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dimanche 12 octobre 2014

Allocation-chômage: Macron veut faire tomber les tabous des syndicats

"Il ne faut ni tabou, ni posture" sur l’assurance-chômage", assène le ministre de l'Economie

Provocation en plein débat à gauche sur l’opportunité de débattre du montant et de la durée des allocations
,
L'orgueilleux Macron
le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a estimé dimanche qu’il ne doit "pas y avoir de tabou ni de posture" sur l’assurance-chômage. "L’assurance-chômage est en déficit de 4 milliards d’euros; quel responsable politique peut s’en satisfaire?"

La réforme de son prédécesseur est "insuffisante" et le "sujet reviendra en temps voulu", a prévenu le ministre de Hollande, dimanche dans le JDD. "Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là. C’est aux partenaires sociaux qu’il appartient de faire avancer les choses", a lancé dans les colonnes du JDD. 
"Mais comme l’Etat garantit financièrement le régime, il peut aussi reprendre la main si les blocages sont trop lourds", a-t-il menacé.

Le Premier secrétaire du PS défend la doxa socialiste

Jean-Christophe Cambadélis a aussitôt pris le contre-pied du ministre de l’EconomieBien que Macron ne soit pas un élu et qu'il ne soit pas membre du parti, le patron du PS lui rappelle quels sont les devoirs des ...ministres ! Violant ainsi la sacro-sainte règle démocratique de la séparation des pouvoirs, l'ex-trotskiste et premier secrétaire désigné par l'Elysée enjoint au ministre de Valls de se conformer à la parole présidentielle. "La gauche n’a pas de tabous, mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s’exprime, les ministres appliquent", lui a rappelé e garde-chiourme à son arrivée du Conseil national du PS à Paris. 

Est-ce une fin de non recevoir à ce chantier?
 

"Absolument", a tranché le député de l'Est parisien.
Actuellement, le montant des allocations perçues par un demandeur d’emploi est constant pendant toute sa période d’indemnisation et la durée est calculée selon le principe "un jour travaillé = un jour indemnisé", dans la limite de deux ans pour les actifs de moins de 50 ans, trois ans pour ceux de 50 ans et plus. 
La nouvelle convention chômage, entrée en vigueur le 1er juillet après un accord entre seulement trois syndicats (CFDT, FO et CFTC, à l'exclusion de la CGT et de Solidaires) et le patronat (CGPME, le Medef, et l'UPA), doit en principe permettre à l’UNEDIC d’économiser 1,9 milliard d’euros d’ici à fin 2016 (830 millions, selon une autre estimation), alors que ses comptes sont dans le rouge: 3,8 milliards d’euros de déficits prévus en 2014 pour une dette de 21,4 milliards. 
La CGT a annoncé en juin qu'elle attaque les signataires en justice. Or, la deuxième vague de mesures de la convention assurance chômage du 14 mai 2014 est entrée en vigueur au 1er octobre.

Le ministre de l'Economie est -semble-t-il- entré en conflit avec le chef de l'Etat 


Lundi à Londres, 
le Premier ministre Manuel Valls avait lancé le débat, estimant que la question du montant et de la durée de l’indemnisation du chômage devait "être posée", selon des propos rapportés dans la presse. "La question de l’efficacité, de l’équité des règles de ce régime (...) est un débat légitime", avait-il insisté mercredi à l’Assemblée.

Il apparaît en fait que pour ne pas être accusé de reculade, Hollande envoie le gouvernement au casse-pipe. Face à la bronca suscitée à gauche par les propos de Valls et Macron qualifiés de "provocation" par les syndicats, François Hollande s’était montré plus foireux jeudi, en se déchargeant à nouveau de toute responsabilité sur les partenaires sociaux : "Sur l’indemnisation du chômage il y a une convention qui vient d’être signée en 2014 et une autre est prévue en 2016 et il y a une rencontre qui est organisée entre les partenaires sociaux et Pôle emploi".

