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lundi 8 septembre 2014

Ségolène Royal face à un barrage dans le Tarn


Un nouveau Notre-Dame-des-Landes ?

Le projet de barrage est accueilli par cocktails Molotov et grève de la faim
 
Quatre-vingts cocktails Molotov lancés sur les forces de l'ordre. Trois personnes ont été interpellées aux abords du site où est prévue la construction du barrage de Sivens et où le gouvernement avait déployé cent gendarmes le mercredi 27 août 2014.

Deux collectifs gèrent la lutte contre le projet de barrage et la tension est remontée avec le retour mardi matin de plusieurs dizaines de manifestants sur le site du projet de barrage-réservoir d'1,5 million de m3 d'eau stockée qui doit être construit sur la zone humide du Testet, au pied de la forêt de Sivens, près de Lisle-sur-Tarn dans le nord-ouest du Tarn, par la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne (CACG). 

Ils ont appelé leurs sympathisants à venir dans les jours prochains pour bloquer le chantier de déboisement. 
Le collectif "Tant qu'il y aura des bouilles" tente d'occuper le site à la façon des opposants au projet d'aéroport Ayrault à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes. Les gendarmes ont expulsé ces militants du site qu'ils occupaient pour empêcher le début des travaux, mais ils ont immédiatement reconstruit à proximité un campement de fortune. "Dès 1969, ils voulaient déjà aménager une base de loisirs, ici, sans succès. Historiquement, c’est un coin rebelle, nous sommes à deux pas de Carmaux et de chez Jaurès !, expliquait déjà Erwan, punk écolo breton,  en novembre 2013.

Deux membres d'un autre collectif de riverains ont entamé une grève de la faim devant le siège du conseil général du Tarn à Albi depuis le 27 août 2014. 
"Un symbole pour nous, car nous sommes toujours sans réponse du Conseil général sur des questions concernant le projet de barrage de Sivens", a expliqué Ben Lefetey, porte-parole (ci-contre) du Collectif (2011) pour la sauvegarde de la zone humide du Testet (Tarn). "J'ai honte d'être Français en ce moment, lance cet altermondialiste internationaliste, car on n'écoute pas les citoyens. "Il faut qu'il y ait des violences pour être entendu. On se fout de notre gueule", a déploré Christian Pince, l'autre gréviste de la faim. Six autres membres du Collectif entrent en fait dans leur 11e jour de grève.



Ce projet de barrage hydraulique menacerait de disparition un réservoir de biodiversité de 13 hectares. 

B. Lefetey et Joseph Bové
Les partisans du barrage, parmi lesquels la FDSEA, le défendent comme une nécessité pour sécuriser l'approvisionnement en eau des agriculteurs. On aura donc compris que le projet est combattu par  la Confédération paysanne.

Ses adversaires dénoncent le modèle d'agriculture irriguée. Ils s'opposent à la disparition d'une zone humide boisée qui abrite 94 espèces protégées, et cela, bien que la préfecture du Tarn ait insisté à plusieurs reprises sur le caractère exemplaire du projet en matière environnementale.
En février, l'eurodéputé écologiste José Bové avait demandé un moratoire. "Je suis là pour apporter mon soutien très clair" aux opposants au projet de barrage à Lisle-sur-Tarn, a déclaré Joseph Bové devant le Conseil général, maître d'ouvrage du projet, où s'étaient rassemblés fin août une quarantaine d'opposants. 
"L'État doit mettre en place un médiateur", a-t-il ajouté, qualifiant le projet de barrage de "non sens écologique et agricole". "Il faut un moratoire" sur sa mise en oeuvre", a répété Bové. "On va saisir le ministère de l'Écologie", a annoncé le militant altermondialiste.

Du côté de la préfecture, 
 Hervé Tourmente le secrétaire généraldéfend un projet "d'utilité publique qui a suivi tout le cursus réglementaire. Les 13 hectares de zones humides qui seront noyés seront reconstitués sur 19 hectares et un strict suivi des espèces sera opéré". Alors qu'un parking et des travaux de terrassement ont déjà été entrepris, la préfecture estimait que "cette opposition ne remet pas en cause le projet". Elle défendait alors "une position de fermeté pour assurer la sécurité des personnes qui vont travailler sur place. Quand on nous jette des cocktails molotov la position n'est plus au dialogue". 

