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samedi 21 avril 2018

Loi Asile-immigration : projet contesté par des 'rebelles' de la majorité et dénoncé par l'opposition

Un texte qui fait quasiment l'unanimité contre lui

Des battus socialistes dirigent la stratégie des "rebelles" à Macron

Les conseils des ex-"frondeurs" PS aux députés "rebelles" LREM pour résister aux pressions.
Deux anciens frondeurs PS -  Alexis Bachelay et Laurent Baumel - donnent leurs conseils aux députés LREM "indisciplinés", en lutte contre le projet de loi asile et immigration qui secoue pour la première fois les rangs de la majorité, mais qui doit être adopté ce week-end en première lecture à l’Assemblée nationale. 
Or, dès la mi janvier 2018, Emmanuel Macron et le patron des députés LREM, Richard Ferrand, ont dû recadrer leurs troupes, leur demandant de "faire bloc", rapporta le Canard enchaîné, mercredi 17 janvier.
Certains marcheurs ont néanmoins annoncé qu’ils s’abstiendront ou qu’ils voteront contre le texte controversé. C'est le cas de Jean-Michel Clément (lien PaSiDupes), 63 ans, qui s'attend à une exclusion, la première à l'Assemblée, avant une dizaine d'autres, à l'instar de la Franco-marocaine Naïma Moutchou, une avocate qui a exercé dans un cabinet proche de la LICRA et de la LDH, qui a réclamé, en vain, la suppression du délai de solidarité ou de Martine Wonner (médecin psychiatre qu'Anticor a épinglée pour des indemnités versées par la Sécurité sociale lors d'un congé maladie alors qu'elle menait campagne pour les législatives) et Sandrine Mörch, journaliste pour Médecins Sans Frontières, qui font sentir leurs désapprobations : "Quand on parle de l'humain, je pense qu'il sera bien de prendre un tout petit de distance et de hauteur", indique l'une, avant que l'autre n'ajoute, tout aussi "bisounours" : "On n'est pas en train de parler d'administration mais de personnes humaines; voilà, je pense que ça vous dépasse un peu tout ça, donc je pense qu'on arrête le débat...", dit-elle avant que ne s'élève un bruit de fond protestataire.  Car leur garde-chiourme, Richard Ferrand leur dénie le droit de voter contre.
Un début de fronde dans la majorité, souligné par le dépôt par des députés LREM de 200 amendements, un record.

Résister au caporalisme.

