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samedi 1 juin 2019

Les tarifs de l'électricité augmentent de 5,9% ce 1er juin

La presse justifie cette envolée, nous expliquant pourquoi...

La hausse de 5,9 % avait été proposée par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) en février

Après le nucléaire, l’Allemagne abandonne le charbon

Déjà deux informations partisanes dans ce court énoncé. 
1 - Le gouvernement n'est pas responsable, puisque c'est la recommandation d'une commission. Or, d'une part celle-ci est  une émanation de Bercy et, d'autre part, ses avis n'ont qu'une valeur consultative. Ensuite, la-dite recommandation date de février, ce qui suggère que l'ex-banquier de l'Elysée se ferait tirer l'oreille, pour des raisons de justice sociale... 
2 - "Mais le gouvernement a repoussé cette augmentation de trois mois, le délai maximum". L'AFP se garde bien de préciser le motif de cette procrastination, et se refuse, évidemment, à évoquer le scrutin des européennes. Mais, désormais, c'est devenu une obligation.

Les tarifs réglementés de l’électricité doivent augmenter de 5,9 % au 1er juin.
C'est un document du gouvernement, consulté ce mercredi par l’AFP, qui le dit.
Le gouvernement a soumis mardi au Conseil supérieur de l’énergie (CSE) un projet de décision sur les tarifs réglementés de vente (TRV) vendus par EDF à environ 25 millions de foyers actuellement. Ils doivent augmenter "à compter du 1er juin 2019", indiquait le texte, "dévoilé" par la lettre spécialisée Enerpresse et dont l’AFP a obtenu copie, à charge de préparer les esprits. Cette date a aussi été confirmée jeudi par une source gouvernementale.
Le 1er juin correspond à "la date limite permise par la délibération de la CRE" pour son application, explique le document soumis au CSE. Obligation, date limite : le gouvernement n'avait pas le choix, tente-on de nous persuader, pas plus que pour la hausse des tarifs des carburants, tout aussi colossale?

Augmentation du prix des combustibles

"En 2018, les prix de gros de l’électricité ont notablement augmenté en France, comme dans toute l’Europe, du fait de l’augmentation des prix des combustibles et du carbone", fait valoir le gouvernement. Encore deux justifications : ce qui se fait à l'étranger contraint-il la France de s'aligner, en dépit de son réseau dense de centrales nucléaires ? 
Nos voisins ont une électricité plus chère, en très grande partie du fait de son choix d'une source d'énergie différente, plus coûteuse.  
Résultat de recherche d'images pour "2018 EVOLUTION prix de gros de l'électricité en UE"
Et d'ailleurs, les "prix de gros de l'électricité" ont-ils augmenté dans des proportions correspondantes ? Cela reste à prouver, au vu du graphique ci-dessous :
Evolution des prix de gros de l’électricitéau cours des 3 derniers mois (en €/MWh):
Evolution des prix de gros de l’électricité - Novembre 2018-Janvier 2019

Les concurrents d’EDF ont pour leur part accès à coût fixe à une partie de l’électricité nucléaire produite par EDF, mais seulement dans une certaine limite. Au-delà de ce quota, ils doivent aller se fournir sur les marchés, où les prix sont donc élevés. Les clients du fournisseur institutionnel ne devraient donc pas être affectés. Or, les TRV (tarifs réglementés de vente) sont aussi conçus pour permettre à ces fournisseurs alternatifs d’être compétitifs et de pouvoir proposer des tarifs inférieurs : c’est le principe de la "contestabilité". C'est donc là où l'ouverture à la concurrence, comme facteur de baisse des prix, est un leurre du libéralisme. 

Une augmentation repoussée de trois mois

"La hausse proposée par la CRE est du même ordre de grandeur que les hausses répercutées dans les autres pays : 8 % en Espagne et en Italie et hausse de 20 % du tarif social en Belgique", fait en outre valoir le gouvernement. 
Le pouvoir évite la comparaison avec l'Allemagne, par exemple, puisque la chancelière Angela Merkel se donne encore dix-neuf ans pour fermer toutes ses centrales électriques qui fonctionnent au charbon, au mépris de l'empreinte carbone. En 2018, 38 % de l’électricité du pays était toujours produite avec cette source d’énergie très polluante. Ce qui peut sembler long en comparaison de la France qui prévoit la fermeture de ses quatre centrales d’ici à 2022, du Royaume-Uni et de l’Italie qui tablent sur 2025 et des Pays-Bas qui visent 2030.

