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mardi 28 avril 2020

Pourquoi les Agences Régionales de Santé s'attirent-elles la critique ?

Les toutes-puissantes ARS dans le collimateur pour leur gestion de la crise du coronavirus

En matière de Santé publique, le gouvernement est pieds et mains lié à ses "intendants royaux de province"

Coronavirus : pourquoi les Agences Régionales de Santé sont-elles sous le feu des critiques ?
Bordeaux: siège de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine 


Suspectées d'un avenir d'usines à gaz dès leur création, le 1er avril 2010, les toutes-puissantes ARS concentrent les rancoeurs pour leur gestion autoritaire - voire sectaire - et étriquée de l’épidémie de Covid-19, mais Macron aux abois c les soutient plus que jamais envers et contre tout car c’est son action qui est visée à travers elles.

Quelle est la fonction des ARS ?

Créées par la loi Bachelot du 21 juillet 2009 (dite 'Hôpital, patients, santé et territoire') pour "assurer un pilotage unifié de la santé en région, mieux répondre aux besoins de la population et accroître l’efficacité du système". les ARS ont remplacé les anciennes agences régionales de l’hospitalisation (ARH) en avril 2010, mais aussi les directions des affaires sanitaires et sociales (Drass, Ddass) et certaines caisses d’assurances maladie (Urcam, Cram). Leur vaste champ d’action englobe hôpitaux, cliniques, soins de ville, médico-social (personnes âgées et handicapées), prévention et environnement (qualité de l’eau et de l’air). Concrètement, un des rôles des ARS était de moderniser et rationaliser l'offre de soins et de veiller à la bonne gestion des dépenses hospitalières et médicales. Au-delà de ces aspects régaliens (tutelle financière, droit des autorisations), ces agences étaient plus largement chargées de transformer le système de santé en développant la coopération, la transversalité et les parcours de santé. Missions accomplies, mais avec une rigueur pointilleuse et une rigidité intransigeante telles que les ARS se reçoivent aujourd'hui une succession de violents "orages cévenoles". 


S’ils n’en ont pas le titre, leurs directeurs sont de véritables préfets sanitaires à l’échelle de leurs régions.
Les ARS "jouent en quelque sorte un rôle de chef d’orchestre", tout en traduisant "une volonté de reprise en main par l’Etat du pilotage des politiques de santé", résume Henri Bergeron, directeur de recherches au CNRS. Elles ont notamment le pouvoir administratif d’ouvrir ou de fermer des services (maternité, chirurgie, urgences) et d’autoriser certains équipements (scanner, IRM). 
Surtout, elles tiennent les cordons de la bourse, distribuant les crédits de fonctionnement des établissements, ainsi que des aides en tous genres à des projets locaux ou des soignants installés dans les déserts médicaux.

Cette tutelle omnipotente a nourri une décennie de frustration et de ressentiment du corps médical.

Il n'a jamais accepté d'être supplanté par une administration sans contre-pouvoir, sans contrôle, sans comptes à rendre. Des griefs renforcés par les restrictions budgétaires de l’époque : nées en temps de crise financière internationale, les ARS ont dès l’origine été accusées de mettre en œuvre une politique d’austérité.

Bras armé de l’Etat centralisateur, les ARS partagent avec lui les reproches: lourdeur bureaucratique, manque de réactivité, communication fluctuante. "On a probablement pris du retard dans la gestion de crise [sanitaire du coronavirus] parce que nous avions affaire plutôt à des acteurs budgétaires qu’à des logisticiens de crise", affirmait ainsi début avril le président de la région Grand Est, le docteur Jean Rottner. Fin mars, au plus fort de l’épidémie, un observateur en première ligne disait son effarement de voir l’armée évacuer des malades de Mulhouse, alors que des hôpitaux et cliniques pouvaient les accueillir à proximité. Décision ubuesque d'un directeur tout-puissant pris de panique et soucieux d'alléger sa charge.

