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samedi 21 avril 2018

Loi Asile-immigration : projet contesté par des 'rebelles' de la majorité et dénoncé par l'opposition

Un texte qui fait quasiment l'unanimité contre lui

Des battus socialistes dirigent la stratégie des "rebelles" à Macron

Les conseils des ex-"frondeurs" PS aux députés "rebelles" LREM pour résister aux pressions.
Deux anciens frondeurs PS -  Alexis Bachelay et Laurent Baumel - donnent leurs conseils aux députés LREM "indisciplinés", en lutte contre le projet de loi asile et immigration qui secoue pour la première fois les rangs de la majorité, mais qui doit être adopté ce week-end en première lecture à l’Assemblée nationale. 
Or, dès la mi janvier 2018, Emmanuel Macron et le patron des députés LREM, Richard Ferrand, ont dû recadrer leurs troupes, leur demandant de "faire bloc", rapporta le Canard enchaîné, mercredi 17 janvier.
Certains marcheurs ont néanmoins annoncé qu’ils s’abstiendront ou qu’ils voteront contre le texte controversé. C'est le cas de Jean-Michel Clément (lien PaSiDupes), 63 ans, qui s'attend à une exclusion, la première à l'Assemblée, avant une dizaine d'autres, à l'instar de la Franco-marocaine Naïma Moutchou, une avocate qui a exercé dans un cabinet proche de la LICRA et de la LDH, qui a réclamé, en vain, la suppression du délai de solidarité ou de Martine Wonner (médecin psychiatre qu'Anticor a épinglée pour des indemnités versées par la Sécurité sociale lors d'un congé maladie alors qu'elle menait campagne pour les législatives) et Sandrine Mörch, journaliste pour Médecins Sans Frontières, qui font sentir leurs désapprobations : "Quand on parle de l'humain, je pense qu'il sera bien de prendre un tout petit de distance et de hauteur", indique l'une, avant que l'autre n'ajoute, tout aussi "bisounours" : "On n'est pas en train de parler d'administration mais de personnes humaines; voilà, je pense que ça vous dépasse un peu tout ça, donc je pense qu'on arrête le débat...", dit-elle avant que ne s'élève un bruit de fond protestataire.  Car leur garde-chiourme, Richard Ferrand leur dénie le droit de voter contre.
Un début de fronde dans la majorité, souligné par le dépôt par des députés LREM de 200 amendements, un record.

Résister au caporalisme.

Richard Ferrand a déjà prévenu : "On ne fait jamais d’omelettes sans casser des œufs, et s’il faut casser des œufs, je le ferai !", a menacé le forcené, lors d’une réunion du groupe, menaçant les rebelles d’exclusion.
L’ancien chef de file des frondeurs socialistes,
Laurent Baumel, se souvient de pressions similaires : "Il y avait une montée de la tension, qui s’exacerbait le matin du vote. A neuf heures, on avait une réunion pour déterminer notre position; on comptait alors les députés prêts à déboîter. Ça déclenchait toute une contre-offensive menée par Matignon, le groupe PS, quelques ministres, voire l’Elysée". Baumel cafarde :
"Pour tenter de réduire le nombre de frondeurs, il pouvait y avoir une pression morale par téléphone, un "je te chope dans le couloir après le déjeuner". Il y avait les "bad cops", comme Jean-Marie Le Guen, qui disait "tu vas avoir de gros problèmes". Et les "good cops", dans un autre genre : "t’as besoin de quoi pour ta circonscription ?" "
Alexis Bachelay, proche de Benoît Hamon, repasse une couche : "Etre contre son groupe, c’est une position désagréable. On entre dans une sorte de schizophrénie. On se dit qu’on appartient bien à la majorité, mais il y a une forme de déchirement… Ça crée des tensions avec les collègues, qui nous regardent de travers. Le président de groupe - Bruno Le Roux - n’était pas apprécié et n’a jamais ramené personne à la maison… On n’est pas dans un climat de confiance, de sérénité. Je n’ai jamais voté contre avec légèreté ou gaieté de cœur".
"Chez nous, il y avait deux types de frondeurs, les occasionnels et les historiques. Le pic de défiance a été atteint sur deux textes, la loi Macron et la déchéance de nationalité, lorsque tous les frondeurs se sont mis en mouvement en même temps, se souvient Alexis Bachelay, ancien député des Hauts-de-Seine. On est entré dans une mécanique; on était dans le groupe PS, mais on avait notre propre agenda. On a rapidement pris le droit de déposer des amendements contre le gouvernement quand la fronde s’est durcie. On en déposait aussi avec d’autres groupes, les Verts, le PCF. La motion de censure de gauche [déposée pendant la loi Travail] était commune avec la bande à Duflot et la bande à Chassaigne [patron du groupe communiste] ».
A plusieurs reprises, Richard Ferrand a appelé à la discipline de vote. 
"En réalité, un bon frondeur est quelqu’un qui aspire à être un vrai parlementaire. Tous les députés devraient être potentiellement des frondeurs. Quand ils ne sont pas d’accord, que le projet n’est pas dans le programme initial, ou que l’équilibre s’est déplacé, les marcheurs devraient pouvoir exprimer leur opinion. Sinon, ce sont des députés godillots", juge Laurent Baumel. "Nous, on avait 20 ou 30 ans d’expérience politique derrière nous. L’expérience des media, du débat interne, de la pression. Les marcheurs sont en quelque sorte franchisés à Macron; ils ont dès le départ signé pour la fermer, en gros", tranche l’ex-député d’Indre-et-Loire.
"Je dis à ceux qui hésitent qu’ils ont raison de faire primer leur conscience personnelle sur leur discipline de groupe. Je crains que cela reste marginal car le ciment d’En Marche reste l’allégeance à Macron. C’est plus difficile quand on n’est pas aguerri, mais leur force, c’est qu’ils ne viennent pas du monde politique. S’ils ne sont pas réinvestis, ils pourront retourner travailler. Ils peuvent avoir cette liberté de ne pas vouloir faire de carrière politique", confie Alexis Bachelay.
Le décompte des frondeurs se fera au moment du vote, prévu samedi, voire dimanche.

