POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est réforme pénale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est réforme pénale. Afficher tous les articles

lundi 25 avril 2016

Etat d’urgence : vers une république des "colonels"

L'exécutif socialiste  a voulu prolonger l’état d’urgence de deux mois de plus 

Le pouvoir PS veut faire durer l’état d’urgence

Instauré en France au soir des attentats islamistes du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, il est prolongé de deux mois à compter du 26 mai, a annoncé Manuel Valls mercredi 20 avril au micro de France Info. Le premier ministre a estimé qu’ "au vu de la menace", l’exécutif souhaite que la sécurité soit maximale pour l’Euro de football, qui se déroulera du 10 juin au 10 juillet, et le Tour de France, du 2 au 24 juillet.
Le mouvement d’occupation Nuit debout, à Paris et en province, n’a en revanche  pas été jugé comme un problème pour l’état d’urgence, a assuré Manuel Valls. "Aucune manifestation, aucun événement public n’a été interdit [en dehors de la COP 21], a-t-il expliqué. Nous pouvons assurer la sécurité des Français, en tout cas mettre tous les moyens pour assurer leur sécurité, et en même temps organiser des événements."
François Fillon s'est à l'inverse dit "choqué" par le mouvement Nuit debout, " toléré" en plein état d’urgence.

"L’état d’urgence ne peut pas être un état permanent, mais à l’occasion de ces grandes manifestations, nous avons considéré qu’il fallait prolonger cet état d’urgence pour assurer pleinement la sécurité" des Français. Et des étrangers ? La mesure a été présentée par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, mercredi 20 en Conseil des ministres.
Le texte  a été transmis au Conseil d’Etat, puis au Parlement, qui doit voter.

La prolongation de l'état d'urgence jusqu'à l'Euro fait toujours polémique

L’état d’urgence a déjà été prolongé à deux reprises, le 19 novembre, puis le 16 février.

L'état d'urgence pendant l'Euro "ne serait pas forcément un bon message", avait admis François Hollande en janvier dernier.
Mais nous y sommes: le président français craint de prendre le risque de lever l'état d'exception et d'être accusé de laxisme sur ce sujet également en cas de nouvel attentat.

Le gouvernement l'assure : il veut en sortir, mais pas sans avoir d'abord renforcé la loi. L'exécutif compte sur le projet de réforme pénale, toujours en discussion au Parlement.

En attendant, les oppositions jugent cette nouvelle prolongation inappropriée

Les altermondialistes d'Europe Ecologie-les Verts, la gauche du PS et l'extrême gauche dénoncent une mise en danger des libertés publiques et individuelles.
L'écologiste Noël Mamère et l'ex-socialiste Pouria Amirshahi y voient chez les anxieux un moyen de faire "perdurer un état général de peur collective".


A droite, le président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, député LR,  regrette "l'amateurisme du gouvernement", incapable à ses yeux d'anticiper l'Euro et le Tour de France.

Eric Woerth, secrétaire général des Républicains, Eric Woerth estime qu'il faut savoir mettre fin à cet état d'urgence qu'il juge d'ailleurs
incompatible avec les fan-zones prévus pendant l'Euro.

La prolongation de l'état d'urgence jusqu'au 26 juillet sera soumise au Parlement.

Vu l'imprévoyance du pouvoir, l'opposition devrait la voter, comme elle l'a déjà fait par deux fois.



vendredi 25 mars 2016

La "perpétuité réelle" séduit Valls mais braque la gauche

La gauche n'assume pas la préférence de l'exécutif

Après le débat sur la déchéance de nationalité, le PS s'empêtre dans celui de la perpétuité réelle.

Valls, désormais plus menacé que menaçant
Manuel Valls a surpris le groupe socialiste en approuvant Nathalie Kosciusko-Morizet (Les Républicains). Mardi 22 mars, lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, sa collègue de l'Essonne, dont il fut aussi député, venait de lui proposer une "perpétuité effective et irrévocable, c'est-à-dire sans possibilité de mettre fin à la période de sûreté". Dans le contexte des attentats de Bruxelles, le Premier ministre a déclaré : "Je souhaite qu'ensemble, aujourd'hui comme demain, nous puissions avancer, y compris sur des mesures comme celle que vous proposez."

Les bancs de la majorité présidentielle se sont agités. 
Le député PS Pascal Cherki s'est aussitôt déclaré contre la perpétuité réelle. "Cette surenchère sécuritaire est stupide : on ne va pas inventer une nouvelle mesure à chaque nouvel attentat. Je ne comprends pas que le premier ministre réponde publiquement, alors qu'on n'en a pas parlé dans le groupe.
"Si on pense que ces gens sont irrécupérables, alors il faut être saoudien."

Le rejet de la proposition s'étend au-delà des députés "frondeurs", comme dans le débat sur la déchéance de nationalité. 
Olivier Faure, député et porte-parole du PS, renchérit. "Dans le système judiciaire français, on pense que ce n'est pas parce qu'on vole une fois qu'on volera toujours. Les Saoudiens, eux, pensent le contraire et donc coupent le bras. [Et Hollande décore le prince héritier...] De la même façon, pour quelqu'un qui tue, on considère qu'il peut ne pas tuer toute sa vie", explique-t-il. "Notre système [laïc] est potentiellement rédempteur [sic], c'est au juge d'apprécier cette possibilité." Dès lors, les parlementaires servent à quoi ? 
Mais Olivier Faure, qui insinue qu'avec sa proposition NKM se positionne en vue de la primaire à droite, ajoute à l'encontre de Valls: "On n'est pas obligé de rentrer dans tous les pièges de la droite." Car, dans la logique sectaire des socialistes binaires tout ce qui vient de la droite est suspect. 

