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lundi 20 novembre 2017

Macron inquiète les élus LREM soucieux de démocratie

Le président trentenaire au sommet du dispositif est-il capable de tenir sa promesse de renouvellement politique ?

La République En marche a donné un signe de vie politique, samedi


Tout commence par l’aventure individuelle 
d’un jeune homme ambitieux et pressé, 
marié à une femme plus âgée que lui 
et qui, pour parvenir à ses fins, 
bouscule les gens en place
Après dix-huit mois d'errements consécutifs à un succès inattendu à la présidentielle, LREM a tenu son premier conseil national, à Lyon samedi  au prétexte d'entériner la nomination de Christophe Castaner au poste de délégué général du mouvement. Un mauvais signal, puisque les adhérents ont été privé d'un vote démocratique: Castaner est le choix du président et non pas de la base... Sa tâche de démocratisation du parti est donc immense, urgente et compliquée. Mais est-ce vraiment sa mission ?

Des adhérents vigilants ont déjà claqué la porte. Certains, une première centaine, ont publié une tribune pour alerter l'opinion et dénoncer le manque de démocratie interne... Pourquoi Macron prend-il le risque de se couper de son parti ?

Trop occupés à se positionner dans les différents organigrammes du nouveau système et négligents de la base en demande de communication avec ses élus absents, les généraux du Bonaparte de l'Elysée ne se sont pas souciés de transformer la dynamique de campagne en adhésion populaire. Nombre de marcheurs restent dans l'attente d'un début de réalisation des promesses de renouvellement de la pratique démocratique. D'autant que la concentration des pouvoirs aux mains d'un hyper-président grognon et chafouin est organisée avec le concours de collaborateurs en réseaux technocratiques concentriques convergeant vers l'Elysée. 

La mutation du mouvement En Marche! s'est opérée à la tête, laissant les militants au bord du chemin, déçus. Ce parti n'aura d'avenir que s'il réalise la régénération démocratique à laquelle ses membres aspirent. Or, bien qu'installé au pouvoir depuis six mois, il inspire doute et colère. Le pouvoir s'est privé de l'état de grâce qu'on croyait automatique. Si les contradictions et les incertitudes  perdurent, demain pourrait devenir très problématique.

Le jeune président n'a pas donné de coup de vieux à l'"ancien monde" 
Lorsque, dans leur arrogance, les nouveaux maîtres évoquent la création de l'UNR et de la Ve République, ils veulent ringardiser "l'ancien monde", mais n'ont  encore suscité aucun désir profond de nouveauté, ni proposé aucune alternative cohérent. Ils s'affirment ni de droite, ni de gauche et se cherchent un ancrage: tant est si bien que Juppé prend le relais de Bayrou, lui ouvrant le centre, un centre ancien, lui-même incertain. Cette proposition de repère stable, à l'ancienne, serait une intégration du parti au paysage politique du vieux monde, la promesse de sclérose qui guette le centre incapable de se régénérer.   
Au départ, l'UNR, ancêtre de l'UMP, ne se réclamait déjà pas de valeurs axées sur la participation des citoyens, mais son chef entretenait le lien. Si le gaullisme, en temps qu'organisation, a toujours été teinté de "bonapartisme", il était incarné, tandis qu'Emmanuel Macron n'incarne rien de plus que la présidence.

Le parti du président cessera-t-il d'être la chose du président pour représenter enfin le peuple de ses électeurs ? 

Ce chef d'Etat occupe toute la place et sa majorité n'a encore pas investi la sienne. Les députés se satisfaisaient, pensait-on, de l'ombre dans laquelle l'astre présidentiel les maintenait. Mais une poignée d'entre eux a redressé la tête, réclamant l'accomplissement des promesses de campagne et leur juste part des responsabilités.

C'est le défi que ce nouveau parti doit relever, à partir de rien, ni culture politique, ni maillage territorial. Etre un laboratoire, une fabrique politique qui renouvelle la participation et la mobilisation des militants en interne, ça va un moment, puis vient le besoin de produire des applications innovantes, tout en remplissant la mission institutionnelle classique qui est la leur : trouver des relais de terrain et passer de la pédagogie à l'action. Mais, six mois se sont déjà écoulés depuis l'élection et au temps des rêves et de l'arrogance doivent impérativement succéder les réalisations et la proximité. Or, l'enjeu des semaines à venir est de faire tomber le  doute qui s'est installé sur la capacité de la majorité à s'émanciper du chef.

En revendiquant le statut de parti start-up ou en multipliant les annonces d'efficacité prochaine, de pragmatisme potentiel, d'efficacité du 'team building', dont on a vu que le premier séminaire a manqué son objectif, provoquant l'ire de l'Elysée, LREM a placé la barre hors de sa portée. Ses membres prétentieux ont affiché leur incompétence à l'Assemblée et le registre managérial ne fait plus illusion, la "société civile" sur laquelle le candidat Macron misait, s'est révélée inadaptée : les start-uppers ont tout à prouver, et singulièrement sur la durée. 

