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vendredi 8 septembre 2017

Les manifestants contre la loi Travail, des "fainéants", selon Macron

Macron ne veut "rien céder aux fainéants" 

Emmanuel Macron a promis de réformer la France sans "rien céder"
  
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Macron, actif et déterminé, 
en tenue de banquier, pantalon noir rayé...
"Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes," a lancé le "président de tous les Français" depuis l'étranger, Athènes ce vendredi, à quelques jours du premier mouvement social de son quinquennat.

Commentant la politique intérieure de la France au cours de son voyage en Grèce, le chef de l'Etat a ajouté au second jour de sa visite à Athènes, que de la capacité de la France à se transformer dépendra son aptitude à convaincre les Européens de réformer la zone euro. 

Réformer le droit du travail, l'assurance chômage, la politique du logement et des transports, "nous allons le faire, sans brutalité [mais par ordonnances], avec calme [malgré les invectives adressées aux "fainéants"], avec explication [au risque d'accaparement de la parole publique], avec sens [en dépit de sa "pensée complexe"]", a assuré Emmanuel Macron devant la communauté française à Athènes. 

"Je serai d'une détermination absolue," a asséné cet homme de dialogue.
Résultat de recherche d'images pour "Macron detente""Et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", a-t-il ajouté.  "Nous allons (...) faire ce pour quoi les Françaises et les Français m'ont élu [à 24% au premier tour], sans hésitation, avec la calme détermination du choix démocratique [tout relatif, après les recours de Manuel Valls à l'article 49.3] et cette certitude chevillée au corps que notre pays en a besoin", a poursuivi Emmanuel Macron, dramatisant la situation en considérant que "la survie du pays" est en jeu.
"Croyez-vous un instant que nos partenaires européens vont regarder la voie que nous ouvrons si, chez nous, nous ne savons pas changer les choses ?", s'est-il inquiété. 
Résultat de recherche d'images pour "Macron  promenade a la campagne""La capacité de la France à se transformer, c'est sa capacité démontrée à transformer l'Europe dans le même temps."  
Emmanuel Macron craint pour sa crédibilité et plaide pour une réforme ambitieuse de la zone euro, avec la création d'un budget, d'un ministre des Finances permanent et d'un contrôle démocratique. 

Il devra, pour y parvenir, convaincre les dirigeants allemands, dont les propositions vont jusqu'à présent bien moins loin et avec lesquels il prévoit d'écrire une feuille de route de réformes européennes d'ici la fin de l'année. 

Le président  Macron maintient que la France "n'est pas un pays qui se réforme"

A Athènes, il a dit "assumer" ses propos polémiques tenus fin août. A l'école française d'Athènes, E. Macron est  revenu sur ses déclarations du 24 août à Bucarest, où il avait dit: "la France n'est pas réformable" et "les Français détestent les réformes". "Je l'ai souvent dit et je le disais il y a quelques semaines en Roumanie. D'aucuns faisaient semblant de découvrir cette forme de provocation que j'assume. la France n'est pas un pays qui se réforme", a-t-il répété au second jour de sa visite d'Etat en Grèce. "Il ne se réforme pas (...) parce qu'on se cabre, on résiste, on contourne. Nous sommes ainsi faits". 

Résultat de recherche d'images pour "Macron  promenade a la campagne"Pour Macron, l'heure n'est de toutes façons plus aux réformes, "mais à une transformation profonde" de la France, en citant notamment sa politique en matière du droit du travail. "Nous allons le faire sans brutalité, avec calme, avec explication, avec sens", a-t-il affirmé. En baisse constante et historique dans les sondages de confiance, Macron 1er n'a pourtant pas hésité à achever sa visite en Grèce en plaidant pour une "refondation démocratique" de l'Europe et a appelé les groupes français à investir en Grèce en profitant du retour de la croissance.  

Bien qu'il n'ait pas été là où il aurait dû être, auprès des sinistrés de l'Outre-mer, il a réaffirmé vendredi que la France apporte "tout son soutien" aux victimes de l'ouragan Irma dans les îles de Saint-Barthélémy et Saint-Martin, où il entend se rendre prochainement. 

Emmanuel Macron ne cesse de provoquer des polémiques 

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Lors de l'inauguration de station F, le méprisant banquier avait opposé  "les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien", aussi lors de la campagne présidentielle à un militant CGT: "Vous n'allez pas me faire peur avec votre t-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", ou à l'encontre des Comoriens : "Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent", sans oublier les travailleuses du volailler breton GAD qu'il humilia en les traitant d' "illettrées"... 

