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dimanche 6 novembre 2016

Présidentielle: Montebourg tombe sous le charme discret du libéralisme

Le candidat socialiste esquisse un programme libéral

Montebourg a tenté de mordre le couloir voisin du sien, l'Economie et de l'Europe
Arnaud Montebourg à Paris, le 5 novembre 2016.
Arnaud Montebourg à Paris, le 5 novembre 2016


Le candidat socialiste à la primaire à gauche s'est mis à 'l'innovation', à la recherche du positionnement politique adéquat, en attendant Godot Hollande.

"Ca vous a plu ce vent de liberté qui souffle sur Arnaud Montebourg ?" s'inquiète le premier lieutenant du candidat socialiste à la primaire, Francois Kalfon, anxieux directeur de campagne de Montebourg, à l'issue d'une heure de discours en conclusion de ses 'Etats généraux du Projet France', ce samedi soir dans une petite salle du 11e arrondissement de Paris. Il a en effet présenté autre chose que son triptyque 'Europe, Economie, Institutions' ressassé depuis son départ du gouvernement, en août 2014.

Ministre convertible en Monsieur Meuble

Suite à sa démission du gouvernement, il a mis à profit son carnet d'adresses pour aller d'activité en activité, à chaque fois médiatisée. 
Après avoir pris des cours d'entrepreneuriat comme boursier à l'Insead, école de commerce basée à Fontainebleau, il avait annoncé le montage de sa propre entreprise "Les équipes du Made in France", dotée de 100.000 euros et dont il est président actionnaire. 
Puis, il s'est rendu aux États-Unis pour y donner des conférences de macro-économie. Il a enfin trouvé du boulot à Habitat comme vice-président non salarié, seulement bénéficiaire d'"une indemnité, comme les cinq autres membres du conseil de surveillance", selon la direction de l'entreprise française d'origine britannique. "Je veux tenter dans le privé ce que je n'ai pas réussi dans le public, tout en gardant l'esprit d'audace créative que j'ai essayé d'insuffler lorsque j'étais ministre", raconta-t-il.
L’ex-ministre de Hollande esquisse son libéralisme à la Montebourg,

Le "gommeux" a fait sortir
un livre de plus
parlant de "libérer l’innovation dans notre pays", d’"organiser la libération des Français", de "libérer les Français de la pensée unique oppressante, régressive et malhonnête: Le TINA: There Is No Alternative", slogan politique communément attribué la Dame de fer, à Margaret Thatcher et qui caractérise l'ordre mondial actuel abhorré des altermondialistes, décrit comme le troisième pouvoir totalitaire, après le bolchevisme et le nazisme.
Cette référence au premier ministre conservateur britannique évoque le marché, le capitalisme et la mondialisation en tant que phénomènes nécessaires et bénéfiques et la certitude que tout régime qui suit une autre voie court à l'échec.
Nono célèbre le mariage de la carpe et du lapin

On avait jusqu'ici plutôt tendance à entendre un Montebourg "colbertiste" (mercantilisme du XVIIe siècle appuyé sur l'Etat, version étatiste opposée à la version Macron), "gaulliste social" (comme François Fillon ou Nicolas Dupont-Aignan),
héraut du 'Made in France' qui s'offre une montre... suisse (ci-contre) et non autant porté sur l’innovation et la modernité comme ce samedi, devant 800 personnes selon son entourage n'est pas de la police...

L'ex-ministre a ainsi tenté une définition d’un libéralisme à sa façon. "Non, répond l’ex-ministre du Redressement (im)productif après son discours.

 La liberté n’est pas celle du renard dans le poulailler mais celle qu’on peut construire au côté d’un Etat protecteur". 

Ce libéralisme-là n’a donc rien à voir avec celui d’Emmanuel Macron, son successeur à Bercy et possible futur adversaire à l’élection présidentielle. Un Macron que l'ex-Monsieur de Labriffe a placé dans son coeur de cible : les 'oliguénarques', contraction d’oligarques et énarques, membres de "nouvelles féodalités" et d’une "nouvelle catégorie professionnelle" détenant, dit-il, des "monopoles" politiques et économiques auxquelles les "couches nouvelles qui veulent accéder au pouvoir" doivent absolument " mettre fin".

