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jeudi 22 décembre 2016

L'expérimentation d'un kilomètre de route solaire en Normandie interpelle le contribuable

Une première mondiale, coup de com' coûteux

L’ensemble des travaux a été couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros, hors taxe…

Ce qui compte pour l'étranger, c'est que cette première mondiale est financée par les Français, 
Installation dans un sens d'une départementale à deux voies
plus soucieux de prestige que de dette publique. La ministre illuminée de l’environnement, Ségolène Royal, va inaugurer ce jeudi la première route solaire au monde dans un petit village normand de 3.400 habitants, près de Mortagne (si ça vous parle). En fait, un tronçon routier de 1 km recouvert de panneaux photovoltaïques. 
Elle n'a pas payé ses dettes en région Poitou-Charentes qu'elle creuse déjà un nouveau trou financier dans l'Orne.  
Ségolène Royal pose au volant d'un prototype de véhicule électrique, en octobre 2008, lors de la présentation de voitures "propres" à bas coût développées par des entreprises de la région Poitou-Charentes.
Après le coup de la voiture électrique, la Renault Zoé qui a reçu le soutien "important et inconditionnel" de l'ancienne présidente du Poitou-Charentes, mais qui a tourné au fiasco et au gouffre financier, Royal remet ça dans le solaire en Normandie.

Si elle confirme des irrégularités financières, la chambre régionale des Comptes de Nouvelle Aquitaine ne parle plus d’insincérité des comptes à propos de la situation financière jusqu'ici jugée "désastreuse" de la région que l'actuelle ministre présidait. 
Cette technologie, encore en phase test, est expérimentée en France par l'entreprise Colas, filiale de Bouygues, pour laquelle travaillent également des Néerlandais, des Américains et des Allemands. 
La fabrication d'un panneau photovoltaique destiné à la première route solaire en Normandie.Mais, à partir de jeudi, les 2.000 automobilistes en moyenne qui empruntent  quotidiennement la RD5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un km sur des dalles solaires encollées sur l'asphalte. Au coeur ce revêtement, les feuilles de silicium - un semi-conducteur qui n'existe pas naturellement à l'état libre sur la Terre et qu'il faut donc produire par électrométallurgie et consommation d'électricité - générant le courant sont enrobées dans une résine protectrice qui, affirment les partenaires de Wattway, les rend "capables de supporter la circulation de tout type de véhicule, y compris les poids lourds", tout en assurant une bonne adhérence entre les pneus et la chaussée.
L’idée de dérouler des panneaux solaires sur le réseau routier n’est pas neuve. Voilà plus de dix ans que l'idée d'un couple d’Américains de l’Idaho, Scott et Julie Brusaw, est de produire de l’électricité sans empiéter sur les surfaces agricoles ou les espaces naturels. Ce couple avait ouvert la voie en créant la société Solar Roadways. Depuis, des initiatives similaires ont été lancées dans plusieurs pays, notamment à Berlin ou dans la banlieue d’Amsterdam. Les Pays-Bas ont mis en place il y a deux ans une piste cyclable de 70 mètres au nord d’Amsterdam et ont pour projet l’installation de routes photovoltaïques pour 2018. En Allemagne, une installation test sera expérimentée à l’été 2017 à Cologne. Aux Etats-Unis, le Missouri travaillerait à l’installation d’une petite portion de dalles solaires sur un trottoir.
Mais, jusqu’ici, les expérimentations n’ont été réalisées que sur de très petites sections de route. Le concept a changé d’échelle, avec le projet Wattway porté par l’entreprise de travaux publics Colas (groupe Bouygues) et l’Institut national de l’énergie solaire (INES) qui associe le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et l’université de Savoie. A l'issue de cinq années de recherche et de tests menés en Vendée, dans les Bouches-du-Rhône et dans les Yvelines (sur des surfaces nettement plus petites: 50 à 100 m²), la route solaire normande va constituer le véritable banc d’essai.
L’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants...

Ces 2.800 m2 de dalles à l'aspect de carrelage plastifié sur un kilomètre doivent permettre de produire l’équivalent de l’éclairage public d’une ville de 5.000 habitants, mais à des fins de circulation routière, selon la direction de Wattway. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre. L’ensemble des travaux est couvert par une subvention d’Etat de 5 millions d’euros.


