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vendredi 18 avril 2014

Martine Aubry a perdu la métropole lilloise

Damien Castelain succède à Martine Aubry à la tête de Lille Métropole
Des conseillers communautaires sans étiquette très courtisés
Le maire de Péronne-en-Melentois, Damien Castelain pose aux côtés de Martine Aubry, maire de Lille, à qui il succède à la tête de Lille Métropole, le 18 avril 2014. Réélue maire de Lille avec 52,05%, Martine Aubry avait annoncé que ce serait "moins facile que la dernière fois" mais un accord entre la droite et le groupe des non-inscrits lui compliquait encore la tâche, vendredi matin.  Avec la victoire des candidats UMP à Roubaix et Tourcoing, les deux plus grosses villes du Nord après Lille, aucun groupe n'avait la majorité absolue au conseil communautaire.

Le choix du président de l'agglomération dépendait donc des conseillers sans étiquette. Or, parmi eux mercredi 16, le maire de Péronne-en-Melentois (900 habitants), Damien Castelain, président du groupe Métropole Passions Communes (MPC), qui fédère une quarantaine de conseillers communautaires non inscrits, avait déclaré qu'il se présenterait comme candidat  et qu'un accord de désistement avait été trouvé avec la droite pour "le meilleur candidat" lors d'un éventuel second tour.

La possibilité pour la maire de Lille de garder la tête de l'agglomération Métropole Communauté Urbaine (LMCU), et pour la droite de prendre la quatrième agglomération de France dépendait de leurs stratégies. Sous Martine Aubry, qui en 2008 s’est entourée d’une large majorité et s’est assurée du soutien de Métropole Passions Communes,  le géographe Damien Castelain était devenu vice-président en charge de l’écologie urbaine de la majorité de gauche.

Fort de 48 membres, MPC faisait quasi jeu égal avec la droite du député maire de Marcq-en Barœul Bernard Gérard (groupe Métropole Communes Unis, 49 membres), également candidat. "Il y a un accord très clair de désistement vis-à-vis de Bernard Gérard s'il était en tête. Que le meilleur candidat l'emporte", a précisé Damien Castelain.

Le bloc de gauche ne comptait que 64 membres sur les 179 de l'assemblée
Face aux 97 conseillers sans étiquette qui devraient faire bloc au second tour, la majorité sortante à l'agglomération, avec à sa tête Martine Aubry,  le PS tenta de jouer sa dernière carte auprès du MPC qui faisait partie de la majorité sortante de l'agglomération La gauche envisageait donc de choisir de voter pour les sans-étiquette pour barrer la droite à la tête de Lille Métropole.

Une semaine après les résultats des élections municipales, Martine Aubry s'était d'ailleurs dite prête à se mettre en retrait, assurant qu'elle pourrait ne pas briguer la présidence de la communauté urbaine, un poste qu'elle occupe depuis 2008. "La décision n'est pas prise", avait-elle glissé à France3 Nord-Pas-de-Calais. "Faire partie d'une équipe avec un chef, qui sera le patron et qui aura réussi à réunir les gens, pourquoi pas?", avait-elle ajouté. Martine Aubry assurait pouvoir être une "simple conseillère communautaire".

L'élection de Damien Castelain est le résultat d'un pataquès à droite

L'opposition avait pourtant tous les atouts pour gagner la présidence. Mais jeudi, veille du scrutin l'UMP Bernard Gérard a commis un impair qui a hypothéqué ses chances de victoire en annonçant sa candidature unique pour la droite, le centre et les non-inscrits
Damien Castelain, chef de ces derniers, décida de maintenir sa candidaturedénonçant une manœuvre. Or, ils avaient gouverné avec Aubry et, sans eux, aucune majorité n'était possible.  

Ce vendredi matin, après l'élection de Damien Castelain, la droite s'interrogeait de savoir si elle appartenait à la majorité ou à l'opposition à la communauté urbaine...


mercredi 9 avril 2014

Incapable au PS, Désir sera assez bon pour les Affaires européennes...

Le PS n'a-t-il pas plus de respect de l'Union européenne ? 

