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dimanche 5 juillet 2020

Epidémie de Covid-19: les pompiers dénoncent leur mise à l'écart par l'exécutif

Les grands oubliés des hommages attendent de la considération du pouvoir macronien

  




Les pompiers n'ont pas été convaincus par la gestion de l'épidémie du coronavirus.
Dans un rapport interne et pudique, les pompiers disent leur amertume face au manque de considération du pouvoir technocratique de Macron: ils regrettent de ne pas avoir été assez pris en compte dans la gestion du coronavirus. 
Ils ont aussi à déplorer les "lourdeurs administratives" qui compliquent leur tâche. 

Dans une synthèse rédigée à l'attention du ministère de l'Intérieur, ils formulent de nombreuses critiques, notamment celles de ne pas avoir été assez "pris en compte" dans la crise, révèle la presse ce samedi.
"Les pompiers, c'est une force de 250.000 personnes réparties dans 7.000 casernes sur tout le territoire. Nous sommes rompus à la gestion de tous les événements. On a fait face à l'H1N1 (virus de la grippe A), à la grippe aviaire, aux accidents industriels, aux attentats…, rappellent-ils. A chaque fois, on s'adapte, et là le mot d'ordre c'était tout sauf les pompiers", regrette au quotidien le colonel Grégory Allione, président la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
 
Dans le viseur de ce rapport, les structures administratives du ministère de la Santé, les agences régionales de la Santé et le Samu. 
Selon leurs auteurs, la main-mise du ministère de la Santé sur la gestion de la crise a provoqué des lourdeurs administratives, brouillant les "décisions stratégiques". "Plutôt qu'une crise sanitaire, cette crise a surtout été celle du leadership de la communication", peut-on lire, "provoquant l'incompréhension des "acteurs de terrains, pompiers mais aussi médecins généralistes". 

Les évacuations par TGV vécues comme des opérations de com' à grand spectacle

De nombreux patients du Grand-Est ou de l'Ile-de-France ont été transférés en TGV vers des régions moins touchées, une opération inédite de ventilation de la pénurie. Pour le gouvernement, il s'agissait de désengorger les hôpitaux saturés. "Pures opérations de communication et véritable esbroufe", tranche le rapport des pompiers. Et de questionner: "était-il efficace de faire faire des centaines de kilomètres aux victimes alors que souvent il y avait de la place dans la clinique d'en face?".
 
Le Samu saturé 

Les pompiers regrettent par ailleurs la saturation du 15 pendant toute la durée de l'épidémie. "C'était un numéro de renseignement, pas d'un numéro d'urgence", écrivent-ils. 
"La décision du gouvernement d'orienter vers le 15 les appels des citoyens connaissant un doute sur leur état de santé a eu pour conséquences immédiates de saturer la réception et la régulation des appels", critiquent-ils. "Des malades en situation d'urgence vitale n'ont jamais eu de réponse et sont morts dans l'indifférence générale. Un vrai scandale!

En conclusion de ce rapport, les pompiers dressent une liste de propositions pour revoir leur gestion de crise. 
Ils évoquent notamment la création d'un ministère ou d'un secrétariat d'Etat chargé spécifiquement de la gestion des crises et des gestions d'urgence
De façon plus globale, ils appellent à renforcer la communication et la cohésion entre l'Etat et les acteurs de terrains, notamment les préfets. 

mardi 28 avril 2020

Pourquoi les Agences Régionales de Santé s'attirent-elles la critique ?

Les toutes-puissantes ARS dans le collimateur pour leur gestion de la crise du coronavirus

En matière de Santé publique, le gouvernement est pieds et mains lié à ses "intendants royaux de province"

Coronavirus : pourquoi les Agences Régionales de Santé sont-elles sous le feu des critiques ?
Bordeaux: siège de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine 


Suspectées d'un avenir d'usines à gaz dès leur création, le 1er avril 2010, les toutes-puissantes ARS concentrent les rancoeurs pour leur gestion autoritaire - voire sectaire - et étriquée de l’épidémie de Covid-19, mais Macron aux abois c les soutient plus que jamais envers et contre tout car c’est son action qui est visée à travers elles.

Quelle est la fonction des ARS ?

Créées par la loi Bachelot du 21 juillet 2009 (dite 'Hôpital, patients, santé et territoire') pour "assurer un pilotage unifié de la santé en région, mieux répondre aux besoins de la population et accroître l’efficacité du système". les ARS ont remplacé les anciennes agences régionales de l’hospitalisation (ARH) en avril 2010, mais aussi les directions des affaires sanitaires et sociales (Drass, Ddass) et certaines caisses d’assurances maladie (Urcam, Cram). Leur vaste champ d’action englobe hôpitaux, cliniques, soins de ville, médico-social (personnes âgées et handicapées), prévention et environnement (qualité de l’eau et de l’air). Concrètement, un des rôles des ARS était de moderniser et rationaliser l'offre de soins et de veiller à la bonne gestion des dépenses hospitalières et médicales. Au-delà de ces aspects régaliens (tutelle financière, droit des autorisations), ces agences étaient plus largement chargées de transformer le système de santé en développant la coopération, la transversalité et les parcours de santé. Missions accomplies, mais avec une rigueur pointilleuse et une rigidité intransigeante telles que les ARS se reçoivent aujourd'hui une succession de violents "orages cévenoles". 