Plus de tertiaire dans nos campagnes

"On peut être pour un Etat puissant et pour que la société soit forte, libre, créative et capable d’exercer le pouvoir", martèle Montebourg. Ça donne un candidat qui va défendre l’économie collaborative. Montebourg cite ainsi les sites de crowdfunding, ou BlaBlaCar et AirBnB (et non 'NBnB', comme dit le novateur à la tribune), "libératrice d’un certain nombre de rentes, de monopoles", un "outil de libération des Français", mais qui va aussi mettre en garde contre les "régressions sociales" consécutives au modèle Uber qui "réhabilite" le "travailleur à la tâche", "le louage d’ouvrage", en réalité un "outil de contournement du droit du travail".

Sa proposition la plus étonnante est la "défiscalisation" pour des entreprises qui embaucheraient des télé-travailleurs pour "repeupler" les campagnes, ainsi que la création d’une "agence nationale de rénovation rurale" sur le modèle de ce qui a été fait pour la ville (ANRU). L'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine a été créée par la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine du 1er août 2003, dite 'loi Borloo'.
Lien PaSiDupes ci-dessous:

Premier couac du candidat Montebourg : son site internet n'est pas "made in France" C'est ballot: Nono fait travailler une entreprise... américaine !


"On ne réforme pas la gauche en allant à la primaire de la droite !"

Montebourg se cherche un créneau, en attendant de savoir si Hollande est candidat, ni trop au centre, depuis son virage libéral, ni trop à gauche pour effacer l'étiquette 'frondeur' qui lui colle à la peau comme un sparadrap et éviter les comparaisons avec Jean-Luc Mélenchon.


 Florange: Montebourg pérore à ArcelorMittal,
avec la complicité de la CFDT
Il postule donc au ticket "union des gauches" susceptible de convaincre les écologistes radicaux et l'extrême gauche communiste de lui faire confiance pour, d’abord, battre un "candidat du gouvernement" et, ensuite, "éviter que les électeurs de gauche aient à arbitrer" entre la droite et l’extrême droite.

Au passage, l’ex-ministre démissionnaire a déconseillé aux électeurs de gauche d’aller voter Alain Juppé : "On ne réforme pas la gauche en allant à la primaire de la droite ! On réforme la gauche en venant voter à la primaire de la gauche !, a-t-il lancé sous les applaudissements. On construit l’avenir de la gauche en venant construire le projet France !". 
"Construire le projet France" est le nouveau slogan de accapareurs de gauche qui se cherche.

Nono fait la cour aux écologistes

Ce samedi, il a aussi longuement rappelé ses propositions pour une "nouvelle République"
tirage au sort de 100 sénateurs pour "contrôler" l’exécutif en sorte que ce soit "enfin une chambre où il se passe quelque chose", estime le populiste Montebourg qui n'a pas senti passer l'opposition des sénateurs à sa politique, 
- la promotion des référendums d’initiative populaire, 
- la "libération" des données publiques - il n'est pas seulement archaïque, mais aussi monomaniaque - , un "spoil system(système des dépouilles, c'est tellement mieux en langage "made in France" pour le remplacement des hauts fonctionnaires de la majorité précédente par des fidèles de la nouvelle) sur le modèle américain... pour "abolir les privilèges" de la noblesse  haute administration, 
- le droit de vote des étrangers aux élections locales… 

Le tout proposé dans un référendum - et non des ordonnances - à l’été 2017: vive les vacances ! Il est vrai que c'est un privilège de nantis à abolir... En effet, combien d'enfants des quartiers défavorisés n'ont jamais vu la mer ? Quand ils ne sont pas des clandestins arrivés par Lampedusa.

