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jeudi 26 janvier 2012

Les députés de la majorité humanisent les 35 heures

Enfant très malade: le don de jours de repos entre collègues est approuvé

Un texte permet désormais d'affecter les RTT utilement

L'Assemblée a voté mercredi la possibilité pour un salarié de donner anonymement une partie de ses jours de repos à un collègue devant s'occuper d'un enfant très gravement malade. Les députés s'inspirent ainsi d'un cas réel de solidarité survenu dans une entreprise de la Loire.

Cette proposition de loi UMP doit maintenant passer devant le Sénat
Elle a été votée par les députés de droite et du centre. Le PS s'est abstenu et le Front de gauche a voté contre, en plaidant pour une meilleure prise en charge de ces situations par la solidarité nationale...

Quelque 1.500 enfants malades sont actuellement en phase terminale en France, selon l'auteur du texte, le député UMP Paul Salen. Il s'agit de donner un cadre légal à des initiatives spontanées de solidarité de salariés, explique cet élu de la Loire, qui a connu un tel cas dans sa circonscription.

Christophe Germain, un salarié de Badoit, avait bénéficié de 170 jours de RTT donnés par ses collègues, grâce au feu vert de son entreprise, et avait pu rester en permanence au chevet de son fils de 11 ans, Mathys, atteint d'un cancer et hospitalisé à domicile jusqu'à son décès fin décembre 2009.
"Nous sommes émus de l'adoption de ce texte, qui découle de notre histoire personnelle, pour tous les parents qui vont pouvoir en bénéficier", a déclaré la mère de l'enfant, Lydie Germain, qui a assisté aux débats avec son mari depuis la tribune du public.
"C'est le résultat de la continuité d'un combat, celui de notre fils. Nous nous étions fait une promesse avec ma femme: qu'il ne soit pas parti pour rien", avait déclaré mardi Christophe Germain.


Les députés de l'opposition ont fait obstacle


Le candidat PS, François Hollande, était-il présent dans l'hémicycle?
Ou avait-il négligé son mandat ?
S'est-il exprimé sur l'abstention de son groupe parlementaire ?



Ils ont prétexté un risque supposé d'inégalités induites par le dispositif...
"Un salarié d'une PME ne recevra que quelques jours alors que celui d'une grande entreprise pourra avoir plusieurs mois", a ainsi argumenté Martine Billard (Front de gauche), une ex-professeur de SVT (biologie), pourtant.

Craignant aussi des difficultés pratiques d'application a priori, notamment autour de l'anonymat des dons, et les réticences des organisations syndicales, la gauche dite solidaire a préconisé l'amélioration de l'indemnité accordée à un parent bénéficiant d'un congé de présence parentale et refusé son vote.

Actuellement, un salarié en charge d'un enfant gravement malade peut bénéficier d'un tel congé pendant 14 mois, non rémunéré mais avec une indemnité de quelque 900 euros par mois.


Courageux, le PS s'est abstenu
Les socialistes vertueux ne voulent pas s'opposer à "un tel acte de solidarité".
Ne renonçant jamais à polémiquer, quelles que soient les circonstances et les raisons, ils ont osé ironiser, par la bouche de Marie-Françoise Clergeau: le sujet a été le prétexte à une tentative malvenue de raillerie , relevant "une tardive conversion de la majorité aux 35 heures " sur lesquelles reposentles RTT.

Le Front de gauche (Parti de gauche-PCF) a voté contre
Les communistes refusent aux salariés le droit aux initiatives personnelles de solidarité d'individu à individu. Toujours foncièrement léninistes, les idéologues marxistes restent attachés au "centralisme" d'antan dit 'démocratique' et soutiennent que "c'est à la solidarité nationale à faire face à ces situations".


Un certain encadrement du dispositif


Le texte adopté concerne les jours de repos en général, qu'il s'agisse de RTT, de jours de récupération ou de jours de vacances, mais quatre semaines de vacances ne peuvent être cédées.

Un certificat médical attestant de la gravité de la maladie et de la nécessité d'une présence soutenue auprès de l'enfant est exigé pour que fonctionne le dispositif, qui devrait s'appliquer aussi à la Fonction publique.