"Les discussions au niveau des ARS sont une catastrophe", affirmait-il, dénonçant "des grosses guerres d’ego", avec des directeurs d’agence qui "règnent en maître sur leur territoire", à tel point que même "le directeur de cabinet du ministre de la Santé n’est pas au courant des décisions prises régionalement". Vindicatifs, les médecins ne les épargnent pas. Ainsi François Honorat, président du Syndicat des anesthésistes libéraux : "Les ARS n’ont pas été à la hauteur. Elles empêchent les gens de fonctionner, il va falloir réformer tout ça".

Colosses aux pieds d'argile, les directeurs d’agence se savent désormais sur un siège éjectable, notamment depuis le limogeage de Christophe Lannelongue, potentat du Grand Est. En pleine crise sanitaire, ce haut fonctionnaire avait exercé son pouvoir absolu en annonçant en pleine crise sanitaire - liée à l'imprévoyance: sous-effectifs, pénuries de lits, de masques et de respirateurs - le maintien du plan de restructuration du CHU de Nancy et ses 600 suppressions de postes, déclenchant l’indignation des élus locaux et des partis d’opposition.

Le gouvernement a pris conscience qu’à travers les ARS, c’est son incurie qui est visée
Sur les conseils d'Olivier Véran, politicien isérois - suppléant issu de la société civile de Geneviève Fioraso, PS, nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche par Jean-Marc Ayrault et soutien du socialiste Jean-Jack Queyranne lors de la campagne des élections régionales de 2015 - , mais aussi urologue de terrain - ex-porte-parole de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux, et ex-conseiller titulaire à l'Ordre départemental des médecins de l'Isère - appelé de Grenoble à la rescousse pour remplacer la ministre "démissionnaire" de la Santé liée par son mari Yves Lévy impliqué avec l'INSERM au laboratoire P4 de Wuhan d'où s'est échappé le virus Covid-19, membre de la caste des mandarins parisiens qui mènent le monde de la médecine, Edouard Philippe a ainsi salué leur "travail remarquable pour permettre la montée en puissance des capacités de réanimation", passées  de 5.000 à plus de 10.000 lits, soulignant "en même temps" une pénurie de 50%. Et Olivier Véran ne perd jamais une occasion de rappeler leur "mobilisation" décisive dans la neutralisation du foyer épidémique de Haute-Savoie début février, ou dans les "644 évacuations sanitaires" réalisées "par train, avion et hélicoptère".
A Grenoble, le patron de l'ARS, qui compte près d'un millier d'agents, Aymeric BOGEY est un politique qui a débuté sa carrière en 2001 à la mairie PS de Paris où il était le collaborateur de Dominique Bertinotti, maire PS du 4e arrondissement, chargé notamment du suivi de l'Hôtel-Dieu et des relations avec l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AH-HP).
Palmarès du député socialiste Olivier VéranDéputé de 2012 à 2015 dans les rangs du PS, il suit les dossiers relatifs à la santé à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. Il prend position en faveur de l’ouverture expérimentale de "salle de shoot" (site d'injection supervisée) à Paris, ainsi que l'ouverture du droit de vote des étrangers aux élections locales.En mars 2013, chargé par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, d'une mission sur la filière sang, il s'engage pour le don du sang, anonyme, gratuit et volontaire et milite pour le don du sang par des homosexuels.En décembre 2013, il alerte sur l'impact sanitaire et financier du recours croissant aux médecins intérimaires par les ARS, dénonçant une attractivité hospitalière de très bas niveau.En 2014, en tant que rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015, volet assurance maladie, il défend notamment la création d'hôtels hospitaliers, ainsi que la suppression des franchises médicales pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (réservée aux personnes dont les ressources sont légèrement supérieures au plafond d'attribution de la CMU-C, elle donne droit, durant un an, à une aide financière pour payer un contrat de complémentaire santé).En 2015, il est rapporteur du volet prévention et promotion de la loi de modernisation de la santé, comprenant le plan anti-tabac, la lutte contre le binge drinking, les salles de consommation à moindres risques, mais il ne préconise pas l'ouverture de lits d'hôpitaux, ni la reconstitution des stocks de masques ou de gants anti-infectieux ou de kits de prélèvement: son orientation est uniquement sociale et sa priorité est l'anorexie, tant qu'elle est dans l'actualité...En 2016, la ministre socialiste de la Santé, Marisol Touraine, celle qui prétend toujours avoir bouché le trou de la Sécurité sociale avant de partir, le charge du pilotage du comité de réforme du mode de financement des établissements de santé. Ancien rapporteur du projet de "loi santé", il s'oppose alors à une suppression de la T2A - tarification à l’activité, un système de cotation des actes médicaux qui régit depuis les années 2000 le financement des hôpitaux, autrement dit l'indexation du budget des hôpitaux sur leur activité réelle qui cristallisait déjà pourtant le mécontentement des personnels hospitaliers et agite toujours le milieu hospitalier -, mais aussi à un retour à la "dotation financière globale".
Quelle que soit l’accusation, le ministre de la Santé protège son administration. 

