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lundi 9 avril 2018

Le CSA a subi des pressions politiques consenties, révèle Mathieu Gallet

Mathieu Gallet fait le procès de ses juges du gouvernement et du CSA

Le PDG déchu de Radio France a déposé un recours contre sa révocation par le CSA
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Les membres du jury qui a destitué Mathieu Gallet
Le gendarme de l'audiovisuel a cédé aux pressions du gouvernement, déplore Mathieu Gallet, dans ce recours, déposé vendredi 30 mars, devant le Conseil d'Etat contre la décision du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) de le destituer. Ce recours comprend un texte de 22 pages, plus 13 documents en annexe. 
Le conflit intervient dans un contexte de grande confusion, alors que le CSA doit nommer en avril des nouveaux dirigeants à Radio France et France Médias Monde (RFI, France 24, après l'annulation du mandat de sa patronne Marie-Christine Saragosse, à la suite d'un malentendu administratif).
Dans le cas de Radio France, le CSA auditionnera les candidats retenus du 9 au 13 avril et prendra sa décision au plus tard le 14 avril. Les auditions et la désignation du PDG de France Médias Monde auront lieu la semaine suivante.

Ce texte tire à boulets rouges sur les auteurs de sa disgrâce, mais aussi sur le pouvoir politique.
Mathieu Gallet y dénonce "les pressions publiques exercées par le gouvernement sur le CSA". Il rappelle bien sûr la déclaration dans le Monde de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, appelant à son départ. Selon Mathieu Gallet,  "par ces déclarations qui visaient directement à inciter M. Gallet à démissionner de son poste, le gouvernement a clairement fait connaître sa position: faire pression sur le CSA pour qu’il mette fin aux fonctions de M. Gallet". 

L'ancien PDG implique aussi les propos de la ministre de la Justice.
Nicole Belloubet avait en effet déclaré dans le Grand jury de RTL: "il y a des exigences éthiques. Mathieu Gallet devrait se poser la question [de sa démission] en conscience". Pour Mathieu Gallet, "ces propos émanant d’un membre du gouvernement visaient manifestement à exercer une pression directe sur le CSA, à l’heure où le CSA devait forger son opinion sur la nécessité de révoquer ou non M. Gallet". Mais ce n'est pas tout. 

Le lendemain du limogeage du jeune PDG, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux s'en est félicité sur Europe 1. Conclusion de Mathieu Gallet: "Ces éléments attestent de l’ingérence du pouvoir exécutif dans l’adoption de la décision du CSA, en méconnaissance totale du principe d’indépendance du CSA". 

Un CSA  aussi soumis qu'un Parquet

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Ces pressions politiques n'auraient pas abouti si le CSA n'y avait pas cédé, souligne la victime de l'"indépendance" de l'Autorité de régulation que préside Olivier Schrameck, 66 ans, ancien directeur de cabinet de Jospin et proche de Hollande qui le nomma en 2013. Pour des raisons de santé, Schrameck fut remplacé, fin février 2018, par Nicolas Curien, doyen des membres du Conseil (nommé au CSA en janvier 2015 par le président du Sénat, Gerard Larcher, en sa qualité de spécialiste de l'économie industrielle des secteurs en réseaux et de l'économie numérique).
Il est le fils du professeur, Curien, ministre de la Recherche et de la Technologie de Mitterrand (1984-1986, puis de 1988-1993).

Mathieu Gallet reproche donc au gendarme de l'audiovisuel sa soumission.  D'abord, il rappelle que le CSA a le statut d'autorité publique indépendante. Mathieu Gallet en déduit: "Dès lors, le CSA ne peut, sans méconnaître ce principe d'indépendance, répondre à une quelconque tentative d’influence de la part de l’exécutif". Mieux: la loi assigne justement comme mission au CSA de garantir "l’indépendance et l’impartialité du service public audiovisuel". Ce que Mathieu Gallet analyse ainsi: "Le législateur, en s’assurant que le pouvoir de nommer et de révoquer les présidents de l'audiovisuel public soit exercé par le CSA, a clairement entendu éviter que le gouvernement puisse révoquer un président qui ne servirait pas ses intérêts, ou qui ne lui conviendrait plus". 

Le CSA explique dans sa décision avoir révoqué le jeune PDG car il n'avait plus la confiance du gouvernement. Ce qui indigne Mathieu Gallet: "ce type de considérations aurait justement dû être exclu de toute appréciation portée par une autorité chargée de veiller à l’indépendance de l'audiovisuel public". 

