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jeudi 5 janvier 2017

Une candidature socialiste est "inutile", souligne Mélenchon (Front de gauche)

Jean-Luc Mélenchon pointe la position marginale du parti socialiste dans les sondages

Le candidat de l'extrême gauche juge inutile une candidature socialiste à la présidentielle 2017: candidature unique ?

"Jusqu’à présent, l’ultime justification du candidat socialiste, c‘était d’être en tête dans les sondages", explique en effet le candidat de "La France insoumise", dans un entretien publiée jeudi par Le Monde, journal officieux du PS. 
Ancien socialiste et Bernard-l'ermite qui s'est introduit dans la coquille vide communiste au Front de gauche, Mélenchon a refusé de participer à la primaire de la gauche organisée les 22 et 29 janvier malgré les appels lancés par le PS.
Sept candidats se disputeront fin janvier l'investiture de la gauche socialiste pour l'élection présidentielle qui se tiendra les 23 avril et 7 mai prochains : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Vincent Peillon, Sylvia Pinel, François de Rugy, et Jean-Luc Bennahmias.

Le candidat socialiste n'a-t-il d'ailleurs pas abandonné la partie ?
Début décembre, Hollande, le président sortant, a annoncé qu'il renonce à briguer un nouveau mandat. "La légitimité de la candidature PS, c’était celle du président sortant qui, faisant valoir son bilan, aurait proposé de le corriger ou de l’amplifier", estime Jean-Luc Mélenchon.


Le candidat de l'extrême gauche fustige l'absence de programme socialiste

"Faute de bilan, il aurait pu y avoir comme alternative un projet ou un programme du PS. Mais lui-même [Hollande] a renoncé à en avoir un. Entre la fin de la primaire et le premier tour de la présidentielle, il leur reste donc 92 jours pour boucler un programme et le faire assez connaître pour que les citoyens puissent se prononcer dessus.

"Actuellement, "le PS est en troisième position derrière M. Macron et moi-même", se félicite Mélenchon, le frustré. "Dans ces conditions, sans projet et sans avantage électoral, à quoi bon un candidat du PS ?"

Mélenchon se présente désormais comme le 'vote utile'


A quatre mois du scrutin présidentiel, Jean-Luc Mélenchon assure en revanche avoir recueilli la quasi totalité des 500 parrainages d'élus nécessaires. "Je les ai, à 17 près. Mais je ne suis pas tranquille tant que je n’ai pas une marge, aux alentours de 600 signatures", indique-t-il. Quant au financement de sa campagne, "le banquier est d’accord sur le principe pour un prêt."
"Nous avons déjà récolté 1 million d’euros de dons. On devrait être entre 5 et 7 millions d’euros, soit moins que les 9 millions de 2012." La "gauche des insoumis" serait-elle riche ?

"En réalité, le vrai choix des électeurs du PS, c’est de trancher entre l’orientation gouvernementale amplifiée, telle que la porte M. Macron, et la tradition de l’humanisme émancipateur de la famille culturelle, que j’incarne." Ce qui s'appelle avoir les épaules larges et les chevilles enflées...

Pour l'heure, les sondages placent  toujours Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macronl'ex-ministre de l'Economie de Hollande et Valls, candidat du mouvement "En Marche!", devant le candidat qui gagnera la primaire socialiste, quel qu'il soit.
Le 5 novembre, la conférence nationale du PCF s'était prononcée à 55 % pour une candidature communiste indépendante et avait ainsi désavoué son secrétaire national, Pierre Laurent, favorable à l'option Mélenchon, comme Marie-George Buffet, ralliée de longue date au cofondateur du Parti de gauche. 

Fin novembre, Mélenchon a obtenu 53,6 % des voix des militants communistes (tout en laissant au PCF son "autonomie, critique et constructive") et le soutien de Clémentine Autain, conseillère régionale d'Île-de-France, à rebours de la décision de la conférence nationale du parti. 46,4 % lui auraient préféré une candidature indépendante (avec retrait possible "au profit d'une candidature commune d'alternative à l'austérité").  André Chassaigne, le député communiste du Puy-de-Dôme et chef de file du groupe Front de gauche à l'Assemblée nationale, avait mis en garde contre un ralliement à Jean-Luc Mélenchon, qui constituerait "un coup fatal porté au PCF".

Le député européen, qui aurait 70 ans en fin de quinquennat, avait remporté 11,1% des voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2012. 


mardi 9 septembre 2014

Echecs de Hollande: vers un vote de confiance ou vers la dissolution et la cohabitation ?

