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samedi 3 juin 2017

Législatives : des candidats à écarter pour sauver le projet de loi de moralisation de la vie publique ?

La "moralisation de la vie publique",  stratégie de prise du pouvoir ou fumisterie? 

Record vivant, ce socialiste brigue un neuvième mandat de député

Décor de Guignol

Est-ce tellement scandaleux ?
"Ce sont les électeurs qui m'ont élu, sur la base de mon travail parlementaire !" se défend le docteur Bapt, convaincu que son expérience a permis la résolution de problèmes. "Je conçois qu'on me reproche d'avoir fait trop de mandats", concède toutefois le député PS Gérard Bapt, installé au Palais Bourbon depuis 1978. Spécialiste des questions de santé, le septuagénaire entame une nouvelle campagne électorale sur la 2e circonscription de Haute-Garonne.
Il est le seul à avoir siégé pendant la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Depuis, il a vu passer François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande à l'Elysée. Elu depuis 1978 en Haute-Garonne, le socialiste Gérard Bapt, 71 ans, a déjà effectué neuf campagnes – dont une seule s'est soldée par une défaite, en 1993 – et huit mandats. Aujourd'hui, ce champion de la longévité politique signerait bien pour un neuvième. Avec l'aide de trois assistants parlementaires dans sa petite permanence toulousaine où des affiches au mur montrent un Gérard Bapt jeune: une TPE (très petite entreprise, moins de 10 salariés, dont un directeur de campagne). La nouvelle affiche du candidat et de sa suppléante porte un court slogan : "Des valeurs sûres !"




Sur les murs de la permanence de Gérard Bapt, les affiches électorales des campagnes passées côtoient les cartes postales et les plans de la circonscription.

Problème : crashée à la présidentielle, le Parti socialiste est en cours de recomposition. 
Benoît Hamon a décidé de ne pas soutenir le senior. Le frondeur a le souci de "renouvellement", comme Emmanuel Macron, mais la comparaison avec l'ex-banquier s'arrête là : les ondes de choc consécutives au tsunami provoqué par Macron sèment la ruine à gauche... Les nouveaux rapports de forces sont indiqués sur les curseurs respectifs établis dimanche 23 avril: au premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron a obtenu 27,5% des voix dans cette circonscription, suivi de Jean-Luc Mélenchon (24,9%) et très loin devant les 8,5% de Benoît Hamon. Un électeur sur trois se situe à gauche  à Toulouse.

Au vieux docteur au teint trop clair, le candidat officiel et battu du PS à la présidentiel a donc préféré le candidat écologiste et conseiller municipal Salah Amokrane, tête de liste du mouvement des Motivié-e-s, des proches de la LCR et des antilibéraux du Collectif unitaire anti-libéral, en rupture avec le PS, alors que des membres du groupe Zebda sont restés alliés au PSMais Hamon, dont Bapt a parrainé la candidature, s'est, quant à lui, clairement radicalisé. Comme la maire de Paris, Anne Hidalgo, l'ex-candidat socialiste travaille en effet à la formation de son propre mouvement, annoncé pour le 1er juillet, pour reconstruire une gauche inventive".
Candidat aux élections législatives à sa succession dans les Yvelines, Benoît Hamon s'est d'ailleurs allié à plusieurs candidats soutenus par le PCF et les altermondialistes d'EELV, contre des candidats comme Manuel Valls, François de Rugy, Myriam El Khomri ou Malek Boutih.

A Toulouse, le  socialiste conservateur oppose sa légitimité républicaine 
Gérard Bapt en train de distribuer des tracts dans le quartier toulousain d\'Amouroux, le 23 mai 2017.à ses adversaires qui estiment que le député sortant septuagénaire a fait son temps.
"Je conçois qu'on me reproche d'avoir fait trop de mandats, mais je rappelle que ce sont les électeurs qui m'ont élu, sur la base de mon travail parlementaire !" souligna le cardiologue Gérard Bapt, sur franceinfo. "Je suis le député qui a fait interdire les biberons au bisphénol". Or, le fond de commerce de Hamon n'est-il pas pourtant les perturbateurs endocriniens ? Contre l'idéologie et l'ambition personnelle, la raison est inopérante. C'est donc en ces termes que se pose le problème. Les  électeurs cloront-ils le débat les 11 et 18 juin ? L'idéologie actuellement dominante et les media dans l'air du temps pourraient prévaloir...

357 députés sortants pour 577 désapprouvent l'engouement actuel pour le renouvellement

Un renouvellement inédit, largement dû à la sélection naturelle, juste aggravée par le "jeunisme" et le "dégagisme" ambiants, est annoncé à l'Assemblée nationale

A cet égard, il faut observer que la droite n'est pas de reste sur ce créneau : elle est même à l'avant garde, si on songe à l'action du mouvement 577-Les Indépendants, étiquette "577 pour la France" (Divers droite), initié en 2008 par Jean-Christophe Fromantin, le député-maire de Neuilly-sur-Seine, lequel recrute des candidats issus de la société civile. Ainsi, Delphine Benin, professeur et directeur exécutif de master à HEC Paris, ainsi que présidente d’association du VIe arrondissement, sera candidate divers droite dans la 2e circonscription de Paris (5e, 6e, 7e arrondissements), avec pour suppléant le professeur Laurent Lantieri, qui avait été le premier chirurgien à réaliser une greffe totale de visage en 2010, a décidé de s’engager en politique à l’occasion des élections législatives de juin, avec l’objectif de contrer Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a été parachutée dans la circonscription de François Fillon, qui ne se représente pas.

Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste en fonction depuis avril 2014, 
a lui aussi fait une tentative d'ouverture du PS à la société civile: c'était le coup foiré de la BAP, Belle Alliance Populaire.

Promesse du candidat Hollande, la réforme se voulait stricte. Aucun député, sénateur ou député européen ne pourra être maire, adjoint au maire, président ou vice-président d'un département, d'une région ou d'une intercommunalité. Il ne pourra pas non plus détenir de fonction exécutive dans un syndicat de communes ou une société d'économie mixte. Elle était prévue pour entrer en vigueur à partir de 2017 (2019 pour les eurodéputés)...
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait prévenu : il n'acceptera "aucun amendement". "C'est une réforme qui doit être nette. Durant cette législature, il aura été mis fin au cumul", avait-il déclaré à la presse depuis la Guadeloupe.
"Nous sommes totalement contre", avait affirmé Christian Jacob, chef du groupe des députés UMP à l'Assemblée. L'UDI s'était déclarée "majoritairement" contre.

Un amendement au projet de loi sur le non-cumul des mandats a pourtant été déposé par une trentaine de députés PS et adoptélors du passage en commission. 
Il propose, au grand dam d'une majorité d'élus, de limiter le nombre de mandats successifs à trois. Lors de la présentation de son projet de réforme et de moralisation de la vie publique, Bayrou, suiveur en tout, y a souscrit une fois devenu garde des Sceaux.  Or, si on retranche le temps passé au ministère de l'Education et au Parlement européen, Bayrou est député depuis 1986: 27 ans et quatre mandats. Le porteur de la loi de moralisation de Macron est tout de même ministre pour la quatrième fois et, si son projet de loi passait, il n'aurait plus aucune possibilité de réélection au Palais Bourbon. 
En même temps, en 1922, à l'issue de la prochaine législature, la XVe, il aurait 71 ans ans, comme Gérard Bapt et pourra se consacrer à son haras. Il est agriculteur pour éviter de payer l'ISF : l'esprit citoyen fait partie de la moralisation...

Dans le groupe socialiste, seul le chevènementiste Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne, a voté contre l'amendement des 30. 
De plus, deux socialistes, Sophie Dessus, qui a repris le siège de François Hollande en Corrèze, et Hugues Fourage (Vendée), avaient voté des amendements visant à permettre aux maires d'être parlementaires.


L'amendement selon lequel "nul ne peut exercer plus de trois mandats successifs" a fait son entrée par surprise dans le projet de loi, à la faveur d'une offensive menée par Philippe Baumel, néo-député PS de Saône-et-Loire depuis 2012, membre du mouvement Rénover maintenant, proche d'Arnaud Montebourg, député pendant trois législatures et quinze ans, et qui ne se représente pas.

"Le cumul dans le temps nuit à une nécessaire respiration démocratique", plaidèrent les députés socialistes :

Chaynesse Khirouni, néo-députée (2012) PS de Meurthe-et-Moselle, militante de l’ADIE, association de microcrédit, soutien de Benoî Hamon;

Philippe Baumel, député PS de Saône-et-Loire;
Philippe Noguès, néo-député PS du Morbihan: il accorda son parrainage à Benoît Hamon;
Matthias Fekl, néo-député PS du Lot-et-Garonne, ministre de l'Intérieur à la suite de la démission de Bruno Le Roux, pour emplois fictifs de ses filles, et proche de Benoît Hamon;
Serge Bardy, néo-député PS de Maine-et-Loire et soutien de Benoît Hamon;
Jacques Valax, député PS du Tarn pendant deux législatures: suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris, il co-signa un amendement présenté dans le cadre de la loi de prolongation de l'état d'urgence par la députée de Paris Sandrine Mazetier visant, contre l'avis du gouvernement, à rétablir la censure sur la presse, la radio, le cinéma et le théâtre;
Philip Cordery, député PS des Français du Benelux;
Colette Capdevielle, députée PS des Pyrénées-Atlantiques (ne s'est prononcée en faveur d'aucune tête de gondole);
Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, roule pour Hamon;
Pascale Crozon, députée PS du Rhône, penche pour Hamon;
Thomas Thévenoud, député PS de Saône-et-Loire: condamné, il se fait soigner quelque part;
Elisabeth Pochon, députée PS de Seine-Saint-Denis, est avec Hamon;

Valérie Corre, députée PS du Loiret (ne s'est prononcée pour aucun).

