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dimanche 7 juillet 2019

Jadot a pris le melon et Brossat doit lui rappeler ses origines

C'est l'histoire de la pastèque qui se fait passer pour un melon

"Rappelle-toi que tu es de gauche" ! 

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Le chef de file des communistes aux élections municipales à Paris, Ian Brossat, veut croire qu'EELV l'est resté. Il a tancé dimanche le leader écologiste Yannick Jadot, qui n'a pas exclu la veille des alliances avec la droite dans certaines villes.
"Je suis très surpris par les déclarations de Yannick Jadot, même si cette petite musique s'était déjà faite entendre aux européennes", a déclaré sur France 3 I. Brossat, qui a conduit, comme lui, la liste de son parti au scrutin du 26 mai (2,5%), où EELV a réalisé 13,5%, une percée habituelle aux Européennes, mais sans lendemains.

"Je ne pense pas que l'écologie soit soluble dans le libéralisme - car c'est produire n'importe quoi dans n'importe quelles conditions sociales et environnementales - et M. Jadot nous dit qu'on peut faire alliance avec la droite", s'est indigné le communiste pur jus de betterave.
"J'y vois une espèce d'opportunisme qui est à mon sens inquiétant", a asséné le candidat rouge à la Mairie de Paris, avant de souligner: "Moi, la droite, je l'affronte au Conseil de Paris, elle s'est opposée au tramway, à la reconquête des voies sur berges".

Jadot fait du pied aux incolores, inodores et sans saveur

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Lève-t-on maintenant le poing serré chez LREM ?
Invité samedi au "Festival des idées" dans la Nièvre où se rendait une partie de la gauche, Yannick Jadot (ci-contre) avait prôné le "pragmatisme" dans des municipalités "où vous avez des gens qui sont sans étiquette ou même divers droite".

"Majoritairement chez les écologistes, il y a un attachement à la gauche, a tenu à lui opposer Ian Brossat, et dans la plupart des villes que dirige la gauche, il y a des écologistes".
Interrogé sur l'éventualité d'une alliance d'EELV avec LREM aux élections à Paris, l'adjoint au Logement d'Anne Hidalgo - qui compte EELV dans sa majorité parisienne -, a assuré: "Pour être en contact régulier avec les écologistes parisiens, je ne sens pas du tout cette tentation; j'ai l'impression que Jadot est isolé sur cette ligne, heureusement." Pas de quoi en faire un flan ?

La seule ligne possible pour la maire sortante "c'est le rassemblement de la gauche dès le premier tour", insiste Ian Brossat, et les communistes veulent y participer : c'est pour eux une question de survie.

Jadot a déclaré qu'il est favorable "à la libre entreprise et l'économie de marché," s'attirant les critiques d'une partie de la gauche dès la campagne des européennes.
Dans un entretien avec Reporterre, le 14 mai, il avait précisé son propos, se disant contre le "capitalisme financier" et contre un "libéralisme prédateur sur l'environnement, les femmes, les hommes, les animaux et sur l'économie", même s'il est pour la "liberté d'entreprendre" et reconnaît l'existence du "marché".

La députée européenne LFI Manon Aubry s'alarme, jugeant "inquiétants" les "signaux donnés par Yannick Jadot": "alliances locales avec la droite, acceptation de l'économie de marché". La question écologique "ne peut et ne doit pas se fondre dans une pensée libérale et doit s'accompagner de la justice sociale", a-t-elle souligné.

Ministre délégué au Développement de Hollande et Ayrault, puis directeur général du WWF France en 2016, Pascal Canfin,  membre du Haut Conseil pour le climat par la grâce de Macron en 2018, ci-contre, était déjà n°2 sur la liste présidentielle aux Européennes.

Questionné sur la compétition pour désigner le candidat LREM, dans laquelle Benjamin Griveaux et Cédric Villani se préparent à un duel fratricide, Brossat a asséné: "C'est bonnet blanc et blanc bonnet! Ce ne serait pas un maire mais un préfet, qui ne serait pas là pour défendre les parisiens, mais pour défendre le président de la République".

dimanche 6 novembre 2016

Présidentielle: Montebourg tombe sous le charme discret du libéralisme

Le candidat socialiste esquisse un programme libéral

Montebourg a tenté de mordre le couloir voisin du sien, l'Economie et de l'Europe
Arnaud Montebourg à Paris, le 5 novembre 2016.
Arnaud Montebourg à Paris, le 5 novembre 2016


Le candidat socialiste à la primaire à gauche s'est mis à 'l'innovation', à la recherche du positionnement politique adéquat, en attendant Godot Hollande.

