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vendredi 1 mars 2019

Un cadre de Nocibé suspendu pour avoir traité Yassine Belattar de "pourriture d’islamiste"

LVMH et sa marque concurrente Sephora sont-ils à l'origine de la campagne de boycottage visant l'allemand Nocibé ?

Ce cadre de Nocibé apprend à ses dépens que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil
Image associée
La marque de parfums du groupe LVMH s’est désolidarisée des propos de son directeur de marketing qui a eu sur Twitter des mots violents à l'encontre l’humoriste controversé Yassine Belattar, des termes, "en totale contradiction avec [ses] valeurs".

La polémique a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux ce jeudi, alors que le tweet date du 19 février dernier, quandAlain Bizeul avait réagi à un message du chroniqueur indiquant qu’il quittait la chaîne LCI.

Mais c'est avec délectation que la presse exemplaire cite les termes dans toute leur crudité :  "bon débarras pourriture d’islamiste", puis "Va te faire enculer sale putain d’islamiste de merde… Tu dois avoir l’habitude avec ta famille de dégénérés" (sic). La question est de savoir si les media retranscrivant ce tweet font de l'information ou cherchent à exacerber les passions et du même coup à dresser les populations les unes contre les autres.


Si ces deux messages ont depuis été supprimés et si le compte @ALAINBIZEUL a été renommé en @ALAIN_BESTOF et désormais protégé (donc accessible uniquement aux abonnés), de nombreuses captures d’écran prises par des internautes continuent de circuler à des fins ambiguës.

Sur Twitter, sissain (@six_a_1) réplique en des termes orduriers, s'ils ne sont pas eux-mêmes racistes.

Dans la communauté arabe, certains font le jeu de LVMH

Ce qui était jusque-là passé plutôt inaperçu a pris une forte ampleur ce jeudi midi, lorsque Nocibé a utilisé son compte Twitter officiel pour dire que "Alain Bizeul a pris des positions à titre privé sur Twitter". "Nous ne cautionnons aucunement ces propos en totale contradiction avec nos valeurs et ils n’engagent en rien Nocibé", a estimé la marque du groupe allemand. Le concurrent de Sephora a décidé de suspendre de ses fonctions son dirigeant "à compter de ce jour [jeudi]". 

Mais ces mesures ne suffisent manifestement pas.

NOCIBE France
@Nocibe
Alain Bizeul a pris des positions à titre privé sur Twitter. 
Nous ne cautionnons aucunement ces propos en totale contradiction avec nos valeurs et ils n’engagent en rien Nocibé.
1 409
L'idée du boycottage a surgi :
Ainsi ce chargé de mission groupe Majorité départementale @hautsdeseinefr
Bonjour @Nocibe à partir d’aujourd’hui on vous boycotte ! Bien à vous. Cc @BelattarYassine
— Kamel Mohammedi (@KamelMohammedi) 28 février 2019
Son compte Twitter fait la part belle à l'actualité algérienne et il ne fait mystère ni de ses schémas intellectuels, ni de ses partis-pris :

De nombreux internautes voudraient voir appliquée la loi du Talion
"Ame pour âme, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent, le talion pour les blessures" (Sourate V, verset 45)
Ils appellent au boycottage de Nocibé, mais aussi au licenciement d’Alain Bizeul. Outre Yassine Belattar lui-même, c’est aussi le cas, entre autres, du militant associatif et élu de Saint-Denis Madjid Messaoudene (militant communiste - et antisioniste (raciste?) pour la libération du franco-palestinien Hamouri). "Quand vous hésiterez entre Nocibé et Sephora, pensez-y", glisse l’un d’eux.
Madjid Messaoudene
@MadjidFalastine
Le boycott de #Nocibe est d'utilité publique !
Encore une fois soutien à toi @BelattarYassine !
20 Minutes
@20Minutes
Appel au boycott de Nocibé après des insultes du directeur marketing https://www.20minutes.fr/societe/2462003-20190228-nocibe-appel-boycott-apres-propos-insultants-directeur-marketing-contre-yassine-belattar?utm_term=Autofeed&xtref=twitter.com&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1551363051 …
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D’après son profil LinkedIn, Alain Bizeul, ancien étudiant de l’école de commerce EM Lyon est salarié de Nocibé depuis juin 2015. Contacté via Twitter pour s’expliquer, il n’a pas donné suite.
Et ce n’est pas la première fois que Yassine Belattar est qualifié publiquement d’"islamiste". 
En mars 2018, c’est l’avocat et chroniqueur de l’émission de RMC "Les Grandes gueules", Gilles-William Goldnadel, qui l’avait ainsi qualifié en direct à la radio.