S’ils n’en ont pas le titre, leurs directeurs sont de véritables préfets sanitaires à l’échelle de leurs régions.
Les ARS "jouent en quelque sorte un rôle de chef d’orchestre", tout en traduisant "une volonté de reprise en main par l’Etat du pilotage des politiques de santé", résume Henri Bergeron, directeur de recherches au CNRS. Elles ont notamment le pouvoir administratif d’ouvrir ou de fermer des services (maternité, chirurgie, urgences) et d’autoriser certains équipements (scanner, IRM). 
Surtout, elles tiennent les cordons de la bourse, distribuant les crédits de fonctionnement des établissements, ainsi que des aides en tous genres à des projets locaux ou des soignants installés dans les déserts médicaux.

Cette tutelle omnipotente a nourri une décennie de frustration et de ressentiment du corps médical.

Il n'a jamais accepté d'être supplanté par une administration sans contre-pouvoir, sans contrôle, sans comptes à rendre. Des griefs renforcés par les restrictions budgétaires de l’époque : nées en temps de crise financière internationale, les ARS ont dès l’origine été accusées de mettre en œuvre une politique d’austérité.

Bras armé de l’Etat centralisateur, les ARS partagent avec lui les reproches: lourdeur bureaucratique, manque de réactivité, communication fluctuante. "On a probablement pris du retard dans la gestion de crise [sanitaire du coronavirus] parce que nous avions affaire plutôt à des acteurs budgétaires qu’à des logisticiens de crise", affirmait ainsi début avril le président de la région Grand Est, le docteur Jean Rottner. Fin mars, au plus fort de l’épidémie, un observateur en première ligne disait son effarement de voir l’armée évacuer des malades de Mulhouse, alors que des hôpitaux et cliniques pouvaient les accueillir à proximité. Décision ubuesque d'un directeur tout-puissant pris de panique et soucieux d'alléger sa charge.

"Les discussions au niveau des ARS sont une catastrophe", affirmait-il, dénonçant "des grosses guerres d’ego", avec des directeurs d’agence qui "règnent en maître sur leur territoire", à tel point que même "le directeur de cabinet du ministre de la Santé n’est pas au courant des décisions prises régionalement". Vindicatifs, les médecins ne les épargnent pas. Ainsi François Honorat, président du Syndicat des anesthésistes libéraux : "Les ARS n’ont pas été à la hauteur. Elles empêchent les gens de fonctionner, il va falloir réformer tout ça".

Colosses aux pieds d'argile, les directeurs d’agence se savent désormais sur un siège éjectable, notamment depuis le limogeage de Christophe Lannelongue, potentat du Grand Est. En pleine crise sanitaire, ce haut fonctionnaire avait exercé son pouvoir absolu en annonçant en pleine crise sanitaire - liée à l'imprévoyance: sous-effectifs, pénuries de lits, de masques et de respirateurs - le maintien du plan de restructuration du CHU de Nancy et ses 600 suppressions de postes, déclenchant l’indignation des élus locaux et des partis d’opposition.