La secrétaire d'Etat aux Solidarités, Marie-Anne Montchamp, s'est en revanche félicitée de ce texte qui "valorise cet esprit de volontariat et de don sans lesquels nous ne pouvons espérer renforcer notre cohésion sociale
".



mardi 23 décembre 2008

Travail dominical : une pétition UMP

Dites oui à l’ouverture des magasins le dimanche

L'UMP a lancé sur son site internet une pétition de soutien à la très controversée proposition de loi sur le travail . Elle a reçu jusqu'à présent "16.000 signatures", a annoncé lundi l'un des porte-parole du parti, Frédéric Lefebvre.

"La proposition de loi déposée par le député des Bouches-du-Rhône, Richard Mallié, (visant à définir les dérogations au repos dominical dans les grandes agglomérations et les zones touristiques) et défendue par le gouvernement est un texte équilibré", soutient le texte de la pétition.

"Elle permet aux Français qui le souhaitent de faire des achats le dimanche.

Elle permet aux salariés qui le souhaitent de travailler le dimanche pour accroître leurs revenus en étant payés le double"
, souligne encore le texte.

Commentant le chiffre de 16.000 signatures, Frédéric Lefebvre a estimé qu'il s'agissait d'un "signe que les Français attendent que nous bougions sur cette question".
L'examen de la proposition de loi Mallié a été reporté la semaine dernière au mois de janvier, officiellement pour "calmer les esprits", après avoir provoqué des tiraillements dans la majorité, une partie des députés UMP y étant opposés.

Si vous aussi, vous êtes favorable 0
l’ouverture des magasins le dimanche,

Le détail

La loi actuellement en vigueur sur le repos dominical date de plus d'un siècle. Depuis, les modes de vie et de consommation des Français ont évolué.
un texte équilibré

Les autorisations d'ouverture le dimanche sont ciblées : elles concernent les grandes agglomérations de plus de 1 million d'habitants ;
Les élus locaux auront leur mot à dire : sans le feu vert de la mairie, rien ne change ;

Le travail le dimanche est basé sur le volontariat ;
les salariés dans ces zones sont payés le double et bénéficient du repos compensateur ;
Le principe du repos dominical est conservé et le dimanche conserve son caractère de jour exceptionnel ;
Les petits commerces alimentaires sont mieux protégés.
Cette proposition de loi n'est ni une généralisation ni une obligation du travail le dimanche !

Quelques chiffres :
66% des Français sont favorables à l'ouverture des commerces le dimanche (sondage OpinionWay-LeFigaro-LCI, 12.12.08)
73% des Franciliens y sont favorables (sondage CSA, 12.10.08)
7,5 millions de Français travaillent régulièrement ou occasionnellement. 67% d'entre eux (80% en région parisienne) approuvent la proposition de loi (sondage IFOP du 5-9.12.08).

mercredi 5 novembre 2008

La SNCF ne reliera pas les hommes, demain jeudi 6

Nouvelle prise d’otages sur le territoire Français
Les ruptures de caténaires à répétition ne suffisaient pas

Les usagers de la SNCF seront à nouveau perturbés à partir de mercredi 20h00 et jusqu'à vendredi 08h00 : les conducteurs feront grève sur le dos des passagers, à la demande des syndicats amis, Sud et CGT. Cette fois, la gauche syndicale ne veut pas d’une nouvelle réglementation du temps de travail dans le fret que la direction souhaite prochainement mettre en place.

Les voyageurs des trains Corail et Thalys sont ciblés
Le préavis de grève, non reconductible pour commencer, a prévu des perturbations dès mercredi soir.
Jeudi, les réseaux des TGV en France, des trains régionaux et de banlieue seront affectés, selon les prévisions de trafic.

