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dimanche 12 mai 2019

Européennes : "Macron propose l'Europe qui n'a pas marché", souligne Bellamy (LR)

La tête de liste LR pour les européennes a expliqué pourquoi le projet de LREM "ne fera pas bouger les lignes du tout"

"On a le sentiment que La République en marche fait de la politique avec du marketing,"
a-t-il observé. 



Et d'ajouter : La République en marche "essaie de cibler les publics auxquels on va raconter exactement ce qu'ils ont envie d'entendre"
, a déploré  François-Xavier Bellamy, jeudi sur Radio Classique.

"Mais je ne crois pas que promettre 1.000 milliards d'euros ou décider qu'on va interdire les voitures à essence dans des horizons qui sont si peu réalistes ait un quelconque sens", a-t-il expliqué, ajoutant que ces "1.000 milliards d'euros, on se sait pas exactement pourquoi, comment on les finance".
La stratégie de Macron en Europe comme en France est de faire travailler les autres et de leur demander de fournir les efforts, notamment financiers...

L'UE devra investir "au moins 1.000 milliards d'euros d'ici 2024" pour "la transition écologique et solidaire," considère LREM, la liste dont Macron s'est déclaré propriétaire et dont il a confié la conciergerie à Nathalie Loiseau. 

Parmi les autres propositions enfin révélées dans son projet publié mercrediLREM envisage  
la taxation des grandes entreprises du numérique, 
la mise en place d'un Smic adapté à chaque pays européen, 
ou encore la préparation de la "Renaissance de l'Europe", via une "Conférence pour l'Europe" qui réunira les dirigeants européens, 
des citoyens tirés au sort 
et des spécialistes de domaines clés.

"Toutes ces promesses, en réalité, sont la prolongation de ce qu'on a déjà vécu à l'occasion de l'élection présidentielle"a dénoncé FX. Bellamy. 
"Une manière de jouer un 'en même temps' artificiel qui ne recouvre aucune vision", a-t-il encore mis en garde  
Selon la tête de liste LR, "l'Europe que nous propose Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est l'Europe "des commissions, des comités, des conférences, des grands débats étendus au niveau européen," ce qui lui fait dire que cette Europe est "celle qui n'a pas marché".
 
"Remédier à la crise écologique, ça veut dire rééquilibrer la mondialisation," a-t-il encore affirmé, car "nous avons exporté notre industrie vers la Chine et nous avons ainsi augmenté notre empreinte carbone, alors même que nous étions en train de diminuer nos émissions de carbone". Il faut donc "faire en sorte que nous puissions retrouver de la compétitivité pour produire ce que nous consommons", a-t-il précisé.
 

samedi 15 décembre 2018

Les Gilets jaunes, un mouvement citoyen qui rebat les cartes de la démocratie

"Les Gilets jaunes sont dans l'illusion que du chaos naîtra une démocratie plus juste," estime le politologue Yascha Mounk

La Macronie va les chercher loin, les donneurs de leçons de démocratie conventionnelle. 

Celui-là est américain. Attention, il écrit pour le New York Times (très critique de la France), The Wall Street Journal (conservateur, groupe News Corporation de Rupert Murdoch), Slate (famille Rothschild) et Die Zeit (libéral de gauche). Il n'est donc pas supporteur de Trump, mais plutôt de Macron. Son nom ? Yascha Mounk
C'est un politologue allemand d'origine polonaise, fils d'une émigrée polonaise ayant émigré avec ses parents, suite à la purge des Juifs de l'appareil communiste. Naturalisé américain, chercheur et chargé de cours à l'université Harvard à Boston, âgé de 36 ans, il défend un renouveau du libéralisme politique susceptible de contrer ce qu'il perçoit comme le danger du "populisme". Dans un entretien avec le Süddeutsche Zeitung, libéral de gauche, il a déclaré en février 2018 que le nationalisme est une relique du passé qu'il faut surmonter par un "nationalisme inclusif", de peur d'un nationalisme agressif, la "peste nationaliste". Ne serait-il donc pas le maître à penser de Macron ?
Son essai, Le peuple contre la démocratie, en dit déjà long sur ses craintes. Publié en septembre dernier, dans un contexte de montée du nationalisme dans plusieurs états européens, dont la Hongrie et l'Italie, il a retenu l'attention pour son analyse de la crise des démocraties libérales. 
Le mouvement des Gilets jaunes et les secousses qui l'accompagnent sont un laboratoire d'études pour Yascha Mounk dont le regard étranger est fort critique d'une révolte qui sort du cadre institutionnel traditionnel.
Se fondant sur de nombreux sondages, reportages et recherches inédites, il s'oriente vers un nouveau modèle pour éclairer et appréhender la période politique complexe que nous traversons, insistant sur la nécessité de réformes radicales pour préserver notre liberté en danger et la sauver.


