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jeudi 29 décembre 2016

Abus de faiblesse du couple Vallaud-Belkacem sur Hollande

Najat et Boris profitent de la vulnérabilité de Hollande en fin de mandat

La "république des copains et des coquins" 
(Michel Poniatowski) au profit du mari de Najat Vallaud-Belkacem

Le mari de Najat Vallaud Belkacem, actuel secrétaire général adjoint de l'Élysée, a arraché une circonscription électorale à un président sortant tellement affaibli par ses échecs et son impopularité qu'il a renoncé à se représenter. Pour réussir son coup de force pour la première fois candidat aux législatives en 2017, Boris s'est fait offrir une circonscription en or. La récompense des intrigues auprès du prince. 

Et le candidat aux législatives conserve des leviers au sommet de l'Etat: le secrétaire général adjoint de l’Élysée sera "simple" conseiller de François Hollande à partir du 1er janvier...
Il est remplacé par Thomas Cazenave, ambitieux inspecteur des finances venu de... Pôle emploi, ex-directeur délégué des ressources humaines au sein du groupe France Télécom Orange, frappé par une vague de suicides, et ex-directeur adjoint du cabinet du ministre de l’Economie, en première ligne sur... la loi Macron !

Boris Vallaud sera le candidat PS de la 3e circonscription des Landes, annonce L'Opinion ce mercredi. Une circonscription qui n'est autre que le fief du cacique socialiste Henri Emmanuelli depuis les années 70. Si Boris Vallaud a été accepté par les militants socialistes landais, c'est sur injonction d'Henri Emmanuelli en personne. Il est président du Conseil général (puis départemental) des Landes depuis 2002. L'éléphant du PS s'est faiblement justifié devant Sud Ouest en juin, assurant qu'il a "beaucoup apprécié les qualités de ce jeune homme", candidat parachuté de Paris: on se demande bien en quelles circonstances. Un marchandage qui aurait permis la candidature de sa marionnette, Benoît Hamon, alors que, le 17 décembre, la Haute autorité des primaires citoyennes de la gauche a balayé de la primaire de la Belle alliance populaire, Pierre Larrouturou, ancien membre du PS et d'Europe Écologie-Les Verts, candidat pour Nouvelle Donne (soutenu par le climatologue Jean Jouzel, le député PS Patrick Gille et l'ancien président du Syndicat général des lycéens et fondateur de Nouveau Souffle, Eliott Nouaille), Fabien Verdier, conseiller municipal d’opposition (PS) de Châteaudun, agrégé d'Eco-Gestion.
Et le donneur de sperme Gérard Filoche qui annonce son intention de déposer un recours:


En revanche, un petit marquis affecté
dans un département où la gauche régresse, depuis la perte de la mairie de Mont-de-Marsan, son chef-lieu, au profit de la liste MoDem/UMP. Le PS perd également le canton de Sore au profit de la communiste Nicole Bippus. La répartition actuelle des sièges reste favorable à la gauche (18 PS et 2 extrême gauche) contre onze à la droite.
En 2008, Henri Emmanuelli et son protégé Benoît Hamon formèrent le duo de tête du NPS au Congrès de Reims. Toute l'aile gauche du PS (Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quilès, Gérard Filoche, Pierre Larrouturou, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez) s'unit ensuite sur la motion "Un Monde d'Avance" menée par Benoît Hamon qui se porta candidat à l'élection du premier secrétaire (battu avec ses soutiens: Razzye Hammadi, ancien président du MJS, ex-candidat violent à Orly, député de Seine-Saint-Denis, actuel porte-parole de la ligne majoritaire du PS, après avoir été "frondeur": en 2013, il jugeait que "Valls ne rend pas service à la gauche", mais deux ans plus tard, il juge l'aile droite du parti "réelle et pragmatique"); Paul Quilès, ancien ministre; Jacques Généreux, économiste qui a rejoint Mélenchon; Bruno Julliard, premier-adjoint d'Anne Hidalgo, maire de Paris qui soutient Vincent Peillon, ancien président de l'UNEF, qui se dit déçu par son ancienne camarade Myriam El Khomri et son projet de loi; le député-maire d'Annonay, Ardèche, Olivier Dussopt, ex-porte-parole de Martine Aubry, candidate à l'élection présidentielle de 2012 contre Hollande et "frondeuse", désormais soutien de Manuel Valls dont il est l'un des... huit porte-parole de campagne en 2016); Liêm Hoang-Ngoc, économiste, député européen proche de H. Emmanuelli et favorable au dialogue avec le Front de gauche; Jean-Pierre Dufau, député-maire des Landes; Jean-Pierre Godefroy, sénateur de la Manche (avec 12 voix d'avance); Régis Juanico, conseiller général et député de la Loire, ex-trésorier du PS; Jean Auroux, ancien ministre, auteur des Lois Auroux rédigées par Martine Aubry).
Boris Vallaud parachuté de Saône-et-Loire dans les Landes
Il a été directeur général des services du Conseil général de Saône-et-Loire, directeur de cabinet du ministre Arnaud Montebourg et cet énarque est, depuis 2014, secrétaire général adjoint de la présidence de la République, au bilan de laquelle il est associé. Le protégé de Hollande n'a jamais brigué aucun suffrage populaire.
A ce jour, trois autres candidats sont connus : Jacques Kimpe, ex-directeur général des services de la mairie de Dax, pour les Républicains (LR), Yann Brongniart, sans étiquette mais marqué à droite, et Michèle Berthoud, pour le Parti communiste.

Boris Vallaud est portant désigné avec 63,5% des godillots socialistes du cru 
C’est la principale surprise de ces primaires: un petit marquis de l'Elysée pour les Landes ! Monsieur Belkacem, mari de la ministre de l’Education nationale, a été imposé à Henri Emmanuelli contre le candidat régional soutenu par Alain Rousset, président PS de la région Nouvelle Aquitaine. Les militants landais ont donné leur accord à ce choix, au détriment de Paul Carrère, fils du sénateur Jean-Louis et élu départemental, dont l’ancrage local semblait pourtant un atout sérieux. 

L’ancien secrétaire de la préfecture, dont la famille réside à Hontanx, près de Villeneuve-de-Marsan, va donc mener ces prochains mois sa première campagne politique dans le département. 

Quant à sa femme, Najat Vallaud-Belkacem, elle n'a pas caché son désir de se présenter dans la 6ème circonscription du Rhône, à Villeurbanne

Najat Vallaud-Belkacem, "elle est bonne, Najat, très forte en langue de bois", reconnaît le président Hollande. 
Dents longues:
denture chevaline de Fernandel
Elle sera porte-parole dans les gouvernements Jean-Marc Ayrault...

Mais "ce n'est pas une intellectuelle", affirme Hollande, dans son livre de confidences. Elle sera pourtant diplômée de  l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) en 2001 : par la 3e voie, "Promotion Zep" (programme des Conventions Éducation Prioritaire (CEP, créé pour y diversifier le recrutement social), après avoir obtenu un baccalauréat en 1995, une licence en droit en trois ans (1998) à l'université de Picardie, à Amiens. C'est au cours  de ses quatre années d'IEP que Najat rencontra Boris, son futur mari.
Elle échouera à deux reprises au concours de l'ENA, mais la bi-nationale deviendra ministre de l'Education, histoire d'en faire la première femme à ce poste, faisant clignoter son identité à éclipses au gré de ses ambitions ou de ses échecs. 

Naturalisée à 18 ans, elle ne jette d'ailleurs pas de voile discret sur sa foi musulmane (voilée au Maroc, ci-contre) en république laïque et ses jumeaux portent des noms (Louis-Adel et Nour-Chloé) marqués par les cultures des deux parents. 

