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samedi 3 mars 2018

Bure: des opposants au nucléaire vont au clash avec les forces de l'ordre

La presse dite d'information n'avait pas pris la peine de rappeler cette mobilisation annoncée

Des 
opposants à un projet d'enfouissement des déchets nucléaires du parc français ont créé des échauffourées avec les 
forces de l'ordresamedi après-midi.

Ce grand rassemblement à Bure étaient prévu pour ce premier week-end de mars depuis le début de l'année. Approchant à travers les champs du bois Lejuc, épicentre de la contestation dans le nord-est de la France, des opposants ont lancé des projectiles en direction de l'important dispositif des forces de l'ordre qui bloquaient l'accès à la forêt. Les gendarmes ont répliqué en lançant des grenades lacrymogènes.

Peu après, le gros du cortège de quelques centaines de manifestants, qui s'était mis en route vers 15h00 depuis la commune de Mandres-en-Barrois, a rebroussé chemin vers la route. Quelques opposants continuaient toutefois de s'en prendre aux forces de l'ordre, sous un épais nuage de fumée.

La préfecture de la Meuse avait pris jeudi soir un arrêté interdisant "toute manifestation" samedi et dimanche dans le secteur, en raison de la perspective de "troubles graves à l'ordre public". Une interdiction qu'ont décidé de braver les opposants à ce projet baptisé Cigéo.

Dans la matinée, environ 300 manifestants, selon la police, avaient marché dans le calme entre la localité de Bure et celle de Mandres-en-Barrois, où se situe le bois Lejuc. 
Le site de Bure a été choisi en 1998 pour accueillir un laboratoire souterrain qui doit préparer l'enfouissement à 500 mètres sous terre des déchets nucléaires les plus radioactifs ou ayant une longue durée de vie du parc français.Sur quelque 221 hectares, le bois et ses abords ont été retenus par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en vue de l'installation des cheminées d'aération du laboratoire. L'Andra a prévu de réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de collecter des données avant de déposer une demande d'autorisation officielle de création du site, prévue pour 2019.
Depuis le lancement du projet, les manifestations d'opposants se sont multipliées et des recours judiciaires ont été intentés pour empêcher le début des travaux. En août, des affrontements avaient fait six blessés parmi les opposants et deux parmi les gendarmes.

La préfète de la Meuse (nord-est), Muriel Nguyen, avait déclaré vendredi que "plus de 700 opposants (étaient) attendus" samedi et dimanche, dont "un nombre important" présente un "profil extrêmement inquiétant". "Il existe un fort risque d'affrontements avec les forces de l'ordre stationnées aux abords du bois", avait affirmé la préfète.

"Au vu du dispositif militaire déployé pour entraver la tenue de ces rencontres, nous dénonçons fermement la stratégie de la tension mise en place par les autorités et redoutons les conséquences d'une répression qui semble d'ores et déjà planifiée", avait de son côté réagi plus tôt samedi le Réseau Sortir du Nucléaire.

lundi 15 février 2016

Menaces sur EDF, surexploitée par l'Etat-actionnaire

A force, EDF, pompe à fric du pouvoir PS, pourrait avoir besoin d'une augmentation de capital

Le premier producteur d'électricité au monde peine à boucler son financement
L'Etat a saigné EDF en faisant peser sur lui, l'établissement public n'en peut plus,  entre le projet de construction de deux EPR en Angleterre, le rachat d'Areva NP et autres contraintes.

En mars 2015, le président Hollande avait voulu un "rapprochement" entre EDF et AREVA, pour sauver la multinationale de notre secteur énergie, au risque d'hypothéquer les bijoux de familles de la France:

Manuel Valls avait fait écho au président : "Areva et EDF doivent travailler ensemble," avait-il affirmé.

Nicolas Doze avait alors commenté les propos du gouvernement qui demande aux dirigeants d'Areva et d'EDF de coopérer plus étroitement pour donner un avenir à la filière nucléaire française. (Good Morning Business, du 5 mars, sur BFM Business):

En juin 2015,
alors qu'EDF est censé racheter l'activité réacteur d'Areva, le PDG d'Areva avait estimé que le compte n'y était pas:
La pression des écologistes sur le nucléaire obscurcit encore davantage l'avenir d'Areva.

En juillet 2015, le ton monta sur la prise de participation majoritaire au capital d'Areva:

Tout le monde amorçait un rapprochement sous la contrainte, en traînant les pieds:
Or, on le sait en juillet, le rapprochement Areva et EDF est une opération coûteuse:
A partir de décembre, Klépierre (société d'investissement immobilier) remplace EDF au sein du CAC 40.