L'EXPRESS : La légitimité d'un président élu est aujourd'hui contestée, tandis que la violence, jaillie de la révolte, semble, elle, relativement tolérée par l'opinion [un axiome défendu par la macronie]. Faut-il voir dans ce renversement la marque de l'affaissement de la démocratie libérale ? 


Yasha Mounk : Auparavant, en effet, les grandes manifestations avaient pour objet l'opposition aux réformes. Avec les gilets jaunes, la dénonciation se déplace sur le gouvernement lui-même ; c'est lui qui est considéré comme ayant failli. L'élection d'Emmanuel Macron et sa très large victoire aux législatives ne sont même plus suffisantes pour lui donner une légitimité. 

[
C'est une élection par défaut et acquise alors que près d'un électeur sur quatre ne s'est pas déplacé au bureau de vote. Du jamais-vu pour un second tour de présidentielle depuis 1969].

Quelle conclusion tirer de ce constat saisissant ? 
La preuve de la nature plutôt destructrice de ce mouvement [Les casseurs sont des intrus bien connus des manifestations politiques et syndicales. La différence, c'est qu'elles sont contenues par les services d'ordre des organisations institutionnelles]. 
Les casseurs qui s'en donnent à coeur joie en sont la face la plus visible, mais il faut y ajouter le fait que, sur le fond les gilets jaunes ne sont porteurs d'aucun projet concret [ils sont néanmoins porteurs d'idées concrètes approuvées par sept à huit Français sur dix], sinon celui de détruire ce qu'ils perçoivent comme un ordre illégitime [caricature typique des Américains qui gardent une peur viscérale du bolchévisme, ranimée par le maoïsme ou le castrisme]. S'ils donnent naissance à une formation politique, je crains que celle-ci n'ait pour feuille de route le sabordage des éléments de base de la démocratie, comme on l'a vu en Italie avec La Ligue du nord ou le mouvement Cinq étoiles. [La volonté du peuple serait-elle une menace pour le pouvoirs des intellectuels installés dans le système ?]

On peut aussi faire un parallèle entre les gilets jaunes et le parti Podemos en Espagne, qui s'oppose à la démocratie représentative et à toute la caste politique [que dire alors du premier ministre grec Alexis Tsipras, tombeur des socialistes, qui a passé un accord politique avec un parti de droite souverainiste ? Son parti, Syriza, est une coalition de partis de gauche et d'extrême gauche]. Il y a derrière ces rassemblements l'idée magique qu'en cassant tout, on permet l'avènement d'un avenir plus démocratique, moins corrompu, plus égalitaire [une ironie condescendante et blessante d'intellectuel établi]. Je comprends très bien cette rage [Macron aussi le prétend...] face à un avenir qu'on perçoit sombre [perception, simple impression ?] pour soi et ses enfants. Mais pour améliorer le futur, il faut de vraies solutions. Les gilets jaunes sont dans l'illusion du "On rase gratis" [perception  partisane et réductrice]

L'exaspération des classes populaires vous semble-t-elle avoir pris chez nous une forme spécifiquement "française" avec ces gilets jaunes rassemblés aux ronds-points et "montant" chaque semaine sur Paris ? 
La science politique [un ensemble de connaissances, notamment historiques, plutôt qu'une science exacte ou expérimentale] nous enseigne que moins il y a d'opposition au parlement - ce qui est le cas pour LREM , largement majoritaire - plus la contestation a de chances de s'exprimer avec virulence dans la rue. Les gilets jaunes s'expliquent par la rage et le désespoir des plus modestes, à l'image de ce qui s'est produit en Espagne et en Italie, par la culture de la protestation française et par l'état du système politique hexagonal. Comme LREM a une identité politique floue - est-il de droite ou de gauche ?, l'opposition n'est ni clairement de droite ni clairement de gauche. [La critique de la première exempte-t-elle donc de la condamnation de la première sur les mêmes critères ?]