Ségolène Royal veut revoir la copie du barrage

Tandis qu'une importante manifestation se déroulait le 7 septembre contre le barrage de Sivens, pour la première fois, la ministre de l'Environnement a demandé au Conseil général de revoir un peu sa copie, cédant ainsi à 15 jours d'affrontements entre forces de l'ordre et opposants sur le site. 
"Je demande à ce  que le Conseil général du Tarn vérifie que les conditions que le ministère met sur les retenues de substitution soient remplies. Les instructions du ministère sont d'encourager les retenues de substitution à condition de ne pas encourager l'agriculture intensive, a-t-elle rappelé. L'eau est un bien précieux et rare qui doit faciliter l'agriculture, mais pas pour que certains pratiquent l'agriculture intensive dans des grandes exploitations en s'appropriant un investissement public." 

Après cette déclaration marxisante hautement clivante, elle a néanmoins insisté pour que "le dialogue puisse se renouer avec les associations" (sic) et à voir si "on peut améliorer l'ouvrage et l'usage de l'ouvrage".
Cette intervention de la ministre de l'écologie était attendue des altermondialistes depuis plusieurs jours. Hier, dans la soirée, la préfecture n'avait reçu aucune consigne particulière et renvoyait vers le Conseil général. Or, jusqu'à présent, son président, Thierry Carcenac, avait répondu négativement à toute demande de moratoire. Mais les propos de la ministre demandant des vérifications et souhaitant l'amélioration de l'ouvrage et de son utilisation sonnent comme un appel à stopper les travaux.

Hier, près d'un millier de personnes réunies sur le site de la zone humide autour des collectifs anti-barrage et des élus opposés au projet,  ont pu juger de l'avancée du déboisement qui a déjà grandement impacté la zone humide. Nombre de participants à ce pique-nique étaient venus chercher des réponses à leurs interrogations sur la pertinence du projet. Au centre des questionnements, le débat sur la préservation des milieux naturels, certes, mais aussi sur deux modèles d'agriculture.
Le représentant national de la Confédération paysanne a tenu à marquer son soutien aux anti-barrage et son refus d'un projet «destiné à de l'agriculture intensive qui détruit les sols, l'eau, les forêts.»
Le député européen EELV, José Bové y est aussi allé de son attaque sur le modèle agricole dominant : "Aujourd'hui, cette région, avec le réchauffement climatique est rentrée dans les zones de climat méditerranéen. Cela veut dire que le maïs n'a pas d'avenir dans ce pays. S'obstiner à vouloir que le terrain se plie au modèle industriel plutôt que d'adapter l'agriculture à l'environnement, c'est le problème qui se pose ici."
L'écologiste radical a accueilli favorablement la prise de position de la ministre de l'Écologie. Ségolène Royal continue ainsi de pencher, comme en Poitou-Charentes, du côté de la Confédération paysanne (gauche écologiste). Il a vu dans les déclarations de Ségolène Royal une demande de "réévaluation du projet". En conséquence, le "démonteur" de McDo et faucheur de maïs estime que «ce lundi, les bulldozers ne peuvent pas entrer en action». Reste donc à attendre la décision du conseil général du Tarn.

Ce matin, le chantier de déboisement doit redémarrer après un week-end de pause. Les bûcherons sont censés revenir sur le site avec leurs engins pour le déboisement, escortés de gendarmes mobiles. 

dimanche 15 juin 2014

Les altermondialistes spéculent et perdent des millions

Greenpeace a perdu près de 4 millions d’euros

Un salarié à l'aise avec l'argent de l'ONG Greenpeace a spéculé sur les dons et subventions 

Le militant Verts a fait perdre à l'organisation supranationale  3,8 millions d’euros sur le marché des taux de change. Elle présente ses excuses aux généreux donateurs et contribuables...

Pour rassurer ses victimes, l’organisation écologiste a très vite communiqué pour couper court à toute éventuelle comparaison avec la fameuse affaire Kerviel, du nom du trader soutenu par le Front de Gauche. Même si la somme perdue est sans commune mesure avec les pertes colossales occasionnées à la Société générale, elles auraient pu servir à indemniser quelques milliers de défavorisés de la gauche présidentielle..

