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dimanche 16 août 2015

Croissance 0% en France, alors que les plus pessimistes comptaient sur 0,3%

Désaveu cinglant pour les menteurs socialistes au pouvoir et dans la presse 

C
roissance nulle en France au deuxième trimestre, mais aussi déprime de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises

sont analysés pour Le Figaro par les économistes Gérard Thoris et Jacques Delpla.

LE FIGARO. -
Comment expliquer le "choc" de ce chiffre de 0%, alors même que les plus pessimistes tablaient encore sur 0,3%?

Gérard Thoris. - On oublie que la France vit une période de déflation latente, avec une hausse des prix d'à peine 0,2% sur un an, ce qui est très faible. Or, quand les prix ont tendance à baisser, les gens ne se précipitent pas pour acheter et,  s'il n'y a pas de demande, il n'y a pas d'investissement. Conséquence que l'on constate dans les chiffres: cette croissance nulle est largement liée au recul de la consommation et de l'investissement des entreprises. Et quand on est dans une situation déflationniste, il est très difficile d'en sortir. On peut d'ailleurs le comprendre aisément avec l'immobilier: si vous pensez que les prix vont baisser, vous n'achetez pas, et même si les taux d'intérêts sont très faibles, cela n'y change rien.

Bien sûr, on peut se réjouir des bons chiffres des exportations (+1,7% au 2e trimestre, ndlr), mais il s'agit, pour beaucoup, de secteurs à l'activité cyclique comme l'automobile. Ce n'est pas cela qui tirera la croissance française vers le haut dans la durée. Et d'ailleurs, je note que l'on ne communique absolument pas sur l'impact de l'embargo russe, qui a forcément des conséquences. [Cet embargo accusé de tous les maux est la conséquence des sanctions prises par Obama, Merkel, Cameron et... Hollande contre la Russie, suite au procès fait à Poutine d'avoir accepté que la Crimée se fédère à la Russie par référendum populaire]

Jacques Delpla. - Ce chiffre est une douche froide. Même si la croissance en fin d'année sera peut-être autour de 1%, on voit que la conjonction d'effets positifs comme la baisse du prix du pétrole [largement du fait de la production de pétrole de schiste par exploitation du gaz de schiste américain par Obama] et le taux de change favorable [aux produits de la zone euro] (qui explique nos bonnes exportations) n'ont guère d'effets globaux dans la durée. J'attends d'ailleurs de voir le chiffre du taux d'épargne des ménages qui n'a pas encore été publié. Je pense qu'il sera à la hausse: les gains de la baisse du pétrole ont été conservés par les ménages qui ne l'ont pas transformé en consommation. Ce n'était qu'un feu de paille.

La croissance au 1er trimestre a été révisée à +0,7%. Que s'est-il passé pour expliquer un tel retournement entre le 1er et le 2e trimestre ?

Gérard Thoris. - L'idée que le taux de change favorable allait forcément jouer dans la durée était une vision optimiste qui ne s'est pas réalisée. Mais si vous regardez dans le détail les chiffres des derniers trimestres, vous constatez une tendance nette: le bon chiffre du 1er trimestre 2015 était une exception, tout simplement.

Jacques Delpla. - Une grosse partie de la baisse des prix issue des cours du pétrole et du taux de change a été captée au premier trimestre. Cela a donc conduit à ces bons chiffres. Mais ça ne marche qu'une fois… Et maintenant, on revient aux mauvaises nouvelles habituelles, avec en plus un nouveau facteur: la baisse du secteur du bâtiment, qui parvenait jusque-là à se maintenir malgré la crise. En plus d'être une très mauvaise perspective sur la question de l'emploi pour François Hollande, je pense que la morosité dans ce secteur va durer dans le temps, tirant vers le bas toute possibilité de rebond, comme celle issue par exemple des exportations.
L'autre facteur très inquiétant, c'est le niveau d'investissement des entreprises. Il n'est qu'à +0,2% seulement, alors qu'étant donné le contexte énergétique et de taux de change, il devrait être à +5% au moins ! En fait, nous sommes dans le meilleur contexte possible pour l'investissement. Et malgré tout, après le rebond mécanique du premier trimestre, nous sommes, dans les chiffres, à peu près à zéro.

Le chiffre de croissance allemand pour le deuxième trimestre vient de tomber: +0,4%. Comment expliquer que nos voisins arrivent à se maintenir dans la durée, là où la France dévisse?