Une marque de mépris au moment où Bercy quémande un nouveau délai
Coup de kärcher au PS 
Un grand nettoyage de printemps ! Après le gouvernement et le cabinet de l'Elysée, François Hollande, qui a nommé Manuel Valls premier ministre, a remanié le gouvernement, remplacé Pierre-René Lemas par un intime, Jean-Pierre Jouyet, au secrétariat général de l'Elysée, et a également changé la direction du Parti socialiste. Pour remplacer le premier secrétaire coopté, Harlem Désir, la chose de François Mitterrand à la tête de SOS Racisme, l'hypothèse de l'apparatchik Jean-Christophe Cambadélis est sérieusement envisagée au sommet de l'Etat, depuis que Désir est nommé secrétaire d'Etat aux affaires européennes et remplacé par intérim à Solférino par le député de Paris, dans l'attente d'une régularisation par les instances du PS. Bien que ce bourgeois qui vit de ses rentes n'ait jamais rien fait de ses dix doigts, il pourrait servir de gage à la gauche du PS!

Le Monde titrait: "Harlem Désir menacé à la tête du PS"

Qualifié d'inutile et inaudible au lendemain de la défaite des municipales, Harlem Désir devait déjà être exfiltré par Jean-Marc Ayrault avant même le verdict des urnes. Désir était en effet apparu plus bête et méchant que agressif ou pugnace et s'était retrouvé de plus en plus isolé au fil des mois. Mardi 8 avril, toujours très clairvoyant, il déclarait encore au Monde : "Je suis le premier secrétaire du Parti socialiste et je le reste." Mais "Harlem a compris qu'il n'avait pas le choix : soit il sortait maintenant avec un éventuel parachute doré, soit c'était après les élections européennes avec du goudron et des plumes", expliquait un cadre socialiste.

Il serait donc remplacé par Jean-Christophe Cambadélis, déjà candidat au poste en 2012, au détriment du numéro deux statutaire du parti, le député fabiusien Guillaume Bachelay et bien qu'Emmanuel Maurel, le leader de l'aile gauche du Parti socialiste, déjà en course contre Désir à Toulouse, pouvait lui aussi prétendre au poste.

La désignation de Cambadélis serait un signe envoyé par l'exécutif aux amis de Martine Aubry, mal servis en postes dans le nouveau gouvernement. Proche de la maire de Lille mais " hollando-compatible", l'ex-trotskiste n'a pas pris le risque de signer l'appel des 87 élus frondeurs socialistes (lien Le Monde) pourtant signé par le député (Hauts-de-Seine) signataire Jean-Marc Germain, conjoint d'Anne Hidalgo, maire de Paris, et ratifié par plusieurs aubristes exigeant un "contrat de majorité" avec Matignon.

Parachutage infâmant aux Affaires européennes

Que faire de ce boulet de premier plan ? 
L’eurodéputé socialiste n’a qu'une très faible légitimité pour occuper les fonctions, mais Hollande l'a pourtant affecté au Secrétariat d’Etat aux Affaires européennes. Il n'y avait en fait pas de pire signal qu’un limogeage politique. Encore une occasion manquée pour un poste qui est décidément toujours aussi peu recherché et rempli par le bras cassé du moment ou un anonyme, tel son prédécesseur, Thierry Repentin, qui n'a pas marqué la fonction.

Bercy se contentera-t-il d'un Désir, notamment depuis la crise de l’euro. 

Député européen, Harlem Désir n’a pas manifesté un intérêt particulier pour la chose communautaire à Bruxelles ou à Strasbourg où il brillait par ses absences.  Selon l’ONG VoteWatchEurope, qui suit le travail des élus, le nouveau secrétaire d’Etat est plutôt un cancre dans l’hémicycle. Il se classe au 752e rang sur 766 députés pour son assiduité lors des votes, avec une participation à seulement 48,69% d'entre eux. Moins d’un sur deux. Et ses collègues étrangers sourient quand on demande son niveau en anglais, allemand ou espagnol…

De plus, la France en est quand même à son dixième secrétaire d’Etat aux affaires européennes en dix ans, quand l’Allemagne en a eu moins de deux fois moins sur la période. Et avec des profils moins iconoclastes que côté français, où Hollande récidive après l'envoi d'un expert des HLMThierry Repentin

Manuel Valls aurait donné un signal positif s’il avait nommé un vrai connaisseur de l’Europe. Par exemple, le député socialiste franco-allemand Matthias Fekl, trentenaire dynamique et enthousiaste, totalement bilingue, qui a vécu dans les deux pays, est allé à l’école dans les deux systèmes et qui a un sacré réseau à Berlin. Il aurait été le premier ministre franco-allemand dont on a si souvent parlé dans les sommets européens. Faute de quoi nous avons un ex-Premier secrétaire déplumé !