Greenpeace a commencé au début des années 70 comme opposante aux essais nucléaires aux États-Unis et se fit connaître en 1985 avec l'affaire du Rainbow Warrior, bateau de l'ONG en lutte contre les essais français et coulé par les services secrets français de F. Mitterrand, avec la participation de Gérard Royal, frère de Marie-Ségolène. L'organisation supranationale a depuis élargi le spectre de son activisme à la protection de l'environnement.

C'est ma faute, ma très grande faute

Selon Mike Townsley, le directeur de communication de l'ONG activiste, cet employé a outrepassé ses fonctions, comme Kerviel. Il a conclu un contrat, sans le feu vert de sa direction. Le contrat en question a été signé avec une société spécialisée dans les taux de change, elle achète des devises à des taux fixes.
 
Une pratique habituelle chez Greenpeace que les écologistes anti-libéraux justifient:
"C’est courant pour des organisations comme la nôtre, qui ont des antennes dans de nombreux pays, banalise le beau-parleur. Sans cela nous serions trop exposés aux fluctuations et nous risquerions de perdre beaucoup d'argent." [sic]
Si encore ils ne pratiquent pas les paradis fiscaux... Ce que les juges devront déterminer !

C'est pourtant ce qui est arrivé et Greenpeace parle d'une "grave erreur de jugement" de son employé, qui a perdu son emploi depuis cette affaire ! On est social, mais
s'il faut un bouc émissaire, on est un patron sans états d'âme, d'autant qu'a priori, il n'y aurait pas de volonté d'enrichissement personnel.

Les donateurs écolos seront-ils aussi indignés que par la Ligue contre le cancer ?

Le précédent d'une autre Organisation Non Gouvernementale,
L'Association pour la recherche sur le cancer (ARC) était une association française reconnue d'utilité publique depuis 1920 dans le financement de la recherche. En 1988, sous la présidence de F. Mitterrand, l'association et son président Jacques Crozemarie furent poursuivis pour affectation partiale des dons pour la recherche. En juin 2000, Crozemarie, un franc-maçon, fut reconnu coupable d'abus de confiance et d'abus de biens sociaux et fut condamné à quatre ans de prison ferme, 2,5 millions de francs d'amende, et 200 millions de francs de dommages et intérêts à verser à l'ARC et ses donateurs.

Greenpeace a perdu 3,8 millions sur un budget annuel de 300 millions d'euros. La perte, dit l'organisation, va "être étalée sur deux ou trois ans" par le biais d'économies sur les investissements ou sur les dépenses dans les infrastructures mais il n'est pas question de rogner sur "les budgets des campagnes déjà prévues". 
Une politique qui évoque furieusement celle de Hollande sur les déficits publics...

L'organisation a promis aux donateurs que tout serait fait pour que "cela ne se reproduise pas"... 

vendredi 13 juin 2014

Aymeric Caron: Laurent Ruquier réagit fermement à son totalitarisme

Aymeric Caron fait-il le jeu du FN ? 

L'extrême gauche antifasciste stimule l'extrême droite 
Clash entre le chroniqueur terroriste, le journaliste invité et l'animateur-producteur d'On n'est pas couché (ONPC), le 07 juin 2014.

Aymeric Caron ne se contrôle plus et Ruquier lui claque le beignet. Se dressant contre 20% d'électeurs français qui ont préféré le FN à l'extrême gauche qu'il incarne dans l'émission de Laurent Ruquier, ONPC, sur France 2, le chroniqueur parisien de l'altermondialisme sectaire suscite les vives réactions du journaliste Jean-François Kahn venu défendre son livre, "Marine Le Pen vous dit merci !",  le 7 juin 2014.

VOIR et ENTENDRE les modérés tenter d'expliquer à l'hargneux totalitaire que son acharnement aveugle est contre-productif
La haine triomphante de Caron et de son cercle terroriste antifa finirait-elle par interpeller la gauche? 

