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dimanche 31 janvier 2016

Taxis : Valls traite avec les auteurs de violences "inadmissibles"

Valls condamne des violences "inadmissibles" de chauffeurs de  taxis, mais les invite à Matignon...

Plusieurs mouvements de mobilisation sociale 
ont convergé ce mardi 26 janvier en France
, et aussi les taxis. 
Forts de leur monopole et d'une réglementation sur mesures,
les puissants taxis traditionnels n'ont pas su évoluer 
Les 5,6 millions d’agents de la fonction publique étaient appelés à cesser le travail et à défiler pour une hausse du pouvoir d’achat. Les deux premiers syndicats de contrôleurs aériens ont aussi participé au mouvement, entraînant l’annulation préventive de 20 % des vols. 
Côté éducation nationale, enfin, un tiers des enseignants des écoles maternelles et élémentaires devaient se mettre en grève, selon leur habitude, d'après le syndicat hégémonique. Les professeurs du second degré ont, quant à eux, été plus nombreux que prévu à débrayer contre la réforme du collège.

Du côté des taxis, des milliers de chauffeurs  ont répondu à l'appel à se mobiliser en France pour protester contre les "dérives" de leurs concurrents du secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC). Des actions se sont notamment déployées à Paris et autour des aéroports de Roissy et d’Orly, mais aussi en régions.

Le déroulé de la journée de mobilisation

En début de matinée, une navette force un passage, un manifestant est blessé
Selon la préfecture de police, 1.200 taxis ont été comptabilisés sur différents sites de protestation, notamment à l'aéroport d'Orly, où quelques dizaines de manifestants ont organisé un filtrage sur l'A106 en installant des plots sur la chaussée, ne laissant passer que les taxis en grève, dans une ambiance surchauffée. Mais, peu après 7 heures, une navette a forcé le passage et percuté un manifestant qui a été blessé à la jambe. Les autres manifestants ont frappé aux vitres du minibus, et ont forcé ses passagers à en descendre.
Le conducteur de la navette a été interpellé, et est entendu dans les locaux de l'hôtel de police à Orly. Il dit avoir accéléré sous l'effet de la panique.

Cette photo a été postée sur Twitter peu avant 9h00  par un journaliste de France TV Info. Depuis, les pompiers sont intervenus pour éteindre les pneus en feu. Le calme est revenu sur le périphérique parisien et la circulation a repris.
Vingt personnes ont été interpellées en Ile-de-France lors des manifestations de chauffeurs de taxi. 19 manifestants ont été arrêtés à la Porte Maillot, après plusieurs blocages du périphérique parisien, et le chauffeur de navette qui a renversé un manifestant est entendu dans les locaux de la police à l'aéroport d'Orly.

A 12h15, des représentants des chauffeurs de taxis seront reçus par Manuel Valls à Matignon, alors que devant le ministère de la Santé, une centaine de grévistes des hôpitaux de Paris manifestent aussi pour protester contre la réforme du temps de travail dans les hôpitaux franciliens. "Hirsch vole le repos des héros", pouvait-on lire sur une pancarte. Dans les grandes lignes, cet aménagement du temps de travail repose sur des suppressions de RTT et instaure de nouvelles organisations pour les 75 000 agents (hors médecins) des 39 établissements de l'institution. Au retour de la délégation reçue par le cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine, les manifestants devaient rejoindre le cortège des fonctionnaires.


Valls condamne les violences "inadmissibles" lors de la manifestation des taxis
Le premier ministre fait référence à des jets d'oeufs ou des pneus brûlés. "Il y a un droit de manifester. Il faut le respecter, même dans cette période d'état d'urgence. Mais les violences sont inadmissibles: aucune cause ne peut justifier une telle violence", a-t-il dramatisé à la sortie de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, avant de recevoir à 12h15 à Matignon une délégation d'organisations professionnelles de taxis.

