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mercredi 11 décembre 2019

Réforme des retraites: "La ligne rouge est franchie" par Edouard Philippe, grondent les syndicats

La plupart des syndicats annoncent une intensification du mouvement social

Philippe a présenté la réforme des retraites





Mercredi 11 décembre, le premier ministre a provoqué de vives réactions des syndicats réformistes, CFDT ou UNSA, comme de la CGT ou FO, qui ont dénoncé le projet du gouvernement, certains évoquant une dépassement de la "ligne rouge", tandis que le MEDEF  ne dissimulait pas sa satisfaction.

Macron engage le bras de fer

La seule note positive est venue du principal syndicat patronal. 
"Du côté des entrepreneurs que représente le MEDEF, c'est un bon équilibre entre une réforme qui est redistributive (...) et la nécessité que tout ça doit être financé par quelqu'un et donc qu'il faut, quand c'est possible, qu'on travaille plus longtemps", a-t-il réagi après l'intervention du premier ministre.


"Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c'était le fait de ne pas mélanger la nécessité d'une réforme systémique (...) et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie", a déclaré le numéro un de la CFDT, Laurent Berger dans les couloirs du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il a dénoncé une réforme "lestée par un angle budgétaire accru".

"Le gouvernement s'est moqué du monde," a estimé le secrétaire général de la CGTPhilippe Martinez. "Le gouvernement veut individualiser le système de retraite (...). Tout le monde va travailler plus longtemps, c'est inacceptable", apour sa partdéclaré Ph. Martinez, sur LCI. 
Après les annonces du premier ministre, qui a confirmé "le régime injuste par points," Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminots (syndicat dominant à la SNCF),  a appelé à "renforcer la grève".

Le discours d'Edouard Philippe détaillant la réforme n'est "pas à la hauteur de nos revendications", a regretté Didier Mathis, secrétaire général de l'UNSA ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF et premier à la RATP.
Visiblement abattu, Laurent Escure, le secrétaire général de l'UNSA, s'est contenté d'exprimer sa "déception". "On a eu la désagréable surprise, qui est une ligne rouge pour nous, qui est la question de la mesure d'âge", a-t-il constaté, sobrement, assurant que la mobilisation de ses fédérations à la SNCF, la RATP et chez les enseignants pourrait "se globaliser".

vendredi 13 avril 2018

Tentatives de discrédit et de division: des cheminots non-grévistes se disent "menacés"...

L'Elysée est-il à la manoeuvre dans cette bataille de l'opinion en cours ?

Alors que 
l'opinion se désolidariserait peu à peu des grévistes de la SNCF,
selon l'AFP et la presse dépendante, 
franceinfo a rencontré trois cheminots non-grévistes affirmant avoir reçu "des pressions et des menaces".

Le 3e épisode de grève depuis début avril a démarré jeudi à 20h00 :
il est 
destiné à peser sur l'examen de la réforme ferroviaire
en cours  à l'Assemblée nationale 
Le service public de Radio France s'est intéressé au "nombreux cheminots qui continuent de travailler", "dans l'ombre des grévistes" [sic]... qu'ils soient d'ailleurs pour ou contre le projet de réforme du gouvernement. 
Selon les chiffres transmis par la SNCF, 38% des "personnels indispensables à la circulation" étaient en grève ce vendredi 12 avril, contre 48% lors du premier épisode de grève les 3 et 4 avril, indique l'AFP. Ses décrypteurs n'ont-ils pas noté que les premiers chiffres étaient boostés par la grève nationale des cheminots SNCF, le 22 mars 2018, et l'enthousiasme de la première date de grève "scandée"? Ces professionnels de l'ordre macronien ignorent-ils de surcroît que les seconds chiffres sont ceux enregistrés au début des vacances scolaires pour la zone C et au lendemain de l'intervention télévisée d'Emmanuel Macron?
Ce vendredi 13 avril, le taux de participation à la grève SNCF est en baisse par rapport aux précédentes mobilisations. Ainsi, le taux de grévistes s'élève ce matin à 22,5%, soit près de deux points de moins que lundi 9 avril. Le taux de participation était alors très précisément de 24,9%. Difficile pourtant de suggérer que les cheminots commenceraient à baisser les bras, puisqu'à la sortie d'une séance de concertation au ministère des Transports, Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminot, a menacé de durcir le mouvement en le prolongeant notamment après le 28 juin, comme il est pour l'instant prévu.
"Aujourd'hui, il n'y a plus de dialogue possible, c'est politisé"

