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lundi 28 juillet 2014

Jaurès, prétexte de Mélenchon pour stigmatiser Hollande et Valls

Un hommage de Mélenchon à Jaurès stigmatise Hollande et Valls 

Jean-Luc Mélenchon lâche des coups, malgré son souhait de prendre du recul 
PS et PCF s'arrachent sa dépouille 

Un coup de mou sans renoncer au combat politique.  

A peine le leader du Front de gauche a-t-il annoncé qu'il souhaite prendre du recul dans sa vie politique qu'il est revenu
dimanche avec une tribune sur Jean Jaurès.
Ainsi a-t-il fustigé François Hollande et Manuel Valls dimanche dans une tribune intitulée "Jaurès, reviens! Ils ont changé de camp !"
En cette année de célébrations du centenaire de la mort de Jean Jaurès, le co-président du Parti de Gauche dénonce la récupération et le dévoiement des combats du réformiste et pacifiste socialiste par le chef de l'Etat et le Premier ministre, après Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen. "Manuel Valls voulait l'enrôler pour ses sordides cadeaux au MEDEF. Jaurès aurait 'sans doute' voté le pacte de responsabilité, a-t-il osé", écrit Jean-Luc Mélenchon dans Le Journal du Dimanche.

"Faire parler les morts pour endormir les vivants. L'arnaque !", ajoute-t-il.

Quatrième du premier tour de la présidentielle de 2012 avec 11,1% des voix, Jean-Luc Mélenchon s'en prend au président Hollande.
"Jaurès n'était pas un apôtre de la moralisation du capitalisme ni du 'donnant-donnant' avec le grand patronat et autres sornettes élyséennes", dit-il.

"Quand Hollande abdique le pouvoir des Français dans les mains des androïdes de la Commission européenne, Jaurès lui tire l'oreille: 'Partout en Europe la lutte est engagée entre les oligarchies et la démocratie politique et sociale'", écrit-il notamment.

Le président Hollande doit se rendre jeudi au café du Croissant, à Paris, où Jean Jaurès fut assassiné le 31 juillet 1914 par un étudiant nationaliste, Raoul Villain.
Le président avait essuyé des sifflets lors d'une visite le 24 avril dernier dans la ville natale de Jean Jaurès, Carmaux (Tarn), où il avait salué l'oeuvre du socialiste. Lien video

dimanche 5 février 2012

Le candidat Hollande n'a pas la cote à la City de Londres

La démagogie de Hollande contre la finance fait l'unanimité contre lui



Hollande, déterminé
ou velléitaire grotesque ?
Il inquiète aussi la City




Les propositions de Hollande relatives au monde de la finance ne plaisent pas non plus outre-Manche

Le candidat socialiste y est vu comme un radical "mû par la haine du capital et des marchés financiers".

Une fois de plus, David Cameron, conservateur, et Boris Johnson, le maire travailliste de Londres, doivent composer avec les tensions provoquées Outre-Manche par le flibustier de la course à la présidence qui a menacé de saborder le plan de sauvetage économique de l'UE et de torpiller la City.

Dans sa tentative de séduction de la gauche du PS
Le socialiste François Hollande a publié un projet dans lequel il déclare la guerre aux services financiers et promet de jeter aux oubliettes le traité fiscal de l'UE (censé introduire plus de discipline budgétaire), qui doit être approuvé lors du sommet européen du 30 janvier.

Le Premier ministre, le maire de Londres et les chefs d'entreprise britanniques, horrifiés par les projets de Hollande, affirment qu'ils risquent de porter atteinte aux centres financiers. Johnson l'a accusé de "vindicte politique".

Le 26 janvier, le candidat socialiste a présenté un manifeste en 60 points qui prévoit entre autres d'augmenter la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, d'abaisser l'âge de la retraite à 60 ans, de plafonner les primes, d'abolir les stock-options et de renforcer le secteur public. S'engageant à effacer ce qu'a fait Nicolas Sarkozy, il a promis d'engager 20 milliards d'euros de nouvelles dépenses publiques d'ici à 2017, de créer 60 000 postes dans l'Education et 150 000 emplois subventionnés pour les jeunes.

Le secteur de la finance est sa cible principale
Il évoque une sur-taxation de 15 % des bénéfices des banques, l'interdiction des produits financiers "toxiques" et la mise en place rapide d'une taxe sur "toutes les transactions financières".