Le président profite des défaillances des élus. Son avantage est-il de les laisser s'émanciper ? La démocratie y aura tout intérêt, si elle parvient à contrebalancer la propension du chef de l'Etat à s'engouffrer dans les failles de ses interlocuteurs. Les jeunes députés se hisseront-ils à la hauteur de la tâche où on les attend ou leurs défaillances profitent-elles à leurs cadres et à la garde rapprochée du président, éprise comme lui de verticalité et de pouvoir, sans partage, renforçant alors les déceptions et les frustrations, mais surtout, fixant durablement le déséquilibre entre les pouvoirs déjà créé... Si la centralisation du pouvoir, la volonté de modernisation numérique et la rhétorique marketing doit continuer, la crise démocratique ne sera pas surmontée. 

Le risque d'un parti au pouvoir est de perdre du poids, de l'efficacité et de la crédibilité.

Or, LREM n'a rien à perdre des trois. Il est pléthorique et son embonpoint le paralyse. Il est inefficace, puisque le président le contourne et décide par ordonnances. Sa crédibilité est si faible que ses membres sont déjà considérés comme des "godillots". Comme sous le quinquennat de François Hollande, les députés ne se sont encore pas distingués par des propositions innovantes. Ils se font une gloire de voter sans broncher tout ce que propose le président...

La majorité présidentielle n'a toujours pas compris qu'en démocratie, le pouvoir vient du peuple et que la fonction d'écoute des aspirations des militants et de traduction  des volontés des électeurs leur incombe.

La sanction n'a pas tardé. Il n'y aurait déjà plus que 120.000 adhérents actifs. LREM a renforcé la technocratisation du politique et l'imagination est forcément bridée par les schémas de pensée issus d'en haut. D'autant plus que LREM dispose de peu d'élus locaux et que ses députés sont souvent sortis d'une entreprise -certes ambitieuse- mais souvent petite et non consolidée par le temps. Ce parti hors sol s'alimente  faiblement du retour de terrain.

Et Christophe Castaner est un homme de cabinets ministériels tardivement converti  au terrain...
Mais il ne connaît que Forcalquier -4.600 âmes- et sa région, PACA, n'a découvert ce "cacou" qu'en 2015, pour le quitter sans regret à la Régionale. 
Selon l’association Contribuables Associés, l’ancien maire y laisse un bilan pour le moins contrasté. Assommée par une lourde dette qui atteignait encore 7,8 millions d’euros fin 2016 (soit 1.500 euros par habitant, deux fois plus que la moyenne des communes de même taille), la petite bourgade se retrouve aujourd’hui avec des marges de manoeuvre financières réduites. Qu’il s’agisse de la commune ou du groupement de communes, les capacités d’autofinancement se situent en-dessous de la médiane des municipalités de tailles équivalentes, selon les données ...du ministère des Finances.
Au niveau local, certaines voix critiquent
la frénésie de grands projets initiés par l’ancien maire. "Alors que Christophe Castaner s’était engagé dès 2001 à redresser une ville au bord du gouffre - ce qu’il a réussi à faire un temps -, celui-ci s’est ensuite lancé dans une série de lourds investissements sans précisément mesurer le retour sur investissement que l’on pouvait en attendre."
Le parti du président promoteur d'un "monde nouveau" veut reproduire une pratique reprochée à l'"ancien monde"
Castaner veut cumuler sa fonction gouvernementale de secrétaire d'Etat et être chef de parti -celui du président !- bafouant ainsi le principe de séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif. 
Pour les démocrates, la charge des Relations avec le Parlement et celle de la défense des  intérêts de parti sont incompatibles. Pour la majorité présidentielle et le président actuels, rien n'est impossible...

Pour commencer, la désignation de Christophe Castaner à la tête de LREM s'est faite sans les électeurs, ce qui choque le Républicain qui sommeille en chaque Français, sans déranger Macron Bonaparte, alors qu'à l'origine, nombre d'adhérents du parti sont dits proches d'une culture sociale-démocrate, tandis que le président-souverain a lui-même servi un pouvoir socialiste. Paradoxe, certes, mais signal d'alarme, assurément.

jeudi 25 juin 2015

Démission: un député frondeur claque la porte du groupe PS

Le député frondeur Philippe Noguès a quitté le Parti socialiste 
"L’espoir de transformer les choses de l’intérieur, que ce soit au sein du PS ou du groupe parlementaire à l’Assemblée, s’est peu à peu évanoui"

Le diagnostic Philippe Noguès, député socialiste du Morbihan, est sans appel. En conséquence, l’élu assure qu'il a pris une décision "irrévocable" : il quitte le Parti socialiste (PS) et le groupe socialiste au Palais-Bourbon. 

Membre du parti depuis avril 2006, élu député en juin 2012, et ancien cadre d’une multinationale américaine de 60 ans, le déçu a décidé de siéger parmi les non-inscrits à l’Assemblée. 