A la mi-journée, le ministère de l'Education annonce un taux de grévistes de 22,32% au collège, 12,24% dans le primaire et 3,66% parmi le personnel non enseignant. Pour le second degré dans son ensemble (collèges et lycées), le taux atteint 13,66%.

Manuel Valls propose l'ouverture d'une concertation avec les taxis, ainsi que la nomination d'une personnalité qualifiée, à l'issue d'une réunion avec les représentants des chauffeurs de taxis qui protestent contre la concurrence des voitures de transport avec chauffeur (VTC).

Les forces de l'ordre viennent pourtant d'interpeller vingt-deux personnes, dont 14 placées en garde à vue, après des incidents au cours des manifestations, selon l'annonce de la préfecture de police de Paris.


Au final, le premier ministre se calme

Qu'a donc promis Valls aux chauffeurs de taxis contre les conducteurs de 
VTC - qu'il n'a pas offert aux éleveurs bretons ? Les représentants des taxis en colère des compagnies hégémoniques étaient moins agressifs à l'issue de la rencontre avec Manuel Valls jeudi soi, après trois jours de mobilisation des taxis et une première réunion avec le médiateur chargé de mener une concertation avec les VTC. Le Premier ministre a repris le dossier en recevant, jeudi soir, l’ensemble des organisations professionnelles de taxis, deux jours après une précédente rencontre où certaines n’avaient pas été conviées. Diviser pour régner?
Après trois heures de discussion, plusieurs organisations professionnelles ont appelé les chauffeurs en grève à lever les barrages, comme l’Union nationale des taxis (UNT) qui a salué l’entrée dans une "phase positive". Mobilisés par solidarité, d’autres syndicats (CFDT, proche du gouvernement, FO, SDCTP) ou associations (Taxis de France), se sont aussitôt montrés ouverts à une levée du mouvement, et ont indiqué vouloir consulter la base avant toute décision. La situation devait donc se dénouer vendredi matin. La préfecture de police de Paris joue le jeu, recommandant aux automobilistes d’éviter les secteurs de la Porte Maillot et de la Porte de Bercy, ainsi que les abords des aéroports d’Orly et de Roissy.

1 400 taxis mobilisés jeudi
Jeudi, pour la troisième journée consécutive, des centaines de taxis ont manifesté en région parisienne contre les véhicules de transport avec chauffeurs (VTC). Les rassemblements, réduits en matinée, ont grossi au fil de la journée, notamment porte Maillot où la CGT recensait 1.600 chauffeurs. En milieu d’après-midi, la police comptabilisait elle-même 1.400 taxis mobilisés, un peu plus que la veille (un millier), mais moins que mardi (2.100). Dans les aéroports, plus de 160 taxis ont bloqué les têtes de station à Orly. A Roissy, un manifestant a été renversé par un chauffeur de VTC, qui a été aussitôt interpellé.

La colère des taxis vise le ministre de l’Economie 
Si Uber, qui, en quelques années,  a ouvert ce secteur protégé à la concurrence avec son application leader du marché international, et reste ainsi leur cible dans les media, c'est Emmanuel Macron qui concentre actuellement la fureur de la profession. En effet, le ministre de Valls s’est fait, jeudi, le porte-parole d’une des idées lancées par Uber, à savoir l’ouverture aux artisans taxis des plateformes de géolocalisation des VTC.  
Mais les taxis conservateurs protestent aussi contre cette avancée
Ce jeudi, pour la première fois, plusieurs organisations professionnelles de taxis avaient commencé par rencontrer le médiateur finalement chargé, à défaut de Hollande ou Valls, de mener la concertation entre VTC et taxis, laquelle était refusée sur le terrain par des centaines de chauffeurs mobilisés encore à Paris, Marseille et Toulouse. 
La réunion avec le député PS Laurent Grandguillaume, qui a débuté vers 12h30 à Matignon, en présence de conseillers du premier ministre, visait à préparer l'entrée en scène de Valls en "poursuivant le dialogue entre les taxis et le gouvernement dans la suite de la feuille de route tracée par le premier ministre mardi", avait indiqué le cabinet de Manuel Valls.

