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dimanche 18 août 2019

Pénuries de médicaments en France : son ministre de la Santé est une pharmacienne...

Pendant l'alerte par les médecins, la ministre est en vacances

Une tribune de médecins appelle à relocaliser la production des principes actifs contenus dans les médicaments

Buzyn ne peut ignorer le risque sanitaire qu'elle fait courir aux Français
Résultat de recherche d'images pour "pénurie de medicaments"
Dès 2017, 538 signalements de rupture ou tensions d'approvisionnement ont été recensés en France par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), un record en France, contre seulement 44 en 2008. 
Mais c'est seulement le lundi 8 juillet 2019 que le ministère de la Santé a dévoilé le plan du gouvernement pour lutter contre la pénurie de médicaments en France. Agnès Buzyn [non pas pharmacienne, mais médecin : merci, ami lecteur! Je fais amende honorable..., bien qu'elle ait été collaboratrice de trois laboratoires privés avant 2011] a plaidé pour un meilleur partage de l'information et une meilleure gestion du "circuit du médicament", du fabricant jusqu'à à la pharmacie. Fort bien, mais qui dit plan, dit  projet et donc délai de mise en oeuvre. Avec l'espoir qu'il est adapté à la situation d'urgence. 

A la veille du retour de vacances du gouvernement, des professionnels de santé alertent, ce dimanche, sur une pénurie de médicaments de plus en plus fréquente en FranceLa ministre de la Santé n'a pas révélé son lieu de vacances mais a assuré qu'elle part "en France métropolitaine". "Je vais surtout rester très vigilante tout l'été; je vais rester joignable sur mon lieu de vacances qui n'est pas trop éloigné de Paris", a-t-elle indiqué au micro de... BFMTV.

Les signataires de la tribune mettent en cause notamment la délocalisation de la fabrication des principes actifs 
Visages réels de nos pharmaciens
Il ne suffit pas de jeter la suspicion sur les produits homéopathiques, une médecine parallèle d'appoint et de bien-être, mais aussi de soins, que les tenants de l'allopathie contestent, en ardents défenseurs de l'industrie chimique. Le professeur Jean-Paul Vernant et un collectif de médecins hospitaliers ont publié une tribune dans les colonnes du Journal du Dimanche, le 18 août. Ces professionnels de santé s'insurgent contre le manque de dispositifs visant à  prévenir les pénuries de médicaments et la fréquence des pics de carence pharmaceutique.

"En 2018, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on a noté 868 signalements de tensions ou de ruptures d'approvisionnement"  -contre  538 en 2017 - commencent par rappeler les signataires du texte."C'est 20 fois plus qu'en 2008 (44 signalements)", précisent-ils.

Un constat d'autant plus préoccupant que certaines ont concerné "des médicaments du cancer, des antibiotiques, des corticoïdes, des vaccins, des traitements de l'hypertension, des maladies cardiaques, du système nerveux...", s'alarment les médecins. 

Ces médecins vigilants désignent la responsable
Certes Agnès Buzyn est prise en défaut, mais aussi la délocalisation de la production des principes actifs par les laboratoires pharmaceutiques. Cette tâche est confiée à des laboratoires de chimie basés en Inde ou en Chine, majoritairement. "La production des principes actifs de 80% des médicaments passés dans le domaine public a été  délocalisée,  pour des raisons de moindre coût, depuis plusieurs années," sur ces territoires, peut-on lire.

Or, la sous-traitance d'une partie de la fabrication des médicaments favorise la survenue de pénuries, selon les professionnels qui appellent ainsi à relocaliser ces activités.

Les signataires de la tribune préconisent, enfin, la constitution de stocks dans les laboratoires pharmaceutiques, qui fonctionnent actuellement en flux tendus, et la création d'un établissement pharmaceutique non lucratif.

Une version définitive du plan annoncé en juillet est prévue pour septembre.
French Health Minister Agnes Buzyn calls for “accelerating the pace” to raise at least $14 bn to fight the 3 major pandemics with Global Fund.
 En février 2019, Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, était à New Delhi pour représenter la France à la conférence préparatoire de reconstitution du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Les "grandes orientations" floues évoquées par Buzyn ne constituent qu'"un point de départ", de son aveu même, et seront enrichies des propositions des acteurs concernés, pour aboutir à un plan définitif en septembre, précise la ministre dans le document présentant cette feuille de route.