Parmi les
28 signataires, outre 
Philippe Baumel, on compte Cécile Untermaier (Saône-et-Loire, également), Édith Gueugneau (Saône-et-Loire, comme par hasard) et ...Thomas Thévenoud (Saône-et-Loire encore) mais qui s'est retiré de la vie politique avant l'âge sur condamnation sur fraude fiscale et inéligibilité. Le texte  concerne les députés, mais aussi les sénateurs. "Ce n’est pas une idée neuve, explique pourtant Philippe Baumel: Arnaud Montebourg en parlait déjà il y a 15 ans," Pour le député, limiter à 3 le nombre de mandats est "essentiel au renouvellement de la vie politique."  "Le Parlement ne doit pas être une rente de situation. Pour que la République soit vivifiée, il est utile que les responsabilités tournent."

Plus d'un tiers des députés ne briguera pas un nouveau mandat lors des scrutins des 11 et 18 juin. 

Edouard Philippe, au théâtre 
de marionnettes de Macron
Au moins 212 députés ne se représentent pas loi limitant le cumul des mandats, lassitude, certitude de l'échec... 

Champion du cumul des mandats, Philippe Madrelle, le César de la Gironde, a renoncé, à 80 ans, après cinq élections au Sénat depuis 1980.

René Dosière est député de l'Aisne depuis 20 ans. Après quatre législatures,  à 76 ans, ce spécialiste de la gestion des finances publiques lâche prise.

Le néo-député socialiste Pascal Popelin (Seine-St-Denis) a estimé en 2013 que cette loi "va affaiblir le Parlement". Mais il l'a votée tout de même. A 50 ans, il se retire de la vie politique.

T
out aussi cohérent, François Loncle, 76 ans, élu député de l'Eure en 1981 pour la première fois, a reconnu avoir "accumulé" des mandats, avant de considérer que c'était "une aberration". Il s'est en revanche opposé à toute limitation des mandats dans le temps. Après avoir parrainé Macron, il ne postule décemment plus à un cinquième mandat...

Mais qui sont les empêcheurs de "moralisation" de la vie publique ?

Macron en Guignol
Déjà isolé à l'époque dans son camp, l'ancien ministre UMP Bruno Le Maire avait reproché au gouvernement ne pas aller assez loin, critiquant particulièrement le report à 2017. "Une promesse de campagne est une promesse de campagne je ne vois aucune raison juridique de le reporter", avait-il lancé, en faisant référence à l'engagement de François Hollande de supprimer le cumul. Il est aujourd'hui ministre de l'Economie de Macron et se représente dans l'Eure !

Le secrétaire général des RépublicainsBernard Accoyer a annoncé que LR a investi un candidat face à lui dans l'Eure : il n'entend pas abandonner le combat contre le projet d'En Marche ! aux législatives malgré la nomination de membres de son parti, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, dans le gouvernement d'Édouard Philippe, un juppéiste (LR).

Concernant les autres candidats Les Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet (arrière-petite-fille d'élu communiste et ex-épouse de socialiste, mais elle-même conseiller de Jack Lang au ministère de l'Éducation nationale de 2000 à 2002), Gilles Boyer et Thierry Solère, proches d'Alain Juppé, qui ont accepté, dans une tribune, la main tendue d'Emmanuel Macron, Bernard Accoyer préfère donner rendez-vous après les élections législatives. 
Les urnes devront jouerleur rôle: NKM qui a démissionné de la fonction publique en mars 2015 pour "ne pas avoir de filets de sécurité en cas d'échec en politique", se représente à l'Assemblée après trois mandats de députée (2002, 2007, 2012), sous l'étiquette officielle Les Républicains-Union des démocrates et indépendants (LR-UDI) dans les Yvelines, où Henri Guaino est venu la défier.

Ancien directeur de campagne d'Alain Juppé lors de la primaire présidentielle ,
Gilles Boyer qui est également un proche d'Édouard Philippe, actuel Premier ministre, a sollicité une première investiture Les Républicains pour les législatives 2017. Il est a retrouver dans la huitième circonscription des Hauts-de-Seine.

Thierry Solère,  démissionnaire suite à une enquête préliminaire pour omission de payement d'impôts sur le revenu entre 2010 et 2013, il a néanmoins reçu les faveurs de LREM le parti du  président Macron qui prône la moralisation de la vie publique et ne lui a opposé aucun candidat. Un sondage le donne perdant à Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine, contre une adjointe de Pierre-Christophe Baguet, maire de la ville.

Le groupe des députés PS contre la limitation des mandats successifs

Annick Lepetit, porte-parole des députés PS, a approuvé que "le groupe PS à l'Assemblée soutienne le gouvernement qui a déposé un amendement supprimant l'amendement adopté par la commission pour restreindre le cumul dans le temps". Elle est candidate à Paris, dans la 3e circonscription et, députée depuis 15 ans (2002), elle doit dégager.

Gilles Savary est candidat sortant (2012) dans la 9ème circonscription de Gironde (33). Or, il est conseiller régional d'Aquitaine depuis 1998.... A 63 ans, il n'est pas trop jeune pour céder la place.