Vers une coexistence
Mais, dans l’intersyndicale à l’origine des rassemblements porte Maillot et dans les aéroports parisiens, la CGT, Sud et la CFDT, sur 13 organisations invitées, ont décliné et menacé de "durcir" le mouvement. 
Et deux autres (FO et FNTI), très mécontents, ont claqué la porte à 15h30. "Rien de concret," même s’il y a "une volonté de faire quelque chose. On ne peut pas attendre", a déclaré Nordine Dahmane (FO). 
Restaient présents, des membres plus modérés de l’intersyndicale, dont l’UNT et Gescop, déjà reçus mardi.

Votée en 2014 pour encadrer la coexistence des deux services, la loi Thévenoud était favorables aux grosses compagnies traditionnelles et prévoyait une application nationale réservée aux... taxis, mais celle-ci n’a pas encore été mise en place. Et surtout, elle n’est "pas appliquée", répètent les taxis, qui dénoncent l’absence de contrôles des VTC, censés travailler uniquement sur réservation préalable. Pour avoir "incité" ses chauffeurs à pratiquer le maraudage, privilège des taxis, Uber a été condamné mercredi à verser 1,2 million d’euros à l’Union nationale des taxis (UNT) dite "modérée" mais surtout proche du PS.

"Manuel Valls a su se montrer convaincant", assure BFMTV


Jeudi soir, les représentants des taxis considéraient que les VTC étaient acceptables. Ils ont décidé la levée du mouvement de contestation contre la concurrence des VTC, malgré un contentieux d'incidents violents d'incidents
A part une poignée d'irréductibles qui campaient encore Porte maillot, à Paris, refusant "les promesses" et les assurances données à la profession dans la nuit par le Premier ministre, les taxis ont repris le travail ce vendredi.
Quel compromis les services de Matignon ont-ils proposé ? 
"Le Premier ministre a d'abord dit sa considération pour la profession", commente Alain Griset, président de l’Union nationale des taxis (la fameuse UNT, qui représente des artisans taxis), en préambule sur RMC. "Puis, il a affirmé la volonté du gouvernement de faire respecter la totalité de la loi. Ensuite, il a dit son engagement à travailler sur le modèle économique, sa volonté d'anéantir cette concurrence déloyale" des VTC et de réparer le préjudice de la profession. Arrivée des courses: les Français vont douiller.
Achoppement sur le rachat des licences: "c'est compliqué, il y a pleins de paramètres"...
Tous les sujets ont été mis sur la table, assure encore Alain Griset, un modéré très en pointe. Même l'épineux sujet des licences payées (parfois plus de 200.000 euros) par la mafia des taxis pour pouvoir exercer la profession. "La question du rachat des licences est sur la table. Oui, c'est une piste. Le Premier Ministre s'est engagé à ce que ce sujet soit abordé et qu'on trouve, parce que ce n'est pas facile, le modèle économique qui permette de sortir de cette situation". Qui finance ? L'Etat ? Quoi qu'en dise Hollande, l'Etat, ce sont les contribuables et ils sont moins de 50% des Français.
Interrogé sur le coût du rachat des licences, Alain Griset souligne que "c'est compliqué"... Va-t-on vers une plus-value des taxis sur le rachat de leurs licences ?
"Il y a pleins de paramètres, dont l'ancienneté. Avec quel argent ? Sur quels critères ? Il y a un travail à faire, et nous allons le faire dans les prochains jours et prochaines semaines", promet-il.

