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mercredi 8 avril 2020

Limogeage du directeur de l'ARS du Grand-Est pour défaut d'humanité et d'intelligence

Christophe Lannelongue, premier d'une longue liste d'acteurs de santé 

"Je ne suis pas en colère," lâche l'olibrius...

Cet ex-inspecteur général des Affaires sociales a été démis de ses fonctions
 en Conseil des ministres ce mercredi.
Ce week-end, en pleine crise de pénurie  sanitaireil avait annoncé les suppressions d'emplois que prévoit toujours le plan de restructuration du CHRU de Nancy...

Directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand-Est, la région la plus sévèrement frappée par la pandémie de coronavirus  vient d’être démis de ses fonctions, s'est fait taper sur les doigts dès le lendemain par le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui a affirmé, peu après dans un tweet, que "l’heure viendra de tirer les enseignements de cette crise sans précédent et de refonder notre hôpital. Tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra".

Cet ex-conseiller de l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine a évoqué "un licenciement politique". Dans un entretien, le journal Libération a tenté de cerner la personnalité de l'individu: "déséquilibré" ou aigri" ?

Vous êtes viré ?
Oui, ce matin, le directeur de cabinet du ministre m’a téléphoné pour me prévenir qu’au Conseil des ministres de ce mercredi, le gouvernement mettait fin à mes fonctions.

Il est vrai que vous n’avez pas été très adroit dans vos propos…
Pas du tout… A la fin d’une conférence de presse sur le Covid, on m’a demandé où en était le projet de restructuration et de modernisation du CHU de Nancy. Je me suis contenté de répondre en termes de droit, et j’ai déclaré : "Il n’y a pas de raison de remettre en cause le Copermo [Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins] pour le CHRU de Nancy. Le dossier devrait être examiné début juin. La trajectoire reste la même." Voilà. C’est tout.

Certes, mais ce projet prévoit la suppression de plus de 500 emplois. Par les temps difficiles qui courent, ce n’était pas très habile…
Attendez, quand le lendemain le ministre dit que tout était suspendu, j’ai dit qu’il n’y avait aucune contradiction. J’évoquais juste quels étaient les projets en cours. Après, il m’est reproché de défendre ce projet.

Et c’est le cas, vous le défendez ?


Aujourd’hui, le CHRU de Nancy se répartit sur sept sites, il est en très mauvais état, y compris en termes d’offre et de qualité de soins, avec un énorme retard par exemple en chirurgie ambulatoire. Depuis près de deux ans, il y a un projet de reconstruction sur un seul site, projet que tous les acteurs appuient pour construire l’hôpital des années 2030. Certes, il peut y avoir des oppositions syndicales, mais la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, nous a poussés à le poursuivre. Une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a été menée, montrant le bien-fondé de ce projet. C’est un projet de modernisation qu’il ne faut pas juger uniquement sur le critère de suppressions d’emplois. Il y a eu des dizaines de réunions, un consensus se dégageait. Voilà! Quand il a été présenté en janvier, tout le monde était enthousiaste. Mais c’est vrai que nous sommes, aujourd’hui, encore en pleine campagne électorale ["on voit bien" que l'individu n'est pas à jour des événements marquants de ces derniers jours], et un des candidats, en l’occurrence Laurent Hénart, maire radical de Nancy qui est en mauvaise posture, est monté au créneau pour dénoncer mes "propos indécents". Qu’y puis-je ?

Ce sont quand même plus de 500 suppressions d’emplois sur 9.000 ?
Dans le projet, elles seraient étalées sur plusieurs mois et cela s’explique largement par le regroupement sur un seul site, avec d’énormes économies sur l’entretien et la logistique.

En tout cas, votre licenciement intervient alors que la région Grand-Est a été terriblement touchée par le coronavirus...
Oui, mais nous commençons à sortir la tête de l’eau. On a réglé, par exemple, la question des masques : on peut donner 50 masques par soignant par jour, beaucoup plus que les 19 recommandés. Nous sommes lancés dans une politique de dépistage massif dans les Ehpad, comme le souhaite le gouvernement. En lits de réanimation, on est passé de 460 à près de 1 500 lits. Grâce à nos voisins allemands, nous avons pu évacuer 150 patients, montrant une solidarité impressionnante, un peu plus d’ailleurs que celle des autres régions françaises qui ont accueilli près de 100 patients [ ! ]. Grâce aussi énormément à l’armée, qui nous a aidés magnifiquement.