A la mi-mandat de Hollande, Valls joue l'avenir de la gauche au pouvoir
Le Premier ministre appelle sa majorité à la responsabilité collective
"Faut pas se crisper", conseille Aubry à Valls
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement le 16 septembre prochain ne s'annonce pas comme une simple formalité pour Manuel Valls. A titre personnel, l'ancienne ministre de l'Ecologie, Cécile Duflot, a fait connaître son refus d'accorder sa confiance à Valls, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement et des députés socialistes "frondeurs" ne font même plus planer la menace de l'abstention. "Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a déclaré cet élu proche de Martine Aubry au côté d'autres animateurs des "frondeurs", Laurent Baumel et Pouria Amirshahi, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

VOIR et ENTENDRE le parcours de la Ch'tite Martine Aubry, caricature du Judas socialiste:

Vote de confiance : les frondeurs du PS vers "l'abstention collective"

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis appelle à la "responsabilité collective", alors que les députés socialistes "frondeurs" faisaient planer la menace de l'abstention, le 16 septembre prochain.
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement ne sera pas une simple formalité pour Manuel Valls. Alors qu'en début de matinée l'anceinne ministre de l'écologie, Cécile Duflot, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement, c'est au tour des députés socialistes "frondeurs" de faire planer la menace de l'abstention.
Une prise de position qui a conduit le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a se bouger. "J'appelle tout le monde à la responsabilité politique" dans "un moment difficile du point de vue politique". Trotskiste un jour, trotskiste toujours, réactive les vieilles scies du PS. Il anticipe déjà le retour de Nicolas Sarkozy, avec le sentiment qu'il "va être sur une ligne d'une rare violence sur le plan économique". Il sait aussi par avance que le Front national "rôde à deux pas du pouvoir." C'était avant la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, à laquelle assiste aussi le Premier ministre Manuel Valls: séparation des pouvoirs oblige !

"Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a répliqué Laurent Baumel, un ancien cadre de la Banque de France (service public) originaire de Charleville-Mézières (Ardennes) et député de  proche de J.-P. Chevènement, d'Henri Weber et de Martine Aubry, aux côtés d'autres animateurs des "frondeurs", tels Jean-Marc Germain, époux Anne Hidalgo, et Pouria Amirshahi ou Christian Paul, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

V
OIR et ENTENDRE Christian Paul frondeur du PS et proche de Martine Aubry:

A l'extrême gauche, les élus du Front de gauche disent qu'ils ne se posent pas la question d'une éventuelle dissolution et appellent les "frondeurs" à ne pas voter la confiance, comme eux.  "Nous on répondra à la question qui nous est posée. On ne se posera pas la question de la dissolution", a affirmé Marc Dolezdéputé du Nord, lors d'une conférence de presse. "Notre position est déjà prise et ferme; ce sera un vote d'opposition contre un gouvernement qui engage une politique plus droitière que jamais", a prévenu André Chassaigne, député communiste.

Une session parlementaire à haut risque

Duflot ne votera pas la confiance au gouvernement de Manuel Valls
L'ancienne ministre de Valls est plus catégorique. Elle a fait l'annonce de sa détermination alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour l’exécutif. Pour faire tomber les incertitudes ce matin sur RTL, elle a profité que les "frondeurs" du PS évoquent aussi une abstention collective ce matin: " Les conditions ne sont pas remplies pour faire confiance à la politique qui est menée ". La députée de Paris -par la grâce du PS- indique ne pas pouvoir voter la confiance "sauf à ce qu’il y ait un grand changement." 
"Je ne crois pas (...) que cette politique va fonctionner", a insisté l'écologiste radicale, prononçant ainsi une sorte de sentence de mort, disant refuser " cette assignation" du gouvernement. Sans pour autant être passée dans l’opposition.

L’écologiste, ancienne ministre du Logement, a fait cette annonce mardi, alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour un couple exécutif miné par l'absence de résultats économiques et par l’impopularité record de François Hollande, elle-même entretenue par des "affaires", et par le dévissage du Premier ministre dans les sondages. Dernière en date, la sortie de Thomas Thévenoud du PS . Thomas Thévenoud, secrétaire d’Etat de neuf jours, suite à trois années de fraude fiscale - qualifiée d'"indélicatesse" (sic) - alors qu'il était membre de la commission parlementaire chargée de la combattre, a tout de même choisi, et obtenu, de conserver son mandat de député, évitant ainsi au PS de perdre une nouvelle voix à l’Assemblée.