Le déroulé des événements démontre clairement une intervention politique, souligne l'ex-PDG. 
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D'abord, le CSA décide l'ouverture d'une procédure de destitution juste après la déclaration de Françoise Nyssen (ci-contre) demandant le départ du patron des radios publiques. Pour Mathieu Gallet, "il est évident que l’ouverture de cette procédure par le CSA résulte directement de la pression publique exercée par le pouvoir exécutif". 
Une fois Mathieu Gallet destitué, Françoise Nyssen s'en est immédiatement félicitée au nom de "l’exemplarité des dirigeants des entreprises". Comme par hasard, elle reprenait presque mot pour mot un passage de la décision du CSA, qui parle de "l’exemplarité des dirigeants d’entreprises publiques". 
Or, au moment où Françoise Nyssen s'exprime, la décision du CSA n'est pas encore publique : la décision sera publiée deux heures et demie plus tard... Mathieu Gallet en conclut qu' "une communication a nécessairement eu lieu entre le CSA et la ministre à propos de la décision du CSA, avant que cette décision ne soit officiellement rendue. Cette communication officieuse crée un soupçon très fort sur les conditions dans lesquelles le CSA a [révoqué] M. Gallet. 
La coïncidence entre les arguments, voire les termes, utilisés par le CSA et par le gouvernement démontre que la décision finale n’a été rendue qu’à l’issue d’un échange très étroit entre l’exécutif et le CSA, matérialisant l’existence d’une véritable entente entre eux. "Les conditions dans lesquelles le CSA a rendu sa décision ont confirmé l’existence d’une relation d’influence entre le gouvernement et le CSA, en méconnaissance du principe d’impartialité et de l’indépendance qui doit régir l’action de cette autorité". 

Ensuite, Mathieu Gallet met en évidence la volonté très restrictive du texte de loi permettant de révoquer un président de l'audiovisuel public. 
"La loi ne permet de révoquer le président de Radio France que dans des cas exceptionnels, qui tiendraient par exemple à ce que l’état psychologique du président le rende incapable d’exercer sa fonction. Force est de constater que la situation de M. Gallet ne correspond absolument pas à cette hypothèse". 
Surtout, la loi indique que le CSA, lorsqu'il nomme ou révoque un président de l'audiovisuel public, doit se baser sur des "critères de compétence et d'expérience". Mathieu Gallet relève que "ces critères de compétence et d’expérience fixés par la loi ont précisément comme intérêt d’empêcher la révocation d’un président de Radio France dont le seul tort serait de ne plus être soutenu par l’exécutif. En méconnaissance de la loi, la décision du CSA ne se fonde à aucun moment sur la circonstance que M. Gallet ne remplirait plus les critères de compétence et d’expérience qui avaient justifié sa nomination". 
Au contraire, le CSA souligne même dans sa décision "la compétence managériale" de l'exlus. Mathieu Gallet en conclut logiquement que "les compétences de M. Gallet pour diriger Radio France sont établies de manière indiscutable par le bilan de M. Gallet à sa présidence"

Le PDG déchu valorise ses quatre années de direction

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Il n'hésite pas à qualifier son propre bilan d'"excellent" et d'"extrêmement positif" et sa gestion "efficace et performante". Il souligne ses "excellents résultats, tant sur le plan financier que sur le plan des audiences". Côté finances, il peut ainsi se féliciter de la hausse du chiffre d'affaires de 2,2% en 2016, sans toutefois rappeler que des crédits versés par l'Etat (et le redevable de la taxe audiovisuelle) a contribué pour un tiers au budget. Il reste qu'il en a fait bon usage. 
Il peut s'enorgueillir ensuite de la réduction des pertes en 2016..., après des pertes record (-13,9 millions d'euros) enregistrées en 2015. 

Côté audiences, "Radio France a gagné deux points d'audience cumulée en quatre ans". Et cela, malgré la grève de 2015, la plus longue de l'histoire de l'audiovisuel public, et en dépit du retard pris par le chantier de la Maison de la Radio... 

Enfin, Mathieu Gallet évoque les louanges provenant de la presse, dont un éditorial du Monde, et même de Françoise Nyssen, qui a vanté son "bon bilan" dans le Journal du Dimanche, JDD. 

La présomption d'innocence bafouée

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Pour limoger le patron de Radio France, le CSA s'est surtout justifié par la condamnation de Gallet à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour "favoritisme" lors de la passation de marchés publics à l'INA. Or, Mathieu Gallet est en appel de cette condamnation, qui n'est donc pas définitive. 

Mathieu Gallet met en évidence les problèmes de droit.
D'abord, "un jugement pénal qui a fait l’objet d’un appel sur lequel il n’a pas encore été statué, est dépourvu de l’autorité de la chose jugée
Le CSA ne s’est pas livré lui-même à une analyse de la régularité des marchés signés par M. Gallet en tant que président de l’INA et il n’a pas non plus porté une appréciation nouvelle sur la compétence de l’intéressé au regard de cette analyse. 
Ce jugement ne pouvait pas légalement conduire le CSA à réviser le jugement porté sur la compétence de M. Gallet lors de sa nomination. Le CSA ne pouvait donc en aucun cas invoquer ce jugement pour justifier son choix de révoquer M. Gallet, ce qu’il a pourtant fait dans sa décision". 

