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jeudi 28 août 2014

Riposte de 200 députés socialistes aux "frondeurs" du PS

90 députés PS n'appellent pas au "rassemblement" derrière Hollande

L' "appel des 200" met en évidence le grossissement du nombre des "frondeurs"


Ils ont refusé de signer l'appel:
l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault,
les anciens ministres F. Lamy, D. Batho et Ph. Martin
Plus de 200 députés socialistes députés socialistes, ni godillots ni déloyaux - refusent appeler au "rassemblement" derrière Hollande dans une tribune publiée jeudi sur le site internet du journal Le Monde, Pravda du PS.

En juin, les "frondeurs" avaient été 41 à refuser de voter le pacte de responsabilité. Le 1er juillet, les députés ont voté le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2014 (307 voix contre 232 et 14 abstentions). 246 députés ont manqué à l'appel. Dans les rangs du PS, seul le député frondeur Christophe Léonard avait osé s'abstenir.

Ils sont désormais plus de deux fois plus nombreux à réclamer un changement de cap économique. 
Des Christian Paul ou Laurent Baumel sont piteusement rentrés dans le rang. Pouria Amirshahi, qui penchait comme eux pour une abstention, voire un vote hostile, sur le budget rectificatif de l'État, a alors déclaré qu'il se ralliait à la position commune, fruit de la "délibération collective"... 
Monsieur Anne Hidalgo, Jean-Marc Germain, un proche de Martine Aubry, a précisé pour sa part qu'il soutenait le premier ministre et "le soutiendra(it) jusqu'en 2017". 
La nomination du banquier Emmanuel Macron à la tête de Bercy et à la place de Montebourg, forte tête de la gauche du PS, pourrait le conduire, avec d'autres, à un renoncement à cet engagement.

Ils étaient déjà 90 "frondeurs" en avril 2014

Avant le discours de politique générale de Manuel Valls et le vote de confiance à son gouvernement
, 90 responsables socialistes, dont des députés issus de l'aile gauche du parti, des amis de Martine Aubry et d'autres sensibilités du PS réclamaient un nouveau "contrat de majorité". Lien JDD

Un appel clivant, mettant en demeure les parlementaires dits "frondeurs" 

Les vertueux godillots tentent de faire pression sur l'aile gauche du PS
Les signataires les stigmatisent. Ils leur font la leçon, se flattant d'être, quant à eux, "pleinement responsable de l'intérêt général de la gauche et du pays".
"Le président de la République a indiqué le calendrier de cette seconde moitié du quinquennat dans son entretien télévisé du 14 juillet. Nous nous inscrivons dans ce chemin", écrivent les signataires, dont le président de l'Assemblée Claude Bartolone, officialisant "la permanence d'une défiance a priori à l'égard de l'exécutif".