Gérard Thoris. - La France n'a fait aucune réforme structurelle, c'est quelque chose de tabou pour le pays. Et ces changements à mener, nous les connaissons tous. On ne fait rien pour le marché du travail. On ne veut pas aller vers des politiques qui pourraient générer de la croissance, comme on l'a bien vu avec Uber. Peut-être que la loi Macron aura un impact, mais j'en doute car elle ne s'attaque finalement à aucun symbole fort.

Jacques Delpla. - L'Allemagne va peut-être souffrir le prochain trimestre du fort ralentissement chinois, sachant que nos voisins se reposent beaucoup sur leurs exportations. L'écart avec la France ne va donc peut-être pas durer. Mais ce n'est pas dramatique pour eux. Au fond, l'Allemagne craint assez peu une période de croissance faible: elle est quasiment au plein emploi et sa population n'augmente quasiment pas. Les Allemands n'ont pas les contraintes de la France.



samedi 27 septembre 2014

Livret A : les Français s'en détournent toujours plus

Le rythme des retraits s'accélère

Les retraits ont encore été supérieurs aux dépôts en août
Les détenteurs d'un Livret A ont retiré 480 millions d'euros: pour le 4e mois consécutif,le nombre des retraits a dépassé celui des dépôts en août, selon des données publiées mardi par la Caisse des dépôts. Sur les huit premiers mois de l'année, la collecte nette (les dépôts moins les retraits) reste positive et atteint 710 millions d'euros, très loin du niveau enregistré sur la même période de 2013 (15,57 milliards d'euros).

Le taux de rémunération du Livret A est en effet passé de 1,25% à 1%, un niveau historiquement à compter du 1er août.
Hollande n'aura réussi qu'une seule baisse, celle de la rémunération du livret d'épargne populaire. 
Jamais ce placement, réglementé par l'Etat, n'aura aussi peu rapporté. 

Le Livret A  souffre de la déflation 

Cette baisse était justifiée par le "ralentissement de l'inflation" (1,2%, hors tabac), nous disait-on, pour ne pas affoler la population en appelant un chat un chat. 

Le Livret de développement durable (LDD) a pour sa part réussi à attirer l'épargne des Français en août
, les dépôts ayant dépassé les retraits à hauteur de 130 millions d'euros. 
Or, il est menacé, car dans le sillage du Livret A, le Livret développement Durable (LDD) sera aussi ramenés à 1%, ainsi que le Livret Bleu, le Compte Épargne Logement (CEL), jusqu'aux Livrets d'Épargne Populaires (LEP)...

Un Français sur deux prêt à riposter aux attaques de la "gauche sociale"
Fin juillet, un Français sur deux (51%) se déclarait incité à épargner sur un autre type de produit que la baisse du taux du Livret A à 1,0%, selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest France. A l'inverse, 39% n'envisageaient pas de changer d'attitude sur le Livret A.
Déjà engagé au mois de mai, le mouvement de décollecte du Livret A s'est renforcé dans un contexte de baisse de la rémunération du placement (1,55 milliard d’euros). Dès juin, alors que la menace était pendante, la collecte nette avait été négative de 50 millions d'euros sur le Livret A et le Livret de développement durable (LDD). 

Avec une collecte nette positive de 1,64 milliard d'euros depuis le début de l'année, il reste toutefois loin de ses niveaux enregistrés dans les premiers mois de 2013 (7,49 milliards d'euros), ce qu'il faut sans doute prendre pour une satisfaction... Début janvier, Pierre Moscovici avait laissé entendre que le taux de rémunération ne devrait pas passer sous les 2%. En juillet, avant la baisse du taux de rémunération à 1,25 % au premier août, la collecte nette sur le livret A (les dépôts moins les retraits) a fortement ralenti à 380 millions d’euros… une chute de 82 % sur un an.
Et en 2012, le Livret A avait enregistré une collecte nette de 28,16 milliards d'euros, tandis que celle du Livret de développement durable (LDD) a atteint 21 milliards, selon des chiffres publiés mardi par la Caisse des dépôts (CDC). Un record en 194 années d'existence. En effet, en 2011, les deux placements avaient d'abord bénéficié du relèvement de leurs plafonds par le gouvernement, mais l'engouement pour les deux livrets était retombé avec la perspective d'une casse de son taux, effectivement passé de 2,25 % à 1,75 % le 1er février 2013.