En pleine crise des Gilets jaunes, initialement alimentée par des revendications sur le pouvoir d’achat, singulièrement les prix à la hausse des carburants, le gouvernement avait préféré utiliser le délai légal de trois mois dont il dispose pour se prononcer sur la décision de la CRE. Ce faisant, il a retardé son application pendant la période la plus froide, où l’électricité est la plus utilisée par les particuliers, de crainte d'ajouter le chaos à la colère.

Les TRV sont proposés par EDF, l’acteur historique du secteur, ainsi que par les entreprises locales de distribution dans certaines régions. De nombreuses offres de fournisseurs alternatifs sont aussi indexées sur ces tarifs réglementés.
En somme, le principe d'équité dessert tout le monde et devient un argument en faveur des hausses de tarifs... Près de 6% de plus, dans la joie !
Et notre bonheur sera à son comble en août, quand EDF nous appliquera une nouvelle hausse des tarifs de l'électricité...

lundi 29 janvier 2018

Après la hausse au 1er janvier, les tarifs du gaz augmentent encore au 1er février

Le gendarme de l'énergie ne renouvelle pas durablement ses pratiques

Résultat de recherche d'images pour " chauffage au gaz vetuste"Outre la hausse des prix de l’essence et du diesel (7,6 centimes par litre pour le gazole et 3,84 centimes pour l’essence), les tarifs de l'électricité ont augmenté de 1,7%, en août 2017.
Rien d'exceptionnel évidemment puisque les tarifs réglementés sont en constante augmentation depuis 2012 (2%). La hausse des prix a ainsi été très marquée en août 2013, par une flambée de 5%.

C'est au tour des tarifs réglementés de vente de gaz aux particuliers par Engie d'augmenter au 1er février

La CRE, gendarme de l'énergie (?), a publié dimanche au Journal Officiel une délibération qui est appliquée par Engie à plusieurs millions de clients en France la responsabilité incombe à la Commission de régulation de l'énergie... 10,6 millions de consommateurs français sont abonnés au gaz.
La CRE, qui avait été saisie d‘une proposition de prix régulés par Engie, estime que "par rapport au barème en vigueur, applicable depuis le 1er janvier 2018, cette proposition répercute l'évolution du coût d‘approvisionnement d'Engie depuis cette date, estimée par le fournisseur à +0,7€/MWh".

"Cette évolution se traduit par une hausse de +1,3% du tarif moyen", ajoute la CRE dans sa délibération. Or, le président de la CRE est nommé pour un mandat de six ans (reconductible) par décret du ...président de la République, François Hollande, à compter du 17 février 2017.

Cette hausse sera, hors taxe, de 1,4% pour les consommateurs utilisant le gaz pour se chauffer, de 0,4% pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson, et de 0,8% pour ceux qui ont un double usage cuisson et eau chaude.

La facture de gaz avait déjà flambé de 6,9 % en moyenne en janvier

La taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN), avait augmenté en janvier, passant de 5,88 euros par mégawattheure (mWh) consommé à 8,45 euros/MWh, du fait de la hausse au 1er janvier de la contribution climat énergie (sorte de taxe carbone), une de ses composantes.

Double peine pour les foyers utilisateurs de gaz naturel. 
Pour les 4,7 millions d'entre eux, dont le contrat avec Engie est au tarif réglementé (TRV) historique, le tarif a augmenté le 1er janvier de 2,3 % en moyenne. Cette hausse varie selon l'utilisation que l'on en a. Pour les petits consommateurs, qui n'utilisent cette source d'énergie que pour la cuisine, le prix ne montera que de 0,7 % ; pour ceux qui l'utilisent aussi pour l'eau chaude, 1,4 % de plus ; et pour les gros utilisateurs qui y ont recours pour le chauffage, la hausse a été de 2,4 %, en plein hiver.

Et ce n'est pas tout. Dans le même temps, la taxe (TICGN) qui pèse pour environ un tiers de la facture monte, elle, de 43 %, passant de 5,88 euros le méga-wattheure à 8,45 euros.

Mais 3 autres millions de consommateurs ont choisi un concurrent 

Résultat de recherche d'images pour "tarifs energie"Les clients de Sowee, Total Spring, Direct Énergie, EkWateur, Eni... ne seront pas affectés par la hausse du TRV : l'évolution de leur tarif est prévue contractuellement avec chacun. Ils ne subiront donc que la hausse de la TICGN.
L’augmentation des tarifs réglementés EDF concerne environ 23 millions de consommateurs en France. Or, ces abonné(e)s à l’ancien fournisseur historique n’ont aucune marge de manœuvre sur l’évolution du prix de l’électricité.