  • Le service sera ainsi assuré à seulement 50% sur le TGV Atlantique, à 75% sur le TGV Sud-Est et à 65% sur les TGV province-province.
    Vers la Belgique, un TGV Thalys sera supprimé mercredi soir, trois jeudi, et un vendredi matin.
    Les autres TGV transfrontaliers (Eurostar, Alleo, Lyria, etc.) et les TGV Est et Nord seront a priori épargnés.
  • Pour les TER, 50% du trafic sera assuré en moyenne jeudi, à l'exception de la Picardie où il sera normal. Les trains Corail Paris-Clermont-Ferrand et Paris-Limoges-Toulouse circuleront également à 50% du service habituel jeudi et aucun train Corail de nuit ne circulera mercredi soir.
  • Les lignes Corail Intercités en province seront assurées à 50%

  • En banlieue parisienne, la SNCF prévoit 35% du trafic sur ses rames du RER B avec l'interconnexion à Paris Nord suspendue, 65% sur le RER C, 50% sur le RER D, et 65% sur le RER E. La ligne A du RER n'est pas touchée.
    Pour les trains de banlieue, 65% de ceux au départ de Paris Est seront assurés, 50% au départ de Paris Nord, 40% au départ de Saint-Lazare, 50% au départ de Montparnasse et 35% depuis la gare de Lyon.

    La CGT dispose de nous
    La CGT nous aura prévenus : à nous de nous débrouiller. Le mouvement devait être "très bien suivi" dans la branche fret et "bien suivi" chez les conducteurs de trains voyageurs avec un taux global de mobilisation "autour de 45%".
  • Les syndicats font obstacle à l’adaptation de la SNCF
    Ce mouvement de grève est dû au projet de la direction de modifier la réglementation du travail des conducteurs du fret, bien qu’il s’agisse d'une nécessaire adaptation pour faire face à la concurrence du privé. Le marché du fret est ouvert à la concurrence depuis 2006.

    Une grève avait déjà été observée les 9 et 10 juin, déjà à l'appel de
    CGT-Sud-FO et à ce sujet.
    Sud est minoritaire et non représentatif...

    La CGT et Sud, mais aussi la Fgaac (conducteurs autonomes) et la CFDT qui n'ont pas appelé à la grève, estiment que ces nouvelles conditions de travail (durée maximale de conduite, temps de repos) seraient "dégradées" et seraient un recul pour la santé des agents de conduite, leur vie de famille et la sécurité de la circulation des trains.
  • La suspicieuse CGT anticipe.
  • Elle estime en outre que les nouvelles règles sont le prélude à "une remise en cause du statut de cheminot" et qu'elles seront "à terme appliquées à tous les conducteurs". La branche fret compte 4.400 conducteurs.
  • Exercer des pressions démocratiques avant la reprise des négociations
    La discussion sur ces modifications a été engagée en mars, mais a échoué au printemps, et une commission paritaire (Etat, direction SNCF, syndicats) est prévue le 12 novembre pour les entériner.
    Entre-temps, la direction a lancé cet été un
    appel à des volontaires pour conduire des trains de fret sous un statut "transitoire" intégrant ces nouvelles règles. 800 conducteurs se seraient portés volontaires.

  • Front syndical désuni
  • La CGT a demandé mardi le report de la réunion du 12 novembre.
    Mais le deuxième syndicat chez les conducteurs derrière la CGT- la Fgaac et la CFDT ont demandé à reprendre la concertation. Dans le cas contraire, la Fgaac et la CFDT, désormais adossées l'une à l'autre, menacent "d'un conflit d'envergure".

    Et notre liberté d’aller et venir ?
    Elle n’est pas le moins du monde menacée, pensez-donc ! Ni notre santé, ni notre vie de famille. Et si elles l’étaient, ce serait pour le bien de tous, ou du moins du plus grand nombre. Mais si c’est seulement pour une minorité (?), c’est la loi de la démocratie. Revisitée par des conducteurs CGT-Sud...

    mardi 4 novembre 2008

    La fonction publique aura le choix d’un départ à la retraite à 70 ans

    Les media d’opposition escamotent la notion de volontariat

    Le contexte
    L'Assemblée nationale a voté vendredi, lors de l'examen en première lecture du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, une disposition qui permet aux salariés que le souhaitent de travailler jusqu'à 70 ans.

