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mercredi 8 novembre 2017

Hulot fait marche arrière sur le nucléaire

Le ministre d'Etat de Macron assure qu'il "ne recule pas"...

L
es écologistes accusent le ministre de l'écologie de céder au lobby du nucléaire

La sécurité nucléaire française globalement satisfaisante, dit l'ASN
Nicolas Hulot a défendu mercredi sa décision de reporter à 2030 - ou "au plus tard" -  à 2035 l'objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité française.
Il a annoncé mardi qu‘il faudra reporter l‘objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production à 2035 au plus tard plutôt qu'en 2025 comme le prévoyait la loi de transition énergétique de 2015, sous peine d'accroissement des émissions polluantes. 
Cette décision a été critiquée par les écologistes, qui voient là des “signes de faiblesse” de la part du ministre. "Certains ont dit: 'Hulot, il a reculé sur le nucléaire. Pas du tout, on va avancer", a assuré, à Jean-Jacques Bourdin, le ministre de la Transition écologique, sur RMC. 

"Il remet en question la loi de Transition énergétique en reportant l’échéance de 2025, sans donner de précision", a regretté Alix Mazounie, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France “Nicolas Hulot se doit d’être le rempart des lobbies du pétrole et du nucléaire,” a-t-elle insisté, après avoir énoncé une contre-vérité : le ministre a en effet expliqué qu'il est impossible de fermer des centrales (entre 17 et 25) avant que soient opérationnels des moyens de production d'énergie alternative qui soient décarbonés et non polluants.   

"Dans cette affaire il y a avant tout un problème de volonté politique", a accusé David Cormand, le secrétaire national d‘Europe Ecologie-Les Verts (EELV) sur RFI. "Moi, je pense qu‘il y a une ligne rouge qui a été franchie."

Pour le parti écologiste, ce report pose notamment des problèmes de sécurité.
"En 2030, sur les 58 réacteurs nucléaires, il y en aura 48 qui auront plus de 40 ans. Si on repousse l’échéance à 2030, c'est la quasi totalité de notre parc nucléaire qui sera au-delà de sa date de péremption", a dit David Cormand.
"Il y a une responsabilité, non seulement au titre de la transition énergétique, mais aussi pour des raisons de sécurité de passer rapidement à autre chose."

Nicolas Hulot avance à un pas de sénateur

Pour le ministre de la Transition écologique, "si on ne veut pas perdre de la crédibilité sur l‘ensemble de notre stratégie énergétique, ce qui est plus important, (...) c‘est de regarder la faisabilité, de planifier les choses et pas simplement se poser des totems”.

Il a justifié sa décision en indiquant que la cible de 2025 est "inatteignable" sans un dérapage sur les autres objectifs climatiques du pays.
Il se donne donc un an pour élaborer un calendrier précis de fermeture des centrales - entre "17 et 25 réacteurs - qui permettront d‘atteindre ce nouvel objectif."

"On va le planifier sur une échelle de temps qui va permettre que socialement ce soit acceptable, que ça ne nous mette pas dans une situation de rupture d‘approvisionnement", a fait valoir Nicolas Hulot. "On va faire les choses avec une grande rationalité et pas simplement dans le symbole."

Il a assuré que la centrale de Fessenheim sera bien fermée avant 2022. "On va en profiter pour en faire un cas d’école, pour que les choses se fassent le mieux possible pour les salariés et les territoires”, a-t-il insisté, face aux critiques de ses camarades écologistes en surchauffe.

L'ASN réserve son avis pour 2020-2021

Les députés de la commission du Développement durable ont auditionné mercredi des responsables l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), EDF et Greenpeace France (ONG illégitime) sur la sûreté des centrales nucléaires.