Le 16 septembre, lPremier ministre engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement, sachant que le vote sur sa déclaration de politique générale s’annonce serré à l’Assemblée nationale. Manuel Valls espère rassembler son camp en appelant à la solidarité raisonnée des députés peu assurés de retrouver leur siège en cas de dissolution et en brandissant l'épouvantail des loups du FN "aux portes de Paris. 
Manuel Valls affiche sa confiance sur ce vote du même nom. 
Le danger est portant réél à l’Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot. Le 10 députés du Front de gauche se situent dans l’opposition depuis plusieurs moisles 18 députés écologistes refusent souvent de voter les textes gouvernementaux et les "frondeurs" de l'aile gauche du PS seraient passés à environ 30. Un total de 58 opposants à la ligne socio-libérale de Valls, présenté comme le vice-président. Après que ses 17 députés ont votés contre la réforme territoriale, les radicaux de gauche restent pour l’instant fidèle à la majorité.
La majorité absolue étant de 290, cette majorité présidentielle ne dispose que d'une voix d'avance (290) membres. Le vice-président Valls fanfaronne néanmoins du haut de ses 30% de sondés à lui faire encore confiance, soit 14% perdus en un seul mois.
Valls avait annoncé la semaine dernière sur France 2 que le discours de politique générale qu'il prononcera devant l'Assemblée engageant la responsabilité du gouvernement par un vote de confiance aurait lieu "en septembre ou en octobre". Pourtant,c'est finalement un vote d'urgence qui a été fixé le 16 septembre.
Ce matin, le gouvernement s’annonce "serein" sur le vote de mardi, comme le certifie Jean-Marie Le Guen ce mardi à Libération.
"L’appel des 100", qui lança le mouvement, comptait un peu plus de 80 députés du groupe SRC (qui comprend les membres du PS et quelques apparentés). Mais lors du vote sur le pacte de stabilité présenté par Manuel Valls, le 29 avril, ils n’étaient que 41 à s’abstenir dans le groupe, ce qui est à ce jour leur record. Et trois, n’appartenant pas au PS mais au MRC, avaient voté contre. Sur les 564 votants ce jour-là, 242 députés SRC avaient voté «pour», ce qui ne suffisait pas à atteindre la majorité absolue de 249 voix. Le vote était passé assez largement (265 pour, 232 contre) grâce à l’appui des radicaux, de quelques écologistes et même d’un UMP, Frédéric Lefebvre.

mardi 13 mai 2014

Elections européennes: PS pour l'atlantisme en Ukraine, mais PCF contre le "grand marché transatlantique" ?

Libération accueille une tribune d'A. Chassaigne,  député du Front de gauche 

Un communiste entre raideurs et flexibilité 
Les élections européennes du 25 mai prochain représentent une opportunité historique [mais pourtant systématique] pour les peuples français et européens de dire un [très gaullien] «non» franc et massif au «grand marché transatlantique» entre l’Union européenne et les Etats-Unis, dont l’architecture et la substance sont actuellement en cours de négociation, dans la plus grande opacité, loin du regard des peuples. [six lignes: on peut respirer? 
Rappel:  le PCF a dit NON à chaque étape de la construction européenne : 1951 CECA, 1954 C.E.D., 1957 traité de Rome, 1992 traité de Maastricht, 2005 traité constitutionnel]  

Plutôt que de s’incliner devant la politique du fait accompli, le Front de gauche a placé la question des négociations de ce Traité de libre-échange transatlantique — le fameux [c'est lui qui le dit et ça évite de le définir !] «Tafta» — au cœur de la campagne européenne. Pourquoi ? Ces négociations  [pour un accord commercial et d'investissements] portent en elles la matrice de la guerre économique qui a plongé nos sociétés dans une profonde crise. [A en croire cette lumière rouge, la matrice en question n'est pas encore en capacité de  porter le plan incriminé en discussion qu'elle est déjà responsable de "la guerre économique qui a plongé nos sociétés dans une profonde crise"... Elle est donc redoutable en effet !] 
Mue par l’idéologie du libre-échange et de la doctrine de la concurrence «libre et non faussée», la négociation de cet accord est dictée par les seuls intérêts des firmes internationales et des grands opérateurs économiques [qui, pour les marxistes, ne créent donc toujours pas d'emploi et de pouvoir d'achat pour tous. Conquête des marchés et mise en concurrence des salariés en sont les seules motivations. La «Loi de la jungle» comme paradigme, en somme… [Mieux vaut donc Renault au franco-libano-brésilien Ghosn qui possède les trois passeports, et  Arcelor à l'Indien Mittal qu'Alstom à General Electric ?]