Sans aller jusqu’à utiliser le terme d’"islamiste ", qui n'est pas une insulte en soi , mais un renvoi à une réalité douloureuse et sanglante, d’autres personnalités, comme l’ancien premier ministre Manuel Valls, dénoncent la proximité de Yassine Belattar avec les Frères musulmans.


Manuel Valls
@manuelvalls
Le CCIF et les Frères musulmans sont un immense danger pour la République. La nomination de M. Belattar au conseil présidentiel des villes est une faute et un signe de faiblesse. #BFMpoli

dimanche 8 octobre 2017

Mission Nouvelle-Calédonie : échanges d'insultes entre Manuel Valls (LREM) et Jean-Luc Mélenchon (LFI)

Les deux sectaires perdent le contrôle de leurs propos

L'ex-premier ministre a dénoncé le ton "ignoble et outrancier" employé à son encontre par le meneur de la France insoumise.

Manuel Valls réagissait samedi 7 octobre, au lendemain de l'annonce de la démission de Jean-Luc Mélenchon de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, que préside le socialiste rallié au président de la République. 

"Monsieur Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite", selon Jean-Luc Mélenchon, dans une lettre au président de l'Assemblée, François de Rugy
Il y rappelait notamment les propos sur les "whites" et les "blancos" de l'ex-député-maire d'Evry, saisis au vol par une caméra en 2009, et le pro-Palestinien accusait l'ex-premier ministre de Hollande de "proximité"avec les dirigeants de l'extrême droite israélienne".

"Ignoble et outrancier texte de Mélenchon qui en claquant la porte de la mission Nouvelle-Calédonie, affiche son mépris pour les Calédoniens"

Ainsi, nommé en début de semaine à la tête de la mission parlementaire d'information sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, où un référendum d'autodétermination est prévu en 2018, le transfuge socialiste a-t-il violemment réagi sur Twitter. "Tous les républicains ont un devoir de vigilance face à ses thèses et prises de position. Personne ne peut laisser passer cela", a conclu dans un ultime message sur le réseau social celui qui est désormais député apparenté LREM de l'Essonne.

"Son coup d'éclat témoigne d'un profond mépris pour la Nouvelle-Calédonie et le travail parlementaire", a dénoncé sur BFMTV Francis Chouat, proche de Manuel Valls. Il a dénoncé "le mélange des arguments employés [par Mélenchon], en allant jusqu'à traiter Manuel Valls d'allié des thèses ethnicistes de l'extrême-droite. C'est fort de la part de la France insoumise qui est soutenue par le FN pour retirer le drapeau européen de l'hémicycle." Les élus frontistes étaient toutefois absents lors du vote repoussant l'amendement.


VOIR et ENTENDRE Danièle Obono, LFI, expliquer sur France Info que Manuel "Valls a démontré son incapacité à être un responsable politique de consensus". Valls a "participé à une hystérisation du débat" :


"C'est un adepte des procès de Moscou, a lancé à Mélenchon le second couteau Francis Chouat, successeur de Valls à la mairie d'Evry.

Il s'agit d'accuser de manière irraisonnée. Ce qu'il y a derrière, c'est une complicité de plus avec les sinistres de la République, avec les thèses de Dieudonné et Alain Soral," a rétorqué le maire d'Évry.

Chouat a également tenu à rappeler que "La France insoumise et sa candidate n'ont pas rejeté le soutien de Dieudonné au second tour" des élections législatives dans l'Essonne. Le polémiste, qui s'était présenté dans cette circonscription, avait en effet appelé à voter pour la candidate LFI, Farida Amrani, contre Manuel Valls. Les invectives sur le dos de la Nouvelle-Calédonie sont donc bien des règlements de comptes personnels entre battus aigris de la présidentielle 2017.