Incurie dans les Ehpad ? 
Les ARS ont reçu "des instructions très claires pour dresser jour après jour l’état des lieux", mais les médecins sont actionnaires d'Ehpad... 

Pénurie de médicaments ?
 
Elles "établissent les priorités dans la répartition des stocks indispensables". Christophe Lannelongue ? "Un serviteur de l’État qui a cru bien faire". 
Dans un communiqué, le ministre Olivier Véran ajoute que, lors de la conférence de presse donnée vendredi 3 avril, les termes employés par Lannelongue "ont été mal interprétés"...

L’heure des comptes viendra-t-elle jamais ?
Pour le chercheur Henri Bergeron, un "bilan" de l'action des ARS devra bel et bien être mené. "On a pensé un peu naïvement qu’à partir du moment où on créait un organisme de coordination, la coopération entre les acteurs allait s’améliorer". Or, la crise "a révélé des problèmes majeurs de coordination, au niveau national comme au niveau local", souligne-t-il. Mais, si les problèmes de coordination sont réels, ils ne doivent pas masquer les autres et notamment la nécessité d'un contrôle par les élus régionaux de l'activité des agences, ce qui implique également l'introduction d'organismes paritaires dans la prise de décisions. 
Actuellement, les directeurs d'ARS sont des hauts-fonctionnaires ministériels recasés en régions lors des alternances politiques, parfois d'anciens directeurs des DRASS, de l'ARH et URCAM, IGAS, CPAM. D'autres proviennent du monde de la santé (Directeur d'hôpital), de la mutualité, mais certains arrivent du top management de... la grande distribution. 
En Midi-Pyrénées, l'intersyndicale critiqua à demi-mot les "méthodes de management d'un directeur général de l'ARS, DG issu du privé, arrivé tout droit de la grande distribution [Carrefour et Procter & Gamble France] et de la sidérurgie" (UNICEM, et IBM France, usine de Montpellier), Xavier Chastel.

Publié par Pakool à 28.4.20 Aucun commentaire:
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Libellés : Agences Régionales de Santé, arrogance, ARS, autoritarisme, crise sanitaire, incurie, Lannelongue Ch, ministère de la Santé, pandémie de coronavirus, santé publique, Véran O

vendredi 10 avril 2020

Avec CARE, Macron multiplie les comités scientifiques qui retardent la prise de décisions

Macron a installé un deuxième comité scientifique: est-il utile ou fait-il doublon?  e 

Difficile de justifier ce nouveau comité scientifique voulu par Macron pour diluer les responsabilités

https://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/image_article/public/2020-04/SIPA_AP22445293_000038.jpg?itok=7M2tgKeO
Macron ne sait plus à quel saint se vouer !
Le Comité analyse recherche et expertise, CARE, apporte-t-il plus que le Comité scientifique présidé par le professeur Delfraissy? Celui-ci a-t-il failli ? Ce second comité scientifique mis en place pour conseiller l'Elysée et Matignon sur la politique à mener face au Covid-19 est-il plus qualifié ?  Qui sont les membres du Care ? 

