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vendredi 6 avril 2018

Oxfam France : Duflot, drôle de choix pour redorer son blason souillé !

Duflot quitte la politique pour prendre la tête d’Oxfam France 

Oxfam offre un point de chute à la très contestée altermondialiste Cécile Duflot, alors que l'écologiste Jean-Vincent Placé vient d'être mis en garde à vue et que les électeurs l'ont rejetée.

Ce n'est pas Duflot qui abandonne la  politique, mais la politique qui abandonne Duflot.
Les électeurs ne lui ont pas renouvelé leur confiance et l'ancienne ministre doit renoncer. "J’ai jugé que le moment était venu de m’engager différemment et d’ouvrir une nouvelle étape de ma vie", a déclaré l'écologiste radicale jeudi dans un entretien au Monde. "Je quitte la politique avec beaucoup de sérénité; j’ai pris ma part de l’engagement et des difficultés," a-t-elle ajouté, avec une brin d'amertume. 
Le 20 août 2016, elle avait annoncé sa candidature à la primaire organisée par Europe Ecologie Les Verts. Mais, alors qu'elle était donnée favorite du scrutin, elle se fit éliminer dès le premier tour, arrivant en troisième position du premier tour, avec 24,41 % des voix derrière Yannick Jadot et Michèle Rivasi, Jadot choisit alors le mauvais cheval, le socialiste Benoît Hamon.
Le couperet tomba lors de la législative de 2017 
Nawel Oumer (PS) qui était investie par les militants socialistes en vue des élections législatives de juin fut la première victime de l’accord conclu entre Benoît Hamon (PS) et Yannick Jadot (EELV) et dû s’effacer devant Cécile Duflot (EELV) dans la 6e circonscription (XIe et XXe) : promesse de cette circonscription en échange du retrait de Jadot de la course à l’Elysée et de son ralliement à Benoît Hamon. L’accord provoqua la colère d’élus socialistes et d’Anne Hidalgo qui n’avait pas digéré ce parachutage en 2012, avec l’appui de Martine Aubry, alors à la tête du PS. 
Mais cette cuisine électorale, pas 'bio' du tout, ne profita pas à la plaie du corps politique. Comme en 2012, déjà sous l'étiquette commune Europe-Ecologie-les Verts et PS, en juin 2017, Cécile Duflot se fit refouler dès le premier tour à Paris, avec le score infamant de 14,6%, derrière Pierre Person (LREM 39,42 %) et Danielle Simonnet (LFI 18,8%).

Oxfam France  se choisit une vielle ganache pour directrice générale  

L'ONG ne fait pas elle-même l'annonce : "Je rejoins une organisation internationale formidable”, annonce l'ex-ministre déchue, assurant qu'elle n'a pas quémandé la place et qu’Oxfam l’a sollicitée pour poser sa candidature. Dans un communiqué, le conseil d’administration d’Oxfam France précise que Mme Duflot prendra ses fonctions de "directrice générale" de l’ONG "en juin". 

"J’ai toujours dit que la vie politique ne pouvait pas être éternelle. Chacun doit aussi pouvoir se ressourcer, avoue la politicienne au bout du rouleau. C’est aussi une forme de remise en question”, assure-t-elle, précisant qu’elle va "continuer à agir, mais différemment" :  début d'auto-critique ?

"Je m’engage avec Oxfam dans la durée”, prévient-elle, renonçant à être candidate aux élections européennes de 2019 ou encore à la présidentielle de 2022 ! Ses chantiers prioritaires à la tête d’Oxfam France seront "le développement de l’organisation, le renforcement de l’impact de (ses) propositions, et l’intégration dans Oxfam international". "Si l’on veut faire reculer la pauvreté et les inégalités, il faut agir politiquement au sens noble du terme", explique-t-elle sans rire. 
Résultat de recherche d'images pour "duflot cantat"
Questionnée sur le scandale sexuel qui a secoué l’organisation en Haïti,  Duflot rappelle être "engagée de longue date contre les violences faites aux femmes". Peut-on toutefois rappeler à cet égard que son compagnon est Xavier Cantat, frère de Bertrand Cantat, membre du groupe Noir Désir et assassin de sa compagne, Marie Trintignant, en 2003 Lituanie ?