Par communiqué, vendredi soir, le président désigné par Macron au perchoir de l'Assemblée a déploré la "nature des propos" de Mélenchon et François de Rugy a certifié que "la création et la constitution de la missions'étaient déroulées "dans des conditions parfaitement conformes au règlement" de l'Assemblée, n'excluant "aucune force politique". 

lundi 10 avril 2017

4 mois du quinquennat de Hollande "pèsent" plus lourd sur Hamon que 5 ans sur Macron

Les sondés sont-ils des inconscients de la responsabilité de l'ex-ministre Macron ?

Le "poison permanent" des défections au sein du PS pèsent plus lourds à Hamon que les soupçons hebdomadaires des media à  Fillon.

Fini de rire
"Ce n'est pas une campagne facile, je le reconnais (...)", explique le candidat officiel de la "Belle Alliance Populaire" à propos de ses mauvais scores dans les sondages pour la présidentielle. Le candidat socialiste est en effet relégué à la cinquième position dans les intentions de vote et esquisse un bilan anticipé de sa campagne.

Au détour de "son raisonnement", il a parlé du "poison permanent" des défections : "Après, il y a des défections nombreuses. Quand tous les jours vous avez le feuilleton de ceux qui s'en vont, c'est quand même pas facile à gérer", a expliqué l'ex-frondeur.
"Ce n'est pas tant que moi je le gère mal, c'est que ce sont nos électeurs qui se disent finalement à quoi bon" ?, a-t-il continué, amer,  avant de conclure : "On aurait pu rêver campagne plus facile à mener".

D'autant que ses soutiens n'imprègnent pas la campagne de leur détermination à le faire gagner. 
Plusieurs membres du gouvernement l'ont abandonné en rase campagne : outre Manuel Valls, ex-premier ministre et le traître parmi les traîtres, l'illustre Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et troisième dans la hiérarchie gouvernementale a rallié Emmanuel Macron, après les secrétaires d’Etat Thierry Braillard (Parti radical de gauche, PRG) et Barbara Pompili (Parti écologiste). 
Outre Bernard Cazeneuve, par obligation, ou Matthias Fekl, restent Najat Vallaud-Belkacem ou Emmanuelle Cosse  qui lui portent plus tort qu'elles ne le servent. 
D'autres tardent à clarifier leur positionnement ou à militer au côté de Hamon. Ainsi, Michel Sapin, ministre de l’Economie et des finances, Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’enfance et des droits des femmes, Thierry Mandon, secrétaire d’Etat, enseignement supérieur et de recherche, ou Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des personnes âgées.
Fans de Hamon

Son équipe de campagne s'est-elle dissoute ?
Le premier cercle est composé du premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui n'avait pas d'autre choix, la maire de Paris, Anne Hidalgo, une frondeuse, ou l’ancienne ministre de la Famille de Jean-Marc Ayrault, Dominique Bertinotti, grande déçue du quinquennat. Mais aucun autre poids lourd du PS, ni du gouvernement. Ayrault, actuel ministre des Affaires étrangères, qui ne sait pas faire mieux que d'expédier les affaires courantes, ne s'est d'ailleurs pas déterminé.

Le sénateur Luc Carvounas, né de parents turcs, ex-cadre territorial, partisan du mariage homosexuel et proche de Manuel Valls (un chat noir socialiste : il fut directeur de campagne  de Valls dans le cadre des primaires du Parti socialiste et de Claude Bartolone, tête de liste PS battu à l'élection régionale de 2015), qui avait hérité, quant à lui, de l’animation d’un 'conseil parlementaire', est très présent dans les media, tandis que son collègue David Assouline, soutien de Vincent Peillon, chargé de la 'riposte', n'est pas très audible. De son côté, le hollandais Rachid Temal avait  la charge stratégique de la mobilisation du parti (meetings, etc.) et on a vu ce que ça a donné. "Je ne leur ai pas demandé de venir avec leur étiquette Peillon, Montebourg, Valls ou Hollande", a tenté de faire valoir Benoît Hamon, qui s’est défendu d’avoir élaboré un casting respectant toutes les sensibilités radicales. "Ce n’est pas un congrès du PS", avait-il lancé. Il lui était en effet reproché de faire une campagne de congrès plutôt qu’une campagne présidentielle.