Boris Johnson déclare : "Je ne veux pas me mêler de la politique intérieure française, mais nous tenons à éviter que les Français ne commettent une erreur qui porterait tort à l'économie britannique. Il est essentiel qu'un élément vital du secteur britannique des services ne soit pas endommagé pour des questions de vindicte politique à court terme."

D'après Cameron, toute mesure visant à imposer une taxe sur les transactions financières, dite "taxe Robin des Bois", serait de la "folie pure". La fiscalisation des transactions financières compromettrait la croissance et mettrait en danger des centaines de milliers d'emplois, ajoute-t-il.

Les principaux acteurs de la City se demandent cependant si la rhétorique électorale de Hollande est effectivement destinée à se concrétiser. Terry Smith, directeur général du courtier Tullet Prebon, commente : "Selon moi, certaines des propositions de Monsieur (sic) Hollande sont tout à fait raisonnables, en particulier la séparation entre banques des particuliers et banques d'investissements. Mais sachant qu'il a déclaré que le monde de la finance était son ennemi, je le soupçonne d'être mû par la haine du capital et des marchés financiers."

lundi 14 novembre 2011

La gauche travaille à la démobilisation des Français

La catastrophe serait un passage obligé !

Edgar Morin: " Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe "

Pour certains, agir, c'est s'opposer

"Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir ", écrit TerraEco qui, pour étayer sa thèse, se tourne vers un exclu du Parti communiste (1951). A 90 ans, le philosophe et sociologue Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, n'est pas trop vieux (1921) -exceptionnellement- en effet, en dépit des critères de Nono Montebourg. Quand on n'a plus rien à faire ni à perdre, à l'instar également de Stéphane Hessel, que de prendre chaque matin le 'vent de la révolte', le secret de la jeunesse, c'est d'initier les jeunes aux plaisirs de cette révolte, quels que soient les risques encourus par les citoyens vigilants, les 'désobéisseurs' et les Indignés manipulés, d'Espagne, du Proche Orient récemment, et d'ailleurs.
Ils sont même parfois membres actifs d'association pacifistes, tel le fonds associatif Non-Violence XXI (2001), comme c'est le cas pour Françoise Héritier, Bernard Clavel (mort en 2010) ou S. Hessel. Ainsi en est-il aussi de l'universaliste Morin qui fait appel à " une prise de conscience de la communauté du destin terrestre " et incite à résister au diktat de l’urgence. Vaste champs d'opération, au même titre que l'indignation attrape-tout, banale et dépréciée ! L’espoir est à portée de main, assure-t-il. Mais l'espoir de quoi ?

E. Morin répond aux questions de ce media

Fondé sur un réseau de quelque 40 correspondants, dont beaucoup d'anciens du quotidien Libération, son approche environnementaliste et sociale est préoccupée des grands enjeux économiques et du développement durable. Super !

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?
La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ? (la machine à vapeur ?)
Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve " après la pluie ". Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil [et le réchauffement climatique ?] Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ? En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : " La voiture nous ralentit beaucoup. " Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?
Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?
Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. [dans le meilleur des cas, que ne connaissent pas les veuves et les personnes seules] Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. [parole de sociologue nanti, mais ce dont rêvent les défavorisés] Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. [On peut donc interrompre ici la lecture de ces pensées profondes] C’est le sens du mouvement 'slow food' dont est née l’idée de " slow life ", de " slow time " et même de " slow science ".
Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un " grand " article dans une " grande " revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. [les 'artistes' de la 'star academy' connaissent-ils ce problème ?] Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme [yogisme ?], par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue 'Le droit à la paresse' (qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

Pourquoi ?
Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. [Que dire donc de la transmission des connaissances et de la formation ?] En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages [divinatoires !] qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ? [L'idée est réflexe dans certains esprits : puisqu'il faut désigner au peuple des coupables, Morin aurait pu nous faire gagner encore davantage de temps de réflexion et stigmatiser la banque directement !]
Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? [Et la pesanteur !...] Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. [Vade retro satanas!] Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. [Au fait, le stakhanovisme, c'est quoi ? 102 tonnes de charbon extrait en six heures...et deux Ordres de Lénine remis par Staline !] Par la soif incessante de " nouveau " qu’il promeut grâce à la publicité…

Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ?
Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière
Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. [L'aide alimentaire européenne a néanmoins besoin de la PAC et, sans elle et sa bonne santé, les associations ne sont pas grand chose...] Elle [l'économie sociale soutenue par les états capitalistes et l'Europe, tant qu'ils le peuvent encore] incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique (bien qu'elles soient ignorées d'une "grande partie de l’opinion"] que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. [le 'discount' et le 'low cost' n'entrent pas dans le raisonement du nonagénaire] Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. [mais, en " répercutant un prix maximum sur le consommateur", ne court-circuitent pas grand chose] Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde [à la différence du marxisme], mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse
Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

Par obsession, vous entendez croissance ?
Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

Décélération signifierait décroissance ?
Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?
Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

Le politique n’est-il pas tout de même censé " prendre le temps de la réflexion " ?
On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de " U " pour " urgent ". Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les " TTU ". Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.