Le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet, a annoncé que l'autorité rendra en 2020-2021 son avis définitif sur une éventuelle extension de la durée d‘activité des réacteurs nucléaires d'EDF au-delà des 40 années prévues.
Cet avis sera rendu après une recommandation de l‘ASN prévue en 2020 et qui sera suivie d'un débat public, a-t-il précisé.
Greenpeace France - bien qu'organisation supranationale - estime pour sa part que ce n'est ni à l'ASN, ni à EDF de prendre des décisions sur la fermeture des réacteurs nucléaires.
"Si on continue (...) à ne rien faire, vous aurez le prochain ministre de l’Environnement du quinquennat suivant qui dira qu’il faut reporter la date", a soupçonné, devant les députés, Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour l‘organisation environnementale. "S’il n’y pas de décision maintenant sur les réacteurs à fermer, il n’y a aucune chance d’un développement du renouvelable en France", a-t-il grondé.

EDF, le géant du nucléaire français, a pris notes des annonces du gouvernement.
"Nous serons contributeurs à ce travail comme toutes les parties prenantes, mais encore une fois, la politique en matière énergétique de ce pays, c'est le gouvernement qui la définit, pas EDF", a rappelé Dominique Minière, directeur exécutif d‘EDF, lui aussi auditionné par la commission.
Est-ce Greenpeace ?br>

mercredi 12 juillet 2017

Les prises d'intérêts privées du ministre Nicolas Hulot révélées

Les raisons pourquoi Hulot préférait n'entrer dans aucun gouvernement

Nicolas Hulot a tiré de larges rémunérations de sa fondation et d’une entreprise, révèle 
Le Canard Enchaîné le mercredi 5 juillet

Les révélations se multiplient sur les ministres du gouvernement Édouard Philippe.
 

Ainsi, quatre d’entre eux ont déjà dû démissionner – Richard Ferrand, Sylvie Goulard, François Bayrou et Marielle de Sarnez – après des soupçons dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem et dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, pour Ferrand. 

Muriel Pénicaud est également accusée de ne pas avoir respecté des règles de mise en concurrence au profit du candidat Macron en campagne à Las Vegas, quand elle était en charge de l’organisme public Business France. 

Le cinquième à concentrer 
les soupçons sur sa personne est désormais Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique. 

La Fondation Hulot tourne à plein régime 

Révélations sur des profits embarrassants pour le ministre Nicolas Hulot Selon les informations du Canard Enchaîné, la Fondation Nicolas Hulot est une juteuse pompe à fric: elle a reçu des gros chèques depuis plusieurs années. Audrey Pulvar, qui a eu vent des profits à en tirer, a volontiers pris la succession du ministre lorsque la fondation fut rebaptisée "Fondation pour la nature et l’homme". 

Ainsi, EDF a versé 460.000 euros à la fondation jusqu’en 2012 – et 100.000 depuis. 
Malgré les délais supplémentaires pris par le Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Politique, Hulot est passé au travers des mailles, sauf si les supposés contrôles de moralité ont été une fumisterie pour permettre au président de constituer une équipe gouvernementale. Et le président Macron en a fait un ministre d'Etat et un second dans l'ordre protocolaire gouvernemental.

De possibles conflits d’intérêts entre EDF et l'actuel ministre ternissent l'image saine que l'écologiste veut véhiculer. Il va en effet devoir bientôt prendre position sur l’EPR de Flamanville, détenu par ...EDF 

"C’est la Haute Autorité qui appréciera" : a posteriori ...

La HATVP va devoir être juge et partie  ! 
Et elle n'en a pas fini. "De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration [celui de Monsieur Hulot]", écrit le Canard Enchaîné. 

Sauf que dans le champ de compétences du ministre de la Transition écologique, apparaît "l’écologie circulaire" (le recyclage des déchets), un marché brigué par… Veolia. "Tout sera déclaré à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. C’est elle qui appréciera s’il y a conflit d’intérêts", répond Nicolas Hulot au journal satirique. Et la Justice n'aura pas à y mettre le nez ?