Le gouvernement a pris conscience qu’à travers les ARS, c’est son incurie qui est visée
Sur les conseils d'Olivier Véran, politicien isérois - suppléant issu de la société civile de Geneviève Fioraso, PS, nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche par Jean-Marc Ayrault et soutien du socialiste Jean-Jack Queyranne lors de la campagne des élections régionales de 2015 - , mais aussi urologue de terrain - ex-porte-parole de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux, et ex-conseiller titulaire à l'Ordre départemental des médecins de l'Isère - appelé de Grenoble à la rescousse pour remplacer la ministre "démissionnaire" de la Santé liée par son mari Yves Lévy impliqué avec l'INSERM au laboratoire P4 de Wuhan d'où s'est échappé le virus Covid-19, membre de la caste des mandarins parisiens qui mènent le monde de la médecine, Edouard Philippe a ainsi salué leur "travail remarquable pour permettre la montée en puissance des capacités de réanimation", passées  de 5.000 à plus de 10.000 lits, soulignant "en même temps" une pénurie de 50%. Et Olivier Véran ne perd jamais une occasion de rappeler leur "mobilisation" décisive dans la neutralisation du foyer épidémique de Haute-Savoie début février, ou dans les "644 évacuations sanitaires" réalisées "par train, avion et hélicoptère".
A Grenoble, le patron de l'ARS, qui compte près d'un millier d'agents, Aymeric BOGEY est un politique qui a débuté sa carrière en 2001 à la mairie PS de Paris où il était le collaborateur de Dominique Bertinotti, maire PS du 4e arrondissement, chargé notamment du suivi de l'Hôtel-Dieu et des relations avec l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AH-HP).
Palmarès du député socialiste Olivier VéranDéputé de 2012 à 2015 dans les rangs du PS, il suit les dossiers relatifs à la santé à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. Il prend position en faveur de l’ouverture expérimentale de "salle de shoot" (site d'injection supervisée) à Paris, ainsi que l'ouverture du droit de vote des étrangers aux élections locales.En mars 2013, chargé par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, d'une mission sur la filière sang, il s'engage pour le don du sang, anonyme, gratuit et volontaire et milite pour le don du sang par des homosexuels.En décembre 2013, il alerte sur l'impact sanitaire et financier du recours croissant aux médecins intérimaires par les ARS, dénonçant une attractivité hospitalière de très bas niveau.En 2014, en tant que rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015, volet assurance maladie, il défend notamment la création d'hôtels hospitaliers, ainsi que la suppression des franchises médicales pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (réservée aux personnes dont les ressources sont légèrement supérieures au plafond d'attribution de la CMU-C, elle donne droit, durant un an, à une aide financière pour payer un contrat de complémentaire santé).En 2015, il est rapporteur du volet prévention et promotion de la loi de modernisation de la santé, comprenant le plan anti-tabac, la lutte contre le binge drinking, les salles de consommation à moindres risques, mais il ne préconise pas l'ouverture de lits d'hôpitaux, ni la reconstitution des stocks de masques ou de gants anti-infectieux ou de kits de prélèvement: son orientation est uniquement sociale et sa priorité est l'anorexie, tant qu'elle est dans l'actualité...En 2016, la ministre socialiste de la Santé, Marisol Touraine, celle qui prétend toujours avoir bouché le trou de la Sécurité sociale avant de partir, le charge du pilotage du comité de réforme du mode de financement des établissements de santé. Ancien rapporteur du projet de "loi santé", il s'oppose alors à une suppression de la T2A - tarification à l’activité, un système de cotation des actes médicaux qui régit depuis les années 2000 le financement des hôpitaux, autrement dit l'indexation du budget des hôpitaux sur leur activité réelle qui cristallisait déjà pourtant le mécontentement des personnels hospitaliers et agite toujours le milieu hospitalier -, mais aussi à un retour à la "dotation financière globale".
Quelle que soit l’accusation, le ministre de la Santé protège son administration. 

Incurie dans les Ehpad ? 
Les ARS ont reçu "des instructions très claires pour dresser jour après jour l’état des lieux", mais les médecins sont actionnaires d'Ehpad... 

Pénurie de médicaments ?
 
Elles "établissent les priorités dans la répartition des stocks indispensables". Christophe Lannelongue ? "Un serviteur de l’État qui a cru bien faire". 
Dans un communiqué, le ministre Olivier Véran ajoute que, lors de la conférence de presse donnée vendredi 3 avril, les termes employés par Lannelongue "ont été mal interprétés"...

L’heure des comptes viendra-t-elle jamais ?
Pour le chercheur Henri Bergeron, un "bilan" de l'action des ARS devra bel et bien être mené. "On a pensé un peu naïvement qu’à partir du moment où on créait un organisme de coordination, la coopération entre les acteurs allait s’améliorer". Or, la crise "a révélé des problèmes majeurs de coordination, au niveau national comme au niveau local", souligne-t-il. Mais, si les problèmes de coordination sont réels, ils ne doivent pas masquer les autres et notamment la nécessité d'un contrôle par les élus régionaux de l'activité des agences, ce qui implique également l'introduction d'organismes paritaires dans la prise de décisions. 
Actuellement, les directeurs d'ARS sont des hauts-fonctionnaires ministériels recasés en régions lors des alternances politiques, parfois d'anciens directeurs des DRASS, de l'ARH et URCAM, IGAS, CPAM. D'autres proviennent du monde de la santé (Directeur d'hôpital), de la mutualité, mais certains arrivent du top management de... la grande distribution. 
En Midi-Pyrénées, l'intersyndicale critiqua à demi-mot les "méthodes de management d'un directeur général de l'ARS, DG issu du privé, arrivé tout droit de la grande distribution [Carrefour et Procter & Gamble France] et de la sidérurgie" (UNICEM, et IBM France, usine de Montpellier), Xavier Chastel.

samedi 25 avril 2020

Coronavirus : les Français sont désormais moins de 5.000 en réanimation

Retour à la normale en nombre de lits de réa disponibles 

Ce que le ministère de la Santé occulte : les morts du Covid19 libèrent des lits...

Travaux funéraire à Aix-les-Bains et à Chambéry | Les Marbreries ...

22.245 personnes sont décédées en France du nouveau coronavirus, depuis le 1er mars,  dont 389 au cours des dernières 24 heures. 
Dans les hôpitaux, 4.870 cas graves sont actuellement en réanimation, un chiffre qui repasse pour la première fois sous la barre des 5.000, mais certainement pas à lui tout seul: si  le "solde" des lits de réanimation - terme "compassionnel" utilisé par le comptable Jérôme Salomon - revient au niveau d'accueil en temps normal dans le pays, c'est que le nombre de morts évacués de réa reste suffisamment élevé pour que le numéro 2 du ministre de la Santé puisse s'en prévaloir. 