"Ni le jugement du tribunal, ni personne, n’a jamais remis en cause l’absolue probité de M. Gallet. M. Gallet n’a retiré aucun avantage de la signature des marchés considérés, ni pour lui-même, ni pour ses proches. A l'inverse, en mettant en doute 'la crédibilité et l’exemplarité' de Mathieu Gallet, du seul fait du jugement du tribunal, le CSA a tenu pour acquis, non seulement la culpabilité de M. Galet, mais aussi son manque de probité. Ce faisant, le CSA a porté une appréciation définitive sur les qualités morales de M. Gallet, sans qu’aucun élément matériel ne puisse le justifier, et il a gravement porté atteinte à la présomption d’innocence à laquelle a droit M. Gallet". 

Rappelons que Mathieu Gallet pourra aussi engager un contentieux indemnitaire et se voir verser ses mois de salaire perdus (223.000 à 270.000 euros), ainsi que l'indemnisation de son préjudice moral et financier. 

Double peine annoncée pour les Français, en tant que contribuables envers le fisc et comme auditeurs et téléspectateurs soumis à la redevance audiovisuelle de 138 euros.

dimanche 5 novembre 2017

Sécession : les félons catalans se sont rendus à la police belge

Carles Puigdemont et ses quatre conseillers ont mis un terme à leur fuite de la justice de leur pays

Les "réfugiés" catalans se sont constitués prisonniers
Carles Puigdemont et ses quatre conseillers se sont rendus à la police belge

Le président 
destitué de la région de Catalogne, Carles Puigdemont, et ses quatre conseillers, étaient en fuite en Belgique. Sous le coup d'un mandat d'arrêt européen lancé par Madrid, ils se sont rendus dimanche matin à la police belge, a annoncé le Parquet de Bruxelles. 
Ils seront auditionnés par un juge d'instruction belge "dans le courant de l'après-midi", a annoncé Gilles Dejemeppe, porte-parole du Parquet de Bruxelles. "Nous avions des contacts réguliers avec les avocats des cinq personnes et il avait été convenu un rendez-vous au commissariat" de la police fédérale, a expliqué G. Dejemeppe.

"Ils ont honoré ce rendez-vous", a-t-il ajouté.
Les cinq personnes visées par les mandats d'arrêts pour sédition, rébellion et détournement de fonds, se trouvaient dimanche dans les locaux du parquet de Bruxelles.

Les cinq Catalans séditieux en fuite ont été "privés de liberté à 9h17" dimanche matin

La décision du juge d'instruction devrait intervenir dans la soirée.
Il doit statuer sous 24 heures de les placer en détention ou de les libérer, sous conditions ou sous caution et, en fait, "il a jusqu'à lundi 9h17 (8h17 GMT), pour décider de les placer en détention, de les libérer sous condition ou caution.
Le sécessionniste républicain ne faisait confiance qu'à la ...monarchie parlementaire belge :


mercredi 21 décembre 2016

Hollande recase un conseiller, Feltesse, à la Cour des comptes, pour relever le niveau ?

Hollande récompense son conseiller battu à la présidence de la Communauté urbaine de Bordeaux et à la députation

Le protégé de Hollande a été nommé"conseiller maître" au sein de la juridiction administrative chargée du contrôle des comptes publics. 

La nomination a été officialisée en grandes pompes en Conseil des ministres, ce mercredi. Vincent Feltesse, conseiller de François Hollande en charge des relations avec les élus et les formations politiques, a été nommé  à la Cour des comptes. Vincent Feltesse, 49 ans, exercera les fonctions de "conseiller maître", soit le grade supérieur de l'institution, à partir du 16 janvier 2017.

Ce proche du chef de l'Etat s'est fait ouvrir une porte de sortie - ou un parachute doré - à quelques mois d'une élection présidentielle que François Hollande aura crainte au point de ne pas s'y présenter. Cette nomination arrange bien Vincent Feltesse, persona non grata en Aquitaine

Rejeté de Bordeaux et bien au-delà

© MaxPPP

Elu président de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) à la suite de la démission d'Alain Rousset en juillet 2007, Feltesse est battu par Alain Juppé à la mairie de Bordeaux lors des municipales d'avril 2014, dès le premier tour, avec 22,58 % des voix, malgré les moyens de la CUB.
Dès juin 2011, et les primaires présidentielles socialistes, il coordonne la campagne de François Hollande sur le net et suit les questions relatives à l'économie numérique.

En avril 2013, il dit vouloir verser
50.000 euros, au titre de sa réserve parlementaire, au profit du projet de grande mosquée prévue dans le quartier de La Bastide à Bordeaux, tout en se déclarant néanmoins "profondément laïc". Grillé sur la région, il avait alors renoncé à être candidat aux élections législatives en Gironde. Il était pourtant suppléant de Michèle Delaunay, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie.
 
