POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est détention préventive. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est détention préventive. Afficher tous les articles

lundi 14 janvier 2019

Des vidéos de gens du voyage appelant à des violences, signalées au Parquet de Paris

Des gens du voyage appelaient à "bloquer Paris"

Des membres de la communauté des gens du voyage incitaient à se rendre en nombre à Paris, pour l'acte 9 des Gilets jaunes

L'une des photos de caravanes sortie de son contexte.


Après que l'ex-boxeur a riposté à des policiers en nombre insuffisant sur la passerelle Senghor, à Paris le 5 janvier, et qu'il a été placé en garde à vue, des gens du voyage ont appelé à des représailles contre les autorités. Dans ces vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, ils ont appelé notamment à ne pas ménager les forces de l'ordre
Au-delà de ce soutien, certains lancent un appel à la communauté des gens du voyage à venir grossir les rangs des "gilets jaunes". "J'appelle tous les gitans, manouches, voyageurs, avec les camions, les semi-remorques... On bloque tout à Paris, on ferme Paris ! Personne ne rentre, personne ne sort", appelle par exemple un homme dans une vidéo filmée dans sa voiture.
Alors que Christophe Dettinger a été placé mercredi soir en détention provisoire malgré ses mots de repentance sur Facebook et dans l’attente de son procès le 13 février, des membres de la communauté des gens du voyage menaçaient de venir en nombre à Paris, ce samedi, en soutien à celui qu'ils surnomment le "gitan de Massy".

Plusieurs vidéos circulent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. 
Se  fondant sur l'article 40 du code pénal - qui oblige toute autorité constatant un délit à en avertir le procureur - trois d'entre elles ont été signalées par le préfet de police au Parquet de Paris entre mercredi et ce jeudi, parce qu'elles mettaient en scène des membres de la communauté des gens du voyage appelant à se rendre à Paris ce samedi, a appris BFMTV, de source no communiquée.

Des photos partagées sur les réseaux sociaux montrent des files de caravanes attribuées à des gens du voyage en route vers Paris
pour 'l'acte 9' des "gilets jaunes."
Un coup de bluff par des gens du voyage : ils utilisent en effet des photos prises il y a plusieurs années (ci-dessus), alors qu'aucune mobilisation de ce type n'est observée à ce stade.

Macron et Castaner, objets de menaces

Dans une vidéo publiée sur la page Facebook "Gilet jaune pour le peuple par le peuple", un membre de la communauté des gens du voyage a notamment adressé mercredi soir un message à Emmanuel Macron et à Christophe Castaner:
"Nous aussi on est gilets jaunes, mais jusqu’ici on s’est fait tout petits. Sauf que nous, on ne sait pas faire dans la manifestation pacifique. Le gitan que tu as mis en prison, il en a marre comme nous. Je vais te dire une chose: vendredi, si le gitan de Massy, il est pas dehors, tu vas avoir affaire à nous, spécialement tes CRS et tes policiers. On va aller les chercher et ensuite c’est toi qu’on viendra chercher".
"Macron je vais te dire quelque chose : les gitans c'est comme les braises. Quand tu as une braise bouillante et que tu souffles dessus, ça ravive une flamme. Cette flamme, c'est le peuple voyageur. "En fait, t'as soufflé sur l'un de chez nous. Tu attises la flamme et là c'est tout le peuple gitan qui va se réveiller", lance un autre internaute.
Certaines déclarations particulièrement virulentes ont été condamnées par le maire PS du Mans, Stéphane Le Foll, qui a déclaré : "Ces propos sont inadmissibles. (...) Ils devraient être sanctionnés".
Appel au calme du forain Marcel Campion aux gens du voyage
LCI présente ces vidéos d'appel sur les réseaux sociaux comme l'émanation d' "une poignée d'individus se présentant comme membre de la communauté des gens du voyage", jetant ainsi le doute sur l'authenticité de l'appartenance de leurs auteurs à la communauté des gens du voyage. Si l'influence de cette tentative de mobilisation était difficile à évaluer avant samedi, elle a en tout cas été prise au sérieux par les autorités.

Le préfet de police Michel Delpuech a en effet effectué deux signalements mercredi 9 janvier, et un autre le lendemain, auprès du Parquet de Paris,  mettant en cause "des vidéos faites par [des] gens du voyage, qui incitent à en découdre à Paris" en marge des manifestations des Gilets jaunes, selon une source policière. Dans l'une d'entre elles, un homme se présentant comme un gitan avertit par exemple le gouvernement en cas d’incarcération de Christophe Dettinger : 
"C’est un boxeur. Et alors ? On est tous boxeurs chez nous. Je l’ai connu ce garçon-là du côté de Massy. Alors si vous voulez la révolution, prenez ce garçon et on vous fera une guerre, et tous dans toute la France. Tout le peuple gitan de la France !"
Un autre s'en prend directement au chef de l'Etat : "du haut de ton piédestal, on va te faire redescendre.
Tu as attisé la haine, Macron. Ça va être autre chose, là, on va te faire du dégât, et du grabuge". 
"Une condamnation sans réserve de toute forme de violence"
Plusieurs autres vidéos non signalées circulaient ces dernières heures sur les réseaux sociaux. De telles incitations à la violence peuvent-elles avoir un impact sur la mobilisation du week-end ? s'interrogent les autorités. 
Une réunion, qui s'est déroulée dans la matinée du jeudi 10 janvier à la préfecture de police avec les maires d'arrondissements, a été l'occasion d'évoquer l'éventuelle présence de membres de la communauté des gens du voyage. 