[Un traité né sous X et sous GPA?]

Les enjeux du Tafta impliquent l’organisation d’un véritable débat public, ouvert et contradictoire.
 
Or, la délégation de pouvoir dont a bénéficié la Commission comme les négociations qu’elle mène en notre nom – un comble ! – s’inscrivent dans une logique foncièrement antidémocratique [selon l'ex-pro-soviétique], méprisant le principe même de la souveraineté nationale [avec ou sans Marseillaise ?]. L’exclusion de toute participation des peuples, des Parlements et de la société civile pose la question de la légitimité même de ces négociations tenues à huis clos et entourées d’un silence assourdissant pour le moins suspect [un argumentaire qui inquiétera tous les Républicains puisqu'il conteste en bloc la légitimité des commissaires et de la Commission européenne, du Conseil de l'Union européenne, le Conseil européen, le Parlement européen et du système représentatif]. 
En ce sens, le gouvernement a une part de responsabilité non négligeable dans cette volonté de faire passer en force, ou du moins en catimini, un traité dont la gestation est ignorée des principaux intéressés : les peuples. 

Antidémocratiques, ces négociations sont également synonymes de régression sociale et environnementale. Officiellement, ce grand marché transatlantique de 820 millions de consommateurs, qui représenterait la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux, ouvrirait de nouvelles perspectives pour la croissance et l’emploi. 
[Mais le communiste est conservateur: pessimiste, il a peur de l'avenir]
Un discours lénifiant distillé par les tenants du néo-libéralisme et de la dérégulation de l’économie, qui ont produit une globalisation sauvage et un monde où les inégalités se creusent inexorablement. L’accord transatlantique s’inscrit dans cette même impasse. Au-delà de la création d’une vaste zone de libre-échange, l’accord vise à supprimer les normes permettant de réguler des secteurs fondamentaux de notre vie économique et sociale et à soumettre les différends à un tribunal arbitral privé [les exemples manquent...]. Autrement dit, la conclusion d’un tel accord ouvrirait la perspective d’un nivellement vers le bas des systèmes de protection sociale, sanitaire, environnementale et de sécurité alimentaire [plus sûrement que l'abolition des frontières de l'Europe?], au profit des opérateurs économiques privés qui considèrent les réglementations protectrices de nos producteurs, consommateurs et citoyens comme autant d’obstacles à leurs intérêts propres. En cela, l’objet comme l’objectif du Tafta sont manifestement contraires à notre modèle de développement [, selon le "progressiste"].

C’est pourquoi, après le rejet populaire du «traité constitutionnel européen», c’est un nouveau combat politique qu’il convient de mener au nom des peuples et pour les peuples. Tel est l’objet de la résolution que les [7] députés Front de Gauche ont déposé à l’Assemblée nationale (1). Elle exige [par le dialogue ?] la suspension immédiate de négociations transatlantiques, inacceptables sur la forme comme sur le fond, car antidémocratiques et synonymes de régression pour les peuples.

Cette démarche volontariste ne se résume pas à une dénonciation de ce Traité en gestation et dont la suspension de la négociation s’impose. Nous croyons dans une autre Europe que celle qui nous est imposée par les «techno-libéraux» et qui confond allègrement le bonheur des peuples avec celui des banques et autres firmes internationales. La sortie de crise suppose une impulsion politique en faveur d’une Europe sociale incarnée par un véritable «Traité social européen» porteur de valeurs et de normes protectrices de nos travailleurs, socle d’une Europe solidaire libérée de la tutelle des marchés financiers, des dogmes du libéralisme et de l’austérité budgétaire.

(1) Ce texte doit être discuté ce mardi 13 mai en commission des Affaires européennes, mercredi en commission des Affaire étrangères et débattu en séance publique le jeudi 22 mai.