L'opposition dénonce un vote "en catimini", "l'impossibilité des débats"

L'organisation "incompréhensible" des débats à l’Assemblée nationale provoque l'irritation des groupes politiques d’opposition contre le projet de loi asile et immigration, alors que la moitié seulement des amendements avaient été examinés avant la sixième journée de discussions.

Eric Ciotti (Les Républicains) a fait un rappel au règlement, dès l'ouverture de la séance, pour déplorer "le choix qu'a fait ce gouvernement d'organiser le débat" depuis lundi, avec un vote "en catimini", prévu dans la nuit de samedi à dimanche, voire dimanche.

Jean-Luc Mélenchon a également pointé l’"impossibilité" que le débat s’achève dans les délais, réclamant une réunion de la conférence des présidents autour de François de Rugy (LREM et ex-Verts).




Devant l'insistance du groupe LR sur la question des sans-papiers, @JLMelenchon intervient : "Réflechissez-y ! Comment les faites-vous partir ? Combien de trains ? Combien d'avions ? (...) Vous n'échapperez jamais à la nécessité d'une régularisation !"

Encore quelque 540 amendements à examiner.
Laurence Dumont (Parti Socialiste) a elle aussi souligné qu'en dehors de LREM, tous les groupes avaient réclamé un vote solennel sur ce texte, promettant de prendre "le temps qu'il faut" pour débattre de "cette régression dans les droits des demandeurs d'asile".

"Pour un texte pareil, ne pas prévoir 15 jours de débats, le faire juste avant le départ en vacances, c'est pas concevable et c'est triste", a également abondé l'UDI-Agir-Indépendant Michel Zumkeller.

Et Stéphane Peu (PCF) a jugé "incompréhensible" le choix sur le vote, notant "qu’aucune loi de cette importance" n’avait été adoptée dans de telles conditions.

Danièle Obono (LFI) a aussi estimé que les conditions ne permettent pas "un débat décent", y voyant "un mépris" par rapport à "ce qui est en jeu" et aux parlementaires, déplorant l’absence de vote solennel.