La polytraumatisée du suffrage populaire se flatte de son nouveau parachutage. 
"La réponse qu’apporte Oxfam après ce traumatisme est à la hauteur, estime-t-elle. Interrogée sur les regrets qu’elle peut avoir sur sa vie politique, l’ancienne secrétaire nationale des Verts admet avoir échoué à ce que "la prise de conscience écologique soit plus vive et que notre pays s’engage enfin dans une autre logique". "Je suis aussi très inquiète de la montée de la parole et des actes de haine racistes et antisémites dans mon pays," a ajouté l'ayatollah de l'écologie. 
Et Duflot de se féliciter d'être patronne d'Oxfam France à la tête "d’une équipe de 42 personnes, forte du soutien de près de 700 bénévoles" et "dotée d’un budget annuel de 4 millions d’euros”. 
Claire Fehrenbach, actuelle directrice générale d’Oxfam France, "salue l’arrivée de Cécile Duflot, une femme connue et reconnue pour son courage politique et pour son engagement en faveur de la lutte contre le changement climatique, les inégalités et les droits humains en général".

Oxfam France se dit association non partisane et non confessionnelle.
Elle est pourtant politique, puisqu'elle revendique sa lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux qui, selon l’association altermondialiste, "menacent la stabilité financière et l’économie, sapent les systèmes fiscaux et les budgets des États, et creusent les inégalités dans le monde entier."
Oxfam France est d'ailleurs membre de la confédération internationale Oxfam. Or, outre que celle-ci a été mise en cause en 2018 par The Times pour un rapport dénonçant l'action du directeur régional de l’organisation à Haïti, elle est critiquée pour le mercantilisme de sa politique de commerce équitable, ainsi que son manque de transparence et traçabilité et son inefficacité sur le terrain. L'ancienne ministre du logement y a donc toute sa place...

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vendredi 8 décembre 2017

Le Conseil constitutionnel valide l'élection de Valls de justesse

La plainte de La France insoumise n'a pas été entendue de Fabius 

Le Conseil constitutionnel a confirmé l'élection de Manuel Valls comme député de l'Essonne vendredi

"Les requêtes de Mme Farida Amrani et M. Ulysse Rabaté [candidats de la France insoumise lors de ces législatives] et de M. Gautier Albignac [candidat sous l'étiquette "divers"] sont rejetées", selon le texte de la décision publiée sur le site internet du Conseil. 

L'ancien premier ministre socialiste l'avait emporté de seulement 139 voix contre la France insoumise, lors d'un second tour houleux le 18 juin et F. Amrani  contestait la validité de 141 suffrages.
Les avocats de LFI ont d'une part argué que pour 31 suffrages "la signature apposée sur la liste d'émargement au second tour à l'encre couvrirait une esquisse ou une première signature tracée au crayon".
Or, après examen, "ce fait n'est établi que pour un seul des 31 électeurs qu'ils désignent précisément et ne révèle par lui-même aucune irrégularité", juge le Conseil constitutionnel.
Les candidats de la France insoumise ont d'autre part "contesté l'authenticité de la signature de 110 électeurs (...) en raison des différences qu'elle présente avec leur signature au premier tour", mais n'en ont désigné précisément que 108.
Le 6 juin, des dizaines d’intellectuels engagés (Didier Eribon, Eric Fassin, Edouard Louis, Annie Ernaux…) ont bien lancé un appel en leur faveur sur le site de Mediapart.

Si 66 votes "correspondant à des différences de signature significatives doivent être regardés comme irrégulièrement exprimés", ce n'est pas le cas des 42 autres, a jugé le Conseil.

En tout état de cause, "ces suffrages irréguliers restant en nombre inférieur à l'écart de voix entre les deux candidats du second tour, cette irrégularité ne saurait conduire à l'annulation des opérations électorales", conclut le Conseil, présidé par le socialiste Laurent Fabius.

M. Valls a exprimé son soulagement

Il a prit "acte" de la décision du Conseil constitutionnel dans un communiqué. Siégeant désormais avec le groupe La République en marche (LREM), il souligne que ce Conseil "a ainsi pu mesurer en toute indépendance l'inanité totale des arguments invoqués".
En juin 2007, Manuel Valls avait été réélu avec plus de 60 % des suffrages. En 2017, la militante syndicale et politique d'extrême gauche a mis en ballottage l’ex-premier ministre dans son fief de l’Essonne: Valls n'avait plus obtenu que 49,70 % des voix.
"Je n'en suis pas surpris, tant il était évident que les accusations grossières de fraude électorale contre le candidat que j'étais et ma suppléante Marie-Hélène Bacon, comme nombre de maires, notamment celui d'Evry, Francis Chouat, d'élus et d'assesseurs, ne reposaient sur rien". A quelques suffrages irréguliers près...