L'ambitieux 
Olivier Dussopt qui se représente sous l'étiquette du PS en Ardèche pour une troisième fois, est un proche de Benoît Hamon en 2007, mais Manuel Valls en 2017. Qui sait où il se situe aujourd'hui ? Début février, il était indécis (comme Pascal Terrasse, PS, en Ardèche aussi)... Gageons que ce socialiste est macron-compatible !

Sandrine Mazetier, députée depuis 2007, elle brigue un troisième mandat avec le PS à Paris en 2017, face à une candidate de la République en Marche (LREM), Laetitia Avia, une "inconnue" de 31 ans, issue de la diversité et originaire d’un quartier populaire de Seine-Saint-Denis. Mazetier défendit et fit adopter à l'Assemblée un amendement PS au projet de loi pour une république numérique, rendant passible de prison, de fortes amendes et même d'expulsion de son logement, toute personne louant son bien sur une plateforme, telle Airbnb, sans avoir l'autorisation écrite de son propriétaire (art. 23 bis et ter du projet de loi adopté). "La nomination d’un Premier ministre de droite a clarifié les choses", insiste Sandrine Mazetier qui plaide en faveur du vote pour « une gauche utile » et vigilante. Elle est proche de Martine Aubry et fut membre l'équipe de campagne présidentielle de Benoît Hamon.
Macron, au centre, aux Guignols de l'info de Canal+

Dans un courrier du 24 avril 2008 à François Hollande, douze députés PS s'étonnaient de "l'oubli" du "non-cumul des mandats pour les parlementaires" dans l'ultime version des propositions socialistes sur les institutions. "Nous en appelons solennellement à toi pour que cet oubli puisse être rapidement réparé, écrivaient les députés à F. Hollande." Parmi les douze signataires, figuraient des proches de Ségolène Royal – qui s'était prononcée pour une limitation stricte du cumul pendant la campagne présidentielle – Aurélie Filippetti, proche de Hamon, députée de Moselle, où elle est à nouveau candidate dans la 1ère circonscription pour la troisième fois, Christophe Caresche, représentant de Paris depuis 1997, est à nouveau candidat PS pour une cinquième législature, et soutient Macron, et Delphine Batho se représente pour la troisième fois dans les Deux-Sèvres. et soutient Hamon.

Maisà l'origine de la démarche, étaient également deux députés de Paris signataires, proches de Dominique Strauss-Kahn, Sandrine Mazetier, ainsi que le député du Finistère, Jean-Jacques Urvoas, où il se présente pour un troisième mandat et l'apparatchik Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris depuis 1988, soit 29 ans, et qui sollicite une nouvelle prolongation de cinq années dans la 16e circonscription, en partie dans le populaire 19e arrondissement où les électeurs veilleront peut-être à enfin moraliser la vie publique.

En remportant sept nouvelles présidences de Conseils généraux en 2008, le PS avait vu la pratique du cumul s'amplifier dans ses rangs. Parmi les parlementaires nouvellement élus à la tête d'un exécutif départemental figurent notamment François Hollande (Corrèze), devenu président de la République en 2012, Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire), nommé ministre par le précédent, et Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis), élu président de l'Assemblée nationale par la majorité socialiste, alors que Laurent Fabius présidait la communauté d'agglomération de Rouen (Seine-Maritime) et le Conseil constitutionnel, aujourd'hui.

vendredi 20 janvier 2017

La compagne de Benoît Hamon, candidat gauchiste de la primaire socialiste...,

...est Gabrielle Gual­lar, cadre de direction de milliardaire 

Pas très "populaire", ni défavorisée, cette belle alliance-là !

Benoît Hamon a déjà créé la surprise, avant d'être le chouchou des sondeurs dans la course à l’in­ves­ti­ture de la gauche pour la prési­den­tielle. Or, sa compagne, et mère de ses enfants, est Gabrielle Gual­lar, ci-contre, dont certains pourraient souhaiter faire la connais­sance.

Qui pourrait être la Première Concubine de France ?    
Après une série de trois débats télé­vi­sés, la sélec­tion naturelle et démocratique par les urnes pourrait faire émerger le plus populiste de La Belle Alliance Populaire (BAP) face à François Fillon, Marine Le Pen, Emma­nuel Macron et autres. Si toutefois les sondeurs n'ont pas manipulé les militants et sympathisants qui feront le tri entre les sept compères socialistes, en assurant que Hamon vire en tête. 
Ils ont déjà fait le coup lors de la primaire de la droite et du centre en portant Alain Juppé à bouts de bras jusqu'à la chute du septuagénaire dans le secret des isoloirs et le triomphe inat­tendu de François Fillon, mais les commerçants en sondages et en boost de la presse mercantiliste récidivent avec Benoît Hamon qui a donc tout à craindre d'une réédition de la manipulation des media. 