Richard Ferrand a déjà prévenu : "On ne fait jamais d’omelettes sans casser des œufs, et s’il faut casser des œufs, je le ferai !", a menacé le forcené, lors d’une réunion du groupe, menaçant les rebelles d’exclusion.
L’ancien chef de file des frondeurs socialistes,
Laurent Baumel, se souvient de pressions similaires : "Il y avait une montée de la tension, qui s’exacerbait le matin du vote. A neuf heures, on avait une réunion pour déterminer notre position; on comptait alors les députés prêts à déboîter. Ça déclenchait toute une contre-offensive menée par Matignon, le groupe PS, quelques ministres, voire l’Elysée". Baumel cafarde :
"Pour tenter de réduire le nombre de frondeurs, il pouvait y avoir une pression morale par téléphone, un "je te chope dans le couloir après le déjeuner". Il y avait les "bad cops", comme Jean-Marie Le Guen, qui disait "tu vas avoir de gros problèmes". Et les "good cops", dans un autre genre : "t’as besoin de quoi pour ta circonscription ?" "
Alexis Bachelay, proche de Benoît Hamon, repasse une couche : "Etre contre son groupe, c’est une position désagréable. On entre dans une sorte de schizophrénie. On se dit qu’on appartient bien à la majorité, mais il y a une forme de déchirement… Ça crée des tensions avec les collègues, qui nous regardent de travers. Le président de groupe - Bruno Le Roux - n’était pas apprécié et n’a jamais ramené personne à la maison… On n’est pas dans un climat de confiance, de sérénité. Je n’ai jamais voté contre avec légèreté ou gaieté de cœur".
"Chez nous, il y avait deux types de frondeurs, les occasionnels et les historiques. Le pic de défiance a été atteint sur deux textes, la loi Macron et la déchéance de nationalité, lorsque tous les frondeurs se sont mis en mouvement en même temps, se souvient Alexis Bachelay, ancien député des Hauts-de-Seine. On est entré dans une mécanique; on était dans le groupe PS, mais on avait notre propre agenda. On a rapidement pris le droit de déposer des amendements contre le gouvernement quand la fronde s’est durcie. On en déposait aussi avec d’autres groupes, les Verts, le PCF. La motion de censure de gauche [déposée pendant la loi Travail] était commune avec la bande à Duflot et la bande à Chassaigne [patron du groupe communiste] ».
A plusieurs reprises, Richard Ferrand a appelé à la discipline de vote. 
"En réalité, un bon frondeur est quelqu’un qui aspire à être un vrai parlementaire. Tous les députés devraient être potentiellement des frondeurs. Quand ils ne sont pas d’accord, que le projet n’est pas dans le programme initial, ou que l’équilibre s’est déplacé, les marcheurs devraient pouvoir exprimer leur opinion. Sinon, ce sont des députés godillots", juge Laurent Baumel. "Nous, on avait 20 ou 30 ans d’expérience politique derrière nous. L’expérience des media, du débat interne, de la pression. Les marcheurs sont en quelque sorte franchisés à Macron; ils ont dès le départ signé pour la fermer, en gros", tranche l’ex-député d’Indre-et-Loire.
"Je dis à ceux qui hésitent qu’ils ont raison de faire primer leur conscience personnelle sur leur discipline de groupe. Je crains que cela reste marginal car le ciment d’En Marche reste l’allégeance à Macron. C’est plus difficile quand on n’est pas aguerri, mais leur force, c’est qu’ils ne viennent pas du monde politique. S’ils ne sont pas réinvestis, ils pourront retourner travailler. Ils peuvent avoir cette liberté de ne pas vouloir faire de carrière politique", confie Alexis Bachelay.
Le décompte des frondeurs se fera au moment du vote, prévu samedi, voire dimanche.

L'opposition dénonce un vote "en catimini", "l'impossibilité des débats"

L'organisation "incompréhensible" des débats à l’Assemblée nationale provoque l'irritation des groupes politiques d’opposition contre le projet de loi asile et immigration, alors que la moitié seulement des amendements avaient été examinés avant la sixième journée de discussions.

Eric Ciotti (Les Républicains) a fait un rappel au règlement, dès l'ouverture de la séance, pour déplorer "le choix qu'a fait ce gouvernement d'organiser le débat" depuis lundi, avec un vote "en catimini", prévu dans la nuit de samedi à dimanche, voire dimanche.

Jean-Luc Mélenchon a également pointé l’"impossibilité" que le débat s’achève dans les délais, réclamant une réunion de la conférence des présidents autour de François de Rugy (LREM et ex-Verts).




Devant l'insistance du groupe LR sur la question des sans-papiers, @JLMelenchon intervient : "Réflechissez-y ! Comment les faites-vous partir ? Combien de trains ? Combien d'avions ? (...) Vous n'échapperez jamais à la nécessité d'une régularisation !"

Encore quelque 540 amendements à examiner.
Laurence Dumont (Parti Socialiste) a elle aussi souligné qu'en dehors de LREM, tous les groupes avaient réclamé un vote solennel sur ce texte, promettant de prendre "le temps qu'il faut" pour débattre de "cette régression dans les droits des demandeurs d'asile".

"Pour un texte pareil, ne pas prévoir 15 jours de débats, le faire juste avant le départ en vacances, c'est pas concevable et c'est triste", a également abondé l'UDI-Agir-Indépendant Michel Zumkeller.

Et Stéphane Peu (PCF) a jugé "incompréhensible" le choix sur le vote, notant "qu’aucune loi de cette importance" n’avait été adoptée dans de telles conditions.

Danièle Obono (LFI) a aussi estimé que les conditions ne permettent pas "un débat décent", y voyant "un mépris" par rapport à "ce qui est en jeu" et aux parlementaires, déplorant l’absence de vote solennel.