A chaque fois, le concept est de coller sur la route des panneaux solaires protégés par une résine pour produire de l’électricité. Avantage du choix de cette portion de route départementale : la production d’électricité ne gêne personne sur ces surfaces qui ne sont en moyenne occupées par les voitures que 20 % du temps, selon Colas. Avec un million de km de routes, la France pourrait ainsi en théorie accéder à l’indépendance énergétique en pavant le quart de ses routes, met en avant la société. 

Ce projet, sans précédent au monde par sa taille, suscite pourtant des critiques 

Le financement, de 5 millions d’euros, a en effet été assuré par une subvention de l’Etat. Hors taxe, précise le conseil départemental.
Surtout, il reste à Ségolène Royal de trouver le  modèle économique adéquat. "Aujourd’hui Wattway est à 17 euros le watt-crête (unité de mesure de l’énergie solaire) raccordé", selon Jean-Charles Broizat, contre 1,3 euro pour le solaire en grande toiture, selon le syndicat des énergies renouvelables (SER) pourtant plutôt porté à l'enfumage de l'opinion et des acteurs politiques.
A 5 millions d’euros le kilomètre, la perspective, envisagée par la ministre, de paver de silicium 1.000 km de routes exigerait d’y consacrer 5 milliards d’euros, hors taxes. Et la taxe autoroutière serait mise sur orbite... Cela, alors que le prix du watt-crête (puissance maximale) raccordé se monte, pour l’actuelle route solaire, à 17 euros contre seulement 1,30 euro pour le photovoltaïque posé en grande toiture, rappelons-le, et moins de 1 euro pour les installations au sol.

Techniquement, le rendement énergétique des panneaux à plat est en outre incertain: ils produisent moins d’électricité que les panneaux inclinés. Pour "300 kWh installés", les dalles Wattway produisent "5 à 10 kW de moins" que les panneaux implantés sur les toitures, explique Jean-Charles Broizat, directeur de Wattway. 
Et quand la route devient centrale photovoltaïque, il ne faut pas évoquer les cas de bouchons routiers qui plantent les véhicules électriques au milieu de nulle part dès lors qu'ils ne produisent plus leur propre énergie.

Un "gadget"  
Ce sont bien les performances de cette infrastructure, au regard de son coût, que mettent en cause certains experts. "Il s’agit sans doute d’une prouesse technique, mais, pour développer les renouvelables, il y a d’autres priorités qu’un gadget dont on est certain qu’il est très cher sans être sûr qu’il marche", pense Marc Jedliczka, vice-président du Réseau pour la transition énergétique (CLER) et directeur général de l’association Hespul, spécialisée dans le photovoltaïque.

Les réalistes attendent aussi de voir si les panneaux résisteront effectivement

avec le temps et sortis des laboratoires, à un passage intensif de poids-lourds et aux intempéries, neige et verglas. 
Ségolène Royal laissera-t-elle à son successeur ou assumera-t-elle personnellement la réactivation des portiques électroniques - abandonnés le long des autoroutes - et relancera-t-elle à la fois les taxes aux péages d'autoroutes et l'écotaxe poids-lourds laquelle avait enflammé les routes en 2015 ?

dimanche 20 novembre 2016

Vents violents dans l'Ouest : 20.000 foyers privés d'électricité en Bretagne

Dommage pour les Normands: ils ne votent pas à gauche, ni contre les centrales nucléaires

33.000 foyers privés d'électricité en Normandie et 19.000 autres en Bretagne après les vents violents qui ont balayé les deux régions, dimanche matin.

Des rafales atteignent jusqu'à 160 km/h, a-t-on appris auprès d'Enedis (ex-ERDF).
Les différentes préfectures faisaient principalement état de chutes d'arbres et de toitures arrachées. Pour l'heure, elles ne signalaient ni victime, ni d'accident sérieux.
Sur son compte Twitter, Enedis, qui gère le réseau de distribution d'électricité, annonce que "suite aux vents violents, 25.000 clients (sont) privés d'électricité à 8 heures sur la Normandie".

Ces coupures touchent principalement le département de la Manche en Normandie. Selon la préfecture, 15.000 à 18.000 foyers en sont victimes.