On peut dire que la situation dans le Grand-Est est sous contrôle, la croissance des hospitalisations s’est ralentie, l’ensemble des personnels soignants est protégé et on a pris à bras-le-corps la situation dans les Ehpad.

Vous avez le sentiment d’être un fusible ?
Je ne suis pas en colère. Je ne fais pas de politique, je suis un fonctionnaire loyal. Je ne dis pas que je suis indispensable. On faisait et on fait du très bon travail, avec des équipes et du personnel soignant remarquables.

Dans cette affaire, l'individu voit un ... "malentendu"
Libération ne dit pas toute la vérité ou n'est pas bien informé...

"A aucun moment je n’ai remis en doute la légitimité du ministre (de la Santé) à décider," ce qu’il a fait dimanche puisqu’il a annoncé qu’il y avait bien suspension du projet et que la question serait reprise plus tard. déplore Christophe Lannelongue, qui fut l'un des conseillers de Marisol Touraine lorsqu'elle été ministre de la Santé. Quelle est sa part personnelle de responsabilité dans les décisions de suppressions de lits dans les hôpitaux mais également de non renouvellement du stock stratégique de masques ?
Il a écrit ou co-signé pas mal de "rapports" dont beaucoup consistaient principalement à expliquer qu'il fallait faire beaucoup mieux avec beaucoup moins d'argent, de moyens et de postes. C'est quand il était conseiller de Marisol Touraine qu'a été mis en place ce que l'on appelle le "COPERMO". Un acronyme pour "COmité interministériel de PERformance et de la MOdernisation de l'offre de soins" et qui a donc pour vocation de :
"valider et de suivre les actions proposées par les Agences Régionales de Santé. Les autres objectifs de la  COPERMO sont de sélectionner et de prioriser les projets d'investissements nécessitant un financement de l'Etat et d'assurer le suivi des établissements en difficulté."
"Je pense que les équipes médicales sont très satisfaites de la manière dont l’ARS a réagi" à la crise du coronavirus, a estimé l’intéressé. "On a multiplié par trois les capacités de réanimation, on a fait en sorte que dans la région Grand-Est, tous les malades aient été pris en charge" [ici ou ailleurs...: cette région a organisé des départs de trains médicalisés tellement tellement ses hôpitaux manquaient de lits et déplore les premiers médecins morts faute de protections face au Covid19 et un nombre record de familles endeuillées], a-t-il souligné. Christophe Lannelongue a précisé qu’il retournera à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), une célèbre niche dorée.

Il aura fallu plusieurs réactions indignées pour que Macron prenne la décision, selon L'Obs.
Le maire (MR) de Nancy, Laurent Hénart, et le  du président (PS) du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein, auraient exercé des pressions sur le premier ministre Edouard Phlippe, lequel a donc fait savoir, comme indiqué plus haut, "que les plans de réorganisation des établissements de santé sont évidemment suspendus à la grande concertation qui devra être menée dans ce cadre".

dimanche 14 avril 2019

Acte XXII des Gilets jaunes: ils étaient plus nombreux en France

La mobilisation repart à la hausse : 39 % de manifestants de plus en  France (VDN)

L'essentiel se passait en régions
L’image contient peut-être : texte
A quelques heures des annonces d’Emmanuel Macron pour sortir de la crise, plusieurs milliers de Gilets jaunes ont encore manifesté samedi pour l’acte 22 du mouvement, notamment à Paris et Toulouse. "Le grand débat, grand blabla", "Macron on n’attend rien de vos annonces", pouvait-on lire sur les pancartes du cortège parisien.
Si la manifestation a été calme dans la capitale, l'extrême gauche a créé des heurts  à Toulouse, où les Gilets jaunes ont investi le centre-ville pendant plus de huit heures d'affilée. Réplique aux débats-fleuves du président en manches de chemise, lorsque Macron avait préféré défendre ses réformes et sa politique jusqu'à 2h du matin, le lundi 18 mars, mais face à 64 intellectuels !

Des manifestants à la Défense à Paris, samedi 6 avril 2019.
Les manifestations des Gilets jaunes en France ont rassemblé 31.000 personnes, dont 5.000 à Paris, lors du 22e samedi consécutif de mobilisation, ci-contre à La Défense, selon un décompte du ministère de l'Intérieur, à nouveau contesté par les manifestants.