Jean-Luc Mélenchon, député de la France insoumise, n'a pas mis longtemps à réagir sur twitter.
Il appela les "abrutis, cyniques, fainéants, tous dans la rue les 12 et 23 septembre".  Alors que la polémique monte face aux propos d'Emmanuel Macron, l’Élysée a vu le risque et a tenté de désamorcer la situation. Le Château a assuré (sur ...BFMTV, chaîne officieuse de la présidence) que le terme de "fainéants" vise "ceux qui étaient au pouvoir ces quinze dernières années et qui n'ont rien fait". 
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Or, le jeune Macron a été conseiller du président Hollande à l'Elysée, puis ministre de l'Economie de son premier ministre, Manuel Valls - sans brutalité, avec calme, explication et sens -, cinq années durant. 

La CGT, la FSU et Solidaires appellent à manifester mardi contre la réforme du droit du travail. 
La France insoumise invite à faire de même le 23 septembre. 

lundi 8 mai 2017

Anormal 1er, président de la République par défaut

L'ancien collaborateur de Hollande entrera à l'Elysée

Le parcours 
atypique du 8e président de la Ve République 

De la finance à la politique
Normal 1er choisit Macron, alors que Sarkozy, à qui il offrit ses services, le négligea. Et le collaborateur de Hollande succède aujourd'hui à son parrain, l'élève écartant le maître et gardant sa maîtresse d'école à son côté pour le materner. 
La nouvelle première dame, aujourd'hui âgée de 64 ans, mère de trois grands enfants (dont une fille, Tiphaine était une condisciple d'Emmanuel, 15 ans), divorcée en 2006 du banquier André-Louis Auzière après vingt années de vie commune,  et sept fois grand-mère, était le professeur du nouveau président de la République laïque, son cadet de 24 années, dans un établissement d'enseignement privé d'Amiens, la Providence, où Brigitte Auzière dirigeait l’ate­lier de théâtre du lycée.
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La famille Macron éprouve une  certaine en prenant conscience que la professeur de 39 ans est "totalement subjuguée" par l'adolescent et envoie alors le mineur de 17 ans à Paris, faire sa terminale au lycée Henri IV. 
Anormal 1er  échoua à deux reprises à l'écrit du concours d'entrée de l'ENS (École normale supérieure) et se rabattit sur une maîtrise et un DEA de philosophie à l'université de ...Nanterre. Diplômé à 24 ans de Sciences-Po Paris (en 2001), il étudia ensuite à l'ENA de ...Strasbourg (2002-2004). 

Alors que le candidat François Hollande assurait en 2012 ne pas aimer les riches, Anormal 1er, 
son protégé philosophe, venait d'embrasser une carrière de banquier d'affaires chez Rothschild & Cie en 2008.



Deux ans plus tôt, en 2006 (année du divorce de Brigitte Auzière), Anormal 1er avait pourtant adhéré au Parti socialiste (dès 2001, à 24 ans, selon les sources) avec déjà des ambitions politiques, puisqu'il avoua que son renoncement à cacher sa fortune dans un paradis fiscal était motivé par la crainte d'une enquête sur son patrimoine lorsqu'il se découvrirait candidat à la présidence.
En 2006, Brigitte Auzière redevient Trogneux et épouse Emmanuel Macron l'année suivante au Touquet (Pas-de-Calais). Elle le rejoint à Paris, où elle enseigne au lycée jésuite Saint-Louis-de-Gonzague. "Ils ont une relation très intense", témoigne sur RTL Marc Ferracci, qui tenait la chandelle alors qu'il préparait l'ENA avec Emmanuel Macron.

En 2006, l'ancienne présidente du MEDEF, Laurence Parisot, tenta de le recruter au poste de directeur général de l'organisation patronale, ce qu'il refusa, rappelle Marianne. Inspecteur général des Finances, Anormal 1er s'attira les faveurs de Jean-Pierre Jouyet, proche de François Hollande  dès 2007 et attira également l'attention de l'influent économiste socialiste, Jacques Attali.

En 2007, après l'élection de Nicolas Sarkozy, Macron tenta d'obtenir du PS une investiture aux élections législatives en Picardie, en vain.

En 2012, Normal 1er mit au trentenaire le pied à l'étrier,
le nommant secrétaire général adjoint à son cabinet, puis ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique en 2014 dans le gouvernement Manuel Valls II. Si bien qu'en 2017, le candidat du renouveau était celui de la continuité.