À presque 50 ans, en juin prochain, Benoît Hamon est un apparatchik dont on ne connaissait encore aucune liaison  
mais il a enfin trouvé à se reproduire: il est le père de deux petites filles, nées de son histoire avec sa compagne Gabrielle Gual­lar. 
De cette dernière on sait très peu de choses, si ce n’est qu’elle est très dési­reuse de rester une femme de l’ombre. A la différence de son concubin qui pose torse nu, ci-contre. Les rares fois où il a parlé publique­ment de sa compagne, avec qui il est pacsé depuis quelques années, Benoît Hamon  a révélé son ori­gine danoise et... cata­lane de cette femme aux yeux clairs. 

Son parcours profes­sion­nel, tel qu'il est présenté sur son profil LinkedIn, est plus brillant que celui du candidat, qui a atteint le niveau bac +3. Une carrière dont Benoît Hamon ne porterait pas ombrage, comme il l’a prétendu sur le plateau de Punchline, l’émis­sion poli­tique de C8 présen­tée par Laurence Ferrari : "Je suis très fier que ma femme soit cent fois plus diplô­mée que moi, elle a un très beau métier, mais ce n’est pas grâce à moi". Vanité ou sentiment refoulé d'humiliation ?
Elle a pourtant débuté sa carrière en 2000 tant que Conseil en stra­té­gies affaires euro­péennes pendant six ans.

Elle s'est ensuite fait caser comme conseillère aux affaires euro­péennes du Centre natio­nal du cinéma et de l’image animée (CNC) un établissement... public. 


Un poste où elle repré­sen­tait les auto­ri­tés françaises à Bruxelles en tant qu’ex­perte et elle gérait, entre autres missions, les aides publiques accor­dées par l’Etat français au cinéma. Une raison suffisante pour que le star-system ait des sympathies pour le gauchiste.


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Elle avait quitté le secteur public pour retour­ner dans le privé en inté­grant le groupe LVMH en juillet 2014. Elle y occupe depuis la fonc­tion de Respon­sable des Affaires Publiques–Secré­ta­riat géné­ral au sommet de ce leader mondial du...  luxe. Un métier qui s’était retrouvé au cœur d’une polé­mique en octobre dernier. Pres­senti pour être l’in­vité de Karine Le Marchand dans son émis­sion 'Une ambi­tion intime', le socia­liste proche de Mélenchon (Parti de gauche) avait fina­le­ment préféré décli­ner la propo­si­tion, arguant sur sa page Face­book que : " Verser une larme ou révé­ler une part choi­sie de [son] inti­mité ne dirait rien de [sa] capa­cité à entendre les préoc­cu­pa­tions des Français et à y répondre. 
Afficher l'image d'origineCe chemin, celui de la sobriété, n’est pas celui de la faci­lité, mais il corres­pond à [ses] convic­tions profondes". 

Le candidat peine à assumer et balance une justi­fi­ca­tion des plus foireuses d’après les infor­ma­tions recueillies par Le Pari­sien dans les coulisses de la produc­tion du show de M6. "Ce n'est pas la vraie raison. Il était à fond dans le truc lors de la discus­sion de travail de plus d'une heure que nous avons eu avec lui le 10 octobre."

Le poste élevé occupé par Gabrielle Gual­lar dans l’or­ga­ni­gramme de LVMH aurait posé problème au candi­dat,   
d’après l’équipe de prod’ de Karine Le Marchand :  "C'est quand on lui a parlé de sa femme qu'on a vu qu'il y avait un petit souci… On a bien compris que ça lui posait problème en tant que candi­dat de la gauche du PS ". 

Un malaise balayé d’un revers de main par Benoît Hamon : "Je n’ai pas envie que la vie de ma femme soit impac­tée par la mienne. Le jour où elle est présen­tée comme Madame Hamon, sa vie n’est plus la même". 
Il n'est pourtant pas assuré que si son compa­gnon accédait à la plus haute fonc­tion de la Répu­blique, elle serait alors connue dans le monde entier comme la "femme de...". Encore faudrait-il qu'elle abandonnât un poste copieusement rémunéré pour faire la potiche à son côté, se contentant des avantages en nature de la République. Or, l'habitude est prise que le locataire de l'Elysée soit un homme seule. 
Et ce cas de figure est plus que prématuré. 


lundi 16 janvier 2017

La primaire socialiste ne passionne pas: Hollande s'invite au spectacle de Drücker

Hollande étale son mépris de la primaire socialiste  et des candidats

Michel Drücker n'a pu refuser la présence du président Hollande  

Mais Michel Drucker se flatte dans Le Parisien de la venue de cet invité surprise. Pour la dernière de son one-man show, le présentateur vedette a eu droit à la présence d'un président François Hollande qui ne sait plus comment passer le tempsAu dernier moment, le présentateur chouchou des Français a reçu un coup de téléphone du président qui, cas unique dans l'Histoire de la République, a fui devant la présidentielle de 2017. 
A peine rentré de voyage au Mali et avant le Chili et la Colombie, les 21 et 24 janvier, puis le Portugal à Lisbonne, le 28 janvier et l'Asie du Sud-Est au mois de mars, la presse qui se dit bien informée ("de source proche de l'Elysée !) assurait qu' "entre deux avions, François Hollande sera l'observateur de la primaire de la gauche, qui aura lieu les 22 et 29 janvier 2017" (France Info). Une seule chose est vraie : le président n'est pas pressé de rentrer à l'Elysée et traîne sa flemme...