"C’était aussi un discours d’innovation politique", insiste-t-il devant les journalistes. 
C’était aussi un discours à destination de l'électorat écologiste - même s'il est rare - avec lequel il doit recréer du lien après avoir été le promoteur des gaz de schiste et du nucléaire pendant deux ans à Bercy. 
Montebourg a viré sa cuti dans le virage avant la présidentielle. 
Il pérore désormais sur la "rénovation thermique" ou l'"auto-énergie" et la "permaculture", l'"agro-écologie" et l'"économie du recyclage" qui n'ont plus de secrets pour lui. Pas plus que 'NBnb'... "Croyez vous que tout cela puisse se faire avec un homme seul ?, demande-t-il à son public. Cela ne peut se faire que dans un mouvement de société".

Montebourg reconnaît qu'il se bat contre des moulins
Non seulement Hollande végète à l'Elysée, mais il bloque toute initiative politique par son silence sur ses intentions. "C'est une campagne atone parce qu’on n’a pas de vis-à-vis, déplore le député de Saône-et-Loire, Philippe Baumel, maire du Breuil, ex-patrie de l'andouillette, membre du mouvement Rénover maintenant (avec la sémillante Yvette Roudy et le frondeur Christian Paul ou Thierry Mandon, secrétaire d'État de Valls) et voisin de Montebourg, comte de Montret. 
"On manque de réactions aux propositions que nous faisons, reconnaît le redresseur de torts. On est dans une phase de temporisation". Hollande n'est pas le seul défaut de Montebourg...

Son entourage répond ainsi aux critiques adressées à un candidat moins agité qu’à l’accoutumée : "Comme il s’est assagi, ça donne des papiers disant "il est terne", se lamente son directeur de campagne, Francois Kalfon. Mais dans les meetings et selon le même, les gens découvrent un Montebourg robuste, calme, serein. Quelqu’un à qui on a envie de filer les clés de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. [A Florange, il a pourtant perdu les clés...] Si besoin Montebourg peut accélérer".

En attendant, celui qui avait fait 17% à la primaire de 2011 - mais c'était avant son passage à Bercy - teste ses formules : "Je suis un candidat proposant, pas opposant". Et si on parlait bilan ?
Le temps de savoir qui, de François Hollande, Manuel Valls ou Macron, le poseur aura en face de lui.

samedi 5 avril 2014

La majorité présidentielle bat de son aile gauche du PS

"L'ombre de Martine Aubry" pèse sur la majorité  

L'exécutif se prépare 
à un "bras de fer" avec les partisans de Martine Aubry 
qui a pris la tête des députés de la gauche du PS. L'état de la France n'exige-t-il pas plus de responsabilité et d'unité entre les ailes droite et gauche d'un PS retourné à sa guerre des chefs et menacé par la réactivation de l'axe Aubry-Duflot  ? 

Il semble en effet que le retour en grâce de Ségolène Royal au côté de François Hollande dans l'équipe droitière de Manuel Valls a relancé la guerre des gangs à gauche.   

Le "contrat de majorité". 
Manuel Valls prononcera son discours de politique générale, mardi à l'Assemblée. Le nouveau Premier ministre sera bien évidemment sous le regard de centaines de parlementaires hostiles, à droite, chez les écologistes et jusqu'au sein même du parti socialiste. "Pas moins de 80 députés, fidèles à Martine Aubry et/ou appartenant à la gauche du PS, sont en train de rédiger un 'contrat de majorité'. L'idée consiste à fixer la ligne rouge à ne pas dépasser entre les mesures qu'ils sont prêts à voter, et celles pour lesquelles ils ne le sont pas", expliquee vendredi Caroline Roux, éditorialiste politique d'Europe1.

Vers un "bras de fer"

"Oui" aux économies liées à une meilleure réorganisation de l'Etat, mais "non" aux reculs sociaux; "Oui" au Pacte de responsabilité, mais seulement si les aides sont ciblées sur la recherche et l'innovation, préviennent ces élus. "C'est le réveil de la majorité silencieuse", commente Jean-Marc Germain, un proche de la maire de Lille. Le "contrat de majorité" est en ce moment même en train de tourner pour accumuler le plus de signatures possibles de députés socialistes. L'un des députés proches de l'ancienne secrétaire nationale du PS n'hésite déjà pas à parler de "bras de fer" à venir à l'Assemblée nationale.