Le parti-pris de la presse pour les non-grévistes laisse les usagers stupéfaits. Vendredi, jour de départs en vacances des Français, franceinfo choisit de relayer les impressions d'un anonyme présenté comme chef de traction sur le réseau Sud-Est qui s'épanche, expliquant son ressenti d'une forte pression au travail depuis le début du mouvement social. Ce témoin se plaint d'une ambiance lourde, parfois tendue, dans les gares : "Certains grévistes ne respectent pas notre droit au travail; il y a des pressions, des menaces", explique le cheminot inconnu. Sous couvert de l'anonymat, il affirme même avoir reçu des petites invectives comme "suppôt de Macron" ou "traître".
"Certains ne nous parlent plus, refusent de nous serrer la main ou de manger à côté de nous", raconte le même. 

Ce cheminot a le profil d'un syndiqué honteux à la CFDT
Il dit qu'il ne soutient pas la réforme présentée par le gouvernement mais n'est pas favorable, non plus, à la grève décidée par les organisations syndicales : "Pour moi, (au moment du choix de la grève) il n'y avait rien de clair. On n'était pas suffisamment avancés dans les négociations; les enjeux, je les voyais bien, mais je sentais bien que quelque chose était extrêmement instrumentalisés et politique".

"Ça peut paraître utopique, mais je pense qu'on peut peser autrement qu'en faisant grève", poursuit-il. "Aujourd'hui, il n'y a plus de dialogue possible, c'est politisé", estime-t-il, se disant au passage "pas représenté par les syndicats majoritaires" à la SNCF. Depuis les élections professionnelles de novembre 2015, la CGT demeure le premier syndicat du groupe ferroviaire. Associée aux trotskistes de Sud, la centrale communiste de Montreuil conserve une majorité de blocage.

Avec résignation, le réformiste attend maintenant le dernier jour de grève prévu pour le 28 juin, selon l'Agence Française de Presse : "J'ai horreur de ces périodes. J'adore ce que je fais, mais là, on se regarde tous en chiens de faïence". L'AFP ne précise pas l'âge de ce père tranquille, mais il ne se sent ni menacé, ni concerné; son statut privilégié le satisfait pleinement.

Un autre salarié de la SNCF, conducteur de trains depuis près de 20 ans, explique à son tour qu'il se reconnaît pas non plus dans la grève : "Objectivement, j'ai l'impression qu'il n'y a pas que du côté du gouvernement qu'on ne souhaite pas discuter. Chez nous, le dialogue syndical, c'est un peu comme un gamin devant un rayon de sucreries. S'il n'a pas ce qu'il veut, il se fâche", assène-t-il. La dépêche de l'AFP passe à un degré supérieur de sévérité envers les cheminots grévistes.

Le cheminot CFDT type se dit pour une réforme en profondeur de la SNCF dans le compromis : "Pour l'instant, c'est du perdant-perdant, cette réforme", assure-t-il. "Les syndicats font de la propagande. Il y a des élections professionnelles à la rentrée et ils misent sur cette grève pour faire campagne et pour montrer qu'ils ont mené la bataille". Ce qui n'est pas faux, mais la CFDT ne cherche-t-elle pas à récupérer les cheminots tièdes ?

Lui aussi assure recevoir des "intimidations ...informelles". "Ils vont mettre les 'fiches d'intention' [document qui permet de recenser les grévistes avant un jour de grève] dans les endroits où tout le monde passe, pour qu'on se sente visés", explique-t-il, un brin parano. "Certains non-grévistes ont aussi vu leurs noms affichés sur des listes dans les dépôts, "la liste des jaunes, des renards, des traîtres", reprend Luc. "On trouve aussi des boîtes à lettres vidées, des casiers tagués..."

Le troisième larron, un conducteur de train, depuis à peine un an, regrette également la fermeture au dialogue" de certains cheminots

"Il y a en qui vont chercher à convaincre leurs collègues coûte que coûte, mais dès que tu discutes un peu avec eux, ils peuvent changer d'avis", assure ce 'leader' âgé d'une vingtaine d'années. "Il y a beaucoup de postures, plus que de convictions. Moi, je prends du recul".