    Obligation et volontariat
  • Le ministre du Travail Xavier Bertrand a indiqué lundi sur RTL que l'âge légal maximal de la retraite ne sera pas relevé à 70 ans dans la fonction publique, pour laquelle sera généralisé l'âge maximal de 65 ans.
    "Dans la fonction publique, on a décidé également de remonter, jusqu'à 65 ans, quand c'était en dessous auparavant", a indiqué M.Bertrand, interrogé sur le cas particulier de la fonction publique.
  • Mais la possibilité du départ à 70 ans sera ouverte aux fonctionnaires
    L'âge de départ à la retraite pourra être repoussé à 70 ans dans la fonction publique, sur la base du volontariat, déclare le ministre du Travail, Xavier Bertrand.
    "Aujourd'hui, c'est 65 ans qui a été retenu dans le texte qui a été modifié vendredi, parce que c'était en deçà dans la fonction publique, et pourquoi, parce que là c'est aussi lié aux statuts de la fonction publique, mais on a déjà décidé de remonter les choses" a-t-il précisé.
    Pour la majorité, il s'agit de mettre fin aux "retraites-couperet" et de lutter contre les faibles retraites.
    "Nous voulons inciter les Français à prolonger leur activité, leur donner envie de le faire", a-t-il ajouté. "Il y avait un côté absurde de forcer quelqu'un à partir alors qu'il voulait travailler."

    Distinguer âge légal et liberté de prolonger
    L'âge légal de la retraite - 60 ans si les 41 ans de cotisation ont été acquittés - ne bougera pas, a insisté le ministre. Et puisque l'opposition socialiste joue la polémique et la suspicion, en y voyant un allongement "insidieux" de la durée du travail", le ministre a dû ajouter à l’attention des désinformateurs malveillants: C'est mis noir sur blanc dans le texte adopté vendredi soir".

    Faites suivre au PS qui n’entend que d’une oreille, sans qu’on sache bien laquelle : c’est comme ça l’arrange…
  • Travail jusqu'à 70 ans: les syndicats savaient déjà en mai, révèle X. Bertrand

    L’opposition jouerait-elle un vilain jeu ?
    Les syndicats assurent qu'ils sont demandeurs de dialogue, de concertation et de transparence, mais pratiquent la rétention, l’opacité et le secret. Ils ont fait les morts pendant cinq mois et ont failli à leur devoir d’information de leurs mandants! Ils savaient que le gouvernement avait la volonté de repousser l'âge limite du travail à 70 ans "depuis le mois de mai dernier", mais ne leur ont rien dit…
    "C'est transmis aux syndicats depuis le mois de mai dernier", a fait savoir le ministre du Travail sur RTL. "On l'avait dit très clairement", a-t-il ajouté. "Au mois de mai dernier, dans mon bureau, j'ai reçu tous les partenaires sociaux pour parler retraites, en indiquant que nous allions supprimer les mises à la retraite d'office", a expliqué Xavier Bertrand, pour qui il y a eu "très long dialogue social aussi sur cette question".

    Le soleil ne devra pas se coucher à 65 ans pour tout le monde
  • Le responsable de la « riposte » au PS n’est guère réactif !
    Razzye Hammadi n’est toujours pas au parfum.
  • Quant à Hollande, il lui aura également fallu près de six mois pour réagir.
  • La prolongation du droit au travail ne l’aura donc pas trop préoccupé : il prend sa retraite du bureau national du PS à 54 ans. Flamby 1er n’a pas souhaité dialoguer ni faire progresser la réflexion pendant tout ce temps. Et d’ailleurs, le « débat participatif », ce n’est pas de lui, c’est de l’autre…

    Le contexte

    Coupés de la vraie vie, tels la maréchaussée, les socialistes arrivent quand tout est fini !
    Ce projet de repousser le plafond de l'âge de la retraite date pourtant de la polémique autour du départ du Pr Luc Montagnier aux Etats-Unis, puis de celle qui est née l'an dernier avec la reprise d'activité de l'entraîneur de football Guy Roux, après l’âge légal, a encore précisé le ministre du Travail.

    Une nouvelle liberté sociale
    Et elle ne doit rien à l’opposition, mais on peut penser qu’au fond elle n’est pas aussi hostile qu’elle le prétend. N’a-t-elle pas pas une forte expérience de l’obstruction parlementaire ?
    "A partir du 1er janvier, il n'y aura plus de plafond", a conclu Xavier Bertrand, tout en rappelant que "l'âge de départ à la retraite reste exactement le même, à 60 ans".