Philippe Noguès a dû en informer Bruno Le Roux, le président du groupe PS à l’Assemblée, comme Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti, par courrier vendredi 25 juin. Ce "frondeur" breton fait "le choix de la liberté et de la loyauté à [ses] convictions", mais il n’a pas l’intention pour autant d’être "dans l’opposition systématique".

Il dresse un portrait ressemblant de Bruno Le Roux
Le président du Groupe est "un véritable problème au sein du groupe. Il a une vision caporaliste de sa mission. Il ne supporte pas le débat, les contestataires. Il a créé une atmosphère détestable au sein du groupe," dénonce l'élu.

Il reproche par ailleurs au gouvernement et à François Hollande une politique de reniements et de manquements qui profitent au FN et un gaspillage de dizaines de milliards donnés en pure perte aux mauvaises entreprises, arguant de surcroît que "la ligne social-libérale a gagné".

L'homme refuse d'être un godillot...
"Je soutiendrai les projets de lois qui me sembleront aller dans le bon sens et je continuerai à combattre la droite ", précise cet indépendantiste. Mais que l’on ne compte plus sur lui pour être un élu béni oui-oui de la politique gouvernementale.
Mais il ajoute l’avoir fait "par respect pour les électeurs qui [l]’ont élu en 2012 ". "Depuis trois ans, on n’a pas de résultats, on n’améliore pas la vie des Français, et nos manques et nos reniements nourrissent en partie la montée du Front national, il faut donc réagir ", conclut le député.

"Nos efforts pour infléchir la ligne ont été vains"

"Depuis de longs mois, avec mes camarades frondeurs, je me bats pour infléchir la ligne économique du gouvernement. Force est de constater que nos efforts ont jusqu’ici été vains, le chemin tracé vers une société de plus en plus libérale n’a pas varié", déplore ce proche de Martine Aubry. 
S’il a bien l’intention de se représenter aux législatives, en juin 2017, il ne veut plus d’ici là participer aux enjeux d’appareils du PS. "Je suis socialiste, je le reste, mais je ne crois plus que le PS, en tant que structure politique, puisse être le moteur d’un nouveau départ", affirme-t-il.

Noguès espère entraîner d'autres déçus du "changement" 
Il espère que son initiative fera école chez ses collègues socialistes: il ambitionne même de monter à terme un groupe autonome à l’Assemblée. "Beaucoup de députés socialistes sont comme moi en désaccord avec la politique que l’on mène, mais ils n’osent pas franchir le pas", explique-t-il, avouant que son choix a été "douloureux".
Qui sortira du rang avec cet ancien délégué syndical CFDT?

jeudi 7 mai 2015

Mai 2015: Mélenchon dénonce le bilan "désastreux" de Hollande et "des bons à rien" socialistes

Hollande et Valls ne trouvent plus grâce qu'auprès des "godillots" du PS

"Valls est contaminé par le FN," a constaté Mélenchon, dès août 2013

De retour à Paris après quelques conférences en Amérique du Sud, Jean-Luc Mélenchon avait déjà jugé Manuel Valls "séduit" par les idées de Marine Le Pen. A propos de l'activisme estival de l'exécutif, le patron du Front de gauche avait raillé la "politique à l'ancienne" de Ayrault, évoquant son pique-nique avec les enfants à Matignon. Mélenchon avait aussi glossé la déclaration d'un de ses proches qualifiant Manuel Valls "d'extrême droite du PS". Il avait alors estimé que "Mme Le Pen est à deux doigts de gagner son pari. Non seulement elle a séduit la plus grande partie de la droite, mais elle a aussi contaminé Manuel Valls. Or, c'est lui qui donne le ton au gouvernement. [...] Il a installé son personnage: un dur et violent qui chasse sur les terres de Mme Le Pen. En plus, il se permet de gourmander publiquement la ministre de la Justice et de la repeindre en laxiste. C'est incroyable !"

Et d'ajouter: "Le premier pourvoyeur du Front national, c'est François Hollande par la démoralisation et la démobilisation qu'il répand. Cet homme a divisé tout le monde : la gauche, les syndicats et son propre gouvernement. [...] La langue mielleuse et les ambiguïtés ne servent à rien. Parler cru et dru éveille les consciences, provoque du débat. Le gouvernement conduit dans le mur. C'est donc globalement qu'il faut le cibler pour, le moment venu, former un gouvernement bien préparé."
VOIR et ENTENDRE le président Hollande comparer le FN au PC des années 70 , "une insulte" pour Mélenchon:

En mars 2014, "Valls est terrifiant, observe Mélenchon

A la veille d'une grande marche nationale des forces politiques à la gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon déclara que le nouveau premier ministre n'est pas de gauche.
"C'est un socialiste qui pose problème à tout le monde. J'ai déjà dit qu'il était contaminé par les idées de Marine Le Pen (…) c'est pire que ça !" lança-t-il face à Jean-Michel Aphatie. "Valls est terrifiant. A peine arrivé il perd les Verts. Puis la gauche du parti, avec onze députés socialistes qui ne votent pas la confiance. C'est du jamais vu".