"Recasage", "scandale", souligne Le Nouvel Observateur

Yves Jégo, député et président de l'UDI par intérim,  ironise  sur cette nomination: "Comment peut-on [...] comprendre que celui qui a notamment perdu les élections municipales pour le PS se voie ainsi clairement recasé au gouvernement afin de libérer le poste de premier secrétaire du PS ?"

L'altermondialiste Yannick Jadot (EELV) y voit lui de petits arrangements qui l'irritent : "L'Europe otage de la petite politique des premiers secrétaires du PS. Triste féodalisme socialiste".

Pour Florian Philippot, vice-président du FN, c'est une "promotion" inacceptable : "La séquence 'gouvernement de combat' se conclut donc sur la promotion-sanction de Harlem Désir au gouvernement... Tout ça pour ça ! Oust !"

L'ex-PS Pierre Larrouturou dénonce pour sa part un "total scandale", tandis que la sénatrice UDI Chantal Jouanno parle d'une "vraie provocation", pointant son absentéisme à Bruxelles. "L'indésirable du PS, absent du Parlement européen en charge des Affaires européennes", écrit-elle.


Le Parti communiste épingle de son côté le "jeu de chaises musicales bien peu reluisant" de François Hollande, qui préparerait "le dynamitage du PS".
"L'exfiltration calamiteuse d'Harlem Désir du poste de Premier secrétaire, son remplacement dirigé depuis l'Elysée [au mépris des engagements de "Moi, président" meilleur que les autres] sont autant de signes de l'entreprise de refonte du PS à laquelle se livre actuellement le président de la République", écrit-il.

Même le collègue d'Harlem Désir Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget, finit par le tacler : "Je crains qu'il poursuive la politique qui est conduite aujourd'hui par le gouvernement, qui est une politique dans l'erreur", a-t-il dit sur LCI.

Au sein du PS, les membres de la gauche forte ont dénoncé des pratiques "pas acceptables", le nom du futur Premier secrétaire du parti ayant filtré avant même la nomination d'Harlem Désir à l'exécutif. Ils demandent un vote interne, mettant en avant la tradition de "démocratie" du Parti socialiste.
VOIR et ENTENDRE la bronca à gauche:

Question de dignité: pourquoi Harlem Désir ne renonce-t-il pas ?

Conservera-t-il aussi la tête de liste en Ile-de-France aux élections européennes du 25 mai ? 
 Selon plusieurs sources, la plus grande incertitude persiste. Là aussi, il pourrait être remplacé par Vincent Peillon. L'ancien ministre de l'éducation nationale, jusqu'à présent tête de liste aux européennes dans la circonscription du Sud-Est, pourrait être envoyé dans la région parisienne. "Une telle opération est une farce, estime un dirigeant du PS. D'un côté, Harlem accepte d'être humilié pour un plat de lentilles ; de l'autre, Hollande et Valls récompensent l'échec en lui disant : "Tu as tellement démérité au PS que l'on te nomme au gouvernement de combat !"
"Comment un tel changement pourrait-il être accueilli par les militants du PS ?" Et les électeurs!

dimanche 6 avril 2014

Vote de confiance : le nombre des députés PS qui défient Hollande et Valls grossit

Plus de 100 députés PS posent leurs conditions

Près de 100 députés socialistes en colère ont signé une pétition réclamant un "contrat de majorité"
 
avec le nouveau gouvernement, juste avant le discours de politique générale de Manuel Valls mardi. Soit déjà un tiers du groupe à l'Assemblée nationale.
Ce texte est "une démarche inédite qui répond à une situation politique sans précédent à gauche", explique au journal socialiste Le Monde le député de la Nièvre Christian Paul, un de ses initiateurs. La vague bleue a ébranlé le Parti socialiste aux municipales: c'est, selon lui, "une des plus graves défaites de mi-mandat de la gauche au pouvoir".