Il assure également que "beaucoup de cheminots" sont en grève "par contrainte," ce qui n'est pas une spécificité de ce mouvement social, mais elle est instrumentalisée par des travailleurs qui dissimulent leur appartenance syndicale: est-ce ça le "secret des sources" de la presse manipulatrice ?
Les cheminots en congé de maladie ou en formation sont tout de même comptabilisés dans les grévistes. "On ne cherche pas forcément à connaître leurs raisons, on veut juste grossir les rangs", commente l'innocent.


Paris, le 9 avril 2018

Ce troisième témoin anonyme (ou inventé pour la manipulation) est plus catégorique. 
Le lecteur est conduit là où l'AFP et le pouvoir macronien veulent nous mener. "Je suis entré avec la certitude que la SNCF n'est plus la même qu'il y a dix ans. La demande des clients a changé, il faut que les entreprises s'adaptent, sinon elles perdent du marché, assure le cheminot, âgé d'une vingtaine d'années et déjà tellement 'macronisé', bien au goût du journaliste également anonymé de l'AFP. "On ne vient plus conduire un train comme avant, ce n'est plus aussi pénible, les sièges sont confortables, le travail est plus agréable... Je ne suis pas d'accord avec ceux qui présentent tout de façon négative. Quand on signe un contrat, on sait ce qui nous attend". Et quand les règles du jeu sont modifiée en cours de partie ?


Après TF1, Macron poursuit son offensive médiatique ce week-end
Difficile d'échapper à la propagande gouvernementale. Toute la semaine, les Français auront subi la pression du pouvoir. Jeudi, Macron a tenté de rassurer seniors et ruraux et, dimanche, il travaillera le mental des actifs et des urbains au cours d'un deuxième entretien télévisé pour défendre le bilan de la première année de son quinquennat.
Viendra alors un nouveau sondage...

samedi 7 avril 2018

SNCF : SUD-rail annonce un appel au durcissement du mouvement de grèves

Guerre psychologique : la macronie tend-elle les négociations pour se rallier les usagers ?

"La grève pourrait aller au-delà de juin," annonce la CGT-Cheminots



Une première session de discussions jeudi, qualifiée de "mascarade" par la CGT, s'était aussi soldée par un échec, selon les syndicats d'extrême gauche alliés dans la lutte contre la réforme de la SNCF et notamment moins hostiles à son ouverture à la concurrence qu'à la disparition du statut des cheminots, des droits acquis jugés archaïques et inégalitaires par une majorité de Français. 

Constat d'échec des nouvelles négociations de ce vendredi. Laurent Brun (CGT) et Erik Meyer (Sud-Rail) ont dénoncé la volonté, confirmée vendredi par le gouvernement, de mettre fin aux recrutements sous statut de cheminot, et l'annonce par la direction de la SNCF de son projet de modifier des règles s'appliquant à ceux qui sont déjà dans l'entreprise. "Aujourd'hui, l'élément central, c'est l'annonce par la direction de l'entreprise de la remise en cause du statut pour les cheminots qui resteraient dans l'entreprise", a dit Erik Meyer à la presse.

La CGT-Cheminots menace d'une grève qui pourrait aller "au-delà" de juin

"Il n'y a pas eu de négociation", a regretté le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, à l'issue d'une réunion avec la ministre des Transports Elisabeth Borne. Il a assuré que la grève pourrait "aller au-delà du mois de juin".

Initialement, les syndicats de la SNCF avaient annoncé 36 jours de grève, du 3 avril à la fin du mois de juin, suivant ce  planning :
En avril les 3, 4, 8, 9, 13, 14, 18, 19, 23, 24, 28 et 29.En mai les 3, 4, 8, 9, 13, 14, 18, 19, 23, 24, 28 et 29.Et en juin les 2, 3, 7, 8, 12, 13, 17, 18, 22, 23, 27 et le 28.
"On nous enfume; l'objectif est bien de démanteler l'entreprise et les cheminots", a-t-il ajouté. Après des grèves très suivies mardi et mercredi, le mouvement reprendra dimanche et lundi, ce qui implique un ralentissement du trafic dès ce samedi à compter de 20h00. 

Sud-Rail appellera lundi à "durcir le mouvement," a confirmé Erik Meyer
"Nous allons tenir un marathon si le gouvernement nous l'impose", a mis en garde Laurent Brun. 