 

mardi 25 février 2014

Aéroport Ayrault: Juppé dénonce le soutien "indigne" de Duflot aux émeutiers écologistes de Nantes

Juppé qualifie de "farce" le positionnement politique des écologistes 

Le maire UMP de Bordeaux et ancien Premier ministre, Alain Juppé, a jugé " indigne" le soutien de la ministre écologiste de Hollande, Cécile Duflot, 
L'extrême gauche révolutionnaire
bat le pavé librement et l'arrache à Nantes
aux manifestants opposés au projet d'aéroport Ayrault à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Interrogée ce samedi 22 février par Le Monde sur son soutien aux opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-Des Landes, Cécile Duflot a admis être "de cœur" avec les manifestants et "ils le savent". "Ma contestation de ce projet est ancienne, notre participation à la majorité n'y change rien. Le sujet n'est pas politicien, c'est un moyen de débattre de la transition énergétique dans un moment où l'on a du mal à trouver des fonds pour investir", martèle l'ancienne secrétaire nationale d'Europe Ecologie-les Verts (EELV).


56% des Français sont opposés
à la construction de l'aéroport
"Si Les Verts avaient un minimum de sens des responsabilités, cela fait longtemps qu'ils auraient quitté le gouvernement. Mais voilà, c'est pas grave d'être ministre", a raillé l'ancien Premier ministre.

La position de Cécile Duflot "est courageuse", assure sur RTL l'altermondialiste José Bové, (lien audio) eurodéputé EELV et lui-même ancien casseur de McDo et destructeur de champ de maïs.close
Juppé qualifie de "farce" la position d'EELV au sein du gouvernement

"On n'a jamais vu une situation comme celle que nous vivons aujourd'hui : un ministre en exercice se permet d'aller soutenir une manifestation hostile à un projet de son Premier ministre, a déclaré Alain Juppé ce lundi 24 février lors d'un point de presse, peu avant une réunion du conseil municipal de Bordeaux. Ce soutien a pris la forme d’un entretien de Cécile Duflot au journal socialiste Le Monde.

vendredi 14 février 2014

Bové refuse de mettre de l'eau dans son gaz de schiste

"Montebourg et Fabius font les malins," raille ce proche des ministres Duflot et Canfin

Les prises de positions des ministres Arnaud Montebourg puis Laurent Fabius en faveur de l'exploitation gaz de schiste ulcèrent José Bové.
Qu'a-t-il fait du marteau?
"Si quelqu'un est en train de franchir la ligne rouge, c'est à la fois monsieur Montebourg et monsieur Fabius", s'agace le député européen EELV, invité vendredi de Décideurs Politiques. Si peu sectaire soit-il, l'ancien leader altermondialiste dit ne "pas comprendre leur raisonnement".

"J'ai l'impression qu'ils sont en train de fantasmer"

"Et ça me rappelle très furieusement Valéry Giscard d'Estaing quand il cherchait des avions renifleurs;
c'est une théorie qui n'existe pas. Il n'y a pas de fracturation propre", a-t-il décrété: ni aujourd'hui, ni jamais. Décidément tout est rumeur à gauche: de même que la pédagogie de l'indifférenciation des sexes dans les maternelles est une "rumeur", selon Peillon, de même une exploitation "imaginaire "du gaz de schiste respectueuse de l'environnement est donc une théorie "irrationelle", comme dirait Marisol Touraine.

VOIR et ENTENDRE l' "ex-casseur Joseph (comme Staline) dit José Bové, actuel eurodéputé altermondialiste d'Europe écologie-les Verts (EELV) répondre aux questions de Bruno Jeudy pour le JDD, ce 14 février 2014: 
  
Le candidat à sa réélection au Parlement de Strasbourg veut croire 
On n'avait jamais tant vu Bové au travail
des champs qu'en 2004, avec Mamère
que "cette petite musique" n'est pas celle de l'exécutif: "Il y en a deux qui font les malins, c'est leur problème mais ça n'est pas eux qui tiennent la ligne pour l'instant," a polémiqué le ringard, pour se démarquer de ses alliés au gouvernement, le temps d'une élection.
2008: Jojo Bové,
spécialiste des causes perdues
Sa proximité avec le PS pourrait lui coûter son siège à Strasbourg et le risque de perte d'une telle sinécure vaut bien un petit coup de gueule.

lundi 21 octobre 2013

EDF relance le nucléaire au Royaume-Uni

Une entreprise française -publique à 84.48%- délocalise le nucléaire...