En mars 2015, 
Mélenchon dénonça le "petit jeu très cynique" de Valls

L'ex-candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012 a dénoncé le "petit jeu" des déclarations chocs de Manuel Valls sur le Front national, une manière "très cynique" d'affaiblir la droite républicaine et de marginaliser la gauche de la gauche, selon lui. "Il désigne le Front national comme vainqueur d'avance de ces élections (départementales), de manière à encourager les électeurs, notamment ceux de droite à aller voter pour le Front national. Sa soi-disant peur est surtout une opération de siphonnage", a expliqué Jean-Luc Mélenchon sur France 2. "Ils organisent en quelque sorte un petit jeu dans lequel les rôles sont répartis et où le Front national est l'outil qui permet de verrouiller le système", a décrypté le député européen.
Mélenchon a aussi critiqué un "chaos démocratique jamais vu" s'agissant des élections départementales (22-29 mars). "On n'y comprend rien. Les cantons ont changé de taille, le mode de représentation n'est plus le même. Le Parlement n'a pas fini de définir quels sont les pouvoirs de ces prochaines assemblées.", a-t-il dénoncé.
"Il faut que le peuple français se mêle enfin de l'organisation des pouvoirs publics en France à travers la convocation d'une constituante que le peuple fixerait et non pas des gens dans des bureaux", a conclu Mélenchon, initiateur d'un mouvement pour une VIe République de type IVe, ingouvernable.

Mai 2015 - 3e anniversaire de Hollande au pouvoir: "bilan totalement négatif"  

Trois ans que François Hollande a été élu président de la République, à défaut de Dominique Strauss-Kahn, candidat 2012 préféré des socialistes, mais poursuivi par la justice new-yorkaise. 
Selon Julien Dray, "on peut espérer que les choses vont aller mieux". Quant à l'ingrate Ségolène Royal, plus intolérante, elle ne supporte pas les "critiques de "l'opposition qui ne fait pas de proposition," bien qu'elle soit assez intelligente pour voter des "projets qui vont dans la bonne direction".
VOIR et ENTENDRE Mélenchon faire de la peine à Dray, comme à la famille Ségollande:

Pour la gauche de la gauche, cet anniversaire consacre l'échec de la politique menée par Hollande et ses godillots de la majorité.
"Ces trois années marquent un échec social avec l'augmentation massive du chômage, un échec financier, parce que l'austérité coûte cher au pays et mine l'investissement public et un échec politique avec trois défaites électorales majeures depuis l'élection de 2012", a déclaré le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

VOIR et ENTENDRE  Mélenchon estimer que le pouvoir socialiste est "bon à rien", dénonçant notamment la "loi renseinement"


L'ancien candidat à la présidentielle avait déjà estimé en avril que la présidence de François Hollande avait fait "9 millions de pauvres".

Un bilan "pas à la hauteur des engagements" pour les frondeurs du PS
"Evidemment qu'il y a eu des choses positives de faites. Je ne suis pas dans le déni des réalisations", reconnaît, en préambule, le député socialiste Christian Paul, invité sur RFI: le chef de file des frondeurs au congrès de Poitiers reste toutefois très critique sur les avancées du quinquennat "sur le front principal qui est la question du chômage de masse".

"Nous n'avons pas été à la hauteur de nos engagements", tranche ce proche de Martine Aubry, qui conteste le "virage" économique incarné par Manuel Valls et le pacte de responsabilité, tout en réclamant un retour à l'esprit du Bourget. L'aile gauche du PS doit présenter ce mercredi son "agenda des réformes" pour réussir les deux dernières années du quinquennat.

samedi 13 décembre 2014

Bartolone, président PS de l'Assemblée en chef de parti

Crise au PS : "Maintenant, ça suffit !" pour Bartolone

Manuel Valls a provoqué un séisme dans la famille socialiste.
 
Dans un entretien donné à L'Obs mercredi 22 octobre, le Premier ministre a annoncé qu'il veut en finir "avec la gauche passéiste", estimant que cela passe notamment par un changement de nom pour le Parti socialiste. Dès le lendemain, jeudi 23 octobre 2014, le président de l'Assemblée nationale est revenu sur la fronde qui gronde au sein de Parti socialiste.

Cher Manuel, "Concentre-toi sur ton travail de Premier ministre"
"Halte au feu", réclame Claude Bartolone ce jeudi sur RTL. "Cher Manuel, c'est une faute, concentre-toi sur ton travail de Premier ministre", lui a lancé le président de l'Assemblée nationale qui souligne une récidive en rappelant qu'"une partie de ces propos n'est pas nouvelle" dans la bouche du locataire de Matignon.