Quelques comparaisons avec l'international

Il est sidérant que nous ayons désappris la mort" : pour une ...
Jérôme Salomon, "soldeur" numéro 1 des pompes funèbres

En France, plus de 122.000 personnes au total ont été contaminées par le nouveau coronavirus, pour une population de 67 millions. 
Au total, 12.577 personnes ont été testées positives au nouveau coronavirus. 

Alors que l'Europe peine toujours à parler d'une seule voix pour répondre à la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19, les Etats-Unis ont franchi le cap des 50.000 victimes, pour 330 millions d'habitants. Le Congrès américain a voté une nouvelle aide de 483 milliards de dollars pour soutenir l'économie et les hôpitaux, tout en renforçant les capacités de dépistage. 
Souvent masqués, dans un hémicycle régulièrement désinfecté, les membres de la Chambre des représentants ont adopté ces mesures par 388 voix pour et cinq contre, avec une abstention. Le président Donald Trump soutient ce nouveau plan et devrait le promulguer rapidement. 

L'épidémie s'étend au Royaume-Uni (67 millions d'habitants), qui déplore près de 20.000 décès, dont 684 dans les dernières vingt-quatre heures (contre 389 en France), soit plus que la veille (+616), selon les autorités sanitaires.

Troisième pays le plus touché après les Etats-Unis et l'Espagne, l'Italie déplore désormais 25.969 morts. Le nombre de cas confirmés s'élève quant à lui à 192.994. Avec 420 décès en vingt-quatre heures, le bilan de l'Italie est le plus faible depuis le 19 mars. 
Le nombre de nouveaux cas augmente au contraire, à 3.021 patients infectés par le coronavirus, alors qu'il était de 2.646 hier, selon la Protection civile. 

https://static.atlantico.fr/sites/default/files/styles/media_image_449x268/public/000_1QG7M1.jpg?itok=ashbvTKnEn France, les admissions à l'hôpital et en service de réanimation poursuivent leur repli. Le coronavirus a tué 21.856 victimes dans l'Hexagone, dont 8.309 au sein d'établissements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), soit près de 27% du total des victimes.  
Dans les hôpitaux, 4.870 cas graves sont actuellement en réanimation. Un chiffre qui repasse pour la première fois sous la barre des 5.000, soit le nombre de lits de réanimation dont dispose en temps normal le pays. 

A la date du 25 avril, la pandémie a fait au moins 197.303 morts à travers le monde, pour plus de 2,8 millions de cas recensés dans 193 pays et territoires.
Le dernier bilan en France fait état de 22.245 morts. A ce jour, 13.852 personnes sont décédées à l'hôpital, et 8.393 dans des Ehpad et autres établissements médico-sociaux depuis le début de l'épidémie.

vendredi 21 février 2020

Grève aux urgences : Olivier Véran fait de vagues promesses aux internes et menace les CHU

Olivier Véran tente d'anesthésier les soignants 

Après 11 mois d’une grève, jeudi, Olivier Véran a rencontré quatre représentants des personnels en colère
 
Pleurs de Buzyn, punie de ministère et envoyée au casse-pipe
d'une campagne perdue pour la Mairie de Paris


Le nouveau ministre de la Santé a présenté plusieurs mesures, le lendemain vendredi, après bientôt une année de mobilisation des personnels et de surdité d'Agnès Buzyn, désormais soi-disant à l'écoute de la population parisienne, en tant que nouvelle candidate LREM à la mairie de Paris, à la suite du scandale sexuel provoqué par les sex-tapes de son prédécesseur, Benjamin Griveaux, un proche du président Macron. 

Suite aux démissions massives de leurs tâches administratives par les médecins-chefs du Collectif Inter-Hôpitaux (CIH) réclamant plus de moyens pour sauver l’hôpital public, Véran promet notamment d'améliorer les congés maternité chez les paramédicaux hospitaliers et le temps de repos des internes, a annoncé son cabinet, ce, pour dans deux mois, avant plusieurs autres mois de mise en oeuvre.

Une nouvelle annonce floue
"Fin avril, des propositions seront faites afin que toute absence prévisible de professionnel paramédical de plus de 48 heures soit remplacée", a indiqué le ministère de la Santé par communiqué, sans préciser si les arrêts maladie et jours de congé classiques étaient également concernés. Il s’agira de faire en sorte que "le principe de polyvalence subie par les soignants", souvent contraints de remplacer leurs collègues au pied levé dans d’autres services et à d’autres horaires que les leurs, "ne soit plus la règle", est-il ajouté, sans préciser non plus comment. Des créations d'emplois ou des redéploiements de personnels ?

Une longue ordonnance du Dr. Véran aux internes

L'ex-neurologue de l’Isère veut encourager financièrement les stages de médecine générale effectués "dans les zones sous-dotées, dans ce qu’on appelle les déserts médicaux", en revalorisant l’indemnité d’hébergement de 200 à 300 euros mensuels.