"L'ombre" tutélaire de la Ch'tite Aubry. 
"Mardi, ils vont demander à être reçus par le Premier ministre. Puis ils ont prévu de se réunir une fois par semaine et de fixer une solidarité sur les votes", détaille Caroline Roux. Et de poursuivre : "dimanche, lors du second tour des municipales, ils ont vu les villes tomber les unes après les autres. Ils ne veulent donc plus voter les yeux fermés pour des mesures auxquelles ils ne croient pas". D'autant que selon l'éditorialiste d'Europe1, "l'ombre de Martine Aubry permet de rassurer les plus prudents", ceux qui seraient amateurs d'ombre, de fronde  et de complot.

Ce vent de fronde des Aubrystes s'explique par l'absence de place accordée aux proches de la maire de Lille dans le nouveau gouvernement de Manuel Valls. Le seul représentant du courant était le ministre de la Ville, mais François Lamy  a été débarqué. "Il n'a été reçu dans le bureau de Manuel Valls qu'après la présentation du nouveau gouvernement", précise Caroline Roux. Comme le dit un tout proche de Martine Aubry : "C'est une équipe 100% Holando-Hollandaise". Et dans sa bouche, ce n'est pas un compliment.

Il faut être le journal Le Monde pour estimer que les équilibrages politiques de Hollande sont équitables. 
L'inconsistant Benoît Hamon, l'imprévisible Montebourg ou l'autonome Laurent Fabius ne sont visiblement pas les cautions à la gauche que certains prétendent. Il faudra plus à la Ch'tite Aubry que les croissants de Montebourg aux syndicalistes de la CFDT faisant le siège de Bercy...

 

lundi 30 septembre 2013

Conférence environnementale: l'économie circulaire pour les nuls

La terminologie crée l'illusion de l'innovation

Ayrault a annoncé samedi la tenue prochaine d'Etats généraux de l'économie circulaire.




Nouveauté ou recyclage ? Que cache ce néologisme ?
En 2013, il aura fallu 232 jours aux habitants de la Terre pour qu'ils consomment plus de ressources naturelles que la planète ne peut en produire en une année. "A force de gaspiller les matières premières, peut-être qu'à la fin du quinquennat de François Hollande, on commémorera ça le 14 juillet", grince François-Michel Lambert, député EELV, vice-président de la commission du Développement durable à l'Assemblée nationale et fervent défenseur de l'économie circulaire, dont il préside l'institut. Une idée de la binationale franco-norvégienne, 2,3% à la présidentielle 2012...

L'économie circulaire, qu'est-ce que c’est ?

"C'est un modèle d'optimisation de la ressource, soutenable et durable", explique le parlementaire. L'idée première consiste à tirer la substantifique moelle de tous nos produits de consommation pour allonger leur durée de vie sous différentes formes. Un système où les déchets des uns deviennent les matières premières des autres.

De la récupération à grande échelle, en somme ? Attention à la simplification réductrice! "Non, ça, c'est un correctif apporté au cycle de consommation né avec la révolution industrielle, reprend-il. Dans ce modèle économique, on fait circuler les ressources pour les préserver." Faire du neuf avec du vieux et un concept vieux comme le monde, mais les écolos ont le sentiment d'innover et la certitude de faire plus et mieux que leurs pères

Un travail qui commence dès la conception du produit,
qui doit elle aussi être durable : "Il faut que le fabricant se demande pourquoi il fait son produit. Combien de temps durera-t-il ? Sous quelles formes ?" Ce qui implique d'y privilégier des ressources durables et non-toxiques

Ensuite vient le temps de l'utilisation, de la ré-utilisation, de la réparation, de l' "upcycling" (en français, "valorisation des déchets" serait trop trivial) et, enfin, du recyclage des matières premières pour en faire un produit d'une autre gamme.

Concrètement, comment ça marche ?

"Dans le bâtiment, les montant des portes, des fenêtres peuvent être réutilisées en l'état dans d'autres immeubles, illustre François-Michel Lambert. Ils peuvent être réparés, donc réutilisables pendant plusieurs décennies, avant que le matériau dont on s'est servi pour les fabriquer soit utilisé pour faire autre chose." On sait faire depuis longtemps un pull polaire avec 27 bouteilles en plastique, mais ne le répétez pas, ça casse l'ambiance.
Le député évoque aussi un passeport, un sorte de traçabilité des matériaux: "Aux Pays-Bas, avant même l'utilisation d'une matière première, on doit savoir, plusieurs décennies à l'avance, ce qu'il adviendra du produit qui sera fait avec."