Pour mémoire

Il existe déjà une Association européenne de libre-échange
(AELE, ou European Free Trade Association: EFTA en anglais). C'est une association d'États visant à établir une zone de libre-échange en Europe.
Mais elle réunit des états non-membre de L'Union européenne: Islande, Liechtenstein et Norvège.

mercredi 27 novembre 2013

Réforme des retraites: un vote bloqué pour un passage en force de la loi

L'Assemblée a voté la réforme des retraites rejetée par le Sénat 

Les godillots de l'Assemblée votent tout ce qui passe

Autoritarisme de Hollande
Le gouvernement Hollande avait annoncé qu'il ferait passer en force la réforme des retraites en recourrant au "vote bloqué", provoquant la colère des républicains. Au lieu d'un vrai débat article par article et de voter chaque amendement, l'Assemblée est alors obligée de voter en bloc le texte (ou une partie de celui-ci si le gouvernement préfère), et donc de l'approuver ou de le rejeter, sans l'amender.
Dans le cas de ce projet de réforme des retraites, la procédure du vote bloqué demandée par le gouvernement visait à limiter les capacités de... la gauche elle-même à modifier le texte, et à s'assurer d'un vote, alors que la majorité était incertaine sur cette réforme critiquée. Les groupes alliés aux socialistes, radicaux de gauche comme écologistes, ont d'ailleurs vigoureusement protesté contre cette procédure.

La fracture est aussi parlementaire
Le 5 novembre, ls sénateurs avaient rejeté à l'unanimité le projet de réforme des retraites du gouvernement, socialistes compris, le mardi 5 novembre: droite et gauche ont voté massivement contre ce texte. 
La réforme des retraites a finalement pu être imposée lors d'un vote bloqué, à l'Assemblée nationale ce mardi. Et par 291 voix contre 243, soit plus largement qu'en première lectureLe vote ne s'est pas fait sans accroc, mais la presse partisane assure que "le geste du gouvernement, dans la nuit de lundi à mardi, a porté ses fruits"...  On cotisera plus et plus longtemps !

Le gouvernement enfume l'opinion

La presse autrefois "impertinente" ne dénonce pas les procédés socialistes

Il s'agit en fait de compenser le report de la revalorisation des pensions et de contrer l'opposition d'une partie de la gauche opposée à sa réforme
Les écologistes se sont finalement soumi abstenus comme en première lecture et les radicaux de gauche ont voté le projet de loi. Dans les rangs socialistes, le nombre d'abstentionnistes, des membres de l'aile gauche mais aussi l'ex-ministre Delphine Batho, a été réduit de 17 à 11. Le Front de Gauche, l'UMP, l'UDI et l'extrême droite ont voté contre.

"Attention accrue aux plus démunis": ce n'est pas l'avis de la CGT !

Les députés votent contre
la volonté du peuple
A la tribune au nom du groupe RRDP (radicaux de gauche et divers gauche), Roger-Gérard Schwartzenberg s'est félicité de cette dépense du gouvernement qui greve les finances publiques. "Notre groupe, dans sa quasi-totalité, votera ce projet de loi, qui désormais porte une attention accrue aux plus démunis, aux plus vulnérables", a-t-il estimé. "Même si votre écoute fut tardive, au moins les mesures annoncées permettront-elles de protéger les plus démunis", a renchéri Véronique Massonneau, une homonyme de Valérie Trierweiler. La députée franco-belge d'Europe Ecologie-les Verts pour la Vienne a toutefois conclu son intervention par un bémol, évoquant le "sentiment du devoir accompli mais pas d'une réforme réussie" 

Le député socialiste Christian Paul s'est lui aussi réjoui de l'absence de débat.
"Jusqu'à la dernière heure, nous ayons pu trouver avec ce gouvernement et l'ensemble des groupes de la majorité des réponses concrètes pour améliorer la situation des retraités les plus pauvres".

L'UMP a en revanche raillé Marisol Touraine, une ministre "réduite à faire des annonces à 1 heure du matin pour calmer les esprits"
"Cette réforme était mal préparée, mal fixée, c'était une tromperie", a ajouté Denis Jacquat, député de Moselle. "Vous pensez, avec ce geste de dernière minute, recoller les morceaux avec une majorité profondément divisée", a abondé l'UDI Philippe Vigier, pour qui la réforme des retraites est tout simplement la "motion de synthèse du parti socialiste la plus chère de l'histoire".

La majorité se satisfait du dérisoire

Les deux mesures gouvernementales pour rattraper le projet n'ont pas convaincu le Front de gauche, qui a clamé sa vive opposition au projet de loi. Pour le groupe GDR, André Chassaigne a tonné contre ces "deux mesures dérisoires", "ces promesses (qui) ne changent rien sur le fond". "L'histoire retiendra que ce gouvernement a entériné, prolongé toutes les régressions sociales imposées par la droite", a-t-il jugé, prévenant : "Nous voterons contre ce texte, nous continuerons à le dénoncer et à le combattre dans son vote ultime." En vain.