Un "léger regain" concédé par l'AFP, par rapport à la semaine précédente, avant la date "exceptionnelle" du 20 avril.
La semaine précédente, les manifestations avaient rassemblé 22.300 personnes en France, dont 3.500 à Paris, lors de la 21e mobilisation. Le ministère avait comptabilisé 33.700 participants le samedi 30 mars, dont 4.000 à Paris. Difficile pour les media d'affirmer que le mouvement s'essouffle...
A Paris, le cortège a rejoint en début d'après-midi, Place de la République, la marche pour "la liberté de manifester". Organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme...), ce défilé visait à dénoncer la loi anti-casseurs, partiellement retoquée par le Conseil constitutionnel.
La préfecture de police a effectué 27 interpellations et 9.473 contrôles préventifs à 18h30.

Affrontements à Toulouse

Pour l'acte 22 des «gilets jaunes», Toulouse a été proclamée «capitale des §gilets jaunes”». Avant 13h, de premiers incidents ont opposé manifestants aux forces de l'ordre.
A Toulouse, des affrontements entre forces de l'ordre et des militants du 'Black bloc' ont émaillé le rassemblement. Avec deux blessés "en urgence relative" et 23 personnes interpellées signalées par la préfecture à 18 heures, la tension est montée très vite, moins d'une heure après le début du cortège sur une grande avenue (Jean-Jaurès) menant au centre historique.  Parmi les interpellés, "dans le cadre de la loi anti casseurs, plusieurs l'ont été pour dissimulation volontaire de visage", a précisé la préfecture. 

Les manifestants s'y sont heurté à des barrages des forces de l'ordre, qui ont avancé pour les cantonner, tirant gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes. Des "individus habillés en noir, masqués ou cagoulés, équipés, ont pris à partie les forces de l'ordre avec de multiples jets de projectiles et feux d'artifices", a affirmé la préfecture, chiffrant à "plusieurs centaines de personnes les profils violents"
La ville de Toulouse est réputée plus rouge et noire que rose. Sivens - où une contestation violente contre la création d'une réserve d'eau a duré de 2011 à 2014 (et la mort de l'activiste Rémi Fraisse) est à une heure de route et les activistes de Bordeaux et Ford-Blanquefort avaient rendez-vous à Toulouse.



Sans parcours défini, les anarcho-révolutionnaires ont  circulé en ville pendant plusieurs heures après les premiers incidents, resserrant régulièrement leurs rangs avant être dispersés par la police, qui a notamment fait usage de canons à eau. 
Des affrontements sporadiques ont aussi opposé les forces de l'ordre à des petits groupes isolés de fauteurs de trouble. Une remorque de chantier, puis plus tard une camionnette et un scooter ont été incendiés, tandis qu'une moto de police, du mobilier urbain et des vitres ont été dégradés. 
A 18 heures, le calme était globalement revenu, mais quelques échauffourées sporadiques ont encore eu lieu avec des groupes de manifestants refusant d'abandonner la rue. 

Un millier de mécontents à Lille, Nancy et Bordeaux

Dans les rues de Lille, ce samedi 13 avril. PHOTO PASCAL BONNIERE
Dans les rues de Lille, ce samedi 13 avril.
Des manifestations ont également eu lieu ailleurs en France. Plus d'un millier de gilets jaunes ont manifesté samedi à Lille, empruntant un parcours alternatif, les défilés ayant été interdits en centre-ville. Ils étaient 950, selon une source policière. 

Des Gilets jaunes ont également déambulé samedi sans incident majeur dans les rues de Bordeaux, encadrés par un important dispositif policier dès le départ du défilé. En début de soirée, un communiqué de la préfecture ne déplorait "aucune dégradation ni destruction matérielle", précisant qu'il avait pourtant été procédé à "six interpellations".