Parmi ses sept porte-parole figurent ainsi deux proches de François Hollande, la sénatrice Frédérique Espagnac (qui a eu du mal à faire le deuil de la candidature du président sortant) et le député Sébastien Denaja (qui avait intégré l’équipe de Vincent Peillon pendant la primaire). Mais aussi deux soutiens d’Arnaud Montebourg : son épouse, l’ex-ministre de la Culture contestée, Aurélie Filippetti , et le frondeur Jérôme Guedj, joueur de Scrabble en séance de l'Assemblée nationale.

Benoît Hamon a évoqué lundi le poids d'un quinquennat qui a "déçu"

Le siège de campagne de Benoît Hamon a été installé dans une ancienne manufacture située au cœur du 10e arrondissement de Paris – ici le 11 février 2017 lors de l’inauguration.Benoît Hamon a mis en cause les gouvernements successifs de Hollande, bien qu'il ait lui-même participé 4 mois à celui de Valls, expliquant sur RTL"parce qu'il y a le bilan d'un quinquennat".
"Cela vous plombe en tant que candidat socialiste ?", a interrogé la journaliste. "Incontestablement, ça pèse", a répondu le quinquagénaire.

Benoît Hamon a affirmé que l'électorat de gauche a été "déçu" par le quinquennat de François Hollande, évoquant la déchéance de nationalité, la loi Travail, et "l'échec sur le chômage", dont son soutien, Arnaud  Montebourg, ancien ministre du Redressement productif (2012-2014), porte pourtant une large part  de la responsabilité.

Coincé entre la dynamique Mélenchon et l'aspirateur Macron, il a mis en cause le réflexe de vote utile. "Il y a beaucoup d'électeurs qui sont dans le vote utile, le vote contre, mais il n'y a pas de raison d'essayer de se faire du bien, d'améliorer sa propre vie", a déclaré l'apparatchik, eurodéputé à la faveur d'un scrutin de liste.

Les derniers sondages donnent le candidat socialiste 
en dessous de 10% d'intentions de vote, à 9 %, à moins de deux semaines du premier tour, selon l'enquête Kantar Sodres-One Point, loin derrière le candidat de l'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise) qui est crédité de 18 % des voix (+6 points, si on veut bien croire à la manipulation), deux fois plus, pour faire croire aux indécis-es et aux abstentionnistes qu'il disputerait la troisième place à François Fillon.


Benoît Hamon appellera à voter Jean-Luc Mélenchon s’il perd au premier tour
C'est l'annonce que le candidat du PS a faite samedi dans l’émission de divertissement politique 'On n’est pas couché'. Le candidat de la 'Belle Alliance Populaire' trahi par les siens a précisé :

"Parce que je considère qu’il y a, sur le fond, des proximités politiques. Sinon, nous n’aurions pas essayé de nous rassembler (…), c’est la proposition que je lui avais faite. Et pourquoi je la lui avais faite une deuxième fois. Quand il m’avait dit "Manuel Valls, c’est ce qui pose problème dans ton rassemblement", Manuel Valls est [depuis] parti, il a soutenu Emmanuel Macron, donc je me suis tourné à nouveau vers Jean-Luc, je lui ai dit : Manuel Valls n’est plus là, pourquoi ne viens-tu pas ?"

mercredi 7 décembre 2016

Valls fait se dresser un front uni contre lui

Ceux qui aimeraient le voir chuter à la primaire promettent à Valls une campagne minée  

Lancé dans une aventure présidentielle perdue d'avance, Manuel Valls va regretter Matignon  

Le candidat exalté n'est plus désormais qu'un ex-premier ministre parmi d'autres. Dans les premières heures de l'annonce de sa candidature, Hollande lui a trouvé "un frère", Bernard Cazeneuve, pour le remplacer: un jeu de chaises musicales, puisque Nanard avait déjà succédé à Manu, place Beauvau. Adieu berlines de la République et escortes officielles, palais de la République, appui des préfectures et des ambassades pour les déplacements, cabinet de plusieurs dizaines de têtes coupées de la vraie vie... 