Il n'y aura pas de 18e député musulman à l'Assemblée.

Fonctionnaire de 41 ans à la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne et habitante d’Evry depuis 1997, Farida Amrani participa à la vague de "dégagisme" qui aurait pu mettre "monsieur 49-3" au chômage, avec  le soutien de Benoît Hamon.
 
Née au Maroc en 1976, et arrivée en France à l’âge de deux ans, elle a fait ses premières armes en créant presque de toute pièce un syndicat CGT sur son lieu de travail. En 2014, avec 20 % des voix, elle obtient 4 élus. Pour elle, sa candidature aux législatives n’a donc rien de fortuit : "On est dans la continuité, je ne combats pas la personne de M. Valls, mais sa politique".
En 2017, "quand elle décida de lancer une liste aux municipales contre Valls, elle partait contre le PCF, qui soutenait Valls, et dont elle était pourtant membre [elle l'est encore]", témoigne son suppléant de 30 ans, élu d’opposition au conseil municipal de Corbeil-Essonnes, Ulysse Rabaté.

"Farida Amrani au Palais Bourbon, ce serait un symbole, même si elle n’aime pas qu’on le dise, quand on voit que l’Assemblée est composée essentiellement d’hommes blancs de plus de cinquante ans, soutient également Ulysse Rabaté, conseiller municipal PCF à Corbeil où il est soutenu par Bruno Piriou, élu d'opposition (PCF) à Corbeil-Essonnes, et fervent opposant au "système Dassault". Cela dépasse les frontières de la circonscription, ce serait un message envoyé aux gens qui hésitent à s’engager," estime le suppléant, en direction de celui qui voulait "plus de blancs, de white, de blancos" à Evry.
Un racisme partagé par le Catalan et les binationaux.

vendredi 19 mai 2017

Législative de Mélenchon à Marseille : l'orque rouge boucherait le port

Un "parachutage" gagnant pour Mélenchon à Marseille

Un sondage promet un choix 
gagnant de Jean-Luc Mélenchon 

Le temps fait parfois la grimace à Marseille
Candidat aux élections législatives des 11 et 18 juin dans la 4e circonscription de Marseille, le prédateur éliminerait Mennucci, selon une enquête Harris Interactive pour les commanditaires France Télévisions et le SNJ qui le plaçaient jeudi soir largement en tête des intentions de vote.

Le leader de La France insoumise recueillerait 33% des intentions de vote au premier tour, loin devant la candidate de la République en marche (26%), Corinne Versini, une chef d’entreprise probablement déçue du secteur des biotechnologies, dans les Bouches-du-Rhône. 
Corinne Versini, référente du mouvement dans les Bouches-du-Rhône durant la campagne présidentielle, est un pur produit de la machine Macron : issue de la société civile, entrepreneuse (Genes'ink, une start-up), c’est la première fois qu’elle s’engage en politique.
Ainsi le parisien distancerait-il encore davantage le député socialiste sortant, Patrick Mennucci, qui n’engrangerait que 13% des voix, tandis que les candidates du Front national (12%) des Républicains/UDI (9%) seraient réduites à un rôle de figuration.
Patrick Mennucci a dit "n’accorder que peu d’importance à ce sondage" sur l’antenne de France Bleu Provence.