Silence dans les rangs  de l'écologie radicale


La centrale nucléaire de Hinkley Point, 
dans le sud-ouest du Royaume-Uni
Le géant français de l'électricité a officialisé l'accord avec le gouvernement britannique portant sur la construction de deux réacteurs de type EPR au Royaume-Uni. Un investissement chiffré à 18,9 milliards d'euros dont se félicite EDF. 
De l'autre côté de la Manche, des doutes sont émis quant à sa capacité à rentrer dans les temps et dans les budgets. 

EDF construira  deux EPR, le puissant réacteur nucléaire de 3ème génération, au Royaume-Uni. 

L'accord officiel de principe entre David Cameron et Nicolas Sarkozy de mars 2012 arrive  à la mise en oeuvre. 
S'il était attendu, l'accord entre EDF et Londres était pendant un long moment bloqué par certains verrous financiers et politiques, liés notamment à l'arrivée de la gauche socialo-écolo. 
Il faut dire que de l'autre côté de la Manche, on s'inquiétait des déboires d'EDF lors de la construction de l'EPR de Flamanville : la propagande altermondialiste mettait en doute la capacité d'EDF à construire un réacteur similaire en Grande-Bretagne, en rentrant dans les délais et dans les budgets. 

En coopération avec Areva et deux groupes nucléaires chinois

Le géant français de l'électricité va donc construire deux EPR sur le site nucléaire d'Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le consortium sera piloté par EDF, mais il inclut également deux groupes nucléaires chinois, CGN et CNNC, qui détiendraient à eux deux 45% à 50% du projet, et aussi Areva, qui en détient 10%. 

Initialement, c'est l'entreprise Centrica qui devait se partager les coûts avec EDF, mais
l'envolée du prix de construction de l'EPR de Flamanville, ainsi que celui que construit actuellement EDF en Finlande, a fini de convaincre Centrica de se retirer, en janvier.  

Finalement,
EDF s'est donc retrouvée à négocier avec deux entreprises chinoises qu'elle connaît bien. Le groupe nucléaire français collabore depuis trente ans avec CGN, et depuis 2009, ils construisent ensemble deux EPR à Taishan, en Chine.

Les derniers verrous financiers ont sauté


Bouygues TP et Laing O’Rourke
devraient réaliser la partie génie civil
de la centrale nucléaire Hinkley Point C
 
Dans les clous depuis longtemps, l'accord a trouvé le moyen du déblocage financier. Le gouvernement britannique souhaitait avoir toutes les garanties possibles, au vu de l'énormité de l'investissement (14,5 milliards de livres, soit 16,5 milliards d'euros). D'où la présence des groupes chinois. 

Pour sa part, EDF souhaitait un prix garanti de vente de l'électricité nucléaire. Plus faible que le coût souhaité par le géant du nucléaire français, Londres devrait tout de même assurer un prix garanti de l'électricité entre 89,50 et 92,5 livres par mégawatt/heure. Un accord de ce type est appelé "contract for difference" : il implique que si le prix sur le marché de gros est inférieur à ce niveau, c'est l'électricien qui touchera la différence; s'il est supérieur, il reversera le bénéfice. A l'heure actuelle, le prix fixé est deux fois supérieur au prix de gros actuellement pratiqué outre-Manche. 

Il apparaît que David Cameron n'avait pas vraiment le choix : son parc nucléaire vieillissant le pressait de bouger. Autre requête d'EDF : déterminer la durée de cette garantie de prix. EDF voulait que ce prix garanti dure 40 ans. Le groupe en aura finalement obtenu 35. 

Un chantier d'une importance considérable

Un accord de ce type doit encore être validé par la Commission européenne. Mais ces détails très techniques n'occulteront pas l'essentiel : l'accord entre EDF et le gouvernement anglais est un événement marquant dans le contexte actuel. 

Plus de
deux ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le nucléaire reprend donc sa marche en avant. En Grande-Bretagne, c'est le premier EPR construit depuis celui de Sizewell B en 1995. 

Cet accord avec EDF vient par ailleurs renforcer l'importance du groupe français de l'autre côté de la Manche, où EDF est déjà le n°1 en terme d'énergie depuis qu'il a racheté un groupe nucléaire anglais.