Repassé en mode artisanat depuis l'annonce de sa candidature lundi à Evry, Manuel Valls a engrangé des ralliements : le patron des sénateurs PS, Didier Guillaume, le député de l'Ardèche, la petite crevure volubile, Olivier Dussopt, jusqu'ici classé aubryste et donc marqué à la gauche du PS. 

Côté gouvernement, des femmes secrétaires d'Etat, ses vallsettes : l'ambitieuse Juliette Méadel, secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes (et donc à Hollande), la féministe bornée Laurence Rossignol, ancienne secrétaire d'État chargée de la Famille, que la testostérone n'effraie pas autant qu'il transparaît dans ses propos, Pascale Boistard, chargée des personnes âgéesEricka Bareigts que Valls a sortie de l'ombre pour en faire la ministre des Outre-Mer, mais aussi des hommes, ministres : Patrick Kanner, son ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports parce que concurrent de Martine Aubry, ou Harlem Désir, qui a beaucoup dérivé depuis SOS Racisme et n'est plus regardant sur les propos du patron sur les Rom ou l'accueil de toute la misère du monde, sont montés à bord du frêle esquif vallsiste : des ralliements qui pourraient le desservir encore davantage.

L'ancien mentor de Hollande a retrouvé quelque 150 parlementaires venus "en soutien" après son intervention au 20h00 de France 2 mardi soir, selon ses partisans. "On était plutôt contents" du nombre de participants, a indiqué un membre de l'équipe de campagne. En vérité, les soutiens ne se précipitent pas.

Un front anti-Valls se dresse sur son chemin

"Le rassemblement est en oeuvre, mais cette campagne sera rude", reconnaît un lieutenant du Premier ministre qui se dit "pas inquiet". Bruno Le Roux qui, fin octobre, avait qualifié Manuel Valls de "plus légitime à porter nos couleurs" en cas de renoncement de Hollande, a fait savoir lundi qu'il "attend de voir", depuis que Hollande la placé Place Beauvau comme ministre de l'Intérieur de Cazeneuve. Comme d'autres lieutenants de François Hollande, Stéphane Le Foll ou François Rebsamen, lequel aurait refusé la succession de Cazeneuve, venue trop tard.

Le changement de gouvernement de mardi n'a pas encore déclenché la guerre contre l'Elysée: Bernard Cazeneuve est plus "vallso-compatible" qu'un Stéphane Le Foll, qui, selon la presse, faisait partie des "premiers ministrables", derrière Marisol Touraine, autre déçue. Lors de la passation de pouvoirs, il a dit "son amitié indéfectible" à Manuel Valls, sans toutefois exprimer de soutien direct à la campagne de son prédécesseur.

Hollande met le vallsiste Le Guen au placard 

A l'approche de la primaire socialiste, fin janvier, un proche bourrin de Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, s'est fait sanctionner avec la perte du stratégique secrétariat des Relations avec le Parlement au profit du 'hollandais' André Vallini, 60 ans. Pressenti au ministère de la Justice, en cas de victoire de Lionel Jospin en 2002, puis de Ségolène Royal en 2007, il comptait à nouveau sur ce portefeuille en 2012, lors de l'accession à la présidence de la République de Hollande qui lui préféra finalement Christiane Taubira. A l'Elysée en fin de règne, l'heure est aux récompenses des dindons de la farce hollandienne, mais on se demande pourtant ce qu'il a bien pu réaliser, depuis avril 2014, comme secrétaire d'État chargé de la Réforme territoriale.

Du côté de la primaire, la sénatrice de l'aile gauche du PS Marie-Noëlle Lienemann envisage de retirer sa candidature et a promis dans tous les cas de soutenir "celui qui sera en situation de battre Manuel Valls", alors que se murmure l'annonce du retour de Vincent Peillon.

Selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé mardi et réalisé après le renoncement de François Hollande, mais avant la candidature officielle annoncée de Valls, l'ancien député-maire d'Evry, candidat controversé comme oligarque, ne recueillerait que 10% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle, très loin derrière François Fillon (27,5%). 

Pas d'effet d'annonce: Valls reste figé à la cinquième place, derrière également Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Mais Manuel Valls reste le candidat socialiste le mieux placé, devant ses rivaux de la primaire Arnaud Montebourg, l'enflé, et Benoît Hamon, l'insignifiant, crédités de 6 et 4% en cas d'investiture.

Si les précédents échecs de Jacques Chirac en 1988, Edouard Balladur en 1995 et Lionel Jospin en 2002 ont montré la difficulté de cumuler Matignon et candidature à la présidentielle, Manuel Valls doit désormais prouver que le modèle de la "liberté" est une meilleure piste. Le seul précédent Georges Pompidou, dans les années 60, ne lui sera guère utile.

Manuel Valls n'a pas craint de placer sa déclaration sous le signe de la "réconciliation". 
Doucereux, il a rangé aux archives les "mots durs", les "incompréhensions" et ses propos polémiques ("positions irréconciliables" visant Mélenchon, "expliquer c'est un peu excuser" sur les attentats, etc.). Plus question d'autoritarisme et de coups de menton au moment de se lancer dans une guerre intestine et nauséabonde pour une primaire qui a lieu dans sept semaines seulement (22-29 janvier) entre une foultitude de candidats, probablement bientôt  assez nombreux pour constituer une équipe de rugby, alors que les sondages promettent une élimination de la gauche - PS et extrême gauche -  au premier tour de la présidentielle fin avril.
"La gauche est challenger ("concurrente", en français); on est 4e ou 5e, donc il faut faire attention", résume un vallsiste.

Mercredi, Manuel Valls entamera une campagne qui se veut de "terrain" dans le Doubs, terre industrieuse de l'Est et roulée dans la farine par Montebourg. Il participera à un meeting à Audincourt (commune socialiste de Montbéliard, terre d'élection de Pierre Moscovici), théâtre d'un duel serré entre le PS et le FN à une législative partielle en 2015, finalement emportée par le socialiste Frédéric Barbier, candidat PS moribond qu'il est venu par deux fois soutenir à une législative partielle: donné perdant, le socialiste avait profité d'une triangulaire pour l'emporter sur l'UMP et, surtout, sur Sophie Montel, candidate Front devenue un porte-bonheur. Le superstitieux aurait-il besoin de se rassurer ?

dimanche 4 décembre 2016

PS: la Belle Alliance Populaire a fait le deuil de son candidat naturel

Jusqu'au bout, le président sortant aura marqué l'Histoire de sa nullité

Le cimetière des éléphants était clairsemé à  la convention du PS 

Sous le choc de la retraite en rase campagne de leur chef de guerre, des militants abandonnés ont versé des pleurs,  tandis que les principaux candidats à sa succession n'avaient pas fait le déplacement, hier.
 
Brutus avait respecté la douleur des proches en se tenant loin de la réunion de famille, avant d'assumer le bilan collectif, une fois passé le délai de viduité. Mais les proches de l'héritier présomptif, en revanche, n'ont respecté aucun délai de décence. "Vous le voyez venir se déclarer ici, devant cette salle bien garnie ? Allez, je vous donne rendez-vous dans six mois à l'Elysée !" balance, avec arrogance, un vallsiste au fond du hangar parisien où quelque 2.000 militants (3.000, selon le PS: et 4.000, selon la police de Cazeneuve?) assistent à la convention de la Belle Alliance populaire (BAP) de Jean-Christophe Cambadélis, dans une ambiance funèbre. 

La veillée mortuaire vire à l'éloge funèbre à la soviétique

Cambadélis organisa le fiasco de la candidature présidentielle en déni en réunion. La convention devait donner le coup d'envoi de la primaire du PS, mais elle tourna hier aux funérailles politiques de François Hollande, deux jours après son renoncement à un second mandat, du fait de son incapacité à rassembler la famille socialiste éclatée. Et de fait, les poids lourds déclarés ou supputés de la compétition interne brillèrent par leur absence.
 