En début d’après-midi, quelque 540 amendements restaient à examiner sur le millier au départ.
RÉTENTION DES MINEURS : LA GAUCHE MONTE AU CRÉNEAU CONTRE UNE "SOLUTION BARBARE"
Les députés de gauche sont montés au créneau ce samedi contre le placement en rétention des mineurs, y voyant une "solution barbare"», le gouvernement assurant que les centres seront réaménagés pour cette situation "évidemment exceptionnelle" et "strictement encadrée".
Entamant les débats sur un des volets les plus contestés du projet de loi asile-immigration, socialistes, communistes et insoumis ont exhorté à ne pas faire une "balafre de plus à la République", selon la formule d’Eric Coquerel (LFI).
Allonger la durée de rétention de 45 à 90 jours
Pour Collomb, un article "fondamental"
Gérard Collomb a défendu un article "fondamental", présentant la rétention comme "un ultime moyen" qui "reste nécessaire", et soulignant que d’autres pays européens sont allés au delà pour la durée, dont l’Allemagne ou les Pays-Bas.
Très critiqué par les associations, l’article 16 vise à porter la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours pour les étrangers en attente d’expulsion.
Pour plusieurs élus de gauche, il "normalise" le fait que des enfants pourront être enfermés 90 jours, alors que la France a été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). En métropole, le nombre d’enfants concernés a crû de 45 mineurs en 2014 à 305 l’an dernier, selon la Cimade.
Et les députés ont exprimé leur désaccord : "Rien ne justifie l’enfermement d’un gosse", "vous ne pouvez pas dire que vous agissez avec humanité si vous maintenez des enfants" en rétention.
"Nous sommes ici un certain nombre à être absolument, totalement, radicalement, complètement, absolument, totalement, opposés à la rétention des enfants", a ensuite lancé Jean-Luc Mélenchon, pronostiquant des condamnations "à tour de bras" avec cette «solution barbare».
"Si on n’a pas cette dernière solution, alors cette loi ne sert strictement à rien", a-t-il martelé.





Le ministre @gerardcollomb veut doubler les délais de rétention mais reconnaît que "les conditions de rétention ne sont aujourd'hui pas admissibles".
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lundi 20 juin 2016

Encore trois attaques de permanences du Parti socialiste

Dégradations contre des locaux du PS en Côte-d'or, à Paris et dans le Gard

Trois nouvelles permanences du PS ont été la cible de protestataires, signe d"un "climat de violence inacceptable"

Le Parti socialiste a condamné lundi ces nouvelles dégradations, le même  week-end, sur fond de contestation du projet de loi travail. 

En Côte-d'or, c'est la permanence du député Laurent Grandguillaume, déjà ciblée en mai, qui a été visée. "Tout est fait pour nous empêcher de faire notre travail parlementaire", a-t-il tweeté lundi. 

A la fédération du PS à Paris, des vitres ont été brisées, des insultes ("collaborateurs, menteurs...") inscrites et un liquide a été déversé dans le hall, a précisé le parti. 
Dans le Gard, l'attaque était directement en lien avec la contestation de la loi travail, a-t-on ajouté. 

Condamnation des méthodes socialistes

Le PS  "condamne, à nouveau, avec une extrême fermeté ces exactions commises à l'encontre de ses bâtiments et parfois de ses militants et de ses personnels". Cambadélis "rappelle qu'il porte plainte systématiquement et espère que les enquêtes aboutiront". Pression sur la justice ou mise en garde? 

Au moins une trentaine de locaux du PS ou permanences d'élus socialistes ont été pris pour cible depuis la fin février, 
début de la contestation contre le projet de loi El Khomri, subissant divers types de dégradations (tags, vitres brisées, locaux emmurés, etc.). Le mouvement s'est amplifié depuis que Manuel Valls a décidé d'employer l'article 49-3.



Parmi les permanences d'élus, vandalisées le 16 mai, citons celle de la présidente de la commission des affaires sociales, Catherine Lemorton, dont la façade a été de nouveau couverte d'affiches à Toulouse. Le 3 mai dernier ses locaux avaient été occupés, sans dégradations, par des syndicalistes. Pourtant la députée, assez critique, n'est pas au nombre des soutiens les plus actifs à la loi El Khomri.
Davantage occultés, les dégâts au domicile d'un ancien ministre de Hollande. 
Tandis que les locaux du député de Côte-d'Or, Laurent Grandguillaume, étaient couvert d'affiches et d'inscriptions, c'était le domicile du maire de Dijon, François Rebsamen, qui était souillé. Comme le député PS, l'ancien ministre du Travail annonce son intention de porter plainte suite aux dégradations commises dans la nuit de dimanche à lundi.
Même cause, mêmes effet pour le député Alexis Bachelay, co-fondateur avec Yann Galut de La Gauche forte, collectif de parlementaires PS, adversaire déclaré du 49-3 et dubitatif sur la loi travail. Il s'est à son tour plaint ce mardi sur Twitter de dégradations sur sa permanence à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). «Loi Travail, loi pourrie, député vendu!» ont écrit les manifestants.