Le député du Puy-de-Dôme s'est également élevé de la voix contre le recours au vote bloqué, sur l'ensemble de ce texte, y compris l'article litigieux sur le report de la revalorisation de six mois des pensions de retraite. "Face à la montée de la contestation sur cette réforme, face aux réticences de votre propre majorité, vous avez choisi la voie de l'autoritarisme", a-t-il grondé.

Lorsque le gouvernement Fillon avait eu recours à cette même procédure du vote bloqué, les socialistes avaient alors dénoncé
un " mépris" "scandaleux"
Ils avaient dénoncé que "sur un sujet essentiel, qui engage le pacte social et républicain, on refuse aux élus de la nation le temps nécessaire au débat."

jeudi 12 juillet 2012

Borloo exprime tout haut la défiance du pays envers le gouvernement Zayrault

Le brillant réquisitoire de Jean-Louis Borloo

Centre et gauche ont voté la confiance au gouvernement après le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault.

Le meilleur orateur de la journée, ce fut lui et non pas le Premier Sinistre, triste et mou. 
Jean-Louis Borloo a fait mardi une prestation pleine de souffle et de drôlerie, sortant souvent de ses notes et rompant avec la monotonie des discours calibrés qui ont suivi celui du premier ministre. L'œil espiègle, le président du nouveau groupe UDI (Union des démocrates et indépendants) a lancé à Ayrault, devant un parterre de ministres: "J'ai eu le sentiment que vous nous demandiez une confiance que vous ne transmettez pas !..."

"Opposition, nous sommes et resterons"

Il a dit qu'il ne voterait pas la confiance tout en apportant un "soutien partiel", notamment sur la réforme de la formation professionnelle. "Opposition, nous sommes et nous serons, mais il pourra nous arriver, quand l'intérêt national est en jeu, de vous donner un soutien particulier", a-t-il déclaré. 
Très en verve, Borloo a encore lancé: "Ne procédez pas au détricotage systématique de ce qu'ont fait vos prédécesseurs !" Ca ne saurait en effet tenir lieu de politique socialiste. 

Et s'est offert le luxe d'ajouter:
"Le premier reniement de votre action politique est en réalité salutaire." Le député du Nord voulait parler du traité européen de discipline budgétaire: "Merci d'accepter sa ratification le plus vite possible. Et je vous remercie d'inscrire la traité européen de discipline budgétaire dans un prochain débat à l'Assemblée nationale," a-t-il encore ironisé.

Après ces deux uppercuts, il a poursuivi: "Je crains que vous ne soyez parti sur le chemin de la maltraitance ou de l'incompréhension des ouvriers, des salariés et des classes moyennes.

Dénonçant "l'absence totale de réduction des dépenses publiques", il a enjoint le gouvernement de sauver l'usine PSA d'Aulnay, "à défaut de quoi nous perdrions sur une industrie symbolique toute crédibilité internationale, et vous toute crédibilité politique (…) Attention au message d'un pays qui n'aimerait pas l'économie"

Alliés de gauche

Coprésident du groupe écologiste, François de Rugy a promis au gouvernement que les Verts seraient "des partenaires fiables, positifs, loyaux, mais exigeants". Après avoir menacé de s'abstenir de voter la confiance, Noël Mamère, dont l'annonce avait embarrassé les Verts, a décidé de la voter, la queue entre les jambes, après avoir reçu des assurances sur le projet de réacteur nucléaire Astrid.

Sans surprise, André Chassaigne, président du groupe GDR (qui regroupe 10 élus Front de gauche et 5 ultramarins pour faire bon poids), a justifié l'abstention "constructive" du Front de gauche: "Nous pensons que vous faites fausse route (…) Nous n'avons pas le droit de décevoir cette espérance de changement, nous avons une obligation de résultats."