Au fond, le nouveau monde ne semble plus celui de la technologie et des échanges, prophétisé par Macron, mais celui de la colère des peuples... 
Les deux vont de pair. Ce sont les moyens de communication numériques qui ont permis aux gilets jaunes d'exprimer leur colère [ce sont eux aussi qui favorisent le développement de l'économie souterraine]. Mais ce qui est patent, c'est que les rebelles d'aujourd'hui ne sont pas ceux qui attendent avec impatience la "start-up nation" promise par Macron; ce sont ceux qui craignent de ne pas y trouver leur place. La ligne de partage ne passe plus entre la gauche et la droite, mais entre les inquiets de la modernité et les autres [être laissé sur le bas côté par l'économie ou par le numérique change-t-il quoi que ce soit à la détresse populaire ? Ou est-ce un distinguo d'intello ?]. 

On a trop cru aux bienfaits du progrès technologique et de la mondialisation ?
On a surtout trop présenté la mondialisation sur un mode binaire : soit on l'accepte, soit on la rejette. Fermer nos portes à l'échange économique, interdire de nouveaux développements économiques, ne sont pas des réponses suffisantes à la mondialisation. En revanche, les nations ont plus de ressources qu'elles ne l'imaginent pour peser, mettre en forme la globalisation dans leur pays. Les grandes entreprises mondiales veulent avoir accès au territoire français ? Eh bien, à la France d'imposer ses conditions fiscales et sociales, par exemple. 

Comment Emmanuel Macron peut-il s'en sortir ? 
Il n'a pas d'autre choix que de continuer sur son train de réformes, mais en montrant, de façon beaucoup plus nette qu'il ne se range pas du côté des riches. Il ne gouverne que depuis un an et demi. Or, il faut du temps pour mener des réformes économiques, et encore plus pour en mesurer leur impact. En Allemagne, les réformes lancées au début des années 2000 ont beaucoup aidé à juguler la crise qui sévissait dans le pays et à résorber le chômage. Evidemment, la stratégie réformatrice est risquée, car elle dépend beaucoup de l'économie mondiale à court terme. Mais s'il réussit à montrer qu'il prend au sérieux cette colère sans faire de compromis sur sa stratégie, il peut retrouver un degré acceptable d'impopularité, car plus le mouvement des gilets jaunes se radicalise, plus il attise les critiques et le rejet [d'où la stratégie de la décrédibilisation]. 

Vous soulevez l'influence des facteurs extra-nationaux dans un univers mondialisé. In fine, les gouvernements ne sont-ils pas condamnés à une forme d'impuissance ? 
Ils ont plus de leviers qu'ils ne le croient, mais encore faut-il les actionner. Emmanuel Macron, comme beaucoup d'autres chefs d'Etat dans le monde, n'a pas su faire passer un message important : les élites doivent observer les mêmes règles du jeu que le reste des citoyens. Sanctionner les milliardaires qui placent leur fortune dans les paradis fiscaux, faire payer des taxes aux grandes entreprises qui s'installent en France, voilà des gestes forts, sur le plan économique et symbolique. Macron n'a plus le choix : il doit prendre cette direction [le diesel a repris son ascension : il  est à plus de 1,40 euros...].

I
l faudra aussi que Mounk nous livre son point de vue sur les 'référendums d'initiative populaire'...


dimanche 19 juillet 2015

Crise grecque: DSK dénonce le "diktat" dont se félicite Hollande

Dominique Strauss-Kahn dénonce "le diktat" imposé par l'Allemagne à la Grèce 

L'ancien patron du FMI critique la méthode employée par ses "amis Allemands"

"Ce qui s'est passé pendant le weekend dernier est pour moi fondamentalement néfaste, presque mortifère," assène DSK, dans un billet mis en ligne samedi 18 juillet. Tout en faisant l'éloge de l'Europe, citant Cioran, Erasme, Homère et Habermas, dont il reprend le concept de "solidarité citoyenne,"  Dominique Strauss-Kahn démonte l'accord conclu entre le gouvernement grec et l'Eurogroupe. 