"Ca vous a plu ce vent de liberté qui souffle sur Arnaud Montebourg ?" s'inquiète le premier lieutenant du candidat socialiste à la primaire, Francois Kalfon, anxieux directeur de campagne de Montebourg, à l'issue d'une heure de discours en conclusion de ses 'Etats généraux du Projet France', ce samedi soir dans une petite salle du 11e arrondissement de Paris. Il a en effet présenté autre chose que son triptyque 'Europe, Economie, Institutions' ressassé depuis son départ du gouvernement, en août 2014.

Ministre convertible en Monsieur Meuble

Suite à sa démission du gouvernement, il a mis à profit son carnet d'adresses pour aller d'activité en activité, à chaque fois médiatisée. 
Après avoir pris des cours d'entrepreneuriat comme boursier à l'Insead, école de commerce basée à Fontainebleau, il avait annoncé le montage de sa propre entreprise "Les équipes du Made in France", dotée de 100.000 euros et dont il est président actionnaire. 
Puis, il s'est rendu aux États-Unis pour y donner des conférences de macro-économie. Il a enfin trouvé du boulot à Habitat comme vice-président non salarié, seulement bénéficiaire d'"une indemnité, comme les cinq autres membres du conseil de surveillance", selon la direction de l'entreprise française d'origine britannique. "Je veux tenter dans le privé ce que je n'ai pas réussi dans le public, tout en gardant l'esprit d'audace créative que j'ai essayé d'insuffler lorsque j'étais ministre", raconta-t-il.
L’ex-ministre de Hollande esquisse son libéralisme à la Montebourg,

Le "gommeux" a fait sortir
un livre de plus
parlant de "libérer l’innovation dans notre pays", d’"organiser la libération des Français", de "libérer les Français de la pensée unique oppressante, régressive et malhonnête: Le TINA: There Is No Alternative", slogan politique communément attribué la Dame de fer, à Margaret Thatcher et qui caractérise l'ordre mondial actuel abhorré des altermondialistes, décrit comme le troisième pouvoir totalitaire, après le bolchevisme et le nazisme.
Cette référence au premier ministre conservateur britannique évoque le marché, le capitalisme et la mondialisation en tant que phénomènes nécessaires et bénéfiques et la certitude que tout régime qui suit une autre voie court à l'échec.
Nono célèbre le mariage de la carpe et du lapin

On avait jusqu'ici plutôt tendance à entendre un Montebourg "colbertiste" (mercantilisme du XVIIe siècle appuyé sur l'Etat, version étatiste opposée à la version Macron), "gaulliste social" (comme François Fillon ou Nicolas Dupont-Aignan),
héraut du 'Made in France' qui s'offre une montre... suisse (ci-contre) et non autant porté sur l’innovation et la modernité comme ce samedi, devant 800 personnes selon son entourage n'est pas de la police...

L'ex-ministre a ainsi tenté une définition d’un libéralisme à sa façon. "Non, répond l’ex-ministre du Redressement (im)productif après son discours.

 La liberté n’est pas celle du renard dans le poulailler mais celle qu’on peut construire au côté d’un Etat protecteur". 

Ce libéralisme-là n’a donc rien à voir avec celui d’Emmanuel Macron, son successeur à Bercy et possible futur adversaire à l’élection présidentielle. Un Macron que l'ex-Monsieur de Labriffe a placé dans son coeur de cible : les 'oliguénarques', contraction d’oligarques et énarques, membres de "nouvelles féodalités" et d’une "nouvelle catégorie professionnelle" détenant, dit-il, des "monopoles" politiques et économiques auxquelles les "couches nouvelles qui veulent accéder au pouvoir" doivent absolument " mettre fin".

Plus de tertiaire dans nos campagnes

"On peut être pour un Etat puissant et pour que la société soit forte, libre, créative et capable d’exercer le pouvoir", martèle Montebourg. Ça donne un candidat qui va défendre l’économie collaborative. Montebourg cite ainsi les sites de crowdfunding, ou BlaBlaCar et AirBnB (et non 'NBnB', comme dit le novateur à la tribune), "libératrice d’un certain nombre de rentes, de monopoles", un "outil de libération des Français", mais qui va aussi mettre en garde contre les "régressions sociales" consécutives au modèle Uber qui "réhabilite" le "travailleur à la tâche", "le louage d’ouvrage", en réalité un "outil de contournement du droit du travail".

