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vendredi 24 novembre 2017

Un député communiste déclare une rémunération de 2 milliards d’euros

Ce multimilliardaire se classerait donc parmi les personnes les plus riches de France

La déclaration de revenus du député communiste rétrograde donc Serge Dassault ou Bernard Arnault derrière lui
Stéphane Peu, le député communiste qui déclare une rémunération de 2 milliards d’euros
L'anti-libéralisme nourrit bien son homme ? 
C'est ce qu'a pu croire la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Chargée de contrôler chaque année les déclarations d'intérêts de nos élus, l'institution, créée en 2013, a dû tomber de son haut en épluchant celle du député communiste et vice-président du Conseil de Territoire Plaine Commune, délégué à l'habitat et au foncier.  Stéphane Peu a en effet déclaré plus de deux milliards d'euros de revenus pour 2014, comme l'a découvert Atlantico. Une somme étrangement élevée, d'autant que les deux années précédentes (et suivantes), il n'avait déclaré que 21.848 €.

Un député communiste "illettré"

Ce journaliste et député communiste (PCF et La France insoumise, soutenu par Ensemble !) aux élections législatives de 2017 en Seine-Saint-Denis ((Saint-Denis nord, Pierrefitte, Villetaneuse) face à sa rivale Véronique Avril (La République en Marche) a fait une erreur. Le paresseux a bâclé sa déclaration en copiant-collant le même montant perçu les autres années. Reste à savoir s'il a fait la même erreur sur sa déclaration d'impôts !

Un de plus, avec Henri Krasucki (CGT)...

Le respect de la République, vu de gauche
Il y a ceux qui essaient de tromper l'administration, comme Jean-Marie Le Guen, lequel s'est fait rappeler à l'ordre deux fois par l'institution pour sa fâcheuse habitude de "sous-évaluer ses biens".
Il y a aussi ceux dont le zèle suspect est dissimulateur. Modèle pour la jeunesse, l'ex-ministre de l'Education, Najat Vallaud Belkacem s'était ainsi révélée excessivement consciencieuse sur ce sujet de transparence, de moralisation de la vie publique et de solidarité sociale. Avec son mari, Boris Vallaud, député de l'aide gauche du PS, le couple avait déclaré "trois lits, trois tables, un canapé, deux fauteuils, dix chaises, un réfrigérateur, une machine à laver et des bijoux, ainsi que son fameux scooter évalué à 500€"
Et l'ancien juge Jean-Louis Nadal, président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, n'y avait pas vu une insulte à magistrat ?

mercredi 19 avril 2017

Le Guen avait dénoncé l'illusion Macron

La candidature de Macron est aussitôt apparue comme une imposture dans le milieu socialiste

La candidature d'Emmanuel Macron à la présidence de la République est "celle d'une illusion",

a estimé le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement. 

Attendue début décembre, l'officialisation est arrivée prématurément : une "éjaculation précoce" d'un trentenaire impatient, dirait le petit candidat Cheminade. A la veille du dernier débat télévisé pour la primaire de la droite et du centre, l'ancien ministre de l'Économie Emmanuel Macron a ainsi présenté sa candidature à l'élection présidentielle. Et si le fondateur du mouvement En Marche ! a présenté sa décision comme "mûrement réfléchie" et "irrévocable", elle n'a visiblement pas fait l'unanimité dans la classe politique. 

Invité de RTL, jeudi 17 novembre 2017, le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen s'est fait l'écho d'une réaction plutôt négative. Dans un français confus trahissant malaise et colère à la fois, Le Guen a exprimé l'avis général au Parti socialiste: "Je crois que sa candidature, là, est celle d'un moment, celle d'une illusion qui est qu'on peut faire le dépassement de la gauche et de la droite [...] en faisant abstraction de la gauche et de la droite. Je ne crois pas que ce soit possible". 

Dans cette candidature hors système, 
Le Guen entrevoyait la crainte du PS qu'"il y a toujours la tentation d'aller chercher ailleurs". "A chaque élection présidentielle [...] quand il n'y a pas encore l'offre politique de la droite, l'offre politique de la gauche et, ce qui est nouveau aujourd'hui, l'offre politique de l'extrême droite", a-t-il tenté de décrypter, malgré son désarroi face à une candidature alternative au vainqueur de la primaire socialiste. Et encore ne savait-il pas encore que ce serait le Don Quichotte Benoît Hamon chevauchant son "Revenu universel"...  