DAL pourrait s'alarmer de l'insuffisance de logements, 
mais loin de reprendre de l'activité, l'association d'extrême gauche reste étrangement impassible face à la décollecte préjudiciable au secteur du bâtiment. Depuis août 2013, Jean-Baptiste Eyraud, son meneur, un ancien militant maoïste qui a fait partie de la Gauche prolétarienne et membre du Comité des mal-logés, n'a plus bougé une oreille (lien).   
Au total, 369,6 milliards d'euros étaient encore en dépôt fin août sur un Livret A ou un LDD. De quoi relancer la construction sociale?
Mais Cécile Duflot, la ministre Europe Ecologie-les Verts (EELV) de Jean-Marc Ayrault, et sa loi Alur (loi pour l'Accès au logement et un urbanisme rénové) sont passées par là... Estimant que la loi coûte au pays entre 0,4 et 0,5 point de croissance, le premier ministre de Hollande, Manuel Valls, a remis sur la table la partie de la loi qui pèse le plus sur la relance de la construction et la croissance !

samedi 13 septembre 2014

Petits retraités: Hollande s'en prend aux plus faibles

Hollande sacrifie les petites retraites en dépit des promesses de Valls 

Finie la revalorisation des petites retraites au 1er octobre


C'étaient des promesses électorales du Premier ministre
Manuel Valls disait vouloir adoucir les mesures d'économies frappant les "petites retraites", inférieures à 1.200 euros, toutes pensions confondues. Après les déculottées de la majorité présidentielle aux municipales des 23 et 30 mars 2014, le gouvernement avait annoncé un geste pour reprendre la main ! C'était aussi avant les élections européennes de 2014 du 22 au 25 mai 2014...

Vendredi 12 septembre, le gouvernement a avoué avoir fait des promesses en l'air sur une revalorisation des petites retraites. Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, observe maintenant que "la très faible inflation prévue pour 2014 [0,5%], conduit à une stabilité des pensions". 

Hollande gèle d'abord les pensions… sauf les plus petites

Le 8 avril, le "pacte de responsabilité" du gouvernement Valls prévoit 50 milliards d'euros d'économies dégageant notamment 30 milliards en faveur de la reprise économique, sur le dos des retraités. Ce plan d'économies prévoit le gel, pendant un an, des pensions du régime de retraite de base et des retraites complémentaires.
Sous la pression de l'opposition, le gouvernement décide alors "d'épargner les petites pensions de retraite jusqu'à 1 200 euros" (toutes pensions cumulées). Un ex-salarié touchant 1.100 euros, dont 850 euros de pension de base et le reste en complémentaire, devait ainsi voir sa pension augmenter de 5,10 euros mensuels au moment de la revalorisation. Du coup, les européennes auraient pu être moins défavorables à la majorité.

Les branquignols du gouvernement ont des défaillances techniques

Les pensions de retraite inférieures à 1.200 euros devaient être réévaluées au 1er octobre. Mais, les européennes passées, Le Figaro révèle dès le 18 juin que le budget rectificatif 2014 de la Sécurité sociale ne prévoit plus cette revalorisation, pour des "raisons techniques" liées à l'identification des assurés concernés. Le ministère de Marisol Touraine assure cependant que "tout retard sera compensé". 

Le 4 septembre, les Pieds Nickelés font savoir que les 8 millions de personnes concernées par ce contre-temps n'ont décidément pas de chance: cette mesure a rencontré un problème informatique indépendant de leur volonté... Les petites retraites reçoivent toutefois la garantie que "tout retard sera compensé". 

Il faudra attendre le 25 septembre pour que le montant de la revalorisation soit connu de la commission des comptes de la Sécurité sociale. Il sera d'environ 11 euros par mois.

Le gouvernement ne peut plus venir en aide aux petites retraites

Promesses d'ivrogne
Les retraités sont menés en pédalo pendant six mois, avant que le vendredi 12 septembre, Marisol Touraine fasse dire par ses services que les petites pensions ne seront pas revalorisées au 1er octobre en raison de la faible hausse des prix.
"Les règles de revalorisation, du fait de la très faible inflation prévue pour 2014 [0,5%], conduisent à une stabilité des pensions", explique le ministère.