Résultat de recherche d'images pour "vincent-feltesse"Un mois après la non-reconduction de Michèle Delaunay au gouvernement Valls, début avril 2014, il perd son siège de député au profit de sa titulaire. 

Mais après la perte de la présidence de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), Hollande l'avait ramassé et nommé conseiller à l'Elysée en 2014 au vu de ses compétences (?) et d'un CV garni d'échecs.  

En octobre,
Vincent Feltesse a été destitué de la présidence du groupe socialiste bordelais. Les élus socialistes de Bordeaux n'ont visiblement plus voulu de Vincent Feltesse, suite à ses méthodes pour imposer sa candidature dans la 3e circonscription de Bordeaux, un bastion historique de la gauche, qui n’est autre que celui réservé à Noël Mamère, lequel avait expliqué que si Vincent Feltesse venait à se présenter dans la 3e circonscription, contre sa protégée, Naïma Charaï, il se porterait également candidat. Feltesse n'ayant pas renoncé à un coup de force, les élus du groupe avaient donc décidé de le destituer de sa présidence.

Ironie de la république exemplaire des copains et des coquins, il sera récompensé de ses rejets populaires et rejoindra en janvier un corps de l'administration dont est issu son parrain, qui avait rejoint la Cour des comptes à sa sortie de l'ENA. 
Avec un DEA d'histoire contemporaine... 

Ainsi, François Hollande fait-il mieux que ses prédécesseurs en plaçant ses serviteurs les plus mauvais aux meilleurs places de la haute administration.

lundi 31 octobre 2016

Assassinats ciblés: ses opérations 'Homo' disqualifient Hollande, selon la classe politique

Fillon: Hollande "disqualifié" par ses révélations sur les opérations "Homo" 

François Hollande est "disqualifié" par le livre de ses confidences
  
François Fillon se dit étonné que ces révélations ne constituent pas "un énorme scandale"
L'ex-Premier ministre pointe notamment les opérations sécrètes dites "Homo", dimanche. "Je pense que François Hollande est disqualifié en particulier par le livre qui vient de sortir de ses entretiens avec les journalistes", "en particulier sur un point fondamental qui est la manière dont il parle des opérations secrètes à des journalistes du Monde - qui ont par ailleurs une réputation sulfureuse - et dont il se vante au fond d'avoir conduit des opérations d'assassinats ciblées de terroristes", a-t-il déploré. 

Le président de la République a reconnu avoir autorisé "quatre" opérations "Homo"

Le président sortant a réagi au scandale pour la première fois depuis la sortie du livre destiné à glorifier son bilan !
Dans ses confidences aux vicieux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Hollande avait confirmé à demi-mot ces opérations. "Chaque fois qu'il y a eu des attaques contre nos soldats, chaque fois qu'il y a eu des otages qui ont été pris, enlevés et retenus, à chaque fois il y a eu des réponses appropriées", a admis le chef de l'Etat. "C'est ce que j'ai toujours annoncé publiquement", avait-il fait valoir. 

Autre candidat à la primaire interrogé sur le problème cette semaine, Alain Juppé avait estimé que François Hollande n'aurait pas dû faire ces révélations, déplorant "une espèce d’obsession de la transparence". "Gouverner, c'est parfois gouverner dans le secret", avait-t-il soutenu. 

Le député LR et ancien ministre Pierre Lellouche avait lui aussi critiqué mercredi des "révélations intolérables, et même dangereuses", et il avait posé la question d'une éventuelle destitution, à l'occasion d'un débat parlementaire sur les opérations extérieures.

Les responsables socialistes et leurs journalistes de gauche, tous dissimulateurs

"Quand on pense qu'il y a un scandale aux Etats-Unis parce que Madame Clinton utilisait son téléphone personnel pour envoyer des mails, et que chez nous cela ne fait même pas débat !", s'est-il indigné. "Cela veut dire quand même qu'il y a un problème de fonctionnement de notre système politico-médiatique", a-t-il déploré. "Il y a un problème moral. Ce devrait être un énorme scandale, qui disqualifie le président de la République", a-t-il dénoncé. 

Sur France Inter/France Info/Le Monde, un autre candidat à la primaire, Bruno Le Maire s'est lui aussi  estimé que François Hollande "menace la sécurité des Français". "Parce que quand on commence à mettre sur la table publique des informations aussi confidentielles que celles-là, on menace la sécurité des Français", a-t-il souligné, jugeant cela "inquiétant". 

Hollande nie, mais n'est plus audible, jusqu'au sein du gouvernement 

Déjà minée par les sondages et bloquée au plus bas dans l'opinion, la santé politique de François Hollande ne semblait pas pouvoir s'aggraver davantage. Mais c'était sans compter avec la fascination que le "bras cassé" a de sa propre puissance, comme l'atteste la parution de son livre-confessions 'Un président ne devrait pas dire ça…' .