Macron, "c'est un peu California Dream" 

De par sa position de bébé Hollande, l'ancien ministre ne serait d'ailleurs pas le mieux placé pour agir, observait déjà Le Guen : "Je pense qu'il représente une identité de centre-gauche que je crois fertile quand elle est au service de la gauche toute entière," commentait ce membre des gouvernements Valls, puis Cazeneuve. 

"Quand elle se sépare de la gauche, elle est isolée, elle est marginale et elle n'est pas productive", assénait-il. 

Le secrétaire d'État ajouta enfin qu'à son sens, "Emmanuel Macron c'est un peu California Dream si vous voulez. C'est-à-dire, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. [...] Je crois que ça ne correspond en rien à la situation de notre pays".

Et Le Guen n'imaginait pas encore que ce choix de Hollande pour Bercy serait le favori des sondeurs qui se satisfont du
"flou" caractérisant son "programme". Du loup, Macron n'a que le flou. 

mercredi 7 décembre 2016

Valls fait se dresser un front uni contre lui

Ceux qui aimeraient le voir chuter à la primaire promettent à Valls une campagne minée  

Lancé dans une aventure présidentielle perdue d'avance, Manuel Valls va regretter Matignon  

Le candidat exalté n'est plus désormais qu'un ex-premier ministre parmi d'autres. Dans les premières heures de l'annonce de sa candidature, Hollande lui a trouvé "un frère", Bernard Cazeneuve, pour le remplacer: un jeu de chaises musicales, puisque Nanard avait déjà succédé à Manu, place Beauvau. Adieu berlines de la République et escortes officielles, palais de la République, appui des préfectures et des ambassades pour les déplacements, cabinet de plusieurs dizaines de têtes coupées de la vraie vie... 

Repassé en mode artisanat depuis l'annonce de sa candidature lundi à Evry, Manuel Valls a engrangé des ralliements : le patron des sénateurs PS, Didier Guillaume, le député de l'Ardèche, la petite crevure volubile, Olivier Dussopt, jusqu'ici classé aubryste et donc marqué à la gauche du PS. 

Côté gouvernement, des femmes secrétaires d'Etat, ses vallsettes : l'ambitieuse Juliette Méadel, secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes (et donc à Hollande), la féministe bornée Laurence Rossignol, ancienne secrétaire d'État chargée de la Famille, que la testostérone n'effraie pas autant qu'il transparaît dans ses propos, Pascale Boistard, chargée des personnes âgéesEricka Bareigts que Valls a sortie de l'ombre pour en faire la ministre des Outre-Mer, mais aussi des hommes, ministres : Patrick Kanner, son ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports parce que concurrent de Martine Aubry, ou Harlem Désir, qui a beaucoup dérivé depuis SOS Racisme et n'est plus regardant sur les propos du patron sur les Rom ou l'accueil de toute la misère du monde, sont montés à bord du frêle esquif vallsiste : des ralliements qui pourraient le desservir encore davantage.

L'ancien mentor de Hollande a retrouvé quelque 150 parlementaires venus "en soutien" après son intervention au 20h00 de France 2 mardi soir, selon ses partisans. "On était plutôt contents" du nombre de participants, a indiqué un membre de l'équipe de campagne. En vérité, les soutiens ne se précipitent pas.

Un front anti-Valls se dresse sur son chemin

"Le rassemblement est en oeuvre, mais cette campagne sera rude", reconnaît un lieutenant du Premier ministre qui se dit "pas inquiet". Bruno Le Roux qui, fin octobre, avait qualifié Manuel Valls de "plus légitime à porter nos couleurs" en cas de renoncement de Hollande, a fait savoir lundi qu'il "attend de voir", depuis que Hollande la placé Place Beauvau comme ministre de l'Intérieur de Cazeneuve. Comme d'autres lieutenants de François Hollande, Stéphane Le Foll ou François Rebsamen, lequel aurait refusé la succession de Cazeneuve, venue trop tard.

Le changement de gouvernement de mardi n'a pas encore déclenché la guerre contre l'Elysée: Bernard Cazeneuve est plus "vallso-compatible" qu'un Stéphane Le Foll, qui, selon la presse, faisait partie des "premiers ministrables", derrière Marisol Touraine, autre déçue. Lors de la passation de pouvoirs, il a dit "son amitié indéfectible" à Manuel Valls, sans toutefois exprimer de soutien direct à la campagne de son prédécesseur.