Michel Rocard déplorait il y a peu pour " Terra eco " la disparition de la vision à long terme

Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le " long terme ", je l’intitule " problème de fond ", " question vitale ". Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?

Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre. Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ? Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.

La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel
Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?
Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse
Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?
Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

Nous sommes déjà dans un processus de réformes
Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires. Vous appelez cette démarche " le bien-vivre ". L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez. L’idéal de la société occidentale – " bien-être " – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. [Mais c'est pourtant la proposition d'une "société du bien-être" que Martine Aubry nous proposait à la veille des primaires du PS...] Et bien que ce mot " bien-être " soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de " bien-vivre ", reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression " bien vivir " est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est " actif " dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre.
Si vous avez tenu le coup jusqu'au dernier mot, bravo !
Sachons que le socialiste Hollande, comme Aubry, prend ses modèles en Amérique latine et ses sources auprès de la très marxisante "théologie de la libération" et de ce penseur fulgurant...

dimanche 30 octobre 2011

Le journaliste Gérard Davet roule-t-il pour Eva Joly ?

Le journal Le Monde est l'invité du "club des Incorruptibles"

Voici des extraits d'un article du 20 mars 2009, paru dans Le Monde:

Livingstone (Zambie), envoyé spécial -
" Ils appartiennent à une même confrérie, celle des gêneurs professionnels, quelques hommes et femmes n'ayant d'autre but [c'est à voir...] que d'assainir les démocraties mondiales, en traquant la corruption dans les moindres recoins. Ils ont un point commun supplémentaire : ils sont membres du Network , un réseau ['confrérie' internationale ?] très privé créé par l'ancienne juge Eva Joly, avec le soutien actif de la Norvège. Ils ne sont guère nombreux, une vingtaine, et se voient deux fois l'an, en toute discrétion. En février, ils se sont donné rendez-vous en Zambie, à Livingstone, à quelques pas des chutes Victoria.
Ils ont accepté la présence du Monde, exceptionnellement.
[En dehors des fuites ordinaires ?]

Ils ont leurs héros à eux, les nouveaux martyrs [laïcs] de la lutte contre la corruption. Il y a d'abord Nuhu Ribadu, 48 ans, l'ancien responsable au Nigeria de la commission sur les crimes financiers, destitué, puis victime d'une tentative d'assassinat. Son seul tort est d'avoir poursuivi avec assiduité l'élite corrompue de son pays.

Il y aura désormais Manuel Garrido, procureur argentin
[engagé] rigolard et impitoyable, patron pendant cinq ans de l'office d'enquêtes au sein de l'administration [comme procureur national des enquêtes administratives pour le président Nestor Kirchner, un péroniste de gauche], qui a dû se résoudre, le 12 mars, à une démission spectaculaire. Sa faute ? Avoir enquêté sur la corruption en Argentine, et plus particulièrement sur le financement de la campagne électorale de la présidente Cristina Kirchner. L'homme a le sang chaud, des principes, et son procureur général, Esteban Righi, avait un peu trop tendance à bloquer ses investigations.[Garido est proche de l'association des Mères de la place de Mai [...]

Ces deux-là étaient en Zambie. Hôtel paradisiaque, zèbres et singes sur la pelouse, piscine de rêve. L'addition, billets première classe en prime, est réglée par l'agence norvégienne de développement et de coopération (Norad), un organisme dépendant du ministère norvégien des affaires étrangères[, alors que la bi-nationale Joly travaille pour son compte (2002-2008)]
[...].

Ces enquêteurs venus du monde entier, Bangladesh, Madagascar, Ethiopie, Grèce, Angleterre, Kenya, passent l'essentiel [sic: des anciens combattants ?] de leur temps à se raconter leurs mésaventures, leur confrontation avec le pouvoir. [Et à renseigner la presse dite d'investigation] Des affaires se règlent sur un coin de table, on tente d'accélérer les procédures internationales d'entraide judiciaire. On parle d'argent sale, de circuits financiers occultes, de commissions illicites. Certains d'entre eux viennent pour la première fois. Ils se lèvent, se présentent, récitent leurs faits d'armes.[...]