Claude Bartolone préconisait la voie du compromis et de l'unité
Claude Bartolone a également tenu à relativiser la protestation des députés frondeurs. "Notre différence est de 5 milliards d'euros", assure-t-il, prétendant que "quand les socialistes n'ont pas de grandes différences, ils ouvrent ce genre de débat". Et de conclure : "Il faut faire vivre le débat", mais "il faut trouver la voie du compromis et de l'unité."

Sur son blog, Claude Bartolone renouvelle son appel à la trêve 

Le président l'Assemblée nationale renvoie dos à dos "les soi-disant modernes" et les "soi-disant archaïques". Dans une tribune publiée sur son blog et intitulée " Ca suffit ! ", le président PS de l'Assemblée nationale crie à nouveau  halte au feu dans la guerre des socialistes. L'élu de Seine-Saint-Denis n'épargne ni les contestataires, ni Manuel Valls, même s'il ne cite pas son nom.
"Ici, nous serions des passéistes, sommés de changer le nom du Parti socialiste - quelle étrange idée! Là, notre politique menacerait la République - rien de moins !", écrit-il en allusion aux formules employées la veille par Manuel Valls et par le député et ex-ministre Benoît Hamon. "Je n'établis pas d'échelle de Richter entre les mots qui blessent la gauche. Il est simplement temps de dire stop".

Bartolone dénonce les procès en "social-traîtrise"
"Ça suffit, d'amplifier artificiellement nos différences", clame-t-il. "J'ai beau retourner les propositions des uns et des autres dans tous les sens, nous sommes d'accord sur l'essentiel. Je mets au défi quiconque de me convaincre qu'il y a un schisme entre nous". Bartolone avoue-t-il un déni de la vérité? 

"Ça suffit, ces délits de faciès et ce procès lancinant en 'social-traîtrise' lorsque nous menons la politique qui doit être conduite dans l'intérêt du pays. Vous trouvez que nos 50 milliards d'économies - indispensables - sont de droite? Essayez donc les 120 milliards de l'UMP, vous verrez...", polémique le représentant du pouvoir législatif en défense de l'exécutif et dans une tentative désespérée de détournement de l'attention. Bartolone croit-il le gouvernement exemplaire et efficace ?

Mais "ça suffit, ce petit jeu des soi-disant modernes contre les soi-disant archaïques. Je ne connais d'ailleurs pas de discours plus daté que celui qui se prévaut du talisman de la modernité", poursuit ce propriétaire de toutes les pseudo-avancées de la gauche, en défense des parlementaires godillots. "Ça suffit, de stigmatiser les frondeurs. Et puis ça suffit, de les nommer comme cela. Au groupe socialiste de l'Assemblée nationale, je ne connais que des députés socialistes qui défendent des propositions politiques".

Le débat, ça suffit donc ? 
Bartolone n'a-t-il donc jamais assez d'inconditionnels ?

mercredi 3 septembre 2014

Valls fera passer l'examen de rentrée de son nouveau gouvernement devant l'Assemblée

Manuel Valls engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement le 16 septembre

Cette décision fait suite à la dissolution du Valls 1 et à la formation du Valls 2, son clone, après 150 jours
Manuel Valls engagera la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale le 16 septembre.  "Le Conseil des ministres a autorisé le Premier ministre à engager, conformément au premier alinéa de l'article 49 de la Constitution, la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale qui sera présentée le 16 septembre devant le Parlement", peut-on lire dans un communiqué publié mercredi par l'Elysée. 

"La majorité, elle sera là", promet Valls
L'entourage de François Hollande a expliqué que "sous la Ve République, la pratique institutionnelle veut que la confiance soit demandée après la formation d'un gouvernement", indique l'agence de presse Reuters. 
Manuel Vall s'était d'ailleurs lui-même engagé à demander la confiance du parlement, juste après la mise en place de sa nouvelle équipe. "Vous verrez, la majorité elle sera là", avait-t-il affirmé sur France 2 le soir de la dissolution.

Le premier ministre balayait déjà le risque posé par les "frondeurs" du Parti socialiste
"Il n'y a pas, sans doute, d'autre politique possible", avait-il lancé. Et les frondeurs ? Dans une tribune publiée par 'Le Monde', 200  "godillots"sur les 290 députés socialistes - que compte le groupe - ont lancé la semaine dernière un appel au rassemblement derrière le nouveau gouvernement de Manuel Valls et demandent de mettre fin au "pseudo-débat entre godillots et déloyaux"

Les "frondeurs" se sont déjà déconsidérés: après avoir poussé des cris d'orfraies, la plupart ont baissé la culotte, s'abstenant au Parlement ces derniers mois, sans toutefois empêcher l'adoption d'aucun texte.

jeudi 28 août 2014

Riposte de 200 députés socialistes aux "frondeurs" du PS

90 députés PS n'appellent pas au "rassemblement" derrière Hollande

L' "appel des 200" met en évidence le grossissement du nombre des "frondeurs"


Ils ont refusé de signer l'appel:
l'ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault,
les anciens ministres F. Lamy, D. Batho et Ph. Martin
Plus de 200 députés socialistes députés socialistes, ni godillots ni déloyaux - refusent appeler au "rassemblement" derrière Hollande dans une tribune publiée jeudi sur le site internet du journal Le Monde, Pravda du PS.