C'est ainsi que des militants de la CGT ont muré la permanence toulousaine de Christophe Borgel, secrétaire national aux élections du PS. "Ce genre de geste est parfaitement scandaleux, ça fait plus de trente permanences attaquées depuis le début de la contestation", s'indignait-il, alors que selon les affiches placardées sur la façade, les militants d'extrême gauche réclamaient notamment la semaine de 32 heures.
"Au moins, le mur de parpaing, c'est un symbole qui va dans le sens de la ligne de François Hollande, assurait Borgel: on dit, en économie, que quand le bâtiment tout va !" Droit dans le mur...

dimanche 13 mars 2016

Candidature de Hollande : l'appel de Cambadélis divise la gauche

Le premier secrétaire du PS appelle les dirigeants  à se perdre avec Hollande

Cambadélis presse la direction du PS de se prononcer pour Hollande
En deux ans à la tête du PS,
Cambadélis en a pris 10 
Jean-Christophe Cambadélis a appelé à plus de clarté dans la course socialiste à la présidentielle. "Le problème n’est pas de savoir si François Hollande est candidat ou pas, c’est de savoir si les dirigeants du PS sont pour qu’il soit candidat ou pas," estime Cambadélis, inquiet de l'amplification de la "fronde" anti-Hollande et désireux d'isoler Manuel Valls et Emmanuel Macron. "Maintenant, la question que je vais poser à chaque dirigeant du PS, c’est "êtes-vous favorable à la candidature de François Hollande ?" a lâché le premier secrétaire, vendredi matin sur le plateau d’i-télé. Il compte interroger "tout le monde", y compris "les ministres" et présidents de région et de départements, à l'exclusion des militants, sur lesquels il n'a pas de moyens de pression. Il tente ainsi de resserrer les rangs derrière un candidat 'naturel' et de torpiller la primaire. 
Pour l’aile gauche, cette injonction n’est qu’une nouvelle étape dans les tergiversations du patron du Parti socialiste face à la primaire, alors qu’un conseil national doit statuer sur ses modalités, le 9 avril. 


Les pressions de Cambadélis divisent la gauche

Le premier secrétaire du PS lance un appel à "contretemps."
Cette proposition de Jean-Christophe Cambadélis à 13 mois de la présidentielle fait dire au député frondeur Christian Paul qu’elle tombe à "contretemps": "Cet appel intervient à un moment étrange, alors que le processus de discussion avec l’ensemble des organisations de gauche avance plutôt bien sur les règles et sur le calendrier."

Une réunion a en effet eu lieu jeudi entre des membres du PS, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et Ensemble pour décider du calendrier de cette éventuelle primaire.
De quoi faire démarrer le député du Cher Yann Galut et l’eurodéputé EE-LV Yannick Jadot au quart de tour.
"Personne ne peut préempter le fait que François Hollande décide ou non d’y participer", relève pour sa part Marie-Noëlle Lienemann. De fait, le chef de l’Etat a pris l’engagement de ne se présenter qu’en cas d’inversion de la courbe du chômage, une hypothèse plus qu'incertaine. "Il n’est pas le surveillant général pour savoir qui est apte à être président de la République !", s’agace la sénatrice de Paris, qui envisage elle-même d’être candidate à une éventuelle "primaire des gauches et des écologistes".

Hollande est tellement impopulaire dans l'opinion qui lui fait confiance à seulement 17% des sondés qu'il envoie le sergent recruteur Cambadélis battre le tambour. Ce candidat potentiel a besoin de s'assurer qu'il ne risque pas de prendre une gamelle à son premier pas vers une primaire. 