La réforme pénale vient de renforcer l'arsenal anti-terroriste des condamnations

A
doptée -mais en première lecture seulement à l'Assemblée- début mars, elles ont été alignées sur les peines prévues pour les assassinats de mineurs (précédés de torture) et les assassinats de policiers, gendarmes ou magistrats. Ce sont les crimes encourant les sanctions les plus sévères du code pénal: la perpétuité, avec une peine de sûreté de trente ans. Ce qui fait dire à Bruno Le Roux, patron controversé des députés godillots du PS, et conservateur stalinien: "On a été aussi loin que possible. La perpétuité réelle existe déjà; tout existe déjà dans notre droit."

Or, au-delà de cette peine de sûreté, le juge d'application des peines peut cependant décider d'un aménagement. C'est sur cette possibilité que NKM souhaite revenir aujourd'hui. Mais comme l'explique cet article du Monde, la France s'exposerait alors à une condamnation de la Cour européenne des droits de l'homme. C'est sans doute pour cela que Manuel Valls, dans sa réponse à NKM, a pris soin de préciser vouloir "examiner toutes les mesures efficaces dans le cadre de notre Etat de droit, dans le respect de nos valeurs". Une perpétuité sans aucun examen possible d'un aménagement de peine semble donc exclue.

"Un débat merdique pour essayer de sauver le précédent"

Mardi, Manuel Valls n'a pas eu le courage de préciser ses intentions. 
Le projet de loi pénal arrive en discussion publique au Sénat le 29 mars. Pas question de préjuger de l'issue de ces discussions, dit-on à Matignon. Mais dans les circonstances actuelles, "il y a une obligation de rassemblement".

Un ministre anonyme assure qu'"il y a encore un mouvement possible au Sénat, on peut encore aller un cran au-dessus du texte de l'Assemblée". Au risque d'enflammer la majorité, comme lors du débat sur la déchéance ? "Ce n'est pas du tout la même chose", poursuit ce ministre, réel ou imaginé pour les besoins de la cause. "Pour la déchéance, tous les binationaux ont pu se sentir ciblés. Alors que là, pour la perpétuité, c'est différent : vous ne vous identifiez pas" aux criminels concernés. "Par ailleurs, s'agissant de crimes aussi épouvantables, il est légitime d'aller aussi loin que le droit international le permet." 
Bruno Le Roux lit, quant à lui, dans sa boule de crystal: "Je comprends que le débat soit lancé dans le contexte actuel, mais je ne le vois pas durer."

Une analyse que ne partage pas ce député PS, lui-aussi masqué
Cet élu craintif de représailles, pourtant présenté comme un pilier du groupe à l'Assemblée, s'échauffe: "On ne va pas à chaque fois se retrouver dans un débat merdique pour essayer de sauver le précédent." Et le socialiste inconnu insinue que l'exécutif serait à la recherche d'un accord avec la droite pour remettre à flot la déchéance de nationalité : "Je crains le deal 'tu me donnes la déchéance, je te donne la perpétuité réelle', en passant au-dessus de toutes nos valeurs [présumées]. Dans la lutte contre le terrorisme, comme on n'arrive pas à régler l'amont, on tente de régler l'aval. Mais ce n'est pas la bonne solution," selon le député de la majorité. 

L'exécutif en est à se demander comment contenter l'opinion publique tout en évitant de braquer sa majorité. Ambiance fin de quinquennat, douloureuse pour la France et les Français.

vendredi 16 octobre 2015

Police: la transaction pénale entre en vigueur

La transaction pénale entre en application aujourd'hui

Ce volet de la réforme pénale de Christiane Taubira votée en août 2014 doit permettre aux policiers de faire payer directement une amende en cas de petit délit pour éviter le passage devant un tribunal. Pourquoi la mise en œuvre de la transaction pénale a-t-elle ainsi fait l’objet de la publication discrète, jeudi 15 octobre, d’un décret d’application au Journal officiel. 

La consommation de cannabis et la conduite sans permis seront désormais réprimées par de simples amendes. Le terrain était politiquement miné mais le gouvernement de Manuel Valls peut tout se permettre avec sa majorité de godillots. Pourtant, ces mesures destinées à désengorger les tribunaux pourront s’appliquer notamment à la consommation de drogue ou à la conduite sans permis ou sans assurance. Les tribunaux n’auront plus à juger ces délits à forte charge symbolique dans l’opinion publique et c’était à un procès en dépénalisation qu'il fallait s'attendre.

Si les syndicats de police avaient vivement contesté la loi au moment de son vote, la mesure semble aujourd'hui faire consensus. Le syndicat des officiers Synergie, lui, se dit "favorable à ce dispositif dès lors qu'il allège la tâche des policiers en le substituant à la lourdeur de la garde à vue", mais attend néanmoins "de voir quelles seront les modalités d'application". 

Ce dispositif devrait s'appliquer dans le cas de personnes qui commettent des délits pour la première fois, et ne pourra jamais être proposé aux personnes en garde à vue qui, elles, devront automatiquement passer devant un tribunal.