Hollande met le vallsiste Le Guen au placard 

A l'approche de la primaire socialiste, fin janvier, un proche bourrin de Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, s'est fait sanctionner avec la perte du stratégique secrétariat des Relations avec le Parlement au profit du 'hollandais' André Vallini, 60 ans. Pressenti au ministère de la Justice, en cas de victoire de Lionel Jospin en 2002, puis de Ségolène Royal en 2007, il comptait à nouveau sur ce portefeuille en 2012, lors de l'accession à la présidence de la République de Hollande qui lui préféra finalement Christiane Taubira. A l'Elysée en fin de règne, l'heure est aux récompenses des dindons de la farce hollandienne, mais on se demande pourtant ce qu'il a bien pu réaliser, depuis avril 2014, comme secrétaire d'État chargé de la Réforme territoriale.

Du côté de la primaire, la sénatrice de l'aile gauche du PS Marie-Noëlle Lienemann envisage de retirer sa candidature et a promis dans tous les cas de soutenir "celui qui sera en situation de battre Manuel Valls", alors que se murmure l'annonce du retour de Vincent Peillon.

Selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé mardi et réalisé après le renoncement de François Hollande, mais avant la candidature officielle annoncée de Valls, l'ancien député-maire d'Evry, candidat controversé comme oligarque, ne recueillerait que 10% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle, très loin derrière François Fillon (27,5%). 

Pas d'effet d'annonce: Valls reste figé à la cinquième place, derrière également Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Mais Manuel Valls reste le candidat socialiste le mieux placé, devant ses rivaux de la primaire Arnaud Montebourg, l'enflé, et Benoît Hamon, l'insignifiant, crédités de 6 et 4% en cas d'investiture.

Si les précédents échecs de Jacques Chirac en 1988, Edouard Balladur en 1995 et Lionel Jospin en 2002 ont montré la difficulté de cumuler Matignon et candidature à la présidentielle, Manuel Valls doit désormais prouver que le modèle de la "liberté" est une meilleure piste. Le seul précédent Georges Pompidou, dans les années 60, ne lui sera guère utile.

Manuel Valls n'a pas craint de placer sa déclaration sous le signe de la "réconciliation". 
Doucereux, il a rangé aux archives les "mots durs", les "incompréhensions" et ses propos polémiques ("positions irréconciliables" visant Mélenchon, "expliquer c'est un peu excuser" sur les attentats, etc.). Plus question d'autoritarisme et de coups de menton au moment de se lancer dans une guerre intestine et nauséabonde pour une primaire qui a lieu dans sept semaines seulement (22-29 janvier) entre une foultitude de candidats, probablement bientôt  assez nombreux pour constituer une équipe de rugby, alors que les sondages promettent une élimination de la gauche - PS et extrême gauche -  au premier tour de la présidentielle fin avril.
"La gauche est challenger ("concurrente", en français); on est 4e ou 5e, donc il faut faire attention", résume un vallsiste.

Mercredi, Manuel Valls entamera une campagne qui se veut de "terrain" dans le Doubs, terre industrieuse de l'Est et roulée dans la farine par Montebourg. Il participera à un meeting à Audincourt (commune socialiste de Montbéliard, terre d'élection de Pierre Moscovici), théâtre d'un duel serré entre le PS et le FN à une législative partielle en 2015, finalement emportée par le socialiste Frédéric Barbier, candidat PS moribond qu'il est venu par deux fois soutenir à une législative partielle: donné perdant, le socialiste avait profité d'une triangulaire pour l'emporter sur l'UMP et, surtout, sur Sophie Montel, candidate Front devenue un porte-bonheur. Le superstitieux aurait-il besoin de se rassurer ?

mercredi 13 juillet 2016

Cyclothymique, Valls passe de la colère au rire

Le pouvoir aux abois affecte assurance et insouciance

Valls-le-
bipolaire passe des vociférations au fou rire 


Ministres désinvoltes, mains dans les poches:
les comiques Valls, Kanner et Le Guen
Le premier ministre a changé de stratégie: ce mercredi, à la sortie du Conseil des ministres, il a traversé la cour de l'Elysée une main dans la poche, comme un Bleu battu à l'Euro 2016 et, à l'Assemblée, il ne contre-attaque plus lui même et envoie au front les seconds couteaux. L'"homme fort" de l'exécutif est véritablement devenu le "ptit zizi" pointé par les agriculteurs à leur Salon. 

Quand est-il donc lui-même, dans ses crises ou dans ses fous rires? En fait, l'excès le caractérise, quelle que soit l'extrémité qu'il atteigne, le paroxysme de l'accès de colère ou le rire nerveux et surjoué, car il était jaune son rire du 13 juillet au Palais Bourbon. 