Cyniquement, cette ministre de la Santé avait pourtant froidement observé fin mai que
"plus d'un Français sur quatre affirme aujourd'hui avoir été en difficulté pour acheter un médicament courant. Entre 2008 et 2018, c'est près de vingt fois plus de pénuries signalées".
"On voit bien", nous diront les députés bavards à l'étiage de twittos-militants de LREM, que le dossier est sur la table, que les ministres sont au travail et qu'il n'y a pas le feu au lac : "ils sont au contact des gens" et "il faut raison garder", n'est-ce pas? 
Le 1er avril 2013, la Cour suprême indienne avait rejeté la demande de brevet déposée par le laboratoire suisse Novartis pour son médicament anticancéreux Glivec : "pas assez inventif". Les laboratoires occidentaux qui disent avoir de plus en plus de mal à faire respecter leur propriété intellectuelle cherchent "en même temps" à faire produire leurs médicaments à bas coût.Déjà, mercredi 12 décembre 2012, le Bureau indien des brevets avait annulé la protection d’un médicament contre l’asthme conçu par Merck. Il favorisait du même coup le fabricant indien de génériques Cipla qui peut ainsi inonder le marché de copies à bas prix du médicament de l’américain. Trois mois plus tôt, c’est un autre suisse, Roche, qui faisait les frais de l'intransigeance indienne. Depuis son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2005, l’Inde a pourtant entériné des règles de protection des brevets. Y compris pour les médicaments. Mais son interprétation diffère de celle des pays occidentaux...
Buzyn va devoir laisser son empreinte écologique et se rendre en Inde, tout en restant joignable. D'ici qu'elle ne nous revienne pour assurer qu'en réunion de travail, elle et son équipe ne se nourrissent que d'une aile de poulet au 'tandoori'...  

vendredi 23 septembre 2016

Marisol Touraine : " Nous avons sauvé la Sécurité sociale " !

Marisol Touraine nous ment sur la Santé, comme Sapin sur le chômage

Le déficit du régime général sera ramené à 400 millions d'euros en 2017, affirme Marisol Touraine. 

Elle promet aussi 4 milliards d'économies sur l'assurance-maladie. Des nouvelles taxes instaurées sur l'industrie du tabac devraient y aider.

Vous aviez indiqué que le déficit de la Sécurité sociale serait moins élevé que prévu cette année. Qu'en sera-t-il en 2017 ? 
En 2017, le " trou de la Sécu " aura disparu. Le régime général, qui affichait 17,4 milliards de déficit en 2011, sera à 400 millions de l'équilibre. Pour un budget de 500 milliards, c'est l'épaisseur du trait. L'histoire de ce quinquennat, c'est la fin des déficits sociaux, grâce à des réformes de structure pour mieux répondre aux besoins des Français, et ce sont des droits sociaux nouveaux. La droite avait multiplié les franchises et creusé le déficit. Nous aurons sauvé la Sécu. L'équilibre de la Sécurité sociale, ce n'est pas qu'une affaire comptable. C'est un gage de confiance dans l'avenir de la protection sociale face aux risques de la vie. C'est rassurant pour les Français.

Comment se décomposent les comptes ? 
Dès 2016, l'amélioration est forte : 3,4 milliards de déficit, au lieu de 5,2 milliards annoncés en juin. En 2017, trois branches sur quatre seront à l'équilibre, l'assurance-vieillesse dégagera un excédent de 1,6 milliard. Et l'assurance-maladie est en très nette amélioration, avec un déficit qui passe de 4,1 à 2,6 milliards. Cela est dû à des réformes de structure, parfois difficiles, que j'assume [mais surtout F. Fillon, en matière de retraites], car elles ont permis d'améliorer les droits sociaux des Français. Je pense à la création du compte pénibilité [quel est le rapport avec la baisse des dépenses de la Sécu ?], aux départs anticipés à la retraite [les pensions de retraite coûtent d'autant plus], à l'augmentation jusqu'à 1.000 euros par an des prestations familiales pour les plus pauvres, à la généralisation du tiers payant, à la suppression des franchises médicales pour les plus modestes, à l'accès élargi à la CMU, à la hausse du RSA, à la prime d'activité. La droite, elle, polémique-t-elle, annonce la couleur du retour en arrière. [Et la troisième branche ?]

Vous visez les candidats à la primaire... 
Oui, tous les candidats à la primaire annoncent des déremboursements, des franchises et même des amendes pour les malades qui vont aux urgences. Ils jouent sur les peurs, en niant les résultats. Pourquoi continuer à alimenter les inquiétudes sur l'avenir des retraites alors que l'équilibre est rétabli durablement ? Désormais, on ne peut plus brandir l'argument du déficit pour justifier des politiques de régression sociale. La droite, en fait, porte une vision de la société qui privilégie l'assurance privée plutôt que la solidarité [poursuit-elle dans la polémique, pariant que l'avenir ne viendra pas la contredire].