La CRE est alignée sur l'Etat macronien
C'est ce qu'ont voulu l'exécutif macronien et sa majorité parlementaire qui ont présenté et approuvé la loi de Finances 2018 qui vient d'être votée au Parlement jeudi. Elle correspond au renforcement de la taxe carbone qui pèse sur les énergies fossiles.

A noter que les tarifs réglementés du gaz évoluent selon les indices des marchés de gros qui impactent à plus de 80 % les coûts d'approvisionnement d'Engie. Or, ils sont en hausse depuis un trimestre, après avoir perdu 12,3 % en trois ans.

L'été dernier, le Conseil d‘Etat avait annulé un décret de 2013 encadrant les tarifs réglementés du gaz appliqués en France aux particuliers et aux petits professionnels, dont le maintien est jugé contraire au droit européen.

dimanche 20 novembre 2016

Vents violents dans l'Ouest : 20.000 foyers privés d'électricité en Bretagne

Dommage pour les Normands: ils ne votent pas à gauche, ni contre les centrales nucléaires

33.000 foyers privés d'électricité en Normandie et 19.000 autres en Bretagne après les vents violents qui ont balayé les deux régions, dimanche matin.

Des rafales atteignent jusqu'à 160 km/h, a-t-on appris auprès d'Enedis (ex-ERDF).
Les différentes préfectures faisaient principalement état de chutes d'arbres et de toitures arrachées. Pour l'heure, elles ne signalaient ni victime, ni d'accident sérieux.
Sur son compte Twitter, Enedis, qui gère le réseau de distribution d'électricité, annonce que "suite aux vents violents, 25.000 clients (sont) privés d'électricité à 8 heures sur la Normandie".

Ces coupures touchent principalement le département de la Manche en Normandie. Selon la préfecture, 15.000 à 18.000 foyers en sont victimes.

Côté breton, 9.100 foyers dans le Morbihan, 5.200 dans le Finistère, 2.300 dans les Côtes d'Armor et 2.100 en Ille-et-Vilaine sont privés de courant, soit un total de 18.700, toujours selon la direction régionale d'Enedis.

300 professionnels sont sur le terrain pour rétablir le courant, assure Enedis Bretagne.

Après avoir placé la Bretagne en vigilance orange au cours de la nuit de samedi à dimanche, Météo-France a levé son alerte dimanche matin. Elle a également été levée pour la Mayenne et l'Orne.
Dimanche matin, dix départements du quart nord-ouest et trois du centre-est de la France restaient toutefois placés en alerte orange pour vents violents.

En plus du Calvados, de l'Eure, de la Manche, du Nord, du Pas-de-Calais, de la Seine-Maritime et de la Somme placés dès samedi matin en alerte orange, Météo-France a en revanche élargi ce niveau de vigilance à trois autres départements dimanche matin : la Loire, la Haute-Loire et le Rhône. La fin de l'alerte est prévue au plus tôt lundi à 21h00.

Selon Météo-France, il s'agit d'"une tempête commune en mer, de l'Atlantique à la Manche, et (d'un) fort coup de vent sur le nord-ouest de la France". Il s'agit, précise-t-elle, d'un "événement se produisant trois à quatre fois par an".
"Une nette accalmie a gagné la Bretagne en cette fin de nuit. Elle s'esquisse sur la Mayenne et l'Orne où elle va se confirmer dans les prochaines heures. Sur le reste de la Normandie, il y aura encore de fortes rafales de vent de sud-ouest atteignant 120 à 140 km/h près des côtes, 90 à 100 km/h dans les terres. Sur le littoral, les rafales atteignent 110 à 130 km/h, et pourront même approcher 140 km/h sur les caps en cours de matinée de dimanche", disent les prévisionnistes. 

"Au fil de cette journée de dimanche, le vent de sud va se renforcer de l'est de la Haute Loire au bassin lyonnais, les rafales pourront dépasser les 80 km/h. En soirée et nuit, le vent y deviendra violent : des plateaux de Haute Loire à l'agglomération de Saint-Etienne et à la vallée du Gier et jusqu'au sud de l'agglomération lyonnaise, des rafales dépasseront les 100 km/h, plus ponctuellement 110 à 115 km/h. Cet épisode de vent violent se poursuivra en journée de lundi", toujours selon Météo-France.

samedi 3 septembre 2016

Energies renouvelables: la France a investi deux fois moins que l'année passée

Les investissements dans les énergies renouvelables se sont effondrés en France  

La France, dernier pays hôte de la COP 21, est l'un des mauvais élèves sur les énergies renouvelables

Promesse non tenue
"La France est l'un des rares pays du monde où les investissements dans les énergies renouvelables s'effondrent," fait savoir le député européen Yannick Jadot,  candidat à la présidentielle 2017.
Dès février 2016, le dernier rapport de l'agence de l'ONU pour l'environnement et Bloomberg new energy finance le démontrait. 