Le ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, en charge des transports, Nicolas Hulot, ministre de tutelle d'Elisabeth Borne, va-t-il finir par manquer le train des négociations ?

dimanche 18 mars 2018

SNCF: le calendrier des grèves qui vont nous gâter la vie

Les cheminots optent pour un système de grèves déstabilisant au maximum

Les syndicats de la SNCF ont appelé à une grève "deux jours sur cinq" du 3 avril au 28 mai. 


Selon le calendrier, 36 jours de grève sont prévus jusqu'à la fin du mois de juin.Tout est fait pour que tous les usagers soient perturbés. Mieux vaut consulter le calendrier des troubles. 
Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, CFDT, Unsa, SUD) ont appelé à une grève de 36 jours à partir du 3 avril, date à laquelle devrait commencer l’examen parlementaire de la loi d’habilitation permettant au gouvernement de réformer la SNCF par ordonnances. 

Cette méthode - assez peu citoyenne ! - de contestation aussi innovante (selon Didier Aubert, CFDT Cheminots, 4e syndicat) que vicieuse, n'est pas totalement inédite puisqu'elle est pratiquée par Sud, syndicat révolutionnaire. Elle consiste à cesser le travail pendant deux jours et reprendre le boulot trois jours suivants, avant de reprendre le mouvement de contestation. C’est ce que l’on appelle la grève "deux sur cinq". 
Une nouvelle intersyndicale est prévue le 21 mars afin de préciser les modalités de la mobilisation cheminote. 

"Une mauvaise nouvelle, une mauvaise chose pour les 4,5 millions de Français qui prennent le train tous les jours,"estimé le patron de la SNCF Guillaume Pepy au journal télévisé du soir de TF1, estimant la grève "un peu décalée par rapport à la concertation qui est engagée" avec le gouvernement. La ministre des Transports Elisabeth Borne a déploré sur BFMTV une "décision qui manifestement vise à pénaliser les usagers", la jugeant "incompréhensible".
Dans la matinée, les dirigeants de la SNCF lui avaient remis un "programme de travail" contenant sept piliers, bases du "projet stratégique" qu'ils doivent présenter en juillet. 
Guillaume Pepy avait expliqué qu'il comptait négocier avec ses troupes un "pacte d'entreprise", comme La Poste l'a fait en 2015.

De son côté le gouvernement compte bien poursuivre la concertation. 
Le Premier ministre Edouard Philippe a demandé à la SNCF d'"aligner ses coûts sur les standards européens", quand "faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu'ailleurs". 
La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a déploré une "décision qui manifestement vise à pénaliser les usagers", la jugeant "incompréhensible". Avant d’opposer aux "deux jours sur cinq" des négociations "sept jours sur sept". A cela près, que ce que le pouvoir appelle 'négociations' est, tout au plus, une "concertation', avant loi d'habilitation et ordonnances.

"L'intersyndicale constate que le gouvernement n'a aucune volonté réelle de négocier"

Il "porte la responsabilité (d'un) conflit intensif sur une très longue durée", a déclaré Laurent Brun, secrétaire national de la CGT Cheminots, principal syndicat de la SNCF, après plus de deux heures de réunion avec les trois autres syndicats représentatifs du groupe, l'Unsa, SUD-Rail et la CFDT Cheminots.

Des mouvements sociaux se profilent déjà le 22 mars : une mobilisation de la fonction publique, une grève de la RATP et une première mobilisation des cheminots
Au regard des annonces de l’intersyndicale, voici le calendrier prévisionnel des grèves du 3 avril au jusqu’au 28 juin, soit 36 jours déjà programmés :
- Mardi 3 avril, mercredi 4 avril, dimanche 8 avril, lundi 9 avril, vendredi 13 avril, samedi 14 avril, mercredi 18 avril, jeudi 19 avril, lundi 23 avril, mardi 24 avril, samedi 28 avril, dimanche 29 avril
- Jeudi 3 mai, vendredi 4 mai, mardi 8 mai, mercredi 9 mai, dimanche 13 mai, lundi 14 mai, vendredi 18 mai, samedi 19 mai, mercredi 23 mai, jeudi 24 mai, lundi 28 mai, mardi 29 mai
- Samedi 2 juin, dimanche 3 juin, jeudi 7 juin, vendredi 8 juin, mardi 12 juin, mercredi 13 juin, dimanche 17 juin, lundi 18 juin, vendredi 22 juin, samedi 23 juin, mercredi 27 juin, jeudi 28 juin
  - Aucun(e)
Ce type de mobilisation vise à engager un "conflit marathon", a expliqué sur franceinfo Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminot, proche du PS, le 16 mars. "On ne pense pas que pour convaincre le gouvernement il faille un sprint". Le syndicaliste a évoqué également "la nécessité de gêner sans trop gêner les usagers". Réformiste et humaniste ?