"Le contexte dans lequel ce diktat a eu lieu crée un climat dévastateur", selon Dominique Strauss-Kahn, le 18 juillet 2015, dans une note publiée sur internet.
"Un fonctionnement de la zone euro dans laquelle vous, mes amis allemands, suivis par quelques pays baltiques et nordiques, imposeriez votre loi sera inacceptable pour tous les autres", commente Strauss-Kahn, qui avait publié une précédente note sur la Grèce, fin juin, faisant son grand retour sur le devant de la scène internationale après la fin de ses derniers ennuis judiciaires en date à Lille. 

"Ne me dites pas que c'est seulement en imposant des règles de saine gestion que vous entendez sauver l'Europe", écrit encore Strauss-Kahn, dont il a fait traduire le texte  en anglais, allemand et français. 

Plaidoyer pour l'Europe du Sud: jusqu'à Marrakech ?

Tout en regrettant "l'amateurisme du gouvernement grec" de Tsipras (Syriza), pourtant proche de Cuba que DSK va conseiller, le socialiste apporte son soutien au peuple grec et, plus généralement, à l'Europe du Sud. "Nous ne regardons que vers le Nord et négligeons le Sud, estime-t-il. C'est là pourtant qu'est le berceau de notre culture [ce qui n'a actuellement que peu de sens en termes d'économie]. Il faut inventer d'urgence une vision commune de l'espace monétaire européen," déclare-t-il, sans préciser comment il s'y prend.

Il met également en garde contre un affaiblissement géopolitique de l'Europe. "Une alliance de quelques pays européens, même emmenée par le plus puissant d’entre eux [son assesseur français n'aurait-il pas eu l'impact qu'il s'attribue dans la presse aux ordres ?], sera peu capable d’affronter seule la pression russe et sera vassalisée par notre allié et ami américain à une échéance qui n’est peut être pas si lointaine," redoute-il, pessimiste et peu confiant en l'autre. "Pour être un modèle, juge-t-il, l'Europe doit voir loin, refuser les mesquineries,  juge-t-il. "Jouer son rôle dans la mondialisation, en un mot, continuer à façonner l'Histoire." 
Méfiant, mais lui aussi "audacieux", en paroles, avant de servir Cuba...

jeudi 26 juin 2014

La moitié des ministres du gouvernement Valls sont "des brêles", dixit DSK

Hollande  exaspère DSK

L'ancien patron du FMI n'en peut plus...

DSK ne se prive pas de critiquer la majorité présidentielle avec férocité. L'ancien patron du FMI, qui se rêvait président de la République avant le scandale sexuel du Sofitel à un an de l'élection suprême, ne tresse guère de louanges à l'égard de l'exécutif et notamment de François Hollande.

Selon les confidences recueillies cette semaine par Le Point auprès des proches de DSK, celui qui s'est reconverti dans une fructueuse carrière de banquier d'affaires estime que les chances de survie du gouvernement face à la crise sont très limitées pronostiquant, dès juillet 2012 "une dissolution en 2015", d'après le socialiste Julien Dray.


Valls? DSK lui laisse une chance...

Pour DSK, "le gouvernement de Hollande aurait été parfait pour le début des années 80, quand la crise était encore gérable. Mais par grand vent…". Et même s'il est assez clément avec le Premier ministre Manuel Valls qui "veut faire", "peut faire", il "n'est pas tout seul [mais responsable toutefois de son équipe de bras cassés]. Avec Hollande, ils sont deux dans la même cuisine gouvernementale, l'un tient le sel, l'autre le poivre. Hollande s'implique trop dans le quotidien, Manuel Valls n'a pas d'espace. Il est ficelé dans un gouvernement composé par Hollande dont la moitié sont des brêles. Il n'a pas fait le gouvernement qu'il voulait." [Mais il l'a accepté en connaissance de cause]

Et DSK n'est pas tendre du tout non plus avec les frondeurs de l'aile gauche de la majorité (proches de Martine Aubry pour la plupart) qui s'opposent notamment au pacte de responsabilité sous prétexte de cadeaux fait aux entreprises. "Je ne connais pas un pays en Europe où une force politique lourde, qui va des communistes à l'aile gauche du PS, soit dans cette crispation, ce refus d'une économie intégrée dans la mondialisation. Le résultat est dramatique à terme", estime un DSK, "heureux et débordé", "rarement à Paris" et "libre". Mais terriblement vieilli.