Côté breton, 9.100 foyers dans le Morbihan, 5.200 dans le Finistère, 2.300 dans les Côtes d'Armor et 2.100 en Ille-et-Vilaine sont privés de courant, soit un total de 18.700, toujours selon la direction régionale d'Enedis.

300 professionnels sont sur le terrain pour rétablir le courant, assure Enedis Bretagne.

Après avoir placé la Bretagne en vigilance orange au cours de la nuit de samedi à dimanche, Météo-France a levé son alerte dimanche matin. Elle a également été levée pour la Mayenne et l'Orne.
Dimanche matin, dix départements du quart nord-ouest et trois du centre-est de la France restaient toutefois placés en alerte orange pour vents violents.

En plus du Calvados, de l'Eure, de la Manche, du Nord, du Pas-de-Calais, de la Seine-Maritime et de la Somme placés dès samedi matin en alerte orange, Météo-France a en revanche élargi ce niveau de vigilance à trois autres départements dimanche matin : la Loire, la Haute-Loire et le Rhône. La fin de l'alerte est prévue au plus tôt lundi à 21h00.

Selon Météo-France, il s'agit d'"une tempête commune en mer, de l'Atlantique à la Manche, et (d'un) fort coup de vent sur le nord-ouest de la France". Il s'agit, précise-t-elle, d'un "événement se produisant trois à quatre fois par an".
"Une nette accalmie a gagné la Bretagne en cette fin de nuit. Elle s'esquisse sur la Mayenne et l'Orne où elle va se confirmer dans les prochaines heures. Sur le reste de la Normandie, il y aura encore de fortes rafales de vent de sud-ouest atteignant 120 à 140 km/h près des côtes, 90 à 100 km/h dans les terres. Sur le littoral, les rafales atteignent 110 à 130 km/h, et pourront même approcher 140 km/h sur les caps en cours de matinée de dimanche", disent les prévisionnistes. 

"Au fil de cette journée de dimanche, le vent de sud va se renforcer de l'est de la Haute Loire au bassin lyonnais, les rafales pourront dépasser les 80 km/h. En soirée et nuit, le vent y deviendra violent : des plateaux de Haute Loire à l'agglomération de Saint-Etienne et à la vallée du Gier et jusqu'au sud de l'agglomération lyonnaise, des rafales dépasseront les 100 km/h, plus ponctuellement 110 à 115 km/h. Cet épisode de vent violent se poursuivra en journée de lundi", toujours selon Météo-France.

lundi 14 décembre 2015

Régionales: les triangulaires, voire les quadrangulaires, qui ont profité à la gauche

Des régions gagnées par la gauche avec des voix de droite

Des scrutins incertains ont eu lieu dimanche dans huit régions et en Outremer

La Gauche pouvait espérer conserver plusieurs régions non disputées, comme 
en Aquitaine/Limousin-Poitou-Charente.
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Le socialiste Alain Rousset comptait paisiblement garder à gauche la région, malgré la forte poussée du Front national (23,2%). Arrivé en tête dans les 12 départements de la Grande Région ALPC et à... Bordeaux, le président sortant de l'Aquitaine a fusionné sa liste avec l'extrême gauche, celle d'EELV (5,6%), qui ne pouvait pas lui assurer un renfort consistant, et celles du Front de Gauche, qui a même manqué la barre des 5% au premier tour. Les apports de la gauche extrême n'étaient pas décisifs. En revanche, la complicité passive d'Alain Juppé (LR), maire de Bordeaux, et de François Bayrou (MoDem), maire de Pau, qui n'ont pas pesé, n'a laissé aucune chance à Virginie Calmels, 44 ans, sa première adjointe et candidate de l'Union de la droite et du centre: ancienne dirigeante d'Endemol ou de Numéricable et novice en politique, elle a obtenu 27,2% des voix au premier tour contre seulement 34,06% au second tour. Rousset est passé de 30% à 44,3%, grâce à l'extrême gauche et aux abstentionnistes ?
Et quand Bartolone se fait étendre, après avoir discriminé 
la "race blanche" et stigmatisé la "danse du ventre" des femmes,
qu'est-ce qu'on fait, on le garde ?
Une faible progression entre les deux tours qui interpelle, quand le socialiste fait 44,27%. Des voix de Les Républicains-UDI-MoDem-CPNT ont-elles assuré la victoire de la gauche ? Isabelle Balkany pointe d'ailleurs Alain Juppé qu'elle associe à la défaite de sa protégée. Il dit d'ailleurs sont intention de récompenser sa candidate de son sacrifice. Pour donner le change elle a dénoncé la... "politique politicienne".
En Auvergne-Rhône-Alpes, le duel était serré entre Wauquiez (LR) et Queyranne (PS): un dernier sondage donnait une avance si légère au candidat de la droite, Laurent Wauquiez, sur son adversaire socialiste avec 38% et 37% d'intentions de vote qu'elle n'était pas significative, mais loin devant le candidat FN, Philippe Boudot, également présent au second tour, crédité d'environ 25%.
Arrivé largement en tête au premier tour, avec 31,7% des voix, Laurent Wauquiez (LR-UDI-MoDem) ne disposait pas d'une grande réserve de voix. Devancé dimanche 6 décembre, avec 23,9%, Jean-Jack Queyranne a rallié pour sa part les listes PCF (5,39%) et EELV-PG (6,9%) dans la semaine et lancé un appel aux électeurs centristes. Un scénario à l'identique de l'Aquitaine, mais une issue inverse le 13 décembre qui relance les soupçons.