Le Fonds de solidarité vieillesse reste néanmoins dans le rouge... N'est-ce pas erroné de parler d'équilibre ? 
Le déficit du FSV sera stabilisé à 3,8 milliards d'euros en 2016 et en 2017, sachant qu'en période de sortie de crise [supportée par le précédent quinquennat], les dépenses de solidarité pour les retraites sont plus élevées. Mais regardons le chemin parcouru : en 2011, le déficit du régime général était de 17,5 milliards, nous l'aurons réduit de 17 milliards sous ce quinquennat] 
La dette sociale a commencé de diminuer depuis 2015 et elle sera plus faible fin 2017 que fin 2011. Et cela, j'insiste, grâce à des réformes structurelles : allongement de la durée de cotisation pour les retraites, modulation des allocations familiales en fonction du revenu, réorganisation hospitalière sans précédent via les groupements hospitaliers de territoire, meilleure maîtrise du prix des médicaments...

Une grande partie de la gauche ne semble pas partager ce diagnostic et considère que François Hollande a mené une politique de droite... 
Ce qu'annonce la droite n'a rien à voir avec ce que nous avons fait [la question évoque ici les critiques de la gauche !]. Ce procès n'a pas de sens. La période électorale qui s'ouvre va nous permettre de mettre en valeur ce bilan [Puisse la présidentielle sourire au PS au pouvoir !]. Le président de la République saura aussi évoquer les exigences qui sont les siennes pour l'avenir. Vu le grand bond en arrière que nous proposent les candidats de la droite - retraite à taux plein à 70 ans, suppression du tiers payant, disparition des hôpitaux de proximité, etc. -, il n'y aura pas photo ! Les programmes qui sont proposés, c'est l'irresponsabilité budgétaire et la régression sociale. [Touraine faisait campagne pour un candidat dont elle n'était pas sûre qu'il se représente... Même sa 'fake news' sur le comblement du trou de la Sécu ne lui faisait pas peur]

Le retour à l'équilibre est conditionné à des hypothèses de croissance assez optimistes... 
Le scénario économique est le même que celui que nous connaissons cette année. On me disait la même chose l'an dernier à la même époque, et nous avons fait mieux que prévu.

Il n'y aura donc selon vous aucun besoin de mener une nouvelle réforme des retraites ? 
Aucune ne s'impose aujourd'hui pour des raisons financières. Et puis, la réforme des retraites que j'ai portée va continuer de s'appliquer : la durée de cotisation augmentera avec l'espérance de vie, tout en permettant à ceux qui ont travaillé jeunes et dans des conditions pénibles de partir plus tôt.

Michel Sapin a indiqué que 1,5 milliard d'euros d'économies supplémentaires devront être trouvées sur les régimes sociaux. Comment seront-elles réalisées ? 
Il s'agira d'économies de gestion des caisses de Sécurité sociale, de mesures de lutte contre la fraude, de recettes nouvelles (notamment sur le tabac).

La Cour des comptes craint un dérapage des dépenses d'assurance-maladie en 2017... 
Chaque année la Cour tire la sonnette d'alarme et chaque année nous faisons mieux que prévu [le même argument est multi-usage]. Les réformes structurelles, moi, je ne me contente pas d'en parler, je les fais. Sur l'assurance-maladie, nous aurons réalisé 12 milliards d'économies en trois ans, avec 4 milliards d'économies nouvelles en 2017. Mais nous avons décidé de relever l'objectif de dépenses à +2,1 % l'année prochaine, car je veux pouvoir donner à la communauté des professionnels de santé une reconnaissance financière pour leurs efforts. Les médecins libéraux vont voir le prix de la consultation augmenter [sans que le trou de la Sécu ne se creuse !]. Les revalorisations à l'hôpital sont engagées : elles passent par le point de la fonction publique et des hausses en fonction des carrières, de 250 à 500 euros par an pour un infirmier, jusqu'à 480 euros pour un aide-soignant. Par ailleurs, un plan d'investissement pour l'hôpital va être lancé, dont une première tranche de 250 millions sera débloquée l'année prochaine.


Vous prévoyez certes 4 milliards d'économies, mais celles-ci sont toujours difficiles à identifier... 
Les efforts sont réels par rapport à la tendance naturelle de hausse des dépenses. Les économies attendues sur la mutualisation des achats hospitaliers, la promotion des génériques, le développement de la chirurgie ambulatoire, la maîtrise des prescriptions d'actes afin d'éviter la redondance... sont précisément chiffrées.