Au second tour, Jean-Luc Mélenchon s’imposerait en duel face à Corinne Versini

Cette simulation - qui est la seule testée... - accorde au parachuté  56% des intentions de vote contre 44% à son adversaire. "Ça donne de l’espoir, mais je ne veux pas m’emballer", réagit la novice, candidate LREM qui préfère ne pas donner trop d’importance aux sondages. "La seule stratégie qui compte, c’est d’être sur le terrain, écouter les gens, voir ensemble ce qu’on peut faire pour changer les choses", affirme-t-elle. 
Corinne Versini : une start-uppeuse à l’attaque des éléphants Mélenchon et MennucciSauf que Corinne Versini, "elle ne vient même pas de Marseille, c’est une Aixoise. Elle dit qu’elle est diplômée d’HEC alors que ce n’est pas vrai”, a raillé le député socialiste sortant, dans capital.fr en début de semaine. Et d’en remettre une couche : "Elle m’a salué une fois dans un bureau de vote et elle m’a dit qu’elle avait besoin d’un GPS parce qu’elle se perd dans les rues de Marseille. Personne ne la connaît !".Sur ses études, elle dit avoir été claire, elle n’a pas suivi la formation initiale de HEC mais une formation diplômante en continu. Et sur son implantation, elle rappelle les lieux où elle a vécu dans la cité phocéenne et son passage au lycée Marcel Pagnol, comme à Centrale Marseille. "Comme je n’ai pas fait de la politique, le hasard de mes mutations m’a fait voyager un peu partout à l’inverse de monsieur Mennucci qui n’a jamais bougé", a-t-elle répliqué, sans aucun humour, ni odeur de Pastis. Un tare au pays de Pagnol.
Cette première projection d'une entreprise commerciale de sondages semble légitimer le choix du leader de La France Insoumise de se présenter sur une circonscription populaire, un bastion historique de la gauche qui regroupe les 1er, 2e et 3e arrondissements de Marseille et une partie des 5 et 6e arrondissement de la ville.

A la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon y était arrivé en tête avec 39,09% des voix au premier tour, d'où son appétence pour cette proie.

Mélenchon veut instrumentaliser les Marseillais à des fins nationales

Partageant son temps entre Marseille et Paris, le député européen a clairement dit vouloir mener une "élection de politique nationale" avec un programme "pour gérer le pays". "Je vais essayer d’être un peu partout pour aider les copains", dit-il volontiers. "C’est la première fois qu’une élection législative est aussi ouverte".

Le port de Marseille, laboratoire politique de La France Insoumise
Le chef de file de La France insoumise, qui entend devenir une force d'opposition importante avec son mouvement, préfère ne faire aucun pronostic sur l’issue finale du scrutin.
"On espère un maximum de députés: je suis un professionnel de l’optimisme", a-t-il affirmé mercredi à la sortie du dépôt de ses listes pour les Bouches-du-Rhône.

En marche!, "une start-up politique", selon la macronnienne.
La candidate LREM reste positive. "On va commencer à travailler sur le terrain demain; rien n’est encore fait (...) Si on gagne, la victoire n’en sera que plus belle", clame l'ingénue. Elle garde en tête la raison pour laquelle elle s’est engagée auprès d’Emmanuel Macron. "Quand j’ai vu le démarrage d’En marche, dès le mois d’avril 2016, j’ai compris que c’était une start-up politique", dit-elle. "Les chefs d’entreprise que je rencontre sont tous des hommes et des femmes qui ont envie de changer le monde, qui sont idéalistes. Si vous avez l’occasion de changer les choses, vous ne la laissez pas passer".
Les semaines à venir seront rudes au coeur de cible de Mélenchon. Corinne Versini semble se voir en David contre Goliath... "Exactement, et souvenez-vous qui a gagné…", répond-elle. Voilà Jean-Luc Mélenchon et Patrick Mennucci prévenus.

dimanche 7 mai 2017

Le futur président sera-t-il mal élu et contestable ?

L'abstention et le vote blanc affaibliront le président

Conséquence du "ni-ni" de Mélenchon comme du favoritisme pro-Macron de la presse de l'Etat-PS, 

le taux de participation du second tour dira beaucoup de la légitimité du nouveau président de la République. les votes exprimés devraient toucher le fond lors du second tour, tandis que le vote blanc pourrait exploser. Ce sera le troisième résultat le plus scruté dimanche soir.Il viendra aussi confirmer la chimère d'un front républicain poreux face à l’extrême droite. 

Selon les dernières enquêtes d’opinion, l’abstention pourrait passer la barre des 25 %, contre 22,23 % le 23 avril. 
Si ce chiffre se confirme, la participation serait plus faible au second tour d’une présidentielle qu’au premier, pour la première fois depuis 1969, plus faible au second tour d’une présidentielle qu’au premier.

Les coups bas des institutionnels et les mensonges de la presse et des sondages ont dégoûté l'électorat

En 2002, avait bondi de plus de 8 points, après le choc du 21 avril et la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour, avec le concours de Christiane Taubira, future ministre de Hollande honnie de la population, le taux de participation . Pour faire barrage à l’extrême droite et offrir 82 % à Jacques Chirac, les réfractaires aux urnes avaient retrouvé l’adresse de leur bureau de vote entre les deux tours: de 28,4 % le 21 avril, l’abstention était tombée à 20,29 % en deux semaines.