La déflation frappe les plus faibles et les moins revendicatifs
En raison de l'application mécanique des règles de calcul (qui tiennent compte notamment de la revalorisation et de l'inflation appliquées en 2013),
Petits retraités en grève de la faim,
2 juillet à Avenières en Isère
les retraités aux pensions les plus modestes n'auront donc aucun euro de plus chaque mois, se retrouvant ainsi logés à la même enseigne que les autres retraités. Seuls les retraités au minimum vieillesse bénéficieront, "comme le gouvernement s'y était engagé, d'un coup de pouce en octobre prochain", promet le ministère, tout en restant dans le flou sur le montant de cette revalorisation, si aucune contrainte technique ne frappe les plus vulnérables.

Comme l'avait souhaité initialement le gouvernement Valls en avril, la revalorisation des petites retraites sera donc bien gelée jusqu'à octobre 2015, soit pendant dix-huit mois, puisqu'après avoir été décalée d'avril à octobre, elle est remise (au mieux) à octobre 2015.

dimanche 24 août 2014

Hamon se trouve "loyal" à François Hollande et Montebourg "normal"

Les deux rebelles défendent leurs positions, comme Hollande et Valls leur politique

Le ministre de l'Éducation nationale s'est certifié   "loyal" à François Hollande et Manuel Valls
 
Après ses propos dans Le Parisien, où, comme le ministre de l'Economie, il dit n'être "pas loin des frondeurs socialistes",  tandis qu'Arnaud Montebourg trouve "normal d'ouvrir le débat". Dans sa circonscription électorale du ministre de l'Économie en Sâone-et-Loire où Benoît Hamon était son invité vedette, la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse  s'est également transformée en défi au président Hollande.

"On peut avoir un avis, une conviction, l'exprimer et être loyal, s'est défendu Hamon. Je sais bien que dans un monde où on doit tout simplifier, dire quelque chose, c'est forcément 'tacler' et 'être déloyal'. Nous, on ne voit pas du tout les choses comme ça", a déclaré le margoulin devant la presse attroupée dans le village bourguignon. "On ne peut pas être ministre dans un gouvernement et combattre, comme je le lis, un président de la République et un Premier ministre", a-t-il martelé, en faisant référence à la Une du quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, qui titre "La charge de Benoît Hamon".

"Il y a aujourd'hui un débat, 
Hamon et Montebourg trinquent
à l'avenir politque de Valls et Hollande
et à Angela Merkel
qui existe en raison de faits nouveaux : l'isolement d'Angela Merkel, la menace de la déflation, et ce débat, il justifie, comme beaucoup d'économistes le suggèrent, comme beaucoup de chefs de gouvernement le demandent, d'être mené. On le fait en parfaite loyauté", a-t-il assuré, niant toute contradiction avec la ligne fixée par François Hollande. 

Et les deux loyaux ministres râtissent large les contestataires
"Nous, ce qu'on veut, c'est la réussite de la gauche, avec des députés qu'ils soient frondeurs ou pas frondeurs, c'est notre seule obsession à Arnaud Montebourg et moi."

Blindés contre la déflation...
À la question de savoir s'il restait au gouvernement, alors que l'opposition presse les deux ministres de démissionner, Benoît Hamon a répondu : "Évidemment." "Moi je suis ministre de l'Éducation nationale, j'ai une immense tâche [qui me laisse le loisir de contester] et j'entends la mener, comme le ministre de l'Économie", a-t-il ajouté.

Hamon et Montebourg trinquent à l'avenir du président

De son côté, Arnaud Montebourg a estimé qu'il est "normal, pour le ministre de l'Économie, d'ailleurs (pour) tout homme d'État, d'ouvrir le débat" quand on est "dans une situation nouvelle très grave qui s'appelle la menace déflationniste". Selon lui "le débat a commencé sur la table du Conseil des ministres déjà il y a plusieurs mois". "C'est le débat dans la coalition allemande" tenu par le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel : lui "on ne lui a pas demandé de partir" de son gouvernement, a-t-il souligné.