Les "donneurs de leçon" du PS


Ibrahim Aboubacar, Patricia Adam, Sylviane Alaux, Jean-Pierre Allossery, François André, Nathalie Appéré, Joël Aviragnet, Pierre Aylagas, Guillaume Bachelay, Jean-Paul Bacquet, Dominique Baert, Gérard Bapt, Frédéric Barbier, Ericka Bareigts, Claude Bartolone, Marie-Noëlle Battistel, Nicolas Bays, Catherine Beaubatie, Jean-Marie Beffara, Luc Belot, Chantal Berthelot, Gisèle Biémouret, Philippe Bies, Erwann Binet, Yves Blein, Jean-Luc Bleunven, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Pascale Boistard, Christophe Borgel, Florent Boudié, Christophe Bouillon, Brigitte Bourguignon, Emeric Bréhier, Jean-Louis Bricout, Jean-Jacques Bridey, François Brottes, Sabine Buis, Jean-Claude Buisine, Sylviane Bulteau, Vincent Burroni, Alain Calmette, Colette Capdevielle, Christophe Caresche, Marie-Arlette Carlotti, Martine Carrillon-Couvreur, Christophe Castaner, Laurent Cathala, Jean-Yves Caullet, Guy Chambefort, Jean-Paul Chanteguet, Marie-Anne Chapdelaine, Guy-Michel Chauveau, Jean-David Ciot, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Marie-Françoise Clergeau, Philip Cordery, Valérie Corre, Jacques Cresta, Carlos Da Silva, Seybah Dagoma, Yves Daniel, Pascal Deguilhem, Michèle Delaunay, Guy Delcourt, Sébastien Denaja, Françoise Descamps-Crosnier, Sophie Dessus, Michel Destot, Fanny Dombre-Coste, René Dosiere, Philippe Doucet, Sandrine Doucet, Françoise Dubois, Anne-Lise Dufour-Tonini, Françoise Dumas, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Jean-Paul Dupré, Yves Durand, Philippe Duron, Corinne Erhel, Sophie Errante, Marie-Hélène Fabre, Alain Faure, Martine Faure, Olivier Faure, Matthias Fekl, Hugues Fourage, Jean-Marc Fournel, Valérie Fourneyron, Michèle Fournier-Armand, Michel Francaix, Christian Franqueville, Jean-Claude Fruteau, Jean-Louis Gagnaire, Geneviève Gaillard, Guillaume Garot, Hélène Geoffroy, Jean Glavany, Yves Goasdoué, Geneviève Gosselin-Fleury, Pascale Got, Marc Goua, Laurent Grandguillaume, Estelle Grelier, Jean Grellier, Elisabeth Guigou, Thérèse Guilbert, David Habib, Razzye Hammadi, Joëlle Huillier, Sandrine Hurel, Monique Iborra, Françoise Imbert, Michel Issindou, Serge Janquin, Henri Jibrayel, Armand Jung, Marietta Karamanli, Bernadette Laclais, Anne-Christine Lang, Colette Langlade, Jean Launay, Pierre-Yves Le Borgn', Jean-Yves Le Bouillonnec, Patrick Lebreton, Anne-Yvonne Le Dain, Jean-Yves Le Déaut, Annie Le Houérou, Annick Le Loch, Jean-Pierre Le Roch, Bruno Le Roux, Michel Lefait, Dominique Lefebvre, Patrick Lemasle, Catherine Lemorton, Annick Lepetit, Bernard Lesterlin, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Martine Lignières-Cassou, François Loncle, Gabrielle Louis-Carabin, Victorin Lurel, Jean-Pierre Maggi, Jacqueline Maquet, Martine Martinel, Frédérique Massat, Sandrine Mazetier, Michel Ménard, Patrick Mennucci, Philippe Nauche, Nathalie Nieson, Robert Olive, Monique Orphe, Michel Pajon, Luce Pane, Rémi Pauvros, Germinal Peiro, Hervé Pellois, Jean-Claude Perez, Sébastien Pietrasanta, Martine Pinville, Christine Pirès-Beaune, Philippe Plisson, Elisabeth Pochon, Pascal Popelin, Emilienne Poumirol, Christophe Premat, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Catherine Quéré, Monique Rabin, Dominique Raimbourg, Marie Recalde, Eduardo Rihan-Cypel, Alain Rodet, Marcel Rogemont, Frédéric Roig, Bernard Roman, Gwendal Rouillard, René Rouquet, Alain Rousset, Boinali Said, Béatrice Santais, Odile Saugues, Gilbert Sauvan, Gilles Savary, Christophe Sirugue, Julie Sommaruga, Gérard Terrier, Thomas Thévenoud, Sylvie Tolmont, Jean-Louis Touraine, Catherine Troallic, Cécile Untermaier, Jean-Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, Jacques Valax, Clotilde Valter, Michel Vauzelle, Olivier Véran, Fabrice Verdier, Patrick Vignal, Jean-Michel Villaume, Jean-Jacques Vlody.  


mercredi 16 avril 2014

Annonces de Valls: consternation parmi les députés PS, pour commencer

Hollande va-t-il achever la "gauche sociale"?