Les recrues du Care sont-elles plus libres et indépendantes ?

Depuis les débuts de la crise sanitaire due à l'impréparation des hôpitaux publics en manque de lits, de matériels et d'effectifs face à l'épidémie mortelle liée au Covid-19, Macron et ses serviteurs du gouvernement attendent que le Comité scientifique prennent ses décisions et rendent ses avis.
Mais quand on parle de "lourdeurs administratives", le secteur de la Santé est pareillement plombé. 
Le conseil scientifique Covid-19 a été institué le 11 mars 2020 par Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé à la demande du président de la République française, "pour éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au coronavirus." Présidé par le professeur Jean-François Delfraissy, 71 ans, diplômé de la faculté de médecine Saint-Antoine, ce comité compte dix autres experts qui viennent de champs disciplinaires complémentaires. En 2005, Delfraissy est nommé directeur de l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS). 
En 2008 et parallèlement, il est nommé directeur de l’Institut de microbiologie et maladies infectieuses de l'institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM).
Delfraissy dirige aussi le Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé, souvent abrégé en Comité consultatif national d'éthique (CCNE), organisme consultatif public, depuis 2016.

Prenons l'exemple du comité scientifique de 'Santé Publique France'
D'abord, le Comité n'est que l'un des 4 conseils chargés d'apporter une aide à la décision du ministre de la Santé (le Haut Conseil de Santé publique, qui transmet ses rapports à la Conférence nationale de santé (CNS, 96 membres), relayés par les Agences régionales de santé (ARS), établissements publics chargés de rationaliser l'offre de soins et de veiller à la bonne gestion des dépenses hospitalières et médicales nationale en région, sous le contrôle d'un directeur général, tel Christophe Lannelongue, limogé dans le Grand Est en pleine épidémie), et la Haute Autorité de santé (HAS, en charge des certifications), ce qui explique que rien ne bouge.

L'Agence nationale de santé publique (ANSP, Santé Publique France) est en charge de la vigilance épidémiologique, une veille sanitaire pour identifier le plus précocement possible les risques sanitaires
Elle a pour mission de veiller à la qualité et à la cohérence de notre politique scientifique et, question cohérence, on constate, en pleine crise sanitaire plus que jamais, que ce n'est encore pas la première qualité de Macron. C'est même l'une des causes de la défiance populaire que détectent les sondages.
Ensuite, il compte 27 membres, y compris son président, qui est nommé parmi ses membres, par arrêté du ministre chargé de la Santé, après avis du Conseil scientifique.Les membres sont nommés sur proposition du directeur général, pour un mandat de quatre ans, renouvelable, par décision du président du Conseil d’administration, après validation par le Conseil d’administration de la liste des membres.

Le Comité scientifique Delfraissy a été constitué le 11 mars sous l’égide du ministre de la Santé, Olivier Véran, avec pour objet de gérer l’épidémie sur des bases scientifiques. C’est sur avis de ce conseil que le premier tour des Municipales a été maintenu et que le confinement a été déclenché.

Deux semaines plus tard,  le mardi 24 mars 2020, un nouveau et second conseil scientifique est installé à l’Élysée : le CARE est constitué de 12 chercheurs, chercheuses et médecins. On ose espérer qu'il existe des ponts et une complémentarité harmonieuse avec le Conseil scientifique déjà en place. Là où le Comité scientifique est dédié à la gestion de crise dans son ensemble, à savoir "aplatir la courbe" de propagation de Covid-19, le CARE est davantage orienté sur les soins. Comme l’a précisé Emmanuel Macron, ce comité sera consulté " pour progresser sur les diagnostics et les traitements".

Plus précisément, le rôle du CARE sera de "conseiller le gouvernement pour ce qui concerne les programmes et la doctrine relatifs aux traitements, aux tests et aux pratiques de ‘backtracking’ qui permettent d’identifier les personnes en contact avec celles infectées par le virus du COVID-19," précise un communiqué de l’Elysée envoyé à la presse. De fait, le comité "assurera notamment le suivi des études thérapeutiques autorisées en France et les essais engagés sur des traitements à l’étranger".