Comment ferez-vous face à l'arrivée des traitements innovants contre le cancer, après ceux contre l'hépatite C ? 
L'innovation est une chance pour les Français, et une source de transformation majeure de notre système de santé. Nous généralisons la télémédecine dans tous les territoires. Pour financer dans la durée les traitements innovants, nous allons créer un fonds pour l'innovation médicale [30 millions d'euros pour l'innovation organisationnelle : lissés par le développement de la chirurgie ambulatoire ?] qui permettra de lisser les pics de dépense. Nous pourrons ainsi accompagner la montée en puissance des nouveaux traitements, dont le bénéfice est majeur, en particulier contre le cancer, l'hépatite C, etc. Ce fonds sera doté de 800 millions d'euros à sa création, dont 200 millions seront dépensés dès 2017 pour absorber le choc de l'arrivée des immunothérapies contre le cancer. Ce fonds devra se reconstituer au fil des ans.

Se substitue-t-il aux mécanismes législatifs de régulation des prix des médicaments ? 
Non, nous allons reconduire les mécanismes de régulation existants en 2017.

La Cour des comptes pointe la dégradation de l'accès aux soins dentaires... 
J'ai demandé à l'Assurance-maladie il y a plusieurs semaines de négocier de nouvelles règles avec les dentistes. Je lancerai l'année prochaine un plan national pour renforcer l'accessibilité des soins dentaires. Je veux plafonner le tarif des prothèses et revaloriser les soins conservateurs. J'espère que la négociation qui vient de s'ouvrir permettra d'aboutir, sinon j'assumerai mes responsabilités.

Seuls 17 % des Britanniques fument, contre près d'un tiers des Français. Avez-vous été suffisamment loin dans la lutte contre le tabagisme ? 
S'il y a bien un combat que j'ai porté, c'est la lutte contre le tabagisme. Le paquet neutre est là et sera vraiment visible le 1er janvier après la période de transition dans les bureaux de tabac. J'ai promu l'information et la prévention, j'ai triplé l'aide au sevrage tabagique pour certaines populations... En novembre, nous lançons la campagne " mois sans tabac ", inspirée des méthodes anglo-saxonnes, où chacun encourage son voisin pour arrêter de fumer. En 2017, nous allons rapprocher la fiscalité du tabac à rouler de celle des cigarettes, ce qui augmentera le prix de 15 %.

Des députés de la majorité réclament une forte hausse du prix des cigarettes... 
Ils m'ont dit leur satisfaction avec cette mesure sur le tabac à rouler. J'ajoute que nous allons créer une taxe sur le chiffre d'affaires des distributeurs. Elle rapportera 130 millions par an, qui iront au nouveau fonds de lutte contre le tabagisme.

lundi 28 juillet 2014

Montebourg donne des maux de tête aux pharmaciens aussi

Les pharmaciens dans le viseur de Bercy: 
et après, à qui le tour?

L'Inspection générale des Finances (IGF) préconise
 la fin du monopole des pharmaciens sur certains médicaments
indique le quotidien Les Echos révélant lundi un rapport sur les professions réglementées.

L'IGF recommande d'ouvrir à la concurrence la vente de médicaments dont la prescription est facultative (Doliprane, Spasfon, etc) et la vente de médicaments non remboursables (Nurofen, Humex, Fervex, etc), précisent Les Echos.
Visé, le chiffre d'affaires des pharmacies, environ 9% en moyenne pour ces deux types de médicaments, souligne le quotidien qui a eu accès à un nouveau chapitre confidentiel du rapport de l'IGF.

L'Inspection générale des Finances se justifie en soulignant que "les prix des médicaments non remboursables ont augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie depuis quinze ans (+3 % par an en moyenne entre 1998 et 2011)" -- une hausse visant à compenser la baisse des prix des médicaments remboursables, expliquent Les Echos.

Or, "ce rattrapage de marge est jugé parfois disproportionné par le rapport", pour lequel ouvrir la vente de certains médicaments aux supermarchés par exemple entraînerait une baisse des prix pour les consommateurs.

D'autres recommandations libérales

Citons la fin du numerus clausus pour les étudiants en pharmacie, l'ouverture du capital des officines à des investisseurs extérieurs, la liberté d'installation totale pour les pharmaciens.
Au 1er janvier 2013, les pharmaciens étaient 72.204, dont 31.074 exerçaient en libéral, selon la Cour des comptes. Les pharmaciens sont principalement rémunérés par la marge sur les médicaments.

Or, les modes de rémunération commencent à se diversifier avec l'introduction récente d'une rémunération à la performance et d'un honoraire de dispensation. Autant de mesures jusqu'ici impensables de la part d'un gouvernement socialiste et spécialement du fait d'un ministre de la gauche du PS.

Qui seront les professions suivantes?

Les 37 professions dans le collimateur de l'IGF sont protégées soit par des barrières à l'entrée (numerus clausus), soit par des tarifications réglementées, soit par les privilèges de certains actes. Dans le secteur juridique, sont cités les huissiers, les greffiers des tribunaux de commerce et les avocats qui seront traités comme  les salons de coiffure. 