Ca va charcler: après la surfiscalisation, l'austérité pour tous
Mais que nous lui avons-nous donc fait ?
Gel des prestations sociales, report de la hausse du RSA, pénalisation des fonctionnaires et des retraités, menaces sur l'APL, etc... Le Premier ministre a précisé comment il va tenter de réaliser 50 milliards d'euros d'économies, sans pousser les Français dans la rue.

De nombreux députés PS sont "atterrés" par les annonces de Manuel Valls 
Elles sont "inacceptables en l'état sur le fond comme sur la forme", a clamé mercredi 16 avril Christian Paul, l'un des députés de l'aile gauche du PS qui avaient réclamé un contrat de majorité avant le vote de confiance. "Le groupe socialiste a découvert dans un silence total ces annonces", a dit Christian Paul. 
Ambiguïté "atterrante"

Les fayots glosent  
Caresche et Le Roux préviennent que Valls fera le compte de ses amis  
Déjà comptées, les subventions gouvernementales se mériteront...  

D'autres députés PS qui avaient comme lui voté la confiance au gouvernement, ont fait part de
leur désapprobation, sur Twitter comme Michel Pouzol, Laurent Baumel ou Jérôme Guedj.
Sur la même ligne, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a affirmé que les annonces de Manuel Valls allaient être "très défavorables aux classes modestes et populaires", soulignant qu'on ne peut y voir de la "justice sociale".
Elle a notamment regretté le gel du point d'indice des fonctionnaires, un "scandale" selon elle, mais aussi la non revalorisation des prestations sociales jusqu'en octobre 2015, estimant que les petites retraites en feront les frais. "On ne peut pas dire que ce soit de la justice sociale", a déploré la sénatrice.
"Dur avec les faibles et faible avec les durs"

Le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon,évoqué une politique "brutale", affirmant que "ce gouvernement est dur avec les faibles et faible avec les durs""Les mesures annoncées sont régressives" et "visent à accompagner une stratégie d'austérité", a affirmé le secrétaire général de la CGT sur BFM-TV. 
Parmi les "mauvaises nouvelles" énoncées par le Premier ministre, l'air grave et important, la CGT a retenu "le gel des salaires des fonctionnaires" au "même moment il a trouvé 30 milliards d'euros pour les entreprises", dans le cadre du pacte de responsabilité.
Manuel Valls "garantissait des discussions et des concertations" sur les mesures à prendre, rappelle le patron de la CGT évoquant leur rencontre la semaine dernière. Mais "la politique brutale menée par Manuel Valls ne prend pas en compte les propositions qu'ont pu faire les syndicats", a-t-il assuré.
"Ca va saigner"

"'Plus vite, plus fort', en effet", écrit le communiste Olivier Dartigolles dans un communiqué, "mais en aucun cas 'plus juste'".
Le PCF dénonce, outre "les arbitrages", "à la marge" du Premier ministre, décidés "sans consultation du Parlement et des partenaires sociaux", "le pacte de responsabilité", "gravé dans le marbre d'une austérité que surveillent de près la Commission européenne et le patronat".

Manuel Valls s'arroge tous les pouvoirs

Valls a imposé le silence à tous les membres du gouvernement et seule Ségolène Royal transgresse ostensiblement la règle à la fin de chaque Conseil des ministres.
Valls parle en lieu et place du porte-parole du gouvernement, entretenant le conte merveilleux de l'action gouvernementale avec, au final, un seul et unique message : 'ça va saigner. Et à tous les étages'", assure Olivier Dartigolles à propos du plan d'économies.

Va-t-il réduire le président au silence ?

mercredi 9 avril 2014

Incapable au PS, Désir sera assez bon pour les Affaires européennes...

Le PS n'a-t-il pas plus de respect de l'Union européenne ? 