Pas de retour dans le marigot de la vie politique au programme pour un homme bien qu'un sondage le place en tête des personnalités politiques qui "pourraient faire mieux que François Hollande".

jeudi 24 janvier 2013

Sondages: les Français se sentent envahis d'étrangers

70% des Français jugent qu'il y a trop d'étrangers

Une enquête Ipsos confirme ce que la gauche nie

La "France 2013 : les nouvelles fractures" livre un portrait qui atterre Le Monde du jeudi 24 janvier. Réalisé avec le Centre d'études politiques de Sciences Po (Cevipof), elle montre que les Français redoutent la mondialisation, la place que prend l'Europe, ne font pas confiance à leurs hommes politiques et montrent un franc repli identitaire.

Le changement socialiste déçoit aussi ceux qui l'ont voulu
Non seulement Michel Winock accuse mais il discrimine: "Les Français – du moins la grande majorité d'entre eux – semblent avoir peur de tout" et, quand ils se prononcent sur les "moyens de redressement, ils répondent : redressement de l'autorité et repli sur le pré carré", a commenté l'historien pour Le Monde. 

On peut dégager trois enseignements principaux de cette étude.

Les Français trouvent qu'il y a trop d'étrangers

D'après l'étude, quelque 70% des sondés (et jusqu'à 83% chez les sympathisants de l'UMP) trouvent qu'il y a "trop d'étrangers en France". Ils sont 62% à estimer que l'on "ne se sent plus chez soi comme avant"

Par ailleurs, 29% seulement jugent que "l'immense majorité des immigrés qui se sont installés en France ces trente dernières années est bien intégrée". Pour 46%, "pour réduire le nombre de chômeurs, il faut réduire le nombre d'immigrés"
Enfin, 57% jugent que "le racisme anti-Blanc est assez répandu en France".

La religion musulmane est particulièrement dérangeante. Considérée comme étrangère, elle est vécue par 74% des sondés comme intolérante et 
incompatible avec la société française. 

La formulation des questions est visiblement nouvelle et dissimule une mauvaise intention.
Selon Michel Winock, "les ingrédients du populisme sont là et dépassent les rangs des électeurs de Marine Le Pen". Mais si la droite républicaine ne peut suffire à justifier ces chiffres, c'est que le malaise atteint les couches populaires de l'extrême gauche. Un avertissement au gouvernement...

Ils pensent que les politiques privilégient leurs intérêts 

Idem dans le Pas-de-Calais
ou l'Hérault
Par ailleurs, les Français manifestent une défiance claire vis-à-vis de leurs représentants politiques. Pour eux, "le système démocratique fonctionne plutôt mal en France" (72%) et les attaques frontales de la gauche sur la droite ont marqué l'opinion, car "les hommes et les femmes politiques agissent principalement pour leurs intérêts personnels" (82%) et "la plupart" d'entre eux "sont corrompus" (62%). Un sentiment partagé par 51% de l'électorat de gauche.

Les media sont aussi jugés pour ce qu'ils sont : 58% pensent qu'ils "font mal leur travail", 72% que les journalistes "sont coupés des réalités", 73% qu'ils "ne sont pas indépendants"
Les jugements sont plus ambivalents à l'égard de l'argent et de la justice sociale. 71% des sondés trouvent que "c'est bien de vouloir gagner beaucoup d'argent", même s'il "a corrompu les valeurs traditionnelles".

Ils voient la France sur le déclin

Par ailleurs, une personne sondée sur deux (51% contre 49%) se dit certaine que "le déclin de la France est inéluctable". Cette conviction est même ancrée chez 77% des sympathisants du Front national. Ce sentiment est fondé sur la pénurie de travail, le chômage, cité par 56% des sondés, surpassant tous les autres sujets de préoccupation. Plus on entre dans le concret, plus ce sentiment est fort : 90% trouvent que "la puissance économique française" a décliné, 63% que tel est aussi le cas pour le rayonnement culturel.

Par ailleurs, 78% des sondés partagent l'avis qu'"on n'est jamais assez prudent quand on a affaire aux autres", 61% perçoivent la mondialisation comme "une menace pour la France". Si 58% sont pour "prendre aux riches pour donner aux pauvres", ils sont presque aussi nombreux (56%) à penser que "les chômeurs pourraient trouver du travail s'ils le voulaient vraiment".