D'abord porte-parole de Ségolène Royallors sa campagne présidentielle ratée de 2007, et encore lors de sa primaire présidentielle socialiste ratée de 2011, puis de François Hollande pour l'élection présidentielle de 2012.
Soi-disant admissible deux fois à l’écrit de l’ENA, elle avait pourtant échoué deux fois à l’oral de l'ENA: étrange porte-parole.

De 2004 à 2008, elle est conseillère régionale en Rhône-Alpes, vice-présidente du Conseil régional chargée de la culture, puis présidente de la commission culturelle. De 2008 à 2013, elle est conseillère municipale de Lyon, adjointe de Collomb (soutien de Macron en 2017) aux grands événements, à la jeunesse et à la vie associative.

C'est une élection facile que les époux Vallaud Belkacem se sont fait offrir par Hollande, à force de pressions, comme  un certain François Hollande et une certaine Ségolène Royal ont exercées sans honte, en 1988 sur un Mitterrand très affaibli par un cancer de la prostate (connu de lui depuis le 16 novembre 1981 et qui l'oblige alors à passer une partie de la journée allongé), l'une dans les Deux Sèvres et l'autre en Corrèze.

lundi 16 juin 2014

Intermittents: l'aile gauche du PS manifeste contre le pouvoir socialiste


Des députés socialistes se désolidarisent de l'exécutif pour soutenir les grévistes 

Ils sont allés avec des intermittents défier la ministre devant  le ministère de la Culture 

Trois députés socialistes rebelles participeront à la manifestation des intermittents du spectacle organisée ce lundi 16 juin devant le ministère de la Culture. La manifestation organisée par désespoir à la tournure  des discussions rassemblaient plusieurs syndicats non-signataires (CGT et CFE-CGC) et avait pour but de fédérer l'opposition avant la réunion du Conseil national de l'emploi qui doit examiner une dernière fois la convention mercredi.

Pascal Cherki, proche de l'extrême gauche depuis l'Unef-ID, Fanélie Carrey-Conte, suppléante de la ministre millionnaire George Pau Langevin au poste de ministre de la Réussite éducative, et Pouria Amirshahi, d'origine iranienne, ont défilé sous les fenêtres d'Aurélie Filippetti  aux côtés des intermittents qui réclament la non-validation de la convention chômage négociée par les partenaires sociaux. Tous font partie du groupe de onze députés (Jérôme Guedj, Henri Emmanuelli, mentor de Benoît Hamon, Nathalie Chabanne, Jean-Pierre Dufau, Philippe Noguès, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard) qui a refusé de voter la confiance à Manuel Valls, le 8 avril. Le député PS Razzye Hammadi, battu aux municipales pour la mairie de Montreuil, fait également figurer la participation à la manifestation dans son agenda de la semaine.
Ces trois parlementaires frondeurs répondent à une invitation de la CGT spectacle, fer de lance du combat des intermittents côté syndical. Les trois députés socialistes souscrivent aux violents slogans du jour:  "Trahis", "dupés par la gauche"... Les intermittents du spectacle n'avaient pas de mots assez durs pour qualifier leur déception face à la politique culturelle du gouvernement.

Le gouvernement s'est de nouveau engagé à valider la convention ce lundi. 
Le ministre de l'Emploi "envisage d'agréer la convention du 14 mai et les textes qui lui sont associés", écrit le gouvernement dans un rapport remis au conseil national de l'emploi. La convention "entrera en vigueur le 1er juillet pour une période de deux ans" et "préserve le caractère spécifique du régime des intermittents du spectacle".

Dans la matinée, tandis que la maire socialiste de Lille Martine Aubry a pris fait et cause pour les intermittents, plusieurs dizaines de personnes, dont l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, le romancier Daniel Pennac et le metteur en scène Stanislas Nordey ont manifesté place de la Concorde, à l'appel du directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, ici au côté de l'ex-deuxième concubine répudiée du président.
Le directeur du théâtre subventionné a estimé que l'on ne peut pas penser uniquement en termes comptables... "La Culture rapporte beaucoup d'argent en France, il y a plus de gens qui travaillent dans la Culture que dans le secteur automobile. Ce n'est pas quelque chose qui ne concerne que les intermittents mais tous les citoyens", a-t-il estimé sur i>Télé.