    Avec cent voix d’avance (315 voix contre 217)
    ,L'Assemblée a voté la fin de la mise à la d'office au rancart des salariés du privé en 2010. Un amendement qui réservait la possibilité aux salariés de prolonger leur activité au-delà de 65 ans, "dans la limite de cinq années", a été adopté avec la loi sut le budget.
    Les salariés volontaires ont conservé le droit de se reposer à 65 ans, mais ont gagné la liberté de travailler jusqu'à 70 ans, s’ils le veulent et le peuvent, s'ils sont en forme ou veulent faire grossir une petite retraite.
    En Allemagne, donc en Europe, l'âge officiel du départ à la retraite de nos voisins est 67 ans. Et de "vivre pour consommer", selon l'inéffable Joffrin de ...Libération ! Il a vraiment tout du socialiste ...

    dimanche 2 novembre 2008

    La gauche rejette la possibilité de travailler jusqu’à 70 ans

    Les Français seront-ils privés de la liberté offerte de choisir leur âge de départ à la retraite ?
    L'Assemblée a adopté un amendement au projet gouvernemental qui permettrait aux salariés de travailler jusqu'à 70 ans s'ils le souhaitent.
    La gauche conservatrice est perturbée : les syndicats se disent inquiets et l'opposition crie au «scandale».

    L’opposition en perd ses repères ...
    L’idéologie n’excuse pas tout et la démagogie aggrave leur cas
    L’idée même de travailler jusqu'à 70 ans lorsqu'on le souhaite est considérée comme impensable par nos quinquagénaires de l'opposition. Or,si leur espérance de vie a grandi, ils ont conservé en mémoire l’image de leurs pères à la maison pendant dix à quinze ans de retraite, que la réelle pénibilité des emplois permettait de qualifier de ‘bien méritée', et qui autorisait la passivité, tout au plus la partie de boules et le coin de potager. L'amendement qu'ont fait passer les députés dans la nuit de vendredi à samedi, en marge de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009 a donc pris de court les plus ringards ou ceux qui s’imaginent que leurs concitoyens le sont plus qu’eux encore.

    Le projet de départ du texte interdisait aux employeurs de mettre leurs salariés à la retraite d'office passés 65 ans
    La majorité parlementaire a voulu aller plus loin, estimant que cette suppression pure et simple de la procédure de "mise à la retraite" pourrait causer des "difficultés pour les entreprises". Les députés ont donc proposé un amendement qui laisse «la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années».
    Les Français auraient pu prendre leur destin en mains.
    En pratique, l'employeur doit interroger, avant l'âge de 65 ans, son salarié sur son intention de partir ou non en retraite. Si le salarié refuse, ou s'il ne donne pas de réponse, l’employé ne pourra pas être mis en retraite d'office, et ce, jusqu'à l'âge de 70 ans. Cette mesure ne repousse donc, ni l'âge de la retraite, ni le nombre d'années de cotisations nécessaires à l'obtention d'une pension à taux plein, qui reste de 40 ans aujourd'hui, qui deviendront 41 d'ici à 2012.
    Le député UMP Denis Jacquat, auteur de l'amendement, estime qu'il «n'est plus acceptable aujourd'hui qu'un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu'il n'a pas forcément toutes ses annuités d'assurance ou qu'il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension». Ou qu’il se plaît et donne satisfaction dans son activité, la transmission du savoir, par exemple.


    Une opposition suspicieuse

    Cet amendement a suscité de vives critiques de la gauche politique et syndicale.
    >Les partis politiques
    «L'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans», s'est indignée en séance la Martine Billard (à gauche), Verte à plus d’un titre.

    Encore relativement jeune (1959), mais déjà au pli de l'idéologie, la socialiste Marisol Touraine (à droite) a, quant à elle, accusé le gouvernement d'utiliser «tous les moyens pour reculer l'âge des départs en retraite et amener les salariés à travailler le plus longtemps possible».

    Le PCF
    a fustigé dans un communiqué, un «scandale» et un «pseudo-volontariat», «comme si les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté pouvaient avoir le choix». Et s’ils souhaitent continuer quelques années, le PC les priverait de cette liberté.