Les jolis bénéfices des produits Ushuaïa. 
Le CV de l'ancien animateur télé a donné quelques suées à l’Elysée avant son entrée au gouvernement. Et pour cause, à côté de sa Fondation, l’actuel ministre de la Transition écologique détient la société Éole Conseil, essentiellement alimentée par des royalties touchées sur les ventes des shampoings, gels douche et autres lunettes estampillés "Ushuaïa". Et le Canard Enchaîné de préciser : "la marque appartient à TF1, mais la chaîne a cédé la licence à une dizaine de grands défenseurs de la nature, tels L’Oréal ou l’opticien Atoll. Hulot, qui a signé un contrat avec TF1, touche une partie des royalties. En 1992, ce deal juteux lui rapportait déjà 113.000 euros". Ce qui n'est pas illégal, mais interpelle sur son indépendance de ministre à l'égard des intérêts d'EDF et aussi de sa société. 

Pourtant, ses comptes sont devenus moins transparents depuis 3 ans... "A partir des années 2000, Éole Conseil a dégagé entre 480.000 et 715.000 de chiffre d’affaire par an", révèle encore le Canard Enchaîné. Une véritable machine à cash pour l’écolo qui engloutit le gâteau à lui tout seul. Et pour cause, il est le seul salarié de sa société et possède 99,9% des parts. Des bénéfices auxquels il faut ajouter son salaire annuel, 290.000 euros en 2013. Mais depuis, les  comptes de la société des années 2014 et 2015 ont été déposés sous le régime de la confidentialité.

Les statuts de la société Éole Conseil ne sont pas moins gênants. 
La société a pour objet la "création" de livres ou de films dédiés à "la promotion de l’image et de la personne de Nicolas Hulot", de quoi inspirer un hyper-président fasciné par son image. Eole Conseil est aussi dédiée au "conseil en relations publiques et en communication sous toutes ses formes" ou encore "l’organisation et l’animation de conférences". Conseil et conférences qui pourraient également alimenter d’éventuels soupçons de conflit d’intérêts, le tout à quelques semaines de la loi sur la moralisation de la vie publique. "Je n’ai jamais donné de conférences rémunérées ni joué les consultants", se défend Nicolas Hulot dans LE Canard. "Toutes les recettes d’Éole proviennent des produits Ushuaïa et de droits d’auteur sur les livres".

Or, le nucléaire est le grand absent des annonces de Hulot 
sur son Plan climat...
Résultat de recherche d'images pour "feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique"
En matière nucléaire, l'écologiste se hâte lentement. Le 6 juillet dernier, Hulot a présenté son plan climat, mais sans aborder concrètement la question du nucléaire, notamment en matière de réduction de la part du nucléaire. C'était le grand thème absent de son plan climat. Nicolas Hulot a levé le flou ce lundi sur ses intentions sur le nucléaire. 

Le ministre de la Transition écologique a annoncé la fermeture de réacteurs. Mais quand il précise le calendrier, c'est pour déclarer : "Peut-être jusqu'à 17", a-t-il esquivé au micro de RTL. Le respect de la loi sur la transition énergétique ambitionne pourtant de ramener à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité à l'horizon 2025. "Chacun peut comprendre que pour tenir cet objectif, on va fermer un certain nombre de réacteurs (...). Laissez moi planifier les choses, ce sera peut-être jusqu'à 17 réacteurs; il faut qu'on regarde", a avoué l'ex-militant. "Chaque réacteur a une situation économique, sociale et même de sécurité très différente", a commenté le ministre, qui semble découvrir toute la complexité de la situation et souhaite désormais "planifier" la transition vers une production d'électricité plus diversifiée. 
Résultat de recherche d'images pour "Hulot feuille de route énergétique"Des élus pointent le "flou" gouvernemental sur les moyens, mais la presse les pointe du doigt, les signalant comme des membres de l'opposition ! Quand ils ne gravitent pas dans la nébuleuse macronienne, les experts se montrent sceptiques sur l'échéance de 2025.  Le 9 juillet, le ministre de la Transition écologique avait maintenu le cap fixé par la loi de transition énergétique votée en 2015, mais dont les associations craignent qu'il ne débouche sur aucune application concrète. "Nous nous conformerons à la Programmation pluriannuelle énergétique", ou PPE, la feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique, a déclaré une porte-parole d'EDF, l'exploitant des 58 réacteurs nucléaires français, sans commenter directement les déclarations de Nicolas Hulot. De nombreux experts jugent toutefois l'échéance de 2025 difficile à tenir pour réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique françaises.