La campagne sans foi ni loi de 2016-2017 a écoeuré l'électeur
Les apprentis-sorciers de l'Etat-PS craignent désormais d'en avoir trop fait pour laminer la rivale de Hollande-bis. Marine Le Pen pourrait en effet profiter de cette forte abstention annoncée pour accrocher la barre des 50 % et faire de ce record historique de suffrages un tremplin pour faire carton plein de députés aux élections législatives.

Pour tenir loin des urnes les deux-tours des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, d'un tiers de ceux de François Fillon, ou bien la masse des abstentionnistes déjà déterminés, la candidate, qui a puisé ses forces électorales dans l'extrême gauche, peut compter sur l'effet boomerang du bilan socialiste de Hollande, ainsi que des bassesses de la presse gouvernementale et des entreprises commerciales de sondages, au premier rang desquelles se situent France Télevisions comme Radio France, dans le secteur public, et BFMTV, dans le prive.

Dégoûtés du vote Macron pour longtemps, l'abstention et le vote blanc font craindre à Emmanuel Hollande, le candidat de l'Elysée, une majorite présidentielle introuvable aux législatives de juin, une cohabitation, voire une France ingouvernable.

L'extrême-gauche "insoumise" promet un redoutable quatrième tour social au banquier Macron

Le candidat de "La France insoumise" (et du PCF) a affirmé  qu’ "aucune voix ne doit aller au Front national", mais Mélenchon n'appelle pas pour autant à voter pour Macron, conseiller, puis ministre de Hollande, auteur de la loi Travail imposée par la force. L'hostilité de la gauche radicale, des partisans socialistes de Hamon aux militants trotskistes d'Arthaud et  Poutou, entrave la marche de Macron, sinon vers l'Elysée, vers les réformes promises. 

Jusqu’au bout, Mélenchon a refusé d'appeler à utiliser le "bulletin de vote Macron" pour "faire barrage à l’extrême droite". Pour lui, le risque est équivalent.
Parmi les 20% d'électeurs de Mélenchon,, les chiffres de l’abstention ou du vote blanc ont grimpé (de 30 % au lendemain du premier tour à près de 40 % à la veille du second, selon l’Ifop. A noter que Benoît Hamon y a été salarié...).

A cette baisse annoncée de la participation, il faudra sûrement ajouter l’explosion des votes blancs 

Ils pourraient atteindre 3 millions de bulletins, selon les études (en 2002, il y avait eu 1,8 million de blancs et nuls au second tour). 
Pour mémoire, s’ils sont décomptés dans la participation - et désormais comptabilisés séparément des bulletins nuls -, ils n’ont pas d’impact sur le résultat final, puisque celui-ci est un pourcentage des suffrages exprimés. 

La barre des 50 % pourrait être abaissée, en  millions de voix… 
"Mais attention, ces militants de l’abstention ou du vote blanc ne sont pas les plus nombreux, assure Céline Braconnier, politologue et directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye. Eux vont dans les manifestations, on les entend dans les media, mais ceux qui s’abstiennent le plus et le plus souvent sont des personnes plus fragiles, empêtrées dans les problèmes économiques. On ne les entend pas."

Selon Jean-Yves Dormagen, professeur de sciences politiques à l’université de Montpellier, cette "abstention sociologique", traditionnelle, serait en revanche défavorable à Le Pen car elle concernerait en premier lieu des départements populaires (comme les Alpes Maritimes, selon Elabe et le fallacieux Niçois Bernard Sananès, sur BFMTV !) où le Front national est fort. C’est dans ces zones que la participation a été la plus faible au premier tour. 

Jean-Yves Dormagen pointe par ailleurs "une abstention plus politique", liée aux malveillances politico-médiatiques de ce scrutin et donc plus favorable à la candidate FN agressée par l'Etat-PS, dont les électeurs pourraient la venger.

"Paradoxalement, l’abstention pourrait prendre plus d’ampleur dans des milieux privilégiés, étudiants, qui sont traditionnellement très pratiquants les jours de vote, affirme sans nuances Céline Braconnier, et qui ne veulent pas légitimer un vote Macron", héritier de Hollande. Or, si -contrairement aux plus politisés (et radicaux), les plus tièdes de ces électeurs se déplaçaient, ils voteraient plutôt Macron, sans volonté de faire barrage à Le Pen. 