En juin, les "frondeurs" avaient été 41 à refuser de voter le pacte de responsabilité. Le 1er juillet, les députés ont voté le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2014 (307 voix contre 232 et 14 abstentions). 246 députés ont manqué à l'appel. Dans les rangs du PS, seul le député frondeur Christophe Léonard avait osé s'abstenir.

Ils sont désormais plus de deux fois plus nombreux à réclamer un changement de cap économique. 
Des Christian Paul ou Laurent Baumel sont piteusement rentrés dans le rang. Pouria Amirshahi, qui penchait comme eux pour une abstention, voire un vote hostile, sur le budget rectificatif de l'État, a alors déclaré qu'il se ralliait à la position commune, fruit de la "délibération collective"... 
Monsieur Anne Hidalgo, Jean-Marc Germain, un proche de Martine Aubry, a précisé pour sa part qu'il soutenait le premier ministre et "le soutiendra(it) jusqu'en 2017". 
La nomination du banquier Emmanuel Macron à la tête de Bercy et à la place de Montebourg, forte tête de la gauche du PS, pourrait le conduire, avec d'autres, à un renoncement à cet engagement.

Ils étaient déjà 90 "frondeurs" en avril 2014

Avant le discours de politique générale de Manuel Valls et le vote de confiance à son gouvernement
, 90 responsables socialistes, dont des députés issus de l'aile gauche du parti, des amis de Martine Aubry et d'autres sensibilités du PS réclamaient un nouveau "contrat de majorité". Lien JDD

Un appel clivant, mettant en demeure les parlementaires dits "frondeurs" 

Les vertueux godillots tentent de faire pression sur l'aile gauche du PS
Les signataires les stigmatisent. Ils leur font la leçon, se flattant d'être, quant à eux, "pleinement responsable de l'intérêt général de la gauche et du pays".
"Le président de la République a indiqué le calendrier de cette seconde moitié du quinquennat dans son entretien télévisé du 14 juillet. Nous nous inscrivons dans ce chemin", écrivent les signataires, dont le président de l'Assemblée Claude Bartolone, officialisant "la permanence d'une défiance a priori à l'égard de l'exécutif".