La difficulté consiste à trouver des matériaux durables et non-toxiques. "Ça demande de l'innovation. Je pense au système de captation de CO2 envisagé en sidérurgie. Le dioxyde de carbone recueilli, associé à d'autres composants, aurait servi à l'accroissement des productions maraîchères."

Toutes ces géniales idées suppose que le rapport des consommateurs aux produits qu'ils achètent évolue. Et le sectarisme stalinien des écolos fait obstacle. 
L'institut de l'économie circulaire imagine aussi le "passage de la vente d'un bien à la vente de son usage". C'est le cas avec le Telib, ce téléphone proposé par Virgin contre un forfait mensuel ou l'autopartage, où un véhicule est mis à la disposition de plusieurs personnes, mais les nuls rappellent que ce "car-sharing" (nous aussi nous savons être pédants) n'est qu'une variante du covoiturage.
"Aux Pays-Bas encore, une entreprise fait la même chose avec de la moquette, abonde François-Michel Lambert, qui n'est pas avare de cas particuliers. La différence avec le produit qu'on achète, c'est que lorsqu'elle est usée, il n'y a plus besoin de la jeter puisque l'entreprise, qui en est propriétaire, la récupère pour la recycler ou la réparer et la remplace par une neuve." L'entreprise reste en charge des produits en fin de vie. Les seniors ne jouissent de la même sollicitude de l'état providence. 

Qu’est-ce que ça pourrait rapporter ?

Les entreprises adeptes de ce système, s'économisent d'abord des frais de stockage. "Leur entrepôt, ce n'est pas un hangar de milliers de m², ce sont toutes les maisons qui ont souscrit à leur modèle économique", assure le député qui fait visiblement l'impasse sur le cycle production-stockage-distribution. En outre, en veillant à la préservation des matières premières dont dépend leur production, elles se protègent des risques spéculatifs propres à ces marchandises. En somme, finis les besoins en matières premières?

Dans son délire, il s'imagine aussi que les particuliers y verraient un avantage pour leur pouvoir d'achat. "C'est la meilleure pédagogie, estime volontiers François-Michel Lambert, sans prendre la peine du moindre début de justification. Le recyclage n'aurait-il aucun coût? Chez une grande marque, la location d'une voiture avec autopartage coûte 40 euros de moins par mois que sans." L'usage en serait peut-être décuplé et son vieillissement accéléré, mais pourquoi anticiper ce type de réalité concrète qui fâche ? 

L'avantage se situe aussi à plus grande échelle, à les en croire. Mandaté par la fondation Ellen McArthur, le cabinet McKinsey a calculé qu'en suivant ce modèle (et en faisant donc également abstraction du rythme de rotation des véhicules) et en réduisant massivement l'importation des matières premières et les frais d'enfouissement ou d'incinération des déchets, on économiserait entre 350 et 700 milliards de dollars par an en Europe. "Pour les Pays-Bas, c'est 7 milliards. Si je me base sur eux, la France pourrait atteindre 50 milliards d'euros d'économies nettes"plaide le parlementaire novice des Bouches-du-Rhône, manifestement imprégné de son expérience professionnelle au sein d’un groupe leader mondial en spiritueux. Le pastis, assurément, et le soleil, probablement.

Ce mode de consommation créerait également des emplois. Il fallait oser le dire, car la politique de Hollande peine cruellement à réduire le chômage. "Pour organiser l'emploi du temps d'une voiture en auto-partage, il y a nécessairement une interface informatique et des gens pour la faire fonctionner."  Ainsi, sans souci, la tête pensante des Verts saura-t-elle recycler dans l'informatique le travailleur immigré de l'industrie automobile privée de commandes.

En France, on en est où ?