Défiance envers l'Union européenne
Pour s'en sortir, les sondés comptent sur l'Etat-nation : près des deux tiers (65%) estiment qu'"il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays même si cela doit conduire à limiter ceux de l'Europe". Mais très majoritairement (72%), ils sont pour le maintien de la France dans la zone euro.

Cette étude a été réalisée ce mois-ci par internet auprès d'un échantillon représentatif d'un millier de personnes.

Michel Winock, 76 ans, est un historien passé par la revue Esprit en 1962 qui initia l'association française opposée aux lois mémorielles et sa pétition Liberté pour l'histoire (présentée dans le quotidien Libération) qui s'oppose notamment à la loi Gayssot (PCF), " tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe", qualifiant de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité et introduisant un article dans la loi sur la liberté de la presse. 
L'association s'opposa aussi à la loi reconnaissant le génocide arménien ou celle du 21 mai 2001, dite loi Taubira, du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, au motif, selon les signataires,  qu'elles " ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites." Le collectif demanda " l'abrogation de ces articles indignes d'un régime démocratique ". 
Toutefois, parmi les pétitionnaires, Pierre Emmanuel Vidal-Naquet, un opposant au négationnisme,  participa à l'appel "Une autre voix juive ", qui regroupe des personnalités juives solidaires du peuple palestinien.

dimanche 5 août 2012

Le sénateur J.-V. Placé flingue Sa Grâce Montebourg

Montebourg inquiète la majorité de Hollande


L'écolo radical met
Montebourg minable




Jean-Vincent Placé a descendu en flèche Arnaud Montebourgl'agité en charge du "Redressement productif".


"Je ne suis pas convaincu par le style de M. Montebourg. Quelque part, il m'inquiète parce qu'il fait la tournée des entreprises en disant: je vais résoudre les problèmes par la volonté et le verbe", a observé le président du groupe EELV (altermondialiste) au Sénat,  sur BFMTV-RMC le 2 août 2012.
"Je ne veux pas jeter la pierre à telle ou telle façon de communiquer de tel ou tel ministre, mais dire aux industries françaises: 'restons entre nous, protégeons-nous', cela ne va pas marcher", a poursuivi Jean-Vincent Placé, selon qui "les discours des responsables français commencent à avoir une porosité très forte avec ceux du FN sur les questions d'immigration, mais aussi sur la question d'une forme de protectionnisme national".


"On a l'impression qu'il est encore dans l'opposition parfois"
Le sénateur EELV a pourtant salué "les avancées" du plan automobile présenté par Arnaud Montebourg le 25 juillet, avant d'en rajouter une couche: "Mais aller raconter qu'avec un plan comme ça on va résoudre les problèmes de l'automobile, il faut faire attention à ne pas raconter n'importe quoi."
Le gouvernement PS sacrifie notre emploi au pays d'origine de sa porte-parole franco-marocaine
Le sénateur a aussi commis un crime de lèse-majesté à l'encontre de Sa Grâce Montebourg à propos de son intention déclarée mardi 31 juillet à l'Assemblée de revoir l'attribution du marché du centre d'appels du STIF (Syndicat des transports d'Ile-de-France) remporté par un prestataire implanté au Maroc avec l'approbation de Jean-Paul Huchon  (PS) qui préside la Région. "La réponse n'est pas de revenir là-dessus, mais de revoir ce qui est possible ponctuellement sur ce sujet, et il faut changer le code des marchés", avec des "normes sociales et environnementales", a déclaré l'écologiste radical. 
L'altermondialiste a encore exprimé sa condamnation de l'accusateur public, Arnaud Montebourg: "On a l'impression qu'il est encore dans l'opposition parfois".
Confusion gouvernementale sur le gaz de schiste
Montebourg n'est pas le seul défaut de Hollande et Zayrault
"Les réponses de Mme Batho [la ministre socialiste de l'Ecologie] me vont très très bien; Jean-Marc Ayrault a été très clair, et c'est pour cela que je ne comprends pas que M. Montebourg dit qu'il veut rouvrir le débat, alors que Mme Batho dit qu'il est clos".
VOIR et ENTENDRE l'intervention contestataire du sénateur sur BFMTV:

Cliquer sur "Voir et entendre" pour accéder à cette 'longue' video.

