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lundi 9 juillet 2018

Royaume-Uni: démission du ministre du Brexit pour dénoncer les magouilles européennes de Theresa May

David Davis condamne les compromis du 10 Downing Street avec l'Union européenne


Deux jours après que la Première ministre Theresa May a obtenu l'accord du gouvernement pour proposer le maintien d'une relation commerciale post-Brexit étroite avec l'UE

Partisan d'une ligne claire mais intransigeante, le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis, a démissionné dimanche, ont rapporté la BBC et l'agence de presse PA. D. Davis, un eurosceptique nommé il y a deux ans pour diriger un ministère créé au lendemain du vote des Britanniques pour quitter l'Union européenne, a menacé à plusieurs reprises ces derniers mois de quitter ses fonctions, en raison de désaccords avec Mrs May, selon les media britanniques.


Dans sa lettre de démission, il déplore que,
 dans le texte adopté le 6 juillet, les "règles communes" avec l’UE contenuespar le gouvernement "laissent le contrôle de larges pans de notre économie à l’UE", et ne mettent pas en œuvre la volonté de rupture avec les Vingt-Sept exprimée lors du référendum.
David Davis, 69 ans, est un acteur expérimenté de la politique britannique. Secrétaire d’État aux Affaires européennes de 1994 à 1997, cet europhobe avait été en 2005 candidat à la direction du Parti conservateur mais avait été battu par David CameronIl est député de Haltemprice and Howden, circonscription du nord-est  populaire de l'Angleterre.
Cette démission a été suivie de celles du secrétaire d’Etat au Brexit Steve Baker, et de Suella Braverman, enclenchant un mouvement potentiellement menaçant pour l’avenir de May à Downing Street.


Le député conservateur Peter Bone a estimé qu'il "avait fait la bonne chose", estimant que les propositions de Th. May n'ont de Brexit "que le nom" et ne sont "pas acceptables".

Présentées lundi aux députés britanniques, avant de les soumettre à Bruxelles, ces propositions de May prévoient de mettre en place une zone de libre échange et un nouveau modèle douanier avec les 27, afin de maintenir un commerce "sans friction" avec le continent.

Résultat de recherche d'images pour "theresa MayDavid Davis"

Dans sa lettre de démission, il déplore que, dans le texte adopté le 6 juillet, les "règles communes" entre l’UE et le gouvernement "laissent le contrôle de larges pans de notre économie à l’UE", et ne mettent pas en œuvre la volonté de rupture avec les Vingt-Sept exprimée lors du référendum.


La volonté de Londres de maintenir des relations avec l'UE "va simplement conduire à de nouvelles demandes [de Bruxelles] en vue de concessions," estime Davis. "Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier" avec les Vingt-Sept, écrit-il dans son texte. "L’intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, et pas seulement un conscrit réticent."
Le réglement financier des engagements pris par le Royaume-Uni en tant que membre est l'une des questions les plus contentieuses que l'UE doit résoudre pour parvenir à un "retrait ordonné" d'ici au 29 mars 2019.
Cette fracture au gouvernement britannique intervient à l'approche du début des négociations sur le Brexit, qui devrait intervenir après les élections britanniques du 8 juin demandées par Mme May.

Theresa May a nommé Dominic Raab nouveau ministre en charge du Brexit (ci-contre). Ce quadra, eurosceptique, était jusqu'alors secrétaire d'Etat au Logement.

Mais l
e départ fracassant de D. Davis fait craindre qu’un autre poids lourd du gouvernement, Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères, prenne la porte lui aussi. Lors du récent séminaire gouvernemental, il a estimé que défendre le plan de May reviendrait à "cirer une bouse" ("polish a turd"), avant de l’endosser.


dimanche 27 mars 2016

Les nouveaux ministres écologistes plaident pour une écologie tiède

Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé ont justifié leur entrée au gouvernement

Leur petite camarade Cosse va-t-elle éclater ?


Pour convaincre, ils ont plaidé pour une écologie de "compromis", lors d'un débat à l'Assemblée nationale, samedi, mais en présence d'Emmanuelle Cosse, ce qui paraît inconcevable à tous, hors les écologistes caméléons. Compromis ou compromission électoraliste ?

"Je suis pour une écologie qui agit, pas qui gémit", a clamé le député François de Rugy, célèbre sémanticien vert, donnant le ton d'une après-midi de débats sur la place des écologistes dans la majorité socialiste.