Le président 4% y révèle donc avoir ordonné ces exécutions ciblées. Une pratique et un aveu qui provoquent une onde de choc jusqu'au gouvernement.
Dépeint à droite comme à gauche comme un "suicide politique", l'ouvrage de Fabrice Lhomme et Gérard Davet regorge d'informations compromettantes, si ce n'est classées secrètes. Dont la révélation d'au moins quatre homicides ciblés de terroristes, ordonnés par l'Élysée et exécutés par les services de la DGSE. Une pratique illégale, selon les accords internationaux ratifiés par la France.

Interrogé sur les "opérations Homo" [homicides, dans le vocabulaire militaire] le 9 octobre 2015, François Hollande se flatte devant les deux journalistes de confiance, puisqu'ils sont salariés par Le Monde, le journal officieux du PS: "J'en ai décidé quatre au moins, mais d'autres présidents en ont décidé davantage," insinue le vicelard. 

Un mois plus tard, sensibilisé au fait d'avoir livré des informations sensibles, Hollande tente de relativiser ses assassinats ciblés. "C'est totalement fantasmé", rétro-pédale-t-il. "On ne donne pas de permis de tuer", nie le fanfaron pris à son propre piège. "On a une liste de noms de tous les gens qu'on a éliminés, ça, je l'ai dit, mais on ne fixe pas une liste de noms en disant: "voilà, il faut les éliminer". Si on les trouve, on les trouve", raconte encore le chef de l'État et des armées.

"C'est proprement insupportable"
Interrogé sur France 2 ce mercredi matin, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé peine à contenir son indignation (ci-dessus). "Je demande d'abord que le président de la République assume sa fonction - je crois qu'il est trop tard - de manière digne", assène le favori des sondeurs à la primaire de la droite. "Quand on est chef de l'État, on ne tient pas des propos de ce type. Et il faut bien se mettre dans la tête que la transparence absolue, ça devient un danger pour la démocratie et pour la sécurité de nos démocraties", poursuit le maire de Bordeaux. 
"C'est une manière d'exposer sur la place publique ce qu'il y a de plus lourd dans la fonction présidentielle. Ça ne peut se faire qu'en conscience profonde et sûrement être étalé devant les media, à pour sa part brocardé, sur RTL, François Bayrou, soutien des candidats socialistes en 2007 et 2012.

Soutien de François Fillon, Gérard Longuet dénonce un livre "consternant de la part d'un président en activité", qui contrevient à son devoir de "discrétion totale". "Quand on porte la responsabilité de la République, il faut avoir la décence de taire ses états d'âmes", ajoute le sénateur de la Meuse. "Se confier à des journalistes par une sorte de narcissisme émerveillé de soi-même, c'est proprement insupportable parce que cela se fait au détriment de l'autorité de la République".

Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, consterné
A gauche, Jean-Luc Mélenchon a été l'un des premiers responsables à pointer l'incroyable aveu du chef de l'État. Invité sur BFM-TV mardi, le candidat de "la France insoumise" a menacé le président: "Je mets en garde François Hollande. Il ferait bien d'y réfléchir. La France a signé (pour) le tribunal pénal international et le Mali aussi. Il y a un problème, il y en aura un bien vite. La vérité, c'est que c'est un assassinat décidé en haut lieu. En principe, ce genre de comportements relève du tribunal pénal international".

Mais le désaveu suprême provient d'un proche fidèle du président, Jean-Marc Ayrault, qui fut son ancien premier ministre. Interrogé mardi par la presse diplomatique sur ces révélations, le ministre des Affaires étrangères s'est fendu d'une réponse sans appel: "Un président ne devrait pas dire ça... la réponse est dans le titre, c'est la seule chose intéressante du livre". 
L'ancien premier ministre de 2012 à 2014 en a profité pour se défendre, en faisant mentir les commentaires de François Hollande à son sujet dans l'ouvrage. Le chef de l'État y décrit un locataire du Quai d'Orsay qui "fait le métier sans enthousiasme excessif", et "tellement loyal qu'il est inaudible". Une loyauté dont le chef de l'État vient d'éprouver les limites.

>Le budget de la DGSE, opératrice des exécutions, est constitué d'une part du budget de la Défense, dont Jean-Yves Le Drian est en charge, et de crédits provenant des fonds spéciaux des services du Premier ministre, successivement Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls...
Bien que la DGSE soit placée sous son autorité, Le Drian est en vacances: c'est Hallowe'en ! Et injoignable...

mercredi 28 septembre 2016

Le déficit budgétaire 2017 prévu en baisse de 600 millions, sauf manipulation des chiffres

Dilma Rousseff destituée par le Sénat brésilien pour maquillage des comptes publics. Et Sapin ?