Les révolutionnaires trotskistes de SUD Rail (3e) souhaite que les salariés grévistes décident
eux-mêmes en assemblée générale le 4 avril s'ils veulent une grève reconductible tous les jours ou "s'ils s'inscrivent dans ce calendrier". Le syndicat "posera un préavis de grève reconductible pour permettre aux salariés de décider", a indiqué son porte-parole Erik Meyer.
SUD Rail a déjà déposé seul un préavis de grève (du 21 mars à 20h au 23 mars à 08h) pour "permettre aux cheminots de participer" à la grande manifestation du 22 mars. 
La CGT prévoit aussi des préavis de grève locaux. 
Et en Ile-de-France, trois des quatre syndicats représentatifs à la RATP appellent à la grève le 22 mars pour soutenir les cheminots.

lundi 20 juin 2016

Les cheminots CGT grévistes doivent déjà entre 300 et 400 millions aux Français, minimum

Un droit de grève à plusieurs centaines de millions d'euros pour la collectivité

Un coût estimé à "plus de 20 millions d'euros par jour"

La position debout prolongée n'est pas fatigante
Certains économistes assurent que la grève à la SNCF, coûteuse pour l'entreprise publique, n'aura pourtant qu'un impact limité... Tout en épargnant les syndicats, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, aura au moins eu le souci de ne pas assommer le contribuable. Il estime le coût de neuf jours de grève d'une partie des cheminots à seulement 153 millions d'euros, mais à 20 millions d'euro la journée, il est loin du compte. Alors il brode en admettant que les blocages et les grèves représentent "un tiers de notre résultat de l'année dernière." Pour conclure: "c'est énorme"

Or, l'impact d'un seul jour de grève dans les transports publics serait de 300 à 400 millions d'euros, estime Frédéric Gonand, professeur d'économie à l'université Paris-Dauphine, et cité dans L'Opinion et Le Parisien, au-delà de la seule SNCF. 

"On serait donc à 3 ou 4 milliards d'euros, environ 0,2% du Produit intérieur brut annuel, depuis le début du mouvement


>Sachant que l'on attend une croissance de 1% au mieux en 2014,
cela fait déjà un cinquième de perdu, c'est beaucoup", note Marc Ivaldi, chercheur à l'Institut d'économie industrielle de Toulouse, pour qui cet ordre de grandeur est "plausible". Il souligne toutefois qu'il est "extrêmement compliqué" de calculer un impact.

Cette estimation rappellerait celle de novembre 2007, réalisée par Christine Lagarde,  face à la la mobilisation contre la réforme des régimes spéciaux de retraites. On y a pas coupé ! Alors ministre de l'Economie, elle avait également estimé le coût à 300 ou 400 millions d'euros par jour, il y a près de 10 ans. Même en 2014, au huitième jour de grève, lors de l'examen de la réforme ferroviaire, ce ne devait pas être le plus long mouvement social que connaîtrait la société, alors que 11,8% du personnel y participait, selon les chiffres diffusés par la direction (contre 35%, au premier jour de grève SNCF, le 9 mars 2016), que 76% des Français y étaient opposés et que Valls promettait de ne pas céder

2016 a battu des records de nuisances syndicales
 

Du 09 mars au 02 juin, tous les syndicats de la SNCF participaient au mouvement de grève. A partir du 03 juin, la CFDT et l'UNSA ont quitté le mouvement, considérant avoir obtenu des concessions satisfaisantes de la part du gouvernement, à la fois sur le projet de loi Travail et sur la réforme du cadre social dans le secteur du rail.
Le 28 juin, jour du vote du projet de loi au Sénat, nous serons pourtant à 18 journées de grève depuis le 9 mars. 

Alors que "le gouvernement a finalement plié" également dans le secteur du contrôle aérien, renonçant aux suppressions de postes prévues,
les précédents de reculades et de renoncements du pouvoir socialiste dans plusieurs secteurs encouragent l'extrême gauche syndicale à tenir bon.