Macron, ancien patron de Bercy, pouvait-il ignorer les entraves de son ministre d'Etat ?

jeudi 29 septembre 2016

L'accord sur le projet nucléaire Hinkley Point est signé: désormais, le PS opine

Le PS émettait des "réserves", mais la nouvelle consigne est à la résignation

La 
 France, la Grande-Bretagne et la Chine ont signé jeudi le contrat de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point

Le PS estimait encore en août dernier que la poursuite du projet controversé de construction de deux réacteurs nucléaires par EDF à 18 milliards de livres, sur le site britannique d'Hinkley Point appelait "à ce stade" des "réserves", après le répit accordé par la justice au projet.
La poursuite de ce projet "impose que soient levées toutes les interrogations et les réserves avant d'aller plus loin", compte tenu de son impact sur "la solidité et la pérennité" d'EDF, affirmait le Parti socialiste dans un communiqué.

De nombreux protagonistes de ce dossier "ont alerté sur le risque financier" pour l'entreprise nationale, rappelle le PS, avec un coût avoisinant "les 22 milliards d'euros", dont "15 milliards" qu'EDF prélèvera "sur ses fonds propres".

Vendredi, la juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Paris a rejeté la demande du comité central d'entreprise (CCE) d'EDF de suspendre le feu vert donné par le groupe public d'électricité au projet, dans l'attente d'une audience décisive fin septembre.

Fruits d'un partenariat franco-chinois, les deux réacteurs nucléaires doivent être construits sur le site d'Hinkley Point, au sud du Royaume-Uni. Par son emplacement géographique, ce projet pourrait être soumis aux "incidences, nombreuses et incertaines, du Brexit", relevait le Parti socialiste, rappelant la décision du Premier ministre britannique, Theresa May, de reporter "la signature du contrat programmée le 29 juillet à une date indéterminée". 
Le PS qui avait misé sur une reculade britannique est désormais pris au piège de la signature de T. May.


En juillet 2016, le Parti de gauche dénonçait "la décision suicidaire du CA d’EDF"
Martine Billard, secrétaire nationale à l'écologie, pointait alors "la responsabilité du gouvernement et d'EDF qui venaient de prendre la décision de mettre la société en danger en s’obstinant à vouloir construire les 2 EPR de Hinkley Point en Angleterre pour un "coût supérieur à 20 milliards d’euros". Les gouvernements français, PS comme de droite, sont les derniers en Europe à faire le choix du nucléaire au lieu de s’engager massivement dans les énergies du futur que sont les énergies renouvelables.

Le Parti de Gauche salua aussi le vote "contre" des syndicats rétrogrades qui n'a pas suffi à empêcher ce "projet funeste". L’engagement à arrêter cette obstination pro-nucléaire au détriment de l’intérêt général économique, social et écologique sera une des propositions pour 2017.