Alors l'atmosphère était-elle donc à ce point décontractée, à la veille des vacances, et l'état de la France tellement florissant, que le chef du gouvernement donne ainsi le ton de la légèreté et de l'insouciance ?

Autre hystérique, Christiane Taubira avait déjà été prise d'un fou rire provoqué par le geste d'un député d'opposition auquel seul un esprit  équivoque ou un être frustré pouvait accorder une connotation sexuelleEn l'occurrence, encore l'évocation d'un petit zizi ! Une Garde des Sceaux obsédée, c'est peu banal dans l'exercice de ses fonctions.
 Ce mercredi 13 juillet, le Premier ministre était fixé à son banc comme la moule à son rocher. Visage impassible, voire un peu crispé comme souvent, il écoute les questions qui défilent sur la politique économique, sécuritaire , de santé... Décidé à laisser glisser. 

La spontanéité n'est en revanche pas le fort de Valls. Il a d'ailleurs fourni ce mercredi une nouvelle illustration de son affectation et de son penchant pour la théâtralité. Mais n'est pas Premier prix du Conservatoire qui veut. Le premier ministre est passé d'un extrême à l'autre et de la colère rituelle au rire surprise, pendant la réponse à une question désarmante du député Arnaud Viala.

Peu avant 16h00, le député Les Républicains (LR) interpella le premier ministre sur... la cohésion de l'équipe gouvernementale, suite au cavalier seul du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron qui donne des meetings où il fustige l'action de Hollande et Valls, se positionnant comme un possible rival du président sortant. Le député décrit la "cacophonie":
"Face aux Français, un ministre en exercice de votre gouvernement fustige les mesures que vous leur imposés contre leur gré, et va jusqu'à qualifier la loi Travail, encore chaude de son passage au 49.3, de texte du passé. Et, face aux Français, un ministre en exercice, en dénonçant un à un tous les choix auxquels il a pris part dans votre gouvernement, atteste ainsi de votre absence totale de cap pour le pays."
De l'art de mettre le doigt là où ça fait mal. A plusieurs reprises, Manuel Valls, visiblement abattu, fait d'ailleurs la moue des vierges effarouchées. Va-t-il encore disjoncter et monter dans les tours? Non, il semble manquer de jus. Il abandonne donc au bourrin qui sert de secrétaire d'État aux relations avec le Parlement le soin de défendre l'action controversée de l'exécutif.

Comme Taubira, il s'attrape le nez...
Or, après quelques secondes, Valls vire d'attitude et explose soudain ...de rire. 
En effet, Jean-Marie Le Guen se moque ostensiblement de l'opposition, refusant de répondre sur le fond au député et se livrant à un salmigondis indigeste de raillerie et de mépris dont il a le secret: la pilule indigeste du Dr Le Guen !
"Monsieur le député, nous sommes dans une séance de questions d'actualité qui touche bientôt à la fin de cette session et, indiscutablement, un certain nombre d'entre nous ont besoin de vacances. J'espère que vous serez dans une situation où tout ce que vous aviez sur le cœur ne viendra pas à ce point troubler les propos qui sont les vôtres car je les ai trouvés légèrement décousus et j'ai quelques difficultés à essayer de centrer ma réponse." Le Guen aurait-il déjà arrosé la fin de la session parlementaire, par anticipation ?

VOIR et ENTENDRE l'irascible Jean-Marie Le Guen se laisser emporter par une diarrhée verbale acide, filante à l'envi et chargée en ironie et en aigreurs, face aux échecs du pouvoir, au chaos gouvernemental et à l'impopularité de l'exécutif:

On notera d'une part que, selon le binaire et sectaire secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, les membres du gouvernement, à la différence des parlementaires, n'ont pas besoin de vacances...
Ne souhaitant pas répondre sur le franc-tireur Emmanuel Macron, le secrétaire d'État se fiche ostensiblement de la représentation nationale et provoque l'hilarité de Valls... 
Le fou rire provocateur du premier ministre gagne d'abord Michou Sapin évidemment, rejoint par le corvéable Patrick Kanner et le féal Jean-Vincent Placé qui embrayent sur le rire affecté de leur premier ministre exemplaire: quand le roi rit, la Cour rit ! 
Il flotte un petit air de Corée du Nord...