Officine de Bercy, l'INSEE (Institut national des statistiques et des études économiques) avait évidemment avancé un chiffre dix fois moins élevé, en toute indépendance, calculant que les grèves de novembre 2007 avaient fait perdre au total quelque 400 millions d'euros en dix jours. Et non pas 400 millions d'euros par jour, soit un impact au final "négligeable" pour l'activité annuelle et le contribuable qui doit éponger la dette publique sur plusieurs générations. Neuf ans plus tard, la grève dans l'entreprise ferroviaire publique seule devrait logiquement peser près de deux fois plus lourd sur le budget du pays.   

Or, 
"le calcul de l'incidence sur la croissance ne vaut pas vraiment d'être fait, il n'y a pas d'effet disruptif," mais c'est selon Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, porteur d'eau socialiste et manipulateur de chiffres qui assure que le constat de 2007 vaudrait aussi pour la grève en cours à la SNCF. Mis en cause dans un documentaire français sorti en janvier 2012 (Les Nouveaux Chiens de garde), qui explore les collusions entre les media français et les pouvoirs politique et économique français, il est toujours l'invité des media proches du PS et souligne ainsi que "l'activité fret de la SNCF pèse de moins en moins lourd et que le transport routier peut se substituer". "Ca va mieux", quoi qu'il arrive...

Ce que confirme Nicolas Paulissen, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR, dédié à défense de l'image des entreprises des transports routiers de marchandises) : "traditionnellement, en temps de grève de la SNCF, nous notons un surcroît d'activité", qui dure "plusieurs semaines, en raison d'un phénomène de rattrapage". Ce qui pénalise la SNCF profite aux routiers, redevables au CICE de Macron, mais, au total, l'économie n'y trouve pas son compte, singulièrement la croissance.

Dès le 16 juin, la fédération du secteur chimique, l'UIC, avait averti que "plusieurs entreprises" se trouvaient "dans une situation très critique".

Le directeur de la société de recherches économiques Coe-Rexecode s'inquiète en revanche. Denis Ferrand appelle toutefois à surveiller l'industrie lourde, "plus dépendante du fret" ferroviaire, et particulièrement la chimie, qui ne peut se passer de livraisons par train : "Si on en arrive à des ruptures de production dans ce secteur, il y aura un impact" sur l'activité globale.

Pertes des uns, profit des autres. Marc Ivaldi, celui du "Payer le métro à la carte et selon ses moyens" (EHESS et Toulouse School of Economics) - plus populiste en 2015, tu es CGT en 2016 : "Est-il normal qu'un cadre chômeur touchant 4.000 ou 5.000 € d'indemnités par mois voyage gratuitement comme un demandeur d'emploi en fin de droits?") - , rappelle, lui, qu'au-delà de la perte de production, une rupture de livraison engendre aussi des coûts indirects : d'éventuelles pénalités pour retard, ou encore des coûts de stockage. Sans compter l'impact des jours de travail perdus dans le cas où des salariés n'ont pu rejoindre leur lieu de travail, ou le manque à gagner pour l'hôtellerie et la restauration

Faire la grève est donc sans conséquences ? 
"Les informations que l'on a sont que, malgré tout, les transports ont été assurés aux heures de pointe. Donc les pertes nettes sont comparables à celles du mois de mai avec ses ponts et ses viaducs", minimise un Elie Cohen en gros sabots.
Du côté de la consommation d'électricité - un bon indicateur du niveau d'activité dans le pays -, la société de gestion des réseaux RTE - filiale d'EDF (actionnaire majoritaire, l'État français, 84,49 %, à lui tout seul) - indique n'avoir pas noté "d'évolution particulière" liée à la grève. L'étrange manière de l'Etat-PS d'être ferme, si on écoutait l'INSEE, la SNCF ou RTE. 
Par ailleurs, les coûts et les désagréments des uns font en partie les profits des autres : si un plus grand nombre de personnes prend sa voiture, cela augmente le chiffre d'affaires des stations-service. On tombe dans les arguments à la graisse d'oie !  Et si un voyageur se retrouve privé de train, il peut se voir obligé de prendre le taxi, ou de se payer une nuit d'hôtel. Tout bénéfice pour l'usager de base, par ailleurs contribuable et contributeur solidaire à la dette publique...

A propos, les agences de notation ont-elles mis la clé sous la porte en 2012 ?

samedi 11 juin 2016

Réquisitions de RER en faveur des spectateurs de l’Euro 2016, mais pas pour les salariés ?

Discrimination socialiste sur fond de rivalités syndicales
les jeux, da du pain, niet !