En 2015, il y a eu un peu plus de 2,5 milliards d'euros investis dans les énergies renouvelables. Cela représente une baisse de 53% en l'espace d'un an. Et cette tendance n'est pas nouvelle. 

En 2013 déjà, la France de Hollande était à la traîne des autres grands pays développés.  
Afficher l'image d'origine
(Top 10 des pays investisseurs dans les énergies renouvelables © Ceres)
La France relativise ce retard par la baisse  de 42%... en Allemagne.  Comparaison fallacieuse, car avec 10 milliards d'euros d'investissements, le montant global reste largement supérieur à la France. 
Plus largement, à l'exception notable de la Grande Bretagne, c'était - en 2013 et avant la COP21- l'ensemble de l'Europe qui freinait sur les énergies renouvelables. En l'espace de quatre ans, sur l'ensemble du continent, on était passé de 110 milliards à une petite cinquantaine en 2015. 

A l'inverse, le montant des investissements est à la hausse en Chine, en Inde ou encore aux Etats-Unis
(2004-2015)
Et pourtant, l'Europe a fait des énergies renouvelables l'une de ses priorités. 
Chaque pays de l'Union s'est fixé des objectifs précis. D'ici quatre ans, en théorie, un peu plus du quart de l'électricité que l'on consomme devrait venir des énergies renouvelables.Or, on en est encore loin.

En 2013, elles représentaient 14% de la consommation finale, sous la moyenne européenne, alors que les prévisions tablaient sur 18% cette année-là. 

lundi 1 août 2016

PEL: rendement réduit à 1% au 1er août, avec rémunération à 0,8%

"Pourquoi le taux du PEL tombe à 1%" (Le Figaro): explications en forme d'acquiescement...

Le mois d'août commence avec des mauvaises nouvelles

Hollande et Valls n'ont pas attendu
votre retour de vacances
Bercy sévit aussi pendant la canicule. Les tarifs réglementés du gaz, distribué par Engie, augmenteront de 2% en moyenne au 1er août, seconde hausse en deux mois, après celle de 0,4% en juillet, due à la remontée du prix du pétrole. Cette fois, la hausse du tarif est causée par l'augmentation de l'indice mensuel du prix du gaz sur les marchés de gros néerlandais et français (PEG Nord). 

Les loyers de référence repartent à la hausse
Un an après l'application de la loi sur l'encadrement des loyers à Paris, les loyers de référence sur lesquels s'appuient les propriétaires pour fixer le montant de leur loyer seront "revalorisés" dès lundi. La hausse est variable selon les quartiers et le type de logement, mais s'élèvera en moyenne de 1 à 2%. Les propriétaires ne peuvent excéder de 20% le montant de ces loyers de références, ni leur être inférieurs à 30%.

Augmentation de la taxe de séjour, à temps pour les congés payés
Dès lundi 1er août, Airbnb étendra la collecte de la taxe séjour dans 18 villes supplémentaires dont Avignon (PS depuis 2014), Biarritz (MoDem), Bordeaux (LR), Cannes (UMP) ou encore Strasbourg (PS). Jusqu'ici appliquée à Paris (PS) et à Chamonix (UDI), le leader de la location d'appartements a collecté et reversé 1,2 million d'euros et 40.000 euros à ces deux villes. Airbnb devrait poursuivre l'application de la taxe séjour dans d'autres villes en 2017. 

Le Plan épargne logement (PEL)
Nouveau coup bas contre les détenteurs d'un Plan Épargne Logement. Alors que son taux de rémunération était restée stable à 2% durant près de dix ans, la politique socialiste de Hollande le fait tomber à 1% seulement entre janvier et août 2016. Mais, ceux qui ont souscrit un PEL avant le hold-up du 1er août bénéficieront encore de leur taux d'intérêt. Seuls les PEL signés à partir du 1er août seront pénalisés. Bonne nouvelle toutefois, les épargnants qui peuvent bénéficier d'un emprunt immobilier PEL verront leur taux d'intérêt baisser de 2,7% à 2,2%, si possible et pas avant quatre ans: promesse de Hollande !