dimanche 13 mars 2016

Candidature de Hollande : l'appel de Cambadélis divise la gauche

Le premier secrétaire du PS appelle les dirigeants  à se perdre avec Hollande

Cambadélis presse la direction du PS de se prononcer pour Hollande
En deux ans à la tête du PS,
Cambadélis en a pris 10 
Jean-Christophe Cambadélis a appelé à plus de clarté dans la course socialiste à la présidentielle. "Le problème n’est pas de savoir si François Hollande est candidat ou pas, c’est de savoir si les dirigeants du PS sont pour qu’il soit candidat ou pas," estime Cambadélis, inquiet de l'amplification de la "fronde" anti-Hollande et désireux d'isoler Manuel Valls et Emmanuel Macron. "Maintenant, la question que je vais poser à chaque dirigeant du PS, c’est "êtes-vous favorable à la candidature de François Hollande ?" a lâché le premier secrétaire, vendredi matin sur le plateau d’i-télé. Il compte interroger "tout le monde", y compris "les ministres" et présidents de région et de départements, à l'exclusion des militants, sur lesquels il n'a pas de moyens de pression. Il tente ainsi de resserrer les rangs derrière un candidat 'naturel' et de torpiller la primaire. 
Pour l’aile gauche, cette injonction n’est qu’une nouvelle étape dans les tergiversations du patron du Parti socialiste face à la primaire, alors qu’un conseil national doit statuer sur ses modalités, le 9 avril. 


Les pressions de Cambadélis divisent la gauche

Le premier secrétaire du PS lance un appel à "contretemps."
Cette proposition de Jean-Christophe Cambadélis à 13 mois de la présidentielle fait dire au député frondeur Christian Paul qu’elle tombe à "contretemps": "Cet appel intervient à un moment étrange, alors que le processus de discussion avec l’ensemble des organisations de gauche avance plutôt bien sur les règles et sur le calendrier."

Une réunion a en effet eu lieu jeudi entre des membres du PS, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et Ensemble pour décider du calendrier de cette éventuelle primaire.
De quoi faire démarrer le député du Cher Yann Galut et l’eurodéputé EE-LV Yannick Jadot au quart de tour.
"Personne ne peut préempter le fait que François Hollande décide ou non d’y participer", relève pour sa part Marie-Noëlle Lienemann. De fait, le chef de l’Etat a pris l’engagement de ne se présenter qu’en cas d’inversion de la courbe du chômage, une hypothèse plus qu'incertaine. "Il n’est pas le surveillant général pour savoir qui est apte à être président de la République !", s’agace la sénatrice de Paris, qui envisage elle-même d’être candidate à une éventuelle "primaire des gauches et des écologistes".

Hollande est tellement impopulaire dans l'opinion qui lui fait confiance à seulement 17% des sondés qu'il envoie le sergent recruteur Cambadélis battre le tambour. Ce candidat potentiel a besoin de s'assurer qu'il ne risque pas de prendre une gamelle à son premier pas vers une primaire. 

Un premier secrétaire dans l'embarras 

La semaine dernière, Jean-Christophe Cambadélis avait exprimé clairement sa préférence pour une candidature du président sortant, estimant que Manuel Valls, Emmanuel Macron ou Arnaud Montebourg ne sont "pas en situation". "Le pays voudra être rassuré, il ne fera pas dans l’aventure, dans l’expérimentation. Il ne se jettera pas dans les bras de tel ou tel, aussi brillant soit-il", avait lâché le premier secrétaire, rejoint mardi par le proche de François Hollande, François Rebsamen, pour qui "Hollande est le meilleur candidat"...
Sur Twitter, les premiers fayots à se déclarer pour le candidat Hollande ont été Bruno Le Roux, cornac du groupe de godillots socialistes de l'Assemblée, Razzye Hammadi, qui doit son siège de député à Hollande, et Jean-Marie Le Guen, chargé des relations avec le Parlement.
Casquette sur les oreilles, Pruneau Le Roux tient son éternel raisonnement sectaire sur les droites": 
Et la soumission du petit soldat Jean-Marie Le Guen fait peine: 
Les membres de l’aile gauche du parti n'acceptent pas l’injonction d'un premier secrétaire affaibli par son opposition interne élargie à la gauche extrême et par ses propres tergiversations face à la tenue d’une primaire. Dans un mois, le 9 avril, un conseil national du parti socialiste doit entériner (ou non) les conditions d’organisation d’une primaire telle qu’elles auront été négociées avec les autres participants. "On va dire qu’on est pour la primaire et qu’on se battra pour que les conditions soient réunies", déclarait jeudi un responsable PS anonyme pour qui une telle primaire serait "une chance inespérée pour François Hollande".

