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mercredi 27 novembre 2013

Réforme des retraites: un vote bloqué pour un passage en force de la loi

L'Assemblée a voté la réforme des retraites rejetée par le Sénat 

Les godillots de l'Assemblée votent tout ce qui passe

Autoritarisme de Hollande
Le gouvernement Hollande avait annoncé qu'il ferait passer en force la réforme des retraites en recourrant au "vote bloqué", provoquant la colère des républicains. Au lieu d'un vrai débat article par article et de voter chaque amendement, l'Assemblée est alors obligée de voter en bloc le texte (ou une partie de celui-ci si le gouvernement préfère), et donc de l'approuver ou de le rejeter, sans l'amender.
Dans le cas de ce projet de réforme des retraites, la procédure du vote bloqué demandée par le gouvernement visait à limiter les capacités de... la gauche elle-même à modifier le texte, et à s'assurer d'un vote, alors que la majorité était incertaine sur cette réforme critiquée. Les groupes alliés aux socialistes, radicaux de gauche comme écologistes, ont d'ailleurs vigoureusement protesté contre cette procédure.

La fracture est aussi parlementaire
Le 5 novembre, ls sénateurs avaient rejeté à l'unanimité le projet de réforme des retraites du gouvernement, socialistes compris, le mardi 5 novembre: droite et gauche ont voté massivement contre ce texte. 
La réforme des retraites a finalement pu être imposée lors d'un vote bloqué, à l'Assemblée nationale ce mardi. Et par 291 voix contre 243, soit plus largement qu'en première lectureLe vote ne s'est pas fait sans accroc, mais la presse partisane assure que "le geste du gouvernement, dans la nuit de lundi à mardi, a porté ses fruits"...  On cotisera plus et plus longtemps !

Le gouvernement enfume l'opinion

La presse autrefois "impertinente" ne dénonce pas les procédés socialistes

Il s'agit en fait de compenser le report de la revalorisation des pensions et de contrer l'opposition d'une partie de la gauche opposée à sa réforme
Les écologistes se sont finalement soumi abstenus comme en première lecture et les radicaux de gauche ont voté le projet de loi. Dans les rangs socialistes, le nombre d'abstentionnistes, des membres de l'aile gauche mais aussi l'ex-ministre Delphine Batho, a été réduit de 17 à 11. Le Front de Gauche, l'UMP, l'UDI et l'extrême droite ont voté contre.

"Attention accrue aux plus démunis": ce n'est pas l'avis de la CGT !

Les députés votent contre
la volonté du peuple
A la tribune au nom du groupe RRDP (radicaux de gauche et divers gauche), Roger-Gérard Schwartzenberg s'est félicité de cette dépense du gouvernement qui greve les finances publiques. "Notre groupe, dans sa quasi-totalité, votera ce projet de loi, qui désormais porte une attention accrue aux plus démunis, aux plus vulnérables", a-t-il estimé. "Même si votre écoute fut tardive, au moins les mesures annoncées permettront-elles de protéger les plus démunis", a renchéri Véronique Massonneau, une homonyme de Valérie Trierweiler. La députée franco-belge d'Europe Ecologie-les Verts pour la Vienne a toutefois conclu son intervention par un bémol, évoquant le "sentiment du devoir accompli mais pas d'une réforme réussie" 

Le député socialiste Christian Paul s'est lui aussi réjoui de l'absence de débat.
"Jusqu'à la dernière heure, nous ayons pu trouver avec ce gouvernement et l'ensemble des groupes de la majorité des réponses concrètes pour améliorer la situation des retraités les plus pauvres".

L'UMP a en revanche raillé Marisol Touraine, une ministre "réduite à faire des annonces à 1 heure du matin pour calmer les esprits"
"Cette réforme était mal préparée, mal fixée, c'était une tromperie", a ajouté Denis Jacquat, député de Moselle. "Vous pensez, avec ce geste de dernière minute, recoller les morceaux avec une majorité profondément divisée", a abondé l'UDI Philippe Vigier, pour qui la réforme des retraites est tout simplement la "motion de synthèse du parti socialiste la plus chère de l'histoire".

La majorité se satisfait du dérisoire

Les deux mesures gouvernementales pour rattraper le projet n'ont pas convaincu le Front de gauche, qui a clamé sa vive opposition au projet de loi. Pour le groupe GDR, André Chassaigne a tonné contre ces "deux mesures dérisoires", "ces promesses (qui) ne changent rien sur le fond". "L'histoire retiendra que ce gouvernement a entériné, prolongé toutes les régressions sociales imposées par la droite", a-t-il jugé, prévenant : "Nous voterons contre ce texte, nous continuerons à le dénoncer et à le combattre dans son vote ultime." En vain.

Le député du Puy-de-Dôme s'est également élevé de la voix contre le recours au vote bloqué, sur l'ensemble de ce texte, y compris l'article litigieux sur le report de la revalorisation de six mois des pensions de retraite. "Face à la montée de la contestation sur cette réforme, face aux réticences de votre propre majorité, vous avez choisi la voie de l'autoritarisme", a-t-il grondé.