Le déficit budgétaire 2017 prévu en baisse
Hollande n'a toujours pas ramené son niveau
à la situation avant la crise internationale de 2007 
Comme la baisse du chômage devait être légère en août 2016, mais a connu un rebond historique, l'estimation gouvernementale du déficit du budget de l'Etat français en 2017 promet une "légère baisse", à 69,3 milliards d'euros, selon les chiffres du projet de loi de Finances (PLF) pour l'an prochain présenté mercredi.
La loi de Finances pour 2016 prévoyait un déficit budgétaire en légère hausse, à 72,3 milliards d'euros (contre 70,5 milliards en 2015). Mais comme annoncé la semaine dernière par le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, cette estimation a été revue à la baisse, à 69,9 milliards d'euros.

Le gouvernement a clairement une tournure politique à la présentation de son projet de Budget pour 2017
Il réaffirme son objectif d'un déficit public à 2,7% du produit intérieur brut (PIB) en fin d'année, pour l'annonce de candidature du président Hollande, et prévoit la compensation intégrale des dépenses supplémentaires annoncées ces derniers mois.

Une annonce fort peu fiable

Sapin n'en a plus pour longtemps à nous prendre pour des billes
A sept mois de la présidentielle, le dernier projet de loi de Finances du quinquennat, qui concrétise le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, mais mise progressivement en place à partir du 1er janvier 2018, officialise une autre promesse, la baisse d'un milliard d'euros de l'impôt sur le revenu annoncée au début du mois, mais d'abord promise à 2 milliards (et quoi qu'il en soit en vérité difficile à mettre en œuvre), et consacre le renforcement des moyens aux secteurs considérés comme prioritaires (emploi, qui n'a pas "concrétisé" les promesses du pouvoir socialiste, sécurité, après plusieurs prolongations de l'état d'urgence, et éducation, au moment où une enquête du 
du Cnesco confirme l'ampleur des inégalités à l'école après bientôt cinq ans de socialisme sanctionné par un échec de l'éducation prioritaire, alors que Bruxelles s'inquiète de la stagnation de la croissance.

L'opposition, mais de droite, dénonce une entourloupe 
Et de citer une accumulation de factures impayées, le gouvernement doit également faire face aux réserves émises par le Haut conseil des finances publiques (HCFP), dans un avis rendu public mercredi. 

Organisme indépendant mais placé auprès de la Cour des comptes et créé par la loi organique du 17 décembre 2012, le HCFP fait part de son scepticisme sur la capacité de la France à ramener son déficit public sous le seuil de 3% du PIB l'an prochain. PIB de la France ? Le grand manitou de Bercy est-il un illuminé ? La croissance est en baisse au deuxième trimestre 2016...

Pour toute preuve, "cet engagement, nous le tiendrons", a néanmoins rétorqué à la presse un ministre de l'Economie et des Finances, Michou Sapin, violet comme ses chaussettes, une couleur en soi désagréable, celle de la mélancolie, de la solitude et du deuil.
"Ce n'est pas parce que nous [et surtout les contribuables] assumons des dépenses supplémentaires pour financer nos priorités que ce budget n'en est pas moins un budget responsable", a raconté le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert. Qui conteste qu'il soit "responsable" d'assumer ses priorités ? Mieux vaudrait toutefois être en capacité de les réaliser. Et pendant six mois avant une année d'élections perdues d'avance, Eckert n'assumera pas grand chose. Avant qu'Hollande se retourne, il fait déjà nuit.

Au Brésil, le maquillage des comptes publics est passible de destitution

En octobre 2015, le Tribunal des comptes de l'Union (TCU) appela les parlementaires brésiliens à rejeter les comptes publics de l'État de 2014, année de la réélection de Dilma Rousseff, au motif qu'ils avaient été sciemment entachés d'irrégularités.
Pour minimiser l'importance des déficits publics, la présidente avait en effet signé, en 2014 et 2015, des décrets faisant supporter provisoirement à des banques publiques des milliards de réaux de dépenses incombant au gouvernement. En juillet 2016, un pseudo "Tribunal international pour la démocratie" ( ! ), convoqué à
l'initiative de mouvements syndicaux et politiques de gauche, conclut symboliquement à l'absence de crime de responsabilité dont était accusée Rousseff (ci-contre avec Ségolène Royal). 
Peu impressionné par la mascarade judiciaire de ses partisans, le Sénat la destitua le 31 août 2016 par 61 voix pour et 20 contre.
Le Parti des travailleurs, PT, est le parti de l'ex-présidente brésilienne qui avait succédé à Luís Inácio da Silva, dit Lula, comme elle, membre du Parti des travailleurs, marxiste.

mardi 6 septembre 2016

Le ministre de la Justice a demandé le renvoi de N. Sarkozy en correctionnelle dans l'affaire Bygmalion.