La CGT a appelé également à amplifier les arrêts de travail pour cette journée.
Pour appuyer cette journée d'action, la grève a été reconduite lundi au Printemps des Comédiens de Montpellier (photo ci-contre) et à Lyon, les Nuits de Fourvière, jusque-là épargnées, étaient en grève lundi.
A la Comédie-Française, la représentation de "Phèdre" a été annulée tandis qu'à Toulouse, où le festival Rio Loco a été fortement affecté, onze lieux de culture - théâtres, cinémas et salles de musique - étaient en grève. Une vingtaine d'autres lieux de spectacle ou de tournage participaient au mouvement, selon la CGT-Spectacles.
Les marionnettistes des Guignols de l'Info ne participeront pas à l'émission du soir sur Canal Plus. Dans le secteur de l'audiovisuel, une trentaine de studios d'animation et de post-production sont en grève.


Après les enseignants sur le sujet des rythmes scolaires, Hollande réussit à s'aliéner ses plus fidèles supporters.

dimanche 6 avril 2014

Vote de confiance : le nombre des députés PS qui défient Hollande et Valls grossit

Plus de 100 députés PS posent leurs conditions

Près de 100 députés socialistes en colère ont signé une pétition réclamant un "contrat de majorité"
 
avec le nouveau gouvernement, juste avant le discours de politique générale de Manuel Valls mardi. Soit déjà un tiers du groupe à l'Assemblée nationale.
Ce texte est "une démarche inédite qui répond à une situation politique sans précédent à gauche", explique au journal socialiste Le Monde le député de la Nièvre Christian Paul, un de ses initiateurs. La vague bleue a ébranlé le Parti socialiste aux municipales: c'est, selon lui, "une des plus graves défaites de mi-mandat de la gauche au pouvoir".

Plusieurs députés menacent de ne pas voter la confiance
, sauf à obtenir un "contrat de majorité".  Quoiqu'encore doté d'une cote de popularité positive, Manuel Valls ne connaîtra pas l'état de grâce de ses prédécesseurs. Ayrault a frappé dur. Fiscalité et austérité ont augmenté mais la courbe du chômage  n'a rien cédé et les déficits publics ont crû. La paire de gifles des municipales ne semble pas avoir été assez cuisante pour que Hollande évite de ressortir de rossignols et de reconduire des bras cassés dans le nouveau gouvernement. Hollande et Valls ont tout fait pour que Matignon soit bel et bien le point de confluence des rancœurs, des méfiances et des jalousies. 

Surveillé par François Hollande, qui a placé ses fidèles aux postes clés (même s'il n'a pu imposer son ami François Rebsamen à l'Intérieur) et invite par voie de presse son nouveau Premier ministre à "faire du Valls", le promu qui est déjà dans le collimateur de son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, qui n'a pas digéré les conditions de son limogeage à la façon de Delphine Batho, ni le choix de son successeur, est en butte déjà aux tentatives d'émancipation de l'une (Ségolène Royal) et aux rivalités des autres (Fabius et Montebourg, Montebourg et Sapin…). Lâché par les altermondialistes d'EELV que ses options droitières révulsent, voici Manuel Valls focalise tous reproches des vaincus et des aigris et la fronde de nombreux parlementaires socialistes monte.

La confiance à son gouvernement sera votée mardi soir à l'Assemblée nationale. Cela ne fait guère de doute, mais dans quelles conditions ! Et la question est de savoir si la majorité qu'il obtiendra sera une mise en garde. La confiance sera certainement votée par les velléitaires de gauche, même si l'opposition reçoit le renfort des 10 députés du Front de gauche. Seuls sont comptabilisés en effet les suffrages exprimés. 
Ne seront pas pris en compte dans le résultat final les abstentions possibles des écologistes, voire des trois élus chevènementistes (qui siègent au groupe PS) ou de quelques députés de l'aile gauche du PS. Et les menaces de dissolution brandies par François Hollande devraient refroidir les ardeurs.