Les "donneurs de leçon" du PS


Ibrahim Aboubacar, Patricia Adam, Sylviane Alaux, Jean-Pierre Allossery, François André, Nathalie Appéré, Joël Aviragnet, Pierre Aylagas, Guillaume Bachelay, Jean-Paul Bacquet, Dominique Baert, Gérard Bapt, Frédéric Barbier, Ericka Bareigts, Claude Bartolone, Marie-Noëlle Battistel, Nicolas Bays, Catherine Beaubatie, Jean-Marie Beffara, Luc Belot, Chantal Berthelot, Gisèle Biémouret, Philippe Bies, Erwann Binet, Yves Blein, Jean-Luc Bleunven, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Pascale Boistard, Christophe Borgel, Florent Boudié, Christophe Bouillon, Brigitte Bourguignon, Emeric Bréhier, Jean-Louis Bricout, Jean-Jacques Bridey, François Brottes, Sabine Buis, Jean-Claude Buisine, Sylviane Bulteau, Vincent Burroni, Alain Calmette, Colette Capdevielle, Christophe Caresche, Marie-Arlette Carlotti, Martine Carrillon-Couvreur, Christophe Castaner, Laurent Cathala, Jean-Yves Caullet, Guy Chambefort, Jean-Paul Chanteguet, Marie-Anne Chapdelaine, Guy-Michel Chauveau, Jean-David Ciot, Alain Claeys, Jean-Michel Clément, Marie-Françoise Clergeau, Philip Cordery, Valérie Corre, Jacques Cresta, Carlos Da Silva, Seybah Dagoma, Yves Daniel, Pascal Deguilhem, Michèle Delaunay, Guy Delcourt, Sébastien Denaja, Françoise Descamps-Crosnier, Sophie Dessus, Michel Destot, Fanny Dombre-Coste, René Dosiere, Philippe Doucet, Sandrine Doucet, Françoise Dubois, Anne-Lise Dufour-Tonini, Françoise Dumas, William Dumas, Jean-Louis Dumont, Jean-Paul Dupré, Yves Durand, Philippe Duron, Corinne Erhel, Sophie Errante, Marie-Hélène Fabre, Alain Faure, Martine Faure, Olivier Faure, Matthias Fekl, Hugues Fourage, Jean-Marc Fournel, Valérie Fourneyron, Michèle Fournier-Armand, Michel Francaix, Christian Franqueville, Jean-Claude Fruteau, Jean-Louis Gagnaire, Geneviève Gaillard, Guillaume Garot, Hélène Geoffroy, Jean Glavany, Yves Goasdoué, Geneviève Gosselin-Fleury, Pascale Got, Marc Goua, Laurent Grandguillaume, Estelle Grelier, Jean Grellier, Elisabeth Guigou, Thérèse Guilbert, David Habib, Razzye Hammadi, Joëlle Huillier, Sandrine Hurel, Monique Iborra, Françoise Imbert, Michel Issindou, Serge Janquin, Henri Jibrayel, Armand Jung, Marietta Karamanli, Bernadette Laclais, Anne-Christine Lang, Colette Langlade, Jean Launay, Pierre-Yves Le Borgn', Jean-Yves Le Bouillonnec, Patrick Lebreton, Anne-Yvonne Le Dain, Jean-Yves Le Déaut, Annie Le Houérou, Annick Le Loch, Jean-Pierre Le Roch, Bruno Le Roux, Michel Lefait, Dominique Lefebvre, Patrick Lemasle, Catherine Lemorton, Annick Lepetit, Bernard Lesterlin, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Martine Lignières-Cassou, François Loncle, Gabrielle Louis-Carabin, Victorin Lurel, Jean-Pierre Maggi, Jacqueline Maquet, Martine Martinel, Frédérique Massat, Sandrine Mazetier, Michel Ménard, Patrick Mennucci, Philippe Nauche, Nathalie Nieson, Robert Olive, Monique Orphe, Michel Pajon, Luce Pane, Rémi Pauvros, Germinal Peiro, Hervé Pellois, Jean-Claude Perez, Sébastien Pietrasanta, Martine Pinville, Christine Pirès-Beaune, Philippe Plisson, Elisabeth Pochon, Pascal Popelin, Emilienne Poumirol, Christophe Premat, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Catherine Quéré, Monique Rabin, Dominique Raimbourg, Marie Recalde, Eduardo Rihan-Cypel, Alain Rodet, Marcel Rogemont, Frédéric Roig, Bernard Roman, Gwendal Rouillard, René Rouquet, Alain Rousset, Boinali Said, Béatrice Santais, Odile Saugues, Gilbert Sauvan, Gilles Savary, Christophe Sirugue, Julie Sommaruga, Gérard Terrier, Thomas Thévenoud, Sylvie Tolmont, Jean-Louis Touraine, Catherine Troallic, Cécile Untermaier, Jean-Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, Jacques Valax, Clotilde Valter, Michel Vauzelle, Olivier Véran, Fabrice Verdier, Patrick Vignal, Jean-Michel Villaume, Jean-Jacques Vlody.  


lundi 7 juillet 2014

Le Sénat vide la réforme territoriale de sa substance

Les sénateurs PS votent contre une réforme territoriale remaniée 

Les socialistes du Sénat ont voté contre le projet gouvernemental de réforme territoriale 
adopté vendredi soir à la suite de nombreux amendements. 

Les sénateurs godillots ont refusé de joindre leurs voix à une majorité de leurs collègues qui ont voté la suppression des principales mesures.

Les sénateurs ont en effet rejeté l'article qui propose de réduire le nombre des régions de 22 à 14, à travers un amendement déposé par le Front de gauche (Parti de gauche et PCF).

Le Sénat a également refusé de reporter les élections départementales et régionales en décembre 2015.

Les sénateurs de la majorité mis en minorité

"Malgré leur investissement sur ce texte et leurs propositions constructives, respectueuses des territoires, en particulier ruraux, les sénateurs socialistes ont constaté que plus rien du travail avancé n'aura abouti en séance", peut on lire dans un communiqué du groupe PS au Sénat.

Sans eux, le texte a été adopté par 184 voix contre 129, a précisé le Sénat dans un communiqué.

L'Assemblée doit à son tour examiner le projet de réforme territoriale 
pendant que les Français ont le dos tourné 

Valls fera le forcing à partir du 15 juillet: 
le gouvernement a en effet décidé d'utiliser la procédure dite "accélérée" réduisant le nombre de navettes entre les deux assemblées, compte pouvoir faire adopter la réforme à l'automne, bon gré, mal gré.

Si le gouvernement rencontre des difficultés mais estime que le texte doit être voté rapidement, il engage
la "procédure accélérée" qui lui permet de demander la réunion de la commission paritaire après une seule lecture dans chaque assemblée. La commission mixte paritaire se réunit et cherche à établir, à partir des points de convergence, un texte commun. Quand elle y arrive, et c'est ce qui arrivera avec l'aide des députés-godillots, le nouveau texte est soumis aux deux assemblées successivement. Si elles le votent, ce texte devient loi, en contournant les oppositions.

jeudi 13 février 2014

La Conseil constitutionnel valide la loi sur le non-cumul des mandats à partir de 2017

Un changement de majorité peut rouvrir le débat

Le Conseil constitutionnel a brisé les derniers espoirs des partisans du d'un ancrage 



2017: ouverture de la collecte de godillots
Depuis des années, ce sujet de controverse opposait les réalistes de la proximité avec la population et les idéologues de la modernisation de la vie politique. Alors que le pouvoir démontre son inadéquation avec la société réelle sur les réformes sociétales qui fracturent le pays, provoquant des soulèvement de populations, la gauche persiste à défendre le non-cumul d'un mandat parlementaire avec une fonction exécutive locale, y voyant une "avancée" sur    la ringardise de leurs opposants, péjorativement  surnommés les "cumulards". 
  