Enfin, le président du nouveau groupe radical de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a voté la confiance mais a réclamé "le droit à la différence": "La gauche française a toujours été pluraliste. On ne peut pas envisager de faire passer le rouleau compresseur de l'uniformité sur ses composantes."



vendredi 21 janvier 2011

Présidentielle 2012: provocation de Mélenchon, officiellement candidat pour le Front de gauche

Mélenchon veut reprendre le dessus, face à l'hostilité de la gauche

L'urgence d'un râtissage large

Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature à la présidentielle, ce vendredi matin, à la veille du Conseil national du Parti de gauche ce samedi: « Je souhaite être le candidat du Front de gauche », a-t-il déclaré sur BFMTV/RMC.
« La décision est prise, on a bien réfléchi et je propose ma candidature. D'abord ce weekend mes amis, nos instances se réunissent (Parti de gauche). Puis je la proposerai à mes partenaires, notamment le Parti communiste ['notamment', car, outre le PCF - Pierre Laurent se tient ici à son côté - , cette alliance électorale inclut la Gauche unitaire de Christian Picquet, ancien dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR)]. J'adresse aussi cette candidature aux autres formations, comme le NPA

Le Front de gauche s'effondre

Les Européennes passées en juin 2009, le Front de gauche trépasse en juin 2010.
L'eurodéputé Mélenchon force la main de ses ex-partenaires et sa candidature provoque de fortes turbulences parmi les militants du Parti communiste français. Début janvier, la direction du parti avait d'ailleurs démenti avoir encouragé ses militants à soutenir l'ex-sénateur socialiste. Le PCF avait même précisé qu'un candidat serait désigné début juin.

Le 10 septembre 2010, le député communiste André Chassaigne (1950) a fait savoir qu'il serait candidat en cas de candidature communiste autonome, dénonçant un « risque d'effacement », si le PCF se ralliait à une candidature unique du Front de gauche.

Puis, le 12 janvier 2011, André Gérin (65 ans), député PCF du Rhône et admirateur de Fidel Castro, s'est à son tour déclaré candidat à la candidature communiste pour la présidentielle de 2012, estimant qu'il serait "mortifère" que le Parti communiste "soit absent de cette échéance". Il déclare aussi ne pas vouloir "servir d'alibi pour Mélenchon qui roule pour le Parti socialiste". Selon lui, la candidature du camarade député PCF du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, est également "un alibi pour faire avaler celle de Mélenchon".

Le pouvoir urticant de Mélenchon a aussi mis un troisième larron en crise vendredi 21 janvier: l'hystérique député apparenté communiste Maxime Gremetz a annoncé sa candidature à l'investiture du Front de gauche (FG) pour 2012. Populiste et violent, Gremetz est un septuagénaire habitué des coups fourrés et des tribunaux. Il fustige Mélenchon et réclame des "primaires entre tous les candidats", quelques heures après celle de Jean-Luc Mélenchon, qu'il accuse d'avoir " léché les pompes de Jospin ".

Plantu donne à Mélenchon des gages de radicalisme

Alors que Mélenchon est soupçonné d'être une 'filiale' du PS, le collaborateur du journal socialiste Le Monde joue le reniement et associe le leader du Front de gauche à la nouvelle patronne du Front national. Sur une pleine page, l'hebdomadaire L'Express publie une caricature, L'ascension des néopopulismes, représentant Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon portant brassard suggestif et le bras droit levé. Souriante, la vice-présidente du FN a l'index tendu; grimaçant, l'eurodéputé serre le poing. Ils lisent chacun le bout d'un même discours intitulé "Tous pourris".

Jean-Luc Mélenchon a immédiatement rétorqué
dans la presse: "Hélas, Jean Plantu ne fait plus réfléchir, il aveugle".
Plantu s'étonne en retour que l'ex-sénateur puisse "insulter mais [qu'] il ne supporte pas en retour qu'on le mette en cause". Pour le caricaturiste, Mélenchon "ne recherche que le buzz comme Jean-Marie Le Pen ou Bernard Tapie. Chez lui, la gesticulation l'emporte sur la réflexion."

Jean-Luc Mélenchon a accepté un débat public avec Marine Le Pen sur RMC et BFMTV, le 14 février prochain.

André Gérin rejette le coucou Mélenchon du nid communiste

Le député PC de Vénissieux veut couper les ailes du socialiste Mélenchon

Comme en 2007, Hervé Gérin, figure régionale du PCF historique, est candidat à la candidature pour défendre les couleurs du PCF à l’élection présidentielle de 2012.

Ce qui motive sa décision

Il explique qu'il serait mortifère pour les forces de gauche et la France laborieuse que le Parti communiste français (PCF) soit absent de cette échéance qui constitue la clé de voûte de la V e République.

L’hypothèse selon laquelle le PCF pourrait se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon et son Parti de gauche (PG), filiale du PS, doit absolument être combattue. Sa démarche vise donc pour partie à faire barrage à Mélenchon.