"En revanche, ajoute la chercheuse, dans les quartiers populaires des grandes métropoles, impactés par l’immigration et où les taux d’abstention battent des records, les retours de terrain que nous avons depuis plusieurs jours font état d’une volonté d’aller voter" pour s’opposer à l’extrême droite. Macron aurait une dette envers les quartiers, singulièrement la communauté musulmane, depuis que les islamistes de l'UOIF ont appelé à voter pour le protégé de Hollande.

Macron n’a pas fait grand-chose pour empêcher une forte abstention.

Il a refusé tout amendement de son projet présidentiel, notamment sur la future loi travail. Lors du virulent débat de mercredi, la prestation de Marine Le Pen face à la condescendance du banquier Macron, aura donc pu convaincre la gauche sceptique tentée par le "ni-ni" de voter ce dimanche pour l'alternance ?
Comme Bayrou, la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, ministre absente de son ministère de l'Education depuis plusieurs mois, soutien de Hamon, ralliée à Macron pour sauver sa candidature à Lyon (comme celle de son mari dans la circonscription des Landes  d'Emmanuelli !) a estimé mercredi, dans Libération, que "ne pas voter contre le FN avec les meilleures intentions du monde, ça reste ne pas voter contre le FN." 

Et d’affirmer, comme l’économiste Thomas Piketty, ex-compagnon frappeur d'Aurélie Filippetti et soutien de Hamon, lui aussi, que plus la victoire de Macron sera large, moins celui-ci pourra prétendre en être le propriétaire exclusif. 
Une petite victoire étriquée serait sa force ! Pareil pour sa rivale ?

vendredi 5 mai 2017

Bayrou nie le risque d'une cohabitation, si Macron était élu président

Macron n'écarte pas cette hypothèse, sinon il livrerait le nom de son premier ministre

Président d'un parti sans député, le MoDem, François Bayrou ne veut pas entendre parler de cohabitation, si Macron venait à accéder à l'Elysée.

Soutien d'Emmanuel Macron, le président du MoDem écarte l'hypothèse d'une cohabitation en cas de victoire du candidat d'En Marche !, dans un entretien au Parisien vendredi.
"Après avoir assisté au débat et à la révélation de l'énergie et du courage du futur président, qui peut se présenter devant les Français en disant: 'Votez pour nous, pour que nous empêchions cet homme de gouverner'? interroge le maire de Pau. Qui va suivre une telle absurdité?", se demande Bayrou qui, comme les Français, redoute la possibilité d'une nouvelle coexistence institutionnelle forcée entre un chef de l'État et un chef du gouvernement politiquement opposés, à l'issue des législatives de juin prochain.

Le centriste socialo-compatible veut croire "que les Français vont donner une majorité nette au président de la République" 

Et le patron de parti virtuel "fera tout ce qu'il faut pour cela", dit-il, d'autant que le MoDem est menacé de disparition définitive à l'Assemblée Nationale. "Il est aussi probable que d'autres, qui n'auront pas été élus sous l'étiquette de la majorité présidentielle, puissent la rejoindre pour participer à la reconstruction", ajoute-t-il.

Concernant le débat télévisé mercredi soir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, l'ancien ministre inexistant de l'Education: "l'a trouvé absolument éclairant et significatif" ! Et, pour ce flagorneur en quête de poste ou prébende, avant que les jeux soient faits, "le temps de l'abattement national, qui a duré si longtemps, est fini". Il fallait que la page se tourne pour que s'ouvre un temps nouveau d'optimisme", a estimé le grincheux.

Enfin, à la question, "Pourriez-vous être Premier ministre?", François Bayrou, qui disait ne plus rechercher ni les responsabilités, ni les honneurs, répond : "J'ai deux règles de conduite (!): je suis profondément attaché à ma ville et en même temps je servirai le renouveau du pays. Pour le reste, c'est la responsabilité du président élu que de définir ses équipes. Et il ne doit pas le faire avant son élection."
Bayrou n'a pas perdu tout espoir de réincarnation.

jeudi 29 décembre 2016

Abus de faiblesse du couple Vallaud-Belkacem sur Hollande

Najat et Boris profitent de la vulnérabilité de Hollande en fin de mandat

La "république des copains et des coquins" 
(Michel Poniatowski) au profit du mari de Najat Vallaud-Belkacem

Le mari de Najat Vallaud Belkacem, actuel secrétaire général adjoint de l'Élysée, a arraché une circonscription électorale à un président sortant tellement affaibli par ses échecs et son impopularité qu'il a renoncé à se représenter. Pour réussir son coup de force pour la première fois candidat aux législatives en 2017Boris s'est fait offrir une circonscription en or. La récompense des intrigues auprès du prince. 