Sa proposition la plus étonnante est la "défiscalisation" pour des entreprises qui embaucheraient des télé-travailleurs pour "repeupler" les campagnes, ainsi que la création d’une "agence nationale de rénovation rurale" sur le modèle de ce qui a été fait pour la ville (ANRU). L'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine a été créée par la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003, dite 'loi Borloo'.
Lien PaSiDupes ci-dessous:

Premier couac du candidat Montebourg : son site internet n'est pas "made in France" C'est ballot: Nono fait travailler une entreprise... américaine !


"On ne réforme pas la gauche en allant à la primaire de la droite !"

Montebourg se cherche un créneau, en attendant de savoir si Hollande est candidat, ni trop au centre, depuis son virage libéral, ni trop à gauche pour effacer l'étiquette 'frondeur' qui lui colle à la peau comme un sparadrap et éviter les comparaisons avec Jean-Luc Mélenchon.


 Florange: Montebourg pérore à ArcelorMittal,
avec la complicité de la CFDT
Il postule donc au ticket "union des gauches" susceptible de convaincre les écologistes radicaux et l'extrême gauche communiste de lui faire confiance pour, d’abord, battre un "candidat du gouvernement" et, ensuite, "éviter que les électeurs de gauche aient à arbitrer" entre la droite et l’extrême droite.

Au passage, l’ex-ministre démissionnaire a déconseillé aux électeurs de gauche d’aller voter Alain Juppé : "On ne réforme pas la gauche en allant à la primaire de la droite ! On réforme la gauche en venant voter à la primaire de la gauche !, a-t-il lancé sous les applaudissements. On construit l’avenir de la gauche en venant construire le projet France !". 
"Construire le projet France" est le nouveau slogan de accapareurs de gauche qui se cherche.

Nono fait la cour aux écologistes

Ce samedi, il a aussi longuement rappelé ses propositions pour une "nouvelle République"
tirage au sort de 100 sénateurs pour "contrôler" l’exécutif en sorte que ce soit "enfin une chambre où il se passe quelque chose", estime le populiste Montebourg qui n'a pas senti passer l'opposition des sénateurs à sa politique, 
- la promotion des référendums d’initiative populaire, 
- la "libération" des données publiques - il n'est pas seulement archaïque, mais aussi monomaniaque - , un "spoil system(système des dépouilles, c'est tellement mieux en langage "made in France" pour le remplacement des hauts fonctionnaires de la majorité précédente par des fidèles de la nouvelle) sur le modèle américain... pour "abolir les privilèges" de la noblesse  haute administration, 
- le droit de vote des étrangers aux élections locales… 

Le tout proposé dans un référendum - et non des ordonnances - à l’été 2017: vive les vacances ! Il est vrai que c'est un privilège de nantis à abolir... En effet, combien d'enfants des quartiers défavorisés n'ont jamais vu la mer ? Quand ils ne sont pas des clandestins arrivés par Lampedusa.

"C’était aussi un discours d’innovation politique", insiste-t-il devant les journalistes. 
C’était aussi un discours à destination de l'électorat écologiste - même s'il est rare - avec lequel il doit recréer du lien après avoir été le promoteur des gaz de schiste et du nucléaire pendant deux ans à Bercy. 
Montebourg a viré sa cuti dans le virage avant la présidentielle. 
Il pérore désormais sur la "rénovation thermique" ou l'"auto-énergie" et la "permaculture", l'"agro-écologie" et l'"économie du recyclage" qui n'ont plus de secrets pour lui. Pas plus que 'NBnb'... "Croyez vous que tout cela puisse se faire avec un homme seul ?, demande-t-il à son public. Cela ne peut se faire que dans un mouvement de société".

Montebourg reconnaît qu'il se bat contre des moulins
Non seulement Hollande végète à l'Elysée, mais il bloque toute initiative politique par son silence sur ses intentions. "C'est une campagne atone parce qu’on n’a pas de vis-à-vis, déplore le député de Saône-et-Loire, Philippe Baumel, maire du Breuil, ex-patrie de l'andouillette, membre du mouvement Rénover maintenant (avec la sémillante Yvette Roudy et le frondeur Christian Paul ou Thierry Mandon, secrétaire d'État de Valls) et voisin de Montebourg, comte de Montret. 
"On manque de réactions aux propositions que nous faisons, reconnaît le redresseur de torts. On est dans une phase de temporisation". Hollande n'est pas le seul défaut de Montebourg...