Quelle est la composition du CARE ?


A la présidence du comité, on retrouve Françoise Barré-Sinoussi, ci-contre). Cette éminente virologue est co-lauréate du Prix Nobel de médecine 2018 pour sa participation à la découverte du VIH. Son expérience en matière de recherche de traitements pour des épidémies majeures sera donc mise à contribution. Son entretien avec Le Monde confirme que le comité sera chargé de clarifier les positions (les programmes et doctrines) de la France sur la recherche médicale. Elle affirme dans cet entretien un impératif de "rigueur scientifique", en mentionnant notamment la chloroquine, dont les études manqueraient justement pour l’instant de cette rigueur, selon elle. Ce qui est une indication du vice caché originel de cette création partisane de Macron. 
Elle indique qu’il faut s’en tenir aux résultats de l’essai clinique européen Discovery, mené par le consortium REACting, qui a inclus la chloroquine - mais sans l'antibiotique associé - dans son protocole de recherche, sous la houlette d'une chercheuse notablement politisée, Karine Lacombe, cheffe du service infectiologie de l'hôpital Saint-Antoine, en pointe contre les travaux du Pr Didier Raoult, mais accusée de nombreux et graves conflits d’intérêts avec Big Pharma. 
La proximité de l’intéressée avec le laboratoire Gilead est occultée, mais le médicament qu'il commercialise, le Remdivisir, est en revanche en tête de gondole des essais DISCOVERY du ReaCTING européen, inclus dans le panel de 4 initial, qui excluait au départ la Chloroquine. Ses prises de positions contre la Chloroquine devraient donc être sujettes à minima à questionnement.

De plus, toujours dans cette optique d’un comité impliqué dans la recherche de solutions médicales, Yazdan Yazdanpanah fait partie du CARE et dirige le fameux consortium REACting de réponse aux maladies infectieuses émergentes, qui pilote le grand essai clinique européen. 
D’autres profils, dans ce comité, vont en revanche dans ce sens du curatif : Christophe Junot est le chef du département "médicaments et technologies pour la santé" du CEA et Franck Molina est le directeur de l’UMR Sys2Diag, à Montpellier, dédiée au diagnostic médical. On retrouve également un cancérologue, Jean-Philippe Spano, et un pneumologue, Dominique Valeyre.

Des scientifiques reconnus pour leurs travaux dans  la recherche de traitements contre de célèbres maladies
A l'instar de Françoise Barré-Sinoussi, d’autres scientifiques du comité sont reconnues pour leurs travaux de recherche de traitements. L’immunologiste Sylviane Muller a été Médaille de l’innovation du CNRS pour sa découverte d’un traitement contre le lupus, quand Muriel Vayssier est spécialiste de la maladie de Lyme. Mais on retrouve  des infectiologues, qui font doublon avec le premier conseil scientifique, mais sont peut-être les bienvenus dans une discipline mise à l'épreuve dans cette crise, puisqu’il s’agit de la branche médicale étudiant les maladies infectieuses — ce qu’est Covid-19. Yazdan Yazdanpanah, déjà évoqué, est infectiologue, mais c’est aussi le cas de Marie-Paule Kieny et Marc Lecuit.

Une autre présence n’est pas anodine : Bertrand Thirion, directeur de l’institut de convergence DataIA, spécialiste des sciences des données et intelligence artificielle appliquées au domaine, lequel recoupe la perspective d’une « stratégie numérique d’identification des personnes » pour un éventuel dépistage plus massif de Covid-19. La France réfléchit à une "stratégie numérique d’identification des personnes et le comité doit étudier cette question dès ce 24 mars.