En avril 2016, un an avant l'ouverture de la campagne officielle pour la présidence, Anormal 1er fonda son mouvement politique alternatif, baptisé 'En marche !', TPE politique siglée de ses initiales, en rupture avec le Parti socialiste, puis démissionna de ses fonctions de ministre quatre mois plus tard, abandonnant l'Economie, l'Industrie et le Numérique, et avec eux les Français à leur triste sort, pour tenter ensuite de poursuivre son plan de carrière et d'acquérir néanmoins  leur soutien, malgré quatre recours à l'article 49.3 et le passage en force de deux de ses projets plus contestés l'un que l'autre, sans débat, ni vote parlementaires. L'annonce d'une détermination plus autoritaire que républicaine.

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Le 12 juillet 2016, avec un fervent meeting fondateur à La Mutualité à Paris, devant 3.000 personnes, En marche ! revendiqua 250.000 adhérents, un fourre-tout ouvert, sans obligation de cotisation. Anormal 1er afficha alors ostensiblement ses ambitions, avant de démissionner du gouvernement, le 31 août.

En 2017, après être resté étroitement associé à la politique de Hollande pendant la  totalité du "lamentable" quinquennat de Normal 1er, François Macron prétendit se désolidariser du bilan d'Emmanuel Hollande et incarner l'alternance. 

Candidat à l'élection présidentielle de 2017, il arriva en tête du premier tour avec 24,01 % des suffrages et battit Marine Le Pen au second tour avec plus de 66 % des suffrages. 

A 39 ans, Anormal 1er était devenu le plus jeune chef d'État français depuis la désignation de Bonaparte Premier Consul, après le coup d'État du 18 brumaire de l'An VIII (9 novembre 1799), ne manqueront pas de rappeler les opposants à la Loi Travail de Macron, et jusqu'au 2 août 1802. Anormal 1er sera président jusqu'en 2022. Bonaparte, quant à lui,  s'était auto-proclamé consul à vie en mai 1804, date à laquelle il fut proclamé empereur, sur simple avis du Sénat. 


Son élection dans la douleur

Alors que l'ambitieux aux mille vies nie avoir adressé un CV à Sarkozy pour un poste de cabinet, Anormal 1er a promis aux Français un "renouvellement" profond de la vie politique. Autant dire qu'il renie le père François et ses cinq années de formation au côté du "capitaine de pédalo". L"héritier" veut apparaître en "parricide" de Normal 1er mais il l'a pourtant soutenu lors dès la primaire socialiste de 2011, alors même que Dominique Strauss-Kahn est le favori des sondages. Ensuite, il anima un groupe d'économistes et d'experts qui,  toutes les deux semaines, remettait un rapport au candidat et c'est ainsi qu'Anormal 1er s'imposa dans l'entourage présidentiel, avant de prendre ses distances avec l'Elysée et le PS.

C'est la très controversée loi Macron qui poussa Anormal 1er sous les feux des projecteurs. Le Florentin ne  s'y brûla pas, bien qu'il en fût l'instigateur. Désireux d'être au centre de tout, Manuel Valls en revendiqua la paternité, la faisant brutalement adopter à coups de 49-3 à l'été 2015. "C'est en défendant ce texte fourre-tout, qui va de l'extension du travail du dimanche à la libéralisation du transport en autocar, qu'il a constaté les scléroses du pays", revendique désormais le député PS Richard Ferrand, secrétaire général d'En marche !.

Mais Emmanuel Hollande est le produit des media et des sondages manipulateurs.
Les puissances d'argent, détentrices des organes de presse, ont confisqué le débat au profit du banquier et l'unanimisme des media militants a impacté l'électorat, au détriment du libre exercice de la démocratie .



Anormal 1er,  président le plus mal élu de la V° république

56% de Français ne veulent pas de Macron


Le score d'Emmanuel Macron (66,1%) face à Marine Le Pen, au second tour de l'élection présidentielle, dimanche 7 mai, dissimule plusieurs points de faiblesse.

25,44% d'inscrits qui ont refusé d'aller voter, selon les chiffres définitifs du ministère de l'Intérieur : cette élection présidentielle enregistre le taux d'abstention le plus élevé pour un second tour depuis 1969.

Seulement 43 % des français ont voté E.Macron, par défaut. 
Les bulletins de blancs ou nuls, 10,5%, ajoutés au taux d'abstention, constituent des dommages causés à la légitimité d'Anormal 1er. Dans certains quartiers populaires, on trouve plus de 37% d'abstentionnistes, et 10% de votes blancs ou nuls. Les communistes avec Jean-Luc Mélenchon ("la France Insoumise"), mais aussi les trotskistes Poutou et Arthaud, ont raison contre les media, tel BFMTV, qui font abstraction du fond du problème. Anormal 1er est élu par une minorité basse d'électeurs et les législatives risquent fort de le priver de majorité présidentielle à l'Assemblée.