Le ministre de l'Economie considère que ces professions "captent par leur position des revenus pour des services payés trop chers." Et pour rallier la population à sa cause, Montebourg assure qu' "ils entament le pouvoir d'achat des ménages". 
Nono Montebourg est avocat mais ne semble plus disposer à repasser la robe. 

vendredi 25 juillet 2014

Les médicaments soignent mieux les hommes que les femmes: complot machiste ?

A chaque matin, sa nouvelle inégalité sexiste présumée

Il se vend bien ce nouveau numéro du magazine Science et Vie
Couverture de Science et Vie, le numéro de juillet 2014
Les médicaments soigneraient mieux les hommes que les femmes, selon une enquête sortie en juillet, pour agrémenter l'oisiveté estivale. Cette nouvelle discrimination entre sexes bat-elle ou non en brèches la théorie du genre? Il semblerait que, n'y trouvant pas leur compte, les féministes en restent bouche bée. Par quel que bout qu'on prenne le sexe, les femmes seraient-elles au coeur d'un complot machiste?

Ne voilà-t-il pas que le sexe d'un malade peut changer l'efficacité du médicament?

Les cas sont nombreux de prescriptions inappropriées. Des scientifiques se sont aperçus que les traitements n'ont pas les mêmes effets chez les patients. Selon une étude allemande, les risques d'effets secondaires sont même 50% supérieurs chez les femmes.
Prenons le cas de l'aspirine. Depuis l'après guerre, ce médicament discrimine les sexes, protégeant davantage le cerveau des femmes de l'AVC, mais diminuant les risques d'infarctus chez les hommes. 
Quant aux somnifères, ils restent plus longtemps dans l'organisme chez la femme ce qui implique un ajustement dans les doses. À partir de ces constats, l'institut national de la santé américain a demandé aux laboratoires de réviser leurs études en fonction du sexe des individus (ou des animaux) sur lesquels ils effectuent leurs essais cliniques.
Réajuster les posologies selon les sexes 
Retour à la case départ
La "nouvelle guerre" des sexes remonte à dix ans. "Comprendre l'origine des différences sexuelles est important pour développer des nouveaux modes de prévention, de diagnostic et de traitement," assurait-on déjà dans les milieux intellos. "Si la recherche scientifique prend ce virage, les médecins devront sûrement réajuster les posologies des médicaments selon le sexe de leurs patients".

La théorie du genre dût-elle prendre un air, les laboratoires doivent reconsidérer les indications et posologies en fonction des sexes, indique l'enquête de Science et Vie. Mais déjà les idéologues de l'indifférenciation des sexes s'alarment de travers inverses. 

Rien n'est affaire de sexe, ni de genre: chaque individu est un être à part, insistent-ils. Deux patients réagiront différemment non plus seulement selon leur sexe, mais aussi bien selon leur héritage et leur histoire personnels. "Le comble serait d'imaginer que les hommes sont tous les mêmes, et les femmes aussi. Il ne faudrait pas que des stéréotypes guident la manière dont on soigne les patients", s'alarme Susan Phillips, médecin chercheuse à la Queen's University de Kingston au Canada et théoricienne du genre, dont les recherches se trouvent remises à plat.

La construction idéologique montée de toutes pièces par les féministes est menacée d'effondrement.
Alors que va donc maintenant inventer Najat Vallaud-Belkacem pour nier que nos différences sont tout bêtement individuelles et varient davantage d'un sujet que d'un  sexe à l'autre.

lundi 26 août 2013

Pétition pour sauver la Sécu: acceptez-vous de payer plus pour être protégé ?

La "gauche sociale" veut se décharger sur les mutuelles et les assurances privées

Les plus démunis face à une dépense supplémentaire ?


Le professeur André Grimaldlance une pétition en forme de cri d’alarme.
Le texte de ce diabétologue est sobrement intitulé "Pour un débat public sur la santé". Signé par plus de 140 personnalités de gauche, comme de droite, professeurs, économistes et autres élus (dont le Dr Irène Frachon, le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, le député Bernard Debré (UMP), l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, le député vert Noël Mamère, le député communiste André Chassaigne ou l'économiste Didier Tabuteau), il est initié par un farouche défenseur des hôpitaux publics et vise à provoquer un débat salutaire sur la part respective occupée dans notre système de soins par la Sécu d’un côté — régie selon le principe de solidarité — et de l’autre par les mutuelles et les assureurs, la prise en charge dépendant alors directement du risque assuré.
Aujourd’hui, la Sécurité sociale ne rembourse plus qu’environ 50% des soins courants et bien moins encore pour les soins d’optique, dentaires et d’audio-prothèses.