Enfin, l’anthropologue Laetitia Atlani-Duault est à la fois présente dans le Conseil scientifique et dans le Care, puisqu’elle est spécialiste de la gestion des crises et de l’aide humanitaire. En France, comme dans d’autres pays, les personnels soignants sont face à une surcharge des établissements de santé, notamment dans le Grand Est, face à un nombre d’infections et de décès croissant. Le soin des patients devra prendre en compte cette situation humaine tendue.





Martin Clavey@mart1oeil

La liste des membres du Comité analyse recherche et expertise créé par Macron aujourd'hui


via @danielreg



cc @oliviertesquet




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15:15 - 24 mars 2020
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mercredi 8 avril 2020

Limogeage du directeur de l'ARS du Grand-Est pour défaut d'humanité et d'intelligence

Christophe Lannelongue, premier d'une longue liste d'acteurs de santé 

"Je ne suis pas en colère," lâche l'olibrius...

Cet ex-inspecteur général des Affaires sociales a été démis de ses fonctions
 en Conseil des ministres ce mercredi.
Ce week-end, en pleine crise de pénurie  sanitaire, il avait annoncé les suppressions d'emplois que prévoit toujours le plan de restructuration du CHRU de Nancy...

Directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand-Est, la région la plus sévèrement frappée par la pandémie de coronavirus  vient d’être démis de ses fonctions, s'est fait taper sur les doigts dès le lendemain par le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui a affirmé, peu après dans un tweet, que "l’heure viendra de tirer les enseignements de cette crise sans précédent et de refonder notre hôpital. Tous les plans de réorganisation sont évidemment suspendus à la grande consultation qui suivra".

Cet ex-conseiller de l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine a évoqué "un licenciement politique". Dans un entretien, le journal Libération a tenté de cerner la personnalité de l'individu: "déséquilibré" ou aigri" ?

Vous êtes viré ?
Oui, ce matin, le directeur de cabinet du ministre m’a téléphoné pour me prévenir qu’au Conseil des ministres de ce mercredi, le gouvernement mettait fin à mes fonctions.

Il est vrai que vous n’avez pas été très adroit dans vos propos…
Pas du tout… A la fin d’une conférence de presse sur le Covid, on m’a demandé où en était le projet de restructuration et de modernisation du CHU de Nancy. Je me suis contenté de répondre en termes de droit, et j’ai déclaré : "Il n’y a pas de raison de remettre en cause le Copermo [Comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins] pour le CHRU de Nancy. Le dossier devrait être examiné début juin. La trajectoire reste la même." Voilà. C’est tout.

Certes, mais ce projet prévoit la suppression de plus de 500 emplois. Par les temps difficiles qui courent, ce n’était pas très habile…
Attendez, quand le lendemain le ministre dit que tout était suspendu, j’ai dit qu’il n’y avait aucune contradiction. J’évoquais juste quels étaient les projets en cours. Après, il m’est reproché de défendre ce projet.

Et c’est le cas, vous le défendez ?


Aujourd’hui, le CHRU de Nancy se répartit sur sept sites, il est en très mauvais état, y compris en termes d’offre et de qualité de soins, avec un énorme retard par exemple en chirurgie ambulatoire. Depuis près de deux ans, il y a un projet de reconstruction sur un seul site, projet que tous les acteurs appuient pour construire l’hôpital des années 2030. Certes, il peut y avoir des oppositions syndicales, mais la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, nous a poussés à le poursuivre. Une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a été menée, montrant le bien-fondé de ce projet. C’est un projet de modernisation qu’il ne faut pas juger uniquement sur le critère de suppressions d’emplois. Il y a eu des dizaines de réunions, un consensus se dégageait. Voilà! Quand il a été présenté en janvier, tout le monde était enthousiaste. Mais c’est vrai que nous sommes, aujourd’hui, encore en pleine campagne électorale ["on voit bien" que l'individu n'est pas à jour des événements marquants de ces derniers jours], et un des candidats, en l’occurrence Laurent Hénart, maire radical de Nancy qui est en mauvaise posture, est monté au créneau pour dénoncer mes "propos indécents". Qu’y puis-je ?