En Centre-Val-de-Loire, le second tour était également ouvert entre les listes de droite et de gauche et celles du FN menée par Philippe Loiseau, sortie en tête avec 30,49% au 1er tour.
Arrivée en troisième position avec 24,31%, la liste PS-PRG était cependant arithmétiquement en position de l'emporter,
si  un bon report des électeurs qui ont porté leur voix sur les listes d'EELV-Nouvelle Donne (6,6%) et du Front de gauche (4,59%) avait suffi, après accord de la dernière heure entre ces trois formations.
Menée par Philippe Vigier (UDI) épaulé par Guillaume Peltier (LR), la liste de la droite et du centre (26,25% au premier tour) ne dispose pas des mêmes réserves de voix et devait compter sur un sursaut de participation pour espérer l'emporter.

Or, François Bonneau, PS-PRG, qui avait reçu le surnom de 'Monsieur 7 %' aux élections régionales de 2010 au vu de d'un sondage de notoriété, a pourtant réuni 35,43 % des voix avec sa liste d’union de gauche, dimanche 13 décembre.

Et miracle, le 'révérend Bonneau' devance d'un point la liste d’union de droite de Philippe Vigier (34,58 % des voix) et la liste FN de Philippe Loiseau (30 %), mais gagne . Les abstentionnistes repentis commence à avoir bon dos, car il prend plus de 9 points entre les deux tours, sans Michel Sapin, ancien député de l’Indre, président démissionnaire de la région qui l’a fait héritier en septembre 2007, sans Marisol Touraine, ancienne députée d’Indre-et-Loire, sans Manuel Valls, qui avait aussi été déclaré indésirable en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le gouvernement peut se poser des questions sur la validité des sondages de popularité d'après attentats... Les Républicains, l’UDI et le Modem avaient rassemblé 26,25% des suffrages et ne gagnent qu'à peine plus de huit points, malgré le soutien de François Fillon, mercredi...

En Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées
, le FN pose désormais problème.

Ex-secrétaire d'Etat de Manuel Valls, Carole Delga était donnée favorite dans ce territoire fusionné traditionnellement ancré à gauche, même si elle est arrivée deuxième au premier tour (24,41%) face au vice-président du FN? Louis Aliot (31,83%). Faute de réserve de voix, le Perpignanais semblait pas en capacité d' achever la bascule de cette nouvelle grande région qu'il se félicitait d'avoir fait "vaciller" au soir du premier tour. Or, le politologue Dominique Reynié, candidat de la droite qui s'est maintenu malgré sa troisième place (18,84%),  jugé hors course et abandonné de tous, les experts n'avaient pas envisagé que Delga puisse l'emporter en Midi-Pyrénées, mais subir la domination du FN en Languedoc-Roussillon. Lire PaSiDupes sur  le fracture de la super région.

La Normandie
: p'têtre ben qu'oui, 
p'têtre ben que non


Avec un score de 23,52% au premier tour, le président sortant de Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol (PS), pouvait néanmoins compter l'emporter, bien qu'arrivé 3e, du fait du "front anti-FN", d'autant qu'il disposait d'une réserve de voix de 12% cumulées entre le Front de Gauche et EELV au premier tour, soit 35,5%.