L'accord est censé être gagnant pour toutes les parties : EDF, qui renforce sa position, le Royaume-Uni, premier marché nucléaire en Europe, mais aussi la Chine, où l'on construit actuellement 35 réacteurs de technologies de toutes provenances, ce qui correspond à la moitié des réacteurs bâtis dans le monde.
25.000 emplois pour la Grande-Bretagne

La France ne s'y est pas trompée, l'Elysée publiant ce matin un communiqué dans lequel elle se félicitait de l'accord avec le Royaume-Uni. 

Outre-Manche, le gouvernement britannique était lui aussi ravi de la décision. "Cet accord représente 16 milliards de livres d'investissements futurs pour la Grande-Bretagne et la création de 25.000 emplois, soit d'excellentes nouvelles pour la région du Sud-ouest et pour le pays tout entier", a souligné le premier ministre britannique David Cameron, cité dans un communiqué d'EDF.

"Pour la première fois, une centrale nucléaire dans ce pays n'aura pas été construite avec l'argent du contribuable britannique. Cela nous permettra de renforcer et sécuriser notre modèle énergétique, grâce à une source d'électricité sûre, fiable et produite sur notre territoire", a abondé le ministre britannique de l'Energie, Ed Davey. 
Demande d'électricité au Royaume-Uni, à 7% nucléaire

De son côté, le PDG d'EDF, Henri Proglio, a souligné lors d'une téléconférence qu'il s'agit d'un "moment clef dans l'histoire d'EDF", dans le prolongement du rachat de l'exploitant du parc nucléaire britannique British Energy qui a fait du groupe français le 1er producteur d'électricité outre-Manche. "Cela va contribuer à définir le paysage énergétique de demain, basé sur des sources faiblement émettrices de CO2", a-t-il mis en avant.

Les deux EPR de Hinkley Point C devraient à eux seuls couvrir jusqu'à 7% de la demande d'électricité au Royaume-Uni. Leur construction permettra de compenser l'arrêt prévu dans les dix ans d'une série de centrales électriques au charbon et de réacteurs en fin de vie. 
De plus, ils devraient aider Londres à remplir ses ambitieux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

dimanche 5 août 2012

Le sénateur J.-V. Placé flingue Sa Grâce Montebourg

Montebourg inquiète la majorité de Hollande


L'écolo radical met
Montebourg minable




Jean-Vincent Placé a descendu en flèche Arnaud Montebourg, l'agité en charge du "Redressement productif".


"Je ne suis pas convaincu par le style de M. Montebourg. Quelque part, il m'inquiète parce qu'il fait la tournée des entreprises en disant: je vais résoudre les problèmes par la volonté et le verbe", a observé le président du groupe EELV (altermondialiste) au Sénat,  sur BFMTV-RMC le 2 août 2012.
"Je ne veux pas jeter la pierre à telle ou telle façon de communiquer de tel ou tel ministre, mais dire aux industries françaises: 'restons entre nous, protégeons-nous', cela ne va pas marcher", a poursuivi Jean-Vincent Placé, selon qui "les discours des responsables français commencent à avoir une porosité très forte avec ceux du FN sur les questions d'immigration, mais aussi sur la question d'une forme de protectionnisme national".


"On a l'impression qu'il est encore dans l'opposition parfois"
Le sénateur EELV a pourtant salué "les avancées" du plan automobile présenté par Arnaud Montebourg le 25 juillet, avant d'en rajouter une couche: "Mais aller raconter qu'avec un plan comme ça on va résoudre les problèmes de l'automobile, il faut faire attention à ne pas raconter n'importe quoi."
Le gouvernement PS sacrifie notre emploi au pays d'origine de sa porte-parole franco-marocaine
Le sénateur a aussi commis un crime de lèse-majesté à l'encontre de Sa Grâce Montebourg à propos de son intention déclarée mardi 31 juillet à l'Assemblée de revoir l'attribution du marché du centre d'appels du STIF (Syndicat des transports d'Ile-de-France) remporté par un prestataire implanté au Maroc avec l'approbation de Jean-Paul Huchon  (PS) qui préside la Région. "La réponse n'est pas de revenir là-dessus, mais de revoir ce qui est possible ponctuellement sur ce sujet, et il faut changer le code des marchés", avec des "normes sociales et environnementales", a déclaré l'écologiste radical. 
L'altermondialiste a encore exprimé sa condamnation de l'accusateur public, Arnaud Montebourg: "On a l'impression qu'il est encore dans l'opposition parfois".
Confusion gouvernementale sur le gaz de schiste
Montebourg n'est pas le seul défaut de Hollande et Zayrault
"Les réponses de Mme Batho [la ministre socialiste de l'Ecologie] me vont très très bien; Jean-Marc Ayrault a été très clair, et c'est pour cela que je ne comprends pas que M. Montebourg dit qu'il veut rouvrir le débat, alors que Mme Batho dit qu'il est clos".
VOIR et ENTENDRE l'intervention contestataire du sénateur sur BFMTV:

Cliquer sur "Voir et entendre" pour accéder à cette 'longue' video.

lundi 13 février 2012

Gro-Eva Joly va se faire voir chez les activistes Grecs

L'agitation anarcho-communiste grecque la motive plus que la présidentielle


L'altermondialiste que la fumée et les violences attirent...




A Athènes, la candidate altermondialiste ira prochainement à la rencontre des activistes d'extrême-gauche.

Une façon de s'opposer à la Troïka FMI-BCE-UE, qui demande de la rigueur à tous par la faute des fraudeurs.
Cécile Duflot, qui ne veut pas se faire éclipser, joue les porte-parole et annonce que l'internationaliste Eva Joly, candidate bi-nationale à l'élection présidentielle pour Europe Écologie-Les Verts, pourrait tenter de faire parler d'elle en Europe.

Un pays latin, à l'évidence
La Grèce, qui sort de la période socialiste avec Papandréou
et vit sous perfusion depuis bientôt deux ans, enchaîne les programmes d'austérité en rechignant: il ne veulent pas assumer leurs manquements à la solidarité. La croissance est gelée, l'opinion publique maugrée et les députés socialistes crée des difficultés au gouvernement de coalition.

La nuit de lundi à mardi a été marquée par le vote d'un énième plan, qui prévoit une baisse de 22 % du salaire minimum, la suppression de 15.000 postes de fonctionnaires, ainsi que la baise des retraites et des remboursements de médicaments. Ce vote positif devrait permettre de débloquer 130 milliards d'euros de prêts accordés par l'Union Européenne ainsi que l'effacement d'une partie de la dette publique. L'opinion publique renacle et l'extrême gauche l'incite à descendre dans la rue. Pendant que les débats faisaient rage dans l'enceinte du Parlement, des activistes anarcho-révolutionnaires tentent de mobiliser la population d'Athènes qui voit la guerre civile s'installer peu à peu. Pour améliorer la situation, des manifestants ont saccagé un grand nombre de devantures d'hôtels et mis le feu à une quarantaine de bâtiments publics.


Gro-Eva Joly veut grossir le nombre des activistes


Inaudible en France, elle aimerait se faire entendre dans le chaos

C'est pour envenimer la situation que la septuagénaire veut se rendre en Grèce.
" La résolution de la crise ne peut pas passer par l'appauvrissement du peuple ", lance l'ancienne magistrate sur son son compte twitter (@evajoly). Une façon également de se démarquer des autres candidats à la présidentielle, qui ne prétendent pas opposer à la crise la facilité et la démagogie.
Eva Joly rêve de solidarité. " La population n'a pas à payer, l'Europe doit être solidaire ", martèle-t-elle, suggérant que les Français sont des égoïstes. Elle a de meilleurs solutions : " lutte contre la fraude, réduction du budget militaire et plan européen d'investissement ".
Elle ne préconise aucun moyen d'y parvenir !
Mais elle a des frais de campagne extensibles...


lundi 14 novembre 2011

La gauche travaille à la démobilisation des Français

La catastrophe serait un passage obligé !