Pour Jadot (EELV), Hinkley Point est "une folie qui va tuer EDF"
L'eurodéputé EELV Yannick Jadot, candidat à la primaire écologiste, a dénoncé vendredi 23 septembre le feu vert du gouvernement britannique, "une folie, une folie qui va tuer EDF. Ce ne sont pas les écologistes qui le disent, c'est Thomas Piquemal qui est l'ancien directeur financier d'EDF (...), c'est l'ensemble des syndicats qui sont évidemment pro-nucléaires qui le disent", a déclaré Y. Jadot sur RMC, fustigeant "des choix foireux qui tuent nos entreprises françaises" qui  relancent la construction nucléaire en Europe, à l'arrêt depuis la catastrophe de Fukushima au Japon.
Ce projet de 18 milliards de livres (environ 21 milliards d'euros) dans le sud-ouest de l'Angleterre a donné lieu à des mois de négociations parfois tendues


"Une source proche du dossier" a fait savoir aux journalistes qui avaient été exclus de l'événement que le contrat a été paraphé lors d'une cérémonie à laquelle assistaient le ministre britannique des Entreprises, Greg Clark, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, et le directeur de l'Administration nucléaire nationale chinoise, Nur Bekri.

Le Premier ministre britannique, Theresa May, avait donné son aval au projet le 15 septembre en y incluant des dispositions lui permettant d'intervenir en cas de vente de la participation de contrôle d'EDF.

EDF détiendra en effet 66,5% du projet tandis que le chinois CGN investira six milliards de livres pour en acquérir 33,5%. "Nous sommes très heureux de cette signature définitive. Je suis conscient du fait que c'était une longue phase de préparation, mais je suis persuadé qu'on sait démontrer qu'une fois les objectifs fixés, nous pouvons les tenir", a déclaré Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF.

Jean-Marc Ayrault (PS) a, quant à lui, parlé d'un "bon accord" à l'issue d'un entretien avec son homologue Boris Johnson. "Je sais qu'il soulève des questions et des interrogations, notamment en France, mais il représente aussi une opportunité pour l'avenir de toute une filière", a-t-il ajouté.

Une partie des syndicats d'EDF avaient demandé le report du projet Hinkley Point en estimant qu'il mettait en péril les finances de l'entreprise. La décision d'investissement du groupe public fait l'objet d'une procédure judiciaire engagée par cinq administrateurs salariés.
Mardi, EDF a souligné que son conseil d'administration a autorisé Jean-Bernard Lévy "à formaliser vis-à-vis du gouvernement britannique l’engagement de ne pas céder le contrôle de (la société dirigeant le projet Hinkley Point) pendant la période de construction sans l'accord du gouvernement britannique".

Les journalistes "experts et décrypteurs", mais aux ordres, évitent d'évoquer un autre sujet d’inquiétude
Aucun EPR, une technologie d’Areva, n’est encore en service dans le monde en raison de dépassements de délais et de coûts des chantiers en cours, notamment à Flamanville (Manche) et en Finlande, qui elle aussi fait confiance en l'expertise nucléaire de la France, même si la direction d’EDF promet de tirer les enseignements de ces expériences malheureuses.

vendredi 8 août 2014

Garches: Hollande et Touraine ont fait fermer le service de cancérologie infantile

Sus au nucléaire sous toutes ses formes, sans discernement

Osiris : la fermeture du réacteur de Saclay inquiète les médecins
L'Académie nationale de médecine, qui craint une pénurie d'imagerie médicale, s'alarme de cette décision gouvernementale pour décembre 2015. Rayons X, ultrasons, IRM, l’imagerie fait plus que dévoiler une anatomie, dans les tumeurs du sein ou dans le diabète de type 2, elle permet aujourd’hui de suivre le fonctionnement d'un organe ou d’assister le chirurgien en image 3D.
Le lundi 4, en plein mois d'août, une note écrite du gouvernement a adressée  au Commissariat à l’énergie atomique fait part de sa décision de fermer le réacteur nucléaire Osiris situé sur le site de Saclay (Essonne) en décembre 2015. L’Académie nationale de médecine a déjà protesté, en insistant sur la perte engendrée par un tel événement. Les radioéléments produits par le réacteur de Saclay permettent en effet de réaliser plus de 800 000 examens médicaux par an, précieux pour détecter les cancers et autres maladies.