Une marque de mépris au moment où Bercy quémande un nouveau délai
Coup de kärcher au PS 
Un grand nettoyage de printemps ! Après le gouvernement et le cabinet de l'Elysée, François Hollande, qui a nommé Manuel Valls premier ministre, a remanié le gouvernement, remplacé Pierre-René Lemas par un intime, Jean-Pierre Jouyet, au secrétariat général de l'Elysée, et a également changé la direction du Parti socialiste. Pour remplacer le premier secrétaire coopté, Harlem Désir, la chose de François Mitterrand à la tête de SOS Racisme, l'hypothèse de l'apparatchik Jean-Christophe Cambadélis est sérieusement envisagée au sommet de l'Etat, depuis que Désir est nommé secrétaire d'Etat aux affaires européennes et remplacé par intérim à Solférino par le député de Paris, dans l'attente d'une régularisation par les instances du PS. Bien que ce bourgeois qui vit de ses rentes n'ait jamais rien fait de ses dix doigts, il pourrait servir de gage à la gauche du PS!

Le Monde titrait: "Harlem Désir menacé à la tête du PS"

Qualifié d'inutile et inaudible au lendemain de la défaite des municipales, Harlem Désir devait déjà être exfiltré par Jean-Marc Ayrault avant même le verdict des urnes. Désir était en effet apparu plus bête et méchant que agressif ou pugnace et s'était retrouvé de plus en plus isolé au fil des mois. Mardi 8 avril, toujours très clairvoyant, il déclarait encore au Monde : "Je suis le premier secrétaire du Parti socialiste et je le reste." Mais "Harlem a compris qu'il n'avait pas le choix : soit il sortait maintenant avec un éventuel parachute doré, soit c'était après les élections européennes avec du goudron et des plumes", expliquait un cadre socialiste.

Il serait donc remplacé par Jean-Christophe Cambadélis, déjà candidat au poste en 2012, au détriment du numéro deux statutaire du parti, le député fabiusien Guillaume Bachelay et bien qu'Emmanuel Maurel, le leader de l'aile gauche du Parti socialiste, déjà en course contre Désir à Toulouse, pouvait lui aussi prétendre au poste.

La désignation de Cambadélis serait un signe envoyé par l'exécutif aux amis de Martine Aubry, mal servis en postes dans le nouveau gouvernement. Proche de la maire de Lille mais " hollando-compatible", l'ex-trotskiste n'a pas pris le risque de signer l'appel des 87 élus frondeurs socialistes (lien Le Monde) pourtant signé par le député (Hauts-de-Seine) signataire Jean-Marc Germain, conjoint d'Anne Hidalgo, maire de Paris, et ratifié par plusieurs aubristes exigeant un "contrat de majorité" avec Matignon.

Parachutage infâmant aux Affaires européennes

Que faire de ce boulet de premier plan ? 
L’eurodéputé socialiste n’a qu'une très faible légitimité pour occuper les fonctions, mais Hollande l'a pourtant affecté au Secrétariat d’Etat aux Affaires européennes. Il n'y avait en fait pas de pire signal qu’un limogeage politique. Encore une occasion manquée pour un poste qui est décidément toujours aussi peu recherché et rempli par le bras cassé du moment ou un anonyme, tel son prédécesseur, Thierry Repentin, qui n'a pas marqué la fonction.

Bercy se contentera-t-il d'un Désir, notamment depuis la crise de l’euro. 

Député européen, Harlem Désir n’a pas manifesté un intérêt particulier pour la chose communautaire à Bruxelles ou à Strasbourg où il brillait par ses absences.  Selon l’ONG VoteWatchEurope, qui suit le travail des élus, le nouveau secrétaire d’Etat est plutôt un cancre dans l’hémicycle. Il se classe au 752e rang sur 766 députés pour son assiduité lors des votes, avec une participation à seulement 48,69% d'entre eux. Moins d’un sur deux. Et ses collègues étrangers sourient quand on demande son niveau en anglais, allemand ou espagnol…