Le chef du gouvernement juge "insupportable" l'indignation de Les Républicains

"La droite"  (il s'en faut de beaucoup !) accuse l'exécutif 

C'est ainsi que 'Les Echos' renverse le problème de l'indépendance de la justice. Le journal reproche à toute la droite (?) de réagir à cette "manoeuvre politique" contre l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, qui risque un procès dans l'affaire Bygmalion. Alors que le Parquet a attendu que le mis en examen soit candidat à la primaire de la droite et du centre, le timing de cette relance de l'affaire n'interpelle pas cette presse-là: "décrypteuse" ? 
Alors que la campagne pour la primaire à droite est engagée, déterrer l'affaire Bygmalion serait naturel après des mois de mise en sommeil, selon la dépêche de l'AFP qui dicte les éléments de langage de l'Elysée à la presse aux ordres. Les Echos est la propriété du groupe LVMH et Bernard Arnault, dont le président de la République, François Hollande, a inauguré la Fondation Louis-Vuitton pour la création, le 20 octobre 2014, et dont le premier ministre, Manuel Valls, a inauguré "La Ruche", la nouvelle usine de Guerlain à Chartres, le 6 février 2015.

"Aussitôt, la droite a accusé l'exécufif de mener une "manoeuvre politique" contre l'ancien chef de l'Etat, qui brigue un nouveau mandat en 2017", écrit textuellement Les Echos. Des propos "insupportables" de cette opposition de droite, a jugé le premier ministre, ce mardi 6.  Manuel Valls ferait-il ainsi le jeu du Front national ? Si tel est le cas, le journaliste Laurent Neumann le dira... 

Réactions contrastées à droite aux réquisitions du Parquet
Loin de l'exécutif l'idée de vouloir parasiter la campagne de Sarkozy ?

Le candidat socialiste serait-il embarrassé d'une éventuelle mise en accusation de son principal adversaire, même si un éventuel procès ne devrait pas avoir lieu avant l'élection présidentielle? Valls clame déjà à qui veut l'entendre qu'il croit en l'indépendance de la justice...  

Les proches de l'ancien président dénoncent un simple "écran de fumée,"
alors que le procès de Jérôme Cahuzac vient tout juste de débuter.
Pour Marie-Anne Montchamp, soutien de Nicolas Sarkozy, le candidat à l'Elysée est évidemment visé. "C'est révélateur d'un climat récurrent qui consisterait à nourrir de nouvelles affaires au moment où une tension politique se fait jour", estime l'ancienne secrétaire d'Etat en charge des Personnes handicapées.

Cette "tension politique" est même entretenue par François Fillon. 

L'ex-premier ministre a aussitôt taclé Nicolas Sarkozy sur son "exemplarité" lors du campus des Jeunes Républicains au Touquet. Invité sur RTL avant l'annonce de la décision du Parquet, il est toutefois revenu sur sa petite phrase assassine, conscient des dommages à son image. "Je pose un principe général. Je dis que l'exemplarité est nécessaire pour gouverner notre pays et d'autant plus nécessaire qu'il va falloir le redresser, c'est-à-dire demander des efforts aux Français, a-t-il bredouillé. J'énonce un principe général qui me paraît être le minimum exigible et après, chacun est devant sa conscience. C'est ma conviction personnelle. Je pense qu'il est très difficile de gouverner un pays dans un climat comme celui que nous connaissons aujourd'hui et comme à gauche et à droite, il y a des affaires dans tous les sens, je dis qu'il faut revenir à une conception plus rigoureuse du pouvoir."
Aujourd'hui, pas question de changer d'angle d'attaque pour le député filloniste Bernard Debré. "Est-ce qu'il est possible, en France, de dire la vérité sans se faire accuser ? demande l'ancien ministre de la Coopération. Circulez, il n'y a rien à voir ? Non".

Alain Juppé se refuse de son côté à commenter le harcèlement judiciaire de l'ancien président. Le maire de Bordeaux, condamné dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, adopte le profil bas.
 
En 2004, Alain Juppé a été condamné à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité (mis en examen en 2009 pour "abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt" pour des faits remontant à l'époque où il était secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire-adjoint de Paris aux Finances, de 1983 à 1995); Sarkozy ne l'a jamais été et bénéficie toujours de la présomption d'innocence.

L'ancien maire de Neuilly a du temps devant lui. Un éventuel procès ne pourrait commencer avant le printemps prochain, en pleine campagne électorale, habituellement période de trêve judiciaire. Enfin, si Nicolas Sarkozy revenait à l'Elysée, la perspective d'un procès serait encore repoussée de cinq ans.

Nicolas Sarkozy n'a rien à voir avec Bygmalion...Arrêtons cette sorte d'acharnement
Georges Fenech, ancien magistrat et député LR (05/09/2016)

Le Premier ministre s'est invité dans la matinale de RTL pour nier toute ingérence de l'exécutif sur le judiciaire.
"Les responsables publics n'ont pas à mettre (la justice) en cause et à insinuer qu'à chaque fois que la justice agit en toute indépendance [sic], que ça serait l'oeuvre de je ne sais quelle manoeuvre politique. C'est insupportable même pour l'idée qu'on se fait de la séparation des pouvoirs et du rôle de la justice." Selon Valls, l'opposition n'a aucun droit à mettre (la justice) en cause, ni à douter qu'elle agit en toute indépendance ni à dénoncer une manoeuvre politique qui n'est pas quelconque. Il se déplace à RTL pour s'opposer à toute contestation de son pouvoir oligarchique. 