Vers plus d'amendes au cas par cas, à la tête du client

Si ces amendes proposées par la police en dehors des tribunaux ne sont pas à proprement parler "dépénalisées", elles devront avoir été autorisées "au préalable au cas par cas par le procureur", représentant du gouvernement, précise-t-on au ministère de la justice.

Justice? 
Liberté des juges
d'interpréter la loi
Surtout, pas une virgule n’est déplacée dans les articles du code pénal fixant les peines encourues pour ces délits, assure-t-on. Mais, de même que les juges ont toute latitude pour interpréter la loi - dont on prétend qu'elle est la même pour tous -, de même le procureur pourra décider souverainement de prendre en considération des éléments a priori. 
Les discriminations sociales sont donc appelées à se développer, car l'indulgence des procureurs variera en fonction du quartier où le délinquant sera domicilié. Habiter la Seine-Saint-Denis, où la concentration de Ferrari épate le passant égaré, sera un facteur de compassion. Pareillement, la domiciliation dans les quartiers nord de Marseille est-elle synonyme de difficultés sociales garanties, quand on sait que l'économie souterraine y est florissante et fait vivre dans l'opulence de nombreuses familles jugées défavorisées. Les schémas mentaux (et idéologiques) des procureurs sont-ils mis à jour, puisqu'ils considèrent que les mineurs de 16 ans du XXIe siècle et du XXe de Paris sont restés des enfants de choeur ?... 

Cette mesure pourrait même être utilisée pour accroître la répression contre la simple consommation de drogues. C'est un "élément de langage" que les anonymes du ministère de Christiane Taubira font passer dans la presse, en estimant -mais sur quelle base- que des amendes seraient désormais infligées pour des cas que la police ne se donnait plus la peine de transmettre aux tribunaux. A voir !

Quant aux délits routiers, l’efficacité de la répression est également mise en doute.
Permis de conduire délivré par des postiers,
comme une lettre à La Poste ? 
Mais
le sujet est explosif, comme l’a montré il y a moins de trois mois la polémique autour de l'hypocrisie de la garde des Sceaux. Le 24 septembre dernier, Christiane Taubira avait été obligée de faire machine arrière sur sa proposition de transformer en contraventions automatiques le défaut de permis de conduire ou d’assurance. La ministre de Flanby a donc annoncé le retrait des dispositions qui prévoyaient, dans le projet de loi sur la sécurité routière, un allégement des sanctions pour défaut de permis de conduire. 
Est-ce la démonstration que les accusations de laxisme qui la poursuivent sont injustifiées ?

mercredi 25 juin 2014

Pourquoi une réforme pénale? Il suffit de multiplier les erreurs de procédure

Les juges ont la technique...

Un jeune Perpignanais a été libéré début juin suite à un problème "matériel"
Les juges récidivent
Une simple erreur de fax conduit à la libération d'un nouveau détenu potentiellement dangereux. Samy, un jeune de Perpignan soupçonné d'implication dans  un règlement de comptes violent entre dealers, a été libéré début juin à la suite d'un problème matériel. Si l'histoire peut paraître incroyable, elle est pourtant tristement redondante, quatre mois à peine après la libération de deux autres détenus pour les mêmes raisons.

La technique de l'erreur de procédure
Ecroué depuis février pour tentative d'assassinatSamy, 20 ans, est incité par son conseiller juridique à faire appel  de la décision de rejet par la justice d'une demande de remise en liberté, dès mai dernier. Comme la procédure l'exige, un fax est alors envoyé de la prison de Perpignan vers la Chambre de l'instruction de Marseille, afin d'annoncer cet appel. Par sécurité, il est doublé d'un courrier qui contient l'original de la demande. Une fois les documents réceptionnés, la Chambre de l'instruction a alors quinze jours, pas un de plus, pour fixer une audience. Après un mois sans réponse, l'avocat comprend que la demande de son client n'est jamais parvenue à la Chambre d'instruction: le fax montpelliérain avait rejeté le document. 
Quant au courrier postal, personne ne l'a reçu non plus. Trois précautions valent donc mieux que deux, désormais, depuis que Christiane Taubira est logée Place Vendôme.
"La chambre de l'instruction avait quinze jours pour répondre. Ce délai était dépassé depuis dix-sept jours, a expliqué Me Mickaël Poilpré au quotidien . Nous étions bien au-delà du délai raisonnable admis par la jurisprudence." Cette double "erreur" qui a conduit à la remise en liberté immédiate du présumé dealer, ne serait-elle pas en fait une "avancée" parmi les nouveautés réformistes du monde de la magistrature ?