L'AFP y voit un rite ! Le Figaro, résigné

"Ce lundi 1er août n'échappe pas à la règle (sic) et apporte son lot de hausses et baisseS de tarifs [baisses au pluriel: il faudra voir si l'agence de presse gouvernementale ne fait pas de l'intox. Du travail donc pour le rhétoricien Antoine Krempf (qui "traque et décrypte les détournements, les contre-vérités et les manipulations" sur France Info ET France Inter; bientôt sur la chaîne TV publique d'info en continu) ou pour le "service Désintox", spécialistes anonymes sur Libération]. Tour d'horizon de tout ce qui change pour votre porte-monnaie," écrit l'AFP.
Commençons par la seule bonne nouvelle, la baisse des tarifs réglementés de l'électricité. Les abonnés verront leurs factures baisser de 0,5% "dès" (sic) lundi.

Fausse bonne nouvelle puisquedans le même temps et à titre rétroactif, ils devront régler une hausse des tarifs sur la période entre le 1er août 2014 et le 31 juillet 2015. Le gouvernement avait en effet décidé de limiter la hausse des tarifs. N'allez pas croire que la décision était sociale, car elle était politique: la gauche au pouvoir craignait les élections sénatoriales prévues en septembre 2014 pour la moitié des sièges de sénateurs. Appliquée par EDF à 28 millions de foyers, cette décision avait d'ailleurs été annulée par le Conseil d'État en juin 2016, après les élections perdues par la majorité, rappelle L'Express.

Dès le 13 juillet, Le Monde avait relayé la ministre de l’environnement et de l’énergie, Ségolène Royale, pour annoncer la baisse, sans mentionner l'obligation de rattrapage. Parce qu'il est un journal dit 'sérieux', l'organe de presse officieux du PS expliquait même que "le gouvernement a donc décidé de ne pas s’opposer à la baisse fixée mercredi par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour refléter la baisse des prix du marché." Dommage pour ceux et celles qui croyaient à une aide gouvernementale aux foyers les plus défavorisés: l'exécutif n'est pas spécialement sensible à la souffrance populaire écrasée d'impôts, de taxes et de hausses de tarifs. Les socio-démocrates ne font que répercuter la baisse des prix du marché. Encore heureux... 
La ministre PS de l’environnement et de l’énergie a royalement banalisé la hausse sur août 2014-juillet 2015, estimant ce rattrapage à "un euro et demi par mois sur dix-huit mois," mais à vrai dire pendant 18 mois, soit non pas 0,08 centimes d'euros par mois, mais bien 30 euros au total. C'est vrai que "ça va mieux" !

Alors que le taux du Livret A est maintenu à 0,75% jusqu'en août 2017, celui des nouveaux plans d'épargne logement passe de 1,5% à 1%. Cela est notamment dû à des taux d'intérêt au plancher.

Autre mauvaise nouvelle, pour les Franciliens

Les Franciliens paieront leur forfait Navigo trois euros de plus à partir d'aujourd'hui lundi, soit 73 euros. Le ticket de métro va quant à lui augmenter de 10 centimes, soit 1,90 euro. Augmentation également à prévoir d'ailleurs pour le carnet de tickets qui passe de 14,10 euros à 14,50 euros. "Ces hausses sont la volonté de la présidente de la région Valérie Pécresse," commente l'AFP, toute indépendante qu'elle soit. La nouvelle présidente révèle que  que la région n'a pas les moyens de financer le tarif unique "toute zone" de 70 euros mis en place par son prédécesseur Jean-Paul Huchon le 1er septembre 2015. Pécresse a dû "pallier aux [sic Le Monde toujours plus sérieux et à la convenance de la gauche intello !] 300 millions d’euros qui manquent dans la caisse du Syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF)",  à l'issue de 17 années de gestion socialiste (1998-2015). 
Ce que l'AFP ne précise pas c'est que la "volonté" de la présidente Les Républicains était de réussir à arracher au gouvernement socialiste sa cote part aux frais de sécurisation des lignes franciliennes vétustes, limitant ainsi la hausse pour l'usager. Libération titra "Comment Valérie Pécresse a augmenté le prix du passe Navigo..." Libération n'a pas hésité à attaquer la présidente victorieuse de région, l'accusant de menacer de l’instauration d'une "taxe Valls" de 10 à 15 euros. 
Les vaincus amers avaient aussi lancé une pétition contre l'élue et un second couteau de Valls, Carlos Da Silva, député de l’Essonne et président du groupe PS au Conseil régional, fit campagne contre cette augmentation de trois euros, la déclarant "inacceptable" et  "dénonçant aussi "la précipitation avec laquelle Valérie Pécresse veut augmenter le tarif unique. Elle fait passer ça au mois d’août, en pensant que les Franciliens ne s’en apercevront pas pendant leurs vacances", ce qui s'appliquent aux augmentations gouvernementales de ce jour.