Son entourage répond ainsi aux critiques adressées à un candidat moins agité qu’à l’accoutumée : "Comme il s’est assagi, ça donne des papiers disant "il est terne", se lamente son directeur de campagne, Francois Kalfon. Mais dans les meetings et selon le même, les gens découvrent un Montebourg robuste, calme, serein. Quelqu’un à qui on a envie de filer les clés de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. [A Florange, il a pourtant perdu les clés...] Si besoin Montebourg peut accélérer".

En attendant, celui qui avait fait 17% à la primaire de 2011 - mais c'était avant son passage à Bercy - teste ses formules : "Je suis un candidat proposant, pas opposant". Et si on parlait bilan ?
Le temps de savoir qui, de François Hollande, Manuel Valls ou Macron, le poseur aura en face de lui.

vendredi 14 octobre 2016

Primaire de la droite : bromure pour tous !

La prudence et la réserve font le bonheur de la gauche et de l'Etat islamique

Le premier débat de la primaire à droite ? BCBG

Le leurre de la gauche et des sondeurs a donné le ton: la prudence

Les sept candidats à la primaire de la droite exposaient hier leurs propositions dans un débat télévisé corseté où aucune sortie de route n'était guère possible. Sur plusieurs grands thèmes, le spectateur a pu juger du comportement des prétendants et d’une partie de leur programme, sans ennui.

La première impression  dominante est que la droite la plus bête du monde est plus maligne qu'il y paraît. Les échanges sont restés relativement corrects. Il semble qu’étant donnée la situation du pays, intelligemment mise en valeur en début d’émission, chacun des intervenants ait compris qu’il fallait gommer les querelles personnelles et souligner les différences. Chacun des candidats s’est d'ailleurs engagé à respecter le résultat de la primaire et à soutenir le vainqueur. On peut y croire, tout en s'attendant à un service minimum des perdants: Juppé et Fillon, aigris de nature, ne feraient pas de zèle, et les blessés, tel Copé, pourraient lâcher quelques flèches pour tracer leur route future, mais le débat est enregistré et les engagements resteront opposables.

En choisissant une primaire ouverte, la droite privilégie donc :
- son image, face à une gauche qui n’aurait pas manqué de lui reprocher un défaut de démocratie avec une primaire fermée,

- l'avenir, en préservant indirectement le vote centriste, rassembleur en vue du premier tour où, a priori, il suffira d’être deuxième pour l’emporter,

- l’exposition médiatique entretenue par la possibilité pour tout le monde ou presque de participer à la désignation du candidat qui s'imposera à toutes et tous: la mobilisation du plus grand nombre assure une large implication populaire et le respect des media acquis à la gauche.

Les favoris, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, se sont montrés très prudents
 
Entre un ancien premier ministre attentif, mais frileux et un ancien président qui maîtrise jusqu'à sa diction et ne laisse rien passer de la caricature de ses propositions, il n’y a pas eu de grande prise de risque: rien qu'une grande fermeté sur les convictions. Les poursuivants sont, quant à eux, suffisamment loin derrière, qu'il leur a suffi de poser des jalons, quitte à risquer de perdre une place au second tour.

Les poursuivants doivent fournir l’effort derrière Juppé, le leurre de la presse 
Mais, eux aussi, ils se sont gardés de toute attaque à risque, si bien que leur ancien a pu paraître dominer le lot. 
Ainsi, Bruno Le Maire s’est présenté sans cravate, pour se donner une image plus jeune et détendue, mais son comportement sans compromission, notamment avec les journalistes, a pu agacer la profession. 
François Fillon s’est montré pugnace mais sans agressivité, tranquille et sûr de lui, quant il n'était pas en cause, avec la bonne connaissance des dossiers d'un gestionnaire resté dans le mouvement. Sentencieux, aussi.  
Bien que souriante, Nathalie Kosciusko-Morizet a souffert d’une image hautaine, peut-être trop policée et trop peu naturelle pour réellement convaincre, mais c'est surtout son discours binaire opposant les hommes du passé aux jeunes pleins d'avenir qui a souligné ses limites. 
On a retrouvé le Jean-François Copé des batailles à la tête de l’UMP, celui qui est pugnace et sans peur. 
Enfin, l'inconnu du lot, Jean-Frédéric Poisson avait tout à gagner et il a montré une réelle proximité d'homme de terrain avec le peuple et ne s'est pas laissé impressionner par les "éléphants".