Les "actes manqués" sont des fautes professionnelles 

Il y a de quoi, en effet !
Début février, une "erreur" très semblable de greffier avait permis la libération d'un détenu suspecté simplement de meurtre. Amadou Fall, 24 ans, principal suspect dans le meurtre d'un disc-jockey battu à mort la nuit de la Saint-Sylvestre 2011 en Seine-Saint-Denis, avait été relâché dans la nature à cause d'une pénurie d'encre du télécopieur empêchant l'envoi d'un fax. "Il faut que nous arrivions à comprendre ce dysfonctionnement, les conséquences sont lourdes", avait alors déclaré la  candide ministre de la justice Christiane Taubira, avant d'annoncer l'ouverture d'une enquête qui n'a toujours pas abouti après quatre moisLe 22 mai dernier, trois mois après sa libération, le tueur par lynchage du DJ antillais Claudy Elisor avait été condamné à 18 ans de réclusion, tandis que son coaccusé, Alassane Diop, a été acquitté par la Cour d'Assises de Bobigny

Fin février, c'est une femme soupçonnée d'avoir livré sa fille de 5 ans à un pédophile de 38 ans, en août 2012 (comme celle de 11 ans  -en âge d'être épousée- originaire de Metz, à son compagnon) qui avait été remise en liberté (lien). Cette fois, c'est un numéro de fax erroné qui est la cause de cette légèreté. Son avocat, Me François-Xavier Koehl, avait alors déclaré: "Il y a une erreur de procédure, je me devais de la soulever. Mais ma cliente répondra de ses actes, cette nullité n'a pas été soulevée pour lui permettre d'échapper à la justice." La mère indigne est qualifiée de "Vosgienne d'origine", mais le pédophile reste en revanche sans origine...

dimanche 22 juin 2014

Hollande convoque le Parlement en session extraordinaire en juillet

Le bric-à-brac de l'ordre du jour

François Hollande a signé mardi le décret convoquant le Parlement en session extraordinaire 
en juillet.

La communication de ce décret à l'Assemblée et sa parution mercredi au Journal officiel ont été annoncés officiellement mardi soir par l'un de ses vice-présidents, Marc Le Fur (UMP). 

Faites ce que je dis,
pas ce que je fais...

Inventaire à la Prévert de l'ordre du jour: 
les budgets rectificatifs 2014, 

le premier volet de la réforme territoriale, 
et un texte sur les taxis d'abord et Paris-Plage ensuite, selon des sources concordantes.

Le projet de loi "relatif à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral", présenté mercredi en conseil des ministres, figure cette session. 

Seront aussi débattus 
le projet de loi de finances rectificative
le projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale, 
ainsi que deux textes non encore déposés: 
la "proposition de loi relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur" 
et "le projet de loi renforçant la prévention et la répression du terrorisme". 

L'été parlementaire sera caniculaire pour les ...Français

Qui hydratera nos vieux parlementaires?
Députés et sénateurs continueront à débattre - en notre absence - de 
la réforme ferroviaire, dont l'examen a commencé mardi, au septième jour de la grève de la SNCF
et de plusieurs projets de loi dont  l'examen, déjà entamé est inachevé, sur 
l'économie sociale et solidaire
l'égalité entre les femmes et les hommes
l'agriculture, 
la réforme pénale
les emprunts toxiques souscrits par les collectivités locales 
et les infrastructures de recharge des véhicules électriques. 

Sont aussi prévus 
le projet de loi de règlement budgétaire 2013
le débat d'orientation des finances publiques pour 2015
la ratification de plusieurs traités internationaux
deux propositions de loi sur "la zone d'aménagement concerté du quartier de Gerland (Lyon)" 
et un débat sur l'énergie qui n'avait pu se tenir lors de la session ordinaire. 

Auront-ils assez de tout l'été ? Et seront-ils tous là ? 
Comme il est d'usage, le décret fixe au 1er juillet le début de la session, mais ne donne pas de date de clôture

Interdiction de sortir des palais de la République aux heures de fortes chaleurs

Hollande impose un plan canicule aux sénateurs et le cartable de rentrée des Français risque d'être lourd...

Ils auront tout l'hiver pour se refaire une santé, mais les Français ?

dimanche 6 avril 2014

Le "Moi, premier ministre" de Manuel Valls, pour déminer le terrain

Avant le vote de confiance, Manuel Valls entreprend d'embobiner les uns et les autres

Le premier ministre promet de répondre aux "urgences économiques et sociales"
, 
sans donner de détails sur les annonces qu'il fera mardi devant l'Assemblée nationale. Le flou reste la méthode privilégiée: du ronflant, à endormir la population !

Deux jours avant de prononcer son discours de politique générale, le nouveau premier ministre Manuel Valls donne des détails sur la forme qu'il compte mettre en œuvre à Matignon. Il compte "créer les conditions de la confiance" pour permettre au "gouvernement de combat" mis en place par François Hollande de travailler sereinement.

"Il ne s'agit pas de faire un discours-programme, nous ne sommes pas au début du quinquennat, nous devons répondre à l'urgence économique et à l'urgence sociale", raconte le verbeux premier ministre au Journal du Dimanche. Ce discours doit "créer les conditions de la confiance pas seulement avec la majorité, mais avec le pays". Dans le meilleur des cas, sachant que 69% des Français se défient de son gouvernement, selon un sondage (lien PaSiDupes)

Malgré un gouvernement fait d'ancien, Manuel Valls devra convaincre les Français comprennent qu'avec le Président, ils ont reçu le message des élections municipales perdues par la gauche. "Le sentiment d'injustice est très prégnant, les ravages de la hausse des impôts depuis quatre ans sont très importants. Les Français en ont assez du trop plein d'impôts, c'est frappant dans les classes moyennes et chez ceux qui se sont retrouvés imposables pour la première fois." Valls continue dans la lignée de Ayrault qui,  à tout propos, disait "comprendre" la population et agir "avec détermination"...

Les Français semblent néanmoins réclamer en priorité une réduction du chômage. 