Une rentabilité insuffisante...
Mis en service en 1966, Osiris est l’un des plus vieux réacteurs de France et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) recommande son arrêt depuis plusieurs années. Fessenheim continuerait son activité, mais Saclay serait menacé. pour Le gouvernement se justifie par un dilemme sur son utilité pour les examens médicaux. Il s’est finalement rétranché derrière un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) pour prendre sa décision. Raison invoquée: la production d’Osiris n'est pas suffisante pour empêcher une pénurie. La production de Saclay en radioéléments représente 8 % de la capacité de production ...mondiale. Mais le réacteur peut toutefois doubler ses capacités de production en cas de défaillance de l'un des autres réacteurs. Dans son rapport, l’IGAS préconise un repli sur d'autres techniques d’imagerie médicale. Le professeur Aurengo, président de l’Académie de médecine, s'indigne de cela : "Les autres techniques d’imagerie médicale sont très coûteuses et surtout inefficaces sur les enfants."

Le pouvoir prive les Français de techniques efficaces pour détecter les maladies
L'imagerie médicale désigne l'ensemble des examens qui permettent la restitution d'images du corps humain : absorption des rayons X (scanner), résonance magnétique nucléaire (radiographie), réflexion d'ondes ultrasons (échographie)… Les techniques sont nombreuses. Très efficaces pour diagnostiquer des maladies, ces méthodes sont également utilisées dans la recherche biomédicale du fonctionnement de l'organisme. Ces radioéléments, lorsqu'utilisés dans le domaine médical, servent aujourd'hui souvent à réaliser des scintigraphies, des radios de l’os utiles pour détecter les cancers.

Osiris est l'un des neuf réacteurs au monde (Canada, Belgique, France, Pays-Bas, Afrique du Sud, Australie, Pologne, République tchèque) dont les radioéléments servent à la médecine. Le président de l'Académie de médecine insiste sur "la lourde responsabilité" du gouvernement dont la décision entraînera, selon lui, "de véritables pertes de chance" pour les patients. 
La situation ne devrait pas s’améliorer avant 2018 quand le réacteur Osiris sera remplacé par Cadarache (Bouches-du-Rhône) et deux autres réacteurs ouvriront en Allemagne et en Corée du Sud.

Garches : l'AP-HP accélère la fermeture du service d'oncologie pédiatrique

Manifestation contre la fermeture du 
service d'oncologie pédiatrique de 
l'hôpital de Garches,  le 9 juillet 2014
L’assistance publique-Hôpitaux de Paris a annoncé vendredi 8 août la fermeture du service d’oncologie pédiatrique de l’hôpital de Garches, dans les Hauts-de-Seine. Tous les petits patients ont dû quitter le service.

Cette décision suit l’annonce faite le 5 août par l’AP-HP d’accélérer la fermeture de cette unité de l’hôpital Raymond-Poincaré. Initialement prévue le 21 août, le service a fermé ses portes plus tôt en raison des tensions avec certains parents refusant le transfert de leur enfant dans un autre établissement.

Un petit "nucleus" de familles d'enfants cancéreux  – quatre, selon la direction de la police  des hôpitaux – (mais plus nombreux, en vérité, comme l'atteste la photo) sur une trentaine qui refusaient que leur enfant soit soigné ailleurs a finalement été expulsé de l’hôpital jeudi dans la soirée. En grève de la faim contre la fermeture programmée du service d'oncologie pédiatrique, ils occupaient depuis le 26 juin la chapelle de l'hôpital pour réclamer la poursuite des méthodes spécifiques de cette unité spécialisée dans les cancers des os.