En début d’après-midi, quelque 540 amendements restaient à examiner sur le millier au départ.
RÉTENTION DES MINEURS : LA GAUCHE MONTE AU CRÉNEAU CONTRE UNE "SOLUTION BARBARE"
Les députés de gauche sont montés au créneau ce samedi contre le placement en rétention des mineurs, y voyant une "solution barbare"», le gouvernement assurant que les centres seront réaménagés pour cette situation "évidemment exceptionnelle" et "strictement encadrée".
Entamant les débats sur un des volets les plus contestés du projet de loi asile-immigration, socialistes, communistes et insoumis ont exhorté à ne pas faire une "balafre de plus à la République", selon la formule d’Eric Coquerel (LFI).
Allonger la durée de rétention de 45 à 90 jours
Pour Collomb, un article "fondamental"
Gérard Collomb a défendu un article "fondamental", présentant la rétention comme "un ultime moyen" qui "reste nécessaire", et soulignant que d’autres pays européens sont allés au delà pour la durée, dont l’Allemagne ou les Pays-Bas.
Très critiqué par les associations, l’article 16 vise à porter la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours pour les étrangers en attente d’expulsion.
Pour plusieurs élus de gauche, il "normalise" le fait que des enfants pourront être enfermés 90 jours, alors que la France a été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). En métropole, le nombre d’enfants concernés a crû de 45 mineurs en 2014 à 305 l’an dernier, selon la Cimade.
Et les députés ont exprimé leur désaccord : "Rien ne justifie l’enfermement d’un gosse", "vous ne pouvez pas dire que vous agissez avec humanité si vous maintenez des enfants" en rétention.
"Nous sommes ici un certain nombre à être absolument, totalement, radicalement, complètement, absolument, totalement, opposés à la rétention des enfants", a ensuite lancé Jean-Luc Mélenchon, pronostiquant des condamnations "à tour de bras" avec cette «solution barbare».
"Si on n’a pas cette dernière solution, alors cette loi ne sert strictement à rien", a-t-il martelé.





Le ministre @gerardcollomb veut doubler les délais de rétention mais reconnaît que "les conditions de rétention ne sont aujourd'hui pas admissibles".
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mardi 16 septembre 2014

Vote de confiance: beaucoup de bruit, mais combien de "frondeurs" voteront contre ?

Une trentaine d'abstentions, selon les pronostiqueurs

Un psychodrame pour la galerie
Frondeurs ou matamores médiatiques?
On annonce l'"abstention collective" d'une trentaine de socialistes foireux, auxquels s'ajouteront les Verts radicaux, lors du vote de confiance que sollicite Manuel Valls mardi à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre devrait donc disposer d'une marge de sécurité d'une centaine pour ce deuxième vote en cinq mois et le tapage des opposants socialistes n'aura été qu'un gage donné aux Français plongés dans le malheur par l'élection du président Hollande. Toutefois, une majorité relative affaiblirait encore un peu plus ce chef du gouvernement en chute libre dans les sondages.

Christian Paul, le député PS qui orchestre le show de la fronde, prévoit "quelques dizaines" d'abstentions sur l'aile gauche du Parti socialiste, "probablement une trentaine", soit trois fois plus que la fois précédente: en avril 2014, onze députés socialistes et six écologistes s'étaient abstenus. Qui sont-ils? Henri Emmanuelli, Pouria Amirshahi, Pascal Cherki, Jérôme Guedj, Barbara Romagnan, Fanélie Carrey-Comte, Nathalie Chabanne, Jean-Pierre Dufau, Philippe Noguès, Gérard Sebaoun et Suzanne Tallard, les seuls abstentionnistes sur 291 députés du groupe PS. Tous les autres ont voté pour.
"La politique qui est menée n'inspire pas confiance à la majorité des Français", a une nouvelle fois répété le député de la Nièvre sur RTL. "Notre devoir, c'est de nous abstenir."

Mais les frondeurs du PS ne passeront encore pas des paroles aux actes en votant contre. 