Une crainte sous-tend la pétition
Le risque d'une privatisation rampante de l’assurance maladie a resurgi avec l'arrivée de la gauche au pouvoir. A terme, la Sécurité sociale rembourserait de moins en moins les médicaments, cures thermales, séances de kiné et consultations chez un médecin: le risque porte surtout ce que les signataires appellent les "soins courants".

Lien vers la PETITION


Réinventer un système français fragilisé

Certes, le moment choisi pour diffuser cet appel peut de prime abord sembler étrange : l’an dernier, François Hollande a annoncé son intention de généraliser l’accès à une couverture santé complémentaire d’ici à 2017. Les media y avaient vu une avancée: les salariés avaient cru  à ce parachute que beaucoup appelaient de leurs vœux. Et, depuis le 1er juillet, le plafond de revenus permettant de bénéficier d’une aide à la complémentaire santé (ACS) a été relevé, sans le début d'un financement : 350.000 Français supplémentaires y sont désormais éligibles, une autre avancée de taille. Six semaines plus tard, l'exécutif assure qu'il appartient aux salariés de payer, puisqu'ils sont les bénéficiaires... 

Mais le diable se niche dans les détails, alertent  les signataires
Non seulement le projet gouvernemental de "complémentaire santé pour tous " reste flou, mais surtout, aucune réflexion digne de ce nom n’a été menée ces dernières années sur l’avenir de notre Sécurité sociale [depuis que la crise est apparue], comme cela s’est fait récemment pour les retraites, par exemple. Tout juste chaque déremboursement (médicaments, etc.), mené sous la pression de la disette budgétaire, s’est-il accompagné d’une "incitation" à souscrire une complémentaire santé…

Pour les auteurs de cette pétition, seul un véritable débat public permettra de rassurer les Français sur la pérennité de notre système de soins solidaire, alors que la Sécu rembourse de plus en plus de maladies graves ou chroniques à 100%. Il s’agit de conduire une vraie campagne d'enfumage pour persuader que la généralisation des complémentaires santé n’est, en rien, le prélude à une vaste opération de torpillage de la Sécu

Depuis le 14 mars 1995 et Simone Veil, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville au gouvernement Balladur de Jacques Chirac, toute personne résidant en France peut désormais être affiliée, à titre provisoire, à l'assurance personnelle et bénéficier à ce titre sans délai des prestations du régime général de la Sécurité sociale. 

Le projet de Hollande serait, non pas un changement ou un recul, mais un coup dur porté à l'accès aux soins des plus démunis. Un coulage des budgets des ménages et une aggravation des conditions de soins et des pathologies des plus exposés.

Devoir de mémoire


Le président Hollande devait être cité comme témoin lors du procès du sénateur socialiste René Teulade, son ancien suppléant en Corrèze. 
Le 15 mai, l'ancien patron de la puissante mutualité française était en effet poursuivi en justice dans le procès en appel du scandale de la Mutuelle de retraite de la fonction publique (MRFP). Ancien ministre des Affaires sociales du gouvernement Bérégovoy, René Teulade avait été condamné en première instance à 18 mois de prison pour avoir profité d'avantages indus
La proximité entre Teulade et Hollande est telle que le 20 octobre 2012, lors de son discours de clôture de la Mutualité française, le président de la République lui a rendu un hommage appuyé avec ces mots : "René Teulade auquel je suis lié par une fidélité corrézienne."

Hollande a-t-il une telle dette envers la mutualité qu'il n'a de cesse que d'engraisser les mutuelles (et les assurances privées)?

lundi 17 décembre 2012

Jérôme Cahuzac, un ministre proche des lobbies pharmaceutiques

En plein débat sur la loi Evin, cet as de la fiscalité travaillait avec les labos pharmaceutiques


Accusé de fraude fiscale par Mediapart, le ministre délégué au Budget a travaillé pour l'industrie pharmaceutique avant de travailler pour Hollande au gouvernement Z-Ayrault.
Lien PaSiDupes : Mediapart met Cahuzac au défi de porter plainte



La naissance d'une légende

En pleine campagne pour les législatives de 1997, on dit qu'un jeune homme sauva une femme victime d'un malaise à quelques mètres de lui, sur le marché de Villeneuve-sur-Lot, alors qu'il distribuait des tracts socialistes. Comme le lui impose son serment d'Hippocrate, l'homme se porta immédiatement au secours de la bonne dame,  et le médecin la ranima sous les yeux émerveillés du tout-Villeneuve. " Pour le pékin moyen, il est instantanément devenu le bon docteur Cahuzac", persiflent deux anciens proches du député.