La réduction des impôts ne vient qu'en deuxième, dans un sondage publié également dans le JDD. Le patron de l'UMP se demande quant à lui comment Manuel Valls compte baisser les impôts. "J'aimerais qu'il donne le détail crédible des 50 milliards de baisse de dépenses publiques, abandonne la réforme pénale et celle des rythmes scolaires et apporte des clarifications sur la politique familiale", s'impatiente Jean-François Copé, manifestement à l'écoute du terrain.

Le premier ministre ne promet encore pas d'annoncer une baisse d'impôts dès mardi. Il ne donne d'ailleurs aucun détail sur le contenu de son discours, donnant la preuve qu'il parle avant de savoir ce qu'il va pouvoir faire, sans un euro en caisse. Ainsi assure-t-il que "les grands axes du pactes de responsabilité et les grandes orientations budgétaires seront présentés".

En présentant le pacte de responsabilité, le premier ministre court deux lièvres à la fois: l'exécutif considère qu'en intégrant les principaux éléments du pacte, notamment la baisse des charges pour les entreprises qui ulcère la gauche du PS, il ne sera alors pas nécessaire de procéder à un nouveau vote.

Chef d'équipe qui perd

L'équipe reconduite des bras cassés de Ayrault 
Manuel Valls est content de lui et ne veut pas changer de style. "Je ne dois pas changer. Le président de la République l'a dit, je dois être le même", indique-t-il. "La fonction n'est pas la même, mais la marque qui fut la mienne à Beauvau restera", a péroré le locataire de Matignon, ajoutant un message à l'attention des ministres: "J'ai de l'énergie, il faut que ça aille vite," s'est-il encore flatté. 

Le chef du gouvernement se portraiture en "chef d'équipe". "Je veux rendre chaque ministre pleinement responsable, il faut qu'ils sortent de leur couloir." Le but est l'efficacité, "ma marque", se fait reluire Valls.

S'il "regrette" leur départ, Manuel Valls tend la main aux écologistes du gouvernement. À condition qu'ils votent la confiance, mardi. "S'ils restent dans la majorité en votant la confiance, ils seront associés," prévient-il.

Manuel Valls n'habitera pas à Matignon

Le premier ministre ne veut pas quitter son appartement, situé dans le quartier de la Bastille, côté bobo, à Paris XIe. Manuel Valls et sa dexième femme, la violoniste de variétés Anne Gravoin, ne s'intalleront pas à l'hôtel Matignon. "Nous continuerons à vivre chez nous", a expliqué le chef du gouvernement au JDD. Le couple avait déjà boudé la place Beauvau. 
On mange pourtant mieux à Matignon qu'à l'Elysée, si on en croit Nicole Bricq...

vendredi 31 janvier 2014

Hollande repousse les Français vers la droite

La société française se droitise: faut-il s'en plaindre ou s'en féliciter ? 

La droitisation qui se dessine s'enracine dans le manque de renouvellement des idées de la gauche 
depuis quelques années et le totalitarisme des réformes sociales comme sociétales, depuis peu. 
Dans son désarroi, la majorité gouvernementale s'est arc-boutée sur une idéologie archaïque, soutenue par des élus néophytes et intransigeants. Tous ensemble, les ringards écolos dogmatiques et anti-capitalistes bornés, ils ont bloqué le système économique et braqué la société par ses discours mensongers, ses demi-mesures et ses coups de force au parlement. Les Français menacés dans leur emploi, limités par l'austérité, matraqués d'impôts et réprimés dans leurs libertés se tournent vers la nouveauté et pourraient succomber à la tentation de un l'extrémisme encore inexploré. 

Les exégètes désemparés de la pensée unique agitent aussitôt le chiffon rouge de la "lepénisation" des esprits. Cette formule choc désigne une menace floue et confuse du changement promis qui n'est pas venu. Le courant de pensée incarné par la droite "décomplexée" constitue l'alternative attendue que la gauche socialo-communiste a échoué à incaner. En meeting à Saint-Raphaël (Var), le président de l'UMP, Jean-François Copé, a affirmé l'importance "majeure" des municipales de 2014 pour la droite, synonymes de "reconquête du coeur des Français", tout en stigmatisant "les égarements" de certains vers l'extrême droite. Porteuse de solutions face à "la souffrance des Français", l'UMP réaffirme : "nous n'appellerons pas à voter FN mais nous n'appellerons pas à voter pour le parti socialiste qui est allié à Jean-Luc Mélenchon", à l'extrême gauche.

La majorité a laissé les Français en deshérence face à la crise, au chômage et aux difficultés crées par l'hyper-fiscalisation socialiste ou l'absence de ligne politique, notamment en matière de logement. La France socialo-écolo qui ne parle que d'avancées fait régresser le pays, agitant des idées coupées de la réalité et pertubatrices des esprits préoccupés du quotidien. La refonte de l'économie, puis la recréation du lien social, imposeront un large consensus sur les valeurs, et non par le forçage des entreprises et des consciences. 
La majorité présidentielle a cru pouvoir mépriser sa gauche comme sa droite parce qu'elle concentre tous les pouvoirs, mais elle a ainsi fracturé le pays. La voici seule. Prise en tenailles par les extrémismes, elle dénonce et accuse ses adversaires, muselle son opposition interne et diabolise tout ce qui n'est pas elle. Faute de pouvoir maîtriser l'économie et la finance, la majorité tente d' imprimer sa marque sur la société. Elle brandit l'argument de la liberté et pratique la démagogie pour faire passer des réformes déstructurantes de la société occupée à sa survie et loin des préoccupations progressistes d'un pouvoir seulement soucieux de mariages homosexuel ou par consentement mutuel, d'IVG ou du droit de vote des étrangers. Mais les Français n'avalent pas les pilules comme leurs parlementaires les couleuvres. 