"Tous les écologistes qui partagent une vision réformiste, (...) une écologie politique de compromis," sont appelés au rassemblement autour de cet élu de ... Nantes (Loire-Atlantique) qui a rompu avec Europe Écologie-Les Verts (EELV) il y a quelques mois pour fonder le nouveau parti Écologistes!

Une alliance de la carpe et du lapin

De Rugy et Pompilli sont des opposants mous au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes que combat farouchement Cosse.

Le 13 janvier 2016, huit parlementaires, dont Denis Baupin, époux Cosse (non signataire), ont signé une lettre au président Hollande pour demander un moratoire sur le projet, le temps de l'épuisement des recours et de la publication d'études complémentaires réactualisées, et en faveur d'un référendum local si l'Etat persistait à vouloir réaliser l'équipemteurs expulsables. De Rugy soutient les agriculteurs expulsables et condamne les "zadistes", opposants virulents et occupants des lieux.

Jean-Vincent Placé, s'est réjoui du retour des écologistes aux responsabilités. Affirmant se sentir "très à l'aise au sein du gouvernement"le nouveau secrétaire d'État à la réforme de l'État et à la simplification s'est déclaré "heureux d'être un acteur et non un spectateur ou un donneur de leçons".

Emmanuelle Cosse serait consensuelle. "J'ai toujours pensé que les écolos qui viennent de cultures différentes doivent dialoguer entre eux", a affirmé l'opposante à tout,  de Notre-Dame-des-Landes aux Center Parcs (ex: Roybon), en passant par le nucléaire. 
Les célèbres chaussures rouges
du mariage avec D. Baupin
Cette écologiste intégriste est en revanche attachée à sa double casquette de ministre et de conseillère régionale d’Ile-de-France: "merde, à la fin !" avait-elle lancée à une journaliste. "Je ne crois pas que l’on peut bien exercer son mandat dans cet exécutif en ayant d’autres obligations de ce niveau-là", avait en effet déclaré Cosse, quelques semaines seulement avant d'accepter son maroquin de ministre du Logement et de l'Habitat durable. "Il n'y a aucune raison de revendiquer une diversité au sein de la gauche et nier celle qui existe au sein des écologistes", a fait valoir la rhétoricienne.

L'ex-secrétaire générale d'EELV, qui s'est mise en retrait du parti, tandis que Cécile Duflot prenait la place de co-présidente du groupe EELV à l'Assemblée libérée par B. Pompili, s'est expliquée longuement sur sa décision de rejoindre le gouvernement, affirmant qu'elle est "extrêmement lasse d'être à l'extérieur". Un peu comme les sans-abri...
"A l'intérieur, au moins, on a les mains dans le cambouis", a ajouté l'utilisatrice du lave-vaisselle bio, peinant à se justifier, comme Jean-Vincent-le-Ravi-Vert, mais éradiquant les critiques au "Roundup": "Peu m'importe d'être clouée au pilori par les partisans de la pureté écolo," a encore lâché, avec mépris. "Merde, alors" ?


Barbara Pompili a quant à elle de vastes ambitions, mais  peu raisonnées... "Je souhaite porter l'écologie en dehors des frontières, des logiques partisanes", a déclaré la nouvelle secrétaire d'État à la Biodiversité.
"En 2012, Nicolas Hulot réclamait la création d'une agence pour la biodiversité, aujourd'hui nous y sommes", s'est-elle félicitée. Celle qui a rejoint le nouveau parti de F. de Rugy a vanté la loi biodiversité qui interdit l'utilisation des pesticides tueurs d'abeilles : "Ce sont les petites victoires qui parfois changent tout".


dimanche 19 juillet 2015

Crise grecque: DSK dénonce le "diktat" dont se félicite Hollande

Dominique Strauss-Kahn dénonce "le diktat" imposé par l'Allemagne à la Grèce 

L'ancien patron du FMI critique la méthode employée par ses "amis Allemands"

"Ce qui s'est passé pendant le weekend dernier est pour moi fondamentalement néfaste, presque mortifère," assène DSK, dans un billet mis en ligne samedi 18 juillet. Tout en faisant l'éloge de l'Europe, citant Cioran, Erasme, Homère et Habermas, dont il reprend le concept de "solidarité citoyenne,"  Dominique Strauss-Kahn démonte l'accord conclu entre le gouvernement grec et l'Eurogroupe. 