"Il est temps de clarifier la situation parce que beaucoup, à la gauche du PS, ont peut-être en tête d’interdire, ce qui serait quand même un comble, une candidature de François Hollande au sein de ces primaires", a commenté vendredi la députée PS Karine Berger, étiquetée à la gauche du PS, aux côtés de Valérie Rabault, rapporteure générale du budget, qui justifie, le 21 janvier 2015 que Bruno Le Roux ait forcé les députés du groupe PS à financer une association anti-FN, d'Alexis Bachelay, un apparatchik porté sur le tiers-mondisme, et du monomaniaque Yann Galut, tête près du bonnet sur les sujets les plus divers.

Marie-Noëlle Lienemann voit un premier secrétaire "embarrassé", essayant de "noyer le poisson pour que l’affaire des primaires soit encore reportée"Pour celle qui fut seconde sur la liste conduite par Gérard Dalongeville, ex-maire d'Hénin-Beaumont condamné pour détournements de fonds publics, "c’est son problème" s’il veut que François Hollande soit candidat, "pas celui du PS" qui compte dans ses statuts le principe d’une primaire ouverte. 

Hollande a également droit au soutien d'un joueur de Scrabble !
Un soutien dont Hollande se serait volontiers passé, puisque, lors des départementales de 2015, Jérôme Guedj s'est fait éjecter de sa présidence du Conseil général.

mercredi 24 février 2016

Jungle de Calais: Sarkozy avait raison trop tôt contre Hollande...

Ce que la presse partisane occulte mais qu'Internet n'oublie pas

Chacun de nos écrits passés peut à tout moment repasser au filtre de Google. 
Prenons l’exemple de Calais et, avant ce camp sauvage, de Sangatte

Ce fut une commune au centre d'une importante exposition médiatique pour avoir hébergé de 1999 à 2002 un centre d'accueil pour les immigrés sans-papiers cherchant à passer au Royaume-Uni.
Les commentaires de l'opposition étaient d'autant plus libres que la gauche ne croyait pas elle-même à son retour aux affaires. Les ténors s'époumonaient tranquillement sur la situation "insupportable" des migrants qui "se pressent dans le Calaisis pour franchir la Manche et atteindre l’Angleterre, sans d’ailleurs toujours y parvenir". Nous citons ce texte écrit en 2009, à un moment où, déjà, on annonçait la destruction des baraquements dans la 'jungle' de Calais et où on accusait à tour de bras : "Ce qu’on appelle la jungle est en fait la traduction sauvage de l’échec des politiques migratoires à l’échelle européenne.Rien ne s’est amélioré depuis six ans, puisqu’on traverse aujourd’hui la plus grave crise humanitaire depuis 1945 dans notre région du monde.

L’auteur de ce texte accusait Nicolas Sarkozy de vendre de l’illusion comme il avait vendu de la communication au moment de la fermeture de Sangatte : "Dans un premier temps, ils seront moins nombreux. Mais ensuite les mêmes causes produiront les mêmes effets et nous verrons surgir d’autres campements."
Pour sortir de cette crise, le conseilleur proposait une solution politique européenne, "une coopération entre la France et l’Angleterre, qui tarisse à la source les migrations des populations les plus en danger dans leur pays d’origine" et des "structures d’accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions pour chacun de ces exilés. Sinon, c’est l’hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d’ailleurs, ces déchets et ces abris de fortune qui révèlent un malheur s’ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie."   

L’auteur de ces lignes, publiées dans Slate, s’appelle François Hollande. 