Les godillots des assemblées réalisent désormais qu'ils vont devoir retourner devant les électeurs dans quelques semaines. Ceux qui se sont faits élire sur des idées social-démocrates abandonnent leur morgue et jettent maintenant aux orties leurs réponses keynésiennes. Encore une volte-face collective faisant suite au virage à droite de Hollande qui fait désormais des grâces aux entrepreneurs et mise en économie non plus sur la demande mais sur l'offre ! Le basculement à droite ne concerne plus seulement le rejet des valeurs et des idées de gauche, mais de la politique de Hollande et de ses comportements publics et privés. La droitisation stigmatisée par les media prend racine dans la majorité présidentielle.

La défaite idéologique de la gauche pendant la crise

Cette droitisation est à l'oeuvre depuis la montée du Front National, favorisée par le président Mitterrand et de la proportionnelle. La présidentielle de 2002 a fait apparaître les fruits de ce machiavélisme politique, dont Lionel Jospin a fait les frais avec les concours de Jean-Pierre Chevènement (5,33 % des suffrages exprimés) et de Christiane Taubira, candidate du Parti radical de gauche et rivale de Jospin qui perd aussi ses 2,32 % des voix au premier tour et arrive 3e, derrière Jean-Marie Le Pen... 

La crise financière de 2008 a, depuis, étalé aux yeux de tous le besoin d'une union nationale que la gauche haineuse refusa au président Sarkozy. Nombre de ceux qui pensaient ouvrir un boulevard aux idées issues de gauche et toucher les dividendes de ce front de la gauche du refus en furent non seulement pour leurs frais, mais fort marris en 2012. Hollande crut alors opportun de rétablir le lustre des idées de gauche en tenant des propos d'une grande sévérité contre le monde de la finance, les spéculateurs et les fraudeurs. Mais son propre ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, se fit prendre la main dans ses coffres de Suisse et de Singapour...

Comment se manifeste cette droitisation?

Sans surprise donc,
l'arrivée de la gauche a boosté la progression des valeurs de droite. Les Français ont beau constituer un des peuples les plus méfiants à l'égard de la mondialisation et de l'économie capitaliste, à la différence notamment de 56% des Américains, la gauche n'est pas apparue plus capable que la droite pour les en protéger. Mais au profit de quel système alternatif, depuis l'échec du marxisme? L'UMP était cohérente et fidèle à sa ligne, tandis que le PS accumulait les renoncements sur tous les tableaux. 
Au point que François Hollande, à la façon d'un Schröder, vient d’annoncer le basculement de son quinquennat dans le social-libéral". "Il s’en défend, mais le chef de l’État a tracé mardi une feuille de route jusqu’en 2017 qui a tout à voir avec des solutions de droite", note L'Humanité. Hollande en est-il par conséquent arrivé au point qu'il ne craint même plus de désespérer les militants de gauche qui, comme ceux du 6 mai 2012, vont au charbon au printemps prochain ?

Une profonde aspiration à l'ordre 

Les Français, qui à 86% critiquait l'autorité, en redemandent à Valls
: d'abord, la transmission de l'effort et de la discipline(62%), et seulement après la formation à l'éveil et à l'esprit critique (38%). Adieu le raisonnement. La crainte sécuritaire s'est accentuée, 64% des Français estimant qu'on ne se sent en sécurité nul part (contre 40% en 2006). Les institutions en lesquelles les Français ont le plus confiance sont l'armée (79%), la police (73%)- elles représentent l'ordre-, loin devant la justice(46%) ou les syndicats(31%). La France va vraiment très mal!

La priorité de l'école est contrecarrée de l'intérieur par le ministre de l'Education soi-même qui la sape, dressant contre la majorité à la fois les professeurs, avec sa réforme des rythmes scolaires, et les parents, avec son introduction de la théorie du genre dans plusieurs académies. Les apôtres socialistes du mensonge nient jusqu'à l'existence d'une telle théorie et détournent sur la droite républicaine le boycottage de l'école par le collectif JRE de musulmans radicaux.
 
Christiane Taubira, la garde des Sceaux, braque aussi la France profonde par son laxisme et sa réforme pénale, qui sera examinée à l'Assemblée le 14 avril, est très contestée de toutes parts. Prévoyant la suppression des peines planchers et l'instauration de la "contrainte pénale", il contribue au basculement de l'opinion à droite. 