dimanche 29 avril 2012

Sarkozy se démarque de ses adversaires à Toulouse

Plus de 20.000 personnes à Toulouse pour Sarkozy


Qui dit patriotisme ne dit pas  nationalisme

A une semaine du second tour,  Nicolas Sarkozy, le candidat de la majorité présidentielle et président-sortant, s'est exprimé dimanche à Toulouse devant plus de 20.000 personnes.
Dans ce meeting multidiffusé dans sept autres villes de France, Nicolas Sarkozy a lancé : " Je salue Toulouse ! Je salue Metz !  Je salue Lyon !  Je salue Marc-en-Baroeul !  Je salue Orléans !   Je salue Rennes !  Je salue Limoges !

"Je salue le peuple de France ! "
Face à un salle chaleureuse, Nicolas Sarkozy a fixé le moment, évoquant " ces moments de l'Histoire où tout se décide en quelques jours ".  " La France ne peut pas manquer ce rendez-vous avec l'Histoire. La France n'a pas le droit à l'erreur ", a-t-il insisté.

Le président-candidat a insisté à plusieurs reprises sur " l'importance cruciale des frontières dans la mondialisation ", alors qu' "on a voulu effacer toutes les frontières ", au nom de la libre circulation des capitaux.


Le président-sortant a appelé ses concitoyens à " être fiers d'être français ".
La Nation dont il a fait l'éloge est "le partage d'une identité collective et a fait naître la République", mais aussi la France forte", son slogan de campagne.
Et " je ne veux pas laisser la France se diluer dans la mondialisation, voilà le message central du premier tour ", a-t-il dit, faisant allusion aux scores-surprises de Marine Le Pen (17,9%) et de Jean-Luc Mélenchon (11,1%).

Le candidat de l'UMP a rectifié les caricatures dressées par la gauche
" La pensée unique, le système, notamment le système médiatique " soulignant qu'il a  "confondu le sentiment national, qui est hautement respectable, avec le nationalisme qui est une idéologie profondément dangereuse". Au même instant,  son rival socialiste a opposé " le patriotisme " au " nationalisme ." 

Et Nicolas Sarkozy a également levé les ambigüités créées par ses adversaires
Il a en effet demandé de ne pas confondre " l'amour de sa patrie avec la haine des autres ", qui est un  " sentiment détestable ",   se démarquant ainsi à la fois de l'extrême droite et de la représentation de la droite par les soutiens de Hollande.
Le patriotisme c'est aussi " porter des références qui valent pour nous-mêmes et pour les autres, le patriotisme, c'est s'aimer soi-même pour aimer les autres et avoir peur de rien, ne rien craindre dans la compétition mondiale, dans l'Europe qui se construit ", a-t-il fait valoir.

VOIR et ENTENDRE le discours de Nicolas Sarkozy à Toulouse (29/04/2012):


L'Europe et la Nation
Nicolas Sarkozy a estimé que "l'Europe a trop laissé s'affaiblir la Nation".
" Les pays qui gagnent aujourd'hui, c'est les pays qui croient dans l'esprit national ", a-t-il observé.
Et de souligner: "La France a voulu l'Europe. Elle attend de l'Europe qu'elle protège les peuples européens".


Nicolas Sarkozy s'est prêté au jeu des confidences sur France 2.

Interrogé par Laurent Delahousse, le président-candidat se livre. " Aujourd'hui, j'ai l'expérience d'une fonction; il y avait une inconnue, c'était comment on réagit face à des responsabilités aussi lourdes ", confie-t-il, se différenciant du candidat socialiste sans aucune expérience gouvernementale et qui choisirait, dit-on, Jean-Marc Ayrault qui n'est pas plus expérimenté, puisqu'il ne connaît que l'Assemblée nationale.






lundi 14 novembre 2011

La gauche travaille à la démobilisation des Français

La catastrophe serait un passage obligé !