Olivier Véran a également aligné des mots et des objectifs, sans calendrier, ni précisions de financement, appelant au "respect strict du repos de sécurité" des internes en médecine et à une meilleure comptabilisation de leur temps de travail. "Plus de vingt ans après son obligation, le repos de sécurité après une garde n’est toujours pas respecté dans bon nombre de services hospitaliers", a avoué le ministre devant près de 600 participants réunis dans un amphithéâtre du Centre de congrès des internes en médecine (ISNAR IMG, InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale) à Saint-Etienne. "Plus de dix ans après l’obligation d’une durée maximale de 48 heures de travail hebdomadaire autorisée par la réglementation européenne, cette limite n’est toujours pas respectée. Cela n’est plus acceptable. Trop de drames se sont déroulés", a-t-il ajouté, assumant de les caresser dans le sens du poil : "On doit choyer nos internes et nos étudiants en médecine"...

Le ministre menace les CHU de sanctions.
"Ce n’est pas acceptable que vous ayez des internes qui fassent 24 heures de garde à l’hôpital​, dont souvent 12 ou 14 heures aux urgences, qui parfois n’ont pas le temps de manger, en tout cas pas le temps de s’allonger, et qui le lendemain doivent enchaîner sur une activité. Ce n’est pas raisonnable, ce n’est pas responsable ni pour leur santé, ni pour celle de leurs patients", a commenté le remplaçant d’Agnès Buzyn. 
Il s'est engagé à leur faire respecter l'obligation de ne pas imposer aux internes plus des 48 heures réglementaires de travail hebdomadaire applicable à tous.  Reste à savoir de quels moyens il dispose pour faire appliquer la loi et lesquels il compte mettre en oeuvre. 

L'ex-neurologue de l’Isère veut aussi encourager financièrement les stages de médecine générale effectués "dans les zones sous-dotées, dans ce qu’on appelle les déserts médicaux", en revalorisant l’indemnité d’hébergement de 200 à 300 euros mensuels.

Un placebo pour la rémunération des soignants et des médecins, renvoyé à "des discussions futures"... 

Onze mois d’une grève inédite à l’hôpital public et, après Agnès Buzyn, la reprise par l'Etat - à la charge des contribuables - de 10 milliards d’euros de dette hospitalière sur trois ans, promise dans le cadre d’un "plan d’urgence" dévoilé il y a déjà trois mois, en novembre, permettra aux établissements "de bénéficier chaque année d’environ un milliard d’euros de financement complémentaire", a-t-il encore rappelé aux médecins-chefs toujours en attente du premier centime d'euro.

Dans un mois, "fin mars, les résultats" d’une mission Igas-IGF sur ce sujet "seront partagés avec les représentants des hôpitaux" avant l’ouverture, le mois suivant, de "discussions" pour déterminer "dans quelle mesure l’utilisation" des sommes libérées "sera nationale ou décentralisée" dans chaque établissement. " D’ici juin [dans quatre mois], chaque hôpital connaîtra le montant de sa reprise de dette" [mais le montant de la facture pour un Français sur deux], a promis le ministère. 
En outre, "une étude sur le niveau de rémunération des soignants et des médecins de France" nourrira "les discussions futures"(!) sur ce sujet.


dimanche 18 août 2019

Pénuries de médicaments en France : son ministre de la Santé est une pharmacienne...

Pendant l'alerte par les médecins, la ministre est en vacances

Une tribune de médecins appelle à relocaliser la production des principes actifs contenus dans les médicaments

Buzyn ne peut ignorer le risque sanitaire qu'elle fait courir aux Français
Résultat de recherche d'images pour "pénurie de medicaments"
Dès 2017, 538 signalements de rupture ou tensions d'approvisionnement ont été recensés en France par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), un record en France, contre seulement 44 en 2008. 
Mais c'est seulement le lundi 8 juillet 2019 que le ministère de la Santé a dévoilé le plan du gouvernement pour lutter contre la pénurie de médicaments en France. Agnès Buzyn [non pas pharmacienne, mais médecin : merci, ami lecteur! Je fais amende honorable..., bien qu'elle ait été collaboratrice de trois laboratoires privés avant 2011] a plaidé pour un meilleur partage de l'information et une meilleure gestion du "circuit du médicament", du fabricant jusqu'à à la pharmacie. Fort bien, mais qui dit plan, dit  projet et donc délai de mise en oeuvre. Avec l'espoir qu'il est adapté à la situation d'urgence. 

A la veille du retour de vacances du gouvernement, des professionnels de santé alertent, ce dimanche, sur une pénurie de médicaments de plus en plus fréquente en FranceLa ministre de la Santé n'a pas révélé son lieu de vacances mais a assuré qu'elle part "en France métropolitaine". "Je vais surtout rester très vigilante tout l'été; je vais rester joignable sur mon lieu de vacances qui n'est pas trop éloigné de Paris", a-t-elle indiqué au micro de... BFMTV.