Pour amplifier son léger avantage (27,91%) et sauver l'honneur des centristes, Hervé Morin espérait récupérer des voix des abstentionnistes, notamment dans les grandes villes, pour contrer la dynamique du FN.
Alors qu'une première estimation Ipsos-Steria donnait évidemment la gauche en tête en Normandie, c'est finalement Hervé Morin (député UDI) qui l'a méritée. Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur, l'ancien ministre de la Défense obtient 36,4% des voix au second tour des élections régionales, un gain de 6,5 points. Son rival socialiste et président sortant de Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol échoue à 36,1%, soit un peu plus de 4.000 voix d'écart de moins d'un point (0,9%) sur l'apport escompté de l'extrême droite. Troisième, le candidat FN Nicolas Bay obtient 27,5% des suffrages.
"J'ai vécu une soirée électorale comme jamais j'en avais vécu", a reconnu l'ancien ministre de la Défense, 54 ans, sur France Bleu. "La mobilisation de l'entre deux tours a rebattu toutes les cartes", a souligné Pascal Buléon, politologue de l'université de Caen, sur France Bleu. "Personne ne triomphe car les deux grands blocs politiques sont rongés par une abstention qui reste forte (?) et par un FN qui reste haut", a ajouté l'universitaire. Sur l'ensemble de la nouvelle région, la participation est passée de 49,95% au premier tour à 59,08% au second (l'abstention nationale au 2e tour des élections régionales est estimée à 41,5%), alors que le bon score du FN au premier tour a surpris.

En Pays de la Loire
, le "Front commun" à gauche a fait face à la droite

Trois listes étaient admises au second tour : celles conduites par Bruno Retailleau (LR - UDI et MoDem), Christophe Clergeau (PS - EELV et Div gauche) et Pascal Gannat (FN). Bruno Retailleau devient le nouveau président de la région des Pays de la Loire avec 42,7% des suffrages exprimés.

Mais les candidats du PS et EELV (7,82%) ont fusionné leurs listes pour "faire front commun" tant face au FN qu'à la droite. Un accord conclu malgré les profondes divergences sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, voulu par le PS et notamment Jean-Marc Ayrault, l'ancien premier ministre, mais combattu par EELV. Ils devaient également rallier une partie des 3,33% de voix de la liste communiste du premier tour, malgré son hostilité nationale à Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie de Manuel Valls.
Au premier tour, la liste de la droite et du centre menée par Bruno Retailleau (LR) a largement devancé avec 33,49% des voix celles du PS et du PRG (25,75%) et du Front national menée par Pascal Gannat (21,35%).
Au final, malgré les compromissions des altermondialistes et des anti-libéraux, la droite a regagné la région: une claque pour Ayrault. Bruno Retailleau a rassemblé 42,70% des voix (+9,2) et 54 sièges, Christophe Clergeau 37,56% (soit +12 points) et 26 sièges, et Pascal Gannat 19,74% (en baisse de 1,6 points) et 13 sièges. Les voix perdues au second tour par le FN semblent bien s'être reportées sur la gauche...

Quatre régions outre-mer, dont deux deviennent des collectivités uniques

Martinique
La fusion de la liste indépendantiste du député Alfred Marie-Jeanne (MIM, 30,28% de voix) et de celle de droite menée par Yan Monplaisir (LR, 14,32%) pouvait désorienter les électeurs. La tête de liste était le député (GDR) Marie-Jeanne, et visait à déboulonner Serge Letchimy, président du Conseil régional sortant et député (apparenté PS), qui ambitionnait avec son statut de favori (38,96%) de prendre la tête de la nouvelle collectivité territoriale: S. Letchimy avait en effet battu A. Marie-Jeanne en 2010.
Alfred Marie-Jeanne a pris sa revanche, remportant sans conteste (54,1%) le second tour contre Serge Letchimy (45,8%).

