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mardi 18 septembre 2018

La réforme Macron de la santé publique provoque des malaises

Les prescriptions de Macron : rallonge budgétaire et fin du numerus clausus



Urgences "engorgées", psychiatrie "en crise", étudiants en médecine "qui souffrent". 

Après les diagnostics alarmants posés ces derniers mois, l'exécutif délivre enfin son ordonnance pour remettre sur pied le système de santé. Emmanuel Macron présente mardi une réforme baptisée "Ma santé 2022"  avec un coup de pouce de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022 et la suppression du numerus clausus en 2020, censés renforcer l'offre de soins.

Moins d'une semaine après le plan pauvreté, cet acte II de la rentrée sociale du président de la République comporte une cinquantaine de mesures, dont la suppression de l'emblématique numerus clausus et de la première année commune aux études de santé (Paces) : il était trop sélectif et inadapté, selon ses détracteurs, mais garant d'une médecine de qualité contre la formation au rabais proposée par Buzyn. 
Le redoutable concours qui a traumatisé des générations d'étudiants en santé, ainsi que les quotas de places en médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique (sages-femmes), auront disparu en 2020. Des passerelles permettront même à des docteurs en ...philosophie déconnecté de la vie de procéder à des actes médicaux censés tromper la mort.

"Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de sélection, certifie la ministre rigolarde, mais qu'on va revenir dans le droit commun", a indiqué l'Elysée, qui veut "qu'il y ait plus de médecins qui soient formés demain". Les étudiants qui n'avaient pas le niveau jusqu'ici pourront désormais se maintenir dans leur cycle d'études.

La disparition de certains contrôles et la certification du niveau requis prennent du temps.
Le symbole est fort, mais ne produira ses effets qu'à long terme. Dans l'immédiat, l'exécutif veut "regagner du temps médical" et va injecter des millions pour y parvenir à marche forcée. 

Les crédits de l'assurance maladie augmenteront ainsi de 2,5% l'an prochain (au lieu des 2,3% prévus), soit près de 400 millions d'euros supplémentaires.

Le plan global sera doté d'un budget de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022, a indiqué le ministère de la Santé.
Dans le détail, des crédits de près d'1,6 milliard d'euros seront consacrés à "la structuration des soins dans les territoires", 920 millions à l'investissement hospitalier, 500 millions à la "transformation numérique" et 420 millions à "l'évolution des métiers et des formations".

Une rallonge qui financera notamment la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux" bivalents, censés "décharger" les médecins à la fois des tâches administratives et de certains "actes simples, comme une prise de tension ou de température".
En contrepartie, les praticiens devront exercer en groupe (en centre médical, par exemple, ou en pool de cabinets médicaux) ou au sein d'une équipe de soins, mais aussi accepter de nouveaux patients (de nombreux spécialistes les refusent au prétexte qu'ils vont prendre leur retraite sans date) et assurer des consultations sans rendez-vous en journée.

Des "hôpitaux de proximité" labellisés
Résultat de recherche d'images pour "Emmanuel Macron à l'hôpital de Rouen en avril 2018"
 Visite sous tension de Macron
au CHU de Rouen (avril 2018) 
"Notre logique, c'est de les inciter tellement qu'ils n'auront plus le choix", a expliqué l'entourage du chef de l'Etat.

Dans la même veine, 400 postes de médecins salariés seront créés dans les déserts médicaux "pour permettre aux patients d'accéder à une consultation généraliste".

Du côté des hôpitaux, l'accent serait mis sur la ...qualité des soins. 
Une promesse douteuse du gouvernement qui vise d'abord et avant tout à prospecter de nouveaux gisements d'économies des actes "inutiles", favorisés par la très décriée "tarification à l'activité" (T2A).
Dès 2019, pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, de nouveaux financements seront mis en oeuvre faisant obligation hôpitaux et professionnels de santé libéraux à se coordonner et à partager une rémunération forfaitaire. 

"Parfois, bien faire, c'est ne pas faire un acte", a assuré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui précise que "ce sont les professionnels qui vont définir la qualité" et les futurs "parcours de soins".

Son ministère va par ailleurs rebattre la carte hospitalière, pour "organiser une vraie gradation [administrative] des soins". Un corset pour tous.

Un statut d'hôpital "de proximité" sera créé par une loi en 2019, par déclassement de certains de touts qui ne sont pas des CHU. "On va labelliser entre 500 et 600 hôpitaux de proximité qui auront vraiment des missions dédiées à la proximité", a expliqué Agnès Buzyn sur RMC/BFMTV, citant ses cibles : la "médecine polyvalente, la médecine générale, la gériatrie, les soins de suite".