Plusieurs députés menacent de ne pas voter la confiance
, sauf à obtenir un "contrat de majorité".  Quoiqu'encore doté d'une cote de popularité positive, Manuel Valls ne connaîtra pas l'état de grâce de ses prédécesseurs. Ayrault a frappé dur. Fiscalité et austérité ont augmenté mais la courbe du chômage  n'a rien cédé et les déficits publics ont crû. La paire de gifles des municipales ne semble pas avoir été assez cuisante pour que Hollande évite de ressortir de rossignols et de reconduire des bras cassés dans le nouveau gouvernement. Hollande et Valls ont tout fait pour que Matignon soit bel et bien le point de confluence des rancœurs, des méfiances et des jalousies. 

Surveillé par François Hollande, qui a placé ses fidèles aux postes clés (même s'il n'a pu imposer son ami François Rebsamen à l'Intérieur) et invite par voie de presse son nouveau Premier ministre à "faire du Valls", le promu qui est déjà dans le collimateur de son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, qui n'a pas digéré les conditions de son limogeage à la façon de Delphine Batho, ni le choix de son successeur, est en butte déjà aux tentatives d'émancipation de l'une (Ségolène Royal) et aux rivalités des autres (Fabius et Montebourg, Montebourg et Sapin…). Lâché par les altermondialistes d'EELV que ses options droitières révulsent, voici Manuel Valls focalise tous reproches des vaincus et des aigris et la fronde de nombreux parlementaires socialistes monte.

La confiance à son gouvernement sera votée mardi soir à l'Assemblée nationale. Cela ne fait guère de doute, mais dans quelles conditions ! Et la question est de savoir si la majorité qu'il obtiendra sera une mise en garde. La confiance sera certainement votée par les velléitaires de gauche, même si l'opposition reçoit le renfort des 10 députés du Front de gauche. Seuls sont comptabilisés en effet les suffrages exprimés. 
Ne seront pas pris en compte dans le résultat final les abstentions possibles des écologistes, voire des trois élus chevènementistes (qui siègent au groupe PS) ou de quelques députés de l'aile gauche du PS. Et les menaces de dissolution brandies par François Hollande devraient refroidir les ardeurs.

Le vent de fronde souffle fort au groupe socialiste
 
Un texte circule, qui serait signé par une centaine de députés. 
La liste des signataires devrait être connue ce week-end. "Le Monde" explique qu'on retrouve plusieurs courants du socialisme : "membres des 'reconstructeurs', sensibilité composée de fabiusiens et d'anciens strauss-kahniens, des proches de Martine Aubry, de Benoît Hamon ou d'Arnaud Montebourg, ainsi que l'aile gauche traditionnelle du PS".

Ce texte pose clairement "les conditions de la confiance" exigeant "un contrat de majorité" qui en dit long sur le climat de défiance au PS. Y figureraient  une "réorientation" de l'Europe, "un plan de relance contre la déflation", "une révision des trajectoires budgétaires" envoyées à Bruxelles, une "réforme fiscale" incluant notamment une CSG progressive, une plus forte régulation des activités bancaires et financières.

Les pétionnaires veulent "agir et ne pas subir" 

"Le temps du Parlement est venu", affirment-ils, posant "les conditions de la confiance". Ils demandent notamment la remise en cause de l'austérité européenne "par un plan de relance contre la déflation" et "une révision des règles budgétaires" qu'ils estiment "insoutenables et ennemies de la croissance et de l'emploi". Pour eux, l'Union européenne doit procéder à des "investissements massifs" dans "les énergies renouvelables, les transports, le numérique, la construction de logements, la recherche", sans quoi il n'y aurait pas "d'échappatoire au déclin".  Le spectre d'Athènes se dresse devant les frondeurs, alors que la Grèce a amorcé son redressement.

Ils demandent également plus de social :"la création réelle d'emplois", "des mesures en faveur des bas salaires" et la revitalisation du Parlement.

Il s'agit aussi de "réaffirmer et amplifier les choix et les engagements de 2012", soit "muscler les efforts de régulation des activités financières et bancaires", "rendre populaire la transition écologique" ou encore "défendre l’égalité des territoires".

"Cette lettre n'est ni une rébellion, ni une dissidence, mais l'expression de ce qu'attendent de nous les Français", affirme Christian Paul au "Monde". Le vote de confiance à Manuel Valls n'est pas remis en question. "Ne pas voter la confiance serait comme nous autodissoudre", reconnaît un signataire.

