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mardi 25 septembre 2018

Budget 2019: Macron fait des économies sur le plan climat, à peine Hulot a-t-il tourné le dos

Quand Macron rivalise avec Trump sur le plan climat

Le projet de loi de Finances présenté ce matin renonce à transformer le CITE en prime pour la rénovation thermique


Le CITE, crédit d'impôt pour la transition énergétique, est maintenu mais l'enveloppe est rabotée de 33%! Ce projet était pourtant ardemment défendu par l'ex-ministre de la transition écologique. Son successeur, François de Rugy a-t-il entrepris d'effacer toute trace du passage de Nicolas Hulot ? 

L'une des mesures phares du plan climat de l'ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, la transformation du CITE (Crédit d'impôt pour la transition énergétique) passe à la trappe au détour du projet de loi de Finances pour 2019, présenté ce lundi matin par Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et son collègue Gérald Darmanin en charge des Comptes publics. 

Jugé trop coûteux et inefficace, il est transformé en un système de primes davantage ciblé sur les ménages les plus modestes - ceux logeant dans les fameuses passoires thermiques - et sur des matériaux plus performants. 
Surtout, l'enveloppe de ce crédit d'impôt est rabotée, passant à 800 millions d'euros seulement en 2019 contre 1,2 milliard en 2016, une baisse d'un tiers en trois ans ! L'enjeu énergétique est pourtant de taille. 

3,5 millions de ménages en précarité énergétique
Sont concernés, les bâtiments,  notamment les logements représentent 45% de la consommation d'énergie en France et 27% des émissions à effets de gaz. Entre 7 et 8 millions de ménages vivent dans des logements très mal isolés et près de 3,5 millions disent souffrir du froid l'hiver, selon une étude de l'ADEME. 

Alors que que les prix du fioul domestique se sont envolés ces derniers mois, Monique, une septuagénaire célibataire, propriétaire d'une maison isolée non loin d'Argenton-sur-Creuse dans l'Indre, est au nombre des Français en situation de précarité énergétique qui redoutent l'arrivée des premiers frimas. Cette retraité vient de débourser un peu plus de 900 euros pour remplir sa cuve : "C'est 150 euros de plus qu'il y a un an. Avec ça, j'espère tenir jusqu'en janvier. Tout dépendra des températures mais c'est difficile à encaisser quand on a une pension de 1100 euros seulement par mois". Pourquoi ne pas changer de système de chauffage ? "Trop coûteux", répond-t-elle. Certes, après avoir généralisé cette année le "chèque énergie" destiné aux ménages en situation de précarité énergétique, le gouvernement a prévu d'augmenter cette subvention de 150 euros à 200 euros par an en 2019. Une rallonge toujours bonne à prendre, mais qui ne résout pas la question du financement des travaux. 

"L'avantage de la prime proposée par Hulot, c'était d'abord d'effacer le problème du décalage de trésorerie entre le paiement des travaux l'année n et le remboursement du crédit d'impôt l'année n+1", fait valoir Alain Grandjean, économiste et fondateur du cabinet Carbone 4. 

La raison de cette reculade de Macron ? 
"Une problème essentiellement technique, raconte un conseiller de Bruno Le Maire. La conversion du crédit d'impôt nécessitait de mettre en place une infrastructure informatique qui aurait permis de gérer le remboursement des frais engagés en temps réel". Dans les faits, ni l'Agence de services et de paiement (ASP), qui gère les aides de la politique agricole commune et les aides à l'emploi, ni l'Anah (Agence nationale de l'habitat) ne sont outillées pour prendre en charge une telle mission. Ces résistances de l'ASP et de l'Anah font ainsi que le CITE prolongé d'une année, au détriment des précaires. 

Le CITE, trop coûteux, mal ciblé, inefficace

Jupiter a pris l'habitude de faire les choses à moitié.
Macron fait des choix contestables de dépenses. En juillet dernier, le rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée Nationale tirait pourtant à boulets rouge sur ce crédit d'impôt, reprenant largement les conclusions d'un rapport publié un an plus tôt par l'Inspection Générale des Finances : trop coûteux, mal ciblé, inefficace. "Le dispositif fiscal dont un million de Français ont bénéficié au cours des dix précédentes années semble [propagande merveilleuse: du nanan pour les "fact-checkers"...] avoir été concentré sur les foyers les plus aisés" peut-on ainsi lire. De fait, les 20% de Français les plus riches ont capté près de 50% de la dépense fiscale. Des "cadeaux fiscaux" qui dans 90% des cas sont utilisés par les propriétaires pour leur résidence principale. Les bailleurs sont en réalité peu incités à réaliser des travaux de rénovation thermique dans les logements qu'ils louent alors que la facture d'énergie est supportée par les locataires. Autre point noir du dispositif : les travaux ne sont pas concentrés sur les logements les plus anciens, ceux pourtant théoriquement les plus mal isolés. 