À la question réitérée de journalistes à Montebourg par les journalistes de savoir s'il se sent bien au gouvernement, le ministre de l'Économie a refusé de répondre, bottant en touche. Évoquant les bouteilles étiquetées "cuvée du Redressement" mises en vente pour sa Fête de la rose, Arnaud Montebourg a lancé, en s'esclaffant "respectueusement" : "Je vais lui envoyer une bonne bouteille de la cuvée du redressement, au président, hein !"

samedi 16 août 2014

Croissance : les ministres se mobilisent pour excuser les prévisions du gouvernement

Histoire d'un "génocide économique" 

Quand Hollande promettait sur une croissance à 2% en 2014
En 2012, le candidat socialiste à la présidentielle tablait une croissance à 2% en 2014, et autour de 2,25% en 2015. Des chiffres qui se révèlent aujourd'hui bien en-dessous de la réalité.
Le programme de François Hollande et ses "60 engagements pour la France", dévoilés en janvier 2012.


"Mon projet se fonde sur des hypothèses de croissance à la fois prudentes et réalistes." 
Nous sommes début 2012. Candidat à la présidence de la République, François Hollande dévoile en grande pompe ses "60 engagements pour la France". Accusé par ses adversaires de faire des promesses trop coûteuses au regard de l'économie française, le candidat socialiste insiste au contraire sur "le sérieux budgétaire" de son programme. 

Pour financer ses engagements, François Hollande compte alors sur un rapide retour de la croissance : 0,5% en 2012, 1,7% en 2013, 2% en 2014, puis 2 à 2,5% à partir de 2015. Deux ans et demi plus tard, ces hypothèses "prudentes et réalistes" semblent complètement irresponsables… Après la publication des dernières prévisions de l'INSEE, jeudi 14 août, le gouvernement n'espère plus désormais qu'une croissance de 0,5% en 2014 et de 1% en 2015, après 0% en 2012 et 0,3% en 2013.
Conséquence directe de ce blocage de la croissance  : la promesse de François Hollande de ramener le déficit sous la barre des 3% dès 2013, conformément aux engagements européens, est, elle aussi, loin d'être atteinte. Après l'avoir déjà reportée plusieurs fois, son compère, le ministre des Finances, Michel Sapin, a implicitement reconnu, jeudi 14 août, que la France n'atteindrait pas cet objectif en 2015.

Amateurisme ou tromperie "criminelle"? 

"A l'époque, nous nous étions calés sur les prévisions de la majorité alors en place. Nous n'avions pas encore mesuré l'ampleur des choses qui allaient nous êtres léguées après dix ans de droite au pouvoir", se défend le député Olivier Faure, porte-parole du Parti socialiste, assez lâche pour assumer une idéologie ringarde, ainsi qu'une politique de stigmatisation et de menaces et, au final, la déroute du pouvoir socialiste. 
A quel moment le déficit français repassera enfin sous la barre des 3% ? "L'économie n'est pas une science exacte, esquive le foireux Olivier Faure. La question, c'est celle de la trajectoire. Et aujourd'hui, cette trajectoire de réduction du déficit doit être maintenue," raconte ce fanal socialiste

Le gouvernement mobilise les media pour justifier les mauvais chiffres sur la croissance. Les éléments de langage qu'ils colportent accusent l'Europe de tous les maux de la France. C'est donc aux Européens de répondre, car nous ne changerons pas de cap, s'obstinent-ils.

Tout ne se passe pas comme attendu. Pour 2014, le gouvernement va devoir revoir ses prévisions de croissance. Après la publication des derniers chiffres par l'Insee, le résultat est cinglant: au deuxième trimestre, la France s'est figée dans une croissance zéro. Des données qui font voler en éclats les prévisions du gouvernement.

Quatre ministres sont rentrés de vacances pour faire le service après-vente de résultats clairement négatifs

Ce jeudi, sur les antennes des radios et télévisions, Michel Sapin, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de la Ville, des sports et des droits des femmes, ainsi que Kader Arif, en charge des anciens combattants sont sur le pont pour enfumer l'opinion. Tous ces menteurs vertueux pointent l'Europe qui n'y est pourtant pour rien, affirmant que l'exécutif français n'est pas seul à s'être trompé dans les prévisions et que le gouvernement va donc maintenir sa politique.