Économie et sécurité : de la demande de libéralisme à la tentation de l'austérité

Au plan économique, l’idée que tout ou partie des solutions libérales est parmi les meilleures fait clairement son chemin. 
Si Alain Juppé a raté sa réponse à la spectatrice qui l’interrogeait sur la différence avec 1995, il présente certaines mesures plutôt libérales comme la baisse de l’impôt sur les sociétés, tout en renforçant les fonctions régaliennes de l’État.
Nicolas Sarkozy propose une baisse de l’impôt sur le revenu de tous, ainsi que de ramener la dépense publique à 50% du PIB
La maîtrise de la dépense publique et la gestion des retraites tient aussi une place importante pour François Fillon. 
Dans ce domaine, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui est la grande innovante avec une proposition de flat-tax, pas de nouveaux fonctionnaires en dehors du régalien, la retraite par points et l’incitation au travail indépendant.
Bruno Le Maire propose aussi une baisse du nombre de fonctionnaires et une maîtrise de la dépense publique, mais marque sa volonté d’emprise forte de l’État sur l’économie
Les autres candidats se sont révélés plutôt étatistes (J.F. Poisson) ou plutôt dans un registre pragmatique, proche des aspirations du Medef (J.F. Copé).

Sur le terrain sécuritaire, on note une abondance de propositions contraignantes. 
Alain Juppé s’est prononcé pour le renseignement, la prison et l’État de droit, dans l’optique la plus traditionnelle qui soit vis-à-vis de ces questions. 
Face à lui, expulsion de fichés S, retraits de nationalité, interdiction du salafisme et autres mesures de grande fermeté se sont affrontées. Les candidats de la gauche devront jongler avec leur idéologie pour manifester toute la fermeté qu'impose l'époque.

Les élections approchent : les germes du libéralisme renaissent

Aucun des candidats ne s'affiche strictement libéral. Mais lorsque la droite a la possibilité de gagner, elle répond à l'attente de libéralisme économique du monde de l'entreprise et de production de richesse et de pouvoir d'achat pour tous.

Une fois au pouvoir, il y a toujours le risque de l'apparaître moins que prévu. Mais, cette fois-ci, la gauche a échoué dans la générosité à-tout-va, si bien que ses gaspillages sont vécus comme de lourdes pertes pénalisant gravement et durablement l'ensemble
Quel que soit le vainqueur, il devra réussir le tour de force de satisfaire cette demande libérale, même partiellement, tout en redressant l'économie et en rétablissant la sécurité du pays, en sorte que puissent être mesurés tous les effets positifs du libéralisme.

mercredi 30 septembre 2015

Cambadélis rejette Macron à la marge du PS

Macron est-il un hérétique à conduire au bûcher?

Le Parti socialiste "ne polémique pas avec un ministre d'ouverture"

Macron est ainsi devenu le Bachar al-Assad du gouvernement Valls...
A la tête du Parti socialiste, l'ex-trotskiste a trouvé le moyen de donner libre cours à sa violence naturelle. Jean-Christophe Cambadélis est devenu premier secrétaire du PS, mais est resté 'Kostas'. Rares sont ceux qui avaient pris  la juste mesure de sa brutalité rentrée quand, en plein hémicycle de l'Assemblée nationale, il avait menacé du poing Dominique de Villepin, alors Premier ministre (photo ci-contre), libérant sa haine anti-républicaine.      

C'est une habitude socialiste, à en croire la gifle de rappel à l'ordre que Manuel Valls (ci-contre à droite) appliqua à un "frondeur" qui contesta sa politique lors de l'université d'été du PS au début du mois. 

Les dernières déclarations du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ont déclenché une cabale. "C'est un ministre d'ouverture et le Parti socialiste ne polémique pas avec un ministre d'ouverture, a-t-il lâché, avec mépris. Ce qu'il dit ne nous engage pas et ce que nous pensons ne l'engage pas. On en restera là". Telle est la sentence de Cambadélis lors d'une conférence de presse. 