De plus, la France en est quand même à son dixième secrétaire d’Etat aux affaires européennes en dix ans, quand l’Allemagne en a eu moins de deux fois moins sur la période. Et avec des profils moins iconoclastes que côté français, où Hollande récidive après l'envoi d'un expert des HLMThierry Repentin

Manuel Valls aurait donné un signal positif s’il avait nommé un vrai connaisseur de l’Europe. Par exemple, le député socialiste franco-allemand Matthias Fekl, trentenaire dynamique et enthousiaste, totalement bilingue, qui a vécu dans les deux pays, est allé à l’école dans les deux systèmes et qui a un sacré réseau à Berlin. Il aurait été le premier ministre franco-allemand dont on a si souvent parlé dans les sommets européens. Faute de quoi nous avons un ex-Premier secrétaire déplumé !

"Recasage", "scandale", souligne Le Nouvel Observateur

Yves Jégo, député et président de l'UDI par intérim,  ironise  sur cette nomination: "Comment peut-on [...] comprendre que celui qui a notamment perdu les élections municipales pour le PS se voie ainsi clairement recasé au gouvernement afin de libérer le poste de premier secrétaire du PS ?"

L'altermondialiste Yannick Jadot (EELV) y voit lui de petits arrangements qui l'irritent : "L'Europe otage de la petite politique des premiers secrétaires du PS. Triste féodalisme socialiste".

Pour Florian Philippot, vice-président du FN, c'est une "promotion" inacceptable : "La séquence 'gouvernement de combat' se conclut donc sur la promotion-sanction de Harlem Désir au gouvernement... Tout ça pour ça ! Oust !"

L'ex-PS Pierre Larrouturou dénonce pour sa part un "total scandale", tandis que la sénatrice UDI Chantal Jouanno parle d'une "vraie provocation", pointant son absentéisme à Bruxelles. "L'indésirable du PS, absent du Parlement européen en charge des Affaires européennes", écrit-elle.


Le Parti communiste épingle de son côté le "jeu de chaises musicales bien peu reluisant" de François Hollande, qui préparerait "le dynamitage du PS".
"L'exfiltration calamiteuse d'Harlem Désir du poste de Premier secrétaire, son remplacement dirigé depuis l'Elysée [au mépris des engagements de "Moi, président" meilleur que les autres] sont autant de signes de l'entreprise de refonte du PS à laquelle se livre actuellement le président de la République", écrit-il.

Même le collègue d'Harlem Désir Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget, finit par le tacler : "Je crains qu'il poursuive la politique qui est conduite aujourd'hui par le gouvernement, qui est une politique dans l'erreur", a-t-il dit sur LCI.

Au sein du PS, les membres de la gauche forte ont dénoncé des pratiques "pas acceptables", le nom du futur Premier secrétaire du parti ayant filtré avant même la nomination d'Harlem Désir à l'exécutif. Ils demandent un vote interne, mettant en avant la tradition de "démocratie" du Parti socialiste.
VOIR et ENTENDRE la bronca à gauche:

Question de dignité: pourquoi Harlem Désir ne renonce-t-il pas ?

Conservera-t-il aussi la tête de liste en Ile-de-France aux élections européennes du 25 mai ? 
 Selon plusieurs sources, la plus grande incertitude persiste. Là aussi, il pourrait être remplacé par Vincent Peillon. L'ancien ministre de l'éducation nationale, jusqu'à présent tête de liste aux européennes dans la circonscription du Sud-Est, pourrait être envoyé dans la région parisienne. "Une telle opération est une farce, estime un dirigeant du PS. D'un côté, Harlem accepte d'être humilié pour un plat de lentilles ; de l'autre, Hollande et Valls récompensent l'échec en lui disant : "Tu as tellement démérité au PS que l'on te nomme au gouvernement de combat !"
"Comment un tel changement pourrait-il être accueilli par les militants du PS ?" Et les électeurs!