Sur le plan des moeurs, le débat accéléré et le vote anticipé du mariage homosexuel, dit du "Mariage pour tous", ont raidi l'opinion jusqu'au point de rupture. La méthode autoritaire (voire répressive) du gouvernement sur les projets de mariage entre personnes du même sexe et celui du droit d'adopter pour les couples homosexuels a provoqué une fracture profonde et une réorientation politique vers la droite, alors qu'ils étaient majoritairement envisageables en 2000 et 2008 respectivement. La machine progressiste en faveur du mariage gay qui devait se révéler irrésistible entre 2010 et 2012 s'est enrayée. Personne n'avait prévu l'ampleur de la mobilisation contre cette loi en 2013. En décembre dernier, six mois après le vote de la loi, alors que 7.000 couples (dont certains ont déjà divorcé) étaient déjà passés devant monsieur le maire, 55% des Français y restent opposés. La loi scélérate que l'on disait consensuelle, n'est pas démocratiquement valide.
Ces procédés sournois et les manipulations médiatiques font le lit de revirements spectaculaires que la gauche hégémonique ne soupçonnait pas. Ainsi, la part de Français favorables à la peine de mort, qui ne cessait de décliner depuis les années 1980, (avec seulement 32% de partisans en 2009) a récemment rebondi jusqu'à atteindre 50% des Français en décembre 2013. Les mauvaises manières de Christiane Taubira en font la ministre la plus détestée (et caricaturée, en guenon), malgré une forte concurrence (dont le "singe" Montebourg). 
Avec le sombre Ayrault, Taubira a ouvert vendredi, le "débat national sur la justice du XXIe siècle" avec pour objectif de rapprocher la justice des citoyens. Reste à savoir si, cette fois, la méthode sera à la hauteur de la sémantique. Il s'agit simplement de favoriser la médiation pour résoudre certains conflits, un domaine qui n'est pas dans sa sphère de compétence, mais tant qu'il s'agit d'autoriser les demandes de pièce justificative par SMS, n'est-ce pas, il est permis d'espérer qu'elle ne va pas trouver encore le moyen de bloquer le débat.

L'IVG reste aussi une mesure sur laquelle les détenteurs de l'autorité peuvent agir plus aisément que sur l'économie. En France, la gauche parlementaire a élargi son champ d'application en supprimant la restriction qui la limitait aux cas de "détresse". En Espagne en revanche, un projet propose de l'encadrer, mais les media hexagonaux se sont mis en formation de la tortue pour attaquer
Le Monde: "Avortement: la régression espagnole"; Rue89 (Nouvel Observateur): "Mobilisation pour soutenir l'IVG en Espagne"; LyonCapitale: "EELV manifeste pour le Droit à l'avortement en Espagne; 7sur7 : "Manif pro-avortement devant l'ambassade d'Espagne à Bruxelles"; Le Monde :" L'Espagne doit retirer son projet de loi anti-avortement", ... 

Même tendance droitière sur l'immigration: l'observation "qu'il y a trop d'immigrés en France" progresse (67%, +18 points en quatre ans). Le récent épisode sur les Rom a confirmé cet automne que les Français, en recherche ou non d'emploi, contrôleraient volontiers les portes du pays face aux clandestins. Parallèlement, les craintes identitaires, liées notamment aux poussées démographique et communautaire musulmanes, demeurent prégnantes. Dans ce contexte, jamais les Français n'ont été aussi réticents sur l'entrée de la Turquie en Europe (86% y sont opposés) et le versatile Hollande, en visite à Ankara, s'est d'ailleurs gardé de lui donner un quelconque espoir nouveau.

La conversion progressive des socialistes à l'entreprise 

Les Français se reposent moins sur l'appareil étatique pour espérer sortir de la crise.
 
En France, pays de tradition colbertiste et du centralisme démocratique à la socialiste, la facilité incite à  se tourner d'abord vers l'Etat pour être assisté et redresser de la barre dans la tempête. Or, à trois, les gros bras Ayrault, Moscovici et Sapin ne parviennent pas à inverser la courbe du chômage comme promis. Quant à lui, le socialiste Montebourg qui a menacé de nationalisation les entreprises en difficulté, fait maintenant entrer l'Etat au capital de l'entreprise (de transports!) Mory-Ducros, au moment où la girouette Hollande s'oriente au "social-libéralisme"désorientant les Français et d'abord ses électeurs.  En 2011, 58% pensaient que l'Etat devait contrôler plus étroitement les entreprises. Aujourd'hui, le balancier est reparti dans l'autre sens, puisque 59 % pensent au contraire, comme le leur disent les media, que l'Etat doit faire confiance aux entreprises et leur donner plus de libertés (+18 points en deux ans). 

Dès lors, quoi d'étonnant que les Français retirent leur confiance aux beaux parleurs et disent chercher mieux ailleurs.
Même si les grandes entreprises inspirent toujours de la méfiance (38%), les petites et moyennes entreprises constituent à cet égard une des institutions en laquelle les Français font le plus confiance (84%). D'une manière générale, les Français semblent écouter d'une oreille plus réceptive les chantres de l'entreprenariat. 

La place de l'Etat est clairement remise en cause. 
Hollande multiplie les créations de postes, alors qu' "il y a trop de fonctionnaires" pour 42% des Français, contre seulement 15% pour qui il n'y en a pas assez, mais Hollande continue de répondre à chaque problème par des créations de postes. En seulement 20 mois, il a fait du matraquage fiscal, impôts et taxes, l'un des points phares du rejet de la gauche et du détournement des Français de sa politique. 
Les impôts publics se positionnent désormais en deuxième position des priorités (pour 43% des Français, +16 points en un an) derrière le chômage. Implicitement, mais en profondeur, c'est la politique de redistribution et le poids de l'Etat dans l'économie qui est remis en cause. 64% des Français sont désormais prêts à renoncer aux 35 heures pour éviter que leur entreprise ne ferme leur porte. 