Macron,  paria du PS

Le patron de Solférino fait référence - injure suprême - aux ministres d'ouverture recrutés par Nicolas Sarkozy lors de son accession à l'Elysée en 2007. Des socialistes ou radicaux avaient déjà été bannis du parti vertueux de la tolérance et des libertés: Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirsch, classés à gauche, avaient ainsi participé au gouvernement Fillon I. Deux d'entre eux servent à nouveau le président Hollande, l'un à l'Elysée et l'autre à la direction générale de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris où il a décidé de réduire le nombre des hôpitaux, en sorte que Hollande puisse offrir 100 millions d'euros aux 'réfugiés' et au Programme d’aide alimentaire...

En clair, pour Cambadélis, Macron n'est donc pas de gauche. 
Un huissier doit contenir 'Kostas'
Lors du Monde Festival du dimanche 27 septembre 2015, l'hérétique du ministère de l'Economie s'est approprié le libéralisme comme "valeur de gauche", une réquisition jugée iconoclaste. "Il faut rénover la pensée profonde de la gauche, a martelé l'ancien banquier. J’ai rarement vu des gens aller au bout du bovarysme parlementaire", dénonçant l’inaction de ceux qui ne vont pas au bout de leurs souhaits de réforme. "… J’assume qu’il y ait un libéralisme. Le libéralisme est une valeur de gauche." Poussé à prouver qu’il ne s’est pas trompé de famille politique, le ministre s'est appliqué à convaincre les sceptiques de sa lutte contre les inégalités. Et de prendre en exemple l’ouverture des lignes d’autocars au transport des passagers : "On a rouvert de la mobilité, c’est une lutte contre l’inégalité." Manquent simplement les gares routières capables de les accueillir...

Macron a également estimé qu' être élu est "un cursus d'un ancien temps". Sur ce dernier point, il a été recadré par Manuel Valls. Le Premier ministre lui a rétorqué que l'expérience du terrain d'un élu est "irremplaçable". Dans un entretien avec le site internet MY-TF1, vendrediCambadélis avait déjà clamé que la formule de Martine Aubry - son " 'ras-le-bol' de Macron" (sic) - est partagé, y compris dans l'exécutif". 

Le calendrier et la question du référendum posés 

Et on vote bien: j'vous ai à l'oeil !
"Face à la droite et l'extrême droite, souhaitez-vous l'unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ?"  Telle est la question que le Parti socialiste (PS) posera les 16, 17 et 18 octobre. Problème de flou : le retrait de la précision "avant le premier tour", fait polémique. La mention qui faisait auparavant partie de l'interrogation a en effet été escamotée tant l'enjeu est grand pour Europe Ecologie-les Verts, les communistes et le Parti de gauche. 

Impuissant à rassembler la gauche pour les régionales, Kostas détourne l'attention
Le PS semble s'accommoder de la menace du  Front national donné premier par les sondages dans plusieurs régions. Depuis Mitterrand, le FN fait en effet florès sous la gauche. Jean-Christophe Cambadélis amuse donc la galerie en lançant l'idée d'un référendum, espérant forcer la main des appareils des partis. Il en a précisé les dates et la question hier mardi. Toute personne qui accepte de laisser son nom, son prénom et son adresse de courriel, pourra voter "oui" ou " non" par internet du vendredi 16 octobre au dimanche 18 octobre à 20 heures. Les votes physiques auront également lieu du 16 au 18, jusqu'à 18 heures. Un point de presse sera organisé dès le dimanche soir pour communiquer les résultats, qui seront -ou non- validés "dans les jours qui suivent" par la Haute autorité du PS.

En tenant ces propos,
Macron prépare-t-il son retour dans la fonction publique - devant un think tank, Emmanuel Macron a estimé que le statut des fonctionnaires à vie n'est plus "adéquat" - ou à la banque ? Si la fonction de ministre est une rente, ce n'est pas un statut à vie... 

lundi 28 juillet 2014

Montebourg donne des maux de tête aux pharmaciens aussi

Les pharmaciens dans le viseur de Bercy: 
et après, à qui le tour?

L'Inspection générale des Finances (IGF) préconise
 la fin du monopole des pharmaciens sur certains médicaments
indique le quotidien Les Echos révélant lundi un rapport sur les professions réglementées.

L'IGF recommande d'ouvrir à la concurrence la vente de médicaments dont la prescription est facultative (Doliprane, Spasfon, etc) et la vente de médicaments non remboursables (Nurofen, Humex, Fervex, etc), précisent Les Echos.
Visé, le chiffre d'affaires des pharmacies, environ 9% en moyenne pour ces deux types de médicaments, souligne le quotidien qui a eu accès à un nouveau chapitre confidentiel du rapport de l'IGF.