Les donneurs de leçons socialistes, qui ont sans cesse attaqué les oppositions de droite comme de gauche, continuent d'effacer le vote contestataire de la photo, car les chiffres sont beaucoup moins flatteurs qu'il y paraît en surface. Votes blancs et nuls atteignent le record de 11%, en plus d'une abstention sans égale pour une présidentielle à près de 25%, répétons-le. Des handicaps fragilisant la légitimité du nouveau président, d'autant qu'au second tour, avec 43% des votes exprimés, Anormal 1er avait pourtant une adversaire rêvée que tous les éditocrates et les partisans de Macron avaient diabolisée.

Les raisons du vote en faveur de Marine Le Pen, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria.
Marine Le Pen (FN) fait un score sensiblement inférieur à celui dont les sondeurs avaient menacé les Français, mais Anormal 1er ne peut ignorer plus longtemps les 11 millions de Français qui ont exprimé un vote de rejet de la gauche.

Présidentielle 2017 (second tour)
10 643 937
Présidentielle 2017 (premier tour)
7 679 493
Régionales 2015 (second tour)
6 820 147
Présidentielle 2012 (premier tour)
6 421 426
Régionales 2015 (premier tour)
6 018 914
Présidentielle 2012 (second tour)
5 525 034
Départementales 2015 (premier tour)
5 142 241
Présidentielle 2012 (premier tour)
4 804 772
Européennes 2014
4 712 461
Présidentielle 1995 (premier tour)
4 571 138

43% des électeurs d'Anormal 1er au second tour disent avoir voté pour lui en premier lieu pour faire barrage à Marine Le Pen. Selon le sondage Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions, seulement 33% de ses électeurs disent avoir voté pour lui pour le renouvellement qu'il promet, seulement 16% pour son programme et 8% pour sa personnalité.


Ces chiffres montrent le fils spirituel de Normal 1er ne bénéficiera pas d'aucun temps d'état de grâce au début de son quinquennat et que les Français ne retrouveront pas avant longtemps la sérénité à laquelle ils aspirent.
Un troisième tour législatif, ainsi qu'un quatrième tour social, pourraient causer bien dresser des obstacles au pouvoir à venir

61% des Français ne souhaitent pas accorder la majorité absolue à l'héritier.
Si les Français l'ont largement élu, ils ne souhaitent pas pour autant lui signer un blanc-seing et 61% des sondés de Ipsos/Sopra Steria déclarent ne pas souhaiter lui donner une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Ils ne sont que 15% à "tout à fait" le souhaiter  et 24% à"plutôt" le souhaiter.


  
   (IPSOS/SOPRA STERIA)

Les élections législatives des 11 et 18 juin détermineront en grande partie le profil du quinquennat d'Emmanuel Macron et sa possibilité ou non à gouverner. Or, elles pourraient se révéler très difficiles pour le nouveau chef de l'Etat.

Les anticapitalistes sont déjà sur le front, promettant un quatrième tour social.
"L'heure est à la mobilisation de tous ceux qui refusent le "néo-ordo-libéralisme", la soumission au gouvernement allemand et à la commission européenne, tous ceux qui rejettent l'OTAN et veulent que notre pays sache de nouveau se faire entendre dans cette mondialisation barbare, fut elle douce!", annoncent-ils.

Le projet de Brutus

Produit du système, Anormal 1er se veut "anti-système", conformiste et audacieux à la fois, "ni de droite, ni de gauche". Un OVNI politique.

Calendrier des premières mesures économiques d'Emmanuel Macron.
Anormal 1er a prévu un programme séquencé de réformes économiques. Plusieurs mesures prendront forme dès cet été, notamment dans le domaine du droit du travail et de la simplification. Les nouveautés fiscales, comme la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des redevables, attendront le budget 2018.

• La réforme du Code du travail

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Emmanuel Macron souhaite que le Parlement vote pendant les congés payés estivaux des salariés un projet de loi d'habilitation, qui permettra à l'exécutif de réformer le Code du travail par ordonnances. Il s'agit essentiellement de compléter la loi El Khomri pour aller plus loin que le texte du gouvernement sortant dans la décentralisation de la négociation - y compris sur le temps de travail - au niveau des entreprises ou à défaut, des branches, et pour instaurer une barémisation des indemnités décidées par les prud'hommes. La consultation des partenaires sociaux en amont de ces réformes sera menée au pas de charge. Il faut dire que ces sujets ont été sur la table au cours des derniers mois. Le dossier sera cependant un test pour Anormal 1er, qui peut redouter une contestation massive dans la rue. Et les plages.