Sans concertation, des "solutions" ont pu être imposées à chaque patient et les familles ont dû "accepter" "les propositions de prise en charge qui leur ont été faites". Deux des enfants des familles hostiles à l'abandon des méthodes de soins qu'ils avaient choisies ont été transférés avec une assistance médicale dans un autre hôpital. Deux autres ont été autorisés à rentrer chez eux. L'AP-HP avait programmé la fermeture de l'unité après le départ à la retraite de la pédiatre et cancérologue Nicole Delépine, dont les méthodes étaient contestées par une partie du corps médical depuis des années, mais elle s'était heurtée à la résistance de certains parents.

Carine Curter, présidente d’une association - non précisée ! - qui regroupe des proches de jeunes malades a déclaré que "cette fermeture n’est pas une défaite. Le combat continue, le Conseil d’État ne s’est pas encore prononcé, ni le Défenseur des droits, Jacques Toubon." Tous deux ont été saisis par l’association.
Ametist est cette association dont les références sont tues par certains media, Elle regroupe des proches de jeunes malades, et sa présidente, Carine Curter, confirme que les derniers patients ont été évacués jeudi vers 21 heures. "Il n'y a eu, en amont, aucun dialogue avec des responsables de l'AP-HP comme cette dernière l'affirme", souligne-t-elle.  Pour elle, "cela prouve simplement que l'administration a tout pouvoir pour imposer ses choix sans aucune concertation avec les parents qui ont subi de fortes pressions depuis plusieurs mois". "Des familles ont notamment été convoquées chez le procureur, hier", précise-t-elle.

lundi 21 octobre 2013

EDF relance le nucléaire au Royaume-Uni

Une entreprise française -publique à 84.48%- délocalise le nucléaire...

Silence dans les rangs  de l'écologie radicale


La centrale nucléaire de Hinkley Point, 
dans le sud-ouest du Royaume-Uni
Le géant français de l'électricité a officialisé l'accord avec le gouvernement britannique portant sur la construction de deux réacteurs de type EPR au Royaume-Uni. Un investissement chiffré à 18,9 milliards d'euros dont se félicite EDF. 
De l'autre côté de la Manche, des doutes sont émis quant à sa capacité à rentrer dans les temps et dans les budgets. 

EDF construira  deux EPR, le puissant réacteur nucléaire de 3ème génération, au Royaume-Uni. 

L'accord officiel de principe entre David Cameron et Nicolas Sarkozy de mars 2012 arrive  à la mise en oeuvre. 
S'il était attendu, l'accord entre EDF et Londres était pendant un long moment bloqué par certains verrous financiers et politiques, liés notamment à l'arrivée de la gauche socialo-écolo. 
Il faut dire que de l'autre côté de la Manche, on s'inquiétait des déboires d'EDF lors de la construction de l'EPR de Flamanville : la propagande altermondialiste mettait en doute la capacité d'EDF à construire un réacteur similaire en Grande-Bretagne, en rentrant dans les délais et dans les budgets. 

En coopération avec Areva et deux groupes nucléaires chinois

Le géant français de l'électricité va donc construire deux EPR sur le site nucléaire d'Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre. Le consortium sera piloté par EDF, mais il inclut également deux groupes nucléaires chinois, CGN et CNNC, qui détiendraient à eux deux 45% à 50% du projet, et aussi Areva, qui en détient 10%. 

Initialement, c'est l'entreprise Centrica qui devait se partager les coûts avec EDF, mais
l'envolée du prix de construction de l'EPR de Flamanville, ainsi que celui que construit actuellement EDF en Finlande, a fini de convaincre Centrica de se retirer, en janvier.  

Finalement,
EDF s'est donc retrouvée à négocier avec deux entreprises chinoises qu'elle connaît bien. Le groupe nucléaire français collabore depuis trente ans avec CGN, et depuis 2009, ils construisent ensemble deux EPR à Taishan, en Chine.

Les derniers verrous financiers ont sauté


Bouygues TP et Laing O’Rourke
devraient réaliser la partie génie civil
de la centrale nucléaire Hinkley Point C
 
Dans les clous depuis longtemps, l'accord a trouvé le moyen du déblocage financier. Le gouvernement britannique souhaitait avoir toutes les garanties possibles, au vu de l'énormité de l'investissement (14,5 milliards de livres, soit 16,5 milliards d'euros). D'où la présence des groupes chinois. 