"Le contexte dans lequel ce diktat a eu lieu crée un climat dévastateur", selon Dominique Strauss-Kahn, le 18 juillet 2015, dans une note publiée sur internet.
"Un fonctionnement de la zone euro dans laquelle vous, mes amis allemands, suivis par quelques pays baltiques et nordiques, imposeriez votre loi sera inacceptable pour tous les autres", commente Strauss-Kahn, qui avait publié une précédente note sur la Grèce, fin juin, faisant son grand retour sur le devant de la scène internationale après la fin de ses derniers ennuis judiciaires en date à Lille. 

"Ne me dites pas que c'est seulement en imposant des règles de saine gestion que vous entendez sauver l'Europe", écrit encore Strauss-Kahn, dont il a fait traduire le texte  en anglais, allemand et français. 

Plaidoyer pour l'Europe du Sud: jusqu'à Marrakech ?

Tout en regrettant "l'amateurisme du gouvernement grec" de Tsipras (Syriza), pourtant proche de Cuba que DSK va conseiller, le socialiste apporte son soutien au peuple grec et, plus généralement, à l'Europe du Sud. "Nous ne regardons que vers le Nord et négligeons le Sud, estime-t-il. C'est là pourtant qu'est le berceau de notre culture [ce qui n'a actuellement que peu de sens en termes d'économie]. Il faut inventer d'urgence une vision commune de l'espace monétaire européen," déclare-t-il, sans préciser comment il s'y prend.

Il met également en garde contre un affaiblissement géopolitique de l'Europe. "Une alliance de quelques pays européens, même emmenée par le plus puissant d’entre eux [son assesseur français n'aurait-il pas eu l'impact qu'il s'attribue dans la presse aux ordres ?], sera peu capable d’affronter seule la pression russe et sera vassalisée par notre allié et ami américain à une échéance qui n’est peut être pas si lointaine," redoute-il, pessimiste et peu confiant en l'autre. "Pour être un modèle, juge-t-il, l'Europe doit voir loin, refuser les mesquineries,  juge-t-il. "Jouer son rôle dans la mondialisation, en un mot, continuer à façonner l'Histoire." 
Méfiant, mais lui aussi "audacieux", en paroles, avant de servir Cuba...

mercredi 15 juillet 2015

Varoufakis révèle la soumission de Sapin à Merkel

Le soutien de la France à la Grèce n'était qu'hypocrisie

Varoufakis dénonce le double jeu des socialistes français

Les simagrées de Sapin
n'ont pas trompé Varoufakis
Dans le magazine britannique New Statesman, intello de gauche, le bouillant idéologue Yanis Varoufakis accuse le groupe des ministres des Finances de la zone euro de se laisser totalement dominer par l'Allemand Wolfgang Schäuble.
Lundi 13, l'ancien ministre des Finances grec avait reproché à Michel Sapin de toujours se ranger à l'avis de son homologue allemand au cours des négociations de l'Eurogroupe, des négociations que cet homme entier n'a pas cherché à mener à son terme, préférant démissionner au lendemain de la victoire du non au référendum.

Le double jeu des socialistes Français a irrité le motard grec 
Varoufakis stigmatise singulièrement Michel Sapin: bien qu'étant le seul à émettre "une tonalité différente de la ligne allemande", il finissait toujours par se ranger à l'avis de Berlin. 

Interrogé sur son ancien homologue, Michou-les-chaussettes-roses a ironisé

"Je redirai, comme M. Tsipras : il a de la gueule, mais il n'est pas forcément un fin politique, ce Yanis Varoufakis", a asséné
Michou, piqué au vif et agressif dans la riposte, sans répondre sur le fond.
Avant de faire sa méchante au micro de RMC en émettant un avis subjectif : "Et malheureusement, il est un peu responsable de là où s'est trouvée la Grèce dans les négociations." "Si les négociations s'étaient nouées de manière plus positive, plus confiante, dès le mois de mars ou dès le mois d'avril, je pense que ça n'aurait pas été aussi brutal pour la Grèce", a-t-il polémiqué avec des "si" et admettant que le compromis dont se flattent Hollande et Valls n'est rien d'autre qu'un plan drastique d'austérité.