Le plus concerné, le ministre des Finances, Michel Sapin, reconnaît toutefois la "panne" de croissance de la France mais appelle à une réponse européenne, passant par la BCE et par une "adaptation" des règles budgétaires. Dans un texte publié par Le Monde, ce proche de Hollande avoue que la France n'atteindra que 0,5% de croissance cette année, contre un objectif initial de 1%, et ne croit pas pour 2015 à un chiffre "très supérieur à 1%". 
Et il fait aussi exploser les prévisions de déficit: cette croissance zéro, combinée à une inflation si légère qu'on parle de déflation aura pour effet un déficit public "supérieur à 4% du PIB en 2014", au lieu d'une prévision initiale de 3,8%. L'objectif d'un respect en 2015 de la limite européenne de 3% s'en trouverait fortement compromis.

"L'Europe doit agir", disent en choeur les ministres

Invité d'Europe 1, Michel Sapin est contraint de lâcher la vérité: "C'est un mauvais chiffre. Je le regarde comme tel, je le commente comme tel." Mais il n'assume rien, refusant d'accorder la responsabilité de cette mauvaise prévision, et de ce mauvais résultat, au seul gouvernement. "1% de croissance en 2014, c'était la prévision du FMI, de l'OCDE, de la Commission européenne. Nous le corrigeons. La réalité n'était pas celle prévue par les observateurs", ajoute-t-il, inculpant tout le monde. "Je ne vois pas comment nous pourrions faire mieux que 0,5%, ce qui n'est pas suffisant."

Comme il l'a fait dans la tribune publiée par Le Monde, le ministre met à son tour l'Europe en cause. "Il y a un problème français et un problème européen. Même la croissance allemande est à l'arrêt", a-t-il commenté, dans un amalgame désobligeant pour les membres de la zone euro. "L'Europe doit agir fermement, clairement, en adaptant profondément ses décisions à la situation particulière et exceptionnelle que connaît notre continent. La France pèsera en ce sens", écrit-il, faisant la leçon à ses alliés.

Sur RMC, Najat Vallaud-Belkacem débite  les mêmes arguments: tous les commentateurs faisaient cette prévision et un appel lancé à l'Europe. "Ce n'est pas 'on a été trop optimistes', ce n'est pas le gouvernement seul, tous les observateurs économiques prévoyaient des chiffres plus importants", glisse-t-elle, avouant la dépendance du gouvernement aux analystes.
En phase avec son collègue des Finances, elle considère qu'il "faut que l'Europe prenne en considération la situation et qu'elle mette en oeuvre une politique monétaire adaptée à cette situation exceptionnelle de croissance faible." "Sans l'Europe, nous n'arriverons pas à aller plus loin."

Et que peut le pouvoir socialiste pour l'économie française ? 

La ministre de la Ville, des sports et des droits des femmes estime comme les autres qu'il ne faut surtout pas changer de cap. "Nous n'irons pas plus loin pour faire d'autres économies", insiste-t-elle. "Et pour ne pas avoir à aller plus loin, nous demandons à l'Europe d'adapter sa politique monétaire". Les socialistes élèvent l'Europe au rang de sous-traitant de l'entreprise France en plein coulage.

"Il y a un problème européen", lance de son côté le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, citant les chiffres négatifs de l'Allemagne, sur France Inter. "Il faut des politiques à l'échelle européenne pour redresser cette croissance", répète-t-il. Mais pas question non plus de changer de cap et d'abandonner la règle des 3% du PIB pour le déficit. "Les 3%, ça reste un cadre. La France a pris un engagement. Les efforts sont engagés, ils le resteront. Mais on n'en fera pas plus. On fera ce qui est de notre responsabilité."

Du côté de Kader Arif, proche de François Hollande et secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, donc parfaitement compétent en matière économique (et financière!) le discours est encore une fois le même, sur i-télé. Interpellé sur la "panne" de la France, il répond: "l'Europe est en panne", évoquant l'Allemagne et l'Italie, parce que l'Espagne, elle, remonte la pente. Comme ses collègues, le ministre juge qu'il faut "maintenir une politique de réforme", avec "une politique d'investissement forte". Concédant qu'il faut "adapter le budget 2015 à l'aune de ces mauvais résultats".
Que voulez-vous ajouter à ça ?...

jeudi 14 août 2014

Acculé par ses échecs, Hollande réserve une rentrée d'enfer aux Français

Les sept plaies d'Egypte sont pour Hollande


Déflation, déficits, chômage, logement, retocages par le Conseil constitutionnel, frondeurs du PS et impopularité: François Hollande est contraint d'assumer ses échecs 

Une seule option, selon des économistes, accélérer le rythme de réformes impopulaires dans une partie de sa majorité et parmi une majorité de Français. 