L’identité communiste; oui, l'identité nationale, non




Mélenchon vient de féconder l'oeuf





Gérin, en recherche de paternité, observe que le PCF est isolé du fait de la politique d’abandon conduite par ses dirigeants depuis notamment les années Robert Hue. Pour sa part, il a l’intention de mener une campagne qui s’adresse, sans exclusive, à tout le peuple de France. Il s’agit de repartir à la reconquête de l’électorat populaire qui se réfugie dans l’abstention, voire le vote Front national, avoue-t-il.

Dédé Gérin (ci-contre) pense incarner un PCF porteur des valeurs d’une gauche authentique
par sa volonté de changer de modèle de société, de rompre avec le capitalisme. Convaincu qu'il n’y a pas de fatalité à la bipolarisation, il compte régénérer le PCF et lui redonner ainsi sa place dans le paysage politique français.

André Chassaigne, député PCF a choisi de représenter le Front de gauche

Gérin se retirerait-il si Chassaing était désigné, comme en 2007 ?
Lors de la dernière présidentielle, le PCF avait désigné Marie-George Buffet. Pour l’heure, Dédé Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, est isolé. Gérin reste en alerte et réitère son rejet de Jean-Luc Mélenchon un arbre qui ne masque aucune forêt Front de gauche. Gérin accuse la démarche « étriquée » de Mélenchon qui conduirait à la défaite, comme elle a conduit à l’échec du gouvernement Jospin.
Gérin appelle les militants à faire le bon choix entre plusieurs candidats issus des rangs communistes lors de la consultation qui devrait avoir lieu en juin.

jeudi 30 décembre 2010

Voeux 2011 du PC: Que le Parti de gauche le laisse vivre !

Pierre Laurent: Mélenchon n'a "aucun intérêt à la dilution du PCF"

Les communistes refusent de se faire assimiler

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, défend l'identité communiste
Le successeur de Marie-George Buffet a estimé jeudi que le Front de gauche (FG), formation commune au PCF et au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, n'a "aucun intérêt à la dilution du PCF", dans un entretien au quotidien L'Humanité.
Interrogé sur le colonisateur J.-L. Mélenchon qui porte "plutôt" la parole du FG et fait donc craindre un "effacement" du PCF, l'ancien directeur de L'Humanité réaffirme à ses camarades que "le Parti communiste a été l'initiateur du Front de gauche et il est son principal animateur".
"Nous sommes un atout pour un développement populaire du Front de gauche dans le pays, dit-il. Ce défi-là ne sera pas relevé par la présence de telle ou telle personnalité mais dans une action politique et collective et le Parti communiste, avec ses militants et son réseau d'élus, est l'énergie essentielle de cette dynamique".
"Non seulement le Front de gauche n'a aucun intérêt à la dilution du PCF, mais le dynamisme de ce parti est la garantie de la réussite du Front de gauche", conclut Pierre Laurent, leader du parti communiste, lequel fête cette année ses 90 ans.

Le peuple communiste opprimé revendique son indépendance

La veille, L'Humanité, organe du PCF, publiait un appel à une candidature communiste pour la présidentielle, signé de plusieurs membres du Conseil national, notamment du député du Rhône, André Gérin, y voyant " une nécessité impérieuse au regard de la situation nationale et internationale".

Gérin, parent pauvre de la coalition d'extrême gauche
Sur le site internet du jdd.fr mercredi, André Gérin accusait le Parti de gauche et Mélenchon (ci-contre) de berner le PC et affirmait ne pas vouloir "servir d'alibi pour Mélenchon qui roule pour le Parti socialiste".
Le défi communiste
"On demande à la direction qu'elle respecte les statuts. D'abord avec un appel à candidatures. Et, s'il y a cet appel (qui pourrait avoir lieu lors de l'Assemblée des secrétaires de section du 8 janvier prochain), je serai candidat", affirme-t-il.
Les ambitions personnelles
Pour A. Gerin (ci-contre), la candidature du communiste André Chassaigne (lien PaSiDupes) est une "candidature individuelle". D'ailleurs, il faut bien admettre que la presse démocratique ignore délibérément sa candidature. "Au-delà du respect et de l'amitié" qu'il a pour lui, il a le "sentiment" que "c'est un alibi pour faire avaler celle de Mélenchon". Un alibi de plus...
A. Gérin se dit prêt à se présenter en son nom et sans l'appui du parti "si c'est nécessaire". "Peut-être alors que j'aurai le soutien d'une partie du parti", dit-il.
Alors, comme ça, Paul Laurent n'est pas le candidat naturel ?