"On va demander aux médecins de ville et aux hôpitaux de proximité de travailler ensemble", a-t-elle ajouté, soulignant que la France est "le seul pays où il y a une telle différence entre la médecine hospitalière et la médecine de ville". En s'alignant sur l'étranger, tel le Royaume-Uni ou le Portugal, le système de santé français cessera ainsi d'être une référence européenne.

Les blocs chirurgicaux et les maternités seront regroupés dans les plus gros établissements pour leur assurer une activité plus importante, gage de sécurité pour les patients, mais promesse de déshumanisation.
"Cela pourra passer par des fermetures d'activités dans certains cas", a reconnu l'Elysée, assurant sereinement que "rien ne se perd, tout se transforme". Macron "assume" !

mardi 9 août 2016

Surpopulation carcérale : le triste bilan de Taubira à la Justice

Le bilan des années Taubira fait débat

Les peines alternatives à l’enfermement qu'elle a défendues pour désengorger les prisons ont-elles encore de l’avenir ?

Les idées de l’ancienne ministre démissionnaire de la Justice font polémique au regard de leurs conséquences en période de terrorisme islamiste. Le premier ministre paraît avoir tranché lundi en vantant les qualités de son successeur, Jean-Jacques Urvoas, un proche de Manuel Valls  lequel a annonçé pour l’automne un plan "spécifique, concret, précis" et surtout "financé" pour le parc pénitentiaire. "Le gouvernement agit, a-t-il martelé, en réponse aux murmures de passivité, et tout particulièrement depuis que Jean-Jacques Urvoas est garde des Sceaux", a assuré le premier ministre à Nîmes, taclant clairement Christiane Taubira. 

Il se trouve pourtant des partisans de la ministre pour positiver

Qui a dit "cabinets ministériels 
blancs" ?
"A quelques jours des deux ans de la loi Taubira qui promeut les alternatives à l’enfermement", certains construisent la légende de son passage Place Vendôme: "résoudre la surpopulation carcérale par la seule création de places de prison est une gageure", assure le quotidien économique du groupe LVMH, Les Echos. 
"On ne mettra pas fin à la surpopulation carcérale seulement en ouvrant de nouveaux lieux de détention, mais aussi en mettant fin à l’excès d’incarcérations", estime encore La Croix (marqué par la direction de l'ancien directeur de la rédaction du journal Le Monde) dans son éditorial signé Dominique Greiner. 
Sous influence de l'AFP, Sud-Ouest défend expressément les projets de "l’ancienne garde des Sceaux (qui) plaidait à juste titre pour une extension des peines de substitution. Mais celles-ci coûtent aussi de l’argent et, dans ce climat post-attentats [à moins que nous ne soyons encore dedans...], l’opinion française est plus tentée par les mesures d’enfermement", admet Christophe Lucet, éditorialiste de politique... étrangère.
Jean-Louis Hervois plaide dans La Charente libre (appartenant au groupe de presse précédent) pour "limiter la détention préventive et favoriser les alternatives à la prison plutôt que durcir des sanctions qui ne répondent qu’à nos peurs". 

L'idéologie à l'épreuve de la réalité

"Des mots et des promesses. Comme toujours", déplore l'observateur vigilant et échaudé Yves Thréard dans Le Figaro, qui fait valoir que quatre années ont été "perdues", "quatre années marquées par le fiasco de la politique de Christiane Taubira".
  
"Tragique erreur": A la différence des tenants de la pensée unique que n'ébranlent pas même les drames ni la légèreté ombrageuse du ministère de l'Intérieur, "il est vrai que la tragique erreur commise au bénéfice d’un des tueurs du père Hamel, en liberté conditionnelle [et sous bracelet électronique], ne favorise guère la promotion des peines alternatives", estime Bernard Maillard dans Le Républicain lorrain, confronté à des difficultés financières, aux destructions d'emplois et à la montée du FN. 
"Dans une société où la violence ne recule pas, les citoyens attendent des réponses humaines mais fortes et fermes afin que la prison conserve un effet dissuasif et soit un vrai vecteur de sanction", insiste Hervé Chabaud dans L’Union/L’Ardennais. 
"Faute d’une politique résolue et expliquée à la population, le problème s’aggrave d’année en année. Pour notre honte… et notre insécurité !", prévient l’écrivain Jean-François Bouthors dans les colonnes du premier quotidien français en termes de diffusion, Ouest-France, détenu à 100 % par une association loi 1901 et soumis à l'Etat, comme le démontrent les résultats des élections, alors que l'économie de la Bretagne, notamment agro-alimentaire (porc et volaille) est en souffrance. 

