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vendredi 13 avril 2018

Tentatives de discrédit et de division: des cheminots non-grévistes se disent "menacés"...

L'Elysée est-il à la manoeuvre dans cette bataille de l'opinion en cours ?

Alors que 
l'opinion se désolidariserait peu à peu des grévistes de la SNCF,
selon l'AFP et la presse dépendante, 
franceinfo a rencontré trois cheminots non-grévistes affirmant avoir reçu "des pressions et des menaces".

Le 3e épisode de grève depuis début avril a démarré jeudi à 20h00 :
il est 
destiné à peser sur l'examen de la réforme ferroviaire
en cours  à l'Assemblée nationale 
Le service public de Radio France s'est intéressé au "nombreux cheminots qui continuent de travailler", "dans l'ombre des grévistes" [sic]... qu'ils soient d'ailleurs pour ou contre le projet de réforme du gouvernement. 
Selon les chiffres transmis par la SNCF, 38% des "personnels indispensables à la circulation" étaient en grève ce vendredi 12 avril, contre 48% lors du premier épisode de grève les 3 et 4 avril, indique l'AFP. Ses décrypteurs n'ont-ils pas noté que les premiers chiffres étaient boostés par la grève nationale des cheminots SNCF, le 22 mars 2018, et l'enthousiasme de la première date de grève "scandée"? Ces professionnels de l'ordre macronien ignorent-ils de surcroît que les seconds chiffres sont ceux enregistrés au début des vacances scolaires pour la zone C et au lendemain de l'intervention télévisée d'Emmanuel Macron?
Ce vendredi 13 avril, le taux de participation à la grève SNCF est en baisse par rapport aux précédentes mobilisations. Ainsi, le taux de grévistes s'élève ce matin à 22,5%, soit près de deux points de moins que lundi 9 avril. Le taux de participation était alors très précisément de 24,9%. Difficile pourtant de suggérer que les cheminots commenceraient à baisser les bras, puisqu'à la sortie d'une séance de concertation au ministère des Transports, Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminot, a menacé de durcir le mouvement en le prolongeant notamment après le 28 juin, comme il est pour l'instant prévu.
"Aujourd'hui, il n'y a plus de dialogue possible, c'est politisé"

Le parti-pris de la presse pour les non-grévistes laisse les usagers stupéfaits. Vendredi, jour de départs en vacances des Français, franceinfo choisit de relayer les impressions d'un anonyme présenté comme chef de traction sur le réseau Sud-Est qui s'épanche, expliquant son ressenti d'une forte pression au travail depuis le début du mouvement social. Ce témoin se plaint d'une ambiance lourde, parfois tendue, dans les gares : "Certains grévistes ne respectent pas notre droit au travail; il y a des pressions, des menaces", explique le cheminot inconnu. Sous couvert de l'anonymat, il affirme même avoir reçu des petites invectives comme "suppôt de Macron" ou "traître".
"Certains ne nous parlent plus, refusent de nous serrer la main ou de manger à côté de nous", raconte le même. 

Ce cheminot a le profil d'un syndiqué honteux à la CFDT
Il dit qu'il ne soutient pas la réforme présentée par le gouvernement mais n'est pas favorable, non plus, à la grève décidée par les organisations syndicales : "Pour moi, (au moment du choix de la grève) il n'y avait rien de clair. On n'était pas suffisamment avancés dans les négociations; les enjeux, je les voyais bien, mais je sentais bien que quelque chose était extrêmement instrumentalisés et politique".

"Ça peut paraître utopique, mais je pense qu'on peut peser autrement qu'en faisant grève", poursuit-il. "Aujourd'hui, il n'y a plus de dialogue possible, c'est politisé", estime-t-il, se disant au passage "pas représenté par les syndicats majoritaires" à la SNCF. Depuis les élections professionnelles de novembre 2015, la CGT demeure le premier syndicat du groupe ferroviaire. Associée aux trotskistes de Sud, la centrale communiste de Montreuil conserve une majorité de blocage.