"Création de brigades spéciales pour contrôler les chauffeurs"
L'incapacité des taxis archaïques à s'adapter à l'ubérisation du marché va nous coûter un maximum. Manuel Valls a en effet engagé le budget de la nation, en sorte de pouvoir renforcer les contrôles des chauffeurs illégaux.
L'accord que vante Griset achoppe encore sur un autre point. Les taxis se veulent intransigeants sur "les plateformes (de réservations de VTC) [qui] utilisent 70% de chauffeurs illégaux, insiste Alain Griset. Le Premier ministre s'est engagé à fermer ces plateformes si elles continuent ces pratiques. 
Il a également annoncé la création dans 12 départements de brigades spéciales chargées de sanctionner et d'arrêter les 70% de VTC dans l'illégalité". Sur quel crédit et par quel basculement d'effectifs - en période de mobilisation anti-terroriste maximale - Valls compte-t-il réaliser la quadrature du cercle des taxis ? Les 12 départements concernés sont : Paris, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Rhône, Gironde, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Alpes-maritimes et Nord.

Pour Macron, les demandes des taxis ne sont pas acceptables

Mettant Valls en difficultés, "il ne peut être question de fermer certains plateformes et d'empêcher d'autres professionnels de travailler", a lancé le ministre de l’Économie, appelant à la levée des blocages menés par les taxis en grève. "La solution dans l'agitation et par le blocus, moi, je la considère comme inacceptable", a déclaré  Emmanuel Macron. "Je leur demande la levée des blocus", a-t-il ajouté à Fos-sur-Mersur le thème du renouveau industrielen marge d'une visite d'usine devant laquelle une vingtaine de taxis étaient stationnés à son arrivée dans l'après-midi.

"Ce n'est pas moi qui ai fait la réforme des taxis"
"Il y a des Françaises et des Français qui vont à leur travail, qui ont aussi une vie très difficile et qu'on prend en otage pour simplement que les pouvoirs publics cèdent: ça n'est pas ma philosophie des choses", a martelé le patron de Bercy. 
"Ce n'est pas moi qui ai fait la réforme des taxis, ce sont les Françaises et les Français qui en ayant recours à d'autres services ont simplement dit "on a besoin d'une mobilité parfois différente'", a-t-il expliqué.
Mais, sous la pression de la rue, Valls s'est résolu à recevoir les preneurs d'otages.

jeudi 7 février 2013

Le gouvernement Ayrault craint des violences sociales

Les difficultés des entreprises font craindre des dérapages 

Pétroplus, Goodyear, Renault, PSA, Sanofi, Florange et tous les autres... 

Va-t-on vers un durcissement des conflits sociaux, au point d'en arriver à des violences sociales incontrôlées ?

En clair, les syndicats risquent-ils d'être débordés sur leur gauche ?



ECOUTER Emmanuel Cugny sur France Info, le 6 février 2013:


La question inquiète le gouvernement qui vient de demander aux services de renseignements de la police (ex-R.G.) de suivre au plus près les entreprises en difficulté. Ces craintes sont-elles fondées ?
La crainte du gouvernement se traduit par les mots du ministre de l'Intérieur. Manuel Valls estime que l' ''on assiste aujourd'hui moins à des mouvements sociaux qu'à des implosions ou explosions sociales''. Dans l'Humanité hier, une militante CGT l'exprimait avec ses propres mots : ''ce qu'on veut, c'est que notre rage passe''. La situation actuelle est encore loin des grands mouvements que l'on a connus dans la sidérurgie au cours des années 70 ou dans l'automobile dans les années 80 mais, plus que palpables, les tensions sont bien réelles.

Cela dit, ces tensions et déclarations ont toujours existé (!)

Il y a une trentaine d'années, chez Citroën à Aulnay, certains n'hésitaient pas à glisser des boulons dans les ailes des voitures haut de gamme (genre CX) pour se faire entendre. Ensuite, dans les années 2000, on a vu des employés de Metaleurop, ou Continental disposer des bouteilles de gaz dans leur usine menaçant de faire sauter leur outil de travail... 
Aujourd'hui, ce sont les syndiqués modérés qui sont pris à partie et physiquement intimidés dans l'enceinte même des entreprises. Certains leaders syndicaux ne le cachent pas : ils craignent particulièrement le dérapage des jeunes très présents notamment dans la filière logistique. Des jeunes, exaspérés, pour qui l'incertitude en l'avenir est encore plus grande que pour leurs aînés.

Et quel est le regard des experts sociaux sur ces mouvements ?