Le 1er juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un
nouveau record avec 69.375 personnes incarcérées pour 58.311 places.
Valls est donc allé faire de la comm' en passant à Nîmes sur la route des vacances.

Au-delà des effets d'annonce de Valls, Hollande ne change rien

Alors que les prisons sont des "cocottes-minutes", la contrôleure des prisons continue de plaider pour des alternatives à l'incarcération et un numerus clausus départemental. Créer de nouvelles places en prison n'est pas la solution magique pour résoudre la question de la surpopulation carcérale, réaffirme la contrôleure général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, une créature de Taubira...
Les électeurs de cette proche de Martine Aubry ne l'ont pas gardée en otage au parlement européen et ils l'ont également libérée de la mairie de Reims en 2014. Circule-t-elle depuis sous bracelet électronique? 
Juste un dernier détail Adeline Hazan a été présidente du Syndicat de la magistrature, (SM) de 1986 à 1989. Celui des "juges rouges": une surprise, de la part de Taubira ?


mardi 30 septembre 2014

Contre la réforme gouvernementale, les professions libérales manifestent leur colère dans la rue

Pharmaciens, huissiers, notaires, médecins, Hollande les met tous en colère

Les professions libérales étaient appelées à la grève 
pour protester contre le projet gouvernemental de réforme des professions réglementées. 

L'Union nationale des professions libérales (UNAPL), à l'origine de cet appel à une "journée sans professionnels libéraux", avait prédit une "très forte" participation mardi 30 septembre.
A Paris, les organisations de professionnels de la santé appelaient à un rassemblement des pharmaciens à 12h30 devant le Sénat, puis devant le ministère de l'Economie à 14 h 30. C'est un cortège de plusieurs milliers de personnes qui est parti en fin de matinée des Invalides pour rejoindre rejoindre le palais du Luxembourg. La foule s'est ensuite dirigée vers Bercy, où elle a rejoint un cortège de médecins, de dentistes et de biologistes.

D'autres rassemblements prévus dans toute la France "à l'initiative des syndicats" ont eu lieu dans une vingtaine de villes, dont Marseille, Bordeaux ou Toulouse. Dans la ville rose, ils étaient plusieurs centaines à la mi-journée devant la préfecture, brandissant des pancartes "la santé, c'est un métier. Mais ce n'est ni rentier ni épicier". Ils pointaient les grande distribution, notamment les magasins Leclerc dont le lobbying est très actif sur ce gouvernement de gauche.

Des professions dans le viseur du projet de loi "pour la croissance" 

Proposé à l'origine par l'ex-ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, début juillet et attendu en octobre, ce plan doit inclure un volet ciblant trente-sept professions dites "réglementées". Son objectif, selon l'ancien locataire de Bercy, serait de "restituer l'équivalent de 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français" probablement détournés par les professions libérales. Des propos intolérables, mais aussi une promesse populiste dont le chiffrage prête à caution.

Le projet comporte plusieurs mesures qui agressent les professions médicales.
Pour les pharmaciens, l'ouverture du capital des sociétés d'exercice libéral (SEL) et l'arrivée d'actionnaires non professionnels dans les officines sont "inacceptables", comme le souligne Michel Chassang, le président de l'UNAPL. 

La marchandisation de la profession aurait des conséquences sur la qualité des services rendus. La gauche parle de ...libéralisation du marché des médicaments et ce soudain engouement est ressenti comme une provocation. 

La suppression du numerus clausus envisagée est un autre sujet de mécontentement. Il limite actuellement le nombre d'étudiants en médecine, en pharmacie, en chirurgie dentaire et en kinésithérapie mais, loin de renforcer le maillage du territoire, cet abandon a pour objectif d'étendre aux grandes surfaces la vente des médicaments en la concentrant dans les grandes villes au détriment des villages.


Hollande ne répugne pas à des "économies douloureuses" sur la santé

Son impopularité a fait reculer le ministre de l'Economie. Emmanuel Macron a assuré que la réforme serait  repoussée à 2015 et serait limitée à de "petits déblocages". 