Le vent de fronde souffle fort au groupe socialiste
 
Un texte circule, qui serait signé par une centaine de députés. 
La liste des signataires devrait être connue ce week-end. "Le Monde" explique qu'on retrouve plusieurs courants du socialisme : "membres des 'reconstructeurs', sensibilité composée de fabiusiens et d'anciens strauss-kahniens, des proches de Martine Aubry, de Benoît Hamon ou d'Arnaud Montebourg, ainsi que l'aile gauche traditionnelle du PS".

Ce texte pose clairement "les conditions de la confiance" exigeant "un contrat de majorité" qui en dit long sur le climat de défiance au PS. Y figureraient  une "réorientation" de l'Europe, "un plan de relance contre la déflation", "une révision des trajectoires budgétaires" envoyées à Bruxelles, une "réforme fiscale" incluant notamment une CSG progressive, une plus forte régulation des activités bancaires et financières.

Les pétionnaires veulent "agir et ne pas subir" 

"Le temps du Parlement est venu", affirment-ils, posant "les conditions de la confiance". Ils demandent notamment la remise en cause de l'austérité européenne "par un plan de relance contre la déflation" et "une révision des règles budgétaires" qu'ils estiment "insoutenables et ennemies de la croissance et de l'emploi". Pour eux, l'Union européenne doit procéder à des "investissements massifs" dans "les énergies renouvelables, les transports, le numérique, la construction de logements, la recherche", sans quoi il n'y aurait pas "d'échappatoire au déclin".  Le spectre d'Athènes se dresse devant les frondeurs, alors que la Grèce a amorcé son redressement.

Ils demandent également plus de social :"la création réelle d'emplois", "des mesures en faveur des bas salaires" et la revitalisation du Parlement.

Il s'agit aussi de "réaffirmer et amplifier les choix et les engagements de 2012", soit "muscler les efforts de régulation des activités financières et bancaires", "rendre populaire la transition écologique" ou encore "défendre l’égalité des territoires".

"Cette lettre n'est ni une rébellion, ni une dissidence, mais l'expression de ce qu'attendent de nous les Français", affirme Christian Paul au "Monde". Le vote de confiance à Manuel Valls n'est pas remis en question. "Ne pas voter la confiance serait comme nous autodissoudre", reconnaît un signataire.

Les députés exigent une meilleure association à l'action du gouvernement
Alors qu'en 2012 Hollande promettait dialogue et concertation à tous les étages, les signataires brandissent cette menace : "Si le gouvernement rejette systématiquement nos amendements, il manquera plusieurs voix le jour du vote." Ces signataires veulent pour l'heure simplement peser et prendre date. Le danger pour Valls est qu'ils ne viennent pas - ou pas seulement - de la turbulente aile gauche, mais de plusieurs courants, à commencer par celui qui avait porté Martine Aubry à la tête du PS en 2008. Ce sont d'ailleurs deux proches de la maire de Lille qui se trouvent à la manœuvre, à savoir son ancien directeur de cabinet au PS, Jean-Marc Germain, aujourd'hui député des Hauts-de-Seine, et l'ancien ministre Christian Paul.

Les avatars du passage de Martine Aubry rue de Solferino n'en finissent pas de se faire sentir pour François Hollande et ses premiers ministres successifs. Il y avait d'abord eu l'accord passé avec sa complice C. Duflot en faveur des Verts, qui leur a permis d'avoir un groupe grâce à des circonscriptions laissées par le Parti socialiste. Il y a aujourd'hui tous ces députés PS qui doivent leur investiture à Martine Aubry et font du groupe socialiste un groupe bien peu " hollandais". 
À cela s'ajoute l'aversion profonde de Mme Aubry pour Manuel Valls, qu'elle avait même menacé en 2009 d'exclure du Parti socialiste après que celui-ci eut multiplié les prises de position iconoclastes.