Guadeloupe
L'ancien ministre Victorin Lurel (PS, soumis à l'impôt sur la fortune, ISF), président  sortant de région et candidat à un troisième mandat, a fait un petit premier tour prémonitoire en arrivant second (41,09%) derrière son rival Ary Chalus (DVG, 43,55%). Le député Chalus est à la tête d'une liste "anti-Lurel" d'ouverture qui compte en numéro 2 l'ancienne ministre UMP des outre-mer Marie-Luce Penchard. Sa liste a reçu le soutien de Laurent Bernier, le candidat LR qui n'avait pas passé la barre des 5%. Dans le camp Lurel, qui était distancé dans plusieurs villes au premier tour, on a "labouré le terrain" pour mobiliser les abstentionnistes (près de 53%).
La Guadeloupe échappe à l'ancien ministre de Hollande, Victorin Lurel, nettement battu par 42,48% de voix contre 57,52% pour son rival DVG Ary Chalus.

Guyane
La liste Guyane Rassemblement conduite par le président du Conseil régional sortant Rodolphe Alexandre, 62 ans, remporte largement (55%) l'élection à la collectivité territoriale de Guyane (CTG), l'assemblée unique qui va fusionner région et département. La liste conduite par son homologue du Conseil général, Alain Tien-Liong (DVG), a totalisé 45,49% des voix, dix points derrière.
Arrivé de peu en tête du premier tour, le centriste Hervé Morin (27,91%) a eu fort à faire pour conquérir une Normandie unifiée dans une triangulaire très incertaine, talonné par le secrétaire général du FN Nicolas Bay (27,71%) et un PS qui n'a pas dévissé (23,52%).
Le président sortant du Conseil régional, Rodolphe Alexandre (DVG), fort de ses 42,35% des voix un premier tour, partait favori pour l'élection de la nouvelle collectivité unique de Guyane qui fusionnera département et région.


Son rival et homologue du département, Alain Tien-Liong (DVG, 30,24%), entendait relever un défi difficile, avec des soutiens aussi divers que la maire de Cayenne, Marie-Laure Phinéra-Horth (DVG, ancienne proche d'Alexandre) ou le maire de Saint-Laurent du Maroni et ancien ministre UMP Léon Bertrand.

La Réunion
Les listes de la gauche et du centre (MoDem) se sont unies au terme de longues tractations pour tenter d'arracher la plus importante région ultramarine à Didier Robert, candidat (LR) à la tête d'une union de la droite et du centre (UDI), arrivé largement en tête avec 40,36% des voix au premier tour.
Personnalité préférée des Réunionnais, la députée Huguette Bello (DVG) a mené cette liste inédite, en tandem avec  le député-maire et hommes d'affaires Thierry Robert (MoDem) et des candidats issus de la liste du socialiste Patrick Lebreton, sans être assurée de convaincre les électeurs de cette alliance.
Au final, la liste du président sortant du Conseil régional de La Réunion Didier Robert (LR) remporte les élections régionales avec 52,69% des suffrages exprimés dimanche 13 décembre, devant la liste de la gauche et du MoDem de François Bayrou, 47,31%.

samedi 19 juillet 2014

Martine Aubry part en guerre contre la réforme territoriale de Hollande

Aubry refuse l'association de régions pauvres

La maire PS de Lille critique les choix de François Hollande sur la réforme territoriale

Tandis que Hollande n'aime pas les riches, Aubry n'aime pas les pauvres...

La fusion entre Nord-Pas-de-Calais et Picardie est une "aberration économique et sociale", a déclaré vendredi Martine Aubry.
On était soulagé de ne plus entendre l'ex-patronne du PS mais, connue pour son agressivité, la rivale de François Hollande à la primaire socialiste en 2011 a ouvert les hostilités contre le chef de l'Etat sur le sujet de la réforme territoriale.

La maire PS de Lille et d'autres élus d'Alsace ou encore de Normandie désapprouvent le redécoupage en 13 régions métropolitaines
, contre 22 aujourd'hui, prévu dans l'article clé de la réforme territoriale voté par les députés vendredi matin.

La carte ainsi remodelée ajoute le Limousin et le Poitou-Charentes à la dynamique Aquitaine et la Champagne-Ardenne à la riche région Alsace-Lorraine, mais associe la terne Picardie à la région défavorisée du Nord-Pas-de-Calais.

"Nous voulons avoir le temps de porter une grande réforme qui ait un sens". 

"
Nous sommes pour une grande, voire une très grande région, mais nous voulons avoir le temps de regarder les choses", a atermoyé l'"amère Aubry lors d'une conférence de presse à Paris.