Pour sa part, EDF souhaitait un prix garanti de vente de l'électricité nucléaire. Plus faible que le coût souhaité par le géant du nucléaire français, Londres devrait tout de même assurer un prix garanti de l'électricité entre 89,50 et 92,5 livres par mégawatt/heure. Un accord de ce type est appelé "contract for difference" : il implique que si le prix sur le marché de gros est inférieur à ce niveau, c'est l'électricien qui touchera la différence; s'il est supérieur, il reversera le bénéfice. A l'heure actuelle, le prix fixé est deux fois supérieur au prix de gros actuellement pratiqué outre-Manche. 

Il apparaît que David Cameron n'avait pas vraiment le choix : son parc nucléaire vieillissant le pressait de bouger. Autre requête d'EDF : déterminer la durée de cette garantie de prix. EDF voulait que ce prix garanti dure 40 ans. Le groupe en aura finalement obtenu 35. 

Un chantier d'une importance considérable

Un accord de ce type doit encore être validé par la Commission européenne. Mais ces détails très techniques n'occulteront pas l'essentiel : l'accord entre EDF et le gouvernement anglais est un événement marquant dans le contexte actuel. 

Plus de
deux ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le nucléaire reprend donc sa marche en avant. En Grande-Bretagne, c'est le premier EPR construit depuis celui de Sizewell B en 1995. 

Cet accord avec EDF vient par ailleurs renforcer l'importance du groupe français de l'autre côté de la Manche, où EDF est déjà le n°1 en terme d'énergie depuis qu'il a racheté un groupe nucléaire anglais.

L'accord est censé être gagnant pour toutes les parties : EDF, qui renforce sa position, le Royaume-Uni, premier marché nucléaire en Europe, mais aussi la Chine, où l'on construit actuellement 35 réacteurs de technologies de toutes provenances, ce qui correspond à la moitié des réacteurs bâtis dans le monde.
25.000 emplois pour la Grande-Bretagne

La France ne s'y est pas trompée, l'Elysée publiant ce matin un communiqué dans lequel elle se félicitait de l'accord avec le Royaume-Uni. 

Outre-Manche, le gouvernement britannique était lui aussi ravi de la décision. "Cet accord représente 16 milliards de livres d'investissements futurs pour la Grande-Bretagne et la création de 25.000 emplois, soit d'excellentes nouvelles pour la région du Sud-ouest et pour le pays tout entier", a souligné le premier ministre britannique David Cameron, cité dans un communiqué d'EDF.

"Pour la première fois, une centrale nucléaire dans ce pays n'aura pas été construite avec l'argent du contribuable britannique. Cela nous permettra de renforcer et sécuriser notre modèle énergétique, grâce à une source d'électricité sûre, fiable et produite sur notre territoire", a abondé le ministre britannique de l'Energie, Ed Davey. 
Demande d'électricité au Royaume-Uni, à 7% nucléaire

De son côté, le PDG d'EDF, Henri Proglio, a souligné lors d'une téléconférence qu'il s'agit d'un "moment clef dans l'histoire d'EDF", dans le prolongement du rachat de l'exploitant du parc nucléaire britannique British Energy qui a fait du groupe français le 1er producteur d'électricité outre-Manche. "Cela va contribuer à définir le paysage énergétique de demain, basé sur des sources faiblement émettrices de CO2", a-t-il mis en avant.

Les deux EPR de Hinkley Point C devraient à eux seuls couvrir jusqu'à 7% de la demande d'électricité au Royaume-Uni. Leur construction permettra de compenser l'arrêt prévu dans les dix ans d'une série de centrales électriques au charbon et de réacteurs en fin de vie. 
De plus, ils devraient aider Londres à remplir ses ambitieux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.