    >Le syndicat CGT
    La CGT
    a-t-elle consulté sa base, qu’elle estime que ce texte susciterait «une légitime inquiétude» même s'il «ne modifie pas pour le moment les repères de 60 et 65 ans en matière de retraites» ?
    Ce syndicat glose. «Cette mesure traduit bien la réalité d'aujourd'hui : de moins en moins de salariés auront la totalité de leurs droits à 60 ans et une retraite suffisante à 65 ans. Ils devront donc chercher à poursuivre leur travail voire à cumuler emploi et retraite», estime le secrétaire confédéral Jean-Christophe Le Duigou. Applaudit-il donc qu’il soit donné la possibilité aux salariés d’obtenir la ‘totalité de leurs droits’ et une ‘retraite suffisante’ ?


    Les députés ont adopté un autre amendement

    Celui-ci repousse l'âge limite d'activité en vol des personnels navigants de l'aviation civile : il est actuellement de 55 ans pour les hôtesses et stewards, et de 60 ans pour les pilotes. Les personnels des deux catégories pourraient choisir de continuer, éventuellement au sol, mais les syndicats d'Air France ont décidé à leur place.
    Pour protester contre cette mesure, ils lancent un appel à la grève, qui pourrait avoir lieu en décembre, mais qui pourrait ne pas être suivie comme ils le voudraient, par des personnels qui ne souhaiteront pas que les syndicats régissent leurs vies et leur confisquent la possibilité d’opter pour une prolongation volontaire d’activité.

    «Je ne veux voir qu’une seule tête !»
    Les personnels d’Air France, et d’ailleurs, prennent peu à peu conscience de ce que ni les partis ni les syndicats de gauche ne prennent en compte le désir éventuel des salariés, qu’ils soient syndiqués, ou qu’ils ne le soient pas, mais sont pareillement contraints: la gauche entend décider pour tous de ce qui est mieux pour eux, tous autant qu’ils sont, hommes et femmes, valides et invalides, grosses et petites retraites, indistinctement.

    Les salariés supporteront-ils que
    les partis et les syndicats leur confisquent
    la liberté de décision?

    samedi 1 novembre 2008

    Mot d'ordre de grève à Air France : ça peut attendre décembre !

    Menace sur les vols de fin d’année
    La grève des personnels navigants était prévue pour la période du 4 au 8 novembre. Le chantage est maintenu, mais la grève est désormais censée se dérouler du 5 au 9 décembre, si les syndicats n'obtiennent pas satisfaction d'ici là.
    "Les syndicats considèrent que les négociations entamées avec le gouvernement doivent se prolonger, afin d'obtenir le déblocage des points qui demeurent inacceptables", estiment dans un communiqué commun les huit organisations syndicales (la CFDT-PNC, la CFTC, FO, le SNPNC, SUD aérien, l'UGICT-CGT, l'UNAC et l'UNSA).

    La liberté de travailler jusqu’à 65 ans ne séduit pas les hôtesses et stewards
    Les navigants refusent plus de liberté
    Même sur la base du volontariat, ils protestent contre la possibilité de poursuivre une activité jusqu’à 65 ans et souhaitent obtenir le maintien complet du droit de départ en retraite à 55 ans. Le ministre leur a pourtant promis que ce serait "sous reserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention et dans la limite de 5 années".

    Discussion parlementaire
  • Les députés
    Les élus de la Chambre basse ont voté en première lecture cette disposition permettant un maintien dans l'emploi des navigants jusqu'à 65 ans, sur la base du volontariat et à condition d'un reclassement au sol dans les dernières années. Entre 55 et 60 ans, la prolongation d'activité des hôtesses et stewards serait possible, si la compagnie peut proposer le reclassement au sol. Dans de nombreuses professions les salariés auraient bien accueilli cette possibilité.
    Si la disposition est votée par les deux Chambres, la limite d'âge pour exercer une activité de pilote ou de copilote pourra passer à 65 ans en 2010, à la condition qu'un seul des pilotes d'un avion de ligne soit âgé de plus de 60 ans. Ce départ plus tardif ne se ferait que pour ceux qui exprimeraient le désir de travailler après 60 ans, qui reste l'âge légal de départ en retraite.
  • Les Sénateurs
    Ils voteront mi-novembre. En cas de désaccord avec le texte voté à l'Assemblée, une commission mixte paritaire réunissant les parlementaires des deux assemblées devrait trancher ensuite, fin novembre ou début décembre.
    Il était donc raisonnable de laisser les élus de la nation débattre.