Les députés exigent une meilleure association à l'action du gouvernement
Alors qu'en 2012 Hollande promettait dialogue et concertation à tous les étages, les signataires brandissent cette menace : "Si le gouvernement rejette systématiquement nos amendements, il manquera plusieurs voix le jour du vote." Ces signataires veulent pour l'heure simplement peser et prendre date. Le danger pour Valls est qu'ils ne viennent pas - ou pas seulement - de la turbulente aile gauche, mais de plusieurs courants, à commencer par celui qui avait porté Martine Aubry à la tête du PS en 2008. Ce sont d'ailleurs deux proches de la maire de Lille qui se trouvent à la manœuvre, à savoir son ancien directeur de cabinet au PS, Jean-Marc Germain, aujourd'hui député des Hauts-de-Seine, et l'ancien ministre Christian Paul.

Les avatars du passage de Martine Aubry rue de Solferino n'en finissent pas de se faire sentir pour François Hollande et ses premiers ministres successifs. Il y avait d'abord eu l'accord passé avec sa complice C. Duflot en faveur des Verts, qui leur a permis d'avoir un groupe grâce à des circonscriptions laissées par le Parti socialiste. Il y a aujourd'hui tous ces députés PS qui doivent leur investiture à Martine Aubry et font du groupe socialiste un groupe bien peu " hollandais". 
À cela s'ajoute l'aversion profonde de Mme Aubry pour Manuel Valls, qu'elle avait même menacé en 2009 d'exclure du Parti socialiste après que celui-ci eut multiplié les prises de position iconoclastes.


Même si ces troupes aubrystes se montrent encore disciplinées, tout le groupe socialiste votera-t-il pour autant la confiance ? "Je n'en mettrais pas ma main au feu, souffle un bon connaisseur des arcanes parlementaires. Il en manquera peut-être quelques-uns, les éternels trublions." 

Nombreux sont sans doute ceux qui partagent la position exprimée hier par Henri Emmanuelli (ci-contre) dans Sud Ouest : "Je ne suis pas enthousiaste à l'idée de voter la confiance à ce nouveau gouvernement, explique le député des Landes. Surtout si, comme je l'entends dire, on y greffe le vote sur le pacte de responsabilité. Cela me paraît difficilement acceptable."

Il paraît en effet probable que le gouvernement n'engagera pas une deuxième fois sa confiance dans un mois ou deux sur le pacte de responsabilité.
Ce pacte ne devrait faire l'objet que d'une déclaration éventuellement suivie d'un vote. Manuel Valls devrait préciser que le vote de confiance portera aussi - et surtout - sur le pacte de responsabilité. Un pack anti-démocratique qui force la main des élus du peuple.  D'où l'indignation croissante d'une partie du PS. 
L'heure de vérité devrait en tout état de cause sonner vraiment lors du vote des textes budgétaires qui intégreront les milliards d'économies annoncés.

samedi 5 avril 2014

La majorité présidentielle bat de son aile gauche du PS

"L'ombre de Martine Aubry" pèse sur la majorité  

L'exécutif se prépare 
à un "bras de fer" avec les partisans de Martine Aubry 
qui a pris la tête des députés de la gauche du PS. L'état de la France n'exige-t-il pas plus de responsabilité et d'unité entre les ailes droite et gauche d'un PS retourné à sa guerre des chefs et menacé par la réactivation de l'axe Aubry-Duflot  ? 

Il semble en effet que le retour en grâce de Ségolène Royal au côté de François Hollande dans l'équipe droitière de Manuel Valls a relancé la guerre des gangs à gauche.   

Le "contrat de majorité". 
Manuel Valls prononcera son discours de politique générale, mardi à l'Assemblée. Le nouveau Premier ministre sera bien évidemment sous le regard de centaines de parlementaires hostiles, à droite, chez les écologistes et jusqu'au sein même du parti socialiste. "Pas moins de 80 députés, fidèles à Martine Aubry et/ou appartenant à la gauche du PS, sont en train de rédiger un 'contrat de majorité'. L'idée consiste à fixer la ligne rouge à ne pas dépasser entre les mesures qu'ils sont prêts à voter, et celles pour lesquelles ils ne le sont pas", expliquee vendredi Caroline Roux, éditorialiste politique d'Europe1.