Et le candidat aux législatives conserve des leviers au sommet de l'Etat: le secrétaire général adjoint de l’Élysée sera "simple" conseiller de François Hollande à partir du 1er janvier...
Il est remplacé par Thomas Cazenave, ambitieux inspecteur des finances venu de... Pôle emploi, ex-directeur délégué des ressources humaines au sein du groupe France Télécom Orange, frappé par une vague de suicides, et ex-directeur adjoint du cabinet du ministre de l’Economie, en première ligne sur... la loi Macron !

Boris Vallaud sera le candidat PS de la 3e circonscription des Landes, annonce L'Opinion ce mercredi. Une circonscription qui n'est autre que le fief du cacique socialiste Henri Emmanuelli depuis les années 70. Si Boris Vallaud a été accepté par les militants socialistes landais, c'est sur injonction d'Henri Emmanuelli en personne. Il est président du Conseil général (puis départemental) des Landes depuis 2002. L'éléphant du PS s'est faiblement justifié devant Sud Ouest en juin, assurant qu'il a "beaucoup apprécié les qualités de ce jeune homme", candidat parachuté de Paris: on se demande bien en quelles circonstances. Un marchandage qui aurait permis la candidature de sa marionnette, Benoît Hamon, alors que, le 17 décembre, la Haute autorité des primaires citoyennes de la gauche a balayé de la primaire de la Belle alliance populaire, Pierre Larrouturou, ancien membre du PS et d'Europe Écologie-Les Verts, candidat pour Nouvelle Donne (soutenu par le climatologue Jean Jouzel, le député PS Patrick Gille et l'ancien président du Syndicat général des lycéens et fondateur de Nouveau Souffle, Eliott Nouaille), Fabien Verdier, conseiller municipal d’opposition (PS) de Châteaudun, agrégé d'Eco-Gestion.
Et le donneur de sperme Gérard Filoche qui annonce son intention de déposer un recours:


En revanche, un petit marquis affecté
dans un département où la gauche régresse, depuis la perte de la mairie de Mont-de-Marsan, son chef-lieu, au profit de la liste MoDem/UMP. Le PS perd également le canton de Sore au profit de la communiste Nicole Bippus. La répartition actuelle des sièges reste favorable à la gauche (18 PS et 2 extrême gauche) contre onze à la droite.
En 2008, Henri Emmanuelli et son protégé Benoît Hamon formèrent le duo de tête du NPS au Congrès de Reims. Toute l'aile gauche du PS (Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quilès, Gérard Filoche, Pierre Larrouturou, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez) s'unit ensuite sur la motion "Un Monde d'Avance" menée par Benoît Hamon qui se porta candidat à l'élection du premier secrétaire (battu avec ses soutiens: Razzye Hammadi, ancien président du MJS, ex-candidat violent à Orly, député de Seine-Saint-Denis, actuel porte-parole de la ligne majoritaire du PS, après avoir été "frondeur": en 2013, il jugeait que "Valls ne rend pas service à la gauche", mais deux ans plus tard, il juge l'aile droite du parti "réelle et pragmatique"); Paul Quilès, ancien ministre; Jacques Généreux, économiste qui a rejoint MélenchonBruno Julliard, premier-adjoint d'Anne Hidalgo, maire de Paris qui soutient Vincent Peillon, ancien président de l'UNEF, qui se dit déçu par son ancienne camarade Myriam El Khomri et son projet de loile député-maire d'Annonay, Ardèche, Olivier Dussoptex-porte-parole de Martine Aubry, candidate à l'élection présidentielle de 2012 contre Hollande et "frondeuse", désormais soutien de Manuel Valls dont il est l'un des... huit porte-parole de campagne en 2016); Liêm Hoang-Ngoc, économiste, député européen proche de H. Emmanuelli et favorable au dialogue avec le Front de gauche; Jean-Pierre Dufau, député-maire des Landes; Jean-Pierre Godefroy, sénateur de la Manche (avec 12 voix d'avance); Régis Juanico, conseiller général et député de la Loire, ex-trésorier du PS; Jean Auroux, ancien ministre, auteur des Lois Auroux rédigées par Martine Aubry).
Boris Vallaud parachuté de Saône-et-Loire dans les Landes
Il a été directeur général des services du Conseil général de Saône-et-Loire, directeur de cabinet du ministre Arnaud Montebourg et cet énarque est, depuis 2014, secrétaire général adjoint de la présidence de la République, au bilan de laquelle il est associé. Le protégé de Hollande n'a jamais brigué aucun suffrage populaire.
A ce jour, trois autres candidats sont connus Jacques Kimpe, ex-directeur général des services de la mairie de Dax, pour les Républicains (LR), Yann Brongniart, sans étiquette mais marqué à droite, et Michèle Berthoud, pour le Parti communiste.