Un tel projet se construit "avec cohérence et vision, pas par petits bouts"
, a-t-elle asséné, sous-entendant l'incohérence et la pusillanimité du gouvernement socialiste.

"Nous sommes en colère sur la forme, a-t-elle clamé, les joues en feu. Sur le fond, nous voulons aller plus loin", a insisté l'ancienne première secrétaire du PS, entourée de huit autres élus de la région Nord-Pas-de-Calais.

Sortant de sa bouderie depuis l'arrivée de François Hollande au pouvoir en 2012, elle a argumenté sur la fusion prévue entre Nord-Pas-de-Calais et Picardie. "Deux régions pauvres n'ont jamais fait une région riche", a-t-elle admis. "Ce n'est pas parce qu'on est plus grands qu'on est plus forts".

La Ch'tite Aubry a aussi regretté la méthode employée
Elle dénonce l'absence de concertation, la politique du fait accompli de la présentation aux députés, mardi dernier, d'une carte de 13 régions différente de celle présentée début juin par l'Elysée, qui en comptait 14.
"Personne ne nous a dit qu'on allait regrouper immédiatement alors qu'on travaillait sur d'autres hypothèses", a déploré l'élue, qui a évoqué la possibilité de créer à terme une "très grande région" comprenant le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et les deux Normandie. 

Aubry défend le droit de chacun à ses origines...

L'Assemblée doit se prononcer le 23 juillet par un vote solennel sur l'ensemble du projet de loi.
Martine Aubry compte d'ailleurs sur le Sénat pour  amender le texte, estimant que les régions ont besoin de deux ans de réflexion, jusqu'en 2016, pour établir une carte définitive.

"On n'est pas en train de faire du Monopoly ou du Sim's City. On touche aux origines de chacun", a-t-elle plaidé.

Le maire UMP de Tourcoing, a désapprouvé la démarche de Martine Aubry, qui se sert selon lui de l'avenir des régions "pour régler ses comptes au PS". Gérald Darmanin juge en effet "évident" une fusion entre Nord-Pas-de-Calais et Picardie.

La carte des nouvelles régions irrite d'autres élus 

Après la droite alsacienne mardi, les socialistes Jean-Pierre Masseret, président du conseil régional de Lorraine, et Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg, ont écrit à Manuel Valls, le Premier ministre, pour dénoncer le projet de fusion surprise de leurs régions avec Champagne-Ardenne.

Jean-Pierre Masseret juge "inacceptable que l'Alsace et la Lorraine soient la variable d'ajustement d'une carte, certes difficile à construire".

Le maire de Strasbourg rappelle de son côté le "large consensus" qui s’était exprimé dans les deux régions en faveur d’une fusion de l'Alsace et de la Lorraine, "qui correspond à une réalité historique, géographique et économique". Il n'en est pas de même de la pièce rapportée de Champagne-Ardennes.

"Le revirement gouvernemental, sans la moindre concertation avec les intéressés, nous a complètement interloqués", dit Roland Ries.

Dans une lettre au Premier ministre, sept parlementaires bas-normands de droite estiment pour leur part que Caen serait "grandement en danger" si elle perdait sa fonction de capitale au profit de Rouen lors de la fusion de la Haute et de la Basse-Normandie.

dimanche 6 avril 2014

Seine-Maritime: un gang de jeunes tortionnaires démantelé près de Rouen

Dans le fief de V. Fourneyron, ex-ministre socialiste des Sports et de la Jeunesse

Une effroyable affaire de sadisme juvénile,
rapportée par Paris-Normandie ce samedi. 

La brigade criminelle de la Sûreté départementale a démantelé un véritable gang de onze jeunes, âgés de 15 à 20 ans, suspectés d'avoir mis en coupe réglée une cité entière de Petit-Quevilly, une ville de l'agglomération de Rouen, dont Valérie Fourneyron était la députée-maire jusqu'en 2012.  

Pendant plus de deux années, entre janvier 2012 et le début de cette année
Un juge d'instruction vient de les mettre en examen pour "tentative d’homicide", "séquestration ", "extorsion aggravée" et "vol avec violences". Six d'entre eux, composant le noyau dur du groupe, ont été mis sous les verrous, les autres ont été placés sous contrôle judiciaire.