L'Inspection générale des Finances se justifie en soulignant que "les prix des médicaments non remboursables ont augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie depuis quinze ans (+3 % par an en moyenne entre 1998 et 2011)" -- une hausse visant à compenser la baisse des prix des médicaments remboursables, expliquent Les Echos.

Or, "ce rattrapage de marge est jugé parfois disproportionné par le rapport", pour lequel ouvrir la vente de certains médicaments aux supermarchés par exemple entraînerait une baisse des prix pour les consommateurs.

D'autres recommandations libérales

Citons la fin du numerus clausus pour les étudiants en pharmacie, l'ouverture du capital des officines à des investisseurs extérieurs, la liberté d'installation totale pour les pharmaciens.
Au 1er janvier 2013, les pharmaciens étaient 72.204, dont 31.074 exerçaient en libéral, selon la Cour des comptes. Les pharmaciens sont principalement rémunérés par la marge sur les médicaments.

Or, les modes de rémunération commencent à se diversifier avec l'introduction récente d'une rémunération à la performance et d'un honoraire de dispensation. Autant de mesures jusqu'ici impensables de la part d'un gouvernement socialiste et spécialement du fait d'un ministre de la gauche du PS.

Qui seront les professions suivantes?

Les 37 professions dans le collimateur de l'IGF sont protégées soit par des barrières à l'entrée (numerus clausus), soit par des tarifications réglementées, soit par les privilèges de certains actes. Dans le secteur juridique, sont cités les huissiers, les greffiers des tribunaux de commerce et les avocats qui seront traités comme  les salons de coiffure. 

Le ministre de l'Economie considère que ces professions "captent par leur position des revenus pour des services payés trop chers." Et pour rallier la population à sa cause, Montebourg assure qu' "ils entament le pouvoir d'achat des ménages". 
Nono Montebourg est avocat mais ne semble plus disposer à repasser la robe. 

lundi 14 juillet 2014

La politique de Hollande panique l'économiste Charles Gave

SOS: l'économie française va s'effondrer "dans les trimestres qui viennent" 

L'auteur met en garde contre le plan d'Arnaud Montebourg

Charles Gave est cet économiste libéral français qui avait eu un vrai succès d'estime avec un premier livre (Des lions menés par des ânes, éditions Robert Laffont, 2003). Dans cet essai, l'économiste prévoyait et annonçait la crise économique qui touche la France depuis quelques années et montrait à quel point nos entrepreneurs, "les lions", étaient critiqués, bridés, corsetés, assommés de charges, de réglementations et de taxes par "les ânes"qui nous gouvernent, issus pour la plupart d'une classe politique formée de fonctionnaires, de technocrates et d'apparatchiks notoirement incompétents.

Aujourd'hui, Charles Gave va beaucoup plus loin et nous annonce un inéluctable et prochain désastre : "En tant qu'économiste et homme d'affaires depuis quarante ans, je sais maintenant avec certitude que l'économie française va s'effondrer dans les trimestres qui viennent puisque
M. Montebourg va faire passer une loi pour la croissance, comme il avait promis de sauver la sidérurgie française." Dans une chronique du 7 juillet à l'Institut des libertés qu'il a créé et qu'il préside, il explique pourquoi il est arrivé à cette dramatique conclusion : l'économie, rappelle-t-il, ne peut croître et créer des emplois que "si le système légal permet le déroulement du processus de création destructrice", défini par Joseph Schumpeter au milieu du XXe siècle.

"Destruction créatrice"

Ce principe est bien connu depuis longtemps et a été mille fois vérifié. C'est ainsi que la nouvelle économie américaine, avec ses champions Microsoft, Oracle, Apple, Goggle et autres Amazon, s'est d'autant plus développée et d'autant plus vite que les meilleurs cerveaux, les plus dynamiques collaborateurs et les plus grands investisseurs ont abandonné la vieille économie pour miser sur l'avenir. En France, Arnaud
Montebourg est tellement fier de pouvoir relever les sauvetages de Fagor-Brandt, Mory Ducros ou Ascométal, qu'il en fait les symboles du "retour en force de l'État dans l'économie". Gave est très clair à ce sujet : en France, note-t-il, "la quasi-totalité des lois portant sur des domaines économiques visent à empêcher cette destruction créatrice, ce qui revient immédiatement à empêcher toute création, c'est-à-dire toute croissance". La plupart des secteurs "dans lesquels nous pourrions générer de la croissance, comme les transports, les médias, la culture ou la santé, sont sous le contrôle de l'État, c'est-à-dire sous le contrôle de la CGT", ajoute-t-il.