Et c'est l'ancien rédacteur en chef et cofondateur des versions française et africaine du magazine en ligne Slate, qui le dit. "Reconnaissons qu’il avait raison, commente-t-il. D'ailleurs, après quatre années de pleins pouvoirs, qu'a-t-il fait ? Les causes ont produit les mêmes effets et on ne saurait que trop lui conseiller, avant d’envoyer les bulldozers détruire une nouvelle fois la jungle, de relire ses propres mots et de choisir entre la civilisation et la sauvagerie."
Dans cette attente et alors que Hollande a de nouveau reporté de quelques jours l'évacuation promise d'une partie du camp, relisons ses mots avec lui, dans son avion de retour de cinq jours en Polynésie et en Amérique du Sud, tandis qu'il laisse pendantes les affaires de l'Etat avec l'annulation du Conseil des ministres d'hier mercredi.  
En 2009, quand Eric Besson avait envisagé la fermeture du centre illégal de migrants clandestins, la gauche avait enfourché son cheval de la compassion. Le site Slate avait servi de support au populisme politique de François Hollande, député de la Lozère.
"La situation humaine des migrants qui se pressent dans le Calaisis pour franchir la Manche et atteindre l'Angleterre, sans d'ailleurs toujours y parvenir, est insupportable.
Elle l'est pour les exilés qui viennent butter dans le Calaisis, sur cette frontière naturelle du bout de l'Europe. Elle l'est aussi pour les habitants du Pas-de-Calais qui ont le sentiment de voir leur quotidien transformé en zone de transit et parfois de non-droit.
Ce qu'on appelle la 'jungle' est en fait la traduction sauvage de l'échec des politiques migratoires à l'échelle européenne.
Le ministre de l'identité nationale vient d'annoncer que les baraquements et les campements où s'entassent Afghans, Irakiens, Soudanais, Iraniens, seraient la semaine prochaine détruits à coups de bulldozers et que les migrants se verraient proposer une solution, autrement dit un retour groupé.
Je ne me plaindrai pas du démantèlement des trafics et des filières dans lesquelles les passeurs et d'autres profiteurs trouvent l'occasion d'un enrichissement écœurant. Mais il y a derrière cette soudaine décision la même part de communication et d'illusion que lors de l'annonce par Nicolas Sarkozy, en 2002, de la fermeture de Sangatte. Le Ministre de l'Intérieur de l'époque prétendait avoir réglé le problème en en terminant avec un camp qui avait vu transiter près de 70.000 migrants de 1999 à 2002. Ce fut un lâche soulagement. Aussitôt Sangatte fermé, des 'jungles' ont proliféré sur tout le littoral. Les migrants étaient toujours là, les exilés toujours partant pour l'aventure, mais sans accompagnement, sans encadrement, sans surveillance. Et aujourd'hui qu'y aura-t-il après la jungle de Calais?
Certes, la dissuasion va produire son effet. Dans un premier temps, "ils" seront moins nombreux. Mais ensuite les mêmes causes produiront les mêmes effets et nous verrons surgir d'autres squats, d'autres campements dans des forêts, dans des zones industrielles, dans des immeubles désertés. Bref dans un monde parallèle, souterrain, comme dans ces films de science fiction où sous la terre se cachent dans l'ombre des figures dont on ne sait plus si elles sont humaines.[sic]
Nous sortirons de ce monde dual avec, non pas simplement des principes -ce qui est quand même toujours préférable- et des bulldozers, mais avec une politique qui doit être d'abord européenne, qui suppose une coopération entre la France et l'Angleterre, et qui tarisse à la source les migrations des populations les plus en danger dans leur pays d'origine.
Enfin, il faut qu'il y ait des structures d'accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions individuelles pour chacun de ces exilés. Sinon, c'est l'hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d'ailleurs, ces déchets et ces abris de fortunes qui révèlent un malheur s'ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie."
François Hollande
Depuis juillet 2014, Johan Hufnagel est 'numéro un bis' à la tête de la rédaction de... Libération, en compagnie de Laurent Mouchard-Joffrin.

Le 11 janvier 2016, La Voix du Nord annonçait qu' "
à partir de ce lundi soir, pour la première fois depuis treize ans, une partie des migrants de Calais pourra légalement dormir sous un toit. 
Le toit plat d’un conteneur, dans un camp humanitaire aux accès contrôlés. Ce dispositif rappelle le fameux camp de la Croix-Rouge à Sangatte, fermé en novembre 2002."

La partie sud de la 'jungle' n'a pas été évacuée mardi 23 février. C'était pourtant l'ultimatum fixé par l'Etat français, la justice en a décidé autrement. Et malgré ce "camp humanitaire", c’est "un sursis" pour quelque 4.000 migrants de Calais, estime RFI. Le tribunal administratif de Lille devait statuer hier mercredi sur un référé introduit par plusieurs associations, mais la juge n'a pas encore rendu sa décision ce jeudi.

En juin 2015, Cécile Duflot, l'ancienne ministre expulsée du gouvernement et patronne d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) tança le Président sur la politique migratoire qui laisse de côté l'humanité au nom du pragmatisme... 
Dans une lettre ouverte à l'auteur des propos édifiants publiés par Slate, l’ancienne ministre du Logement supplie le président Hollande de reconsidérer la politique d’accueil des migrants: "Pourquoi un tel acharnement contre de pauvres gens ?"
Après des évacuations musclées et contestée à Paris et face à un afflux sans précédents de demandeurs d’asile la chef des Verts prend la plume pour dire sa colère. "Les gaz lacrymogènes alors utilisés blessent la conception que nous avons de notre pays. Les images de migrants embarqués de force dans des rames de métro sont sinistres. Les cris de révolte et d’incompréhension n’ont pas pu ne pas parvenir jusqu’à vous, Monsieur le président. Les questions se bousculent dans nos esprits incrédules. Pourquoi un tel acharnement contre de pauvres gens ?"
Et l’ancienne ministre de Jean-Marc Ayrault de clamer alors: "Avons-nous donc perdu et la tête et le cœur pour ne pas voir que nous faisons fausse route ? A force de professer un pseudo-pragmatisme, nous ne réglons pas les problèmes concrets et nous perdons la bataille des valeurs. Notre politique des migrations est un Waterloo moral."
La politique du gouvernement "en matière de migrations est ferme, juste et humaine", a répliqué le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à l'ex-ministre du Logement de Ayrault.