• La simplification

C'est un ouvrage qu'il faut remettre sur le métier même si cela avait été présenté comme une priorité par les précédents gouvernements. Emmanuel Macron veut également aller vite, et par ordonnances, en matière de simplification. Au programme, des suppressions de normes issues de la sur-transposition des textes européens (une spécialité française amplement démontrée par un récent rapport de l'Inspection des Finances) et la création d'un droit à l'erreur: "l'administration qui contrôle un individu ou une entreprise ne sera plus immédiatement dans la sanction, mais dans l'accompagnement et le conseil", avait promis Emmanuel Macron au JDD, le mois dernier.

C'est un ouvrage qu'il faut remettre sur le métier même si cela avait été présenté comme une priorité par les précédents gouvernements. Emmanuel Macron veut également aller vite, et par ordonnances, en matière de simplification. Au programme, des suppressions de normes issues de la sur-transposition des textes européens (une spécialité française amplement démontrée par un récent rapport de l'Inspection des Finances) et la création d'un droit à l'erreur: "l'administration qui contrôle un individu ou une entreprise ne sera plus immédiatement dans la sanction, mais dans l'accompagnement et le conseil", avait promis Emmanuel Macron au JDD, le mois dernier.

• Un audit des finances publiques

Emmanuel Macron compte lancer dès sa prise de fonction un audit de la situation des finances publiques. Un exercice classique pour un nouveau président, et dont il attend les conclusions pour la mi-juin. Mais, contrairement à ses prédécesseurs, il n'en tirera pas de conclusions immédiates au travers d'un collectif budgétaire dès l'été. Anormal 1er entend en effet prolonger la trajectoire financière inscrite dans le budget actuel, qui pourrait finir par permettre d'afficher un déficit budgétaire de moins de 3% en fin d'année. Les grandes réformes attendront le budget 2018, qui sera discuté à l'automne.

• Le budget 2018

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C'est donc dans ce texte que seront inscrites plusieurs grandes promesses de campagne d'Emmanuel Macron: suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges pour les entreprises, transformation de l'ISF en "impôt sur la fortune immobilière" et création d'un prélèvement forfaitaire de 30 % sur les revenus du capital. C'est également à cet horizon qu'entreront en vigueur la suppression programmée des cotisations sociales (maladie et chômage) et la hausse de 1,7 points de la CSG pour tous.

• Les trois grandes réformes pour 2018

Image associéeEmmanuel Macron a inscrit trois réformes majeures dans son programme, qui selon lui bouleverseront en profondeur le fonctionnement de l'économie et du marché de l'emploi. 
La première tient à la formation professionnelle. 
La deuxième à l'assurance-chômage, avec à la clef une étatisation du système, une universalisation de ses droits (étendus aux artisans et aux autoentrepreneurs), et la possibilité d'être indemnisé en cas de démission (une fois tous les cinq ans). 
La troisième porte sur la transformation du système de retraite, appelé à devenir universel en unifiant les 37 régimes existants, en supprimant donc tous les régimes spécaiux et en alignant les conditions du public et du privé. 
Ces trois chantiers sont censés aboutir à des projets ficelés dès début 2018.

• Sur le long terme

La baisse de l'impôt sur les sociétés est censée intervenir de façon progressive tout au long du quinquennat, au rythme de deux points de baisse chaque année. L'objectif est de ramener le taux d'IS de 33,3% aujourd'hui à 25% en fin de période. 
Par ailleurs, Emmanuel Macron veut donner du temps au temps s'agissant du prélèvement à la source qui devait entrer en application début 2018. Anormal 1er prône l'expérimentation avant de décider ou non d'une généralisation de cette réforme. "Avant toute chose, je veux m'assurer que cela ne représente pas une charge indue pour les employeurs. Ma deuxième réserve est psychologique. Je me méfie du jour où le salarié verra sa fiche de paie baisser et pensera qu'on lui a baissé son salaire", expliquait-il au Figaro le 29 avril.

Macron promet aux Français un "renouvellement" profond de la vie politique. 
Il a cinq ans, mais annonce qu'il ira vite, au moyen de "majorités de projets", et fort, à coups d'ordonnances. 

dimanche 31 janvier 2016

Taxis : Valls traite avec les auteurs de violences "inadmissibles"

Valls condamne des violences "inadmissibles" de chauffeurs de  taxis, mais les invite à Matignon...