Le chef de l'État a donc annoncé à Michel Drücker qu'il voulait venir voir la dernière représentation de son spectacle, Seul en scène, dimanche soir aux Bouffes du Nord. "Quand il m'a appelé (…) j'étais scié", assure l'animateur. D'autant plus que ce soir-là, on pouvait imaginer qu'un président aussi "exemplaire" qui a fait carrière au Parti socialiste, serait intéressé par les prestations de ses camarades candidats à sa succession, dont quatre anciens ministres, Valls, Montebourg, Hamon et Pinel, sur les sept. C'était en effet le deuxième débat de la primaire de la Belle alliance populaire (BAP), organisée par le PS et ses partis satellites. 

François Hollande aura aussi renoncé à suivre les débats

Il a opté pour un autre spectacle. Une provocation qu'il résume ainsi : "C'est un rendez-vous pris de longue date que j'ai voulu honorer. Je regarderai le débat en replay". Le replay de son quinquennat nous aura été carrément épargné.

2017 : l'agenda politique de François Hollande

Le président a fait le bon choix, puisqu'il se serait beaucoup détendu à ce spectacle, alors que le show des sept et de leurs trois journalistes était soporifique, moins du fait des thèmes abordés que des phrases toutes faites répétées d'une apparition télévisée à l'autre ou des précautions pour ne pas nommer le président dilettante ou le rival, Emmanuel Macron qui se présente sans l'estampille socialiste et sans passer par la primaire socialiste, démontrant par avance  qu'on peut se passer des avantages de l'appareil. 

Sa ministre de la...Culture, Audrey Azoulay, avait été réquisitionnée et avait donc dû renoncer à sa vie de famille pour réserver sa soirée à un rôle d'escort girl du président déchu. 
Connu pour son insouciance et son autodérision rappelant Jean-Luc Bennahmias, François Hollande a même subi l'imitation que Laurent Gerra a faite de lui en fin de spectacle, ce qui a fait se pâmer Michel Drucker. "Ah, si tous les hommes politiques avaient votre humour", a lancé le cireur de pompes du PAF et de la politique, entré en compétition avec Aquilino Morelle et prochain César d'interprétation, par la volonté du prince tombé en totale disgrâce qu'il faut pourtant distraire.

VOIR et ENTENDRE la réaction désobligeante de Benoît Hamon:


dimanche 4 décembre 2016

PS: la Belle Alliance Populaire a fait le deuil de son candidat naturel

Jusqu'au bout, le président sortant aura marqué l'Histoire de sa nullité

Le cimetière des éléphants était clairsemé à  la convention du PS 

Sous le choc de la retraite en rase campagne de leur chef de guerre, des militants abandonnés ont versé des pleurs,  tandis que les principaux candidats à sa succession n'avaient pas fait le déplacement, hier.
 
Brutus avait respecté la douleur des proches en se tenant loin de la réunion de famille, avant d'assumer le bilan collectif, une fois passé le délai de viduité. Mais les proches de l'héritier présomptif, en revanche, n'ont respecté aucun délai de décence. "Vous le voyez venir se déclarer ici, devant cette salle bien garnie ? Allez, je vous donne rendez-vous dans six mois à l'Elysée !" balance, avec arrogance, un vallsiste au fond du hangar parisien où quelque 2.000 militants (3.000, selon le PS: et 4.000, selon la police de Cazeneuve?) assistent à la convention de la Belle Alliance populaire (BAP) de Jean-Christophe Cambadélis, dans une ambiance funèbre. 

La veillée mortuaire vire à l'éloge funèbre à la soviétique

Cambadélis organisa le fiasco de la candidature présidentielle en déni en réunion. La convention devait donner le coup d'envoi de la primaire du PS, mais elle tourna hier aux funérailles politiques de François Hollande, deux jours après son renoncement à un second mandat, du fait de son incapacité à rassembler la famille socialiste éclatée. Et de fait, les poids lourds déclarés ou supputés de la compétition interne brillèrent par leur absence.
 
Au premier rang des outrageurs de la mémoire du souverain, maître Arnaud Montebourg et son valet Benoît Hamon. 
Mais également Manuel Valls. Le Premier ministre a préféré aller se ressourcer dans sa circonscription d'Evry (Essonne) pour le Téléthon, chez son ami Francis Chouat. Pour sa candidature, il faudra encore patienter, peut-être jusqu'à... demain lundi. Valls avait toutefois daigné envoyer ses hommes, mais pour humer l'ambiance à la BAP, tels les renifleurs Luc Carvounas, sénateur, Philippe Doucet, député, ou son bras droit à Matignon Yves Colmou. Brutus avait jugé prématuré de s'afficher en successeur putatif. Le choc du retrait de Hollande n'était pas digéré et le risque était réel d'essuyer des sifflets.