Les signataires de la tribune mettent en cause notamment la délocalisation de la fabrication des principes actifs 
Visages réels de nos pharmaciens
Il ne suffit pas de jeter la suspicion sur les produits homéopathiques, une médecine parallèle d'appoint et de bien-être, mais aussi de soins, que les tenants de l'allopathie contestent, en ardents défenseurs de l'industrie chimique. Le professeur Jean-Paul Vernant et un collectif de médecins hospitaliers ont publié une tribune dans les colonnes du Journal du Dimanche, le 18 août. Ces professionnels de santé s'insurgent contre le manque de dispositifs visant à  prévenir les pénuries de médicaments et la fréquence des pics de carence pharmaceutique.

"En 2018, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d'approvisionnement"  -contre  538 en 2017 - commencent par rappeler les signataires du texte."C'est 20 fois plus qu'en 2008 (44 signalements)", précisent-ils.

Un constat d'autant plus préoccupant que certaines ont concerné "des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l'hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux...", s'alarment les médecins. 

Ces médecins vigilants désignent la responsable
Certes Agnès Buzyn est prise en défaut, mais aussi la délocalisation de la production des principes actifs par les laboratoires pharmaceutiques. Cette tâche est confiée à des laboratoires de chimie basés en Inde ou en Chine, majoritairement. "La production des principes actifs de 80% des médicaments passés dans le domaine public a été  délocalisée,  pour des raisons de moindre coût, depuis plusieurs années," sur ces territoires, peut-on lire.

Or, la sous-traitance d'une partie de la fabrication des médicaments favorise la survenue de pénuries, selon les professionnels qui appellent ainsi à relocaliser ces activités.

Les signataires de la tribune préconisent, enfin, la constitution de stocks dans les laboratoires pharmaceutiques, qui fonctionnent actuellement en flux tendus, et la création d'un établissement pharmaceutique non lucratif.

Une version définitive du plan annoncé en juillet est prévue pour septembre.
French Health Minister Agnes Buzyn calls for “accelerating the pace” to raise at least $14 bn to fight the 3 major pandemics with Global Fund.
 En février 2019, Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, était à New Delhi pour représenter la France à la conférence préparatoire de reconstitution du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Les "grandes orientations" floues évoquées par Buzyn ne constituent qu'"un point de départ", de son aveu même, et seront enrichies des propositions des acteurs concernés, pour aboutir à un plan définitif en septembre, précise la ministre dans le document présentant cette feuille de route.

Cyniquement, cette ministre de la Santé avait pourtant froidement observé fin mai que
"plus d'un Français sur quatre affirme aujourd'hui avoir été en difficulté pour acheter un médicament courant. Entre 2008 et 2018, c'est près de vingt fois plus de pénuries signalées".
"On voit bien", nous diront les députés bavards à l'étiage de twittos-militants de LREM, que le dossier est sur la table, que les ministres sont au travail et qu'il n'y a pas le feu au lac : "ils sont au contact des gens" et "il faut raison garder", n'est-ce pas? 
Le 1er avril 2013, la Cour suprême indienne avait rejeté la demande de brevet déposée par le laboratoire suisse Novartis pour son médicament anticancéreux Glivec : "pas assez inventif". Les laboratoires occidentaux qui disent avoir de plus en plus de mal à faire respecter leur propriété intellectuelle cherchent "en même temps" à faire produire leurs médicaments à bas coût.Déjà, mercredi 12 décembre 2012, le Bureau indien des brevets avait annulé la protection d’un médicament contre l’asthme conçu par Merck. Il favorisait du même coup le fabricant indien de génériques Cipla qui peut ainsi inonder le marché de copies à bas prix du médicament de l’américain. Trois mois plus tôt, c’est un autre suisse, Roche, qui faisait les frais de l'intransigeance indienne. Depuis son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2005, l’Inde a pourtant entériné des règles de protection des brevets. Y compris pour les médicaments. Mais son interprétation diffère de celle des pays occidentaux...
Buzyn va devoir laisser son empreinte écologique et se rendre en Inde, tout en restant joignable. D'ici qu'elle ne nous revienne pour assurer qu'en réunion de travail, elle et son équipe ne se nourrissent que d'une aile de poulet au 'tandoori'...  

mardi 20 novembre 2018

Les infirmières en souffrance sont dans la rue

Cris de douleur et cris de colère dans les manifs d'infirmières 

"Sacrifiées", utilisées "comme des pions" et jetées "à la poubelle"

"C’est la bonne volonté qui permet au système de ne pas craquer"
Dans leurs manifestations de ce mardi 20 novembre, les infirmières ont exprimé leur profond malaise autant que la revendication d' "une vraie place" dans la réforme annoncée en septembre par Emmanuel Macron.
Si les professionnels de santé disent depuis plusieurs mois leur malaise, les infirmiers se sentent oubliés par les réformes proposées par Emmanuel Macron, trop médico-centrées.