Pourtant, la carrière médicale intermittente et tortueuse de Jérôme Cahuzac ne sera pas celle d'un médecin de campagne "normal"


Coopté en 1988 au cabinet du ministre de la Santé par la volonté de Guy Carcassonne, un juriste local, membre du cabinet de Michel Rocard, le chirurgien passe pour un héraut de la loi Évin, intraitable face aux lobbys de l'alcool et du tabac. On raconte que pour devenir conseiller technique au cabinet de Claude Évin, ministre des Affaires sociales des deux gouvernements Rocard de 1988 à 1991, il aurait quitté son poste de chef de de clinique à la faculté de médecine, une fonction dont on n'a pas la preuve qu'il l'ait jamais occupée: il l'aurait rêvée, mais jamais décrochée et en aurait nourri une amertume tenace.


Mais son autre casquette est encore plus mystérieuse.
 

Conseiller technique pour le médicament, il est à l'interface du ministère avec la très autarcique Direction de la pharmacie et du médicament (DPHM).

Déjà, en 1989, l'empereur castrais du médicament, dans le Tarn voisin, Pierre Fabre, n'avait pas eu à se plaindre de l'action du jeune conseiller technique. Épinglé par la Cour des Comptes, son Maxepa aurait bénéficié  d'un traitement maison, grâce à Jérôme Cahuzac, sur consigne du ministre Claude Évin, ex-député de Loire-Atlantique, comme ...Jean-Marc Ayrault. Soit un prix de vente trois fois supérieur à ses concurrents ! À l'époque et en échange, " Le Canard enchaîné " avait évoqué la promesse de Fabre d'implanter une usine dans la circonscription… de Claude Évin. Un "conflit d'intérêts" qui ne fut pas démenti, mais resta impuni.


En 1991, Mitterrand renvoya Rocard 

Entraînant  dans sa chute Claude Évin et ses camarades. " Jérôme a mal vécu cette fin. Il cherchait à rebondir ", se souvient une ancienne collaboratrice. D'autant que la période coïncide pour le conseiller avec un contrôle fiscal carabiné.

Cahuzac Conseil
Pour rebondir, Jérôme Cahuzac, qui aurait déjà effectué du temps d'Évin quelques discrets extras dans une clinique de chirurgie esthétique, se lance avec sa femme d'alors dans la chirurgie capillaire. De nombreux députés solidaires aideront à l'équilibre budgétaire de la clinique Cahuzac en y faisant restaurer leur chevelure. Bernard Cazeneuve et Pierre Moscovici sont-ils du nombre ?
Proche de Bernard Charles, le député maire de Cahors - notoire courroie de transmission de Pierre Fabre à l'Assemblée -, Jérôme Cahuzac ne coupe pas non plus les ponts avec les labos. Au début des années 1990, c'est en jet privé  qu'il se rend avec Michel Rocard à la villa Carla, la tanière de l'industriel à Castres, pour un dîner avec Jacques Limouzy (député UDR de Castres) et Philippe Douste-Blazy (ministre de la Santé, 1993-1995).



Puis, en 1993, il dépose les statuts de Cahuzac Conseil, une société qui travaillera exclusivement pour l'industrie pharmaceutique. En privé, Jérôme Cahuzac reconnaît avoir gagné beaucoup d'argent en officiant comme " conseiller purement technique " de la plupart des labos.Lien PaSiDupes : "Mediapart: le gestionnaire de fortune de Cahuzac en sait long"


Quelle que soit la sincérité des conseils apportés par Jérôme Cahuzac aux laboratoires, il est peu probable qu'il ait pu échapper totalement à une stratégie de lobbying bien rodée : repérer les jeunes pousses prometteuses dans les cabinets ministériels, tisser des liens d'amitié et financiers avec elles dans l'espoir qu'un jour ces personnalités, parvenues aux responsabilités, seront dans les meilleures dispositions à leur égard. Une pratique de plus en plus questionnée dans la perspective de l'encadrement des conflits d'intérêt.

Ce parcours professionnel n'empêchera pas le député Cahuzac de défendre un amendement imposant une taxation supplémentaire sur les bénéfices des labos, en 1998. 


L'industrie pharmaceutique ne se montrera pas rancunière

 Lien PaSiDupes


Ayrault et son gouvernement soutiennent le ministre,
mais Pascal Durand d'EE-LV soutient le journal


Député du Lot-et-Garonne, Cahuzac n'aura aucun mal à attirer Fabre et Upsa (un labo agenais) pour financer les associations sportives de Villeneuve-sur-Lot. Cette générosité déclenchera l'ire de la droite, qui accusera publiquement le député de bénéficier des " largesses des labos ". " Cahuzac n'était pas notre favori, nous avions nos propres relais avec les parlementaires agenais ", assure un ancien cadre d'Upsa. Faux !