Cette nouvelle convention, en vigueur jusqu’à fin 2016, durcit le régime de certains allocataires, notamment les cadres touchant une importante indemnité de départ et les intermittents du spectacle.
Le conflit est général, entre gouvernement et syndicats, comme au sein même de l'exécutif. Les bénéficiaires de l'assurance-chômage sont au milieu...

lundi 16 juin 2014

Intermittents: l'aile gauche du PS manifeste contre le pouvoir socialiste


Des députés socialistes se désolidarisent de l'exécutif pour soutenir les grévistes 

Ils sont allés avec des intermittents défier la ministre devant  le ministère de la Culture 

Trois députés socialistes rebelles participeront à la manifestation des intermittents du spectacle organisée ce lundi 16 juin devant le ministère de la Culture. La manifestation organisée par désespoir à la tournure  des discussions rassemblaient plusieurs syndicats non-signataires (CGT et CFE-CGC) et avait pour but de fédérer l'opposition avant la réunion du Conseil national de l'emploi qui doit examiner une dernière fois la convention mercredi.

Pascal Cherki, proche de l'extrême gauche depuis l'Unef-ID, Fanélie Carrey-Conte, suppléante de la ministre millionnaire George Pau Langevin au poste de ministre de la Réussite éducative, et Pouria Amirshahi, d'origine iranienne, ont défilé sous les fenêtres d'Aurélie Filippetti  aux côtés des intermittents qui réclament la non-validation de la convention chômage négociée par les partenaires sociaux. Tous font partie du groupe de onze députés (Jérôme Guedj, Henri Emmanuelli, mentor de Benoît Hamon, Nathalie Chabanne, Jean-Pierre Dufau, Philippe Noguès, Barbara Romagnan, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard) qui a refusé de voter la confiance à Manuel Valls, le 8 avril. Le député PS Razzye Hammadi, battu aux municipales pour la mairie de Montreuil, fait également figurer la participation à la manifestation dans son agenda de la semaine.
Ces trois parlementaires frondeurs répondent à une invitation de la CGT spectacle, fer de lance du combat des intermittents côté syndical. Les trois députés socialistes souscrivent aux violents slogans du jour:  "Trahis", "dupés par la gauche"... Les intermittents du spectacle n'avaient pas de mots assez durs pour qualifier leur déception face à la politique culturelle du gouvernement.

Le gouvernement s'est de nouveau engagé à valider la convention ce lundi. 
Le ministre de l'Emploi "envisage d'agréer la convention du 14 mai et les textes qui lui sont associés", écrit le gouvernement dans un rapport remis au conseil national de l'emploi. La convention "entrera en vigueur le 1er juillet pour une période de deux ans" et "préserve le caractère spécifique du régime des intermittents du spectacle".

Dans la matinée, tandis que la maire socialiste de Lille Martine Aubry a pris fait et cause pour les intermittents, plusieurs dizaines de personnes, dont l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, le romancier Daniel Pennac et le metteur en scène Stanislas Nordey ont manifesté place de la Concorde, à l'appel du directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, ici au côté de l'ex-deuxième concubine répudiée du président.
Le directeur du théâtre subventionné a estimé que l'on ne peut pas penser uniquement en termes comptables... "La Culture rapporte beaucoup d'argent en France, il y a plus de gens qui travaillent dans la Culture que dans le secteur automobile. Ce n'est pas quelque chose qui ne concerne que les intermittents mais tous les citoyens", a-t-il estimé sur i>Télé.

La CGT a appelé également à amplifier les arrêts de travail pour cette journée.
Pour appuyer cette journée d'action, la grève a été reconduite lundi au Printemps des Comédiens de Montpellier (photo ci-contre) et à Lyon, les Nuits de Fourvière, jusque-là épargnées, étaient en grève lundi.
A la Comédie-Française, la représentation de "Phèdre" a été annulée tandis qu'à Toulouse, où le festival Rio Loco a été fortement affecté, onze lieux de culture - théâtres, cinémas et salles de musique - étaient en grève. Une vingtaine d'autres lieux de spectacle ou de tournage participaient au mouvement, selon la CGT-Spectacles.
Les marionnettistes des Guignols de l'Info ne participeront pas à l'émission du soir sur Canal Plus. Dans le secteur de l'audiovisuel, une trentaine de studios d'animation et de post-production sont en grève.


Après les enseignants sur le sujet des rythmes scolaires, Hollande réussit à s'aliéner ses plus fidèles supporters.