Un premier secrétaire dans l'embarras 

La semaine dernière, Jean-Christophe Cambadélis avait exprimé clairement sa préférence pour une candidature du président sortant, estimant que Manuel Valls, Emmanuel Macron ou Arnaud Montebourg ne sont "pas en situation". "Le pays voudra être rassuré, il ne fera pas dans l’aventure, dans l’expérimentation. Il ne se jettera pas dans les bras de tel ou tel, aussi brillant soit-il", avait lâché le premier secrétaire, rejoint mardi par le proche de François Hollande, François Rebsamen, pour qui "Hollande est le meilleur candidat"...
Sur Twitter, les premiers fayots à se déclarer pour le candidat Hollande ont été Bruno Le Roux, cornac du groupe de godillots socialistes de l'Assemblée, Razzye Hammadi, qui doit son siège de député à Hollande, et Jean-Marie Le Guen, chargé des relations avec le Parlement.
Casquette sur les oreilles, Pruneau Le Roux tient son éternel raisonnement sectaire sur les droites": 
Et la soumission du petit soldat Jean-Marie Le Guen fait peine: 
Les membres de l’aile gauche du parti n'acceptent pas l’injonction d'un premier secrétaire affaibli par son opposition interne élargie à la gauche extrême et par ses propres tergiversations face à la tenue d’une primaire. Dans un mois, le 9 avril, un conseil national du parti socialiste doit entériner (ou non) les conditions d’organisation d’une primaire telle qu’elles auront été négociées avec les autres participants. "On va dire qu’on est pour la primaire et qu’on se battra pour que les conditions soient réunies", déclarait jeudi un responsable PS anonyme pour qui une telle primaire serait "une chance inespérée pour François Hollande".

"Il est temps de clarifier la situation parce que beaucoup, à la gauche du PS, ont peut-être en tête d’interdire, ce qui serait quand même un comble, une candidature de François Hollande au sein de ces primaires", a commenté vendredi la députée PS Karine Berger, étiquetée à la gauche du PS, aux côtés de Valérie Rabault, rapporteure générale du budget, qui justifie, le 21 janvier 2015 que Bruno Le Roux ait forcé les députés du groupe PS à financer une association anti-FN, d'Alexis Bachelay, un apparatchik porté sur le tiers-mondisme, et du monomaniaque Yann Galut, tête près du bonnet sur les sujets les plus divers.

Marie-Noëlle Lienemann voit un premier secrétaire "embarrassé", essayant de "noyer le poisson pour que l’affaire des primaires soit encore reportée"Pour celle qui fut seconde sur la liste conduite par Gérard Dalongeville, ex-maire d'Hénin-Beaumont condamné pour détournements de fonds publics, "c’est son problème" s’il veut que François Hollande soit candidat, "pas celui du PS" qui compte dans ses statuts le principe d’une primaire ouverte. 

Hollande a également droit au soutien d'un joueur de Scrabble !
Un soutien dont Hollande se serait volontiers passé, puisque, lors des départementales de 2015, Jérôme Guedj s'est fait éjecter de sa présidence du Conseil général.

mercredi 2 mars 2016

Bruno Le Roux aurait forcé les députés du groupe PS à financer une association anti-FN

La Ligue de l'enseignement, association ou bras politique du Parti socialiste

Proche du Parti socialiste, cette association a reçu des fonds de l'Assemblée nationale
Les députés socialistes Yann Galut, Valérie Rabault, Alexis Bachelay et Karine Berger, fondateurs de Cohérence socialiste, un nouveau courant du Parti socialiste
"Pas moins de 201 députés" socialistes ont accepté de subventionner cette association d'éducation populaire et laïque: La Ligue a ainsi reçue une enveloppe rondelette de 268.000 euros versée par ces élus PS exemplaires, en 2015: combien en trois ans?

Ces fonds ont notamment servi à militer contre le Front national.
C'est une information qui risque de "faire pester les responsables du Front national", mais, selon francetvinfo.fr, les autres démocrates n'y trouveront rien à redire qui froisserait leur morale républicaine exemplaire. En 2015, les députés ont pu dépenser un peu plus de 81 millions d'euros avec la réserve parlementaire de l'Assemblée nationale. Répartie entre les 577 élus du Palais Bourbon, cette cagnotte permet à chacun d'allouer des subventions à des associations ou des collectivités locales de son choix. 