Pour reprendre les propos de l'un d'entre eux, le climat social aujourd'hui est à l'épuisement, à la fatigue, au découragement mais pas à l'explosion. Aussi paradoxal que cela puisse paraître au regard de l'image que nous-mêmes, médias, en renvoyons chaque jour, les conflits du travail sont moins nombreux aujourd'hui qu'ils ne l'ont été [la hausse continue des chiffres du chômage dément cette volonté de banalisation]. 
Dans leur ensemble, ces experts constatent un affaiblissement revendicatif mais un renforcement de la radicalisation, corolaire selon eux de la baisse constante du taux de syndicalisation dans les entreprises (moins de 30% aujourd'hui en France). Quel est le rôle originel d'un syndicat si ce n'est de mobiliser, certes, mais aussi et surtout de canaliser le mécontentement, d'encadrer le mouvement et de calmer l'ardeur des plus fougueux.[La CFDT y parviendra-t-elle encore, maintenant qu'elle est associée au pouvoir socialiste dans l'esprit des salariés ?] 
Ségolène Royal à Chatellerault
Ce schéma est en train d'évoluer et c'est ce qui inquiète nos dirigeants. Casser l'outil de travail n'a jamais été une démarche syndicale, c'est une démarche politique révolutionnaire. [Un distingo que les faits ne corroborent pas. 
Mélenchon à Florange
Mieux, quand les salariés de l'équipementier automobile en liquidation judiciaire New Fabris à Chatellerault (Vienne) avaient menacé de faire sauter leur usine avec des bonbonnes de gaz, les manifestants (CGT majoritaire) avaient reçu le renfort de délégations de Continental notamment, et de quelques personnalités politiques de gauche (PS, PCF, Verts entre autres), aux cris de "Conti-Fabris, même combat".] Les gouvernements, quels qu'ils soient, n'ont aucun intérêt à voir passer de petits groupes sous contrôles de politiques extrémistes. Les anciens RG sont donc sur le qui-vive et considèrent la grande manifestation parisienne du 12 février prochain comme un thermomètre.

Nous avons reçu le message: si des violences sociales éclataient, elles ne seraient pas syndicales... 
Et les responsables ne seraient pas politiques ?

mardi 8 juin 2010

A Paris, des infirmiers anesthésistes dépassent la dose autorisée de violence

Les malades sont dans de bonnes mains
(et de beaux draps)...
La moyenne d'âge n'est pas notablement basse


Un scenario bien huilé


Des infirmiers anesthésistes ont de nouveau manifesté mardi 8 juin à Paris pour réclamer une reconnaissance de leur spécialité au niveau master.
A l'appel des radicaux de Sud, de la CGT et des collectifs révolutionnaires organisés dans les hôpitaux, des infirmiers ont surpris la police en déviant de l'itinéraire annoncé et des centaines d'entre eux (500 selon la police) ont occupé la place de l'Etoile où ils ont bloqué la circulation en tournant autour de l'Arc de Triomphe pendant plus d'une heure. A la mi-journée, l'onde bleue des infirmiers anesthésistes s'est déplacée en direction du ministère de la Santé (avenue Duquesne, VIIe). Ils sont alors passés à la phase offensive en se rassemblant devant le ministère de la Santé, dans un climat houleux, plus politique que syndical. Mais ils ont finalement envahi le Quai d'Orsay voisin en fin d'après-midi. La presse partisane suggère que tout se serait bien passé sans les forces de l'ordre qui ont procédé à des tirs de gaz lacrymogène et interpellé plusieurs personnes.
LePost, en seulement deux lignes neutres à souhait, écrit, sans aucune précision sur d'éventuelles causes: "Les policiers ont commencé à envoyer les lacrymos juste à l'arrivée du cortége devant le ministère vers 15 H 30, depuis le quartier est trés solidaire et à les yeux humides." Il y a moins de trois semaines, lors de leur dernière journée d'action, le 18 mai, les infirmiers anesthésistes, mobilisés depuis le mois de mars, avait déjà fait parler d'eux en bloquant pendant cinq heures la gare Montparnasse.
Lire PaSiDupes A partir de 13 heures aucun train n'avait desservi l'ouest de l'Hexagone et de la région parisienne et plus de 10.000 personnes étaient restées bloquées dans des trains aux abords de la gare. Des anesthésistes à court de tranquillisants

Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé et des sports, a regretté "profondément les violences inacceptables commises en marge de la manifestation", les jugeant "indignes de professionnels de santé qui sauvent des vies au quotidien".