Alexis Tsipras a toutes les qualités
A l'inverse, Sapin, l'ex-ministre du Travail qui  regardait monter la courbe du chômage en annonçant sa baisse imminente, a tressé des lauriers à Alexis Tsipras, "un bon politique au bon sens du terme : il recherche à un moment donné, quand la voie est extrêmement étroite et difficile, l'intérêt général de son peuple. Je crois qu'il l'a trouvé, en l'occurrence en signant cet accord extrêmement dur, extrêmement difficile, mais qui est l'accord qui lui permet de sauver la Grèce,"  a-t-il fantasmé. 
Rien ne prouve en l'état que -pour garder la Grèce dans l'euro, à n'importe quel prix- les Européens ont réussi lundi à trouver les moyens d'obtenir de la Grèce qu'après huit plans domestiques sans effets elle assume enfin ses erreurs passées, se renfloue, rembourse les deux précédentes aides internationales successives jusqu'ici versées en pure perte depuis 2010 et s'impose les sacrifices nécessaires.

Mardi soir, le Premier ministre grec, Tsipras, a reconnu qu'il a signé un texte auquel il ne croit pas forcément

Après un appel à voter non à son référendum surprise, le chef de gouvernement grec d'extrême gauche  a mis de l'eau dans son ouzo "pour éviter un désastre au pays".

L'ex-président de Syriza ne brandit plus la menace d'une sortie de l'euro. Désormais, il admet même que les conséquences seraient incalculables
Dans ce climat de désillusion, Sapin, Valls et Hollande ne cessent de se féliciter entre eux d'un compromis mortifère pour la Grèce et pesant pour les peuples de la zone euro.

mardi 3 mars 2015

Réservoir de Sivens: Ségolène Royal s'engage à faire indemniser le Tarn par les... Français

La ministre de l'Ecologie encourage le département à abandonner le projet initial de barrage de Sivens

Ségolène Royal s’est engagée à faire payer les Français


Dans un courrier -hors micros et caméras- la socialiste s'engage pour la population.  Dans l'esprit du président Hollande qui considère que rien ne coûte jamais aux Français quand c'est l'Etat qui paie, la ministre a passé un deal:  le département du Tarn s'engage à abandonner définitivement le projet initial de barrage de Sivens et renonce à tout recours contre l’Etat, et moi, ministre, j'indemnise. Il est donc désormais difficile aux "décodeurs" (sic) du journal socialiste Le Monde d'affirmer que, lors de l'émission "En direct avec les Français", le 6 novembre 2014, Hollande n'a jamais dit que "Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye".
-"Non, c'est l'Etat qui paye", rétorque alors François Hollande, avec aplomb.
-"Ca coûte trois milliards d'euros pour 150.000 emplois d'avenir", précise Gilles Bouleau.
-"Oui, mais c'est l'Etat qui paye", insiste Hollande.
-"Ben, l'Etat, ce sont les contribuables...", rappelle Gilles Bouleau.
- "Oui, mais c'est pas la collectivité marseillaise ou le département ou la région. Mais, je vais y revenir, c'est l'Etat qui fait l'effort", maintient François Hollande.
VOIR et ENTENDRE la vidéo qui s'interrompt sur l'affirmation de Hollande que "c'est l'Etat qui fait l'effort"...

Dans cette lettre, datée du 27 février et adressée au président du Conseil général, Thierry Carcenac (PS), la ministre rappelle sa position : "La réalisation du projet initial" de retenue d’eau d’1,5 million de m3, à 50 km au nord de Toulouse, "doit être définitivement abandonnée".

Blocus d'accès au site de Sivens
par des occupants illégaux
Or, les activistes altermondialistes qui squattent les parcelles rejettent tout en bloctandis que les agriculteurs ne veulent rien d'autre que le projet initial. Les exploitants se sont donc organisés, faisant appel à des renforts venant d'autres départements pour empêcher que le nombre des occupants n'augmente, dans l'hypothèse où les barrages du gouvernement -et de S. Royal- seraient malencontreusement poreux... Ce qu'ils veulent, c'est être entendus d'ici vendredi, date à laquelle le Conseil général socialiste du Tarn va se réunir et donner sa décision."

La potiche de Manille opte pour l'adoption d'un scénario bâtard  "alternatif"

La police ne rétablit pas le droit de passage:
le gouvernement cède aux squatteurs
Vendredi, à Albi, le Conseil général doit "organiser un débat" sur la base de "deux scénarii qui s’écartent sensiblement du projet initial", décide-t-elle depuis Paris. Il s’agira de choisir entre des versions allégées du projet, puisque les "experts" - libres, puisque désignés par le ministère - ont évalué les besoins de stockage en eau à 750.000 m3, soit moitié moins que ce qui était prévu.