dimanche 6 avril 2014

Vote de confiance : le nombre des députés PS qui défient Hollande et Valls grossit

Plus de 100 députés PS posent leurs conditions

Près de 100 députés socialistes en colère ont signé une pétition réclamant un "contrat de majorité"
 
avec le nouveau gouvernement, juste avant le discours de politique générale de Manuel Valls mardi. Soit déjà un tiers du groupe à l'Assemblée nationale.
Ce texte est "une démarche inédite qui répond à une situation politique sans précédent à gauche", explique au journal socialiste Le Monde le député de la Nièvre Christian Paul, un de ses initiateurs. La vague bleue a ébranlé le Parti socialiste aux municipales: c'est, selon lui, "une des plus graves défaites de mi-mandat de la gauche au pouvoir".

Plusieurs députés menacent de ne pas voter la confiance
, sauf à obtenir un "contrat de majorité".  Quoiqu'encore doté d'une cote de popularité positive, Manuel Valls ne connaîtra pas l'état de grâce de ses prédécesseurs. Ayrault a frappé dur. Fiscalité et austérité ont augmenté mais la courbe du chômage  n'a rien cédé et les déficits publics ont crû. La paire de gifles des municipales ne semble pas avoir été assez cuisante pour que Hollande évite de ressortir de rossignols et de reconduire des bras cassés dans le nouveau gouvernement. Hollande et Valls ont tout fait pour que Matignon soit bel et bien le point de confluence des rancœurs, des méfiances et des jalousies. 

Surveillé par François Hollande, qui a placé ses fidèles aux postes clés (même s'il n'a pu imposer son ami François Rebsamen à l'Intérieur) et invite par voie de presse son nouveau Premier ministre à "faire du Valls", le promu qui est déjà dans le collimateur de son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, qui n'a pas digéré les conditions de son limogeage à la façon de Delphine Batho, ni le choix de son successeur, est en butte déjà aux tentatives d'émancipation de l'une (Ségolène Royal) et aux rivalités des autres (Fabius et Montebourg, Montebourg et Sapin…). Lâché par les altermondialistes d'EELV que ses options droitières révulsent, voici Manuel Valls focalise tous reproches des vaincus et des aigris et la fronde de nombreux parlementaires socialistes monte.

La confiance à son gouvernement sera votée mardi soir à l'Assemblée nationale. Cela ne fait guère de doute, mais dans quelles conditions ! Et la question est de savoir si la majorité qu'il obtiendra sera une mise en garde. La confiance sera certainement votée par les velléitaires de gauche, même si l'opposition reçoit le renfort des 10 députés du Front de gauche. Seuls sont comptabilisés en effet les suffrages exprimés. 
Ne seront pas pris en compte dans le résultat final les abstentions possibles des écologistes, voire des trois élus chevènementistes (qui siègent au groupe PS) ou de quelques députés de l'aile gauche du PS. Et les menaces de dissolution brandies par François Hollande devraient refroidir les ardeurs.

Le vent de fronde souffle fort au groupe socialiste
 
Un texte circule, qui serait signé par une centaine de députés. 
La liste des signataires devrait être connue ce week-end. "Le Monde" explique qu'on retrouve plusieurs courants du socialisme : "membres des 'reconstructeurs', sensibilité composée de fabiusiens et d'anciens strauss-kahniens, des proches de Martine Aubry, de Benoît Hamon ou d'Arnaud Montebourg, ainsi que l'aile gauche traditionnelle du PS".

Ce texte pose clairement "les conditions de la confiance" exigeant "un contrat de majorité" qui en dit long sur le climat de défiance au PS. Y figureraient  une "réorientation" de l'Europe, "un plan de relance contre la déflation", "une révision des trajectoires budgétaires" envoyées à Bruxelles, une "réforme fiscale" incluant notamment une CSG progressive, une plus forte régulation des activités bancaires et financières.