"Par rapport à d'autres pays, on est quand même assez loin", regrette le génial écologiste recycleur d'idées venues d'ailleurs. "Le Japon, démuni de ressources, s'y est mis depuis 10 ans. La Chine, bien obligée par sa croissance délirante, il y a cinq ans. La Suisse se bat pour que les flux entrant des usines soient les flux sortant des autres. Et l'Allemagne a une loi-cadre." Angela plairait-elle aux écolos radicaux  plus qu'ils ne veulent l'admettre ?

D'où la volonté d'une "une loi-cadre" envisagée par l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho, avec un plan de mise en oeuvre de l'économie circulaire et un délégué chargé de faire le pont avec les différents ministères.

A l'occasion de la conférence environnementale, il sera notamment question de discuter des différents volets du futur texte : fiscalité, bien sûr, en soutien à l'innovation (mais c'est pour la bonne cause!), collaboration entre les collectivités territoriales et les entreprises implantées localement pour favoriser cette économie... 
Un gros chantier. "Tout, absolument tout, est à inventer", conclut François-Michel Lambert, impressionné par tant d'audace.

 

dimanche 18 août 2013

Les rêves éveillés des ministres de Hollande pour 2025

Le futur de la France dans les boules de cristal des ministres, sous l'effet du rosé

Incités à partager leurs élucubrations estivales
devant un petit rosé de Provence, 
cinq ministres dont Manuel Valls, Arnaud Montebourg ou encore Cécile Duflot, ont livré leur vision très idéalisée de ce que pourrait être "la France de 2025".
Le Point a mis en ligne cinq de ces synthèses, alors que le président de la "gauche sociale" prendra lundi le chemin du retour, de la Lanterne sur le domaine du Château de Versailles à l'Elysée: il est donc légitime que le peuple se demande pourquoi il a pris la Bastille. 

La rentrée commence par un soi-disant "séminaire" à l'Élysée qui ne sera en vérité qu'un apéro de recadrage visant à redorer une cohésion ébranlée par la nouvelle querelle entre l'Intérieur et la Justice, mais un concours du meilleur bronzage, pour les autres. Certains ministres sont tellement allumés que leurs productions ne sont pas simplement très inventives, mais rien moins que des enfumages de première.

Sur le thème de l'innovation et des technologies nouvelles, l'objectif fixé par les conseillers en communication élyséens est clairement de "préparer la France dès aujourd'hui à relever les défis qui seront les siens dans dix ans, à travers un diagnostic mettant en exergue ses forces et ses faiblesses": ça se veut jeune et dynamique. Alors voyons ensemble jusqu'où peut aller l'intox, lorsqu'un pouvoir ne donne aucune limite au mépris de son auditoire.

Voici quelques traumatisés du soleil du sud


 –
Pierre Moscovici, le ministre des Finances, commence très fort, jugeant "réaliste" un retour au plein emploi dans la France de 2025, qui devrait avoir "pleinement recouvré sa souveraineté budgétaire". Pourtant, la cinquième puissance économique mondiale n'occupera plus, selon lui, que "la huitième ou neuvième place". Le ministre met aussi en garde contre l'utopie du modèle industriel allemand, qui selon lui serait "sans doute idéal à court terme (...), mais ne correspondra plus à l'état de l'économie mondiale dans dix ans".

Très connecté, Manuel Valls promet des "forces de l'ordre 3.0 efficaces [allusion au Web 2.0], proches de la population et à la pointe des avancées technologiques". Sans en aviser Marylise Lebranchu, le ministre fait d'autres suggestions, comme la création de "maisons de l'État", qui devraient remplacer les sous-préfectures dans les zones dépeuplées. Valls entrevoit aussi "l'élection au suffrage universel" dans les principales intercommunalités
En revanche, le ministre de l'Intérieur appréciera sans doute modérément l'obsession de sa collègue de la Justice.

Christiane Taubira continue de vouloir vider les prisons: pour lutter contre la surpopulation carcérale, elle ne démord toujours pas de la nécessité du "développement des peines alternatives à l'incarcération", malgré son absence de financement. Dans une note publiée par le Monde, qui a fait l'effet d'une bombe politique dans la torpeur du pont du 15 août, le chouchou du président s'était déjà vivement inquiété de son projet de réforme pénale, réclamant en catimini l'arbitrage de François Hollande. Pour 2025, Taubira espère des peines "qui ont du sens, réparatrices pour les victimes, sanctionnant à sa juste mesure l'auteur de l'infraction et permettant l'insertion ou la réinsertion de ce dernier". 