Plusieurs mouvements de mobilisation sociale 
ont convergé ce mardi 26 janvier en France
, et aussi les taxis. 
Forts de leur monopole et d'une réglementation sur mesures,
les puissants taxis traditionnels n'ont pas su évoluer 
Les 5,6 millions d’agents de la fonction publique étaient appelés à cesser le travail et à défiler pour une hausse du pouvoir d’achat. Les deux premiers syndicats de contrôleurs aériens ont aussi participé au mouvement, entraînant l’annulation préventive de 20 % des vols. 
Côté éducation nationale, enfin, un tiers des enseignants des écoles maternelles et élémentaires devaient se mettre en grève, selon leur habitude, d'après le syndicat hégémonique. Les professeurs du second degré ont, quant à eux, été plus nombreux que prévu à débrayer contre la réforme du collège.

Du côté des taxis, des milliers de chauffeurs  ont répondu à l'appel à se mobiliser en France pour protester contre les "dérives" de leurs concurrents du secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC). Des actions se sont notamment déployées à Paris et autour des aéroports de Roissy et d’Orly, mais aussi en régions.

Le déroulé de la journée de mobilisation

En début de matinée, une navette force un passage, un manifestant est blessé
Selon la préfecture de police, 1.200 taxis ont été comptabilisés sur différents sites de protestation, notamment à l'aéroport d'Orly, où quelques dizaines de manifestants ont organisé un filtrage sur l'A106 en installant des plots sur la chaussée, ne laissant passer que les taxis en grève, dans une ambiance surchauffée. Mais, peu après 7 heures, une navette a forcé le passage et percuté un manifestant qui a été blessé à la jambe. Les autres manifestants ont frappé aux vitres du minibus, et ont forcé ses passagers à en descendre.
Le conducteur de la navette a été interpellé, et est entendu dans les locaux de l'hôtel de police à Orly. Il dit avoir accéléré sous l'effet de la panique.

Cette photo a été postée sur Twitter peu avant 9h00  par un journaliste de France TV Info. Depuis, les pompiers sont intervenus pour éteindre les pneus en feu. Le calme est revenu sur le périphérique parisien et la circulation a repris.
Vingt personnes ont été interpellées en Ile-de-France lors des manifestations de chauffeurs de taxi. 19 manifestants ont été arrêtés à la Porte Maillot, après plusieurs blocages du périphérique parisien, et le chauffeur de navette qui a renversé un manifestant est entendu dans les locaux de la police à l'aéroport d'Orly.

A 12h15, des représentants des chauffeurs de taxis seront reçus par Manuel Valls à Matignon, alors que devant le ministère de la Santé, une centaine de grévistes des hôpitaux de Paris manifestent aussi pour protester contre la réforme du temps de travail dans les hôpitaux franciliens. "Hirsch vole le repos des héros", pouvait-on lire sur une pancarte. Dans les grandes lignes, cet aménagement du temps de travail repose sur des suppressions de RTT et instaure de nouvelles organisations pour les 75 000 agents (hors médecins) des 39 établissements de l'institution. Au retour de la délégation reçue par le cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine, les manifestants devaient rejoindre le cortège des fonctionnaires.


Valls condamne les violences "inadmissibles" lors de la manifestation des taxis
Le premier ministre fait référence à des jets d'oeufs ou des pneus brûlés. "Il y a un droit de manifester. Il faut le respecter, même dans cette période d'état d'urgence. Mais les violences sont inadmissibles: aucune cause ne peut justifier une telle violence", a-t-il dramatisé à la sortie de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, avant de recevoir à 12h15 à Matignon une délégation d'organisations professionnelles de taxis.

A la mi-journée, le ministère de l'Education annonce un taux de grévistes de 22,32% au collège, 12,24% dans le primaire et 3,66% parmi le personnel non enseignant. Pour le second degré dans son ensemble (collèges et lycées), le taux atteint 13,66%.

Manuel Valls propose l'ouverture d'une concertation avec les taxis, ainsi que la nomination d'une personnalité qualifiée, à l'issue d'une réunion avec les représentants des chauffeurs de taxis qui protestent contre la concurrence des voitures de transport avec chauffeur (VTC).

Les forces de l'ordre viennent pourtant d'interpeller vingt-deux personnes, dont 14 placées en garde à vue, après des incidents au cours des manifestations, selon l'annonce de la préfecture de police de Paris.