Or, la présidente LR obtint du gouvernement PS sa participation, parvenant ainsi à réduire la hausse des transports. "Le prix était à 70€ seulement parce qu’on avait un déficit de 300 millions". Pour préserver les recettes de vente du Navigo avec le tarif unique mis en place par Huchon le 1er septembre 2015, le prix d’équilibre était de 80 à 85 €. Or, Valérie Pécresse a exigé du gouvernement qu’il finance l’essentiel de la dette socialiste de 300 millions et Valls avait dû s'engager, en février, à combler "le manque à gagner".

Le pass Navigo est donc à 73 euros au lieu de 85, soit une augmentation limitée à 3 euros (et même 1,5 € par mois, une fois retranchée la participation de l'employeur)

Après l'abaissement de la rémunération du Livret A de 1,25 à 0,75%,
le PEL rapportera désormais moins de 1%

"Ca va mieux"? Les plans d'épargne logement (PEL) ouverts à partir de ce lundi 1er août ne rapportent plus que 1%, contre 1,5% précédemment. Bloquée pendant ces quatre annnées de socialisme, la rémunération de ce placement passe donc de 1,26% à 0,84%, après prélèvements sociaux (15,5%). Elle est désormais très proche de celle du Livret A (0,75%), très liquide, dont le taux ne bougera pas avant le 1er août 2017 !  
Au regard de la perspective d'une augmentation modérée de l'inflation d'ici à fin 2016,  le taux du livret A devrait aussi rester inchangé au 1er février prochain". C'est la première fois que l'exécutif s'engage à maintenir le taux du Livret A inchangé pendant un an. La proximité de l'élection présidentielle au printemps 2017, n'y est sûrement pas étrangère...

Le taux du PEL connaît lui sa deuxième baisse en six mois seulement. 
En février, il avait été ramené de 2% à 1,5%. Mais il y a des raisons à tout. Les taux d'intérêt sont au plancher. Le taux de l'emprunt d'État Français à 10 ans (OAT) est proche de 0% (0,11% vendredi 29 juillet). "Si la formule de calcul du taux des PEL était appliquée, celui-ci serait de 0,25%", a fait valoir début juillet, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France.

Une rémunération qui coûte cher... aux banques
D'autant que le taux en vigueur à l'ouverture du plan est acquis définitivement. Les ménages ne s'y sont pas trompés. Ces dernières années, le placement est devenu très populaire. Quelque 900.000 personnes ont ouvert un PEL au cours du premier trimestre et surtout au cours du mois de janvier afin de bénéficier du taux qui était alors de 1,5 %. Et malgré la baisse du rendement, les épargnants ont encore placé 8,7 milliards d'euros (collecte nette) sur leur plan, au cours des cinq mois de l'année. Soit presque autant que sur leurs contrats d'assurance-vie.

"La baisse du taux du PEL est moins sensible que celle du Livret A"
En baissant à nouveau, le taux du PEL, les pouvoirs publics "ont fait un geste en direction des banques", ironise Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne, qui évoque l'affirmation populiste du candidat Hollande "mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance" (janvier 2012). Il aime encore moins les Français.

"Cela a pour objectif de réorienter l'épargne des ménages vers des placements à risques (!) plus en phase avec les besoins de l'économie réelle (des obligations ?). Le PEL, du fait d'un taux qui demeurait jusqu'à maintenant très attractif, captait une part croissante de l'épargne des ménages (...). La baisse du rendement du PEL est ainsi moins sensible que celle qui aurait pu concerner le Livret A qui aurait par nature toucher tous les épargnants".

Les nouveaux plans désormais très intéressants pour emprunter
Les PEL ouverts depuis ce lundi bénéficient par ailleurs d'un taux d'emprunt désormais très intéressant. A l'issue de la période d'épargne -bloquée pendant quatre ans-, les épargnants pourront souscrire un prêt immobilier à 2,2 % (92.000 euros au maximum pendant 2 à 15 ans), contre 2,7% précédemment. Ce taux, se rapproche de la réalité du marché des crédits immobiliers (1,6% en moyenne). Mais qu'en sera-t-il dans quatre ans lorsque les premiers emprunts pourront être souscrits? Pouvoir emprunter à ce niveau de taux pourrait devenir très avantageux, mais dans l'hypothèse d'une remontée des taux.

lundi 15 février 2016

Menaces sur EDF, surexploitée par l'Etat-actionnaire

A force, EDF, pompe à fric du pouvoir PS, pourrait avoir besoin d'une augmentation de capital

Le premier producteur d'électricité au monde peine à boucler son financement
L'Etat a saigné EDF en faisant peser sur lui, l'établissement public n'en peut plus,  entre le projet de construction de deux EPR en Angleterre, le rachat d'Areva NP et autres contraintes.