"Voter contre, c'est quitter la majorité, voire le Parti socialiste", s'est justifié Ch. Paul. Les frondeurs demandent "une autre politique avec ou sans Manuel Valls". Le pseudo-frondeurs observe qu'"il y a eu un désaveu massif lors des élections du printemps dernier et ce désaveu s'est confirmé depuis", mais Christian Paul, et Martine Aubry, donc, n'ont pas le courage d'entraîner les opposants dans un contre d'une politique qu'ils disent refuser. Ce proche de Martine Aubry a regretté le "gâchis historique" que représentent selon lui les premières années du quinquennat de François Hollande, marquées par un abandon des "engagements de 2012".

Le mouvement des frondeurs sortira inaudible de cette mascarade.
Le député déplore sous les caméras que la politique suivie par le gouvernement n'ait pas "été changée". "Elle a plutôt été approfondie, voire durcie", a même insisté Christian Paul, citant le dossier des seuils sociaux ou du travail dominical, mais ses amis et lui continuent de voter inutile dans les urnes
Le comportement des députés frondeurs n'est pas plus cohérent que la ligne politique de l'exécutif.  

mardi 9 septembre 2014

Echecs de Hollande: vers un vote de confiance ou vers la dissolution et la cohabitation ?

A la mi-mandat de Hollande, Valls joue l'avenir de la gauche au pouvoir
Le Premier ministre appelle sa majorité à la responsabilité collective
"Faut pas se crisper", conseille Aubry à Valls
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement le 16 septembre prochain ne s'annonce pas comme une simple formalité pour Manuel Valls. A titre personnel, l'ancienne ministre de l'Ecologie, Cécile Duflot, a fait connaître son refus d'accorder sa confiance à Valls, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement et des députés socialistes "frondeurs" ne font même plus planer la menace de l'abstention. "Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a déclaré cet élu proche de Martine Aubry au côté d'autres animateurs des "frondeurs", Laurent Baumel et Pouria Amirshahi, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

VOIR et ENTENDRE le parcours de la Ch'tite Martine Aubry, caricature du Judas socialiste:

Vote de confiance : les frondeurs du PS vers "l'abstention collective"

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis appelle à la "responsabilité collective", alors que les députés socialistes "frondeurs" faisaient planer la menace de l'abstention, le 16 septembre prochain.
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement ne sera pas une simple formalité pour Manuel Valls. Alors qu'en début de matinée l'anceinne ministre de l'écologie, Cécile Duflot, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement, c'est au tour des députés socialistes "frondeurs" de faire planer la menace de l'abstention.
Une prise de position qui a conduit le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a se bouger. "J'appelle tout le monde à la responsabilité politique" dans "un moment difficile du point de vue politique". Trotskiste un jour, trotskiste toujours, réactive les vieilles scies du PS. Il anticipe déjà le retour de Nicolas Sarkozy, avec le sentiment qu'il "va être sur une ligne d'une rare violence sur le plan économique". Il sait aussi par avance que le Front national "rôde à deux pas du pouvoir." C'était avant la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, à laquelle assiste aussi le Premier ministre Manuel Valls: séparation des pouvoirs oblige !

"Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a répliqué Laurent Baumel, un ancien cadre de la Banque de France (service public) originaire de Charleville-Mézières (Ardennes) et député de  proche de J.-P. Chevènement, d'Henri Weber et de Martine Aubry, aux côtés d'autres animateurs des "frondeurs", tels Jean-Marc Germain, époux Anne Hidalgo, et Pouria Amirshahi ou Christian Paul, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

V
OIR et ENTENDRE Christian Paul frondeur du PS et proche de Martine Aubry:

A l'extrême gauche, les élus du Front de gauche disent qu'ils ne se posent pas la question d'une éventuelle dissolution et appellent les "frondeurs" à ne pas voter la confiance, comme eux.  "Nous on répondra à la question qui nous est posée. On ne se posera pas la question de la dissolution", a affirmé Marc Dolezdéputé du Nord, lors d'une conférence de presse. "Notre position est déjà prise et ferme; ce sera un vote d'opposition contre un gouvernement qui engage une politique plus droitière que jamais", a prévenu André Chassaigne, député communiste.