Les pétionnaires veulent "agir et ne pas subir" 

"Le temps du Parlement est venu", affirment-ils, posant "les conditions de la confiance". Ils demandent notamment la remise en cause de l'austérité européenne "par un plan de relance contre la déflation" et "une révision des règles budgétaires" qu'ils estiment "insoutenables et ennemies de la croissance et de l'emploi". Pour eux, l'Union européenne doit procéder à des "investissements massifs" dans "les énergies renouvelables, les transports, le numérique, la construction de logements, la recherche", sans quoi il n'y aurait pas "d'échappatoire au déclin".  Le spectre d'Athènes se dresse devant les frondeurs, alors que la Grèce a amorcé son redressement.

Ils demandent également plus de social :"la création réelle d'emplois", "des mesures en faveur des bas salaires" et la revitalisation du Parlement.

Il s'agit aussi de "réaffirmer et amplifier les choix et les engagements de 2012", soit "muscler les efforts de régulation des activités financières et bancaires", "rendre populaire la transition écologique" ou encore "défendre l’égalité des territoires".

"Cette lettre n'est ni une rébellion, ni une dissidence, mais l'expression de ce qu'attendent de nous les Français", affirme Christian Paul au "Monde". Le vote de confiance à Manuel Valls n'est pas remis en question. "Ne pas voter la confiance serait comme nous autodissoudre", reconnaît un signataire.

Les députés exigent une meilleure association à l'action du gouvernement
Alors qu'en 2012 Hollande promettait dialogue et concertation à tous les étages, les signataires brandissent cette menace : "Si le gouvernement rejette systématiquement nos amendements, il manquera plusieurs voix le jour du vote." Ces signataires veulent pour l'heure simplement peser et prendre date. Le danger pour Valls est qu'ils ne viennent pas - ou pas seulement - de la turbulente aile gauche, mais de plusieurs courants, à commencer par celui qui avait porté Martine Aubry à la tête du PS en 2008. Ce sont d'ailleurs deux proches de la maire de Lille qui se trouvent à la manœuvre, à savoir son ancien directeur de cabinet au PS, Jean-Marc Germain, aujourd'hui député des Hauts-de-Seine, et l'ancien ministre Christian Paul.

Les avatars du passage de Martine Aubry rue de Solferino n'en finissent pas de se faire sentir pour François Hollande et ses premiers ministres successifs. Il y avait d'abord eu l'accord passé avec sa complice C. Duflot en faveur des Verts, qui leur a permis d'avoir un groupe grâce à des circonscriptions laissées par le Parti socialiste. Il y a aujourd'hui tous ces députés PS qui doivent leur investiture à Martine Aubry et font du groupe socialiste un groupe bien peu " hollandais". 
À cela s'ajoute l'aversion profonde de Mme Aubry pour Manuel Valls, qu'elle avait même menacé en 2009 d'exclure du Parti socialiste après que celui-ci eut multiplié les prises de position iconoclastes.


Même si ces troupes aubrystes se montrent encore disciplinées, tout le groupe socialiste votera-t-il pour autant la confiance ? "Je n'en mettrais pas ma main au feu, souffle un bon connaisseur des arcanes parlementaires. Il en manquera peut-être quelques-uns, les éternels trublions." 

Nombreux sont sans doute ceux qui partagent la position exprimée hier par Henri Emmanuelli (ci-contre) dans Sud Ouest : "Je ne suis pas enthousiaste à l'idée de voter la confiance à ce nouveau gouvernement, explique le député des Landes. Surtout si, comme je l'entends dire, on y greffe le vote sur le pacte de responsabilité. Cela me paraît difficilement acceptable."