En mars 2015, le président Hollande avait voulu un "rapprochement" entre EDF et AREVA, pour sauver la multinationale de notre secteur énergie, au risque d'hypothéquer les bijoux de familles de la France:

Manuel Valls avait fait écho au président : "Areva et EDF doivent travailler ensemble," avait-il affirmé.

Nicolas Doze avait alors commenté les propos du gouvernement qui demande aux dirigeants d'Areva et d'EDF de coopérer plus étroitement pour donner un avenir à la filière nucléaire française. (Good Morning Business, du 5 mars, sur BFM Business):

En juin 2015,
alors qu'EDF est censé racheter l'activité réacteur d'Areva, le PDG d'Areva avait estimé que le compte n'y était pas:
La pression des écologistes sur le nucléaire obscurcit encore davantage l'avenir d'Areva.

En juillet 2015, le ton monta sur la prise de participation majoritaire au capital d'Areva:

Tout le monde amorçait un rapprochement sous la contrainte, en traînant les pieds:
Or, on le sait en juillet, le rapprochement Areva et EDF est une opération coûteuse:
A partir de décembre, Klépierre (société d'investissement immobilier) remplace EDF au sein du CAC 40.

Pourquoi EDF a-t-elle quitté le CAC 40 ?
 Le 21/12, selon Nicolas Doze, le géant de l'énergie a raté son épisode boursier à cause de la présence de l'Etat qui possède 85% de son capital, ce qui a limité ses opérations:
EDF rencontre des difficultés avec ses syndicats.

Vers une augmentation de capital de 5 milliards d'euros pour EDF ? 


Ce scénario, qui inquiète à la fois les marchés, l'Etat et l'électricien public, a été évoqué ce lundi matin, alors que sont publiés ses résultats 2015, mardi.
EDF pourrait avoir besoin de d'une augmentation de capital de l'ordre de 5 milliards d'euros, alors que son bénéfice net 2015 devrait être inférieur à deux milliards d'euros. Les provisions sur le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires, et de dépréciations d'actifs en Europe, sont mises en cause, a rapporté lundi Le Figaro. L'État et son électricien travaillent donc toujours aux solutions permettant de renforcer le bilan du groupe, en évitant le recours à une augmentation de capital.

L'Etat n'a malheureusement pas les moyens de ses ambitions
La direction du groupe EDF et l'État (actionnaire à 85%) ont des relations de plus en plus tendues. Certes, ce mardi, EDF publiera des résultats 2015 de bonne facture, assis sur une exploitation supérieure aux objectifs de début d'année de son parc en France, et un résultat opérationnel en croissance de plus de 3%. 
Or, le bénéfice net du groupe devrait passer sous les 2 milliards d'euros (contre 3,7 milliards en 2014), du fait notamment de 800 millions d'euros de provisions sur le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (100.000 m3 de déchets atomiques), et de dépréciations d'actifs en Europe.

Et après 2015 ?  Côté dépenses, EDF a devant lui des chantiers colossaux à financer.
L’enfouissement de déchets radioactifs à Bure coûtera 25 milliards d’euros (lien Le Monde)




L'électricien et l'État travaillent aux solutions permettant de renforcer le bilan du groupe, en évitant le recours à une augmentation de capital.

L'entreprise publique cherche des solutions qui lui permettront de respecter les engagements pris vis-à-vis des investisseurs, considérant la chute des tarifs d'électricité sur le marché, un environnement plus concurrentiel, un recul de la part des tarifs réglementés dans les revenus du groupe.
"De sources concordantes, EDF risque, à défaut de décisions, d'avoir besoin d'une augmentation de capital de l'ordre de 5 milliards d'euros. Un scénario que tout le monde espère hypothétique, mais qui circule à la fois dans l'entreprise et à Bercy," tandis que le contribuable ou/et l'usager ne soupçonnent rien. 


EDF et l'Etat cherchent à éviter  le recours à une augmentation de capital et l'Etat pourrait ainsi accepter de percevoir son dividende en actions (en 2018) - et non en numéraire -, comme cela avait déjà été le cas pour l'acompte versé à l'automne. "Sa décision pour la totalité de sa rémunération au titre de 2015 est imminente".