Même si ces troupes aubrystes se montrent encore disciplinées, tout le groupe socialiste votera-t-il pour autant la confiance ? "Je n'en mettrais pas ma main au feu, souffle un bon connaisseur des arcanes parlementaires. Il en manquera peut-être quelques-uns, les éternels trublions." 

Nombreux sont sans doute ceux qui partagent la position exprimée hier par Henri Emmanuelli (ci-contre) dans Sud Ouest : "Je ne suis pas enthousiaste à l'idée de voter la confiance à ce nouveau gouvernement, explique le député des Landes. Surtout si, comme je l'entends dire, on y greffe le vote sur le pacte de responsabilité. Cela me paraît difficilement acceptable."

Il paraît en effet probable que le gouvernement n'engagera pas une deuxième fois sa confiance dans un mois ou deux sur le pacte de responsabilité.
Ce pacte ne devrait faire l'objet que d'une déclaration éventuellement suivie d'un vote. Manuel Valls devrait préciser que le vote de confiance portera aussi - et surtout - sur le pacte de responsabilité. Un pack anti-démocratique qui force la main des élus du peuple.  D'où l'indignation croissante d'une partie du PS. 
L'heure de vérité devrait en tout état de cause sonner vraiment lors du vote des textes budgétaires qui intégreront les milliards d'économies annoncés.

samedi 28 septembre 2013

Quasi unanimité de Français opposés aux camps de Rom, selon un sondage

Tous xénophobes, voire fascistes ? 
Et EELV coupé de la base ? 

La politique de Valls sur les Rom satisfait une large majorité de Français

"Les solutions d'intégration ne peuvent concerner que quelques familles" de Rom. Le ministre de l'Intérieur de Hollande expliqua même que seule une minorité de Rom souhaite véritablement s’intégrer. Ces propos de Manuel Valls ont créé un raz-de-marée au sein du PS, comme à la gauche du PS, mais aussi au sein du gouvernement et jusqu'à la Commission européenne.

Le ministre de l'Intérieur est un récidiviste

Il avait déjà déclaré en mars que "les Rom" ont vocation à rester en Roumanie ou à y retourner", est allé plus loin cette fois : "Ces populations [les Roms, ] ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation" avec les populations locales. C'est ce qu'il avait explicité, interrogé au micro de France Inter ce mardi matin sur le dossier qui ne cesse d'enfler à l'approche des élections municipales, 

Manuel Valls provoque un tsunami à gauche. 
La centrale nucléaire altermondialiste est au bord de l'implosion:  la ministre du Logement, Cécile Duflot, accuse son collègue du gouvernement d’être allé " au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain". Le sondage BVA réalisé pour Le Parisien -  Aujourd’hui en France  et l’émission  CQFD  sur i-télé (groupe Canal+) montre néanmoins que les Français sont en phase avec les propos du ministre de l’Intérieur.

A côté de la plaque, la gauche ignore les Français

Alors que sept Français sur dix ne croient pas à la pause fiscale
Montebourg

Ch'tite Martine Brochen-Aubry

C. Duflot interpelle Hollande après les propos de Valls sur les Roms:

A. Hidalgo, candidate à la mairie de Paris s'en prend aux "propos indignes"  de sa rivale NKM:

Pourtant,
à une quasi-unanimité — 93 % —, les sondés estiment que les Rom s’intègrent mal dans la société française. 
Ce constat dépasse les clivages politiques, puisqu’il est partagé par 98 % des sympathisants de droite et 84 % de ceux de gauche. Même  quand ils condamnent les propos de Valls, les électeurs des écologistes ou du Parti de gauche, partagent cette idée d’une mauvaise intégration des Rom (respectivement 76 % et 69 %). 
Et une nette majorité de Français (53 %) juge même que les Rom s’intègrent "très mal".