L’Etat et la SNCF assuraient que les spectateurs pourraient accéder normalement au Stade de France, pour le match France-Roumaine vendredi soir.
Panem et circences (du pain et des jeux) pour
flatter le peuple et s'attirer la bienveillance du peuple
Les lignes B et D du RER qui desservent le Stade de France devraient fonctionner à peu près correctement, et s’il le faut, il y aura des réquisitions. Chacune de ces deux lignes du réseau SNCF desservent une gare d'accès au Stade de France. 

Mais le gouvernement ne se montre pas très enclin à appuyer sur le bouton de cette arme atomique pour les usagers qui empruntent ces lignes chaque jour pour un usage non-footballistique. Se rendre au travail, par exemple, n'est pas un bon motif de réquisition...

Bras de fer entre les deux syndicats rivaux de la SNCF

La CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, n’a pas donné de consignes de reprise du travail. SUD a,
 quant à lui, clairement appelé à une poursuite de la mobilisation.
Novembre 2015
Encore
premier syndicat des cheminots, la CGT (34,33 % des suffrages) conserve la majorité de blocage avec SUD (16,83 %), malgré un tassement de la représentation des deux organisations, au profit de l'UNSA (23,86 %) et de la CFDT (15,15 %).
Mardi à l'aube, après des semaines de négociations engagées tardivement, la direction de la SNCF s'est résolue à présenter aux syndicats un projet d'accord d'entreprise sur l'organisation du travail. Sous la pression politique du gouvernement, Guillaume Pepy a dû faire d'importantes concessions qui maintiennent la situation des cheminots dans l'état antérieur au projet de loi travail déjà voté en première lecture par la majorité à l'Assemblée.

VOIR et ENTENDRE comment le pouvoir socialiste discrimine l'économie et les salariés (et leur pain quotidien) pour lesquels les réquisitions ne sont pas envisagées, à la différence de la manière forte en faveur des jeux et des footeux...

Pourtant, le mouvement social se poursuivait ce mercredi à la SNCF (le taux de participation était alors de 8,3 %, selon la direction), à deux jours de l'ouverture de l'Euro de football et il a été reconduit pour jeudi à Paris et dans de nombreuses régions. 
 

vendredi 10 juin 2016

Le rejet social persiste à la veille du coup d'envoi de l'Euro de football

Quitte ou double de l'exécutif qui monte au créneau

La colère sociale perdure: l'Etat-PS, prochain "briseur de grève" ?

Les mouvements de protestation contre le projet de réforme du code du travail 
- voté en première lecture par la majorité socialiste -
ont été reconduits, mercredi 8 juin, à deux jours du début de l’Euro de football
Des poubelles qui débordent sur les trottoirs, la SNCF toujours en grève, de nouvelles manifestations anti-loi Travail et bientôt les pilotes: le coup d'envoi de l'Euro de football pousse l'exécutif dans ses retranchements, en dépit - ou à cause - de reculades politiques et de concessions onéreuses. "L'Etat prendra toutes les mesures qui seront nécessaires" face aux grèves légales et aux blocages illégaux, a menacé François Hollande jeudi soir, en appelant "à la responsabilité de chacun".

"Je serai extrêmement attentif et vigilant et dans la journée de demain, s'il doit y avoir des décisions, elles seront prises", a martelé le chef de l'Etat apparent, sans toutefois parler clairement de réquisitions de personnel.

Les conducteurs SNCF des RER B et D qui desservent le Stade de France, où aura lieu le match d'ouverture France-Roumanie, seront massivement en grève, selon des sources syndicales. Interrogé sur une possible réquisition de conducteurs, le premier ministre Manuel Valls a continué de son côté à brandir le bâton,  n'excluant "aucune hypothèse".

Réagissant dans un communiqué, les révolutionnaires trotskistes de SUD-Rail ont "condamné les prises de position" du gouvernement qui, "après avoir attaqué le code du travail, veut maintenant, sous couvert d'un événement sportif, attaquer le droit constitutionnel que constitue le droit de grève en envisageant des mesures de réquisition des personnels".

La SNCF avait annoncé plus tôt dans la soirée que des navettes seraient assurées régulièrement entre le stade de France et la gare du Nord, trois heures avant et trois heures après le match.