Macron a fait des annonces et notamment promis une augmentation du budget des hôpitaux mi-septembre. Mais ce grand plan 'Ma santé 2022' n’a pas recueilli l’aval des infirmiers et infirmières. Ils seront donc nombreux à défiler en blouse blanche sous les fenêtres du ministère de la Santé ou à afficher un brassard "en grève", tout en assurant leur service. 

Seize syndicats et associations infirmiers appellent à une grande mobilisation dans toute la France avec pour mot d’ordre "infirmières oubliées". Pour mieux comprendre ce mouvement de colère, le président de l’Ordre des infirmiers détaille les revendications des infirmiers qui manifestent ce mardi.

Pour comprendre les raisons de cette colère, Patrick Chamboredon, président de l’Ordre des infirmiers, fait de la pédagogie à destination du pouvoir macronien.

Avez-vous une idée de l’importance de la mobilisation de ce mardi ?
Nous n’avons pas de chiffre. Nous sommes astreints à la continuité du service public. C’est l’intérêt du patient qui prime. En général, les infirmiers montrent avec un brassard ou un autre symbole qu’ils sont en grève. Le malaise de la première profession de santé, c’est inquiétant, il faut l’écouter. Ce qui est inédit, ce sont des prises de parole sur une proposition politique et que la mobilisation vient de plusieurs points : syndicats, associations, collèges, académie des sciences. Toute la profession des infirmiers est mobilisée. 

L’Ordre a relevé un certain malaise, qui ne date pas des annonces d’Emmanuel Macron, sur la reconnaissance et les conditions de travail. Nous avions lancé un sondage il y a six mois mois et dans la foulée, mis en place un numéro vert pour tous les professionnels de santé qui auraient besoin de soutien. Notamment pour éviter qu’il y ait des suicides. C’est la bonne volonté qui permet au système de ne pas craquer…

Pourquoi critiquez-vous les annonces d’Emmanuel Macron et son grand plan pour la stratégie de santé ?
Sur dix mesures, sept concernent les médecins. Le président a beaucoup insisté sur le manque de temps médical. Justement, nous souhaitons que davantage de missions soient confiées aux infirmiers. En les formant plus, on leur permettrait de dégager du temps médical [et d'obtenir des augmentations de salaires...]. Dans beaucoup de pays européens, la vaccination concerne exclusivement l’infirmier. En France, les infirmiers savent vacciner. nous avons un calendrier vaccinal clair; cela fait partie des priorités du gouvernement, mais il faut qu’on passe par le médecin. De même, pour la prise en charge de la douleur : on ne peut pas donner d’antalgiques. Il faut imaginer le gain de temps à la taille de la profession : 700.000 infirmiers. Et l’efficacité pour les patients. 
Un rapport de l’OCDE a montré que quand le système de santé s’appuie plus sur les infirmiers, il est plus efficace et cela coûte moins cher. C’est d’autant plus incompréhensible que les pharmaciens ont eu des prérogatives étendues : notamment pour la vaccination contre la grippe et le renouvellement des traitements des patients chroniques.

Y a-t-il eu des propositions qui allaient dans ce sens ?
On a déposé des amendements au Sénat pour le PLFSS afin que les infirmiers puissent mieux suivre les patients chroniques avec un renouvellement des prescriptions, ça n’a pas été possible. On nous a rétorqué que la réforme proposait déjà la pratique avancée. Des infirmiers qui vont avoir un exercice proche de la pratique médicale, qui vont faire un master 2, encadrer d’autres professionnels, renouveler des prescriptions, c’est un nouveau métier. Mais on parle de 2.000 professionnels sur 700.000 !

Les Français sont prêts à ce que les infirmiers prennent plus de responsabilités. Un sondage Odoxa, dévoilé la semaine dernière, montrait que 69 % était favorables à ce qu’un infirmier fasse des vaccins sans prescription médicale, 63 % pour prescrire des médicaments. Ce qui m’a choqué en revanche, c’est que notre image est bonne, mais en tant que professionnels, seulement la moitié des infirmiers encouragerait leurs enfants à faire le même métier.

Vous critiquez la proposition de créer cette nouvelle profession, les "assistants médicaux", pourquoi ?
Créer un métier ex nihilo et lui confier une partie de nos compétences, je ne crois pas que ça soit une bonne idée. 
D’abord, donner un assistant au médecin, c’est l’encourager à travailler en binôme. Or, ce qu’Agnès Buzyn souhaite, c’est l’exercice regroupé, coordonné, pluri-professionnel. Une pratique adaptée aux patients actuels : âgés, avec plusieurs pathologies. Quelqu’un qui s’occupe du secrétariat, est-ce que c’est ça qui va favoriser les relations entre patient et médecin ? 
Il y a aussi un problème de lisibilité. Cela fait rentrer un nouvel acteur dans un système de santé déjà compliqué, est-ce que le public sait qui doit faire quoi ? Pour transférer des compétences, il y a une réflexion à mener. Notamment sur le secret professionnel. On parle tout de même de données de santé, confidentielles, quels seront les droits et la déontologie de ce professionnel ?