vendredi 19 février 2016

Réforme du code du travail: El Khomri, aux fourneaux, Valls, au canapé

Manuel Valls, souteneur d'el Khomri au turbin

Le gouvernement a braqué une large partie de sa majorité

El Khomri ne protège pas ses arrières
Rassurez-vous, ça gaze toujours avec Pruneau Le Roux, qui n'a aucun sens critique, apparatchik docile et bien nourri, gras et sans convictions ni tripes. Mais en brandissant la menace du coup de force pour faire adopter la réforme du code du travail, Hollande a fait se regimber ce qui reste de républicains dans ses rangs. 

Mieux: la marionnette Myriam el Khomri aurait reçu son texte de Manuel Valls soi-même, sans l'aval de François Hollande. Face à la levée de boucliers des parlementaires socialistes autonomistes, cette mise en accusation du premier ministre manipulateur vise à épargner le président qui a déjà perdu la moitié de ses points de sondages en deux mois, mais l'accable en fait, soulignant qu'il ne tient plus les rênes du pouvoir.
Au départ, Myriam El Khomri avait pour seule mission de présenter et défendre les principales mesures de sa réforme du code du travail dans la presse. Mais une phrase s'est glissée dans l'entretien: "nous prendrons toutes nos responsabilités," si ce texte ne plait pas aux députés de la gauche. Autrement dit, nous l'adopterons alors sans vote, via la fameuse procédure du 49.3.

François Hollande est-il innocent de tout ?

La communication se serait plantée. Or, selon les informations des radios Europe 1 et RTL ce vendredi, ces quelques mots ont été purement et simplement ajoutés par le cabinet de Manuel Valls avant publication. Dans le dos de François Hollande, nous dit-on, puisqu'il serait incapable de tenir deux fers au chaud en même temps, rassembler sa majorité sur le sociétal et l'international à l'approche de 2017 et la diviser davantage sur le sécuritaire et le social.

Le rentre-dedans, méthode du démocrate Catalan
Point de rondeur ni de sournoiserie chez l'excité de Matignon qui a d'abord passé pour un sécuritaire ordinaire, mais qui institutionnalise désormais le terrorisme politique par sa réprobation et sa répression, à la faveur des attentats islamistes. Daesh lui permet de surmonter la privation castratrice de l'objet symbolique imaginaire et d'assumer cette castration par une parole qui fasse acte. Mais il échoue car, pour se comprendre, Valls devrait servir la République plutôt que de se servir de la déchéance de nationalité et de l'état d'urgence.
Il théorise ses comportements castrateurs pour sortir sa propre angoisse de castration et cette névrose qui s'étale dans la frénésie de ses coups de tête et de menton ou le tremblement de sa main gauche et la violence de ses ripostes. Selon lui, tout est une question de méthode et d'image : lui qui veut incarner la gauche moderne et secouer les archaïsmes est partisan de la manière forte. Sa quête du surmoi va jusqu'à ébranler la doxa et bousculer de nombreux parlementaires.

Que contient la réforme du code du travail ?
Un numéro de duettistes, voire du triolisme

Comme dans les équipes de policiers,
l'un joue le rôle du gentil, l'autre, celui du méchant (et inversement, en alternance, comme au théâtre). Ce vendredi, Jean-Marie Le Guen, était le bon du film 'Le Bon, la Bête et le Truand'. Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement a en effet tenté de souffler le froid en affirmant que le 49.3 n'est pas une option. Il a fait du commentaire de texte: "Nous prendrons nos responsabilités, ça veut dire l'engagement du gouvernement autour de ce texte et des principes qui y sont attachés", a-t-il précisé, refusant de faire confiance aux journalistes habituels et de déléguer aux 'décrypteurs' à la botte. "Ca ne préjuge ni dans un sens ni dans un autre les modalités d'adoption de ce texte". Un signe de l'embarras de l'Elysée mais aussi une déclaration qui n'engage à rien et laisse la porte ouverte au 49.3...