VOIR et ENTENDRE ce qu'est devenu la capitale, avec les poubelles débordant sur les trottoirs du Quartier latin à Paris, depuis la contestation de la réforme du code du travail et à la veille de l'Euro 2016 de football :

De son côté, la CGT prétend "souhaiter que l'Euro se déroule comme une vraie fête populaire dans les stades comme dans les 'fan zones'", a lancé son secrétaire général, Philippe Martinez, en pointe de la mobilisation contre la loi Travail. "Je ne suis pas sûr que bloquer les supporteurs soit la meilleure image que l'on puisse donner de la CGT", a estimé le numéro un de la centrale, en désaccord apparent avec sa base, tout en avertissant que le mouvement "n'est pas terminé".

- Blocages temporaires
La journée de jeudi a été marquée par des actions et blocages en tout genre à travers le pays, et par des défilés pour "occuper le terrain" avant la manifestation nationale du mardi 14 juin, à l'appel des sept syndicats opposés à la loi travail (les communistes de la CGT et de la FSU, des socialistes de FO et les trotskistes de Solidaires, UNEF, et des organisations lycéennes radicales UNL et Fidl). 

Les opposants ont multiplié les blocages temporaires: les accès au marché de Rungis, ventre de Paris, le port de Lyon, des voies ferrées à Annecy, Toulouse et en Bretagne, Saint-Nazaire  et le périphérique nantais. 

Dans l'énergie, des débrayages dans plusieurs centrales ont généré une baisse de la production, et la CGT revendique le basculement de plusieurs centaines de milliers de compteurs en heures creuses. 

Dans le secteur des déchets
, nouveau point névralgique de la contestation, la situation ne se calme guère: les personnels et agents de la Ville de Paris qui bloquent l'usine de
traitement des déchets d'Ivry-sur-Seine-Paris 13 ont reconduit leur grève jusqu'à mardi. 
La collecte des déchets risque de rester aléatoire à Paris, où les poubelles débordent dans certains quartiers névralgiques à l'approche de la cérémonie d'ouverture de l'Euro de football suivi par le monde entier. Le site de traitement des déchets, à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), est aussi bloqué, tout comme le principal incinérateur des Hautes-Pyrénées en Ariège.

- scrutins plus serrés
Dans la rue, des milliers de personnes ont encore manifesté notamment à Rennes et au Havre (5.500 selon la police, près de 40.000 selon les organisateurs). A Paris, plusieurs centaines de personnes ont défilé aux côtés des retraités, eux aussi dans la rue. "C'est pas le moment de lâcher", scandaient les manifestants.

A la SNCF, principal champ de bataille contre le projet de loi, la grève a été reconduite jusqu'à vendredi pour une dixième journée. Mais les assemblées générales ont été moins nombreuses à voter la reconduction et les scrutins plus serrés: "ça va mieux" ?
Lancée le 1er juin par la CGT-Cheminots, SUD-Rail et FO pour défendre les conditions de travail des cheminots et demander le retrait de la loi modifiant le droit du travail, la grève est reconduite, malgré un renoncement du pouvoir socialiste par la signature d'un accord de maintien en l'état antérieur du régime de travail à la SNCF
Le trafic devrait connaître une légère amélioration vendredi avec toujours un train sur deux seulement sur les lignes Transilien et Intercités et 80% des TGV, mais une amélioration du côté des TER (7 trains sur 10) et du RER.

A Air France, les syndicats de pilotes maintiennent la pression. A moins de 48 heures du début de leur grève annoncée, du 11 au 14 juin, les négociations avec la direction ont échoué. Le PDG de la compagnie aérienne a annoncé qu'entre 70% et 80% des vols seraient assurés samedi.

VOIR et ENTENDRE le chercheur de sens, Michel Sapin -ministre des Comptes publics qui a déjà cédé sous la pression des transporteurs et des cheminots, par exemple-  confirmer que le gouvernement ne comprend pas la colère dans le pays:


Et pendant que le pouvoir socialiste cherche du sens aux revendications sociales...
...plusieurs actions étaient menées jeudi matin dans l'ouest de la France.

VOIR et ENTENDRE le président Hollande promettre des mesures contre les grévistes et les bloqueurs pour ce vendredi:

Pierre Dac proposa trois réponses à la ''quête de sens" de Michou Sapin:
"La vie a trois sens : le sens unique, le sens giratoire et le sens interdit." Or, l'Etat-PS suit les trois ! Peut-il nous sortir du bourbier où il nous a plongés ?