Pas de Français à l'horizon. Un signe ?
[commente le thuriféraire Davet! ]

"C'est un combat que l'on ne peut pas gagner, nous avons perdu contre le pouvoir et la cupidité, mais cette lutte vaut la peine d'être menée", assure Eva Joly, qui sait de quoi elle parle, même si elle s'est refait une santé depuis l'affaire Elf, en France, qui l'avait laissée épuisée. Un dossier qui lui aura permis, malgré tout, de se tailler une belle réputation au pays des incorruptibles. "Elf aura été un symbole, pour nombre d'entre nous", confirme Richard Findl, un procureur allemand qui enquête sur l'affaire Siemens.

Un symbole, oui, mais pour quel progrès ? La corruption ne cesse de gagner du terrain dans les économies occidentales, gangrène les pays en voie de développement
[le tiers-mondisme reste vivace et la représentation qui est faite des pays du Sud en voie de développement, victimes du capitalisme occidental, est particulièrement biaisée et alarmiste]. Et, partout, le même constat : au prétexte de vouloir sauvegarder les intérêts de ses entreprises nationales, le pouvoir se protège. Les investigations sont freinées, voire stoppées. La convention OCDE, censée proscrire tout acte de corruption depuis 1997, est systématiquement contournée, via les paradis fiscaux, les comptes offshore. Fatalement, les enquêteurs anticorruption se retrouvent isolés, dans une position intenable, souvent dangereuse. Des exemples ?

En Angleterre, Tony Blair, alors premier ministre [travailliste], a voulu mettre fin à l'enquête sur les commissions versées par BAE, il a fallu que les tribunaux le contredisent. [...] En France, on renforce le secret-défense, cette arme fatale aux mains du pouvoir qui a permis, entre autres, de bloquer l'enquête sur les frégates de Taïwan, on envisage même de supprimer les juges d'instruction. En Afrique du Sud, l'unité d'élite traquant les crimes financiers a été purement et simplement dissoute. Il faut désormais être animé d'une volonté quasi suicidaire si l'on veut investiguer dans ce domaine.[...]

En cas de difficultés de l'un de ses membres [du Network], la Norvège utilise son entregent et ses énormes réserves financières pour lui apporter un soutien physique et moral. Quitte à permettre à un policier en détresse de se muer en politicien avisé.
[Eva Joly serait-elle missionnée par la Norvège et le Network ?]


[...] C'est aussi l'une des vertus de ce club très privé [fermé, voire secret: une "cellule, en quelque sorte, à laquelle le journaliste indépendant, intègre et objectif a le privilège rare d'accéder]. Trouver un regard ami, un esprit complice. Manuel Garrido va en avoir besoin, même si lui n'a pas été menacé physiquement. Le travail de sape fut plus insidieux. "Je vais probablement travailler dans une ONG, je ne peux pas aller dans le privé, je retrouverais tous les corrompus sur lesquels j'ai enquêté !", dit-il, de Buenos Aires. "On va le recaser, sa situation matérielle n'est pas menacée, déclare Eva Joly. Il a refusé de courber l'échine, ce n'est pas tolérable en Argentine. Mais aurait-il eu le courage de démissionner, si le Network ne lui offrait pas de garanties pour la suite ?"

La quarantaine, le rire tonitruant, Manuel Garrido dirigeait depuis cinq ans le bureau d'enquête sur les délits financiers dans l'administration argentine. Un job en or : 70 enquêteurs, 60 investigations en cours, l'assurance constitutionnelle de ne pas être remercié au premier coup de tabac... Et un champ d'action assez vaste : l'Argentine est classée 109e à l'indice de perception de la corruption établi par l'organisation Transparency International. Très vite, il expérimente les grands classiques de la profession : "Au début, on a essayé de me corrompre, j'étais furieux. Je me suis concentré sur l'essentiel : trouver les preuves."
Il s'acharne, ouvre des enquêtes, n'hésite pas à ferrailler avec le pouvoir. Il parvient à prouver que le gouvernement a trafiqué les chiffres de la pauvreté, pousse à la démission un ministre de l'économie, un responsable de la banque centrale, le chef de l'armée. "Nous ne sommes pas des héros, confie-t-il, nous n'avons pas à l'être, tout cela montre malheureusement la faiblesse des institutions."