Cécile Duflot a écrit le conte de Noël d'une France où l'accès au logement "pour chacun ne sera plus un facteur de stress ou d'incertitude, mais une étape plaisante de la vie". Et la ministre de se laisser aller à l'auto-congratulation : qui le ferait , sinon elle, les clandestins mal-logés venus d'Afrique sub-saharienne?  "Dans le cadre des lois adoptées entre 2012 et 2014, les logements vacants seront devenus très rares" et "6 millions de logements auront été édifiés", élucubre-t-elle, sous l'effet d'un joint?  La magicienne conclut par la promesse qui résume tout : "Chacun dispose d'un toit et d'un environnement de qualité". C'est comme si c'était fait !

Pour la bonne bouche enfin, voici venir le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourgde son pas chaloupé sur coussin d'air, saluant de la main comme la défunte reine-mère d'Angleterre. Il lui paraît naturel de réaliser ce qu'il a échoué à faire en quinze mois d'état de grâce passés à insulter ses interlocuteurs et menacer les entrepreneurs, dont le patron US des pneus Titan, Mittal ou la famille Peugeot
Il augure donc allègrement le retour de son pays "dans le concert des grandes nations industrielles" avec une balance commerciale qui dégagera "un excédent positif structurel". 
Fruit de la recherche ...Peugeot
Dans le genre politique-fiction, Montebourg annonce que des chercheurs et industriels français ont mis au point le "véhicule 2 litres/100 km", annoncé par Ayrault en 2012, l'un des "plus commercialisés en Europe à partir de 2017". Bien que le projet soit à l'état d'esquisse, le matamore évoque un programme "Usine du futur" qui, dit-il, aurait déjà "permis d'amener nos industries aux meilleurs standards et de définir un modèle français de production qui après Ford et Toyota fait figure de modèle mondial". 
Enfin, grâce à "l'allégement du coût du travail, de nombreuses PME ont crû pour devenir des grands groupes".

La majorité présidentielle prend plus que jamais ses désirs pour des réalités

Il s'agit de dresser un rideau de fumée sur un certain nombre de dossiers chauds qui attendent le gouvernement avec, au sommet de la pile, la préparation du budget 2014 et la réforme des retraites, sujets explosifs. 
Sur ce point, Jean-Marc Ayrault devrait dévoiler ses intentions fin août avant la présentation officielle d'un projet de loi début septembre. 
A l'opposé des vendeurs de rêve, 70% des Français réclament des emplois. Mais Sapin, le ministre du Travail, malgré sa face lunaire,  a-t-il jamais fait rêver ? 
On demande à voir sa copie !

Une journée de mobilisation syndicale est déjà prévue, le 10.

lundi 5 novembre 2012

Fronde socialiste contre le gouvernement Ayrault

L'opposition au gouvernement Ayrault s'étend au Parti socialiste

Le maire de Dijon a la moutarde qui lui monte au nez

Les socialistes tirent sur les ambulances
Alors que la droite est accusée de pilonner l'ambulance Ayrault, le premier socialiste à lancer l'offensive ce vendredi fut François Rebsamen. Le président du groupe socialiste au Sénat  réclame davantage de pédagogie de la part du gouvernement: "Expliquez aux Français, sinon ils ne comprennent pas pourquoi, comme ça, d'un seul coup, ils sont obligés de subir tous ces impôts", a-t-il déclaré ce vendredi. 

A un cheveu près de soixante-huitard près ce que disait aussi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, autre proche de François Hollande, mercredi sur RTL: "On doit être beaucoup plus pédagogues." 

S'il n'a pas "de conseils à donner au président", le sénateur-maire de Dijon suggère par exemple à François Hollande de "s'adresser directement aux Français". Une recommandation qui tombe à point nommé: le chef de l'Etat tiendra une conférence de presse mi-novembre, soit six mois après son entrée en fonction.