Pourquoi EDF a-t-elle quitté le CAC 40 ?
 Le 21/12, selon Nicolas Doze, le géant de l'énergie a raté son épisode boursier à cause de la présence de l'Etat qui possède 85% de son capital, ce qui a limité ses opérations:
EDF rencontre des difficultés avec ses syndicats.

Vers une augmentation de capital de 5 milliards d'euros pour EDF ? 


Ce scénario, qui inquiète à la fois les marchés, l'Etat et l'électricien public, a été évoqué ce lundi matin, alors que sont publiés ses résultats 2015, mardi.
EDF pourrait avoir besoin de d'une augmentation de capital de l'ordre de 5 milliards d'euros, alors que son bénéfice net 2015 devrait être inférieur à deux milliards d'euros. Les provisions sur le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires, et de dépréciations d'actifs en Europe, sont mises en cause, a rapporté lundi Le Figaro. L'État et son électricien travaillent donc toujours aux solutions permettant de renforcer le bilan du groupe, en évitant le recours à une augmentation de capital.

L'Etat n'a malheureusement pas les moyens de ses ambitions
La direction du groupe EDF et l'État (actionnaire à 85%) ont des relations de plus en plus tendues. Certes, ce mardi, EDF publiera des résultats 2015 de bonne facture, assis sur une exploitation supérieure aux objectifs de début d'année de son parc en France, et un résultat opérationnel en croissance de plus de 3%. 
Or, le bénéfice net du groupe devrait passer sous les 2 milliards d'euros (contre 3,7 milliards en 2014), du fait notamment de 800 millions d'euros de provisions sur le projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (100.000 m3 de déchets atomiques), et de dépréciations d'actifs en Europe.

Et après 2015 ?  Côté dépenses, EDF a devant lui des chantiers colossaux à financer.
L’enfouissement de déchets radioactifs à Bure coûtera 25 milliards d’euros (lien Le Monde)




L'électricien et l'État travaillent aux solutions permettant de renforcer le bilan du groupe, en évitant le recours à une augmentation de capital.

L'entreprise publique cherche des solutions qui lui permettront de respecter les engagements pris vis-à-vis des investisseurs, considérant la chute des tarifs d'électricité sur le marché, un environnement plus concurrentiel, un recul de la part des tarifs réglementés dans les revenus du groupe.
"De sources concordantes, EDF risque, à défaut de décisions, d'avoir besoin d'une augmentation de capital de l'ordre de 5 milliards d'euros. Un scénario que tout le monde espère hypothétique, mais qui circule à la fois dans l'entreprise et à Bercy," tandis que le contribuable ou/et l'usager ne soupçonnent rien. 


EDF et l'Etat cherchent à éviter  le recours à une augmentation de capital et l'Etat pourrait ainsi accepter de percevoir son dividende en actions (en 2018) - et non en numéraire -, comme cela avait déjà été le cas pour l'acompte versé à l'automne. "Sa décision pour la totalité de sa rémunération au titre de 2015 est imminente".

S'agissant de ces comptes annuels, l'électricien avait annoncé mi-janvier de nouvelles provisions supplémentaires pour 800 millions d'euros, après avoir été informé par le gouvernement de l'estimation, supérieure à sa propre prévision et à celle d'Areva AREVA.PA, du coût du site d'enfouissement des déchets radioactifs de Bure (Meuse). 

"Certes, ce mardi, EDF publiera des résultats 2015 de bonne facture, assis sur une exploitation supérieure aux objectifs de début d'année de son parc en France, et un résultat opérationnel en croissance de plus de 3 %. Mais le bénéfice net du groupe devrait passer sous les 2 milliards d'euros".

Ce mardi, lors d'une conférence avec les analystes, Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF EDF.PA, a confirmé que le groupe planche sur l'hypothèse d'un dividende payé en cash en 2018 et annonce pourtant que le programme d'investissement dans le parc nucléaire français atteindrait désormais environ 50 milliards d'euros sur dix ans, contre 55 milliards auparavant. 


Réuni  lundi 15 février pour approuver les comptes 2015, le conseil d'administration d'EDF n'a  toutefois pas prévu de prendre une décision concernant le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, en 
Grande-Bretagne, a-t-on dimanche d'une source proche du dossier. 

Avoir des ambitions est une chose. En avoir les moyens en est une autre. 
Cela, c'est pour 2015. Mais ensuite ? Les paramètres sont bien connus. Côté dépenses, EDF a devant lui des chantiers colossaux à financer.