Au début, pas de souci. Même si les condamnations ne sont pas nombreuses. "L'impunité, avoue-t-il, c'est le vrai problème de l'Argentine..." Mais vient un moment, fatalement, où l'on frôle de trop près le pouvoir. Où l'on touche aux intérêts haut placés. " Ils nous ont créés, explique Manuel Garrido, mais le jour où j'ai commencé à enquêter sur eux, les ennuis ont débuté." Eux, c'est le couple Kirchner. Nestor Kirchner, président argentin de 2003 à 2007, puis Cristina Kirchner, qui lui a succédé. Le frère du président est visé par une première enquête.

Au tour ensuite de M. Kirchner, qui, selon l'accusation, aurait, avec son ministre du plan, Julio de Vido, des hauts fonctionnaires et des hommes d'affaires, formé une "association illégale" en vue de commettre des malversations et de toucher des pots-de-vin.

Sont visés des contrats pétroliers, l'entreprise suédoise du bâtiment Skanska et le "scandale de la valise" (800 000 dollars ramenés du Venezuela par un homme d'affaires et saisis par la douane en août 2007). Cette somme aurait été destinée à la campagne présidentielle de Cristina Kirchner. Le procureur général argentin finit par s'irriter. Pour restreindre, au bout du compte, les pouvoirs d'enquête de son subordonné. M. Garrido tempête sur les plateaux de télévision, saisit le Congrès, mais rien n'y fait. Et, le 12 mars, il démissionne, las. Un autre prendra sa place. Et vivra les mêmes tourments.


VOIR et ENTENDRE un document hagiographique du Club des incorruptibles.
PaSiDupes présente un extrait (1/3) du film de Hege Dehli " Le Club des incorruptibles ", documentaire diffusé par ARTE, dans le cadre de la THEMA du 1/11/2011 " Halte à la corruption ! "
Les auteurs nous emmènent dans leur rencontre des membres du Network, ce réseau international d’entraide de magistrats fondé à l’initiative d’Eva Joly. Au péril de leur vie parfois, ils font de la lutte contre la corruption un objectif prioritaire.
[On comprend que ce document ne rend aucunement compte de l'idéologie anti-capitaliste qui sous-tend cette lutte.]



[Davet fabrique une mythologie du magistrat, héros de l'anti-corruption]

Prenez le procureur Fabio de Pasquale, 51 ans. Lui vit en Italie, à Milan. C'est la réincarnation [sic] moderne et judiciaire de Sisyphe, qui poussait inlassablement son rocher jusqu'en haut de la colline, pour le voir ensuite dégringoler la pente. Et il recommençait, inlassablement...

Le rocher de Fabio de Pasquale s'appelle Silvio Berlusconi, président du conseil italien. Il lui court après, le cerne, mais jamais ne le coince. Le procureur de Pasquale est un homme prudent. Il le faut, dans ce métier. Il était satisfait, le 17 février, quand le tribunal de Milan a condamné l'avocat britannique David Mills à quatre ans et six mois de prison pour faux témoignages en faveur de M. Berlusconi. Ce dernier était accusé d'avoir versé 600 000 dollars à M. Mills en échange de fausses déclarations en sa faveur. Le procès contre M. Berlusconi a été suspendu en 2008, à la suite du vote d'une loi accordant au "Cavaliere" l'immunité pénale, le temps de son mandat.
[Ce qui met les présidents démocratiquement élus hors de portée des extrémistes anti-républicains, qu'ils soient communistes, anarcho-révolutionnaires ou altermondialistes élus au Parnasse de Gérard Davet]

[...] Cette condamnation n'est donc qu'une demi-satisfaction. M. de Pasquale s'en contentera. Au Network, on l'apprécie pour son obstination. Comme Yara Soto, âgée de 28 ans quand elle a découvert ce qui allait devenir le plus gros scandale politico-financier du Costa Rica. " On a découvert par hasard en 2004 que le président du bureau de sécurité sociale s'était fait construire une maison à 650 000 euros. C'est une somme, chez nous. L'argent venait d'une compagnie finlandaise, qui avait signé pour plus de 35 millions d'euros de contrats avec le gouvernement..."
[Le PS n'est-il pas pourtant admiratif de la Finlande ?]

Deux ex-présidents costariciens avouent avoir perçu plusieurs centaines de milliers d'euros de commissions versés par Alcaltel, en échange de l'attribution de marchés.
[Les pays de l'Est ne sont jamais soumis aux investigations des héros de Davet: avaient-ils les mains propres ? Ce sera sans nul doute le sujet d'un prochain article. Et sans attendre 2012... Quant à la corruption du régime de Cuba, elle est vertueusement auto-censurée !]