Un ex-élu de droite lot-et-garonnais se souvient de s'être fait intimer l'ordre, par Upsa, de faire cesser ces accusations.
Selon cet élu, le laboratoire ne lui avait pas caché de placer de grands espoirs dans Jérôme Cahuzac.

samedi 11 juin 2011

Relance: les députés allègent l'ISF mais suppriment le bouclier fiscal


Le "bouclier fiscal", un boulet jusqu'en 2014, après la présidentielle

Deux articles allégeant l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et supprimant le "bouclier fiscal" ont été adoptés par les députés français ont adopté vendredi soir.
Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour l'article du projet de loi de finances rectificative qui allège l'ISF et permet de "sortir" quelque 300.000 contribuables du champ de cet impôt créé sous sa forme actuelle en 1989.
Les groupes socialiste et de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) ont voté contre.

L'impôt sur la fortune

L'article prévoit que l'ISF s'applique désormais aux patrimoines supérieurs ou égaux à 1,3 million d'euros, contre 800.000 euros jusqu'à présent.

Au-dessus du nouveau seuil, il fixe un taux d'imposition de 0,25% pour les patrimoines compris entre 1,3 million et trois millions d'euros et de 0,5% au delà.
Lien PaSiDupes: les premiers les socialistes ont plafonné l'impôt

Le "bouclier fiscal"
En contrepartie, les députés ont également adopté - à l'unanimité - l'article 13 du texte qui abroge le "droit à restitution des impositions directes en fonction du revenu", c'est-à-dire le "bouclier fiscal", un dispositif créé en 2006 qui limite l'imposition à 50% des revenus et réduit la pression fiscale. Une mesure qualifiée de « justice sociale » par le ministre du Budget, François Baroin, mais qui ne prendra effet qu'« à compter des impôts directs payés en 2011 et 2012, au titre des revenus réalisés en 2011 », mais qui représentera un coût pour les caisses de l'Etat de 550 millions d'euros en 2012 et de 200 millions d'euros en 2013, selon le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac.
Les groupes UMP et NC ont voté pour. L'opposition de gauche, qui réclamait la suppression de ce dispositif depuis sa création, a également voté l'article.

Le Sénat examinera à son tour à partir du 21 juin sur l'ensemble du texte, sur lequel l'Assemblée devrait se prononcer mardi prochain par un vote solennel. L'objectif du gouvernement est de faire adopter définitivement cette réforme avant la mi-juillet.

Assurance-vie: taxation inchangée
Les députés ont rejeté à la demande du gouvernement un amendement UMP qui proposait de porter de 20 à 25% le taux de taxation des sommes figurant sur un contrat d'assurance-vie en cas de décès.

Encouragement au maintien des oeuvres d'art en France
L'Assemblée, également à la demande du gouvernement, avait auparavant repoussé un amendement de la commission des Finances qui proposait d'élargir l'assiette de l'ISF aux oeuvres d'art.
Anne Sinclair, épouse Strauss-Kahn (PS), aura toute latitude pour ramener sa collection d'oeuvres d'art des Etats-Unis en France: un geste républicain !

Frégates de Taïwan: 460 millions d'indemnisation

L'Assemblée nationale a en revanche adopté un amendement du gouvernement inscrivant au budget l'indemnité que la France doit verser à Taïwan dans l'affaire des frégates, après la confirmation en appel, le 9 juin, de la condamnation de Thalès.
En mai 1991, Taïwan approcha la France pour l'achat de seize, puis six frégates militaires de classe La Fayette, pour une somme fabuleuse, qui aurait en effet été utile aux électeurs PS de base : 2,8 milliards de dollars.
L'affaire remonte au temps de la présidence de François Mitterrand (PS) et de son Premier ministre, Michel Rocard: le feu vert avait été donné par R. Dumas, ministre des Affaires Etrangères.
Roland Dumas sera cité à partir de 1997 dans les affaires Elf et des frégates de Taïwan, pour ce qui devient l'affaire Elf, autour du rôle d'intermédiaire joué par sa maitresse Christine Deviers-Joncour.
Le montant global à verser à Taïwan s'élève à 630 millions d'euros, dont 170 millions pour Thales et 460 millions pour l'Etat.

Autre indemnisation
Les députés ont entériné l'article du projet de loi qui crée un fonds d'indemnisation des victimes du benfluorex, la molécule du Mediator, médicament accusé d'avoir provoqué la mort de 500 à 2.000 personnes.

Successions et donations

Le projet de loi prévoit également un relèvement des taux des deux tranches supérieures d'imposition des successions et donations.

Il crée enfin une taxe sur les résidences secondaires des non-résidents et une taxe pour les contribuables ayant transféré leur domicile fiscal à l'étranger ("exit tax").