Une session parlementaire à haut risque

Duflot ne votera pas la confiance au gouvernement de Manuel Valls
L'ancienne ministre de Valls est plus catégorique. Elle a fait l'annonce de sa détermination alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour l’exécutif. Pour faire tomber les incertitudes ce matin sur RTL, elle a profité que les "frondeurs" du PS évoquent aussi une abstention collective ce matin: " Les conditions ne sont pas remplies pour faire confiance à la politique qui est menée ". La députée de Paris -par la grâce du PS- indique ne pas pouvoir voter la confiance "sauf à ce qu’il y ait un grand changement." 
"Je ne crois pas (...) que cette politique va fonctionner", a insisté l'écologiste radicale, prononçant ainsi une sorte de sentence de mort, disant refuser " cette assignation" du gouvernement. Sans pour autant être passée dans l’opposition.

L’écologiste, ancienne ministre du Logement, a fait cette annonce mardi, alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour un couple exécutif miné par l'absence de résultats économiques et par l’impopularité record de François Hollande, elle-même entretenue par des "affaires", et par le dévissage du Premier ministre dans les sondages. Dernière en date, la sortie de Thomas Thévenoud du PS . Thomas Thévenoud, secrétaire d’Etat de neuf jours, suite à trois années de fraude fiscale - qualifiée d'"indélicatesse" (sic) - alors qu'il était membre de la commission parlementaire chargée de la combattre, a tout de même choisi, et obtenu, de conserver son mandat de député, évitant ainsi au PS de perdre une nouvelle voix à l’Assemblée.

Le 16 septembre, lPremier ministre engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement, sachant que le vote sur sa déclaration de politique générale s’annonce serré à l’Assemblée nationale. Manuel Valls espère rassembler son camp en appelant à la solidarité raisonnée des députés peu assurés de retrouver leur siège en cas de dissolution et en brandissant l'épouvantail des loups du FN "aux portes de Paris. 
Manuel Valls affiche sa confiance sur ce vote du même nom. 
Le danger est portant réél à l’Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot. Le 10 députés du Front de gauche se situent dans l’opposition depuis plusieurs moisles 18 députés écologistes refusent souvent de voter les textes gouvernementaux et les "frondeurs" de l'aile gauche du PS seraient passés à environ 30. Un total de 58 opposants à la ligne socio-libérale de Valls, présenté comme le vice-président. Après que ses 17 députés ont votés contre la réforme territoriale, les radicaux de gauche restent pour l’instant fidèle à la majorité.
La majorité absolue étant de 290, cette majorité présidentielle ne dispose que d'une voix d'avance (290) membres. Le vice-président Valls fanfaronne néanmoins du haut de ses 30% de sondés à lui faire encore confiance, soit 14% perdus en un seul mois.
Valls avait annoncé la semaine dernière sur France 2 que le discours de politique générale qu'il prononcera devant l'Assemblée engageant la responsabilité du gouvernement par un vote de confiance aurait lieu "en septembre ou en octobre". Pourtant,c'est finalement un vote d'urgence qui a été fixé le 16 septembre.
Ce matin, le gouvernement s’annonce "serein" sur le vote de mardi, comme le certifie Jean-Marie Le Guen ce mardi à Libération.
"L’appel des 100", qui lança le mouvement, comptait un peu plus de 80 députés du groupe SRC (qui comprend les membres du PS et quelques apparentés). Mais lors du vote sur le pacte de stabilité présenté par Manuel Valls, le 29 avril, ils n’étaient que 41 à s’abstenir dans le groupe, ce qui est à ce jour leur record. Et trois, n’appartenant pas au PS mais au MRC, avaient voté contre. Sur les 564 votants ce jour-là, 242 députés SRC avaient voté «pour», ce qui ne suffisait pas à atteindre la majorité absolue de 249 voix. Le vote était passé assez largement (265 pour, 232 contre) grâce à l’appui des radicaux, de quelques écologistes et même d’un UMP, Frédéric Lefebvre.

dimanche 24 août 2014

Hamon et Montebourg, ministres francs-tireurs du gouvernement Valls

Les deux histrions critiquent la politique économique du gouvernement

Le ministre de l'Éducation nationale a publiquement rejoint le ministre de l'Économie
dans sa critique de la politique du gouvernement, estimant dimanche qu'ils ne sont "pas loin des frondeurs" du PS. 