Ce sont quand même plus de 500 suppressions d’emplois sur 9.000 ?
Dans le projet, elles seraient étalées sur plusieurs mois et cela s’explique largement par le regroupement sur un seul site, avec d’énormes économies sur l’entretien et la logistique.

En tout cas, votre licenciement intervient alors que la région Grand-Est a été terriblement touchée par le coronavirus...
Oui, mais nous commençons à sortir la tête de l’eau. On a réglé, par exemple, la question des masques : on peut donner 50 masques par soignant par jour, beaucoup plus que les 19 recommandés. Nous sommes lancés dans une politique de dépistage massif dans les Ehpad, comme le souhaite le gouvernement. En lits de réanimation, on est passé de 460 à près de 1 500 lits. Grâce à nos voisins allemands, nous avons pu évacuer 150 patients, montrant une solidarité impressionnante, un peu plus d’ailleurs que celle des autres régions françaises qui ont accueilli près de 100 patients [ ! ]. Grâce aussi énormément à l’armée, qui nous a aidés magnifiquement.

On peut dire que la situation dans le Grand-Est est sous contrôle, la croissance des hospitalisations s’est ralentie, l’ensemble des personnels soignants est protégé et on a pris à bras-le-corps la situation dans les Ehpad.

Vous avez le sentiment d’être un fusible ?
Je ne suis pas en colère. Je ne fais pas de politique, je suis un fonctionnaire loyal. Je ne dis pas que je suis indispensable. On faisait et on fait du très bon travail, avec des équipes et du personnel soignant remarquables.

Dans cette affaire, l'individu voit un ... "malentendu"
Libération ne dit pas toute la vérité ou n'est pas bien informé...

"A aucun moment je n’ai remis en doute la légitimité du ministre (de la Santé) à décider," ce qu’il a fait dimanche puisqu’il a annoncé qu’il y avait bien suspension du projet et que la question serait reprise plus tard. déplore Christophe Lannelongue, qui fut l'un des conseillers de Marisol Touraine lorsqu'elle été ministre de la Santé. Quelle est sa part personnelle de responsabilité dans les décisions de suppressions de lits dans les hôpitaux mais également de non renouvellement du stock stratégique de masques ?
Il a écrit ou co-signé pas mal de "rapports" dont beaucoup consistaient principalement à expliquer qu'il fallait faire beaucoup mieux avec beaucoup moins d'argent, de moyens et de postes. C'est quand il était conseiller de Marisol Touraine qu'a été mis en place ce que l'on appelle le "COPERMO". Un acronyme pour "COmité interministériel de PERformance et de la MOdernisation de l'offre de soins" et qui a donc pour vocation de :
"valider et de suivre les actions proposées par les Agences Régionales de Santé. Les autres objectifs de la  COPERMO sont de sélectionner et de prioriser les projets d'investissements nécessitant un financement de l'Etat et d'assurer le suivi des établissements en difficulté."
"Je pense que les équipes médicales sont très satisfaites de la manière dont l’ARS a réagi" à la crise du coronavirus, a estimé l’intéressé. "On a multiplié par trois les capacités de réanimation, on a fait en sorte que dans la région Grand-Est, tous les malades aient été pris en charge" [ici ou ailleurs...: cette région a organisé des départs de trains médicalisés tellement tellement ses hôpitaux manquaient de lits et déplore les premiers médecins morts faute de protections face au Covid19 et un nombre record de familles endeuillées], a-t-il souligné. Christophe Lannelongue a précisé qu’il retournera à l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), une célèbre niche dorée.

Il aura fallu plusieurs réactions indignées pour que Macron prenne la décision, selon L'Obs.
Le maire (MR) de Nancy, Laurent Hénart, et le  du président (PS) du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein, auraient exercé des pressions sur le premier ministre Edouard Phlippe, lequel a donc fait savoir, comme indiqué plus haut, "que les plans de réorganisation des établissements de santé sont évidemment suspendus à la grande concertation qui devra être menée dans ce cadre".

Publié par Pakool à 8.4.20 Aucun commentaire:
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