Edgar Morin: " Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe "

Pour certains, agir, c'est s'opposer

"Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir ", écrit TerraEco qui, pour étayer sa thèse, se tourne vers un exclu du Parti communiste (1951). A 90 ans, le philosophe et sociologue Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, n'est pas trop vieux (1921) -exceptionnellement- en effet, en dépit des critères de Nono Montebourg. Quand on n'a plus rien à faire ni à perdre, à l'instar également de Stéphane Hessel, que de prendre chaque matin le 'vent de la révolte', le secret de la jeunesse, c'est d'initier les jeunes aux plaisirs de cette révolte, quels que soient les risques encourus par les citoyens vigilants, les 'désobéisseurs' et les Indignés manipulés, d'Espagne, du Proche Orient récemment, et d'ailleurs.
Ils sont même parfois membres actifs d'association pacifistes, tel le fonds associatif Non-Violence XXI (2001), comme c'est le cas pour Françoise Héritier, Bernard Clavel (mort en 2010) ou S. Hessel. Ainsi en est-il aussi de l'universaliste Morin qui fait appel à " une prise de conscience de la communauté du destin terrestre " et incite à résister au diktat de l’urgence. Vaste champs d'opération, au même titre que l'indignation attrape-tout, banale et dépréciée ! L’espoir est à portée de main, assure-t-il. Mais l'espoir de quoi ?

E. Morin répond aux questions de ce media

Fondé sur un réseau de quelque 40 correspondants, dont beaucoup d'anciens du quotidien Libération, son approche environnementaliste et sociale est préoccupée des grands enjeux économiques et du développement durable. Super !

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?
La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ? (la machine à vapeur ?)
Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve " après la pluie ". Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil [et le réchauffement climatique ?] Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ? En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : " La voiture nous ralentit beaucoup. " Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?
Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?
Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. [dans le meilleur des cas, que ne connaissent pas les veuves et les personnes seules] Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. [parole de sociologue nanti, mais ce dont rêvent les défavorisés] Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. [On peut donc interrompre ici la lecture de ces pensées profondes] C’est le sens du mouvement 'slow food' dont est née l’idée de " slow life ", de " slow time " et même de " slow science ".
Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un " grand " article dans une " grande " revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. [les 'artistes' de la 'star academy' connaissent-ils ce problème ?] Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme [yogisme ?], par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue 'Le droit à la paresse' (qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

Pourquoi ?
Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. [Que dire donc de la transmission des connaissances et de la formation ?] En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages [divinatoires !] qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ? [L'idée est réflexe dans certains esprits : puisqu'il faut désigner au peuple des coupables, Morin aurait pu nous faire gagner encore davantage de temps de réflexion et stigmatiser la banque directement !]
Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? [Et la pesanteur !...] Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. [Vade retro satanas!] Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. [Au fait, le stakhanovisme, c'est quoi ? 102 tonnes de charbon extrait en six heures...et deux Ordres de Lénine remis par Staline !] Par la soif incessante de " nouveau " qu’il promeut grâce à la publicité…

Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ?
Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière
Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. [L'aide alimentaire européenne a néanmoins besoin de la PAC et, sans elle et sa bonne santé, les associations ne sont pas grand chose...] Elle [l'économie sociale soutenue par les états capitalistes et l'Europe, tant qu'ils le peuvent encore] incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique (bien qu'elles soient ignorées d'une "grande partie de l’opinion"] que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. [le 'discount' et le 'low cost' n'entrent pas dans le raisonement du nonagénaire] Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. [mais, en " répercutant un prix maximum sur le consommateur", ne court-circuitent pas grand chose] Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde [à la différence du marxisme], mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse
Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

Par obsession, vous entendez croissance ?
Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

Décélération signifierait décroissance ?
Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?
Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

Le politique n’est-il pas tout de même censé " prendre le temps de la réflexion " ?
On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de " U " pour " urgent ". Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les " TTU ". Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.

Michel Rocard déplorait il y a peu pour " Terra eco " la disparition de la vision à long terme

Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le " long terme ", je l’intitule " problème de fond ", " question vitale ". Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?

Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre. Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ? Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.

La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel
Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?
Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse
Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?
Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

Nous sommes déjà dans un processus de réformes
Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires. Vous appelez cette démarche " le bien-vivre ". L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez. L’idéal de la société occidentale – " bien-être " – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. [Mais c'est pourtant la proposition d'une "société du bien-être" que Martine Aubry nous proposait à la veille des primaires du PS...] Et bien que ce mot " bien-être " soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de " bien-vivre ", reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression " bien vivir " est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est " actif " dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre.
Si vous avez tenu le coup jusqu'au dernier mot, bravo !
Sachons que le socialiste Hollande, comme Aubry, prend ses modèles en Amérique latine et ses sources auprès de la très marxisante "théologie de la libération" et de ce penseur fulgurant...