 

dimanche 12 juillet 2015

Notre-Dame-des-Landes: 15.000 militants se sont encore mobilisés contre le projet

Pour les opposants, le projet d’aéroport est contraire aux objectifs de la COP21

Pour réclamer l'abandon du projet Ayrault d'aéroport à Nantes,
des milliers d'opposants à l'aéroport étaient rassemblés samedi 11 et dimanche 12 juillet sur le site du projet contesté. Ils estiment cet l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes néfaste pour l'environnement. A l'entrée du site, à Vigneux-de-Bretagne (Loire-Atlantique), où était organisé le quinzième rassemblement estival annuel des opposants au transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, une grande banderole proclame "Chauffe la lutte, pas le climat." "Abandonner le projet de Notre-Dame-des-Landes, c'est totalement dans l'esprit de la conférence climat (la COP 21, qui se tient à la fin de l'année, d'une part parce qu'on devrait diminuer les vols d'avions pour baisser l'émission des gaz à effet de serre, et parce qu'on doit ici préserver la zone humide exceptionnelle", déclare Françoise Verchère, co-présidente du CEPDA (Collectif des élus doutant de la pertinence de l'aéroport), l'un des organisateurs de ce rassemblement. "Si on prétend lutter contre le réchauffement climatique, il faut abandonner les mauvais projets et Notre-Dame-des-Landes en est un", ajoute Mme Verchère, appelant l'exécutif à "agir en acte contre les modifications climatiques".

Les déclarations des responsables politiques -notamment la ministre Ségolène Royal- en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique sont en contradiction majeure avec la réalité des politiques économiques et des projets d’infrastructures, de transport en particulier. Ce site de 1.650 hectares, une zone humide à 98 %, "a été choisi il y a bien longtemps, à un moment où, certes, on ne se préoccupait pas de l'eau. Mais aujourd'hui, l’État, la région et Vinci Airports ne peuvent plus jouer avec l'environnement, sinon on va dans le mur, car on n'a pas des ressources inépuisables, fait valoir Bernard, un sexagénaire habitant une commune limitrophe de Notre-Dame-des-Landes. Pour lui, le rassemblement des opposants à l'aéroport est "la première étape" de la conférence de l'ONU sur le climat, "un exercice grandeur nature", car "on est en train de faire le contraire de ce qu'on prétend, (...) les gouvernants vont prêcher l'écologie, mais surtout pas la pratiquer".

"Ne rien lâcher"

Sur la quarantaine de débats et forums prévus tout le week-end, une large part était consacrée à l'écologie et au climat. D'autres ont dressé un "état des lieux de la lutte" contre le projet d'aéroport, mais aussi contre d'autres "grands projets inutiles", comme la ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin, le site d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), Sivens, mais aussi le Center Parcs à Roybon (Isère). "Ce rassemblement est devenu une véritable université populaire, il dépasse largement le seul problème de Notre-Dame-des-Landes (...). Ici, on parle de démocratie, de prises de décision, de problèmes environnementaux, de climat", souligne Françoise Verchère.

"C'est l'occasion de se remobiliser, voir quelles sont les luttes en France et ailleurs. (...) et prouver que rien n'est fini", affirme un habitué de ce rassemblement, Julien, venu du Maine-et-Loire. Ce "rendez-vous devenu incontournable" et qui permet de "garder la mobilisation intacte" revêt un caractère "particulier" cette année, le tribunal administratif de Nantes devant rendre vendredi ses jugements dans le volet environnemental du projet, remarque Julien Durand, porte-parole de l'ACIPA (Association citoyenne intercommunale de populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes), principale association d'opposants.

Dix-sept requêtes au total ont été déposées pour demander l'annulation de cinq arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux du futur aéroport. Lors de l'audience, le 18 juin, le rapporteur public a préconisé le rejet des recours déposés par les opposants, estimant que le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne présentait pas d'atteinte environnementale majeure, mais qu'au contraire il y avait des "raisons impératives d'intérêt public à l'aménagement d'un nouvel aéroport". La construction du futur aéroport, dont l'inauguration était initialement prévue en 2017, a été suspendue dans l'attente de l'épuisement des recours déposés par les opposants.