Boris Vallaud est portant désigné avec 63,5% des godillots socialistes du cru 
C’est la principale surprise de ces primaires: un petit marquis de l'Elysée pour les Landes ! Monsieur Belkacem, mari de la ministre de l’Education nationale, a été imposé à Henri Emmanuelli contre le candidat régional soutenu par Alain Rousset, président PS de la région Nouvelle Aquitaine. Les militants landais ont donné leur accord à ce choix, au détriment de Paul Carrère, fils du sénateur Jean-Louis et élu départemental, dont l’ancrage local semblait pourtant un atout sérieux. 

L’ancien secrétaire de la préfecture, dont la famille réside à Hontanx, près de Villeneuve-de-Marsan, va donc mener ces prochains mois sa première campagne politique dans le département. 

Quant à sa femme, Najat Vallaud-Belkacem, elle n'a pas caché son désir de se présenter dans la 6ème circonscription du Rhône, à Villeurbanne

Najat Vallaud-Belkacem, "elle est bonne, Najat, très forte en langue de bois", reconnaît le président Hollande. 
Dents longues:
denture chevaline de Fernandel
Elle sera porte-parole dans les gouvernements Jean-Marc Ayrault...

Mais "ce n'est pas une intellectuelle", affirme Hollande, dans son livre de confidences. Elle sera pourtant diplômée de  l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) en 2001 : par la 3e voie, "Promotion Zep" (programme des Conventions Éducation Prioritaire (CEP, créé pour y diversifier le recrutement social)après avoir obtenu un baccalauréat en 1995, une licence en droit en trois ans (1998) à l'université de Picardie, à Amiens. C'est au cours  de ses quatre années d'IEP que Najat rencontra Boris, son futur mari.
Elle échouera à deux reprises au concours de l'ENA, mais la bi-nationale deviendra ministre de l'Education, histoire d'en faire la première femme à ce postefaisant clignoter son identité à éclipses au gré de ses ambitions ou de ses échecs. 

Naturalisée à 18 ans, elle ne jette d'ailleurs pas de voile discret sur sa foi musulmane (voilée au Maroc, ci-contre) en république laïque et ses jumeaux portent des noms (Louis-Adel et Nour-Chloé) marqués par les cultures des deux parents. 

D'abord porte-parole de Ségolène Royallors sa campagne présidentielle ratée de 2007, et encore lors de sa primaire présidentielle socialiste ratée de 2011, puis de François Hollande pour l'élection présidentielle de 2012.
Soi-disant admissible deux fois à l’écrit de l’ENA, elle avait pourtant échoué deux fois à l’oral de l'ENA: étrange porte-parole.

De 2004 à 2008, elle est conseillère régionale en Rhône-Alpes, vice-présidente du Conseil régional chargée de la culture, puis présidente de la commission culturelle. De 2008 à 2013, elle est conseillère municipale de Lyon, adjointe de Collomb (soutien de Macron en 2017) aux grands événements, à la jeunesse et à la vie associative.

C'est une élection facile que les époux Vallaud Belkacem se sont fait offrir par Hollande, à force de pressions, comme  un certain François Hollande et une certaine Ségolène Royal ont exercées sans honte, en 1988 sur un Mitterrand très affaibli par un cancer de la prostate (connu de lui depuis le 16 novembre 1981 et qui l'oblige alors à passer une partie de la journée allongé), l'une dans les Deux Sèvres et l'autre en Corrèze.