Vers un "bras de fer"

"Oui" aux économies liées à une meilleure réorganisation de l'Etat, mais "non" aux reculs sociaux; "Oui" au Pacte de responsabilité, mais seulement si les aides sont ciblées sur la recherche et l'innovation, préviennent ces élus. "C'est le réveil de la majorité silencieuse", commente Jean-Marc Germain, un proche de la maire de Lille. Le "contrat de majorité" est en ce moment même en train de tourner pour accumuler le plus de signatures possibles de députés socialistes. L'un des députés proches de l'ancienne secrétaire nationale du PS n'hésite déjà pas à parler de "bras de fer" à venir à l'Assemblée nationale.

"L'ombre" tutélaire de la Ch'tite Aubry. 
"Mardi, ils vont demander à être reçus par le Premier ministre. Puis ils ont prévu de se réunir une fois par semaine et de fixer une solidarité sur les votes", détaille Caroline Roux. Et de poursuivre : "dimanche, lors du second tour des municipales, ils ont vu les villes tomber les unes après les autres. Ils ne veulent donc plus voter les yeux fermés pour des mesures auxquelles ils ne croient pas". D'autant que selon l'éditorialiste d'Europe1, "l'ombre de Martine Aubry permet de rassurer les plus prudents", ceux qui seraient amateurs d'ombre, de fronde  et de complot.

Ce vent de fronde des Aubrystes s'explique par l'absence de place accordée aux proches de la maire de Lille dans le nouveau gouvernement de Manuel Valls. Le seul représentant du courant était le ministre de la Ville, mais François Lamy  a été débarqué. "Il n'a été reçu dans le bureau de Manuel Valls qu'après la présentation du nouveau gouvernement", précise Caroline Roux. Comme le dit un tout proche de Martine Aubry : "C'est une équipe 100% Holando-Hollandaise". Et dans sa bouche, ce n'est pas un compliment.

Il faut être le journal Le Monde pour estimer que les équilibrages politiques de Hollande sont équitables. 
L'inconsistant Benoît Hamon, l'imprévisible Montebourg ou l'autonome Laurent Fabius ne sont visiblement pas les cautions à la gauche que certains prétendent. Il faudra plus à la Ch'tite Aubry que les croissants de Montebourg aux syndicalistes de la CFDT faisant le siège de Bercy...

 

samedi 8 mars 2014

La France est-elle toujours un Etat de droit? Pétition d'avocats pour le respect du secret professionnel

Des avocats dénoncent une atteinte grave au secret professionnel entre Sarkozy et son avocat
Des avocats s'élèvent contre des écoutes téléphoniques portant des "atteintes graves et répétées" au secret professionnel 

Vendredi, Le Monde a révélé que la police a placé sur écoute des conversations téléphoniques entre l'ex-chef de l'Etat et son avocat au prétexte d'une prétendue violation du secret de l'instruction et trafic d'influence pour pouvoir ouvrir une information judiciaire, le 26 février. 

La violation par la police du secret professionnel entre Me Thierry Herzog et son client Nicolas Sarkozy a été effectuée à la demande de juges, soi-disant enquêtant toujours sur les accusations de financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy par la Libye de Mouammar Kadhafi.   

De nombreux grands noms du barreau dénoncent des menaces sur le "secret professionnel". 
"Que le secret professionnel, socle de la défense, garantie fondamentale des libertés individuelles dans un Etat de droit, fasse l'objet d'atteintes graves et répétées, menace l'essence même de notre profession d'avocat et son indépendance", dénoncent dans la lettre les avocats signataires qui apportent leur soutien à Me Herzog. 
Ce qui est vrai du secret des sources des journalistes est avant tout vrai du secret professionnal des avocats, pour la protection de la défense, mais la presse reste étrangement indifférente à la violation des protections des autres..

Sans foi ni loi, deux juges financières -nouvellement nommées- ont en outre diligenté une série de perquisitions, le 4 mars, dans le cadre de cette même enquête, visant Me Herzog et un haut magistrat du Parquet général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert. "Que les cabinets d'avocats soient aujourd'hui devenus un lieu privilégié dans lequel les juges songent à rechercher les éventuelles preuves des instructions qui leurs sont confiées, suscite l'inquiétude", peut-on encore lire dans la lettre.