Au final, le premier ministre se calme

Qu'a donc promis Valls aux chauffeurs de taxis contre les conducteurs de 
VTC - qu'il n'a pas offert aux éleveurs bretons ? Les représentants des taxis en colère des compagnies hégémoniques étaient moins agressifs à l'issue de la rencontre avec Manuel Valls jeudi soi, après trois jours de mobilisation des taxis et une première réunion avec le médiateur chargé de mener une concertation avec les VTC. Le Premier ministre a repris le dossier en recevant, jeudi soir, l’ensemble des organisations professionnelles de taxis, deux jours après une précédente rencontre où certaines n’avaient pas été conviées. Diviser pour régner?
Après trois heures de discussion, plusieurs organisations professionnelles ont appelé les chauffeurs en grève à lever les barrages, comme l’Union nationale des taxis (UNT) qui a salué l’entrée dans une "phase positive". Mobilisés par solidarité, d’autres syndicats (CFDT, proche du gouvernement, FO, SDCTP) ou associations (Taxis de France), se sont aussitôt montrés ouverts à une levée du mouvement, et ont indiqué vouloir consulter la base avant toute décision. La situation devait donc se dénouer vendredi matin. La préfecture de police de Paris joue le jeu, recommandant aux automobilistes d’éviter les secteurs de la Porte Maillot et de la Porte de Bercy, ainsi que les abords des aéroports d’Orly et de Roissy.

1 400 taxis mobilisés jeudi
Jeudi, pour la troisième journée consécutive, des centaines de taxis ont manifesté en région parisienne contre les véhicules de transport avec chauffeurs (VTC). Les rassemblements, réduits en matinée, ont grossi au fil de la journée, notamment porte Maillot où la CGT recensait 1.600 chauffeurs. En milieu d’après-midi, la police comptabilisait elle-même 1.400 taxis mobilisés, un peu plus que la veille (un millier), mais moins que mardi (2.100). Dans les aéroports, plus de 160 taxis ont bloqué les têtes de station à Orly. A Roissy, un manifestant a été renversé par un chauffeur de VTC, qui a été aussitôt interpellé.

La colère des taxis vise le ministre de l’Economie 
Si Uber, qui, en quelques années,  a ouvert ce secteur protégé à la concurrence avec son application leader du marché international, et reste ainsi leur cible dans les media, c'est Emmanuel Macron qui concentre actuellement la fureur de la profession. En effet, le ministre de Valls s’est fait, jeudi, le porte-parole d’une des idées lancées par Uber, à savoir l’ouverture aux artisans taxis des plateformes de géolocalisation des VTC.  
Mais les taxis conservateurs protestent aussi contre cette avancée
Ce jeudi, pour la première fois, plusieurs organisations professionnelles de taxis avaient commencé par rencontrer le médiateur finalement chargé, à défaut de Hollande ou Valls, de mener la concertation entre VTC et taxis, laquelle était refusée sur le terrain par des centaines de chauffeurs mobilisés encore à Paris, Marseille et Toulouse. 
La réunion avec le député PS Laurent Grandguillaume, qui a débuté vers 12h30 à Matignon, en présence de conseillers du premier ministre, visait à préparer l'entrée en scène de Valls en "poursuivant le dialogue entre les taxis et le gouvernement dans la suite de la feuille de route tracée par le premier ministre mardi", avait indiqué le cabinet de Manuel Valls.

Vers une coexistence
Mais, dans l’intersyndicale à l’origine des rassemblements porte Maillot et dans les aéroports parisiens, la CGT, Sud et la CFDT, sur 13 organisations invitées, ont décliné et menacé de "durcir" le mouvement. 
Et deux autres (FO et FNTI), très mécontents, ont claqué la porte à 15h30. "Rien de concret," même s’il y a "une volonté de faire quelque chose. On ne peut pas attendre", a déclaré Nordine Dahmane (FO). 
Restaient présents, des membres plus modérés de l’intersyndicale, dont l’UNT et Gescop, déjà reçus mardi.

Votée en 2014 pour encadrer la coexistence des deux services, la loi Thévenoud était favorables aux grosses compagnies traditionnelles et prévoyait une application nationale réservée aux... taxis, mais celle-ci n’a pas encore été mise en place. Et surtout, elle n’est "pas appliquée", répètent les taxis, qui dénoncent l’absence de contrôles des VTC, censés travailler uniquement sur réservation préalable. Pour avoir "incité" ses chauffeurs à pratiquer le maraudage, privilège des taxis, Uber a été condamné mercredi à verser 1,2 million d’euros à l’Union nationale des taxis (UNT) dite "modérée" mais surtout proche du PS.