Enfin et surtout " le rapport coût-efficacité énergétique" du CITE est limité. Ce que confirme Yamina Saheb, économiste en charge du chapitre sur le logement dans le prochain rapport du GIEC. "C'est une gabegie d'argent public avec des résultats en terme de réduction de la consommation d'énergie qui ne sont pas du tout à la hauteur des sommes engagées", ne cache pas la jeune femme, justifiant la réduction soudaine de Macron. En cause : l'éparpillement des travaux - une année, la toiture, une autre les fenêtres - réalisés sans aucune réflexion systémique ou globale. 

Impossible de rénover toutes les passoires thermiques d'ici 2025
Difficile dans ces conditions de respecter les engagements pris dans la loi sur la transition énergétique votée en 2015, éliminer toutes les "passoires thermiques" à l'horizon 2025. "Compte tenu du retard pris, il faudrait rénover près de 1 million de logements chaque année, alors qu'on arrive difficilement à en traiter 300.000", déplore Romain Riollet, responsable des projets d'efficacité énergétique au Cler-Réseau. "Comme on ne prend pas au sérieux les objectifs de rénovation thermique, on ne parviendra pas à tenir les engagements de diminution de la consommation d'énergie. Il ne faudra pas alors s'étonner qu'on soit moins ambitieux en matière de fermetures du nombre de centrales nucléaires. Tout est lié", s'agace Alain Grandjean.  Donc, le meilleur choix serait de ne rien faire, ou le moins possible...

Bien qu'Emmanuel Macron ait reculé sur le CITE, renoncé à interdire formellement le glyphosate à l'horizon 3 ans, et joué la montre sur le projet de Montagne d'Or en Guyane, le rétropédaleur devrait être sacré "Champion of the Earth", mercredi prochain à New York, lors de la deuxième édition du "One Planet Summit", parce que la terre ne tourne pas rond... 
Du fond de son domaine breton, Nicolas Hulot pourra-t-il se féliciter d'avoir fait confiance à Macron ? 

mercredi 12 juillet 2017

Les prises d'intérêts privées du ministre Nicolas Hulot révélées

Les raisons pourquoi Hulot préférait n'entrer dans aucun gouvernement

Nicolas Hulot a tiré de larges rémunérations de sa fondation et d’une entreprise, révèle 
Le Canard Enchaîné le mercredi 5 juillet

Les révélations se multiplient sur les ministres du gouvernement Édouard Philippe.
 

Ainsi, quatre d’entre eux ont déjà dû démissionner – Richard FerrandSylvie GoulardFrançois Bayrou et Marielle de Sarnez – après des soupçons dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem et dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, pour Ferrand. 

Muriel Pénicaud est également accusée de ne pas avoir respecté des règles de mise en concurrence au profit du candidat Macron en campagne à Las Vegas, quand elle était en charge de l’organisme public Business France. 

Le cinquième à concentrer 
les soupçons sur sa personne est désormais Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique. 

La Fondation Hulot tourne à plein régime 

Révélations sur des profits embarrassants pour le ministre Nicolas Hulot Selon les informations du Canard Enchaîné, la Fondation Nicolas Hulot est une juteuse pompe à fric: elle a reçu des gros chèques depuis plusieurs années. Audrey Pulvar, qui a eu vent des profits à en tirer, a volontiers pris la succession du ministre lorsque la fondation fut rebaptisée "Fondation pour la nature et l’homme". 

Ainsi, EDF a versé 460.000 euros à la fondation jusqu’en 2012 et 100.000 depuis. 
Malgré les délais supplémentaires pris par le Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Politique, Hulot est passé au travers des mailles, sauf si les supposés contrôles de moralité ont été une fumisterie pour permettre au président de constituer une équipe gouvernementale. Et le président Macron en a fait un ministre d'Etat et un second dans l'ordre protocolaire gouvernemental.

De possibles conflits d’intérêts entre EDF et l'actuel ministre ternissent l'image saine que l'écologiste veut véhiculer. Il va en effet devoir bientôt prendre position sur l’EPR de Flamanville, détenu par ...EDF 

"C’est la Haute Autorité qui appréciera" : a posteriori ...

La HATVP va devoir être juge et partie  ! 
Et elle n'en a pas fini. "De 2012 à 2017, Veolia a casqué 200.000 euros par an à la Fondation et ce généreux mécène siège même à son conseil d’administration [celui de Monsieur Hulot]", écrit le Canard Enchaîné. 

Sauf que dans le champ de compétences du ministre de la Transition écologique, apparaît "l’écologie circulaire" (le recyclage des déchets), un marché brigué par… Veolia. "Tout sera déclaré à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. C’est elle qui appréciera s’il y a conflit d’intérêts", répond Nicolas Hulot au journal satirique. Et la Justice n'aura pas à y mettre le nez ?