Edgar Morin: " Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe "

Pour certains, agir, c'est s'opposer

"Que faire dans cette période de crise aiguë ? S’indigner, certes. Mais surtout agir ", écrit TerraEco qui, pour étayer sa thèse, se tourne vers un exclu du Parti communiste (1951). A 90 ans, le philosophe et sociologue Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, n'est pas trop vieux (1921) -exceptionnellement- en effet, en dépit des critères de Nono Montebourg. Quand on n'a plus rien à faire ni à perdre, à l'instar également de Stéphane Hessel, que de prendre chaque matin le 'vent de la révolte', le secret de la jeunesse, c'est d'initier les jeunes aux plaisirs de cette révolte, quels que soient les risques encourus par les citoyens vigilants, les 'désobéisseurs' et les Indignés manipulés, d'Espagne, du Proche Orient récemment, et d'ailleurs.
Ils sont même parfois membres actifs d'association pacifistes, tel le fonds associatif Non-Violence XXI (2001), comme c'est le cas pour Françoise Héritier, Bernard Clavel (mort en 2010) ou S. Hessel. Ainsi en est-il aussi de l'universaliste Morin qui fait appel à " une prise de conscience de la communauté du destin terrestre " et incite à résister au diktat de l’urgence. Vaste champs d'opération, au même titre que l'indignation attrape-tout, banale et dépréciée ! L’espoir est à portée de main, assure-t-il. Mais l'espoir de quoi ?

E. Morin répond aux questions de ce media

Fondé sur un réseau de quelque 40 correspondants, dont beaucoup d'anciens du quotidien Libération, son approche environnementaliste et sociale est préoccupée des grands enjeux économiques et du développement durable. Super !

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?
La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ? (la machine à vapeur ?)
Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve " après la pluie ". Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil [et le réchauffement climatique ?] Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ? En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : " La voiture nous ralentit beaucoup. " Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?
Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?
Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. [dans le meilleur des cas, que ne connaissent pas les veuves et les personnes seules] Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. [parole de sociologue nanti, mais ce dont rêvent les défavorisés] Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. [On peut donc interrompre ici la lecture de ces pensées profondes] C’est le sens du mouvement 'slow food' dont est née l’idée de " slow life ", de " slow time " et même de " slow science ".
Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un " grand " article dans une " grande " revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. [les 'artistes' de la 'star academy' connaissent-ils ce problème ?] Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme [yogisme ?], par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue 'Le droit à la paresse' (qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

Pourquoi ?
Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. [Que dire donc de la transmission des connaissances et de la formation ?] En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages [divinatoires !] qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ? [L'idée est réflexe dans certains esprits : puisqu'il faut désigner au peuple des coupables, Morin aurait pu nous faire gagner encore davantage de temps de réflexion et stigmatiser la banque directement !]
Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? [Et la pesanteur !...] Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. [Vade retro satanas!] Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. [Au fait, le stakhanovisme, c'est quoi ? 102 tonnes de charbon extrait en six heures...et deux Ordres de Lénine remis par Staline !] Par la soif incessante de " nouveau " qu’il promeut grâce à la publicité…

Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ?
Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.

On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière…
Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. [L'aide alimentaire européenne a néanmoins besoin de la PAC et, sans elle et sa bonne santé, les associations ne sont pas grand chose...] Elle [l'économie sociale soutenue par les états capitalistes et l'Europe, tant qu'ils le peuvent encore] incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique (bien qu'elles soient ignorées d'une "grande partie de l’opinion"] que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. [le 'discount' et le 'low cost' n'entrent pas dans le raisonement du nonagénaire] Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. [mais, en " répercutant un prix maximum sur le consommateur", ne court-circuitent pas grand chose] Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde [à la différence du marxisme], mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.

Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse…
Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

Par obsession, vous entendez croissance ?
Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

Décélération signifierait décroissance ?
Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?
Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

Le politique n’est-il pas tout de même censé " prendre le temps de la réflexion " ?
On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de " U " pour " urgent ". Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les " TTU ". Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.

Michel Rocard déplorait il y a peu pour " Terra eco " la disparition de la vision à long terme…

Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le " long terme ", je l’intitule " problème de fond ", " question vitale ". Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?

Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre. Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ? Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.

La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel…
Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?
Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse
Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?
Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

Nous sommes déjà dans un processus de réformes…
Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires. Vous appelez cette démarche " le bien-vivre ". L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez. L’idéal de la société occidentale – " bien-être " – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. [Mais c'est pourtant la proposition d'une "société du bien-être" que Martine Aubry nous proposait à la veille des primaires du PS...] Et bien que ce mot " bien-être " soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de " bien-vivre ", reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression " bien vivir " est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est " actif " dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre.
Si vous avez tenu le coup jusqu'au dernier mot, bravo !
Sachons que le socialiste Hollande, comme Aubry, prend ses modèles en Amérique latine et ses sources auprès de la très marxisante "théologie de la libération" et de ce penseur fulgurant...