Ca ne coûte rien de "s'engager": Montebourg l'a fait avant elle...
"Je me suis engagée à ce que l’Etat vous accompagne pour solder financièrement les opérations déjà mises en œuvre au titre du projet initial et qui ne pourront pas être redéployées pour réaliser le nouveau projet", écrit la ministre, ajoutant qu’elle demandera à ses services "d’élaborer un protocole transactionnel permettant d’indemniser le département - bien que l'Etat soit endetté et les contribuables accablés d'impôts - pour les dépenses engagées dans le cadre de l’autorisation [du projet initial], en contrepartie de l’abandon définitif et irrévocable des travaux et de tout recours indemnitaire contre l’Etat, en cas de l’annulation de [l’autorisation]".

L’autorisation du projet initial serait, selon la ministre, "soumise à un risque élevé d’annulation" par la justice administrative française. Elle fait valoir en outre que l’abandon des travaux déjà engagés "devrait, de plus, permettre d’éteindre la procédure pré-contentieuse européenne".

jeudi 10 juillet 2014

SNCM: le travail reprend, pour quatre mois...

La conférence sociale s'est refermée: un moratoire peut être signé !

Les marins CGT de la SNCM en grève depuis dix-sept jours ont voté jeudi la suspension de leur mouvement 
à l'issue d'une assemblée générale de deux heures, a annoncé leur représentant CGT. "Les personnels ont à la quasi-unanimité suspendu leur mouvement", a-t-il déclaré jeudi à la presse Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins, après avoir eu  la veille des mots extrêmement dur envers le gouvernement.

Les syndicats sont opposés à un redressement judiciaire de la SNCM
solution que soutiennent les actionnaires et le gouvernement et jugée "probable" par le négociateur.
"Le redressement judiciaire, c'est un moyen de démanteler la SNCM, avec plus d'un millier de licenciements. Ce n'est pas acceptable pour nous. M.Cuvillier est un menteur et un liquidateur. Il a fallu 12 jours de grève, précédés d'un préavis d'un mois, pour avoir ça?" 
a fulminé le représentant CGT des marins, Frédéric Alpozzo.
Et la situation s'était terriblement envenimée avec la Corse dont l'économie est fortement pénalisée:

Frédéric Alpozzo, délégué CGT, a traité le gouvernement de "menteur" et de "liquidateur". (lien PaSiDupes)


Les six syndicats de la Société nationale Corse Méditerranée ont fait céder le gouvernement en arrachant un compromis donnant un sursis de quatre mois à la compagnie maritime. Ils avaient en effet durci le ton et fait planer la menace d'une nouvelle grève si aucune "solution pérenne" n'était trouvée d'ici la fin de l'année.  
"Il appartient maintenant au gouvernement que le mouvement ne se reproduise pas", a-t-il ajouté jeudi. "Si d'ici décembre nous n'avons pas trouvé de solution pérenne, il pourrait y avoir le dépôt de nouveaux préavis."
Réunis en assemblée générale sur le ferry Danielle Casanova dans le port de Marseille, les grévistes ont accepté de participer aux discussions avec le négociateur nommé par l'exécutif, Gilles Bellier, mais ils ont toutefois demandé à être reçus par le Premier ministre, Manuel Valls "dans les prochaines heures pour une clarification indispensable".
Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Frédéric Cuvillier, a salué la reprise du travail

Il a appelé toutes les parties à oeuvrer ensemble pour "bâtir une nouvelle SNCM." 
"Les discussions entre les organisations syndicales, l'actionnaire Transdev et l'Etat ont permis de dépasser les postures et de trouver une voie équilibrée, mettant un terme à un conflit qui aggravait les problèmes de trésorerie de la SNCM et pesait sur l'économie marseillaise et l'économie de la Corse", a-t-il écrit dans un communiqué.
Société française multinationale, 
Transdev est le 1er groupe privé de transport collectif au monde (tramway, bus, train, ferry) , né de la fusion avec Veolia.