A Nancy, les manifestants ont déambulé. 
Plus de 320 «gilets jaunes» ont bravé l'interdiction de manifester à Nancy samedi. Photo prise lors d'un rassemblement du 19 janvier 2019.
Malgré une interdiction, des Gilets jaunes ont réussi à accéder au centre-ville, certains en traversant des voies ferrées, et "le trafic SNCF de la gare de Nancy a été interrompu de 15h50 à 16h10, car des manifestants circulaient sur les voies", a indiqué la préfecture.
Au cours de la manifestation, qui a réuni 320 protestataires, selon la préfecture, quatre personnes ont été interpellées, pour "participation à une manifestation interdite avec une arme, outrage, rébellion et menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique" et 42 ont écopé d’une amende de 135 euros pour participation à une manifestation interdite.

samedi 1 juillet 2017

Un séminaire gouvernemental en région, pour faire simple et pas cher

Macron clôture à Nancy le stage de formation de ses députés novices

La Meurthe-et-Moselle, supérieure au 7e arrondissement de Paris

Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"Le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés dans une belle province de Macron 1er, petit père de toutes les régions, vendredi et samedi, pour discuter la "feuille de route" du début du quinquennat. Nancy a eu l'immense honneur d'abriter un séminaire gouvernemental en forme de stage de "renforcement d'équipe" ("team building", pour les admirateurs de la langue américaine). 
Le concept de 'team building' est né dans les années 80 et se fondait alors sur de nombreux travaux des années 60, comme les "étapes de Tuckman," du nom du père du "forming–storming–norming–performing model" de développement du groupe considéré. Il a pour objectif de rendre les équipes plus efficaces en resserrant les liens au sein des équipes. Le jeune président trentenaire y a recours 30 ans et 50 ans plus tard, par nécessité. En effet, son équipe de législateurs est hétéroclite, inexpérimentée et informe.
Or, les techniques de
'team building' visent donc à resserrer les liens entre les membres d'une équipe, quand cette équipe existe. Mais comme la sienne est à l'état de pâte à modeler, Macron 1er doit lui donner forme et lui insuffler l'esprit d'équipe qu'il veut pour elle. Nancy est le lieu choisi pour ce formatage des esprits, en favorisant la gestion du stress et la cohésion entre ses membres par un environnement favorable au travail collectif, à travers des activités de jeux de management, d'activités sportives, culturelles, artistiques ou créatives. Un 'boot camp', diront certains, où sont mises en place des situations dans lesquelles les acteurs seront mis à contribution pour atteindre un but collectif, faire preuve de solidarité, communiquer, résoudre des problèmes et prendre des décisions de façon collégiale ou tout simplement partager un bon moment. Les pratiques de renforcement d'équipe sont au nombre de trois : la récompense, l'intégration de nouveaux collaborateurs et la gestion de crise...
Le séminaire de Nancy est aussi l’occasion pour Edouard Philippe de commencer à dessiner son style comme premier ministre. Une nécessité, là encore, puisque l'hyper-président lui brûlera la politesse lundi lors du rassemblement des deux chambres du Parlement en Congrès à Versailles, la veille de sa propre déclaration de politique générale devant les députés. Macron 1er, tsar de toutes les régions, affirmera à Nancy sa prééminence sur son collaborateur de Matignon. 
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Edouard Philippe et plusieurs membres de son gouvernement ont assisté vendredi soir au spectacle Sons et lumières donné, comme chaque été par la préfecture de Meurthe-et-Moselle, devant les façades XVIIIe siècle illuminées de l’hôtel de ville, au milieu des riverains et des touristes surpris de les trouver là. Le gouvernement s’est offert, vendredi et samedi 1er juillet, un week-end découverte en Lorraine : voyage en train tous ensemble et nuit à l’hôtel (sauf pour le premier ministre logé en préfecture). 
Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"
Deux jours durant, le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés en province pour ce "séminaire de travail" à huis clos (cf. le "bunker", ci-contre), au cours duquel chacun a évoqué sa "feuille de route" pour le début du quinquennat. 
L’occasion aussi pour Edouard Philippe d'effectuer ses débuts de chef de la majorité dominée par La République en marche, à la veille de sa déclaration de politique générale, mardi 4 juillet devant l’Assemblée nationale.

Pendant ce temps, le président de la République, Emmanuel Macron, assiste à Strasbourg à la cérémonie européenne en mémoire de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl ou inaugure la nouvelle ligne TGV entre Paris et Bordeaux (en plus du Paris-Rennes).

A Nancy, l'ambiance rappelle celle des séminaires de cadres de grandes entreprises

"Un moment de rencontre et de partage" pour "souder un esprit de cohésion", tente de théoriser le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. " Nous retrouver tous ensemble pour mieux nous connaître et pour dresser un constat partagé sur la situation du pays", résume le premier ministre, dissimulant mal une opération de formatage des esprits à l'unanimisme de groupe. Edouard Philippe raconte qu'il a voulu "s’extraire des soubresauts du temps court", citant l’historien Fernand Braudel. On comprend dès lors que les journalistes des chaînes d'information en continu soient inadaptés et exclus de ce huis clos de Nancy.