L'abandon implicite, jeudi, de l'objectif de ramener les déficits publics à 3% du PIB en 2015 en raison d'une croissance nulle sonne, avec ceux de l'inversion de la courbe du chômage ou de la construction de 2,5 millions de logements pendant le quinquennat, le glas des engagements phares du président.
"Mieux vaut assumer ce qui est, plutôt que d’espérer ce qui ne sera pas", a  piteusement résumé le ministre des Finances, Michel Sapin, dans une tribune au Monde,  pour rendre compte devant l'opinion de l'impasse dans laquelle se trouve le gouvernement, à la veille du week-end du 15 août.

Le président et son Premier ministre n'ont pas prévu de s'exprimer sur ce revers vendredi au Fort de Brégançon dans le Var, où ils prévoient de faire le point sur la situation économique depuis la résidence d'été présidentielle qu'il devait déserter.
Manuel Valls avait préparé l'opinion à de mauvaises nouvelles économiques, le 1er août lors d'un séminaire gouvernemental. "Réformer inlassablement", avait promis le Premier ministre, alors que ses partenaires européens et les milieux économiques demandent de ne pas compter sur le seul pacte de responsabilité pour baisser plus fortement le coût du travail pour les entreprises.

L'idéologie socialiste a ruiné nos espoirs de reprise

"Les réformes structurelles doivent aller plus loin", a révenu jeudi le MEDEF qui réclame notamment la révision des seuils de salariés au-delà desquels les entreprises se voient imposer des obligations sociales, une réforme à laquelle se résigne le gouvernement deux ans trop tard, après avoir donné des gages à sa gauche, mais qui est toujours rejetée par les syndicats radicaux.

Le gouvernement estime que la publication des chiffres rend  "d'autant plus pertinentes et nécessaires‎" les réformes portant notamment sur les seuils sociaux, les professions réglementées ou encore le logement, selon l'entourage du Premier ministre. "Les réformes sont indispensables, la majorité l'a compris", veut-on croire de même source, en réponse aux risques que font peser les frondeurs.

Pour l'économiste Patrick Artus, "la croissance est bloquée par un problème massif d’offre", et une relance de gauche classique en faveur des ménages -réclamée par les "fondeurs" de la gauche ringarde du PS- ne changerait pas la donne. "On voit bien au deuxième trimestre que le soutien de la consommation profite aux importations et pas à la production domestique", analyse le directeur de la recherche et des études de Natixis.

L'Europe campe quant à elle sur ses positions 

"C'est à travers des réformes, votées et mises en oeuvre, que les conditions d'une reprise durable pour la croissance et l'emploi seront posées en France", a dit jeudi un porte-parole de la Commission après la réduction de moitié, à 0,5%, de la prévision de croissance française pour 2014.

Manuel Valls prépare une tournée des capitales européennes à la rentrée, en commençant avec Angela Merkel en septembre, pour quémander de nouveaux délais, alors que les précédents ont été refusés, la presse aux ordres considérant que le rythme de réduction des déficits ne peut  se faire en France à un rythme qui n'étouffe pas une activité encore balbutiante.
Suite aux promesses non tenues pour 2014, il peinera à convaincre que la France a consenti les efforts structurels suffisants pour reporter au-delà de 2015 l'objectif de ramener le déficit à 3%.
Il compte notamment sur le projet du ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, de s'attaquer aux professions réglementées pour étayer la position de la France.

Hollande a indisposé par ses mises en accusation de l'Europe
"Vu l’indulgence dont a fait traditionnellement preuve Bruxelles à l’égard de la France, on peut craindre que Paris obtienne un délai supplémentaire pour atteindre les 3%", estime Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque, banque d'investissement en ligne danoise, qui craint que la France abandonne les réformes sitôt obtenu un nouveau délai. "Sans pression forte de la part de l’Europe et ou des marchés financiers, la France ira à reculons dans les réformes", estime-t-il, alors que des certains économistes prédisent un avenir sombre s'il n'y a pas de changement de politique fort.

"Le chômage continuera de battre des records au moins jusqu’au printemps 2015", estime Marc Touati du cabinet ACDEFI pour qui la dette de la France atteindra 100% du PIB en 2015.