S'agissant de ces comptes annuels, l'électricien avait annoncé mi-janvier de nouvelles provisions supplémentaires pour 800 millions d'euros, après avoir été informé par le gouvernement de l'estimation, supérieure à sa propre prévision et à celle d'Areva AREVA.PA, du coût du site d'enfouissement des déchets radioactifs de Bure (Meuse). 

"Certes, ce mardi, EDF publiera des résultats 2015 de bonne facture, assis sur une exploitation supérieure aux objectifs de début d'année de son parc en France, et un résultat opérationnel en croissance de plus de 3 %. Mais le bénéfice net du groupe devrait passer sous les 2 milliards d'euros".

Ce mardi, lors d'une conférence avec les analystes, Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF EDF.PA, a confirmé que le groupe planche sur l'hypothèse d'un dividende payé en cash en 2018 et annonce pourtant que le programme d'investissement dans le parc nucléaire français atteindrait désormais environ 50 milliards d'euros sur dix ans, contre 55 milliards auparavant. 


Réuni  lundi 15 février pour approuver les comptes 2015, le conseil d'administration d'EDF n'a  toutefois pas prévu de prendre une décision concernant le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, en 
Grande-Bretagne, a-t-on dimanche d'une source proche du dossier. 

Avoir des ambitions est une chose. En avoir les moyens en est une autre. 
Cela, c'est pour 2015. Mais ensuite ? Les paramètres sont bien connus. Côté dépenses, EDF a devant lui des chantiers colossaux à financer.


 

dimanche 22 novembre 2015

Sabotage de l'arrivée d'électricité d'Ukraine en Crimée

L'état d'urgence est décrété en Crimée 

La livraison d'électricité ukrainienne à la région de Crimée  est totalement interrompue après la destruction de pylônes en Ukraine. 

Les autorités de la république de Crimée ont décrété l'état d'urgence dans la péninsule dans la nuit de samedi à dimanche, suite à la coupure totale de l'électricité venant d'Ukraine. Le ministère russe des Situations d'urgence a précisé que deux lignes à haute tension sont affectées et que 1,9 million d’habitants sont privés d’électricité. Depuis  le référendum d'autodétermination de la Crimée en 2014, l'Ukraine multiplie les mesures asphyxiant la sécessionniste: coupures d'électricité, suppressions de trajets en train et en car, etc... avec le soutien de pays européens.

Des attaques contre une ligne à haute tension, dans l'oblast de Kherson, sur le continent en direction de la Crimée, avaient déjà été recensées vendredi, conduisant à la fermeture de deux des quatre lignes approvisionnant la Crimée, rapporte l'agence Belga (à la différence de l'AFP et de ses petits copistes des organes de presse français). Deux nouveaux mâts ont été endommagés samedi par des auteurs inconnus, rapporte l'agence Tass. Depuis 00h20 dimanche (heure locale), toutes les parties habitées de la péninsule sont plongées dans la pénombre. 

Un sabotage aux explosifs ?

"Les générateurs de la république de Crimée ont été mis en marche. A 01h20, les villes de Simféropol, Yalta et Saki sont partiellement connectées", a précisé le ministère.

Selon les media russes, deux pylônes ont été détruits par des nationalistes ukrainiens dans la région de Kherson, en Ukraine, au nord de la Crimée annexée par Moscou en mars 2014. De leur côté, les media ukrainiens rapportent que le secteur où se trouvent les pylônes a été le théâtre d'échauffourées entre la police paramilitaire et des militants du mouvement nationaliste d'extrême droite Pravy sektor (Secteur droit).
La compagnie énergétique d'Etat ukrainienne, Ukrenergo, a également publié des photos d'un pylône électrique abattu et d'un autre endommagé. Selon elle, la nature des dégâts évoque un sabotage avec un possible "usage d'engins explosifs".

La Crimée fait partie de l'empire russe depuis la fin de du XVIIIe siècle et de l'Union des républiques socialistes soviétiques depuis 1922

La péninsule de Crimée, auparavant république autonome et russophone de l'Ukraine, a été rattachée à la Fédération de Russie, après un référendum réclamé par les habitants de Crimée à la suite du renversement à Kiev du président Ianoukovitch par des rebelles pro-occidentaux. En 1954, la Crimée avait été cédée à la République socialiste soviétique d'Ukraine par un décret soviétique: Nikita Khrouchtchev avait voulu "sceller l’union indéfectible des peuples frères". Après la chute du régime soviétique d'URSS en 1991, la Crimée avait obtenu le statut de République autonome de Crimée au sein de l'Ukraine indépendante. En 2014, la population -russophone- a obtenu sa réintégration à la Russie en tant que sujet fédéral.