Avec résignation, le réformiste attend maintenant le dernier jour de grève prévu pour le 28 juin, selon l'Agence Française de Presse : "J'ai horreur de ces périodes. J'adore ce que je fais, mais là, on se regarde tous en chiens de faïence". L'AFP ne précise pas l'âge de ce père tranquille, mais il ne se sent ni menacé, ni concerné; son statut privilégié le satisfait pleinement.

Un autre salarié de la SNCF, conducteur de trains depuis près de 20 ans, explique à son tour qu'il se reconnaît pas non plus dans la grève : "Objectivement, j'ai l'impression qu'il n'y a pas que du côté du gouvernement qu'on ne souhaite pas discuter. Chez nous, le dialogue syndical, c'est un peu comme un gamin devant un rayon de sucreries. S'il n'a pas ce qu'il veut, il se fâche", assène-t-il. La dépêche de l'AFP passe à un degré supérieur de sévérité envers les cheminots grévistes.

Le cheminot CFDT type se dit pour une réforme en profondeur de la SNCF dans le compromis : "Pour l'instant, c'est du perdant-perdant, cette réforme", assure-t-il. "Les syndicats font de la propagande. Il y a des élections professionnelles à la rentrée et ils misent sur cette grève pour faire campagne et pour montrer qu'ils ont mené la bataille". Ce qui n'est pas faux, mais la CFDT ne cherche-t-elle pas à récupérer les cheminots tièdes ?

Lui aussi assure recevoir des "intimidations ...informelles". "Ils vont mettre les 'fiches d'intention' [document qui permet de recenser les grévistes avant un jour de grève] dans les endroits où tout le monde passe, pour qu'on se sente visés", explique-t-il, un brin parano. "Certains non-grévistes ont aussi vu leurs noms affichés sur des listes dans les dépôts, "la liste des jaunes, des renards, des traîtres", reprend Luc. "On trouve aussi des boîtes à lettres vidées, des casiers tagués..."

Le troisième larron, un conducteur de train, depuis à peine un an, regrette également la fermeture au dialogue" de certains cheminots

"Il y a en qui vont chercher à convaincre leurs collègues coûte que coûte, mais dès que tu discutes un peu avec eux, ils peuvent changer d'avis", assure ce 'leader' âgé d'une vingtaine d'années. "Il y a beaucoup de postures, plus que de convictions. Moi, je prends du recul".

Il assure également que "beaucoup de cheminots" sont en grève "par contrainte," ce qui n'est pas une spécificité de ce mouvement social, mais elle est instrumentalisée par des travailleurs qui dissimulent leur appartenance syndicale: est-ce ça le "secret des sources" de la presse manipulatrice ?
Les cheminots en congé de maladie ou en formation sont tout de même comptabilisés dans les grévistes. "On ne cherche pas forcément à connaître leurs raisons, on veut juste grossir les rangs", commente l'innocent.


Paris, le 9 avril 2018

Ce troisième témoin anonyme (ou inventé pour la manipulation) est plus catégorique. 
Le lecteur est conduit là où l'AFP et le pouvoir macronien veulent nous mener. "Je suis entré avec la certitude que la SNCF n'est plus la même qu'il y a dix ans. La demande des clients a changé, il faut que les entreprises s'adaptent, sinon elles perdent du marché, assure le cheminot, âgé d'une vingtaine d'années et déjà tellement 'macronisé', bien au goût du journaliste également anonymé de l'AFP. "On ne vient plus conduire un train comme avant, ce n'est plus aussi pénible, les sièges sont confortables, le travail est plus agréable... Je ne suis pas d'accord avec ceux qui présentent tout de façon négative. Quand on signe un contrat, on sait ce qui nous attend". Et quand les règles du jeu sont modifiée en cours de partie ?


Après TF1, Macron poursuit son offensive médiatique ce week-end
Difficile d'échapper à la propagande gouvernementale. Toute la semaine, les Français auront subi la pression du pouvoir. Jeudi, Macron a tenté de rassurer seniors et ruraux et, dimanche, il travaillera le mental des actifs et des urbains au cours d'un deuxième entretien télévisé pour défendre le bilan de la première année de son quinquennat.
Viendra alors un nouveau sondage...

dimanche 27 mars 2016

Les nouveaux ministres écologistes plaident pour une écologie tiède

Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé ont justifié leur entrée au gouvernement

Leur petite camarade Cosse va-t-elle éclater ?