"Nous alertons les pouvoirs publics sur le danger pour la démocratie de telles dérives et sur l'impérieuse nécessité de protéger le secret professionnel, pilier de la profession d'avocat et sans lequel aucune défense ne peut s'exercer", interpellent les signataires.

Le texte a été signé par plusieurs centaines d'avocats samedi à la mi-journée

Ce chiffre apporté par la présidente de l'Association de défense des avocats pénalistes (Adap), Corinne Dreyfus-Schmidt, est appelé à augmenter, a poursuivi l'avocate, qui figure parmi les premiers signataires avec d'autres grands noms du barreau, 
Henri Leclerc, président de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen (1995-2000), qui n'est pas suspect de sympathies sarkozystes, puisqu'il a rejoint l'équipe de campagne de Martine Aubry pour les primaires socialistes en vue de l'élection présidentielle de 2012... Quant Me Brochen, son compagnon ?
Hervé Temime, avocat pénaliste qui s'est illustré dans les affaires Clearstream, Bettencourt et Polanski et adéfendu Alain Afflelou, Bernard Tapie, Jacques Servier, et des stars : Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Nathalie Baye,etc.
Eric Dupond-Moretti, avocat pénaliste réputé pour le nombre record d'acquittements, et assura la défense d'Yvan Colonna comme de Bernard Tapie, 
Me Jacqueline Laffont, qui fut au nombre des douze avocats du dossier Bettencourt qui écrivirent au Parquet de Bordeaux, demandant le report de l'affaire du fait de la déontologie douteuse du juge Gentil en juin 2013. (lien JDD)
Pierre Haïk, une " star " du barreau parisien que le président ivoirien, Laurent Gbagbo a choisi pour défendre ses intérêts et les intérêts de la Côte d`Ivoire et a plaidé dans l'affaire du sang contaminé, un des grands scandales de santé publique de l`ère Mitterrand, qui impliqua Laurent Fabius...
ou Christian Saint-Palais.

Signe de l'ampleur du scandale, le bâtonnier de Paris, Pierre-Olivier Sur, s'est rendu en personne jeudi à l'audience chez le juge des libertés et de la détention (JLD) où étaient contestées les saisies réalisées chez Me Herzog, une démarche sans précédent. 
Le JLD doit rendre en début de semaine une ordonnance pour notamment décider de restituer ou non le téléphone professionnel confisqué à Me Herzog, a-t-on appris de sources proches du dossier.

dimanche 17 novembre 2013

64% des Français refusent Martine Aubry à Matignon

L'amère de Lille jugée trop sectaire et arrogante

Une majorité de Français (52%) a une mauvaise opinion de 
Martine Aubry

Six Français sur dix ne veulent pas voir l'ex-première secrétaire du PSdevenir Premier ministre, selon un sondage BVA pour "le Parisien" paru dimanche 17 novembre.
A la question "Avez-vous une très bonne, plutôt bonne ou très mauvaise opinion de Martine Aubry", 63 ans, 52% des personnes interrogées ont une réponse négative (23% très mauvaise opinion, 29% plutôt mauvaise). 

Seulement 46% ont une réponse positive
(8% une très bonne opinion, 38% une plutôt bonne opinion). 2% ne se prononcent pas. 

A la question "dans les mois et les années qui viennent, souhaitez-vous que Martine Aubry soit nommée Premier ministre" 64% des sondés répondent par la négative, 32% par oui et 4% ne se prononcent pas.
"Autoritaire", "sérieuse" et "courageuse"

Un rejet total
A la même question, mais concernat un poste de ministre, 51% répondent non, 44% oui, et 5% ne se prononcent pas.

Les Français en ont  gardé un souvenir cuisant 

Les plus de 40 ans savent quel ministre du Travail, de l'Emploi  d'Édith Cresson et de Pierre Bérégovoy elle a été entre 1991 et 1993.

Les 35 heures, c'est elle
Numéro deux du gouvernement Jospin, elle a mits en place les 35 heures payées 39, une mesure décriée. Outre qu'en contrepartie ils imposent une plus grande flexibilité des horaires aux salariés, la hausse du coût du travail horaire continue de produire des effets négatifs sur le marché du travail. Aucun autre pays de l'OCDE n’a d'ailleurs mis en place une réforme similaire de réduction généralisée du temps de travail.