Mais certains de leurs représentants ont pris publiquement leur distance avec une telle réaction.
Dans un communiqué publié le même jour, l'Union pour la défense active des forains (UDAF), France Liberté Voyage et la Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes et les Gens du voyage (FNASAT) ont voulu rappeler leur attachement à "la liberté d'expression et au droit de manifester librement." Mais aussi, de manière ambiguë, "condamner sans réserve toute forme de violence," d'où qu'elle vienne. 

De même, le porte-parole des forains, Marcel Campion, a appelé les "gitans au calme," tout en regrettant indiquant qu'il ne "lâchera" pas Christophe Dettinger.

mardi 9 août 2016

Surpopulation carcérale : le triste bilan de Taubira à la Justice

Le bilan des années Taubira fait débat

Les peines alternatives à l’enfermement qu'elle a défendues pour désengorger les prisons ont-elles encore de l’avenir ?

Les idées de l’ancienne ministre démissionnaire de la Justice font polémique au regard de leurs conséquences en période de terrorisme islamiste. Le premier ministre paraît avoir tranché lundi en vantant les qualités de son successeur, Jean-Jacques Urvoas, un proche de Manuel Valls  lequel a annonçé pour l’automne un plan "spécifique, concret, précis" et surtout "financé" pour le parc pénitentiaire. "Le gouvernement agit, a-t-il martelé, en réponse aux murmures de passivité, et tout particulièrement depuis que Jean-Jacques Urvoas est garde des Sceaux", a assuré le premier ministre à Nîmes, taclant clairement Christiane Taubira. 

Il se trouve pourtant des partisans de la ministre pour positiver

Qui a dit "cabinets ministériels 
blancs" ?
"A quelques jours des deux ans de la loi Taubira qui promeut les alternatives à l’enfermement", certains construisent la légende de son passage Place Vendôme: "résoudre la surpopulation carcérale par la seule création de places de prison est une gageure", assure le quotidien économique du groupe LVMH, Les Echos
"On ne mettra pas fin à la surpopulation carcérale seulement en ouvrant de nouveaux lieux de détention, mais aussi en mettant fin à l’excès d’incarcérations", estime encore La Croix (marqué par la direction de l'ancien directeur de la rédaction du journal Le Monde) dans son éditorial signé Dominique Greiner. 
Sous influence de l'AFP, Sud-Ouest défend expressément les projets de "l’ancienne garde des Sceaux (qui) plaidait à juste titre pour une extension des peines de substitution. Mais celles-ci coûtent aussi de l’argent et, dans ce climat post-attentats [à moins que nous ne soyons encore dedans...], l’opinion française est plus tentée par les mesures d’enfermement", admet Christophe Lucet, éditorialiste de politique... étrangère.
Jean-Louis Hervois plaide dans La Charente libre (appartenant au groupe de presse précédent) pour "limiter la détention préventive et favoriser les alternatives à la prison plutôt que durcir des sanctions qui ne répondent qu’à nos peurs". 

L'idéologie à l'épreuve de la réalité

"Des mots et des promesses. Comme toujours", déplore l'observateur vigilant et échaudé Yves Thréard dans Le Figaro, qui fait valoir que quatre années ont été "perdues", "quatre années marquées par le fiasco de la politique de Christiane Taubira".
  
"Tragique erreur": A la différence des tenants de la pensée unique que n'ébranlent pas même les drames ni la légèreté ombrageuse du ministère de l'Intérieur, "il est vrai que la tragique erreur commise au bénéfice d’un des tueurs du père Hamel, en liberté conditionnelle [et sous bracelet électronique], ne favorise guère la promotion des peines alternatives", estime Bernard Maillard dans Le Républicain lorrain, confronté à des difficultés financières, aux destructions d'emplois et à la montée du FN. 
"Dans une société où la violence ne recule pas, les citoyens attendent des réponses humaines mais fortes et fermes afin que la prison conserve un effet dissuasif et soit un vrai vecteur de sanction", insiste Hervé Chabaud dans L’Union/L’Ardennais
"Faute d’une politique résolue et expliquée à la population, le problème s’aggrave d’année en année. Pour notre honte… et notre insécurité !", prévient l’écrivain Jean-François Bouthors dans les colonnes du premier quotidien français en termes de diffusion, Ouest-France, détenu à 100 % par une association loi 1901 et soumis à l'Etat, comme le démontrent les résultats des élections, alors que l'économie de la Bretagne, notamment agro-alimentaire (porc et volaille) est en souffrance. 

Le 1er juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un
nouveau record avec 69.375 personnes incarcérées pour 58.311 places.
Valls est donc allé faire de la comm' en passant à Nîmes sur la route des vacances.

Au-delà des effets d'annonce de Valls, Hollande ne change rien

Alors que les prisons sont des "cocottes-minutes", la contrôleure des prisons continue de plaider pour des alternatives à l'incarcération et un numerus clausus départemental. Créer de nouvelles places en prison n'est pas la solution magique pour résoudre la question de la surpopulation carcérale, réaffirme la contrôleure général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, une créature de Taubira...
Les électeurs de cette proche de Martine Aubry ne l'ont pas gardée en otage au parlement européen et ils l'ont également libérée de la mairie de Reims en 2014. Circule-t-elle depuis sous bracelet électronique? 
Juste un dernier détail Adeline Hazan a été présidente du Syndicat de la magistrature, (SM) de 1986 à 1989. Celui des "juges rouges": une surprise, de la part de Taubira ?