Rien n'est réglé

Les syndicats de la
SNCM, compagnie menacée par la décision de la Commission européenne de demander le remboursement de 440 millions d'euros d'aides d'Etat jugées illégales, ont présenté jeudi en assemblée générale le relevé de décisions de la mission de conciliation de Gilles Bellier.
Sa mission gèle la perspective d'un redressement judiciaire jusqu'au  31 octobrede nouveau prôné jeudi matin par Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement, vendeur de sa participation dans la SNCM à travers Transdev pour un euro symbolique.
Le texte de Gilles Bellier pointe les divergences entre Transdev - coentreprise détenue à parité par Veolia et la Caisse des dépôts et actionnaire (l'Etat) à 66% de la compagnie - et les syndicats sur l'avenir de la compagnie.
Il relève aussi les engagements du gouvernement, notamment son recul sur une liquidation de la SNCM."Il ne fait plus de doute aujourd'hui que seul un plan de redressement pour construire une nouvelle SNCM peut permettre de mettre fin au contentieux européen", indique le document. Il n'est plus question ce soir de "redressement judiciaire" jusque fin octobre... "Ce plan de redressement passera probablement par un redressement judiciaire", ajoute-t-il pourtant, soulignant que "toutes les pistes et moyens de parvenir à un projet industriel d'avenir" sont à l'étude.
Le médiateur devra entre autres chercher des repreneurs 
et travailler sur des mesures sociales d'accompagnement. Sa mission doit déboucher sur des décisions au plus tard le 30 novembre, délai durant lequel la compagnie maritime a promis de ne pas engager de procédure de redressement judiciaire "sauf situation de cessation de paiement."
Mercredi soir, les grévistes avaient levé le blocage du bateau mixte Kalliste de la compagnie concurrente CMN, retenu à quai depuis le 1er juillet. Une décision prise quelques heures après que le Premier ministre a annoncé que tous les navires seraient débloqués.
Le Kalliste a pris la mer jeudi matin en direction de Toulon.


lundi 26 mai 2014

Lavrilleux confesse n'avoir pas tiré le signal d'alarme

Fillon profite de la défaillance d'un adjoint pour repartir à l'offensive

Les proches de l'ancien premier ministre pressent Jean-François Copé de "s'expliquer"

La bombe lâchée par l'avocat de Bygmalion et les confessions de Jérôme Lavrilleux ont convaincu François Fillon de repartir à l'offensive contre Jean-François Copé au bureau politique qui se tient ce mardi matin: ils misent sur son écoeurement et son retrait de la direction de l'UMP. 

L'ex-premier ministre a lancé son porte-parole Jérôme Chartier sur i-Télé, lundi dans la soirée. Le député de l'Oise a exprimé une "certitude": "Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy n'ont pas été dépassés, ils ont explosé!" Qualifiant le dépassement des dépenses de l'ex-candidat de "près du double du plafond autorisé" de "stupéfiant, incroyable, surréaliste", il a toutefois estimé "fort possible" que le président-candidat n'ait "pas été informé".

En revanche, il a dit attendre "des explications de Jean-François Copé". Selon lui, "les responsables doivent assumer leurs responsabilités" et ne pas s'estimer "responsables, mais pas coupables". Comment le patron de l'UMP "a-t-il fait pour ne pas être informé d'un tel dépassement?", a-t-il accusé, en rendant au passage un hommage à Jérôme Lavrilleux, sans pour autant prendre en compte son témoignage. L'ancien directeur-adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy a "pris ses responsabilités", mais elles ne correspondent pas à ce que Fillon voulait entendre. "C'est très bien", a-t-il salué, tout en se demandant si, dans cette affaire, Lavrilleux n'a pas joué les "lampistes".

Les fillonnistes ne font pas mystère de leurs intentions

Leur désir de revanche rend suspecte leur volonté agressive de savoir. Officiellement, pas question pour les fillonnistes d'exiger que Jean-François Copé se "mette en retrait" avant d'"écouter ce qu'il a à dire", mais la pièce de la présomption d'innocence est jouée. 
Sans états d'âme, ils enfoncent la porte ouverte par la majorité présidentielle. Mais les questions auxquelles va devoir répondre le président de l'UMP, telles que Chartier les a formulées lundi soir, laissent peu de doute sur les intentions de l'ancien premier ministre, meneur du front du refus depuis deux ans. "Si Jean-François Copé nous explique qu'il ne savait rien, qu'il n'avait aucun contact avec son directeur de cabinet et avec les dirigeants de Bygmalion, et comment l'utilisation de onze millions d'euros dans les comptes de l'UMP a pu lui échapper, très bien !", a asséné le second-couteau du battu de la primaire UMP, le mettant au défi: "Il faudra qu'il le prouve !  Dans le cas, fort probable, où les fillonnistes refusent en bloc les explications de Copé, ils lui demanderaient de laisser la place à une "direction provisoire", le temps que "toute la lumière soit faite".