Quant à savoir si
la maire de Lille, qui avait perdu la primaire PS face à François Hollande en vue de la présidentielle, ferait mieux ou moins bien que le chef de l'Etat, les opinions sont partagées: 46% des personnes interrogées répondent qu'elle ferait mieux, 43% qu'elle ferait moins bien et 11% ne se prononcent pas. 

S'agissant de ses traits de caractère, les sondés la jugent "autoritaire" (73%), "sérieuse" (73%), "courageuse" (64%), "honnête" (61%) mais "sectaire" (45%), et "arrogante" (44%).
M.-G. Buffet (PCF), M. Aubry (PS)
et C. Duflot (EELV)
Décrite comme dure et exigeante, elle entretient de bonnes relations avec le Parti communiste et Les Verts. Elle n'est ps peu fière de sa rugosité : "Je dis les choses en face, je ne suis pas faux-cul. Mais je crois être bien moins dure que beaucoup de gens en politique. Je suis même peut-être trop sensible."


Aubry est sournoise et vulgaire

Dans la lignée   des propos de Jospin qualifiant le président Chirac de "vieux, usé et fatigué", au cours de la glorieuse campagne socialiste de 2002 (lien PaSiDupes), les insultes socialistes militantes omises  par les "éditorialistes à la solde (entre chien et loup, mais plus loup que chien, voire chacal)", comme l'écrivait LePost avec objectivité, méritent un rappel, car Martine Aubry collectionne un éloquent palmarès de déclarations injurieuses. 

Liens PaSiDupes:
2 -En octobre 2011 au gymnase Japy à Paris, la maire de Lille, candidate, avait attaqué la "gauche molle", celle du député de Corrèze.
VOIR et ENTENDRE un montage de déclarations de socialistes (Hamon, Aubry ou Hollande) sur l'accusation portée par Aubry sur Hollande comme "gauche molle." 

3-Les obsessions sexuelles du PS de Martine Aubry : plus sexiste que féministe
4 -Vulgarité: la gauche insulte et pourquoi pas les Bleus ? : "Minable", "petite cervelle", "vieille éthique » et "sale fils de pute"

Martine Brochen-Aubry est une fille de...

Issue de l'enseignement privé catholique
(lycée Notre-Dame-des-Oiseaux), cette laïcarde est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 1972, milite à la CFDT et enseigne à l'ENA dès 1978, alors que son papa est secrétaire général auprès du Premier ministre, puis membre du Conseil général de la banque de France. 


Papa est en effet Jacques Delors, ministre des Finances de 1981 à 1985, puis président de la Commission européenne de 1985 à 1995.
Ministre de l'Économie et des Finances dans le gouvernement Pierre Mauroy (1981-1983) , il est l'un des initiateurs du tournant de la rigueur à partir de 1982, Jacques Delors est responsable de nationalisations (industrie: Thomson, Saint-Gobain-Pont-à-Mousson, Rhône-Poulenc, Pechiney-Ugine-Kuhlmann, Sacilor, Usinor) ou finances (Paribas, Suez, CIC, Crédit du Nord, Crédit commercial de France, Banque Rothschild, Banque Worms, Banque La Hénin, notamment), de 2 des 3 dévaluations du franc (après une première de 3 % en octobre 1981, quelques mois après l'arrivée de François Mitterrand, Delors recommence en juin 1982, à hauteur de 5,75 %, assortie d'un plan de rigueur, si bien que quand en 1983, le mark allemand et le florin néerlandais sont réévalués de 4,25 %, le franc perd 8 % par rapport au mark) et d'une politique de rigueur.


Brochen-Aubry avait aussi accusé François Hollande d'être un "candidat du système
" 
"Le système s'est créé son candidat et nous a matraqués de sondages", affirma l'héritière et candidate arrivée deuxième, dans un entretien publié par le quotidien 20 Minutes le 13 octobre 2011. Priée de préciser si elle parlait bien du favori à la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, la fielleuse avait confirmé: " Bien sûr. Peut-être parce qu'il est plus facile à battre pour (Nicolas) Sarkozy."

La Ch'tite Brochen-Aubry est plombée par son passé.

Enquête réalisée par internet les 14 et 15 novembre auprès d'un échantillon de 1.075 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas). 
Marge d'erreur allant de 1,4 à 3,1, en bien ou en pire...