Jugé assez à gauche par 72 % des électeurs de droite

Cette enquête conforte surtout Manuel Valls. 
Au total, 77 % des sondés approuvent la fermeté du ministre de l’Intérieur lorsqu’il assure que "l’intégration ne peut concerner que quelques familles" et qu’ "il n’y a pas d’autre solution que le démantèlement des campements et les reconduites à la frontière". Ils ne sont que 21 % à estimer qu’il "a tort, car il ne doit pas stigmatiser une partie de la population". 
Ce sont les sympathisants de droite qui applaudissent massivement le discours de Valls (94 %). Les électeurs de gauche sont aussi nettement majoritaires (55 %) à l’approuver, contre 43 % à lui donner tort. A l’instar de leurs dirigeants, les sympathisants écologistes et les amis de Jean-Luc Mélenchon sont ceux qui condamnent le plus clairement les déclarations du locataire de la Place Beauvau (à 60 % et 62 %).

Enfin, quand on interroge les Français sur son positionnement politique, les deux tiers (67 %) répondent que Manuel Valls est équilibré, "juste comme il faut, ni trop ni pas assez à gauche". "Après cette polémique autour des Rom, le  ministre de l’Intérieur est parfaitement en phase avec l’opinion, analyse Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA. Mais ce n’est pas parce que les Français lui donnent raison que cette polémique lui profitera personnellement, ni surtout qu’elle n’est pas fâcheuse pour l’image collective du gouvernement", assure l'analyste, sans s'expliquer.

Pour l'heure, Valls est conforté par une majorité des sympathisants de gauche (57 %), mais 39 % de ces mêmes électeurs ne le trouvent "pas assez à gauche", ce qui amène Philippot à ironiser sur une prochaine adhésiondu ministre de Ayrault au FN. Des chiffres dont on a tendance à penser, Place Beauvau, qu’ils traduisent "la réalité du terrain". 
Une grande majorité des maires entend le message de la base à l'Intérieur à six mois des élections municipales.

DOCUMENT: Manuel Valls et la polémique sur les Rom

Cohn-Bendit sur Valls : "Son discours est dangereux et idiot"

Sans surprise, les propos de Valls sur les Rom renforcent les extrémismes, selon l'eurodéputé écologiste.

Manuel Valls a-t-il dérapé ? 
DANIEL COHN-BENDIT. "Oui. En disant que les Rom ne veulent pas s’intégrer, Manuel Valls racialise la question. Son discours est dangereux et idiot. Il y a des gens qui, il y a une soixantaine d’années, parlaient de la même façon des Roms et des Juifs."
"Les juifs des années 1930 non plus n’étaient pas intégrables", assure Cohn-Bendit, poussant loin la corrélation avec le nazisme… Ils ont fini en camp de concentration. En s’exprimant ainsi, Valls renforce les extrémismes."

Selon notre sondage, 93% des Français estiment que les Roms s’intègrent mal… 
"Dans les années 1930, 80% des Français pensaient que c’était difficile d’intégrer les juifs… insiste-t-il. Les Rom font l’objet d’une haine ancestrale. Personne ne les veut. La question n’est pas de savoir s’ils sont "bons" ou " gentils" : ils sont victimes. [Et ne font pas de victimes ?] Il faut être prudent car, en période de crise, les majorités se défoulent sur les minorités. [Valls aurait donc trouvé un exutoire à la crise et aux contre-performances du pouvoir socialo-écolo, les altermondialistes du gouvernement réclamant de surcroît le beurre et l'argent du beurre] Les Rom sont des boucs émissaires parfaits."

Reconnaissez-vous que les camps illégaux peuvent poser des soucis aux riverains?
"Je reconnais que la tâche n’est pas facile. Mais pourquoi le Défenseur des droits, Dominique Baudis, dit-il que la circulaire (interministérielle) d’août 2012 [dans laquelle six ministres du gouvernement Ayrault signent les procédures de démantèlements de camp] n’est pas appliquée ? Je partage son constat : le gouvernement fait de la répression, mais rien pour l’intégration. Oui, un camp illégal pose des soucis. Mais où est le camp légal alors?" assène Cohn-Bendit, spécialiste des réductions intellectuelles binaires.