Soutien de Jean-François Copé dans son duel avec François FillonJean-Pierre Raffarin a proposé  une solution de compromis sur i-télé: la création d'un "conseil d'éthique et de gouvernance désigné par le bureau politique". "Il ne se substituerait pas à la direction actuelle, mais pendant que nous établissons la vérité, il devrait mettre en place les procédures stables et fiables", a expliqué le sénateur de la Vienne, en ajoutant: "Il faut un vrai management transparent."

La journée de lundi a été riche en tractations  

Député de Paris partisan de Fillon, Bernard Debré a suggéré qu'Alain Juppé prenne provisoirement la direction du parti. Une idée que le maire de Bordeaux avait écartée de la manière la plus ferme dans la matinée en affirmant: "Je ne suis pas en situation de faire ce que j'ai fait dans le passé, c'est-à-dire de diriger un mouvement politique."

Parallèlement, les indépendants ambitieux avaient été contactés. Bruno Le Maire est l'un des "non-alignés", officiellement candidat à rien. Son entourage laissait pourtant entendre lundi qu'il n'excluait rien non plus. 

Quant à Jean-François Copé, il compte encore des soutiens. Invitée du Talk Orange-Le Figaro, Rachida Dati a critiqué François Fillon sans le nommer. "Attention, que l'explication ne tourne pas aux règlements de comptes personnels, a-t-elle prévenu. On est en difficulté, il faut se serrer les coudes."

vendredi 8 février 2013

Bruxelles : le sommet européen s'est ouvert sur des désaccords

Le Président français a isolé la France en Europe

Renforcement de l'axe Cameron-Merkel
au détriment de la France sous Hollande
Hollande se dit prêt à affronter ses contradicteurs et dont la chancelière allemande Angela Merkel stigmatisée par nos media. 
Encore requinqué par "l'effet Mali" et la hausse consécutive dans les sondages, liée à l'action de la presse militante qui loue le "chef de guerre", François Hollande s'attend à plus de résistance à Bruxelles et à la nécessité de conquérir les membres du sommet européen qui s'est ouvert hier jeudi.
Signe des tensions entre les participants, le sommet, prévu pour débuter à 16 heures, s'est ouvert à 20h45 à Bruxelles, après des heures de rencontres et de conciliabules pour tenter de rapprocher des positions toujours très éloignées entre partisans de coupes sévères et défenseurs d'un budget plus ambitieux.

"Nous ne sommes pas sûrs d'arriver à trouver cet équilibre"

Bernard Cazeneuve admet que les intérêts divergent. Selon le ministre français des affaires européennes, il faut "trouver un équilibre" entre les demandes très diverses, voire opposées, des partenaires européens. 

Il doute de la possibilité d'aboutir à un accord. 
"Nous ne sommes pas sûrs d'arriver à trouver cet équilibre. Il n'est pas possible de garantir que l'on y arrive", l'objectif de la France étant de ne "pas faire un budget européen qui ajoute de l'austérité à l'austérité". Hollande est en effet attendu -poings fermés- par le Parti de gauche et dans une moindre mesure par les communistes, même faucille et marteau laissés au vestiaire.

Le sommet européen pourrait bien durer jusqu'à samedi, nuits comprises, bien que, mercredi soir, François Hollande et Angela Merkel aient affiché leur volonté commune d'aboutir à "un bon accord" lors d'une rencontre inédite au Stade de France, avant le match amical de football entre la France et l'Allemagne qui s'est soldé par l'échec prémonitoire de la France.

Les tensions provoquées par François Hollande sont exprimées  ici avec force et sans langue de bois par Nigel Farage. Le leader eurosceptique de l'UKIP, Parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni (16,6 % des suffrages exprimés aux élections européennes de 2004, militant pour le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne) que la France de Hollande et l'Allemagne ne pourront pas rester ensemble dans la même union monétaire. 
VOIR et ENTENDRE Nigel Farage "déchirer" Francois Hollande:

Le Royaume-Uni et l'Allemagne sont sur la même ligne de rigueur

Les Français auront-ils à pâtir
des divergences entre Hollande et Cameron ?
"Il y a urgence à trouver un accord", a averti dans sa lettre d'invitation Herman Van Rompuy. 
Le président du Conseil européen a ouvert les travaux en appelant les 27 dirigeants de l'Union au sens du "compromis". "Si nous montrons tous un sens du compromis, un accord sur le budget "est à notre portée", a-t-il dit. "Mais nous n'y sommes pas encore", a-t-il reconnu. 