Valls monte encore une fois dans les tours

Thierry Herzog, son avocat, a dénoncé ce qui est à l'évidence "une nouvelle manoeuvre politique grossière", suite aux réquisitions du Parquet de Paris demandant le renvoi en procès de l'ancien président de la République dans l'affaire Bygmalion

Piqué au vif, Valls nie avec véhémence l'incitation de son ami Urvoas. 
"Les mêmes qui parlent d'une autorité de l'Etat qui serait en cause (...) sont les mêmes qui par ces commentaires, dégradants d'ailleurs à l'égard de la justice, mettent en cause l'autorité de l'Etat", a polémiqué Manuel Valls, en plein accès de paranoïa
Et le premier ministre fait la leçon à l'ancien chef de l'Etat. "Quand on a été président de la République, quand on aspire à le [re]devenir, quand on exerce ou quand on a exercé une responsabilité d'Etat, il faut respecter les règles de la Constitution", s'est emballé "p'tit zizi", éjaculateur précoce, voire prématuré. 
Pourtant, les magistrats du Parquet sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l'autorité du garde des Sceaux, ministre de la Justice qui les nomme. Or, celui-ci, Jean-Jacques Urvoas, dont le parcours universitaire est parrainé par des figures politiques bretonnes, notamment Poignant,  Rappelons au passage qu'Urvoas est de ceux qui, en 2009, combattirent la volonté de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur de tripler d'ici 2011 le nombre de caméras de vidéosurveillance au niveau national. C'est aussi à ce démocrate qu'on doit, en 2014, des "avancées" pour limiter la discussion générale en séance publique de l'Assemblée nationale. C'est encore à lui qu'on doit, au printemps 2015, l'opposition du gouvernement au rétablissement du crime d'"indignité nationale" proposé par la droite pour punir les terroristes.
Au congrès PS de Reims en 2008, il vota en faveur de...
Martine Aubry, avant de soutenir Dominique Strauss-Kahn trois ans plus tard, alors qu'il est encore président du FMI...
Renoncerait-il à une candidature à la présidentielle s'il était lui-même mis en examen ? 
"Je pense qu'on se remettrait alors profondément en cause", a répondu Manuel Valls, se révélant sur les motivations de ces réquisitions du ministère public. Il refuse toutefois d'en dire plus, racontant qu'il ne voudrait surtout pas "se laisser entraîner dans ce qui est la campagne des primaires et cette polémique". Ni faire pression sur la justice?...  "Je m'en tiens à ces deux principes : indépendance de la justice, présomption d'innocence. Et peut-être en effet rappel de ce que peut être l'éthique de l'engagement", a-t-il prétendu.

Dans des réquisitions du 30 août, le Parquet a demandé le renvoi en correctionnelle de l'ex-président pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy, mis en examen en février, se voit accusé notamment d'"avoir dépassé le plafond des dépenses électorales" fixé à 22,5 millions d'euros et de faire "état", dans son compte de campagne, d'"éléments comptables sciemment minorés". Il appartient maintenant aux juges d'instruction de suivre ou non ces réquisitions, dans un délai d'un mois minimum. Ce qui nous mène à la fin octobre.
Or, si la liste des candidats sera dévoilée le 21 septembre, le premier tour de la primaire de la droite et du centre est fixé au 20 novembre 2016 et le second tour au dimanche 27...

Le ministre de la Justice selon Valls n'est pas un perdreau de l'année

Urvoas s'est opposé aux ministres de droite avec constance
Député du Finistère en 2007, en 2008, il s’oppose à la création de la loi concernant la rétention de sûreté proposée par Rachida Dati, alors ministre de la Justice.
En 2009, il exprime son opposition à la volonté de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance au niveau national d'ici 2011.
En 2010il critique avec détermination la loi sur les violences en bande défendue par Michèle Alliot-Marie.

Comme ministre, Urvoas s'intéresse de près à la justice politique 
En 2014, il pèse sur le texte organique organisant les modalités de destitution du Président de la République.
En mai 2015, quelques semaines avant sa nomination Place Vendôme, il publie une note sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, dans laquelle il appelle à une plus grande autonomie du Parquet par rapport au pouvoir exécutif... François Bayrou, alors député MoDem des Pyrénées-Atlantique, avait fait part d' "un risque de dévoiement de cette procédure et de sa transformation en une mise en cause répétée du chef de l'Etat".
L'heure n'est donc encore pas venue de démontrer cette indépendance de la justice.