L'Ordre des infirmiers prépare-t-il d’autres actions ?
L’année prochaine, l’Ordre va lancer un recensement de tout ce que font les infirmiers pour faire évoluer la profession. Mais aussi éviter la prise de risque et l’illégalité, car certains outrepassent parfois leurs prérogatives pour aider un patient en souffrance. On compte rendre un livre blanc en juin ou septembre à la ministre pour être force de proposition. Plusieurs rapports, du Haut commissariat de l’Assurance Maladie et de la Cour des comptes assurent que les infirmiers doivent avoir de nouvelles missions.

La mobilisation de ce mardi s’inscrit dans un contexte de grogne sociale forte, puisque depuis samedi des gilets jaunes manifestent. Le mouvement des infirmiers pourrait-il les rejoindre ?
Je ne veux pas mélanger les deux choses. Nous, on a des blouses blanches ! Je ne crois pas à la convergence des luttes à ce jour. En revanche, pour notre profession, c’est un vrai sujet, la montée du prix de l’essence, puisque nous sommes quasiment les derniers professionnels de santé à se déplacer au domicile des patients.

Les réactions dans les régions au plan Buzyn

A Lille: "on veut une vraie place"
Sandra Dupuis, infirmière libérale à Libercourt (Pas-de-Calais): "Nous nous sentons sacrifiées, complètement oubliées du nouveau plan santé. Le mot 'infirmier' y est quasi-inexistant. On veut une vraie place dans les nouvelles directives, une reconnaissance de ce qu'on fait au quotidien."
"On crée un nouveau métier [d'assistant médical] financé par la sécurité sociale, alors que nous, les libéraux, on reste avec des tarifs qui défient toute concurrence."

A Strasbourg: "les gens s'épuisent au travail"
Marie-Cécile Decker, infirmière de bloc opératoire à Mulhouse (Haut-Rhin): "Nous souhaitons que notre formation soit reconnue à un niveau master et que nos conditions de travail s'améliorent, que le ministère de la Santé entende que les gens s'épuisent au travail."
"Il y a un gros turn-over des jeunes. Au niveau de la sécurité cela devient limite, on est toujours à flux tendu, les créneaux opératoires sont courts et les journées de travail se rallongent."

A Marseille: "nos compétences sont dilapidées"
Annick Fillot, infirmière libérale à Six-Fours-Les-Plages (Var): "Nos compétences sont dilapidées. Les pharmaciens font des vaccins, ils ne sont pas formés pour, on leur apprend à piquer dans des oranges. Le nouveau métier [d'assistant médical] on ne sait pas ce que ça va être, moitié secrétaire, moitié infirmière, avec un semi-diplôme..."
"Nous, on a fait trois ans et demi d'études, on a une formation continue. On ne peut pas mettre notre profession à la poubelle comme ça. Même économiquement ça n'a pas de sens. On est les moins chers de la santé, on fait une toilette à 4 euros, une injection à 8 euros brut, trouver moins cher c'est pas possible."

A Bordeaux: "les soldes toute l'année"
Karine Sauvage, infirmière libérale à Saint-Vincent-de-Tyrosse (Landes): "On est les seuls soignants à être sur le terrain sept jours sur sept, 365 jours par an, et les seuls à faire des actes non rémunérés [à partir du troisième acte pour une même visite]. Chez nous les soldes, c'est toute l'année!"
"Ce qu'on demande c'est la reconnaissance de nos compétences et la revalorisation de notre nomenclature. Nous nous sentons exclues du plan santé, qui fait la part belle aux médecins grâce à leur lobby."

A Lyon: "on nous maltraite"
Nadine Bruyère, infirmière de bloc opératoire à Firminy (Loire): "L'évolution de notre système de soins est catastrophique. On manque de moyens, on nous démoralise, on nous démotive, on nous maltraite. On nous utilise comme des pions."
"On supprime des postes et on nous demande de travailler toujours plus. Evidemment ça se ressent sur la qualité des soins."
"Il faut toujours aller vite, parce qu'on a tant de personnes à soigner. Mais moi je m'en fiche, ce qui m'importe c'est la personne qui est sur la table d'opération. On est des soignants, pas des banquiers."

A Rennes: "pas mises en valeur"
Valérie Bertrand, infirmière libérale à Brandivy (Morbihan): "Ce qui nous fait monter au créneau, c'est la création de postes d'assistants médicaux. Ce seront des secrétaires sanitarisées, ça ne va pas améliorer la prise en charge des patients."
"Nos compétences ne sont pas mises en valeur. On nous grignote de toutes parts, la vaccination est élargie aux pharmaciens. Mais un patient qui sort de l'hôpital un samedi ou un dimanche, qui peut le prendre en charge ? L'infirmière libérale, qui est toujours là pour désengorger les urgences et les services hospitaliers."
"Sur le terrain, les infirmières peuvent peut-être aider à combler la désertification médicale. Nous sommes les seules à aller quotidiennement au domicile des patients."