Les media en sont réduits à couvrir l'écume de l'événement. 
Image associéeLa fine équipe Philippe II a donc partagé un "dîner de travail" avec des "héros du quotidien"dixit le même Castaner, vendredi soir, dans une tentative de perfusion de courage et d'expertise. Dans le huis clos des gens de La République en marche, les héros ont raconté "leurs expériences personnelles inspirantes pour tous". Parmi ces invités, Jean-Marie Schleret, l’ancien député de Meurthe-et-Moselle engagé dans l’action sociale et solidaire, Céline Lazorthes, fondatrice de la start-up de paiement en ligne Leetchi, ou l’académicien Erik Orsenna. L’écrivain, ancien conseiller à l’Elysée sous François Mitterrand, a mis en garde, avec humour, les ministres contre "la vanité du pouvoir". "Il nous a fait tout un topo sur la prison que peut devenir un ministère et sur le risque d’enfermement du pouvoir", rapporte un participant. 

Résultat de recherche d'images pour "seminaire travail nancy 2017"Mais l'étoile du week-end d’intégration du gouvernement Philippe a été l’astronaute français Thomas Pesquet (ci-contre à gauche). Convié par le premier ministre, "Thom Astro" a raconté sa mission de six mois sur la station spatiale ISS. "Je viens partager mon expérience et les points communs qu’il peut y avoir entre une mission spatiale et diriger la France", a expliqué le scientifique, légèrement flottant dans sa tentative de rapprochement sur commande. "On était comme des gosses !", confiera après le repas un ministre anonymé, avouant que plusieurs membres du gouvernement n’ont pas résisté à prendre des selfies avec l’astronaute ou à lui demander des autographes pour leurs enfants. Séminaire de travail, disiez-vous ?

L'exécutif, une 'Belle Alliance Populaire' ?

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G. Collomb ne semble pas vraiment intégré
Face à un chef de l’État omniprésent, Edouard Philippe a essayé de profiter du séminaire pour se poser en animateur du gouvernement. "Une équipe complémentaire, motivée, avec un bon esprit. Je suis ravi d’être à sa tête", a-t-il confié à la presse, vendredi soir devant un demi de bière, attablé en terrasse place Stanislas avec plusieurs de ses ministres. Du pain béni pour Paris Match, Closer ou Public... 
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Autour de lui, s’affiche la jeune garde gouvernementale, avec les "Macron boys," Benjamin Griveaux, 39 ans (ci-contre à gauche), Julien Denormandie, 37 ans, et Mounir Mahjoubi, 33 ans, tous secrétaires d'Etat, et les ralliés venus de la droite, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Jean-Baptiste Lemoyne. Les vieux de la vieille, Jean-Yves Le Drian, 70 ans, Gérard Collomb, 70 ans, ou Bruno Le Maire, 48 ans, en revanche, avaient préféré regagner leurs chambres d’hôtel. 

Le chef du gouvernement prépare son discours devant les parlementaires mardi. La veille, lundi 3 juillet, Emmanuel Macron s’adresse au Congrès depuis Versailles, au risque de lui couper l'herbe sous le pied, bien que Castaner les déclare tous deux bien "en ligne". Le premier ministre nie d'ailleurs tout esprit de compétition dans le duo exécutif, ce qui est bien naturel à l'issue d'un weekend d'intégration: "Le président va fixer le cap, lundi; moi j’expliquerai mardi comment on atteint ce cap", résume-t-il. 

Les Républicains du gouvernement à la peine

Remettre de l’ordre dans les comptes publics de Hollande
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Philippe se voûte dangereusement
Les trois prises de Macron à la droite ne sont pas à la fête. Alors que Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, était venu samedi matin à Nancy pour disserter devant le gouvernement sur la situation des finances publiques (et François Molins, le procureur de la République de Paris, sur la politique de lutte antiterroriste), le premier ministre avait connaissance du "rapport extrêmement sévère et critique" de la rue Cambon pour préparer l’opinion à des économies supplémentaires et atteindre les 3 % de déficit à la fin de l’année.

Après cinq années de socialisme, la France est le dernier pays en Europe à ne pas avoir équilibré ses comptes publics. "Nous sommes en déficit permanent depuis 1974. On va remettre un peu d’ordre dans les comptes publics", prévient depuis Nancy Edouard Philippe, évoquant "une question de souveraineté" pour le pays. 