Sans ses précisions, nous n'aurions pas su que "des projectiles ont notamment été lancés contre la façade du ministère, mettant en danger de manière avérée la sécurité des agents travaillant à l'intérieur des locaux", nécessitant l'intervention des forces de l'ordre présentées comme des agresseurs: sans doute sont-elles allées chercher les infirmiers dans les blocs opératoires...

La ministre souligne, ce que la presse militante ne saurait observer d'elle-même, que de tels actes de violence "ne s’inscrivent pas dans la démarche de dialogue qui est celle des organisations représentatives de la profession."

L'agence de presse française fait le constat de certaines actions choisies

Les journalistes, plus partiaux qu'insolents, précisent que le ministère de la Santé devait être le lieu de dispersion de la manifestation, mais suggèrent que la présence de force de police aurait provoqué le reflux de quelques centaines d'infirmiers qui se sont dirigés sur le ministère des Affaires étrangères, dont ils ont brièvement envahi l'enceinte.
"Nous sommes entrés [par la force] au ministère des Affaires étrangères et nous avons demandé à être reçus [nous nous sommes imposés] parce que cela fait trois mois qu'on attend en vain que Bachelot nous reçoive", a déclaré le trotskiste Jérôme Guy, infirmier anesthésiste syndiqué à SUD qui n'était manifestement pas venu de Bretagne pour rien.
La moyenne d'âge a sensiblement baissé
et les sacs à dos sont plutôt noirs
...

La délégation reçue au ministère est ressortie vers 19H30, accompagnée de M. Lellouche et Kouchner, affirmant qu'elle allait maintenant être reçue à Matignon par le conseiller social de Fillon.
"Nous sommes reçus tout à l'heure à Matignon", a indiqué Damien Guillou, du collectif des infirmiers anesthésistes diplômés d'Etat (CNIA), ajoutant: "Nous ne sommes pas encore dans une série de négociations, nous attendons de voir ce qui nous sera proposé".

"Ils sont entrés à 400, ils sont exaspérés. J'ai passé les messages pour que les choses se règlent", a déclaré Pierre Lellouche à la sortie des activistes de la délégation.

jeudi 6 août 2009

Molex ferme, par mesure de sécurité

L'agression, ajoutée au blocage et aux incidents, mène à la fermeture

Au lendemain des incidents survenus sur son site de Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), le groupe américain Molex dit vouloir étudier la sécurité du site et de ses employés. Pour ce faire, et depuis son siège américain dans l'Illinois, le fabricant de composants électroniques annonce la fermeture de son usine française.

Escalade dans l'épreuve de force

L'usine de Villemur, qui emploie quelque 280 salariés, est jugée "non rentable" par la direction du groupe américain Molex, qui a annoncé la fermeture pour le 31 octobre.

  • En avril, les employés avaient séquestré deux des responsables de l'usine durant 36 heures.

  • Au début de cette semaine, la direction avait annoncé aux salariés, en grève depuis le 7 juillet, la rupture des négociations avec un éventuel repreneur de l'usine (lien). «Il y a un premier contact, il va y en avoir d'autres», avait alors confirmé Denis Parise, secrétaire CGT du comité d'entreprise.