Mais des noms circulent pour contrer l'impudent

Evoquées comme possibles candidates, les ministres Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem ont fait un tabac, mais se sont contentées de rendre hommage au président. "Ma stratégie pour la primaire, ce sera de voter pour un tocard pour qu'on n'ait pas Valls !" annonce une militante socialiste. 
Dans les allées, beaucoup de déçus ont les yeux rougis: regrets d'un vote passé catastrophique ou anticipation d'une longue et douloureuse traversée du désert ? 
Un sexagénaire est amer à l'évocation de Hollande : "je regrette sa décision, j'aurais voulu qu'il soit candidat. Ceux qui se sont déclarés n'avaient qu'une idée en tête : le sortir ! Aucun ne mérite mon soutien. Moins je les vois, mieux je me porte !"

Qui pour lui succéder ? Sans conviction, certains citent Christiane Taubira, Ségolène Royal ou Emmanuel Macron.  Rare sont ceux qui évoquent Manuel Valls, le premier ministre autoritaire, sécuritaire et cassant, de surcroît jugé trop centriste, voire socio-libéral. " Mon préféré, c'était Hollande. Je suis triste, mais d'une tristesse admirative. Rien que de vous le dire, j'ai les larmes aux yeux, confie une septugénaire. Pour la suite, je ne vois pas... J'espère qu'on pourra se rassembler."
 
Ils désespèrent tous que la gauche s'unisse derrière son candidat, quel qu'il soit. Quand, à la tribune, Cambadélis a  culpabilisé Mélenchon et Macron, les sommant de se soumettre à la primaire du PS, le public s'est levé, avec ce cri du coeur : "Unité ! Unité !" 
Message reçu ? Au fond de la salle, un émissaire vallsiste ironise sur Montebourg et Macron, "ces sous-sous leadeurs de sous-sous courants". Les partisans de Valls ne sont pas prêts à composer.

mercredi 6 juillet 2016

La peur de l'extrême gauche fait renoncer le PS à son université d'été

L'exécutif socialiste, conspué partout, va disperser son université d'été dans les régions

La 'Belle alliance populaire' était trop laide


Prévue fin août à Nantes, elle est enterrée. Depuis plusieurs semaines, les réunions publiques du parti au pouvoir, comme les déplacements des membres du gouvernement, sont perturbées par l'opposition anti-républicaines des communistes et des anarchistes. Il n'est plus possible d'incriminer des "casseurs", mais l'ultra-gauche. Au point qu'à moins d’un an de la présidentielle, la campagne est compromise.

Un tunnel secret était en cours de construction sur plusieurs centaines de mètres entre la gare et la Cité des congrès pour permettre la venue du premier ministre, Manuel Valls, à l’université d’été du PS, originellement prévue fin août à Nantes, selon une rumeur insistante circulant dans les rangs de la gauche de la gauche depuis plusieurs jours. Folle rumeur - sans fondement ? -, mais qui en disait long sur les difficultés que traverse le parti majoritaire qui s'est mis à craindre que ce temps de festivités, mais aussi de débats, soit prétexte à des débordements sans précédents.


Le Premier secrétaire du Parti socialiste (PS) a confirmé dimanche l'annulation de l'université d'été de la Belle Alliance Populaire (BAP).
L'horrible alliance impopulaire
En annonçant, dimanche 3 juillet, sa décision de reporter ou de suspendre l’université d’été, le premier secrétaire socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, acte l’impossibilité d’assurer une réunion dans la sérénité. Valls, premier ministre conspué, ministres hués, tel Le Foll, université d'été du PS annulée, meetings perturbés: la campagne pour la primaire en vue de l'élection présidentielle de 2017 s'annonce compliquée pour l'exécutif, alors que la contestation contre la loi Travail reste vive.
"Je pense que devant les risques de violence à Nantes, ou dans tout autre endroit où se tiendrait l'université d'été de la Belle Alliance Populaire, il vaut mieux reporter, suspendre l'université d'été. C'est ce que je ferai comme proposition aux acteurs de la BAP" a déclaré Jean-Christophe Cambadélis au début du mois.

Jean-Christophe Cambadélis a  précisé le lendemain qu'elle serait remplacée par plusieurs universités régionales d'été à l'automne, au mois de septembre. Le renoncement à ce rendez-vous est à l'image du mécontentement qui divise le pays après des mois de contestation contre le projet de loi Travail. Et la colère des démocrates à l'annonce du recours à l'article 49.3 qui contourne les parlementaires, imposant par la force une réforme rejetée par les gauches radicales, politique et syndicale.
"Cela traduit l'état de délabrement dans lequel se trouve le Parti socialiste aujourd'hui", estime Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof. "A la fois usé par le pouvoir et un sentiment de fracture."
Après avoir été malmené à Bordeaux, à l'occasion du premier déplacement de Manuel Valls en tant que chef du gouvernement en Corse lundi, la sécurité a été renforcée, la visite ayant été jugée sensible. Le Premier ministre a été hué alors qu'il se rendait à la mairie de Bastia malgré le déploiement d'un important dispositif policier. Une centaine de personnes, membres de la CGT et du PCF, mais aussi d'un groupe de soutien à un supporter du SC Bastia blessé dans des heurts avec la police ont notamment scandé "Démission! Démission!", alors que le chef du gouvernement se rendait à pied à la mairie de Bastia, deuxième étape de sa tournée en Corse. 
Manuel Valls avait déjà subi les sifflets d'opposants à la loi Travail lors d'un déplacement à Montpellier, malgré des filtrages et fouilles systématiques aux entrées du parc où se tenait le rassemblement.