L’exécutif revendique un "discours de vérité"
Ce qui avait été reproché à F. Fillon, lorsqu'en septembre 2007, il s'était déclaré "à la tête d'un État "en situation de faillite", est aujourd'hui vanté. L'ex-maire juppéiste de Rouen refuse d'ailleurs de préciser l’ampleur et le ciblage des futures coupes budgétaires : retraités, handicapés, etc ? Bruno Le Maire devra trouver 8  à 9 milliards d'euros d'économie avant 2018 pour pallier les effets de la politique de Hollande et Sapin qui ont laissé filer les dépenses, quand ils ne l'ont pas organisée, et le premier ministre a annoncé des coupes budgétaires drastiques ... "suite au rapport du Président de la Cour des Comptes", lit-on, bien qu'il n'en soit évidemment en rien responsable.

Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à l’Elysée, le 28 juin.
Le 29 juin, le gouvernement a déjà annoncé le gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires, à la stupéfaction des syndicats que Darmanin n'a pas consultés, mais cela sera insuffisant pour rattraper le "dérapage" de 9 milliards d’euros attribué par la Cour des comptes au précédent quinquennat de François Hollande. Le premier ministre n’a "aucun domaine sur lequel il s’interdit de se poser des questions", ont précisé - dans un insupportable charabia - les technocrates de son entourage depuis Nancy.
L’annonce du gel du point d’indice, qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires, n’étonne pas vraiment les syndicats mais elle cause un profond mécontentement chez la plupart d’entre eux. C’est la méthode, tout d’abord, qui a déplu : "Le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a fait le choix d’aller devant les media pour dévoiler cette décision alors qu’il avait affiché son souci du dialogue, lorsqu’il nous avait reçus, le 23 mai", déplore Jean-Marc Canon (CGT). "C’est une déclaration choquante, sur la forme comme sur le fond, enchaîne Mylène Jacquot (CFDT). Elle se situe en dehors des modalités habituelles du dialogue social."
Christian Grolier (FO) dit "ne pas être surpris". "Nous n’avions aucune illusion sur le programme libéral d’Emmanuel Macron", assène-t-il. Et M. Darmanin, peu après sa prise de fonctions, avait assez clairement laissé entendre qu’i
l n’y aurait "pas de nouvelle augmentation de la valeur du point, en 2017, après celle de 0,6 % entrée en vigueur en février", poursuit-il.
Mais les propos du ministre vont plus loin, celui-ci ayant indiqué, vendredi, qu’il n’y aurait aucun coup de pouce au moins jusqu’en 2018. Résultat :
des "pertes de pouvoir d’achat" pour les fonctionnaires, souligne M. Grolier (FO). C’est la preuve que "le prisme comptable va peser sur ce ministère", s’indigne Bernadette Groison (FSU), en fustigeant une décision "aussi injuste qu’inefficace" qui va "bloquer la rémunération de 20 % de la population".
Matignon interdit néanmoins de parler d’austérité. 
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Hotel Mercure de Nancy
La Cour des comptes a épinglé l'"insincérité" du dernier budget de Hollande, ce qu'en langage  courant, on appelle "mensonger" (sous-budgétisation de certains ministères, la recapitalisation d’Areva, et le rendement plus faible qu'annoncé de la régularisation fiscale des contribuables fraudeurs  dans des paradis fiscaux) mais que les  fonctionnaires et les retraités seront les premiers appelés à éponger, sans la contrepartie d'un carton d'invitation à la 'garden party' de Nancy.  
Quelle sera la prochaine catégorie à son tour essorée comme "variable d'ajustement" du budget 2018 et des suivants ? "On ne va pas faire du sang et des larmes, mais on va prendre des décisions courageuses qui ne seront pas toutes forcément populaires", réplique un proche  anonyme d’Edouard Philippe. Un équilibre qui s’annonce difficile à trouver.

Du sang et des larmes, mais en silence, SVP...
Il est donc urgent que les syndicats se mettent au "team building" pour une meilleure défense des Français.

mercredi 15 mars 2017

Quand le banquier Macron se vit offrir un bleu de travail

Lutte des classes, toujours : "ce n'est pas en mettant un costard qu'on travaille !" 

Les blouses blanches, les robes noires et les ministres sont des fainéants ?