Le meneur du groupe est un mineur de 17 ans connu de la justice et de la police qui, jusqu’à son interpellation, vivait avec sa mère et ses frères dans l’un des immeubles de la cité. Affublé par ses copains du nom d’une célèbre marque de gâteau, l’adolescent donnait les ordres et prenait une large part dans les exactions. Un autre mineur, âgé lui de 15 ans, semblait également être un élément dominant au sein du gang. La Criminelle l’a arrêté dans un foyer situé dans le Nord de la France. Quelques heures plus tôt, il venait de planter un coup de couteau à un éducateur, après s’être battu avec un autre pensionnaire.
Dans la cité quevillaise, les habitants, au courant des faits et qui acceptent de se confier, se disent « bien contents » du dénouement. 

Un gang de barbares s’est acharné sur des personnes vulnérables

Des victimes isolées ou déficientes mentales
De janvier 2012 au début de l'année 2014, ces jeunes barbares a fait vivre "un véritable calvaire à une dizaine d’habitants", rapporte le journal. Le mode opératoire était toujours le même. Les jeunes bourreaux s'introduisaient au domicile des victimes, des personnes le plus souvent isolées ou souffrant de déficience mentale, pour la plupart placées sous curatelle, puis finissaient par s'y installer durablement, comme dans de véritables squats où elles étaient insultées, humiliées, séquestrées, battues,

Selon les faits rapportés par Paris-Normandie, les malheureux locataires de cette cité HLM étaient ensuite "insultés, humiliés, séquestrés, battus". Cigarettes écrasées sur le corps, coups de batte de baseball, crânes rasés de force, aspersions d'urine : des sévices physiques et psychologiques qui mettent en cause les autorités locales et les services sociaux, comme le système scolaire.
 
Ces jeunes sauvages se sont de surcroît livrés à des vols, des extorsions de cartes bancaires et des dégradations. Ils vivaient donc au-dessus de leurs moyens, sans intriguer le voisinage. "Si les faits sont avérés, nous avons affaire à des voyous ! Des sauvageons ! Des dégénérés !", a commenté une source judiciaire, citée par le quotidien.

Mineurs et majeurs encourent la Cour d’assises et jusqu’à 25 années de réclusion criminelle.
Dans l’attente de leur procès, six des onze suspects ont été écroués en maison d’arrêt par un juge des Libertés et de la Détention; les autres ont été placés sous contrôle judiciaire.

vendredi 29 juin 2012

Le gouvernement Ayrollande ne peut tenir tête à la Shell

Les dessous de l'éviction de Nicole Bricq


Ecolo sacrifiée à une multi-nationale pétrolière



Nicole Bricq
ou les ravages du bio 



L'ex-ministre a tenu tête au pétrolier Shell, mettant le gouvernement socialiste dans l'embarras.

La délocalisation de l'ex-sénatrice socialiste Nicole Brick du ministère de l'Ecologie à celui du Commerce extérieur  a été vaguement expliqué par une histoire d'irrespect à l'égard du Premier ministre: il est permis de cracher sur les professeurs d'allemand en exercice, mais les ex-enseignants de cette discipline ne badinent pas avec  l'insolence d'une ministre. 


A la vérité, l’ex-ministre de l’écologie a rendu service au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.

Son administration et elle-même savaient fort bien que l’Etat ne pouvait pas remettre en cause le permis accordé. Un communiqué du ministère daté du 16 juin, soit six jours avant le remaniement ministériel, le reconnaît explicitement : « conformément au principe de continuité et de respect des engagements de l’Etat, il n’est pas envisagé  de remettre en cause les permis déjà octroyés pour la recherche de pétrole et de gaz conventionnel. " 
Ce communiqué est cosigné par Arnaud Montebourg. 


La sexagénaire s'était crue ministre de plein exercice et son autonomie a produit un redressement - disciplinaire -  comme elle n'imaginait pas, à 65 ans. 

Son bras de fer avec la compagnie Shell dont le véritable enjeu est l’avenir de la raffinerie Petroplus en Normandie  lui a visiblement valu de se faire voler dans les plumes.


ECOUTER l'analyse de Thierry Guerrier (Europe 1):




Bricq a été remplacée par Delphine Batho, exfiltrée d'un ministère de la Justice où elle ne s'entendait pas avec sa ministre de tutelle... la Guyanaise Christiane Taubira.