Au premier rang des outrageurs de la mémoire du souverain, maître Arnaud Montebourg et son valet Benoît Hamon. 
Mais également Manuel Valls. Le Premier ministre a préféré aller se ressourcer dans sa circonscription d'Evry (Essonne) pour le Téléthon, chez son ami Francis Chouat. Pour sa candidature, il faudra encore patienter, peut-être jusqu'à... demain lundi. Valls avait toutefois daigné envoyer ses hommes, mais pour humer l'ambiance à la BAP, tels les renifleurs Luc Carvounas, sénateur, Philippe Doucet, député, ou son bras droit à Matignon Yves Colmou. Brutus avait jugé prématuré de s'afficher en successeur putatif. Le choc du retrait de Hollande n'était pas digéré et le risque était réel d'essuyer des sifflets.

Mais des noms circulent pour contrer l'impudent

Evoquées comme possibles candidates, les ministres Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem ont fait un tabac, mais se sont contentées de rendre hommage au président. "Ma stratégie pour la primaire, ce sera de voter pour un tocard pour qu'on n'ait pas Valls !" annonce une militante socialiste. 
Dans les allées, beaucoup de déçus ont les yeux rougis: regrets d'un vote passé catastrophique ou anticipation d'une longue et douloureuse traversée du désert ? 
Un sexagénaire est amer à l'évocation de Hollande : "je regrette sa décision, j'aurais voulu qu'il soit candidat. Ceux qui se sont déclarés n'avaient qu'une idée en tête : le sortir ! Aucun ne mérite mon soutien. Moins je les vois, mieux je me porte !"

Qui pour lui succéder ? Sans conviction, certains citent Christiane Taubira, Ségolène Royal ou Emmanuel Macron.  Rare sont ceux qui évoquent Manuel Valls, le premier ministre autoritaire, sécuritaire et cassant, de surcroît jugé trop centriste, voire socio-libéral. " Mon préféré, c'était Hollande. Je suis triste, mais d'une tristesse admirative. Rien que de vous le dire, j'ai les larmes aux yeux, confie une septugénaire. Pour la suite, je ne vois pas... J'espère qu'on pourra se rassembler."
 
Ils désespèrent tous que la gauche s'unisse derrière son candidat, quel qu'il soit. Quand, à la tribune, Cambadélis a  culpabilisé Mélenchon et Macron, les sommant de se soumettre à la primaire du PS, le public s'est levé, avec ce cri du coeur : "Unité ! Unité !" 
Message reçu ? Au fond de la salle, un émissaire vallsiste ironise sur Montebourg et Macron, "ces sous-sous leadeurs de sous-sous courants". Les partisans de Valls ne sont pas prêts à composer.

mardi 29 novembre 2016

Macron et Montebourg appellent Valls à la démission

Macron et Montebourg associent leurs voix contre Valls  

Le Premier ministre a expliqué qu'il n'exclut pas d'être candidat à la primaire de la gauche. 


Baisse les yeux, François !
Même contre Hollande, président en exercice. 
Ses opposants demandent donc à l'infidèle de démissionner, puisque Hollande n'a pas encore laissé la place. Une situation politique d'exception, de type putsch, couplée à une exception constitutionnelle dans laquelle les têtes de l'exécutif feraient campagne l'un contre l'autre sur la place publique dans l'exercice de leurs fonctions. Son entourage laisse en effet courir la rumeur selon laquelle François Hollande se lancera dans la course début décembre. 

Un président de la République face à son Premier ministre.
"Je prendrai ma décision en conscience", a lâché Brutus dans le JDD. Jusqu'alors en France, aucun chef de gouvernement n'avait défié un chef de l'Etat en exercice. 
De nombreuses voix s'élèvent depuis pour appeler au départ de Manuel Valls. "Des ministres outrés, notamment," ont appelé le président pour lui demander le départ de son second, révèle Le Parisien. Des appels discrets remplacés dimanche soir par un appel solennel. 