Cécile Duflot a-t-elle eu raison de dire que Valls allait au-delà du pacte républicain? 
"Le pacte républicain, c’est un mirage. Mais Valls a été au-delà d’un humanisme nécessaire pour traiter une question difficile. Comme Nicolas Sarkozy en son temps, le discours du ministre de l’Intérieur est celui de l’ordre qui conduit à l’inefficacité" [Peut-on être plus lapidaire?]. Car il y aura toujours une Nathalie Kosciusko-Morizet pour lui signaler qu’il y a un Rom dans la rue… Valls ment : il ne pourra pas tous les expulser. Ça ne marche pas, mais ça rassure en faisant le lit des extrêmes."

Y a-t-il aujourd’hui une politique de gauche à l’égard de cette population? 
Dans le discours, je ne vois pas de différence avec Nicolas Sarkozy. Quant à la pratique, elle est aussi indifférente. Si j’étais au gouvernement, j’organiserais une grande conférence avec des élus locaux de tous bords, les représentants de la communauté, les ministres… pour dire : qu’est-ce qu’on fait? et déterminer un plan d’action. L’Europe propose des financements [elle les verse, mais ne contrôle pas ce qu'en fait Hollande...] Or la France ne mobilise même pas les fonds européens existants." [Ce qui signifie que Hollande les affecte à autre chose: c'est du détournement de fonds ]

Bartolone, ex-président du 9.3
s'est sédentarisé
dans cette modeste caravane, aux Lilas
Le PS ostracise à tour de bras

Pour Claude Bartolone,
la commissaire européenne aux Droits de l’homme, Viviane Reding, est une "mère fouettarde"… Elle a rappelé le principe de libre circulation des individus. Elle était dans son rôle. Si Claude Bartolone veut une exception pour les Rom et des contrôles au faciès, qu’il le dise…
Henri Emmanuelli a pris position contre Valls
"Les Roms sont certes une population "très difficile à intégrer, mais ce n'est pas nouveau" avait finement observé le député PS et président du Conseil général des Landes, avant de commenter au hall des sports de Vieux-Boucau.: "On ne me fera pas croire que 20.000 Roms sont un obstacle insurmontable pour la République française."
Et il se range au côté des altermondialistes. "Il y a des limites à ne pas franchir et des barrières à ne pas fragiliser", a-t-il encore assuré, avant de lancer un "salut amical à Cécile" Duflot, la ministre du Logement montée montée dans les tours après les propos du locataire de la Place Beauvau. "Etre de gauche, mon cher Manuel, ça ne se proclame pas, ça se prouve", a asséné le sulfureux cacique du PS au locataire de la place Beauvau.

Benoît Hamon s'est fait l'écho de son maître
Il a admis samedi que la gauche s'expose à des "leçons en réalisme" sur les Rom, ajoutant qu'elle ne peut renoncer à "intégrer progressivement une population" contre son gré. 
Et d'accumuler les phrases toutes faites en contradiction avec la réalité du temps: "La gauche ne postulera jamais l'impossibilité d'intégrer progressivement une population (...) Qui serions-nous si nous leur refusions le droit à l'éducation, à la santé, et à un toit au nom de leur différence", a déclaré le vertueux sans le premier sou de financement. "Sommes-nous si supérieurs aux autres que nous puissions décréter l'inaptitude générale d'une population à l'intégration dans notre société républicaine ?", s'est gravement interrogé le petit ministre devant les participants aux universités de rentrée d'Un monde d'avance, un courant socialiste radical, à Vieux-Boucau, dans les Landes.
"Ce qui m'irrite le plus dans les polémiques que nous nous créons à gauche, et on l'a vu dernièrement sur les Rom, ce sont les procès ou les leçons en réalisme identiques à ceux que nous fait la droite", a prétendu celui qui adressait des remontrances à cette droite que Valls incarne au PS.