Pour Collomb, maire de Lyon, Ayrault donne dans le " zigzag "

Le sénateur-maire s'est montré sans concessions envers l'action gouvernementale, qu'il juge trop brouillonne. 

Gérard Collomb tape sur les doigts de ses camarades socialistes, en particulier sur l'action économique du gouvernement. "Nous donnons trop l'impression d'être dans le zigzag, dans le tâtonnement et l'approximation", explique-t-il aux Echos, lundi 15 octobre 2012. 

"Il n'est pas trop tard pour se mettre dans la bonne trajectoire en affirmant clairement qu'il ne saurait y avoir de politique qui se fasse sans l'entreprise et les entrepreneurs. " 

L'élu lyonnais dénonce " les politiques d'oppositions " du gouvernement 
Il l'accuse de détricoter mécaniquement les réformes du quinquennat Sarkozy plutôt que d'engager " des politiques de propositions." 

Le socialiste ne dit pas autrement que l'UMP
Une méthode a minima qu'il met sur le compte d'un manque de réflexion et de cohérence de ses camarades.

Le sénateur PS Vallini demande à Hollande de "fixer le cap" 


Pour André Vallini, président PS du Conseil général de l'Isère,  fustiger l'héritage sarkozyste n'est pas la bonne stratégie : "il faut rappeler que l'héritage est là et qu'il a contribué à creuser les déficits. Mais cela ne peut plus suffire. Parce que les Français, maintenant, nous disent : et vous, vous faites quoi ?


Pour Vallini, il n'y aurait même pas de problème lié au Premier ministre : "je vous donne rendez-vous dans six mois", parie-t-il. "Les mêmes qui tirent sur Ayrault et spéculent sur son départ diront : quelle endurance, quelle résistance, quel homme d'Etat !" 


Le responsable socialiste met Hollande au pied du mur
Il a appelé le président François Hollande à "fixer à nouveau le cap" 
Dans un entretien au Figaro, l'élu de l'Isère dit partager le constat d'autres ténors socialistes qui pointent un défaut de communication de l'exécutif : "on me le dit beaucoup sur le terrain. François Hollande doit à nouveau s'adresser aux Français pour leur expliquer comment il veut redresser la France". 

Vallini propose d'endormir les Français
Lors de sa conférence de presse prévue mi-novembre, "j'attends qu'il fixe à nouveau le cap pour redresser le pays et explique le chemin qu'il veut emprunter pour y parvenir. Il doit rassurer les Français". 


A propos du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité, le sénateur de l'Isère dit avoir "eu peur qu'on essaye de l'enterrer". 
"Mais François Hollande a dit que ce ne serait pas le cas. Il faut que ce rapport permette d'associer les entrepreneurs au redressement national" car "on ne pourra pas redresser le pays sans eux", poursuit-il. 
Or, après un premier report de date,  il sera remis lundi au gouvernement, mais Hollande a déjà prévenu qu'il ne serait que partiellement suivi: une déclaration du président qui rappelle irrésistiblement le couac de Ayrault qui annonçant le rejet du projet de loi sur le logement avant que le Conseil constitutionnel ne se soit réuni... 



Ce proche du chef de l'Etat considère qu'il "est stupide de dire que le coût du travail n'est pas un problème". "C'est un vrai problème ! Il va falloir trouver une solution ! Mais il faut aussi et surtout mettre le paquet sur l'innovation".

Interrogé sur le droit de vote aux étrangers non communautaires aux élections locales, André Vallini relève qu'à "ce jour, il n'y a pas de majorité pour". "Il ne faut pas en faire un psychodrame national. Si on ne trouve pas de majorité, on reportera la réforme, car en politique, il y a un principe, celui de réalité", estime-t-il. 

Emmanuel Maurel, un proche de Benoît Hamon (ministre délégué) et H. Emmanuelli ou M.-N. Lienemann, et promoteur de la motion de l'aile gauche du PS, "ne souhaite pas l'austérité (de gauche!) pour son pays" 

Et pour l'anecdote, Stéphane Hessel ne tient pas à siéger au bureau national du PS.