"En prévision de ce nouveau dépassement des objectifs de comptes publics, la note de la France sera dégradée d’au moins deux crans d’ici la fin d’année", prédit l'économiste, qui voit la crise de la dette revenir "en fanfare dès cet automne" et frapper la France.
Après les six plaies d'Egypte, les dix fléaux...

lundi 4 août 2014

Déflation: un serpent de mer aperçu en décembre 2013 dans la presse

L'Europe au bord de la déflation 

La déflation, c'est la baisse des prix de manière importante, persistante et durable.
Hollande, dans le couloir de la déflation
Et c'était le cas depuis plusieurs mois en décembre 2013 avec les chiffres d'inflation, un des indicateurs de notre pouvoir d'achat. En novembre, Eurostat avait publié les chiffres. Au niveau européen, les prix avaient augmenté de 0.9% en octobre (+0.7 pour la France). Problème, tout juste un an avant, l'inflation européenne s'établissait à 2,2%. Autrement dit, la perte de près d'un point et demi en 12 mois était énorme.

Or, si quand les prix baissent, c'est bien pour les consommateurs...

...cette baisse est en réalité source de ralentissement économique. 
En effet, le consommateur voit un recul des prix comme une aubaine: si cela baisse aujourd'hui, cela va encore plus baisser demain... Il attend donc  un peu pour consommer et renvoie à plus tard l'achat de sa voiture ou de sa maison, par exemple. Une consommation ainsi différée fait baisser, voire, dans certains cas, chuter, les commandes aux entreprises qui réduisent leur production, baissent les salaires ou licencient purement et simplement. C'est la spirale infernale, le cercle vicieux. 
Les économistes lançait déjà l'alerte fin 2013, car on sait qu'une inflation inférieure à 1% atteint un seuil de basculement très risqué dans la déflation officielle. Il y a huit mois, on était déjà entre 0.9 et 0.7 : le seuil était donc atteint et ni François Hollande, ni Jean-Marc Ayrault et ni Pierre Moscovici n'a pris les mesures appropriées.

La baisse généralisée des prix s'explique

Le taux de change est en cause. L'euro qui remonte face au dollar depuis un an a pour conséquence de faire baisser les prix des produits que nous importons. Concrètement, sur un an, la monnaie unique a gagné environ 6% sur le billet vert et c'est autant de perdu à chaque importation !
Ajouté à cela, le "made in France", cher à Montebourg, est très cher à l'exportation...

Le coût des matières premières importées qui a joué sensiblement à la baisse sur les prix de l'énergie.

Les dévaluations compétitives intérieures auxquelles se livrent les pays de l'Europe du Sud (Italie et Espagne, notamment). Pour rendre leur industrie plus compétitive à l'export, nos voisins européens ont baissé les salaires et réduit l'emploi. Et cela sous la pression de la communauté internationale. Plus qu'un paradoxe, c'est de la schizophrénie.

L'idéologie de nos socialistes entrave la recherche de solutions 

Quand la demande baisse dans le secteur privé, on pense à relancer la machine par la demande publique, dans l'optique keynésienne. Mais cela suppose une capacité de relance budgétaire dont ne dispose pas la France accablée par le poids de ses dépenses publiques, notamment sociales.

Une autre solution est entre les mains des banques centrales qui peuvent faire baisser les taux d'intérêt et permettre aux entreprises de réinvestir et soutenir l'activité. Mais une aide aux entreprises est contraire au credo de la gauche marxiste française. D'ailleurs, les taux sont déjà très bas et les marges de manœuvre sont aujourd'hui quasi inexistantes. Et même dans ce cas, rien n'indique que les ménages vont de nouveau consommer. Entre l'état permanent de béatitude du président et les coups de menton de son Premier ministre, les Français peinent à leur accorder leur confiance. 
 
Dans le flou total, la vraie solution serait le retour de cette confiance que Hollande et Valls ont eux-mêmes perdue. En décembre, Hollande faisait toujours semblant de croire à l'inversion de la courbe du chômage qu'il avait promise pour la fin de l'année 2013. Or, il a été incapable de tenir sa promesse, même six mois après la date promise et une vraie baisse du chômage n'est pas encore pour cette année.
Le risque de déflation n'a jamais été aussi prégnant. 
Face à ce risque de déflation : Hollande pousse l’Allemagne à (ré)agir...
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