Eviter une université d'été insurrectionnelle et sous protection policière

Des problèmes de sécurité seraient a
u cœur de cette annulation.
Dans l'entourage du premier secrétaire du PS, on avoue craindre les violences "des zadistes et les black blocs". Ville de Ayrault, Nantes apparaît comme le foyer de la contestation contre la loi Travail, mais aussi contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Des pages de réseaux sociaux appelaient en effet à mettre le feu à l'événement. "Faisons-leur regretter d'avoir choisi Nantes", "Rendez-vous du 26 au 28 août pour perturber l'université du PS", pouvait-on y lire.
Sans compter que le PS a été visé à de multiples reprises: 150 de ses locaux ont été attaqués ou vandalisés depuis le mois de janvier.
Certains élus, notamment proches du premier ministre, ont vu leur permanence endommagée: Alexis Bachelay en témoigne ci-dessus.

Jean-Christophe Cambadélis a donc eu raison, d'après Bruno Cautrès, politologue proche du PS (et de L'Obs). "Une université d'été sous protection policière, pour un parti de gauche, aurait fait tache. Des images d'une réunion tournant à la foire d'empoigne avec la contestation d'une partie de ses membres contre la loi Travail auraient été très négatives." Sans compter que, selon lui, les électeurs sanctionnent dans les urnes les partis qui ne sont pas en ordre de bataille.
Mais si on s'en tient à l'écume du jour et le PS qui s'embourbe dans des questions de sécurité, on passe à côté du risque d'implosion qui menace de l'avenir du parti.

Manuel Valls et Stéphane Le Foll, hués
Lundi soir, le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement a également eu face à lui des opposants, des "abrutis", dirait Bachelay ! Pour échapper à des manifestants, dont certains avaient réussi à s'infiltrer dans la salle pourtant sécurisée, Stéphane Le Foll a dû entrer par la porte de derrière lors d'un meeting organisé par le collectif "Hé oh la gauche" à Lille

Fin juin, l'un de ses précédents meetings
à Bordeaux avait été chahuté et avait dû être écourté.


Le passage en force de la loi travail fait craindre une année présidentielle impossible

Chercheur en sciences politiques, Olivier Rouquan s'est chargé de banaliser en assurant que le phénomène n'est pas nouveau... Mais c'est le même qui dure et perdure.
"La situation de harcèlement du pouvoir exécutif a commencé il y a plusieurs mois", tente-t-il d'expliquer à BFMTV.com. "Le maintien de la loi Travail a poussé la mobilisation à se manifester, aussi bien dans la rue qu'en harcelant les dirigeants. Cela fait partie des moyens de lutte des mouvements radicaux".
A moins d'un an de l'élection présidentielle, la campagne s'annonce difficile. 
Car chaque déplacement ou réunion publique fait à présent l'objet de mesures de sécurité renforcée: périmètres élargis, fouilles systématiques, présence policière renforcée. Sans compter les réunions ouvertes qui pourraient ne plus être possibles. 
"La loi Travail doit être adoptée si l'exécutif veut un retour au calme et envisager la suite de manière sereine", assure Olivier Rouquan, enseignant à l'Institut supérieur du management public et politique. "Si le texte reste dans les tuyaux, l'année présidentielle à venir deviendra impossible". Et depuis le recours au 49.3, ce tuyau ne risque-t-il pas de péter sous la pression ?
Le 49.3 donne du grain à moudre aux opposants. Et de la poudre à canon ?
Le scénario d'un enlisement est-il inéluctable? Pas forcément, selon le politologue distingué, un partisan de "noyer le poisson" en passant à autre chose.
"Avec la campagne des primaires, il y aura plusieurs choix, tout sera remis en jeu. De nouvelles propositions verront le jour, y compris pour les plus radicaux qui pourront soutenir leur leader. Les opposants auront ainsi moins intérêt à contester le pouvoir qui se remettra en jeu avec la perspective de nouvelles élections."
Mardi 5 juin, les opposants à la loi Travail se sont à nouveau mobilisés pour une douzième journée de manifestation, alors que Manuel Valls va recourir à l'article 49-3 de la Constitution pour faire adopter le texte sans vote à l'Assemblée nationale.
Manquera-t-il encore deux voix pour empêcher le vote de la motion de censure de la gauche ? Il le feraient décidément exprès...