S'exprimant mardi 30 septembre à la mi-journée,  
François Hollande a néanmoins eu le cynisme de déclarer que "les économies, forcément, sont douloureuses".
Ce fils de médecin et actionnaire de clinique privée se garde de tenir ce discours à l'encontre des fonctionnaires, mais a ajouté : "Il n'y a aucun secteur qui peut accepter de voir un certain nombre de ses habitudes, parfois de ses financements, être remis en cause." 
Le président de la République a enfin ouvert les hostilités. "Si vous n'entendez pas crier, c'est que nous ne faisons pas d'économies. Donc, vous voyez, vous entendez." 

Le Premier ministre Manuel Valls a pris le parti des petites officines contre les grandes, ajoutant ainsi à la fracture entre les Français.

Le 15 septembre, les notaires et les huissiers avaient pris la tête de la fronde des libéraux

pour une première journée d'action. 

C'est en grand nombre qu'ils ont dit non à un projet de loi synonyme de "casse sociale" et de "justice privée". Des professions agressées, le journal socialiste Le Monde écrit qu'elles "s'époumonaient" sur la place du palais du Justice de Paris, mais l'aurait-il osé à propos de la CGT ou de la CFDT ? Ces Français menacés, d'ordinaire peu enclins à la révolte, ont sifflé et conspué le nom du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, réputé être le plus chaud partisan de cette réforme des professions réglementées.
En très grande difficultés, les architectes tenteront de faire entendre leur voix.

Aujourd'hui, 87% (quatre-vingt sept pour cent, en toutes lettres par Le Monde, ppour moins de lisibilité !) des officines en moyenne sont fermées ce mardi, informe le Conseil de l'ordre des pharmaciens. 
Dix pour cent des pharmacies sont réquisitionnées toute la journée pour assurer l'assistance d'urgence aux patients, comme à ceux qui n'ont pas pris leurs précautions, et pour éviter une instrumentalisation des mécontents.

On admettra volontiers que
ces professions ne se sont encore jamais distinguées par des grèves reconduites chaque mois pendant des mois comme ce fut le cas à l'instigation de la FSU... 


lundi 28 juillet 2014

Montebourg donne des maux de tête aux pharmaciens aussi

Les pharmaciens dans le viseur de Bercy: 
et après, à qui le tour?

L'Inspection générale des Finances (IGF) préconise
 la fin du monopole des pharmaciens sur certains médicaments
, 
indique le quotidien Les Echos révélant lundi un rapport sur les professions réglementées.

L'IGF recommande d'ouvrir à la concurrence la vente de médicaments dont la prescription est facultative (Doliprane, Spasfon, etc) et la vente de médicaments non remboursables (Nurofen, Humex, Fervex, etc), précisent Les Echos.
Visé, le chiffre d'affaires des pharmacies, environ 9% en moyenne pour ces deux types de médicaments, souligne le quotidien qui a eu accès à un nouveau chapitre confidentiel du rapport de l'IGF.

L'Inspection générale des Finances se justifie en soulignant que "les prix des médicaments non remboursables ont augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie depuis quinze ans (+3 % par an en moyenne entre 1998 et 2011)" -- une hausse visant à compenser la baisse des prix des médicaments remboursables, expliquent Les Echos.

Or, "ce rattrapage de marge est jugé parfois disproportionné par le rapport", pour lequel ouvrir la vente de certains médicaments aux supermarchés par exemple entraînerait une baisse des prix pour les consommateurs.

D'autres recommandations libérales

Citons la fin du numerus clausus pour les étudiants en pharmacie, l'ouverture du capital des officines à des investisseurs extérieurs, la liberté d'installation totale pour les pharmaciens.
Au 1er janvier 2013, les pharmaciens étaient 72.204, dont 31.074 exerçaient en libéral, selon la Cour des comptes. Les pharmaciens sont principalement rémunérés par la marge sur les médicaments.

Or, les modes de rémunération commencent à se diversifier avec l'introduction récente d'une rémunération à la performance et d'un honoraire de dispensation. Autant de mesures jusqu'ici impensables de la part d'un gouvernement socialiste et spécialement du fait d'un ministre de la gauche du PS.

Qui seront les professions suivantes?

Les 37 professions dans le collimateur de l'IGF sont protégées soit par des barrières à l'entrée (numerus clausus), soit par des tarifications réglementées, soit par les privilèges de certains actes. Dans le secteur juridique, sont cités les huissiers, les greffiers des tribunaux de commerce et les avocats qui seront traités comme  les salons de coiffure. 

Le ministre de l'Economie considère que ces professions "captent par leur position des revenus pour des services payés trop chers." Et pour rallier la population à sa cause, Montebourg assure qu' "ils entament le pouvoir d'achat des ménages". 
Nono Montebourg est avocat mais ne semble plus disposer à repasser la robe.