  • A compter du mardi 4 août, 21 heures, six vigiles filtraient désormais l'entrée de l'entreprise.
    Ils se relaieront 24 heures sur 24. Le dirigeant du développementsort, encadré de deux membres du personnel de sécurité, quand Eric Doesburg est pris à parti par des grévistes et de syndicalistes. Selon le personnel, il a été bousculé et atteint par des jets d'oeufs. Une ITT de sept jours lui est prescrite par un médecin. Selon la direction, il est « blessé dans un incident violent sur le site », "par un groupe d'une quarantaine de personnes comprenant des membres du comité d'entreprise local et des représentants syndicaux". Dans la foulée, la direction informe les cadres de l'entreprise, que l'entreprise est fermée à compter du lendemain, mercredi 5 août. Elle annule également une réunion concernant d'éventuelles solutions de reprise, prévue le 5 août. Ainsi, la direction est-elle passée à la phase supérieure de fermeture de l'usine.

    Les réactions
  • Cette version des faits a été contestée par les syndicalistes de l'entreprise qui affirment qu'il n'y a eu que quelques jets d'oeufs et une légère bousculade, mais aucun blessé. Une chance, car, à bout portant, le jet d'oeufs n'est pas sans risque.
  • Eric Doesburg, l'employé, qui en plus des vigiles, a été attaqué, est basé aux Etats-Unis, mais se trouvait en France pour participer avec le comité d'entreprise aux négociations sur le plan social lié au projet de fermeture de l'usine, précise le communiqué de Molex.
    Selon ses déclarations rapportées par Molex, la police, locale et nationale, n'aurait pas répondu aux appels à l'aide "répétés".
    "Nous avons été attaqués alors que nous quittions le site en fin de journée", a déclaré Eric Doesburg dans le communiqué. Il se dit "indigné" à la fois par les violences et par le silence de la police.
    Eric Doesburg s'est vu reconnaître une incapacité de travail de sept jours, indiqua Molex.
  • En revanche, le jeudi 6 à 15h30 par un communiqué, la préfecture de la Haute-Garonne rejetta les accusations d'un représentant de Molex mettant en cause le « manque de soutien » des forces de l'ordre locales lors de la sortie mouvementée d'Eric Doesburg, mardi soir.
  • Le directeur général et vice-président du groupe Molex, Martin Slark, se dit lui aussi "très préoccupé" par les violences et "l'absence totale de soutien" des responsables du maintien de l'ordre.
    "Ce n'est pas acceptable et nous sommes prêts à prendre toutes actions que nous jugerons nécessaires pour assurer la sécurité de nos employés et de l'usine", a-t-il déclaré dans le communiqué
    .
  • Dans la journée de mercredi, Markus Kerriou, directeur général de Molex France, avait fait savoir que le groupe avait décidé de porter plainte.
  • Dans un communiqué, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a "condamn(é) fermement ces actes de violence exercés par une minorité". Le directeur adjoint du cabinet du ministre, Didier Wisselmann, avait pourtant noué le dialogue avec les trois membres de la délégation syndicale de Molex, Guy Pavan (CGT), Denis Parise (CGT, photo ci-contre) et Marc Gaillard (CFO-CGC), le vendredi 31 juillet matin au ministère de l'industrie à Bercy.

    Les syndicats ne facilitent donc pas la tâche de médiation du ministère

    Le gouvernement s'était engagé à tout faire pour trouver une solution de reprise
    , en prenant contact à la fois avec la direction de Molex aux Etats-Unis, et avec PSA, principal client de l'usine d'équipements automobiles.
    Christian Estrosi avait en effet demandé à recevoir le directeur du développement après l'annonce de la décision de Molex de renoncer à toute discussion sur l'opportunité d'une cession de son site de Villemur-sur-Tarn. Ce rendez-vous, qui devait avoir lieu mercredi, a été reporté en raison de l'agression.

    Les syndicats ne s'y prendraient pas autrement s'ils avaient la volonté d'envenimer ce conflit social à des fins politiques.
    La CGT, qui assure que la direction prendrait les employés pour des « neu-neu », fait monter la pression. Mais après des violences aux personnes, sequestrations et agressions, est-il pourtant encore possible d'accuser le gouvernement d'impuissance auprès de l'opinion?