La rupture sera consacrée, mais seulement en ... en 2017
Dans ses voeux aux assemblées le 21 janvier, le président François Hollande avait soutenu que cette réforme serait "irréversible", en dépit de déclarations de députés UMP, tel Daniel Fasquelle, promettant de "revenir dessus" en cas de retour au pouvoir.
En validant la loi interdisant ce cumul, définitivement votée le 22 janvier au Parlement, malgré l'hostilité de la droite et d'une petite partie de la majorité de gauche, le Conseil constitutionnel ne tranche pas la question: une nouvelle majorité parlementaire peut remettre le sujet sur la table, à la faveur d'un sursaut populaire à l'élection présidentielle de 2017.

L'interdiction s'appliquera selon la loi à toutes les élections prévues à partir du 31 mars 2017, et de la même façon pour tous les parlementaires.
La loi s'appliquant "à compter du renouvellement de l'assemblée suivant le 31 mars 2017", l'interdiction ne sera pas effective avant les législatives et les sénatoriales de 2017 et pour les européennes de 2019. 
Le président du groupe PS au Sénat, François Rebsamen, enrage. 
Si je suis réélu maire de Dijon en mars et sénateur en septembre, "jusqu'en 2020, je peux cumuler", espérait-il en janvier, avant que l'interprétation du Conseil constitutionnel n'écarte cette possibilité de maintien du lien avec les territoires.
En conséquence de la loi, il sera interdit d'être à la fois député, sénateur ou député européen et en même temps maire d'une ville, président ou vice-président d'une intercommunalité, d'un Conseil général ou régional, ou même membre du conseil d'administration d'une société d'économie mixte. 
Le Conseil constitutionnel "a jugé qu'il est loisible au législateur de poser de telles incompatibilités", selon un communiqué des neuf juges. Il a étendu l'application de la loi aux fonctions de vice-président de l'Assemblée de Corse.

Tout parlementaire pourra néanmoins continuer à être conseiller municipal, départemental ou régional.


60% des parlementaires cumulent actuellement ce mandat avec une fonction exécutive locale et rares sont ceux qui anticipent le nouveau régime. Parmi les 577 députés, 244 au moins veulent rester ou devenir maires et se présentent ou se représentent aux élections municipales du mois de mars.
Ainsi, à Marseille, le sénateur UMP Jean-Claude Gaudin brigue un quatrième mandat de maire et son challenger socialiste Patrick Mennucci entend conserver son mandat de député s'il est élu à la mairie le mois prochain.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui avait défendu la réforme au parlement et "se félicite" de sa validation constitutionnelle, a pourtant le sentiment qu'elle "commence d'ores et déjà à produire ses effets" pour les municipales.
132 sénateurs UMP et UDI-UC, mais aussi de la majorité gouvernementale, RDSE (à majorité PRG) avaient saisi le Conseil constitutionnel, dénonçant une "atteinte au bicamérisme". Ils estimaient notamment que la loi aurait dû être adoptée en termes identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat.

Renouvelement des générations ou nivellement par le bas ? 
La loi avait été votée définitivement par l'Assemblée nationale par 313 voix (socialistes, écologistes et communistes), contre 225 (UMP, centristes, radicaux de gauche) et 14 abstentions.

En dépit de pressions au sein du PS, le gouvernement avait décidé de ne faire entrer en vigueur le non-cumul qu'à partir de 2017, prétextant un risque d'inconstitutionnalité si la loi devait s'appliquer immédiatement. Les partisans du non-cumul faisaient valoir, tel le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qu'il permettrait "la diversité des candidatures, un renouvellement de générations, davantage de parité".

Renoncer à une mairie, par exemple, coupera les élus de la réalité du terrain, font valoir les adversaires du non-cumul. Celui-ci "mettra les élus à la merci des appareils politiques", ont-ils plaidé, car ils ne pourront plus s'appuyer sur leur implantation locale pour garder une certaine indépendance à l'égard de l'exécutif.

Certains spécialistes de droit constitutionnel soutenaient, quant à eux, que, paradoxalement, cette réforme renforcera le président de la République, dans la mesure où les députés  sont élus dans la foulée de l'élection présidentielle, et presque toujours majoritairement choisis parmi ceux qui ont fait campagne pour le président élu. C'est aussi la mort annoncée des barons régionaux.