Or, au sein du groupe socialiste cornaqué par le démocrate Le Roux, le choix a été, en partie, contraint. Selon les données mises en ligne sur le site internet de l'Assemblée nationale, lundi 29 février, au moins 201 députés PS ont subventionné, comme un seul homme, une même association, la Ligue de l'enseignement. Cette association laïque intégriste, qui  est étroitement liée au Parti socialiste, a milité en 2015 -année de plusieurs élections- contre une poussée du Front national.
François Hollande disait vouloir créer "entre l’Etat et les associations, une relation fondée sur la confiance et la reconnaissance" (Lille, janvier 2013)
"J’ai fait de la jeunesse la priorité de mon quinquennat." (Hollande)
Selon un document révélé par "L'Œil du 20 heures" de France 2 mardi 1er mars, ce choix de subventionner massivement la Ligue de l'enseignement n'est pas un hasard. En septembre 2014, le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, envoie un courrier à l'ensemble de ses collègues (voir ci-dessous). Il leur "propose d'abonder un fonds géré par la Ligue de l'enseignement", au motif politique et anti-démocratique qu'il "sera destiné au soutien du tissu associatif dans les communes administrées par le Front national". 










Plus de 268.000 euros récoltés parmi les godillots de la majorité présidentielle

A la suite de ce courrier, "près de cinquante" députés socialistes seulement font part de leur étonnement. Le 21 janvier 2015, Valérie Rabaut, rapporteure générale du budget, s'e justifie. Voici un extrait de son courrier:
Une association privée de subventions par le FN, selon le PS.
La parité a-t-elle assaini les moeurs du PS ?
La députée du Tarn-et-Garonne (celui de Jérôme Cahuzac) précise par ailleurs que, "sauf avis contraire exprimé auprès du groupe, l'allocation de 1.000 euros à la Ligue de l'enseignement [sera] réalisée" automatiquement. En définitive, sur les 275 membres du groupe socialiste, républicain et citoyen, 201 députés ont versé cette subvention. Pour la plupart, il s'agit de versements à hauteur de 1 000 euros, même si certains se sont montrés plus généreux. Le montant total récolté s'élève ainsi à 268.300 euros
La Ligue de l'enseignement est une nébuleuse socialiste.

Le maillage est serré:
- structures territoriales, que sont les Fédérations Départementales et les Unions Régionales
- via ses secteurs spécialisés, notamment sportifs (USEP, UFOLEP) ou son réseau de centres de vacances, Vacances pour tous (ainsi que des associations du type du Centre international de séjour de Paris).
A quoi a servi cette manne ? 

Contacté par France 2, le groupe PS à l'Assemblée tente de se justifier par le fait que le parti soutient depuis longtemps cette association "d'intérêt public, qui travaille sur l'éducation populaire, la laïcité, et lutte contre l'extrémisme". Fort bien, puisque c'est vrai: la Ligue est en effet régulièrement pointée pour son activisme auprès de la jeunesse, mais aussi contre certaines personnalités diabolisées à des fins électorales. Mais le FN n'est pas au sommet depuis aussi longtemps... D'autres adversaires politiques ont-ils été victimes de cette discrimination ?
Que Yann soit belle, c'est déjà fait !

Le groupe se défend d'avoir voulu aider la Ligue de l'enseignement.
Si elle est en difficultés financières "du fait de l'alternance dans plusieurs municipalités FN, qui ont coupé les subventions pour des raisons politiques et ségrégationnistes", c'est aussi bien dû à une gestion relâchée, car - depuis 150 ans- les municipalités, les départements et les régions bien pensantes ont toujours bichonné la Ligue qui a pu prendre de vilaines habitudes de gabegie. 

Mais le groupe PS se défend de mener, via la Ligue de l'enseignement, des actions visant directement le Front national.

Lors des dernières élections régionales, l'association a pourtant appelé à "faire barrage" au parti d'extrême droite. "Une victoire du FN, renvoyant aux années les plus sombres de l’histoire de notre pays, aurait des conséquences dramatiques pour la France et ses habitants, martelait la Ligue de l'enseignement dans un communiqué. C’est aussi l’étranglement programmé des associations et le reniement total des valeurs de la République : une laïcité instrumentalisée, une fraternité inexistante, des libertés menacées, une égalité des droits mise à mal."

Hélène Grimbelle, secrétaire nationale de la Ligue de l'enseignement, se défend sur France 2 en assurant de son côté que des actions ont notamment été menées dans des territoires où l'abstention est forte et où le vote FN a fortement progressé, comme en Alsace, en Paca ou dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie.
On a consacré nos moyens à développer des outils d'information, à monter des expositions, à mettre en place des kits pédagogiques pour inciter les jeunes à s'engager dans le tissu associatif, et promouvoir les valeurs de la République.