Pourquoi cette droitisation?
A son corps défendant, Hollande a provoqué un retour à la valeur travail, désormais revendiquée par les politiques de tous bords. La baisse du temps de travail n'a plus le vent en poupe et, avec la durée des temps difficiles sur le front de l'emploi, 64% des Français sont désormais prêts à renoncer au 35h pour éviter que leur entreprise ne ferme et licencie. 
Par ailleurs, on observe une crispation  certaine sur la question de l'assistanat : 52% estiment que "les chômeurs pourraient trouver du travail s'ils le voulaient vraiment". Et si l'Etat providence jouait son rôle? 

L'allongement de la durée de vie favorise le conservatisme
Il semble que l'allongement de la vie est un phénomène nouveau datant de 2012...  La gauche y voit une explication majeure à l'abandon de la gauche par les Français. Les sociologues la guettaient depuis des décennies, nous dit-on, mais le vieillissement de la population serait tombé sur Hollande. De là à expliquer des résultats électoraux calamiteux par ce vieillissement ce printemps, il n'y a qu'un pas de déambulateur. Chaque élection est l'occasion renouvelée de constater que l'électorat de droite est plus âgé que celui de gauche, mais c'est devenu plus vrai que jamais... Les immigrés ne font pas assez d'enfants ? Mais si vous pensez que le besoin de repères, de sécurité et de d'autoréalisation est également nécessaire aux plus défavorisés, vous aurez peine à suivre ce raisonnement peu vertueux d'analyste gauchiste.

Ce raisonnement récupère aussi la mondialisation et le sentiment que le temps s'accélère. 
Si on le suit, la gauche toute entière a-t-elle un avenir ? Elle a en effet le sentiment qu'en réaction, on redécouvre les valeurs traditionnelles.  Les efforts de l'école et des media seraient sans effets. Certes, les opposants s'en prennent aux journalistes militants sur le lieu des manifestations, mais cet aveu d'échec est tout récent. Le comble de la réaction droitière serait atteint avec le plaisir nouveau que prendraient les Français à redécouvrir son histoire et son patrimoine, de préférence au Tiers Monde dont les "factieux" se ficheraient comme du Quart. A preuve, la fidélité du public aux Journées du patrimoine ou les émissions et publications historiques! Toutes orientées qu'elles puissent être, si ces analystes y regarde bien ? Si la France est sur une mauvaise pente, ce n'est pas la faute à François: 78% des Français déclarent s'inspirer de plus en plus des valeurs du passé et lui échappent. L'analyste confie son déboussolement: la famille "s'érige" en rempart, sans que la multitude de divorces et de familles recomposées n'en altère l'image idéalisée. L'IVG, le divorce, la famille recomposée et le mariage gay, toutes ces "avancées" n'y font donc rien !  

Cette quête de repères est particulièrement nette auprès des catégories populaires. L'Etat est dépassé, réalise-t-on, puisqu'il ne peut rien contre la menace que constitue l'ouverture sur le monde. Plus exposée à l'insécurité du fait des lieux où elles vivent, elles sont désormais en pointe dans la demande d'ordre. Leur peur de déclassement et de perdre leur identité les rend plus méfiants à l'égard de la vie.  

Enfin, l'individualisme resurgit au catalogue des calamités qui s'abattent sur la gauche. 
"La perte de confiance à l'égard de la classe politique a rejailli sur l'Etat" : pour avancer une telle thèse, il faut être un décrypteur éclairé! L'Etat subit une multitude d'avanies et n'est donc plus responsable de rien. CQFD ! Au point culminant de la crise, en 2008-2009, car il ne s'est rien passé en 2006-2008, les Français se tournaient vers l'Etat pour la résoudre. Si les Français s'en détournent désormais, c'est qu'il a failli. L'entreprise a repris sa place et le mouvement des "Bonnets rouges" a constitué le troisième événement ayant le plus marqué les Français en 2013. Avec un Etat aussi fort, compétent et dirigé par Monsieur P'tite Blague, d'où vient que les Français soient rongés par le pessimisme ? Ils sont plus pessimistes encore pour l'avenir de la France (66% pessimistes), que pour eux-mêmes (40%). 60% pensent encore qu'ils peuvent contrôler la manière dont se déroule leur vie, mais ils se montrent donc moins confiants en leur dirigeants actuels. Pourquoi donc s'interroge-t-on sur ce qui les oriente à droite? 

La poussée à droite annoncée rebat les cartes du jeu politique. 

A court terme, elle conforte l'aile droite du PS et le centre. Mieux,
elle ouvre potentiellement la voie à une alliance entre centristes de gauche avec ceux de droite. La tentation de la frange gauche de l'UMP inquiète le PS autant que la fuite des syndicaliste de l'extrême gauche vers l'extrême droite. 
Le "social-libéralisme" de Hollande, si contre-nature soit-il, s'explique aussi par ce risque de pépassement du PS sur sa droite. 

L'UMP n'a pas fini de se féliciter de cette recomposition du paysage politique
sur sa ligne.
Si, à plus ou moins moyen terme, cette fuite à droite se poursuit avec un nouveau détricotage de la législation, c'est une nouvelle recomposition de la société qui pourrait s'opérer, ramenant optimisme, abondance et bien-être.