Les jolis bénéfices des produits Ushuaïa. 
Le CV de l'ancien animateur télé a donné quelques suées à l’Elysée avant son entrée au gouvernement. Et pour cause, à côté de sa Fondation, l’actuel ministre de la Transition écologique détient la société Éole Conseil, essentiellement alimentée par des royalties touchées sur les ventes des shampoings, gels douche et autres lunettes estampillés "Ushuaïa". Et le Canard Enchaîné de préciser : "la marque appartient à TF1, mais la chaîne a cédé la licence à une dizaine de grands défenseurs de la nature, tels L’Oréal ou l’opticien Atoll. Hulot, qui a signé un contrat avec TF1, touche une partie des royalties. En 1992, ce deal juteux lui rapportait déjà 113.000 euros". Ce qui n'est pas illégal, mais interpelle sur son indépendance de ministre à l'égard des intérêts d'EDF et aussi de sa société. 

Pourtant, ses comptes sont devenus moins transparents depuis 3 ans... "A partir des années 2000, Éole Conseil a dégagé entre 480.000 et 715.000 de chiffre d’affaire par an", révèle encore le Canard Enchaîné. Une véritable machine à cash pour l’écolo qui engloutit le gâteau à lui tout seul. Et pour cause, il est le seul salarié de sa société et possède 99,9% des parts. Des bénéfices auxquels il faut ajouter son salaire annuel, 290.000 euros en 2013. Mais depuis, les  comptes de la société des années 2014 et 2015 ont été déposés sous le régime de la confidentialité.

Les statuts de la société Éole Conseil ne sont pas moins gênants. 
La société a pour objet la "création" de livres ou de films dédiés à "la promotion de l’image et de la personne de Nicolas Hulot", de quoi inspirer un hyper-président fasciné par son image. Eole Conseil est aussi dédiée au "conseil en relations publiques et en communication sous toutes ses formes" ou encore "l’organisation et l’animation de conférences". Conseil et conférences qui pourraient également alimenter d’éventuels soupçons de conflit d’intérêts, le tout à quelques semaines de la loi sur la moralisation de la vie publique. "Je n’ai jamais donné de conférences rémunérées ni joué les consultants", se défend Nicolas Hulot dans LE Canard. "Toutes les recettes d’Éole proviennent des produits Ushuaïa et de droits d’auteur sur les livres".

Or, le nucléaire est le grand absent des annonces de Hulot 
sur son Plan climat...
Résultat de recherche d'images pour "feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique"
En matière nucléaire, l'écologiste se hâte lentement. Le 6 juillet dernier, Hulot a présenté son plan climatmais sans aborder concrètement la question du nucléaire, notamment en matière de réduction de la part du nucléaireC'était le grand thème absent de son plan climat. Nicolas Hulot a levé le flou ce lundi sur ses intentions sur le nucléaire. 

Le ministre de la Transition écologique a annoncé la fermeture de réacteurs. Mais quand il précise le calendrier, c'est pour déclarer : "Peut-être jusqu'à 17", a-t-il esquivé au micro de RTL. Le respect de la loi sur la transition énergétique ambitionne pourtant de ramener à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité à l'horizon 2025. "Chacun peut comprendre que pour tenir cet objectif, on va fermer un certain nombre de réacteurs (...). Laissez moi planifier les choses, ce sera peut-être jusqu'à 17 réacteurs; il faut qu'on regarde", a avoué l'ex-militant. "Chaque réacteur a une situation économique, sociale et même de sécurité très différente", a commenté le ministre, qui semble découvrir toute la complexité de la situation et souhaite désormais "planifier" la transition vers une production d'électricité plus diversifiée. 
Résultat de recherche d'images pour "Hulot feuille de route énergétique"Des élus pointent le "flou" gouvernemental sur les moyens, mais la presse les pointe du doigt, les signalant comme des membres de l'opposition ! Quand ils ne gravitent pas dans la nébuleuse macronienne, les experts se montrent sceptiques sur l'échéance de 2025.  Le 9 juillet, le ministre de la Transition écologique avait maintenu le cap fixé par la loi de transition énergétique votée en 2015, mais dont les associations craignent qu'il ne débouche sur aucune application concrète. "Nous nous conformerons à la Programmation pluriannuelle énergétique", ou PPE, la feuille de route énergétique de la France créée par la loi sur la transition énergétique, a déclaré une porte-parole d'EDF, l'exploitant des 58 réacteurs nucléaires français, sans commenter directement les déclarations de Nicolas Hulot. De nombreux experts jugent toutefois l'échéance de 2025 difficile à tenir pour réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique françaises.

Macron, ancien patron de Bercy, pouvait-il ignorer les entraves de son ministre d'Etat ?