Un activiste anti-libéral a brièvement interrompu le discours d'Emmanuel Macron, pour offrir un bleu de travail au ministre de l'Economie, vendredi 10 juin 2016 à Nancy, alors qu'il intervenait devant les invités du Forum Mondial des matériaux, au motif que "ce n'est pas en mettant un costard qu'on travaille." "C'est en mettant un bleu de travail; je vous l'offre", a crié l'énergumène en brandissant une combinaison de travail flambant neuve...


Lutte des classes à Air France :
l'extrême gauche syndicale
arrache chemises et ...costards
"Vous êtes un banquier ! Vous représentez une minorité de casseurs du droit du travail" - référence à la loi Travail dont il est l'instigateur dans l'ombre de Hollande à l'Elysée - a encore hurlé l'anarcho-révolutionnaire, alors que le service de sécurité l'évacuait.
L'homme faisait aussi allusion au contentieux de l'extrême gauche avec l'actuel candidat depuis une agression verbale du ministre de Valls par deux militants de la CGT et de SUD, fin mai à Lunel (Hérault), auxquels Emmanuel Macron avait rétorqué : "Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".


Plus une sortie sans incident pour Emmanuel Macron.

Dix jours plus tard, il avait essuyé des jets d'oeufs, à Montreuil, fief du PCF et de la CGT. Il était venu célébrer les 80 ans du Front populaire. 

Selon le correspondant de RTL à Nancy, le manifestant a d'abord été ceinturé par le préfet de Meurthe-et-Moselle soi-même, avant d'être pris en charge par les agents de sécurité.

Quant à Caroline De Haas, l'une des agitées de la pétition stérile contre la loi Travail, ne craignant pas de se ridiculiser à nouveau, elle a publié un message en expliquant que les soutiens d'Emmanuel Macron qui lancent ce samedi 28 mai 2016 (et jusqu'à la fin de l'été) la grande opération de porte-à-porte - pour un "diagnostic du pays" ou une étude de marché -  lui font "vraiment peur" avec leur t-shirt !
La plupart de ces militants propres sur eux avaient entre 20 et 40 ans, étudiants, avocats ou cadres sup, et consacrèrent une partie de leur temps à Emmanuel Macron. Tous avaient été sélectionnés pour devenir les " coordonnateurs" des équipes de "la grande marche", mais cette armée de 12.000 hommes et femmes en tongs avait-elle de quoi faire peur à une femme au verbe haut de ce poids ? Il faut le voir, ci-dessus, pour le croire...

Benjamin Lucas,
le président des Jeunes socialistes (proches du camarade Hamon), a lui aussi fait allusion au porte-à-porte d'Emmanuel Macron.
"J'ai quand même le sentiment qu'à ce rythme, le porte-à-porte d'E. Macronva se finir par une veste plutôt qu'un costard. Benjamin LUCAS (@benlucas80) May 28, 2016"

La lutte des classes et la haine ont envahi la campagne présidentielle
En novembre, armés de drapeaux et de sifflets, un groupe de militants d'extrême gauche de la FNAC ont bruyamment interpellé l'ancien ministre aux cris de "Macron démission", à l'occasion d'une séance de dédicace. 

Un slogan plombé par les préjugés anti-libéraux de marxistes archaïques mais totalitaires (et à l'occasion, violents), Emmanuel Macron ayant démissionné du gouvernement en septembre dernier et plus récemment quitté la fonction publique...
La FNAC est la propriété du groupe Kering détenu par François (-Henri) Pinault (au même titre que 100% de Yves Saint-Laurent, anciennement propriété de Pierre Bergé, désormais co-propriétaire d'un groupe de presse, dont le journal Le Monde).

Après l'incident de Montreuil, Emmanuel Macron a promis qu'il continuera à multiplier les déplacements. "Faut-il ne pas se déplacer, se bunkeriser? Je ne crois pas", a-t-il assuré. "Le propre d'une société démocratique adulte, c'est de savoir partager ses désaccords. Ça veut dire ne jamais sombrer dans l'invective, dans la brutalité, dans le blocage", a-t-il assuré, le concernant.

La lutte des classes a repris sous le quinquennat de Hollande, suite à sa politique environnementale sinueuse et provocante sur le nucléaire et de Notre-Dame-des-Landes qui cristallisent la fureur, mais aussi à ses destructions massives d'emplois et du tissu économique, industriel et agro-alimentaire, ainsi que ses lois sociétales ou sociales autoritaires sur le travail ou la famille.