Il paraît en effet probable que le gouvernement n'engagera pas une deuxième fois sa confiance dans un mois ou deux sur le pacte de responsabilité.
Ce pacte ne devrait faire l'objet que d'une déclaration éventuellement suivie d'un vote. Manuel Valls devrait préciser que le vote de confiance portera aussi - et surtout - sur le pacte de responsabilité. Un pack anti-démocratique qui force la main des élus du peuple.  D'où l'indignation croissante d'une partie du PS. 
L'heure de vérité devrait en tout état de cause sonner vraiment lors du vote des textes budgétaires qui intégreront les milliards d'économies annoncés.

samedi 5 avril 2014

La majorité présidentielle bat de son aile gauche du PS

"L'ombre de Martine Aubry" pèse sur la majorité  

L'exécutif se prépare 
à un "bras de fer" avec les partisans de Martine Aubry 
qui a pris la tête des députés de la gauche du PS. L'état de la France n'exige-t-il pas plus de responsabilité et d'unité entre les ailes droite et gauche d'un PS retourné à sa guerre des chefs et menacé par la réactivation de l'axe Aubry-Duflot  ? 

Il semble en effet que le retour en grâce de Ségolène Royal au côté de François Hollande dans l'équipe droitière de Manuel Valls a relancé la guerre des gangs à gauche.   

Le "contrat de majorité". 
Manuel Valls prononcera son discours de politique générale, mardi à l'Assemblée. Le nouveau Premier ministre sera bien évidemment sous le regard de centaines de parlementaires hostiles, à droite, chez les écologistes et jusqu'au sein même du parti socialiste. "Pas moins de 80 députés, fidèles à Martine Aubry et/ou appartenant à la gauche du PS, sont en train de rédiger un 'contrat de majorité'. L'idée consiste à fixer la ligne rouge à ne pas dépasser entre les mesures qu'ils sont prêts à voter, et celles pour lesquelles ils ne le sont pas", expliquee vendredi Caroline Roux, éditorialiste politique d'Europe1.

Vers un "bras de fer"

"Oui" aux économies liées à une meilleure réorganisation de l'Etat, mais "non" aux reculs sociaux; "Oui" au Pacte de responsabilité, mais seulement si les aides sont ciblées sur la recherche et l'innovation, préviennent ces élus. "C'est le réveil de la majorité silencieuse", commente Jean-Marc Germain, un proche de la maire de Lille. Le "contrat de majorité" est en ce moment même en train de tourner pour accumuler le plus de signatures possibles de députés socialistes. L'un des députés proches de l'ancienne secrétaire nationale du PS n'hésite déjà pas à parler de "bras de fer" à venir à l'Assemblée nationale.

"L'ombre" tutélaire de la Ch'tite Aubry. 
"Mardi, ils vont demander à être reçus par le Premier ministre. Puis ils ont prévu de se réunir une fois par semaine et de fixer une solidarité sur les votes", détaille Caroline Roux. Et de poursuivre : "dimanche, lors du second tour des municipales, ils ont vu les villes tomber les unes après les autres. Ils ne veulent donc plus voter les yeux fermés pour des mesures auxquelles ils ne croient pas". D'autant que selon l'éditorialiste d'Europe1, "l'ombre de Martine Aubry permet de rassurer les plus prudents", ceux qui seraient amateurs d'ombre, de fronde  et de complot.

Ce vent de fronde des Aubrystes s'explique par l'absence de place accordée aux proches de la maire de Lille dans le nouveau gouvernement de Manuel Valls. Le seul représentant du courant était le ministre de la Ville, mais François Lamy  a été débarqué. "Il n'a été reçu dans le bureau de Manuel Valls qu'après la présentation du nouveau gouvernement", précise Caroline Roux. Comme le dit un tout proche de Martine Aubry : "C'est une équipe 100% Holando-Hollandaise". Et dans sa bouche, ce n'est pas un compliment.

Il faut être le journal Le Monde pour estimer que les équilibrages politiques de Hollande sont équitables. 
L'inconsistant Benoît Hamon, l'imprévisible Montebourg ou l'autonome Laurent Fabius ne sont visiblement pas les cautions à la gauche que certains prétendent. Il faudra plus à la Ch'tite Aubry que les croissants de Montebourg aux syndicalistes de la CFDT faisant le siège de Bercy...