"Manuel Valls a su se montrer convaincant", assure BFMTV


Jeudi soir, les représentants des taxis considéraient que les VTC étaient acceptables. Ils ont décidé la levée du mouvement de contestation contre la concurrence des VTC, malgré un contentieux d'incidents violents d'incidents. 
A part une poignée d'irréductibles qui campaient encore Porte maillot, à Paris, refusant "les promesses" et les assurances données à la profession dans la nuit par le Premier ministre, les taxis ont repris le travail ce vendredi.
Quel compromis les services de Matignon ont-ils proposé ? 
"Le Premier ministre a d'abord dit sa considération pour la profession", commente Alain Griset, président de l’Union nationale des taxis (la fameuse UNT, qui représente des artisans taxis), en préambule sur RMC. "Puis, il a affirmé la volonté du gouvernement de faire respecter la totalité de la loi. Ensuite, il a dit son engagement à travailler sur le modèle économique, sa volonté d'anéantir cette concurrence déloyale" des VTC et de réparer le préjudice de la profession. Arrivée des courses: les Français vont douiller.
Achoppement sur le rachat des licences: "c'est compliqué, il y a pleins de paramètres"...
Tous les sujets ont été mis sur la table, assure encore Alain Griset, un modéré très en pointe. Même l'épineux sujet des licences payées (parfois plus de 200.000 euros) par la mafia des taxis pour pouvoir exercer la profession. "La question du rachat des licences est sur la table. Oui, c'est une piste. Le Premier Ministre s'est engagé à ce que ce sujet soit abordé et qu'on trouve, parce que ce n'est pas facile, le modèle économique qui permette de sortir de cette situation". Qui finance ? L'Etat ? Quoi qu'en dise Hollande, l'Etat, ce sont les contribuables et ils sont moins de 50% des Français.
Interrogé sur le coût du rachat des licences, Alain Griset souligne que "c'est compliqué"... Va-t-on vers une plus-value des taxis sur le rachat de leurs licences ?
"Il y a pleins de paramètres, dont l'ancienneté. Avec quel argent ? Sur quels critères ? Il y a un travail à faire, et nous allons le faire dans les prochains jours et prochaines semaines", promet-il.

"Création de brigades spéciales pour contrôler les chauffeurs"
L'incapacité des taxis archaïques à s'adapter à l'ubérisation du marché va nous coûter un maximum. Manuel Valls a en effet engagé le budget de la nation, en sorte de pouvoir renforcer les contrôles des chauffeurs illégaux.
L'accord que vante Griset achoppe encore sur un autre point. Les taxis se veulent intransigeants sur "les plateformes (de réservations de VTC) [qui] utilisent 70% de chauffeurs illégaux, insiste Alain Griset. Le Premier ministre s'est engagé à fermer ces plateformes si elles continuent ces pratiques. 
Il a également annoncé la création dans 12 départements de brigades spéciales chargées de sanctionner et d'arrêter les 70% de VTC dans l'illégalité". Sur quel crédit et par quel basculement d'effectifs - en période de mobilisation anti-terroriste maximale - Valls compte-t-il réaliser la quadrature du cercle des taxis ? Les 12 départements concernés sont : Paris, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Rhône, Gironde, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Alpes-maritimes et Nord.

Pour Macron, les demandes des taxis ne sont pas acceptables

Mettant Valls en difficultés, "il ne peut être question de fermer certains plateformes et d'empêcher d'autres professionnels de travailler", a lancé le ministre de l’Économie, appelant à la levée des blocages menés par les taxis en grève. "La solution dans l'agitation et par le blocus, moi, je la considère comme inacceptable", a déclaré  Emmanuel Macron. "Je leur demande la levée des blocus", a-t-il ajouté à Fos-sur-Mer, sur le thème du renouveau industriel, en marge d'une visite d'usine devant laquelle une vingtaine de taxis étaient stationnés à son arrivée dans l'après-midi.

"Ce n'est pas moi qui ai fait la réforme des taxis"
"Il y a des Françaises et des Français qui vont à leur travail, qui ont aussi une vie très difficile et qu'on prend en otage pour simplement que les pouvoirs publics cèdent: ça n'est pas ma philosophie des choses", a martelé le patron de Bercy. 
"Ce n'est pas moi qui ai fait la réforme des taxis, ce sont les Françaises et les Français qui en ayant recours à d'autres services ont simplement dit "on a besoin d'une mobilité parfois différente'", a-t-il expliqué.
Mais, sous la pression de la rue, Valls s'est résolu à recevoir les preneurs d'otages.