Georges Marchais, PCF, avril 1981
Et c'est bien là
le problème que pose le ministre de l'Économie quand il lance le 10 juillet à Bercy, dans une mise en scène théâtrale avec effets de manche et tam-tam médiatique, "la feuille de route du redressement économique de la France" basée sur les poncifs les plus rétrogrades du siècle dernier : le patriotisme économique ("il nous faut des patrons patriotes"), l'antimondialisation ("être plus forts dans la compétition mondiale face à la mondialisation déloyale"), l'antilibéralisme ("non au modèle anglo-saxon libéral, oui au modèle entrepreneurial solidaire"), et l'interventionnisme étatique "qui permet à l'État de protéger et de défendre la souveraineté de nos entreprises".

"Mon tambour"

Et le matamore de Saône-et-Loire, surnommé "mon tambour" dans sa région d'élection, d'annoncer sans mollir que son "décret Alstom" du 14 mai 2014 va servir "dans certains secteurs sensibles comme l'eau, la santé, la défense nationale, l'industrie du jeu, les transports, l'énergie et les télécommunications". L'industrie du jeu, un secteur sensible à protéger... Et pourquoi pas l'industrie du carambar ou du scoubidou qui pourraient aussi avoir besoin de protection ? On croit rêver! Ce Montebourg ressemble à un enfant qui joue avec un train électrique qu'on lui a offert pour Noël ! Le ministre qui vient de coûter un milliard et demi d'euros à la France en vendant des actions de l'État dans GDF pour acheter des actions de Bouygues dans Alstom croit-il vraiment à ce qu'il déclame à longueur de discours? Prend-il ses délires pour des réalités? Hélas, il semblerait que oui. 

Pour clôturer le tout, pendant son one man show à Bercy, tant qu'il y était, il s'est aussi offert une sortie contre l'Euro et contre "l'incompétence, le dogmatisme et peut-être l'aveuglement idéologique de dirigeants européens", sans compter un paragraphe bien senti d'antiaméricanisme primaire et même secondaire ! On se serait cru revenir trente-cinq ans en arrière, pendant la campagne électorale des socialistes pour l'élection présidentielle de François Mitterrand en 1981! Charles Gave, évidemment, sait bien de quel bois, rouge, est fait Arnaud Montebourg qui se battra jusqu'au sang - celui des autres, bien sûr - contre la loi du marché et finira, si on le laisse faire, par "réussir aussi bien que Castro ou Chávez", car, ajoute-t-il, "il n'y a pas un seul exemple dans l'histoire d'une économie gérée par un État qui ne se soit conclu autrement que par la faillite et la tyrannie." 

 Ch.Paul (député de la Nièvre, gauche du PS)
et Montebourg en reine d'Angleterre
au Mont Beuvray
Gave a toujours écrit et parlé cash et, plus que jamais, devant le cyclone économique qu'il nous annonce si on laisse faire Montebourg, cyclone qui aura donc été initié par nos gouvernants eux-mêmes, il tient à rappeler les lois fondamentales de l'économie et particulièrement celle-ci: plus le poids de l'État augmente, plus la croissance économique diminue et plus les chômeurs s'ajoutent aux chômeurs. Il prend note d'un phénomène unique dans le monde développé: "Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, écrit-il, il n'y a pas un seul membre du gouvernement qui ait la moindre expérience du secteur privé. Tous les membres du gouvernement ont toujours été payés par nos impôts et jamais par un client." 
Charles Gave termine sa chronique à l'Institut des libertés par un bien triste constat : "Notre pays qui devrait être le plus riche du monde, compte tenu de ses avantages naturels et de la qualité de sa force de travail, est en train de s'appauvrir à vue d'oeil. Les entrepreneurs français sont comme le Tiers État en 1789. Ils portent sur leur dos la noblesse (le système politique) et le clergé (le système syndical) et la France en crève. Elle est sur le chemin de l'Argentine. Rien ne peut empêcher un pays de se suicider. Nous sommes sur la bonne voie."