Elysée pour la rue de Valois. 
Anciennement attachée de presse à Euro RSCG, puis à Lagardère Entertainement, qu'il avait rencontrée lorsqu'ils travaillaient à la mairie de Paris - c'est d'ailleurs Bertrand Delanoë qui a célébré leur union - le couple a quatre enfants, dont trois ensemble, puisque E. Lang avait déjà un enfant d'un premier mariage. Elle est désormais responsable de la communication de la ministre de la Culture, Audrey Azoulay. Et les petits seront probablement admis à l'Ecole Alsacienne...

Un CV garni comme un filet
Après des études de Langues (avec diplôme ?), puis de Management qui l'ont notamment amenée en Allemagne et en Californie, aux frais des parents, cette Strasbourgeoise d'origine a travaillé dans les Relations Presse (on le sait), avant de rejoindre, en 2011, l'équipe de campagne de François Hollande, qu'elle suivra ensuite rue du Faubourg Saint-Honoré...

"Livre" de chevet: Facebook !
Après les boulettes de communication de Fleur Pellerin (on se souvient de son inculture sur Patrick Modiano), la jeune femme aura la lourde tâche d'éviter de telles mésaventures à sa ministre... Or, la tâche sera rude: parmi les likes du Facebook d'Emilie Lang, beaucoup de musiciens - de Daft Punk à Hole, en passant par Dix pour Cent: une véritable bagage anti-bavure culturelle.