Lorsque le gouvernement Fillon avait eu recours à cette même procédure du vote bloqué, les socialistes avaient alors dénoncé
un " mépris" "scandaleux"
Ils avaient dénoncé que "sur un sujet essentiel, qui engage le pacte social et républicain, on refuse aux élus de la nation le temps nécessaire au débat."

dimanche 2 novembre 2008

La gauche rejette la possibilité de travailler jusqu’à 70 ans

Les Français seront-ils privés de la liberté offerte de choisir leur âge de départ à la retraite ?
L'Assemblée a adopté un amendement au projet gouvernemental qui permettrait aux salariés de travailler jusqu'à 70 ans s'ils le souhaitent.
La gauche conservatrice est perturbée : les syndicats se disent inquiets et l'opposition crie au «scandale».

L’opposition en perd ses repères ...
L’idéologie n’excuse pas tout et la démagogie aggrave leur cas
L’idée même de travailler jusqu'à 70 ans lorsqu'on le souhaite est considérée comme impensable par nos quinquagénaires de l'opposition. Or,si leur espérance de vie a grandi, ils ont conservé en mémoire l’image de leurs pères à la maison pendant dix à quinze ans de retraite, que la réelle pénibilité des emplois permettait de qualifier de ‘bien méritée', et qui autorisait la passivité, tout au plus la partie de boules et le coin de potager. L'amendement qu'ont fait passer les députés dans la nuit de vendredi à samedi, en marge de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009 a donc pris de court les plus ringards ou ceux qui s’imaginent que leurs concitoyens le sont plus qu’eux encore.

Le projet de départ du texte interdisait aux employeurs de mettre leurs salariés à la retraite d'office passés 65 ans
La majorité parlementaire a voulu aller plus loin, estimant que cette suppression pure et simple de la procédure de "mise à la retraite" pourrait causer des "difficultés pour les entreprises". Les députés ont donc proposé un amendement qui laisse «la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années».
Les Français auraient pu prendre leur destin en mains.
En pratique, l'employeur doit interroger, avant l'âge de 65 ans, son salarié sur son intention de partir ou non en retraite. Si le salarié refuse, ou s'il ne donne pas de réponse, l’employé ne pourra pas être mis en retraite d'office, et ce, jusqu'à l'âge de 70 ans. Cette mesure ne repousse donc, ni l'âge de la retraite, ni le nombre d'années de cotisations nécessaires à l'obtention d'une pension à taux plein, qui reste de 40 ans aujourd'hui, qui deviendront 41 d'ici à 2012.
Le député UMP Denis Jacquat, auteur de l'amendement, estime qu'il «n'est plus acceptable aujourd'hui qu'un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu'il n'a pas forcément toutes ses annuités d'assurance ou qu'il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension». Ou qu’il se plaît et donne satisfaction dans son activité, la transmission du savoir, par exemple.


Une opposition suspicieuse

Cet amendement a suscité de vives critiques de la gauche politique et syndicale.
>Les partis politiques
«L'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans», s'est indignée en séance la Martine Billard (à gauche), Verte à plus d’un titre.

Encore relativement jeune (1959), mais déjà au pli de l'idéologie, la socialiste Marisol Touraine (à droite) a, quant à elle, accusé le gouvernement d'utiliser «tous les moyens pour reculer l'âge des départs en retraite et amener les salariés à travailler le plus longtemps possible».

Le PCF
a fustigé dans un communiqué, un «scandale» et un «pseudo-volontariat», «comme si les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté pouvaient avoir le choix». Et s’ils souhaitent continuer quelques années, le PC les priverait de cette liberté.

>Le syndicat CGT
La CGT
a-t-elle consulté sa base, qu’elle estime que ce texte susciterait «une légitime inquiétude» même s'il «ne modifie pas pour le moment les repères de 60 et 65 ans en matière de retraites» ?
Ce syndicat glose. «Cette mesure traduit bien la réalité d'aujourd'hui : de moins en moins de salariés auront la totalité de leurs droits à 60 ans et une retraite suffisante à 65 ans. Ils devront donc chercher à poursuivre leur travail voire à cumuler emploi et retraite», estime le secrétaire confédéral Jean-Christophe Le Duigou. Applaudit-il donc qu’il soit donné la possibilité aux salariés d’obtenir la ‘totalité de leurs droits’ et une ‘retraite suffisante’ ?


Les députés ont adopté un autre amendement

Celui-ci repousse l'âge limite d'activité en vol des personnels navigants de l'aviation civile : il est actuellement de 55 ans pour les hôtesses et stewards, et de 60 ans pour les pilotes. Les personnels des deux catégories pourraient choisir de continuer, éventuellement au sol, mais les syndicats d'Air France ont décidé à leur place.
Pour protester contre cette mesure, ils lancent un appel à la grève, qui pourrait avoir lieu en décembre, mais qui pourrait ne pas être suivie comme ils le voudraient, par des personnels qui ne souhaiteront pas que les syndicats régissent leurs vies et leur confisquent la possibilité d’opter pour une prolongation volontaire d’activité.

«Je ne veux voir qu’une seule tête !»
Les personnels d’Air France, et d’ailleurs, prennent peu à peu conscience de ce que ni les partis ni les syndicats de gauche ne prennent en compte le désir éventuel des salariés, qu’ils soient syndiqués, ou qu’ils ne le soient pas, mais sont pareillement contraints: la gauche entend décider pour tous de ce qui est mieux pour eux, tous autant qu’ils sont, hommes et femmes, valides et invalides, grosses et petites retraites, indistinctement.

Les salariés supporteront-ils que
les partis et les syndicats leur confisquent
la liberté de décision?