A cause de l'ampleur de leurs divergences, H. Van Rompuy n'a pas fourni un nouveau document chiffré aux dirigeants européens.
Van Rompuy devait proposer une enveloppe de 960 milliards d'euros pour les crédits d'engagement, qui correspondent au plafond autorisé, et de 900 milliards d'euros pour les crédits de paiement, soit les dépenses effectives. Une coupe sévère puisque cela signifierait 13 milliards d'euros en moins sur les engagements et 43 milliards en moins pour les paiements par rapport à sa proposition de novembre. C'est d'ailleurs ce que demande David Cameron, qui ne raisonne qu'en terme de crédits de paiement, plus compréhensibles des citoyens. 

A son arrivée à Bruxelles, le Premier ministre britannique a donné le ton en affirmant que le budget doit encore être revu à la baisse. "Si ce n'est pas le cas, il n'y aura pas d'accord", a t-il averti. 
C'est également ce que souhaite la chancelière allemande Angela Merkel.

VOIR et ENTENDRE Cameron : "pas d'accord» si le budget européen n'est pas réduit":

Hollande sollicité par le Parlement européen

Les coupes porteront sur 
l'enveloppe destinée aux projets d'infrastructures, 
les frais de fonctionnement des institutions, 
les moyens d'actions du controversé Service d'action extérieure, 

mais aussi sur 
les budgets pour la Recherche et l'Innovation, 
l'aide au développement
et l'aide destinée aux citoyens européens les plus pauvres, une coupe décriée par les associations d'aide aux plus démunis, bien que souvent entrés clandestinement en Europe.

Le Parlement européen refuse de telles réductions 
Et, en idéologue, François Hollande, venu présenter mardi sa vision de l'Europe aux députés, est présenté comme mandaté pour éviter ce compromis réaliste du fait de la crise, mais le porteur des utopies populistes fait-il le poids parmi les responsables pragmatiques de l'Europe. "Vous demandez à un socialiste d'empêcher les conservateurs de faire un mauvais budget", a-t-il polémiqué devant les élus du Parti populaire européen, qui l'avaient invité à user de son droit de veto. "Mais mon devoir est de rechercher un compromis", a-t-il expliqué, battant en retraite. 
Toute la négociation de ce jeudi va donc consister à examiner la proposition de Van Rompuy tout en trouvant un équilibre entre les positions les plus radicales et les lignes rouges du Parlement européen confiées à François Hollande.

VOIR et ENTENDRE l'arrivée de Hollande au sommet de Bruxelles:
Toute la négociation de ce jeudi va donc consister à examiner la proposition de Van Rompuy tout en trouvant un équilibre entre les positions les plus radicales et les lignes rouges du Parlement européen.


Les sujets qui ne seront pas jugés prioritaires

L'Allemagne qui joue un milliard d'euros, a gros à perdre.
C'est le montant du rabais obtenu sur sa contribution pour la période 2007-2013. 
La France et le Royaume-Uni en revanche pourraient se satisfaire d'une absence d'accord. 
Le rabais obtenu par Londres est inscrit dans les traités. Pour Paris, ce serait l'assurance de préserver le niveau actuel des aides agricoles européennes (la PAC), ce qu'elle n'a pas obtenu dans le projet de compromis en discussion.

Certains sujets risquent de passer à la trappe compte tenu l'ampleur de la tâche budgétaire.
"Si le temps nous est donné", le président François Hollande prétend notamment entraîner ses pairs dans le conflit au Mali, dans le sillage des forces françaises qui se sont engagées sans garanties. 

Les dirigeants européens devraient également parler de la stratégie pour aider au suivi des Printemps arabes, à l'heure où les économies européennes ont tant à faire pour maintenir l'emploi et sauvegarder le pouvoir d'achat de leurs propres ressortissants.

Il lui faudrait aussi évoquer les accords de libre-échange à négocier, notamment avec les Etats-Unis. Mais il faudrait pour cela que les 27 s'entendent rapidement sur le budget européen. Ce qui, visiblement, n'est pas chose facile.