A la suite de Montebourg qui a dénoncé la politique d'austérité, samedi dans Le Monde, B. Hamon fait à son tour entendre ses critiques, dans Le Parisien, contre les choix budgétaires du président François Hollande et de son Premier ministre Manuel Valls.

Benoît Hamon est d'ailleurs l'invité vedette dimanche de la Fête de la Rose organisée par Arnaud Montebourg dans sa circonscription de Saône-et-Loire, aux côtés de plusieurs députés "frondeurs" comme Christian Paul, Laurent Baumel ou encore Jérôme Guedj.

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a quant à elle lâché  dans la matinée un message ambigü sur Twitter:

"La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l'offre qui a été faite depuis deux ans." "On ne peut rien vendre aux Français s'ils n'ont pas des revenus suffisants", vulgarise le populiste Benoît Hamon, faisant l'impasse sur le Commerce extérieur dans Le Parisien/Aujourd'hui en France

Comme son collègue de l'Économie, Hamon dénonce aussi la politique allemande. Les ministres en  échec du redressement selon Hollande reprochent sa réussite à la chancelière allemande. Angela Merkel "ne peut plus être celle qui donne le 'la' de l'orientation européenne. L'Allemagne sert ses intérêts personnels, pas ceux de l'Europe", se plaignent ceux qui ne savent pas comment faire aussi bien.

Hamon confirme qu'il a, comme Montebourg, un pied dedans et l'autre dehors. 
"Arnaud et moi ne sommes pas loin des frondeurs" socialistes du Parlement.  Très critiques du gouvernement auquel ils appartiennent,  Hamon explique leur ambiguïté. "Notre volonté est d'être au service d'un rassemblement de la gauche et de peser au sein du gouvernement." "Notre problème n'est pas d'en prendre la tête", insiste-t-il.

Les "frondeurs" de la gauche du PS ont mis le ver dans la pomme du gouvernement 

Le frondeur Christian Paul s'est dit "heureux que nous ayons ouvert la brèche au mois d'avril et heureux que ce débat ait lieu au sein du gouvernement", y voyant "le moyen pour une démocratie, assiégée par les marchés et qui traverse une crise aiguë et durable, de s'en sortir".

Parlant d'une "communauté d'analyse" entre la demande des frondeurs d'un "plan d'urgence" et l'"électrochoc" prôné par Montebourg, Ch. Paul défend la dimension "européenne" de la situation: "Il est grand temps que ce débat européen ait lieu", martèle-t-il, récusant l'idée d'un débat "socialo-socialiste".

Roger Karoutchi dénonce en revanche un "vrai problème" franco-français "de fonctionnement de la République"
A l'inverse de Ch. Paul, le sénateur UMP des Hauts-de-Seine est interloqué par les sapeurs de la Ve République, promoteurs d'une VIe conforme à la IVe. "C'est la première fois qu'un ministre se dit totalement opposés à la politique économique tout en étant en charge et reste au gouvernement. C'est du jamais vu sous la Ve. On peut continuer à décrédibiliser la République, on n'est plus à ça près, mais halte au feu!"
Pour lui, "soit les ministres en contradiction absolue avec la ligne démissionnent et rejoignent les frondeurs - c'est la logique du système de la Ve République; soit cela veut dire que le président et le Premier ministre, déjà très affaiblis, sont totalement discrédités".
Selon le dernier baromètre Ifop pour le Journal du dimanche, François Hollande perd un point de popularité (17%) et Manuel Valls enregistre une chute de 9 points pour s'établir à 36%.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, avait déjà estimé samedi soir que Arnaud Montebourg se "doit de démissionner" si "ses convictions sont sincères"

En attendant la VIe république, le gouvernement Valls est menacé d'implosion.
Comment Hollande pourrait-il croire en ses promesses dans ce climat de défiance généralisée? 
"Seigneur, protège-moi des socialistes; mes ennemis allemands, je m'en charge", répondent les Français.