    Le SNPL-France Alpa, principal syndicat des pilotes de ligne en France, devrait maintenir son préavis de grève du 14 au 17 novembre, au moment du débat au Sénat, pour également faire pression sur les élus contre la possibilité laissée aux navigants de poursuivre une activité.
  • vendredi 31 octobre 2008

    SNCF: préavis de grève des conducteurs pour le 6 novembre

    Et pour quel motif cette fois ?
    La CGT et Sud, comme à Air France et la même semaine, ont déposé un préavis de grève concernant l'ensemble des agents de conduite pour le 6 novembre. Ils protestent contre "la remise en cause de la réglementation du travail des conducteurs".

    La grève débutera le 5 novembre à 20H00 et s'achèvera le 7 novembre à 08H00.
    La direction de la SNCF a affirmé "n'avoir aucune visibilité sur l'ampleur du mouvement et son impact sur le trafic pour le moment", une "réunion de conciliation" étant prévue avec les organisations syndicales le 3 novembre.

    Incohérence de la prise en otages
    Les voyageurs seront encore perturbés et pourtant, c’est une fois de plus la situation du fret qui est à l'origine du conflit.
    Entravée dans ses efforts d’adaptation à la concurrence privée dans le transport de marchandises, la SNCF envisage néanmoins de faire travailler des conducteurs volontaires de ce secteur sous un "statut transitoire" pour réduire ses coûts. Mais l’archaïque CGT a qualifié cette opération de "dumping social" et de "chantage" à l'emploi.

    "Opération volontariat"
    Les cheminots seront-ils libres de sauvegarder la compétitivité de la SNCF?
    Malgré les pressions syndicales, sur 4.000 cheminots, 800 se sont déjà portés volontaires "pour travailler dans des conditions nouvelles" dès cet été, dans le cadre d'une "opération volontariat", a indiqué la SNCF.
    Pour Sud-Rail, "la direction s'est lancée dans une vaste opération de recherche de ‘volontaires’ parmi les agents de conduite (du fret) pour essayer d'en trouver acceptant de brader les conditions de travail de tous".
    Mais, pour toucher aux conditions de travail des cheminots de la SNCF, plus protectrices que celles du privé, et à leurs privilèges, une adaptation juridique est nécessaire.

    Un statut figé
    Pour que cette évolution soit applicable, les pouvoirs publics réuniront les syndicats le 12 novembre, dans le cadre d'une commission nationale mixte paritaire, dans l'objectif de modifier avec eux l'article 49 d'un décret du 29 décembre 1999 relatif à la durée du travail du personnel de la SNCF.
    Cet article prévoit les motifs et les conditions d'application des dérogations pour modifier la réglementation du travail des conducteurs.
    "Sous couvert d'adaptation à la concurrence, le gouvernement et la direction de la SNCF s'apprêtent (...) à opérer une attaque sans précédent sur les conditions d'utilisation des agents de conduite de la SNCF", a dénoncé la CGT-Cheminots, qui bloque l’adaptation de l’entreprise au monde actuel et la met en péril, comme les emplois, malgré le contexte de récession.
    Cette modification entraînerait "une détérioration des conditions de travail des cheminots et un affaiblissement de la sécurité des circulations ferroviaires", déplore le syndicat, pour qui le maintien du pouvoir d’achat de ses adhérents compte bien peu .

    La SNCF se heurte à des syndicats psycho-rigides
    Selon la SNCF, il ne s'agit pas de créer un deuxième statut pour les conducteurs du fret, mais de "s'adapter au marché en les faisant travailler sous un statut transitoire" avec des "règles transitoires".
    Depuis l'ouverture du marché du fret à la concurrence en mars 2006, la SNCF a dû céder quasiment 10% de parts de marché au privé. Combien en faudra-t-il à la CGT et Sud avant qu’ils cessent de couler leur entreprise.
    Consciente du risque de naufrage, la CGT précise, au moment de perdre une journée et deux nuits d’activité, que le secteur du fret connaît une baisse des trafics de "8,8% sur les huit premiers mois de l'année".
    En période de crise économique et sociale, ce comportement jusqu’au-boutiste est d’autant plus irresponsable et kamikaze.