Une situation "pas tenable": l'un des deux est de trop 

Manuel Valls "est déjà allé trop loin," explique Emmanuel Macron sur France 2 dimanche soir. "Quand on est Premier ministre d'un pays dont on dit chaque jour qu'il est dans une situation historiquement grave, on ne tient pas ces propos sur le président de la République", a déploré l'ex-ministre de François Hollande et tout juste déclaré candidat à la présidentielle. L'ex-patron de Bercy l'engage à "prendre ses responsabilités". 
Ancien protégé de François Hollande, Emmanuel Macron, estimant que le climat à la tête de l'Etat n'est "pas tenable", se défend de toute vengeance, bien que, comme d'autres ministres, il ait été souvent recadré par un premier ministre autoritaire et cassant.

Macron se cite en exemple à Valls. 
"Quand j'ai eu des désaccords, je les ai exprimés et j'ai pris mes responsabilités en quittant le gouvernement", insiste le fondateur du mouvement En Marche !, qui a cédé son poste de ministre de l'Economie fin août.

Arnaud Montebourg estime que Valls doit être démis pour forfaiture

Il s'était déjà interrogé sur l'avenir de Manuel Valls à Matignon. Interrogé sur France 2 sur cette rivalité, le candidat à la primaire de la gauche a estimé que "cela doit cesser (...) dans l'intérêt du pays et y compris dans l'intérêt de la gauche". "On ne peut pas être à la fois Premier ministre et candidat à la primaire", insiste l'ancien ministre du Redressement productif manqué. "Cela veut dire qu'il y a une bataille politique au sommet de l'Etat", analyse-t-il. 

"Qu'il présente sa candidature à la primaire et, dans ce cas-là, qu'il présente sa démission." "Il devrait aller au bout de sa visible et éphémère exaspération", taclait déjà il y a plusieurs semaines Arnaud Montebourg qui, lui, avait claqué la porte du gouvernement en 2014 après une série de différends sur plusieurs sujets avec le locataire de Matignon. 
"Dans ce couteau qui a déchiré la gauche, entre la déchéance de nationalité, la loi Travail, le coup de force du 49-3 au Parlement, je me demande qui était la lame ou le manche de François Hollande ou Manuel Valls", interroge-t-il. 
Aucun arbitrage n'est possible: le plus mou se retirera.

lundi 28 novembre 2016

"Il n'y aura pas de primaire entre le président et le Premier ministre", affirme Le Foll

Le président sortant refuse de se soumettre à la règle commune 

Le
s éléphants du PS répliquent aux propos de son premier ministre qui se dit "prêt" au "face-à-face" avec Hollande en 2017

Ils tentent d'étouffer l'incendie allumé par Manuel Valls qui a annoncé dimanche sa candidature à la primaire à gauche face à François Hollande.

"Il n'y aura pas de primaire entre le président de la République et le Premier ministre: cela ne peut pas s'imaginer," a répliqué le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, au micro d'Europe 1, lundi 28 novembre.

Le porte-parole du gouvernement a estimé que Manuel Valls a "tout à fait la possibilité" d'être candidat, "mais à ce moment-là, il n'est plus Premier ministre".
Valls peut-il même rester premier ministre à la suite de son coup de force dans la presse ?

Le feu à la baraque à frites

Un peu plus tôt sur France 2, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a demandé que s'"arrête" la "rage de fragmentation" à gauche. "Rien d'irréparable n'a été dit", a-t-il toutefois assuré, soulignant qu'il n'y a "pas de désaccord politique stratégique" entre François Hollande et Manuel Valls.

Le putsch du premier ministre a-t-il fait pschitt ?
Valls, qui mettait un point d'honneur à jurer de sa loyauté à Hollande, a franchi le Rubicond, se mettant hors-la-loi dans la guerre picrocholine livrée depuis plusieurs semaines au président de la République, en assurant dans Le Journal du dimanche qu'il se "prépare" et est "prêt" au "face-à-face" avec la droite: Brutus tente d'être calife  à la place du calife ?