Un seul et même combat au Bourget,
au nord de Paris, où se tiendra la Conférence des Nations unies sur le climat, la COP21, et à NDDL

"Les transports aériens sont les passagers clandestins de la lutte contre le réchauffement climatique, on les exonère de tout, a rappelé Lorelei Limousin, du Réseau action climat (RAC), lors du meeting central, dimanche matin. L’absence de taxe sur le gazole destiné à l’aérien fait perdre 550 millions d’euros par an au gouvernement, auxquels on peut ajouter la TVA réduite sur les billets d’avion, 600 millions d’euros, soit plus d’un milliard de manque à gagner." Et de poursuivre, sous les applaudissements des centaines de militants présents sous un grand chapiteau : "Air France est l’un des mécènes de la COP21, on croit rêver !"  

Les responsables politiques présents, d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), du Parti de gauche (PG) et du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), ont enfoncé le clou. 
"La lutte contre le dérèglement climatique, c’est dans nos publicités, dans notre communication", disent les grands groupes, Air France, BNP Paribas qui investissent dans les énergies fossiles dans le monde, EDF, GDF-Suez, etc., mais en réalité, ils s’opposent à tout projet d’économie d’énergie, a estimé Yannick Jadot, député européen EELV. Ils disent oui, mais "pas ici, pas maintenant, pas comme ça'."

Martine Billard (PG) a taclé de ceux qui "veulent vendre des aéroports verts". « On nous vend même du nucléaire durable; pour être durable, le nucléaire est vraiment durable", ironisa-t-elle. Selon elle, toute la planète ne peut pas voyager, malheureusement, à la découverte de tous les pays du monde. "Il y a des limites, notre planète a des limites, et il faut faire des choix, c’est l’enjeu de la COP21", a-t-elle souligné. 

Pour la représentante du NPA, Christine Poupin, la question de "l’expropriation de ces grands groupes capitalistes" est posée.

Au-delà des déclarations politiques, facilitées par l’adhésion totale du public, le week-end de mobilisation contre le projet de Notre-Dame-des-Landes – et autres "grands projets inutiles", tels que  le Center Parc de Roybon (Isère), le barrage de Sivens (Tarn, où les agriculteurs souffrent actuellement de sécheresse)… sans oublier "l’usine" des mille vaches a été l’occasion d’un intense travail sur les argumentaires.

Les rendez-vous judiciaires

Tous les intervenants des dizaines de forums organisés sous les six chapiteaux du site ont exprimé leur opposition aux projets en cours. Le lien avec la lutte contre le réchauffement climatique, à cinq mois de la COP21, est permanent, souligné par la présence des responsables de la Coalition Climat 21 et des militants d’Alternatiba qui sont en train de réaliser, à vélo, leur tour de France militant.

"Un Airbus A 320 engloutira autant d’énergie en une heure à son décollage que moi en vingt ans dans mon exploitation agricole, résumait Daniel Durand, de la Confédération paysanne, très marquée à gauche. Pour rejoindre New York, il lui faudrait 150 ha de colza, 300 si on veut qu’il revienne. Alors, inutile de penser aux biocarburants pour le transport aérien."

Et puis il y a l’actualité du dossier de Notre-Dame-des-Landes. Vendredi 17 juillet 2015, le tribunal administratif de Nantes doit rendre sa décision sur les dix-sept derniers recours déposés par les opposants au projet d’aéroport. La veille, c’est le tribunal administratif de Grenoble, qui jugera des recours des opposants au Center Parc de Roybon.

Des compromis politiques

"Si l’avis nous est défavorable, comme le rapporteur public l’a suggéré, alors nous ferons appel. Et selon l’accord politique scellé avec le président de la République et les premiers ministres qui se sont succédés, aucun chantier ne pourra démarrer avant l’épuisement de toutes les démarches juridiques", rappelle, serein mais déterminé, Julien Durand, agriculteur et figure emblématique de l’ACIPA.

Autour des vastes prairies de La Pâquelais, où les opposants ont installé le rassemblement, des dizaines d’occupants de la zone à défendre (ZAD), répartis entre les fermes et les nombreuses cabanes disséminées dans le bocage, attendent eux aussi la suite, avec la ferme intention de ne pas laisser la place, un jour, aux engins de chantier.

En mars 2014, Royal suggéra un "référendum local"
"Pourquoi pas là aussi un référendum local au niveau départemental ?", avait lancé la ministre de l'Ecologie sur BFMTV"Dans le cadre de la réforme des procédures que je suis en train de réaliser, il y aura la possibilité d'ouverture pour les maîtres d'ouvrage de recourir à un référendum. (...) Pourquoi pas (sur Notre-Dame-des-Landes), comme sur les autres sujets ?"
Où est passé son ballon d'essai ?