Pour convaincre, ils ont plaidé pour une écologie de "compromis", lors d'un débat à l'Assemblée nationale, samedi, mais en présence d'Emmanuelle Cosse, ce qui paraît inconcevable à tous, hors les écologistes caméléons. Compromis ou compromission électoraliste ?

"Je suis pour une écologie qui agit, pas qui gémit", a clamé le député François de Rugy, célèbre sémanticien vert, donnant le ton d'une après-midi de débats sur la place des écologistes dans la majorité socialiste.

"Tous les écologistes qui partagent une vision réformiste, (...) une écologie politique de compromis," sont appelés au rassemblement autour de cet élu de ... Nantes (Loire-Atlantique) qui a rompu avec Europe Écologie-Les Verts (EELV) il y a quelques mois pour fonder le nouveau parti Écologistes!

Une alliance de la carpe et du lapin

De Rugy et Pompilli sont des opposants mous au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes que combat farouchement Cosse.

Le 13 janvier 2016, huit parlementaires, dont Denis Baupin, époux Cosse (non signataire), ont signé une lettre au président Hollande pour demander un moratoire sur le projet, le temps de l'épuisement des recours et de la publication d'études complémentaires réactualisées, et en faveur d'un référendum local si l'Etat persistait à vouloir réaliser l'équipemteurs expulsables. De Rugy soutient les agriculteurs expulsables et condamne les "zadistes", opposants virulents et occupants des lieux.

Jean-Vincent Placé, s'est réjoui du retour des écologistes aux responsabilités. Affirmant se sentir "très à l'aise au sein du gouvernement"le nouveau secrétaire d'État à la réforme de l'État et à la simplification s'est déclaré "heureux d'être un acteur et non un spectateur ou un donneur de leçons".

Emmanuelle Cosse serait consensuelle. "J'ai toujours pensé que les écolos qui viennent de cultures différentes doivent dialoguer entre eux", a affirmé l'opposante à tout,  de Notre-Dame-des-Landes aux Center Parcs (ex: Roybon), en passant par le nucléaire. 
Les célèbres chaussures rouges
du mariage avec D. Baupin
Cette écologiste intégriste est en revanche attachée à sa double casquette de ministre et de conseillère régionale d’Ile-de-France: "merde, à la fin !" avait-elle lancée à une journaliste. "Je ne crois pas que l’on peut bien exercer son mandat dans cet exécutif en ayant d’autres obligations de ce niveau-là", avait en effet déclaré Cosse, quelques semaines seulement avant d'accepter son maroquin de ministre du Logement et de l'Habitat durable. "Il n'y a aucune raison de revendiquer une diversité au sein de la gauche et nier celle qui existe au sein des écologistes", a fait valoir la rhétoricienne.

L'ex-secrétaire générale d'EELV, qui s'est mise en retrait du parti, tandis que Cécile Duflot prenait la place de co-présidente du groupe EELV à l'Assemblée libérée par B. Pompili, s'est expliquée longuement sur sa décision de rejoindre le gouvernement, affirmant qu'elle est "extrêmement lasse d'être à l'extérieur". Un peu comme les sans-abri...
"A l'intérieur, au moins, on a les mains dans le cambouis", a ajouté l'utilisatrice du lave-vaisselle bio, peinant à se justifier, comme Jean-Vincent-le-Ravi-Vert, mais éradiquant les critiques au "Roundup": "Peu m'importe d'être clouée au pilori par les partisans de la pureté écolo," a encore lâché, avec mépris. "Merde, alors" ?


Barbara Pompili a quant à elle de vastes ambitions, mais  peu raisonnées... "Je souhaite porter l'écologie en dehors des frontières, des logiques partisanes", a déclaré la nouvelle secrétaire d'État à la Biodiversité.
"En 2012, Nicolas Hulot réclamait la création d'une agence pour la biodiversité, aujourd'hui nous y sommes", s'est-elle félicitée. Celle qui a rejoint le nouveau parti de F. de Rugy a vanté la loi biodiversité qui interdit l'utilisation des pesticides tueurs d'abeilles : "Ce sont les petites victoires qui parfois changent tout".